Indre 1914-1918 - Les 68, 90, 268 et 290e RI

21 février 2022

Il y a 106 ans, ce jour, les indriens lors de la bataille de Verdun (MAJ 2022)

Aujourd'hui, il y a 106 ans, à 7h15 se déclenchait un orage d'acier dans le petit matin verdunois, les portes de l'enfer de Verdun venait de s'ouvrir et ce pour 300 jours, engloutissant hommes, animaux et matériels.
Quelle fut la place des soldats du département dans ces 300 jours qui marquèrent tous les français? Encore de nos jours, lorsque vous abordez 14/18, Verdun apparait dans les premiers repéres.

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2 soldats du 268e RI à la Cote 304 - Mai 1916 - Photo Lieutenant Jabien

Les chiffres annoncés ci-après concernent les soldats natifs du département, résidant dans l'Indre ou ayant un lien direct avec le Département (Livres d'Or, Monuments aux morts, Fiche du site Mémoires des Hommes, ...)

Il m'apparait tout d'abord intéressant de repositionner cette période au travers de la liste des 10 jours qui virent le plus de pertes dans les rangs des soldats indriens.

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La bataille de Verdun dura du 21 février 1916 au 18 décembre 1916 (Les combats continuèrent ensuite, mais on considère cette date comme celle de la fin du fait du retour des troupes allemandes sur leurs positions de départ et suite à la fin des engagements de masse des corps de troupe en attaque ou en défense.

La bataille se déclenche rive droite de la Meuse sur la zone des forts (Le fort de Douaumont chute le 25/02 et le fort de Vaux le 7 juin 1916). Rapidement la bataille s’enlise et les allemands décident d’attaquer la rive gauche courant mars 1916 (Mort-Homme 304). Le Fort de Douaumont fut repris le 23 octobre et le Fort de Vaux le 2 novembre 1916.
Les chiffres retrouvés estiment globalement qu'environ 70% de l'Armée française de l'époque passa par Verdun au long des ces 300 jours. Par delà les pertes, cela explique l'importance mémorielle de cette bataille dans l'histoire de ce conflit et dans l'histoire des anciens combattants français et de leurs familles.

Sur la période de la bataille (21/02 au 18/12), 2227 soldats ayant un lien avec le département de l’Indre sont décédés dont 1255 soldats sont tombés sur le territoire du département de la Meuse.
Ces chiffres ne sont que des minimas, car il est difficile de définir ceux qui succombèrent du fait des évennements de Verdun.
En effet il est difficile de détecter un soldat blessé à Douaumont, évacué et qui succombe dans un hôpital de l'arrière. Difficile de détecter un soldat qui meurt des années plus tard des suites de ces mêmes combats.

Regardons chronologiquement les pertes indriennes en Meuse:

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Deux périodes ressortent:
Tout d'abord l'engagement du 8e Corps d'Armée dans les premiers jours pour assurer la défense des Forts de Verdun. Bon nombre de soldats de recrutement Châteauroux étaient affectés dans les unités de ce corps d'Armée. Nous avons donc tout d'abord un pic concernant la défense du fort de Douaumont avec les 95eRI (Bourges) et les 85e RI (Cosne sur Loire).
Le 2ème pic correspond à l'engagement du 409e RI dans le secteur de Vaux. Ce régiment avait été crée en 1915 sur le territoire de la 9e Région Militaire (Tours - dont fait partie l'Indre) et où beaucoup de soldats du département furent affectés au moment de la création du régiment.

La 2ème période concerne le 9e Corps d'Armée (Tours) était composé de nombreux soldats indriens, en effet cela concerne pour partie des régiments ayant Châteauroux et Le Blanc comme garnisons (68, 90, 268 et 290e RI).
Ce Corps d'Armée était initialement prévu pour n'entrer en action qu'en juillet pour la bataille de la Somme. Les pertes furent telles que le commandement fut obligé de revoir ses plans et de faire participer au grand tourniquet des Corps d'Armée jusqu'alors en réserve.
Entre les 21 avril et 8 mai 1916, les régiments montèrent par 2 fois pour défendre les secteurs environnants la Cote 304. Les pertes principales se situèrent les 4 et 5 mai 1916 lors d'une grosse offensive allemande sur le secteur.
Certains régiments comme les 268 et 290e RI furent rappelés une 3ème fois jusqu'au 15 mai 1916

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Concernant Charles AUSSUDRE, le premier mort indrien à Verdun

http://indre1418.canalblog.com/archives/2016/02/22/33394720.html

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Concernant le François BOUCHARD, vicaire de Vatan et sous lieutenant au 290e RI

http://indre1418.canalblog.com/archives/2016/03/17/33525740.html

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Une pensée, un poème pour Abel Gendre

http://indre1418.canalblog.com/archives/2008/06/10/9295122.html

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25 janvier 2022

Jacques JUSSERAND, un orphelin castelroussin "adopté" par les Etats-Unis.

Au-delà d’une simple étude liée aux soldats du département, d’un simple copier/coller de données déjà existantes et juste remises en forme, je souhaite ici m’intéresser aux enfants des soldats défunts et au détail de la démarche entreprise pour reconstituer le puzzle à partir d'un cliché.

Plus ou moins directement, j’ai ainsi déjà abordé le cas de Suzanne DOIT , fille de l’adjudant DOIT du 68e RI, celui de Jeanne, fille du sergent Teinturier du 290e RI  . Aujourd’hui, intéressons-nous au cas de Jacques JUSSERAND de Châteauroux et qui correspond à une découverte sur le net effectuée il y a quelques temps déjà, que je n’avais jamais pris le temps de mettre en forme et que l'actualité me décide à aborder.

Le point de départ est un cliché daté de novembre 1918 et représentant un enfant castelroussin. Le cliché provenant du fonds de l’American National Red Cross via le site de la bibliothèque du Congrès américain (Library of Congress). Sur ce site, nombreux sont les clichés présents ayant un lien avec le département de l’Indre. L’armée américaine fut une grande pourvoyeuse de photographies de l’époque 1917-1921. Pour cela, il suffit d’ailleurs d’utiliser le moteur de recherche avec les mots clés « Châteauroux » ou « Issoudun » pour obtenir une liste conséquente de clichés tant pour le « Base Hospital » de Bitray, la vie castelroussine des soldats américains que concernant le « Américan Aviation Camp » de Volvault.

Parmi les clichés, un de ceux qui m’intéresse est celui d’un enfant posant fièrement, chez un photographe avec une Croix de Guerre ornant sa poitrine.

https://www.loc.gov/item/2017683094/

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La légende nous indique divers éléments quant à ce cliché :

« Jacques Jusserand, adopte. Address: 6 Rue des Fontaines St. Christophe Chateauroux (Indre) protege of: Fourth Platoon, Co. K, 102nd Infantry, American Expeditionary Forces digital file from original »

Le cliché retenu nous présente donc Jacques JUSSERAND demeurant au 6 rue des Fontaines à Saint-Christophe Châteauroux, Saint Christophe étant un quartier de Châteauroux, le 6 de la rue des Fontaines existe encore de nos jours. Il n’a pas été cependant entrepris de recherche dans les recensements de 1911 ou de 1921, tous les deux sont disponibles tant sur le site des Archives Départementales que sur celui des Archives Municipales de Châteauroux Métropole.

Le texte nous indique aussi qu'il est le protégé (« adopte » au sens parrainé) de la 4e section du 102e régiment d’infanterie (US) des Forces Expéditionnaires Américaines (AEF) et précise que le fichier présenté est la version numérique d’un cliché original. Le détail nous permet d’apprendre qu’il s’agit d’une plaque de verre négative de 5 par 7 in. (12,7 par 17.8 cm) et que ce cliché provient de la collection de la Croix Rouge américaine (American National Red Cross)

Dans cet article, nous nous intéresserons tout d’abord à Jacques JUSSERAND et à sa famille, puis de manière plus anecdotique à l’unité citée, le 102e Infantry.

- Qui est Jacques JUSSERAND ?

Le cliché et sa légende nous apprennent que la date de la prise de vue est le 29 novembre 1918. Symbolique récurente, le port d’une croix de guerre laisse présager qu’il s’agit d’un orphelin, comme dans le cas de Suzanne DOIT. L’enfant porte la médaille posthume du père qui n’est pas revenu.
Dans les listes des soldats défunts du département http://indre1418soldats.canalblog.com/ , le patronyme JUSSERAND apparait 6 fois et un cas seul correspond à Châteauroux, les autres concernant Les Bordes, Issoudun, Neuvy-Pailloux, Vatan et Saint Florentin.

La fiche de Georges Auguste JUSSERAND sur Indre1418Soldats

- Comment donc retrouver le lien entre JUSSERAND Georges Auguste de Châteauroux, soldat du 90e RI et Jacques JUSSERAND, enfant pris en photo en 1918 par la Croix Rouge Américaine ?

Un petit tour parmi les fiches matricules issues des Archives Départementales s’impose. Nous regardons donc la fiche 520, classe 1903 du recrutement de Châteauroux.
Georges Auguste est un soldat, ébéniste de profession, qui a été mobilisé au 13e RI, mais est passé au 90e RI le 14 mars 1915. Il participe à l’hécatombe du 9 mai 1915 à Loos. Il est finalement blessé aux Ouvrages Blancs de Loos-Liévin (62) et transporté à l’hôpital de Noeux les Mines où il décède le 28 octobre 1915. En date du 30 octobre, il est cité à l’ordre du Régiment pour ses faits d’armes lors de la journée du 9 mai et reçoit la Croix de Guerre.

La fiche matricule nous indique aussi que la veuve née Berthe LUBIN a reçu un secours immédiat (de la part de l’unité) en date du 17/12/1915 et qu’elle demeure alors à Châteauroux.
A propos des Ouvrages blancs et de Noeux les Mines, il est possible de se reporter à l’article publié en 2015 

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- Petit à petit, nous nous rapprochons de Jacques, mais comment faire le lien ?

Un petit tour sur l'essentiel mémorial virtuel de Châteauroux Métropole  s’impose maintenant pour visualiser la fiche de Georges Auguste JUSSERAND. Etabli à partir des données issues du collectage et des nombreuses et laborieuses recherches des membres de la Société de Généalogie du Bas-Berry, le site nous donne de nombreux renseignements concernant Georges Auguste. Nous trouvons ainsi la confirmation du mariage de Georges Auguste avec Berthe LUBIN, mais détail déterminant, les données de la SGBB indiquent les prénoms des enfants du défunt. Nous trouvons donc « Madeleine, Berthe » née en 1909 et « Georges, Charles, Jacques » né en 1911.

La boucle se boucle et passe donc par les registres d’Etat-civil de la commune de Châteauroux.

Un regard sur l’acte de naissance permet de confirmer les prénoms et la présence de Jacques comme 3ème prénom. L’acte nous apprend aussi que Georges Charles Jacques a été "adopté par la Nation suivant jugement du Tribunal de Châteauroux en date du 23 juillet 1918" signé le greffier en date du 14/04/1919. Ces éléments furent aussi reportés sur l’acte de naissance de sa sœur Madeleine Augustine Berthe.

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AD36 – Chateauroux 1911 – 3E044/174 page 109/496

L’acte de naissance nous donne aussi, en mentions marginales, les dates de mariage des 2 enfants et surtout la confirmation que les 2 enfants orphelins furent reconnus et adoptés par la Nation.

Via les données INSEE disponibles sur le net, il est possible de retrouver référence au décès de Georges Charles Jacques le 05/09/1996 à Saint-Maur (36) https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/fichier-des-personnes-decedees/

 

- Comment expliquer maintenant la présence de Jacques parmi les photos de la Croix Rouge Américaine ?

Dans le cadre de ses œuvres de charité, certainement aussi en vue de lever des fonds, la Croix Rouge Américaine avec l’aide des militaires de l’AEF mis en place une campagne d’adoption d’enfants français par des unités US. Le site Library of Congress comporte plusieurs centaines de portraits d’enfants adoptés.

Il est ainsi possible de retrouver 737 photos d’enfants « adopte » par des unités ou des soldats de l’AEF, voir des civils https://www.loc.gov/search/?c=150&q=adopte&sp=5&st=list


Parmi tous ceux-ci, voici les enfants indriens et leur parrain ou marraine (Attention les orthographes sont incertaines) :

Andrée Vaugis https://www.loc.gov/item/2017683541/ (Veterinary Hospital 9)
Née à Palluau en 1905 et gantière sur les recensements de Loches 37 en 1921 via Geneanet
Présente sur l'arbre Généanet de Jean-Louis Strauss

Gaston Paulumier https://www.loc.gov/item/2017683542/ (115th Field Signal Battalion)
Paulmier Gaston originaire de Villegouin et présent sur l'arbre Généanet de Jean-Louis Strauss

Jacques Jusserand https://www.loc.gov/item/2017683094/ (4th Platoon 102e Infantry)
Non trouvé Généanet en données gratuites (obligation premium)

Simone Duris https://www.loc.gov/item/2017683220/ (54e Field Artillery Brigade)
Non trouvé Généanet en données gratuites (obligation premium)

 Juliette Petouin https://www.loc.gov/item/2017666546/ (Miss Winifred Holhan – Hollywood CA)
Originaire de Arthon et retrouvée sur l'arbre Généanet de Laurence Giraud Allanic 

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A propos des « Adopted Orphans » un site qui proposent 1000 portraits d’enfants orphelins, adoptés ou protégés par les troupes américaines et ayant aussi comme source les photos de la American Red Cross (LOC) : https://milanpatrick8.wixsite.com/ww1-us-photos/children-in-the-war


 

Rajout des 26 et 27/01/2022: Jean-Pierre Surrault, président de l'Académie du Centre, me signale dans les commentaires :

"Dans le même esprit d'adoption d'enfants français voir l'article d'Annette Surrault dans la Revue de l'Académie du Centre 2021: Marie de Prissac, orpheline de la grande guerre, pupille de la nation et filleule de "La fraternité franco-américaine, 1918-1952, p.92-109. Il s'agit dans ce cas de l'action de l'association Fatgerless children of France" 

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/la-revue-2021-de-l-academie-du-centre-est-parue

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Sources Cliché NR36

 

Cartes souvenirs du 4 juillet 1921 à Châteauroux sous l'égide du "Fatgerless children of France":

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Pourquoi s’intéresser au 102th Infantry Regiment ?
Non pour recopier l’historique de ce régiment de la 26e Division US, il se trouve assez facilement sur le net. Il n’apporterait d’ailleurs pas grand-chose à cet article et de plus, je ne suis pas assez pointu concernant les actions des unités US.
Mon intérêt s’est porté sur ce régiment à cause de sa mascotte. En effet, le 102e RIUS avait une mascotte particulière qui a connu une renommée mondiale, qui possède son nom gravé au Liberty Mémorial de Kansas City.

Sgt_Stubby's_brick_at_Liberty_Memorial
https://en.wikipedia.org/wiki/Sergeant_Stubby#/media/File:Sgt_Stubby's_brick_at_Liberty_Memorial.jpg

Tout ceci en fait une mascotte unique et canine, car effectivement, il s’agit du Sergent Stubby qui se trouve être le chien de guerre le plus décoré de la première guerre mondiale.
A propos de son parcours et de ses exploits : https://fr.wikipedia.org/wiki/Stubby

Sergeant_Stubby

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29 décembre 2021

"L’heureuse fin de se tant désiré trois cent que nous atendions" - Châteauroux 1913

La tradition du Père 100 est connue de ceux qui ont effectué leur service militaire ou effectuer une formation sur une longue période. «100 jours avant la quille», «100 jours avant le bac».
En 1914, le service militaire a une durée de 3 ans, les lois de 1913 ont changées la durée su service passant celle-ci de 2 à 3ans.
Cependant, la Classe 1911, ceux nés en 1891, ne fut pas concernée par ce passage de 2 à 3 ans de service militaire. Incorporée en fin 1912, cette classe d’age ne devrait donc être libérée que vers octobre 1914.
L’Histoire devait, au final, précipiter les choses vers les mois d’aout 1914. Ils prendront donc presque 7 ans de service armé. Ils ne furent libéré que vers aout 1919.

Sur le cliché ci-dessus, les soldats de la classe 1911 de la 5e Compagnie du 90e RI de Châteauroux.

« Cher oncle et tante Je vous écrie ses quelque mots pour vous faire part de l’heureuse fin de se tant désiré trois cent que nous atendions depuis sy longtemps mais enfin s’est arrivé »

Il est à noter comme me le signale Arnaud Carrobi que l'auteur se rappelle bien que le texte de loi ayant trait à la loi des 3 ans n'applique le passage d'une année supplémentaire qu'à partir de le classe 1913 (voir gallica BNF)

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La mobilisation, la guerre n’attendront pas 300 jours et la tourmente se déclenchera dans 240 jours seulement.

Quelques photos de ce rite de passage à la vie d'adulte que constituait le service militaire, parfois à défaut de tomber sur un compte rond, on compte simplement les jours restants d'ici la fuite.

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03 décembre 2021

3 décembre: A la recherche de Lucien porté disparu en 1914.

La journée du 3 décembre est un jour particulier pour moi.
Cette année, il y aura très exactement 107 ans que disparaissait mon arrière grand oncle Lucien Bessonneau.
Au travers de ce message, je vais donc reprendre la quasi intégralité des messages que j’ai jusqu’alors rédigé sur ce sujet. Je souhaite les rassembler en un seul et en profiter pour les compléter et présenter ce qui synthétise mes recherches entamées à l'aube des années 2000, ces recherches ayant connues des hauts, des bas, des moments d'intense émotion notamment lors de la découverte de nouvelles informations.

Ce 3 décembre 1914, le 290ème RI et surtout la 17ème Cie eurent à subir de lourdes pertes dans les tranchées de Zonnebecke. Le JMO relève pas moins de 17 tués, 65 blessés et 54 disparus. L'un d'eux était mon arrière grand oncle Lucien Bessonneau. Il est à l'origine de ce blog. En effet, tout commença vers 2001, j’effectuais alors l’arbre généalogique de la famille, je suis d'ailleurs membre de la Société de Généalogie du Bas-Berry depuis l’année 2000 (SGBB 00-27)

En 1996, j’avais racheté la maison de mes grands parents et, dans les papiers de Fernande, ma grand-mère paternelle, je retrouvais quelques documents qui concernaient mes arrières grands-parents Bessonneau. Ma sœur Isabelle, quelques années auparavant avait eu la bonne idée de faire identifier par notre grand-mère, divers clichés en sa possession dont certains lui venaient directement de ses parents, les époux Louis Bessonneau et Marguerite Privat. Dans ces documents, se trouvaient quelques vieilles lettres. A l'aube des années 2000 donc, lors de la mise en place des données en ma possession, j’analysais celles-ci et commençais la numérisation de ceux-ci..

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2 clichés annotés "Oncle Lucien Bessonneau"

Un personnage m’apparaissait, il s’agissait de Lucien Bessonneau le frère de Louis, or je n’en avais jamais entendu parler.

Après quelques questions dans le cercle familial, il ressortait que celui-ci était mort à la guerre et qu’on ne savait ce qu’il était devenu ; « Il est peut-être mort à Verdun ». Aucunes autres précisions.
Sachant que les Bessonneau étaient originaires de Cuzion (36), je me rendais donc à la mairie de ce lieu pour au final ne rien découvrir. Il ne figurait ni sur le monument et aucun acte de décès n’était inscrit sur le registre. A l’époque, il était difficile d’effectuer des recherches, mais les prémices de l’internet grand public commençaient à permettre l’ouverture de certaines portes.

En préparant ce message, dans les profondeurs du net et de mon disque dur , tel un archélogue, couche par couche, je finis par retrouver mon premier message internet sur le sujet. Celui date du 29 janvier 2001 :

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Ne sachant pas comment rechercher, je cherchais de l’aide. Il apparut bien vite qu’il était nécessaire de se déplacer aux Archives Nationales pour pouvoir consulter le fichier des Morts pour la France.
Sur des micro films, il était possible de visualiser les fiches maintenant en ligne sur le site Mémoires des Hommes. J'étais alors à mille lieux de penser que 20 ans plus tard en 3 clics on pouvait maintenant obtenir le précieux document.

Quelle ne fut pas ma surprise et la joie de découvrir de nouveaux éléments. Lucien Bessonneau, rattaché au 290ème RI, avait été porté disparu à Zonnebecke (Be) le 3 décembre 1914. Son acte de décès était à Badecon, dans la commune donc. Il suffisait donc que je fasse 1 km et je trouverai l'acte.

La fiche que je m’empressais de rédiger à mon retour du CARAN, rue des Francs Bourgeois (lieu de consultation):

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Maintenant que j’avais les informations que je recherchais, il me fallait comprendre. Je me mettais à la recherche du 290ème RI, dont je n’avais jusqu’alors jamais entendu parler. Je dirais même que l'organisation militaire d'alors m'était complétement inconnue.
On me dirigea vers le Service Historique de l’Armée de Terre, mais en avril 2001, la réponse me vint, toujours par l’intermédiaire d’internet, par un mail de Stephan Agosto

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A partir de là, tout se précipita, et commença l’aventure dont vous consulter le résultat.

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Intéressons nous maintenant à Lucien Bessonneau.

Lucien Bessonneau est né le 4 octobre 1887 à Cuzion, Indre. Sa famille est originaire de Saint-Plantaire, Gargilesse et si l’on remonte un peu plus, elle a pour souche la commune de Châteauponsac dans la Haute Vienne.
Il est le fils de Silvain Bessonneau qui est décédé en 1891, il était alors déclaré comme maçon. Lucien avait donc 4 ans lors du décès.  Silvain était marié à Angéle Blanchard originaire de Cuzion. La famille demeurait alors à Bonnu, sur la commune de Cuzion.
De ce couple, 3 enfants dont Lucien naquirent : Félicie Allanie (1881) et Louis Auguste (1884). Ce dernier est mon arrière grand-père.

En 1891, la famille figure sur les recensements de la commune de Cuzion. Silvain, le père est alors décédé, laissant Angèle seule avec les 3 enfants.

CaptureCuzion_Recensement1891
Sources AD36

Je perds ensuite la trace de Lucien dans les recensements.
Je ne retrouve les deux autres enfants, qu’en 1901, au sein de la famille Gaudeberge (oncle et tante), à Chatillon, commune de Badecon le Pin.

CaptureRec1901_Chatillon
Sources AD36

Découvrant au fur et à mesure, les fonds d’archives existant, en 2006, je me rendais aux Archives Départementales pour me procurer la fiche matricule de celui-ci.
En voici la transcription que j’en avais fait, à cette époque :

CaptureFicheMatricule

On note tout d’abord qu’il avait effectivement effectué son service militaire au 66ème RI et les photos de lui correspondent bien à cette période.

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Lucien Bessonneau (1er à gauche debout)
Service militaire Tours 66e RI

On note aussi qu’il réside avant le conflit à Paris, dans le 15ème arrondissement qui vit d’ailleurs aussi son frère Louis s’y implanter. Ma grand-mère y vécue et mon père Jean y naquit d’ailleurs.
Les maçons de Paris qui ne furent bien souvent pas que des limousins, venaient aussi des premiers contreforts du Massif Central qu’est le sud du département de l’Indre. Voici d’ailleurs une photo de mon arrière grand père Louis qui pose avec ses camarades sur un chantier (3ème en partant de la gauche).

CaptureLouisBessonneau

 

  • Lucien BESSONNEAU dans la Grande Guerre.

Considéré comme réserviste. Lucien est affecté au 290ème Régiment d’Infanterie. On imagine le voyage en train depuis la gare d’Orsay et l’arrivée à Châteauroux :

Le lieutenant SOHIER du 290ème rapporte :
« Châteauroux. - La ville qui m'était toujours apparue morne et quasi déserte, est grouillante à mon arrivée. Plus de place dans les hôtels; les rues sont peuplées d'une foule un peu tourbillonnante jusque tard dans la nuit. Du mouvement, voire même de l'agitation, mais pas de bouillonnement véritable; c'est là ce que je constate. Est-ce l'anxiété du drame attendu qui coiffe les esprits? Certes, on prépare un douloureux départ. Mais à Paris aussi, et pourtant les vibrations des cœurs étaient souvent bien sonores là-bas. Non. Ici nous sommes dans le Berry, et le Berry impose son impassibilité fataliste dès que l'on y pénètre
Dès le premier soir le régiment de l'active s'embarque. Il quitte la caserne à la nuit tombée, musique
en tête, drapeau déployé. A la lueur des phares d'acétylène il s'est préparé. Il défile superbement dans la ville éclairée. Les Berrichons sont remués presque jusqu’a l'enthousiasme, juste ce qu'il faut pour acclamer. Rien de trop, et le spectacle revêt une grandeur calme, émouvante. »

« Un commandant nous fait une conférence. « N'oubliez jamais que la meilleure défensive c'est l'offensive. En avant, toujours en avant, à la baïonnette.
On nous emmène au terrain de manœuvre de Châteauroux. Une zone pierreuse sans rien pour se défiler. On simule une attaque. Le régiment est déployé. Vite, j'établis la liaison avec des réserves imaginaires. Je rends compte au colonel. Quelles réserves ? Où sont-elles ? Là-bas, je suppose, et je vais établir la liaison avec les troupes en ligne. Le colonel sourit, ironique. Je suis un peu vexé. On verra bien.
Le régiment s'élance à l'assaut. « Ils ne courent guère, dit le colonel. » Mais un berrichon a-t-il jamais couru ?
Sous la mitraille on verra bien.
Il ne courra pas mais il arrivera. »

« L'aspect de Châteauroux ne change pas en ces jours de fièvre.
Un instant pourtant, il y a du brouhaha. Une bousculade, des cris, des injures, des coups. Une bagarre éclate soudain. C'est simplement un député pacifiste que l'on veut jeter... au front. Eh, eh, nos berrichons! Mais vite la ville reprend son allure. Du mouvement, voire même de l'agitation, mais pas de bouillonnement véritable.
Tout cela a duré longtemps. Oh! oui! quatre jours, je crois.
Et un soir la cour c'est encore embrasée aux feux de l'acétylène. Le régiment s'est rangé. Il n'y a pas de manquants. Le berrichon aime le pinard, mais dans les grandes occases il sait se tenir. Une allocution du colonel, brève, simple, vibrante. La musique sonne :Aux Champs, le drapeau se déploie aux mains de l'ami de Tarlé. Silence. Un pincement violent au cœur, quelques larmes aux bords des cils. Un ordre bref, et le régiment s'ébranle. On se redresse, on se recueille.
Et dans la ville, le régiment défile. Je suis en tête de mon petit peloton, tout en queue de la grande troupe. La foule suit et accompagne. Puis, par une route sans lumière, on gagne la gare d'embarquement, et les civils ne laissent guère de place pour que mes hommes restent en rang. Je grogne. On ne grogne pas. »

Le régiment part donc les 9 et 10 aout, par deux convois ferrés, direction le Grand Couronné de Nancy.

Retrouvez des traces du parcours d’un combattant au sein d’un régiment est peu aisé. Il apparait parfois au fil des lignes du Journal de marche, mais c’est alors soit par souci de reporter un exploit et bien plus souvent, il apparait dans les notes reportant les pertes du régiment.

Lors de la bataille de la Marne, le patronyme Bessonneau apparait dans la liste des blessés du 9 septembre 1914:

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Sources SHD JMO 290ème RI

La mention suivante est en date du fatidique 3 décembre 1914 :

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Sources SHD JMO 290ème RI

Cette fois, c’est fini. Lucien Bessonneau est reporté dans la colonne « Disparu ».

  • Que se passa-t-il ce jour là ?

Comme je l’indiquais, un peu plus haut, pour connaitre ce qui se passa ce jour là, il est tout d’abord nécessaire de relire le Journal de Marche et Opérations du régiment :

« 3 décembre 1914:
La situation devient de plus en plus critique pour la 17e Cie. Dans la soirée, 17h, le petit poste d’écoute placé dans une maison qui était à l’Est de la tranchée de la 17e Cie était surpris par les Allemands qui par des boyaux étaient arrivés jusqu’à quelques mètres de la maison. Ce petit poste eut un homme fait prisonnier, le caporal et les autres soldats purent se réfugier dans les tranchées.
De cette maison les Allemands qui y étaient arrivés en nombre lancèrent des grenades et par des meurtrières rapidement fermées tiraient sur les occupants.
Cette situation dura toute la nuit malgré les efforts des hommes à la compagnie pour empêcher les Allemands de jeter des bombes et de tirer sur eux. Des bombes leur furent également lancées.
Malgré deux retours offensifs exécutés simultanément par une fraction du 68e, la 17e Cie et une section de la compagnie de réserve, il fut impossible de déloger l’ennemi.
Au jour, le Commandant de la Cie pour éviter les pertes qui se faisaient déjà sentir cruelles fit renforcer les pare-balles au moyen de sacs à distribution et même de havresacs et de toiles de tentes remplies de terre. Malgré ces efforts, les tirs d’enfilade très meurtriers empêchaient les hommes de relever la tête pour tirer.
Vers huit du matin, les Allemands réussissaient à sauter dans la tranchée entre le 68e et le 290e et profitaient d’une contre sape faite par le génie et aboutissant au point de liaison des deux compagnies, armés de boucliers et de bombes ils se ruent sur les hommes occupant la tranchée et, après une lutte qui dura plusieurs heures, se maintiennent entre le 68e et le 290e, prenant plutôt le terrain du 290e.
Le Commandant de la Cie fit faire un barrage, mais ce barrage n’empêchait pas l’ennemi d’enfiler les tranchées et de rendre la situation intenable.
Par une autre maison sise près de la voie ferrée, les Allemands opéraient le même mouvement.
Le Commandant de la Cie voyant qu’il allait être complètement cerné par sa droite et sa gauche fit évacuer la tranchée par le boyau de communication la reliant avec la 20e Cie d’une part, et le poste de commandement du chef de bataillon du 68e. Il était 10h30 environ.
Le Cdt la Cie et ses hommes se maintinrent dans ce boyau jusqu’à la nuit.
A minuit le 114e relève le 268e et la Cie du 290e qui sont au nord de la voie ferrée. »

Ne pouvant déterminer qu’elle était la compagnie d’affectation de Lucien, évitons les approximations et contentons nous des faits relatés, ce qui permet déjà  de définir le contexte.
Une autre source provient des témoignages existants :
Tout d’abord commençons par celui du Colonel EGGENSPIELR, le chef de corps du 290ème RI:

« 3 et 4 décembre
La situation de la 17e devint de plus en plus critique.
La Compagnie avait un petit poste dans une maison située en avant de la droite de son front. Les Allemands, qui s'étaient approchés en sape tout près de la maison, avaient profité de l'obscurité, le 3 au soir, pour sauter dans la maison. Ils ont réussi à enlever un homme, les autres avec le caporal ayant pu regagner la tranchée principale. Les Allemands envahirent la maison en nombre. Ils se mirent aussitôt à y percer des créneaux, d'où ils lançaient sans cesse des grenades sur les portions de tranchée à leur portée. Malgré deux contre-attaques exécutées par la 17e, une section de la Compagnie de réserve, une fraction du 68e, il fut impossible de déloger les Allemands de la maison.
Cette situation dura jusqu'au 4 au matin. … »

On prendra soin de préciser que le Col EGGENSPIELER n’était pas en poste à cette date et qu’il se contente à s’inspirer du JMO et du témoignage Lieutenant Sohier ci-dessous:
Le lieutenant Sohier (déjà cité) écrit aussi sur cette journée, on notera au passage qu’il n’est pas tendre avec la hiérarchie du régiment et le 68ème RI :

« La nuit du 3 au 4 décembre est abominable. Le journal de marche relate assez exactement les faits. Mais un point est à préciser. Les Allemands ont sauté dans la tranchée du 68 qui prolonge les nôtres. De pauvres gosses de la jeune classe ont été coincés. Jamais le 68 n'a voulu en convenir. Et lorsque la 17e, attaquée par cette tranchée, après une lutte épique, est obligée de refluer, c'est nous que l'on accuse de fléchissement. Comment tenir pourtant, prise d'enfilade, refoulée vers la voie ferrée, tandis que d'une maison sise contre la voie, les Allemands, par infiltration, essayent de couper la gauche. Bien plus, un poste d'écoute, qui aurait pu être de quelque secours a été enlevé, les Allemands s'étant glissés par des boyaux bien dissimulés jusque dans la maison qu'il occupait.
Au P. C. c'est angoissant. Je suis toutes les péripéties en communication constante avec de Lavarène. Je préconise une contre-attaque pour prendre les boches au delà des lignes, en franchissant la voie ferrée. Mais celle-ci est repérée, flanquée, et pas un homme ne peut passer. Quand la 17e reflue il faut même couper la communication établie un peu en arrière, par un passage sous la voie, et bourrer de sacs à terre le couloir. C'est par la droite que se font les contre-attaques, vaines d'ailleurs. Pendant tout le temps qu'a duré l'ultime bagarre le commandant Renard a ronflé, ronflé et chaque fois que je le réveillais, il m'envoyait... péter. Le colonel Michel, dont le P.C. est joint au nôtre (le 268 est à notre gauche), me soutient et m'encourage. Mais que faire? »

Il existe aussi des témoignages indirects qui relatent les circonstances :
Le général Dubois (chef du 9e CA) signale une attaque du 290e le 3 décembre dans la région de Nieuvemollen.


Le tambour Retailleau dans les "carnets de Léopold Retailleau du 77e RI":
« Vendredi 4 décembre 1914: Journée assez mouvementée par le bombardement des Boches. Ils incendient trois ou quatre maisons dans Ypres. Nous apprenons que le 290e s'est fait esquinter dans une attaque à la baïonnette au clair de lune ...»

  • Où se trouve le secteur de disparition ?

Dans les sources écrites, je n’ai pas cité le JMO du 68ème RI, car le texte ne nous apporte rien. Cependant, une carte très importante est visible dans ce JMO, elle permet de situer le secteur : voir ICI

Le secteur:

Zonnebeke_Relief
Sources GoogleEarth

Ce travail de positionnement n’aurait pu se faire sans l’aide des amis du Forum Pages1418 et notamment Annie qui fit un repérage des lieux avant que j'entreprenne un voyage en Belgique

  • Que reste-t-il de Lucien ?

Sur place, à Zonnebecke, il ne reste rien. Je m'y suis rendu par deux fois, une première fois en 2006, une deuxième fois en 2008, la dernière fois, ce fut en 2019. Malheureusement tous mes clichés pris lors de ce deuxième séjour ont été perdus suite à une panne informatique, ce que j'essayais de compenser au mximum lors de mon dernier séjour

2019 Un séjour en Flandres sur les traces de Lucien, Louis et Denis.

Le soldat Lucien BESSONNEAU aurait donc été porté disparu dans le champ de droite visible sur le cliché ci-dessous. Le chemin visible sur la photo est le parcours de l’ancienne voie ferrée.

Broodseinde_Voie ferrée

Une visite virtuelle à 360° est possible grace au site GoogleMaps: voir ICI

La dernière lettre de Lucien :
De Lucien Bessonneau, je n'ai qu’une lettre. Cette lettre, écrite depuis la Belgique, était adressée à sa belle-soeur, mon arrière-grand-mère Marguerite Privat (épouse Bessonneau).
Le maçon de Paris, que Lucien était, essaye, malgré les limites de son orthographe, de rassurer la famille restée en Berry et de donner des nouvelles.
Datée du 19 novembre 1914, Lucien ne se doutait certainement pas qu'il serait "porté disparu", quinze jours plus tard.

LettreLucien

Jeudi 19 novembre 1914
Cher Belle soeur

Je ten voi ses deux
mot se pour que je si
a popringe belgique
en aton le canon de
loin je nesipas encor ses
la ilge ?? il i y a encor
pour une journé de
marche
tou va bien pour le
momont ton bell beau
frère qui non brasse
bien unsi que ta
petit fil

Bessonneau Lucien

L’acte de décès :
En 1921, en l'absence de corps et au vu des documents fournis par l'armée, le tribunal de La Châtre émet un jugement permettant de dresser l'acte de décès en la commune du Pin et la transcription de la mention de Mort pour la France sur les documents administratifs.
« Au nom du Peuple Français, le Tribunal civil de La Châtre (Indre) a rendu le jugement dont la teneur suit:
Vu la requète qui précède Qui M. Souffron, président du tribunal en son rapport et M. le procureur de la République en ses conclusions le tribunal après en avoir délibéré a rendu le jugement suivant:
Attendu qu'il résulte des pièces mentionnées dans la requête présentée par M. le procureur de la République que le soldat BESSONNEAU Lucien Jean baptiste du 290e RI, né à Cuzion le 17 octobre 1887 de Silvain et de BLANCHARD Angèle, célibataire, domicilié à Le Pin a disparu le 3 décembre 1914 à Zonnebecke (Belgique). Vu la loi du 25 juin 1919 art. 9 Par ces motifs, le tribunal dit que le soldat BESSONNEAU Lucien Jean Baptiste est "Mort pour la France" le 3 décembre 1914 ) Zonnebecke (Belgique). Ordonne que le présent jugement sera transcrit sur le registre de décès de l'année courante de la commune de Le Pin et que mention de ce jugement sera faite à la date que l'acte de décès aurait du occuper tant sur le double du registre des décès qui existe à la mairie de Le Pin que sur celui déposé au Greffe du Tribunal conformément à l'article 92 du Code-Civil ... »

Le diplôme de Mort pour la France :
La préfecture de l’Indre tenait donc une comptabilité de la remise de ce diplôme, ce qui permet de connaitre la liste des récipiendaires. Cela permet donc d'avoir une liste de presque 9500 noms d'Indriens. Mais, il est cependant assez difficile de se retrouver dans cette liste, le point d’entrée est la date de jugement ou de transcription.
Mon arrière grand oncle Lucien Bessonneau. tout d'abord, voici sa fiche "Mémoires des Hommes" :

DiplomeMPF
Sources Mémoires des Hommes et AD36 R982

Le jugement eut lieu en décembre 1920, pour une transcription sur les registres du Pin en janvier 1921. Il fallut attendre le 25 octobre 1921 pour une prise en compte par la Préfecture. Lucien Bessonneau se vit attribuer le numéro 8244.
Il semblerait que les diplômes étaient envoyés aux communes, à elles la charge de les remettre aux familles, au vu des nombreux documents joints à cette cote de la série R.
Qu'est devenu le diplôme de Lucien Bessonneau? Je ne le sais pas.

 

Les décorations :
Un ami, Jean Pierre Létang recherchait dans le Journal Officiel des traces de médaillés. Or, en consultant le J.O. du 17 septembre 1924, il a eu la surprise de découvrir un patronyme qui lui disait quelque chose. Bessonneau!!! Non pas le célèbre industriel angevin, mais le grand-oncle d'un de ses correspondants, c'est à dire moi-même. Il m'en avertit alors.
Autant vous dire, que j'ai eu un sacré frisson lorsque j'ai lu et relu le mail.

Decorations
Sources GallicaBNF

Le Livre d'Or communal:Via le site des Archives Nationales, il est possible de retrouver le livre d'or communal, sur lequel figure le nom de Lucien.

 

CaptureJCh

Le lieu de repos de la dépouille:
Soldat disparu au combat, Lucien est vraisemblablement sans sépultures, quelque part du côté de Broodseinde. Cependant, lors de ma visite, je ne pu m'empêcher de penser à lui lors de ma visite de la nécropole Saint Charles de Potyze à Ypres (Sur la route entre Zonnebeke et Ypres).

Il s'agit du lieu de Mémoire incontournable de ce secteur qui connu les combats de 1914 à 1918. Peut-être y est il, peut-être pas.

060419 010 060419 111
Entrée de la nécropole                                                         Le Monument et l'ossuaire

060419 272

 

Le monument aux morts
Sur le monument communal, le nom Bessonneau ne figure pas. Courant 2012, je le signalais au maire de la commune. Or, le  11 novembre 2012, le premier magistrat de la commune, après le dépôt de gerbe et le discours habituel reprit la parole pour annoncer son intention de faire rajouter le nom de Lucien sur le monument ainsi que ceux de 2 autres soldats ne figurant pas sur le monument.

11 novembre

 

Depuis cette promesse faite en public, neuf ans se sont écoulés et rien n’a été fait … "No comment" ...

 

Petit rajout de fin de journée:

Aujourd'hui, 3 décembre 2014, sur le site GoneWest.be, Lucien Bessonneau est apparu sur le monument virtuel. il figurait dans la liste des 355 morts recensés de ce jour.

CaptureJH1


 

2018, Redonnons un peu de couleur à Lucien
Merci à Alain d'Amato pour son superbe travail
http://www.couleursdupasse.fr/

LucienBesreduit1


 

Les 46 soldats du 290e RI tombés en Flandres le 3 décembre 1914

ALADENISE Auguste (Sassierges) – BACLE Léon (Angers 49) – BESSONNEAU Lucien (Badecon Le Pin) – BLONDET Pierre (Lourdoeix St Michel) – CADET Désiré  (Issoudun) - CAPLANT Vincent (Lys St Georges) – CHARBONNIER Pierre (Aigurande) – CHARPENTIER Adolphe (Le Péchereau) – CHAUVEAU Gilbert (Châteauroux) – CHICAUD Alphonse (Eguzon) – CHIPAULT Eugene (Villentrois) – COTINEAU Louis (Les Bordes) – DAUDU Edouard (St Valentin) – DESCHATRES Hélie (Châteauroux) – DUPLAIX Ernest (Pouligny Notre Dame) – GRENOUILLAT Alphonse (St Maur) – JOURNOUX Henri (Baudres) – LAGAUTRIERE Jean (Cuzion) – LAGRANGE Marcel (Lourdoueix St Michel) – LEAUMENT Alfred (Les Bordes) – LEMORT Arthur (Montlevicq) – LIMBERT Jules (Rouvres les Bois) – LUNEAU Jules (La Châtre) – MASSET Ernest (Montipouret) – MERY Robert (Vatan) – MOREAU Georges (Valençay) – MOULIN Stanislas (Villedieu) – NICOLAS Joseph (Crozon) – PACAUD Louis (Gargilesse) – PASQUET Jules (Cluis) – PETOIN Gustave (Arthon) – PILORGET Lucien (Levroux) – PLISSON Alphonse (Argenton) – POIRIER Jean (Châteauroux) – POIRIER Simon (Lourdoueix St Michel) – POURNIN Adolphe (St Maur) – PRIVAT Alphonse (Châteauroux) – PUIVIN Auguste (Lourdoueix St Michel) – RAVAUX Octave ( Argenton) – REIX Jean (Crozon) – ROUSSEAU Louis (Le Péchereau) – SAVOUREUX Eugene (Valençay) – SOULAS François (Neuvy St Sépulchre) – TABOURDEAU Gustave (Tours 37)  – TIXIER Alexandre (Aigurande) – TOURY Louis (Méobecq)

A noter que les 2 non-originaires de l'Indre sont l'adjudant BACLE et de le Sergent-Major TABOURDEAU, tous les autres sont indriens qui dénote de la régionalisation du recrutement des soldats des régiments de réserve (série 200 et au delà)

 


 

2019, une troisième séjour en Belgique

Juste quelques clichés

P1080261
Le champ, la voie ferrée (piste cyclable), les maisons.

IMG_20190817_104526
Depuis Tyne Cote, le champ de bataille. Zonnebeke, à gauche et Ypres à droite.

IMG_20190815_104833
La grand place d'Ypres, les soldats passaient par ici pour la montée en ligne (la route pour Zonnebeke dans le dos du photographe).

P1080270
Les clochers d'Ypres vus depuis Tyne Cote

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11 novembre 2021

11 novembre, l'Armistice et le Souvenir de 12.320 soldats indriens.

Pour les soldats pris dans la mitraille d'aout 1914 en Lorraine, dans les bombardements de 1916 à Verdun ou en Somme, dans le froid et la boue d'avril 1917 dans l'Aisne et la Marne, que ce mot Armistice fut attendu. Une pensée pour eux et un bilan mémoriel:


Alors que l'année dernière la ville de Châteauroux et la SGBB ont inauguré un monument virtuel en ce jour d'Armistice, je pense aux 3 soldats indriens décédés en ce 11 novembre 1918:

Pensées pour Albert BLANCHARD de Châteauroux, décédé en captivité au lazaret de Stade Hambourg (Allemagne)

Pensées pour Louis CORNET de Urciers décédé de ses blessures à Renaucourt (Aisne)

Pensées pour Jules GIRAULT de Lingé décédé de maladie à Billy-le-Grand (Marne)

Nous aurons aussi une pensée pour les quelques 680 soldats indriens (chiffre à minima) qui décéderont dans les mois suivant cet armistice.

Revenons au 11 novembre, comme à son habitude quotidienne et matinale,  Raymond Rollinat tient à jour son journal et écrit:

Capture2
Sources Carnets Rollinat Cercle Histoire Argenton

"Chacun en s'éveillant pense que la journée
qui commence marquera dans l'histoire
et verra peut-être la fin de l'effroyable guerre
Quel soulagement, si l'on apprend que l'Armistice est signé ..."

 

L'armistice fut officiellement signé à 11 heures

Pour découvrir la suite de cette journée, je conseille la lecture des carnets de Raymond Rollinat sur le site du cercle d'histoire d'Argenton


Au pays, à Argenton, l'annonce provoque le regroupement des familles au devant de la mairie, les chemisières ont quitté l'usine, la journée sera chômée. Les anciens, les enfants les rejoignent et manifestent en ville.

Sur les clichés disponibles, que la population semble paisible, plus que de la joie, du soulagement. "Enfin, c'est terminé"

DSCN1374

DSCN1376


Ces 2 premiers clichés pris sur la place de la République viennent de faire l'objet d'une publication par le Cercle d'Histoire d'Argenton (Clichés Rollinat récemment acquis)

(Il est à noter que les clichés Rollinat nous montre une foule moins expansive que celle sur les clichés pour les fêtes de la Victoire le 24 juin 1919). On espère, on doute encore ...

 

Argenton_Quesnel_19181111_NB
Cliché Quesnel Argenton - le 11 novembre 1918 rue Gambetta

En ce 11 novembre, le photographe argentonnais Quesnel a juste à sortir de son magasin (à gauche) et a posé son appareil au milieu de la rue Gambetta. Les drapeaux ornent les balcons et fenêtres. La population manifeste sa joie à l'annonce de ce moment tant attendu. On notera que seuls, 2 hommes figurent au premier plan.

Pendant ce temps, au front, voici le témoignage du capitaine Laurentin qui se trouvait alors au 219e RI suite à la dissolution du 268e en juin 1918:

Le bataillon retourne à l’arrière, à Guignicourt, nous voici arrivés dans le village tout endormi. Un cycliste passe et affirme : « L’armistice est signé. »
Dieu, si c’était vrai !
7 h. 30. - « Armistice, armistice ! » Tout le monde le dit ; on se félicite, on s’interroge : « Qui te l’a dit. Un cycliste. – Un lieutenant de la lourde. – Un téléphoniste. » Le soldat n’en demande pas plus. Voici une troupe du 93 qui revient, boueuse et lasse, des premières lignes : « C’est fini, leur crie-t-on, c’est signé ! » Les figures s’illuminent de sourires épanouis : « Oh mon vieux ! »
C’est tout. Rien des bruyantes manifestations d’enthousiasme qui saluèrent la déclaration de guerre. Ils ne jettent point leurs armes pendantes. Ils ne quittent pas le rang ; seulement ils relèvent la tête, des têtes joyeuses de braves gens, incapables de désordres et d’excès, même au milieu de la victoire.
Ah ! Ma chère France !

 


Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918? 

Pour répondre à une telle question, on pourrait se contenter des chiffres avancés par la presse de l’époque.

 Journal
Journal du Département de l’Indre – 7 novembre 1932 – collection AD36 R909_3

 Cependant, lors des différentes recherches entreprises, il n’a pas été possible de retrouver une source officielle indiquant le nombre de décès, mais surtout indiquant la procédure de calcul et les sources d’un tel chiffre.
Tout d’abord, avant de commencer un éventuel comptage, il est nécessaire de définir qu’est ce qu’un « Indrien » ?

 S’agit-il d’un natif ?

  • Mais s’il est resté juste un mois après sa naissance, est il encore du département?

 S’agit-il d’un résidant ?

  • Mais alors combien de temps faut-il résider pour être comptabilisé?

 A-t-il eu son acte de décès transcrit dans le département ?

  • Certains soldats morts dans des hôpitaux du département eurent leur acte de décès transcrit sur le lieu même, ainsi le tirailleur LAMA Bamba dont la transcription eut lieu à Argenton.

 Doit-on considérer le moment du recrutement militaire comme position de référence ?

  • Mais dans le cas de ces lieux de recrutement Châteauroux / Le Blanc, ce dernier lieu englobe aussi bien des cantons de l’Indre que des cantons d’Indre et Loire et de la Vienne.

 

A vrai dire, je ne sais clairement le définir, et la solution de facilité consiste à se limiter aux sources rapidement accessibles et ainsi de se contenter des natifs du département issus de la base de Mémoires des Hommes.

 J’ai cependant voulu aller un peu plus loin en m’appuyant sur les listes existantes, certes imparfaites, mais donnant déjà un bon angle de vue. Ceci permet de trouver d’autres cas de soldats.

 Reprenons maintenant, les différents fonds répertoriés et connus :

 

Les monuments aux morts (MAM) :

 Il s’agit là de la source la plus visible, puisque présente tous les jours dans toutes les communes de France.
Je me suis appuyé sur les données issues du site Mémorial Gen Web. Le département de l’Indre est entièrement relevé. Cela permet d’obtenir une liste de 11.775 noms sur les 248 communes du département. Ce comptage a des limites en l’absence d’écrits concernant l’élaboration des listes. Ce chiffre est aussi à prendre avec précaution, car c’est notamment celui-ci qui permettait de calibrer la subvention versée par l’Etat aux communes conformément à l’article 81 de la loi du 31 juillet 1920. Certaines communes semblèrent « abusées » de ce fait, car de nombreux noms gravés sont finalement restés sans réponse au regard du recoupement avec les autres sources
On ne peut que constater des incohérences (noms sur plusieurs monuments, noms inconnus, certaines familles refusèrent l’inscription de leur enfant sur le monument communal). Le chiffre issu des monuments a vraisemblablement inspiré le journaliste de 1932.

 

Le Livre d’or départemental (LO) :

 Le texte de loi régissant ce Livre d’Or, étant plus strict dans son application (uniquement natif ou résident) que celui régissant la gravure des noms sur les monuments aux morts. Il est donc potentiellement une meilleure source que celui régissant le monument où le Maire était plus libre pour l’inscription (Certains non-Morts pour la France furent inscrits, mais dans la commune d’à côté).
La mise en ligne des Livres d'Or par le site des Archives Nationales permet de cibler 9.643 noms.

 

Les fiches Mémoires des Hommes (MDH) :

 Sur le site ministériel, les critères de recherche sont multiples, mais le seul champ actuellement et valablement renseigné est celui du département de naissance.
Les fiches accessibles sont celles des soldats « Morts pour la France » (MPF), mais aussi celles provenant du  deuxième fichier dit des « Non mort pour la France » (NMPF).
Il faut cependant se méfier du laïus « NMPF » des dites fiches qui a été rajouté car ce 2ème fichier contient aussi des MPLF (Pour rappel, l’acte de décès est la seule pièce administrative ayant valeur juridique concernant la mention « Mort pour la France »).
Nous obtenons donc 10.944 cas différents (A la date du jour, de nombreuses fiches du site sont en doubles et une opération de nettoyage est d’ailleurs prévue par l’administration du site, le décompte présenté tient compte de ces doublons).

 

Les fiches matricules (FM) :

 Le Centenaire 1914-1918 est passé et l'accès aux fiches matricules peut maintenant s'effectuer via le net. La base du classement étant le recrutement militaire (Châteauroux et Le Blanc), les fiches sont réparties sur plusieurs départements en ce qui concerne le recrutement du Blanc, il est actuellement impossible d’établir une étude fiable, car cela nécessiterait de compulser un très grand nombre de fiches matricules, une à une.
L'idée d'un sondage au 1/10e ou moins a été envisagé, mais faute de temps, l'étude n'a pas été entrepris. Seule une étude non diffusée sur la Classe 1911 de recrutement Châteauroux a été commencée et non publiée. 

 Sélection_012

 Si on considère le département de l'Indre, ce sont 60.024 (Châteauroux) et 42.563 (Le Blanc 36), soit 102.587 fiches matricules qu'il faut analyser.
La répartition géographique des bureaux de recrutement Chateauroux et le Blanc:

 

Capture10_BureauxRecrutement

 Le diplôme de Mort pour la France :

 Aux Archives départementales de l’Indre, en série R892, deux cahiers comptabilisent les remises de diplômes qui furent transmis aux communes pour être remis aux familles de soldats « Mort pour la France ». Cette liste s’arrête en 1924. Le compte est alors de 9.449 diplômes remis. Une fois compilées en tenant compte des doublons et des envois dans les autres départements suite à mauvaise orientation, nous obtenons 9.341 noms.
Il s’agit donc là du chiffre bas de notre estimation, certaines fiches n'ont qu'un lien ténu avec le département. On visualise, par exemple, des cas concernant des familles de réfugiés des territoires occupés qui reçurent les diplômes sur le lieu de leur hébergement, donc dans le département.

 

Les listes de retour des corps :

 Dans les années 1920, il fut donné la possibilité aux familles de rapatrier au « Pays » le corps des défunts. Du fait que les frais engendrés étaient remboursés par l’Etat, la Préfecture de l’Indre tenait à jour une comptabilité de ces retours, cela permet de compléter les listes existantes. ces listes sont conservées aux Archives départementales de l'Indre sous la forme de 2 cahiers.
Au final, seuls 1.707 retours eurent lieu (du moins furent enregistrés). A la suite de quelques visites dans les cimetières départementaux, il apparait que d’autres eurent bien lieu (avant/après ?), mais ne furent pas enregistrés dans le cadre de cette opération administrative.

 ______________________________________

 De telles incertitudes ne permettent pas actuellement d’annoncer un chiffre précis. L’étude que j’avais entrepris depuis plusieurs années et que je vous présente ci-dessous est le fruit d’un recoupement entre ces 5 sources (Mémoires des Hommes, Mémorial-Gen-Web, Livre d’Or, Remise de diplômes de MPF et Retour des corps).
Cela consiste donc en un subtil recoupement entre toutes ces données, tout en définissant un cadre strict (Par exemple, une homonymie ne suffit pas pour rassembler 2 cas). Le travail étant terminé depuis quelques jours seulement, nous arrivons à quelques 13.908 cas différents, induisant, à coup sur que le nombre est inférieur.

 Petit à petit, recoupement par recoupement, la liste actuellement diffusée s'établit à 12.320 fiches. Parmi ces fiches, 6585 lieux de sépultures ou de Mémoire (Rappel du défunt et absence de corps) ont été recensés.

 La nouvelle phase d’évolution de ce fichier est donc de compléter avec le lien vers les fiches matricules mises en ligne par les Archives Départementales, de la généalogie ascendante ainsi que la recherche des actes de décès, car il est bon de rappeler que du point de vue de la loi française, seule la mention Mort Pour la France sur l’acte de décès est preuve de l’obtention de cette mention.

 Comme il ne m'appartient pas de définir qui est un Indrien (natif? résidant? ...), tous les cas repris dans le lien présenté ci-dessous concernent le département de l'Indre plus ou moins directement.
Par exemple vous trouverez les noms de soldats du Nord de la France, dont les familles hébergées dans l'Indre pendant le conflit reçurent le diplôme de MPF sur leur lieu d'hébergement (donc dans l'Indre). Je ne pouvais décemment les ignorer et ainsi les retirer de la base que j’essaye de constituer, ce d’autant que pour certains, ils figurent alors sur un MAM de l’Indre mais aussi dans leur département d’origine.
La saisie s'effectue au fil de l'eau et de temps disponibles.

 

Le monument virtuel des soldats indriens morts en 14/18
Cliquez ICI pour y accèder

 Essayons maintenant d’effectuer une rapide analyse dans la mesure de ce qui est possible grâce à ces données collectées :

 Les « Natifs de l’Indre » :
Volontairement, je prend comme référence la liste des natifs que l’on obtient à partir des différentes sources et ce malgré tout, en faisant fi des avertissements précédemment signalés.

 10.944 cas différents de natifs de l’Indre sont en base dont 10.591 figurent dans le fichier principal de Mémoires des Hommes et 339 figurent dans le fichier secondaire dit des « NMPF ». On notera cependant que 14 soldats ne figurent dans aucun fichier sur Mémoires des Hommes (0,13%).

 Si nous connaissons la date de naissance, nous ne connaissons la date de transcription de l’acte de décès que pour 9800 et seuls 7869 ont vu leur acte de décès transcrit dans le département de l’Indre.

 Toujours concernant les 10.944 « natifs de l’Indre », 90% soit 9.871 sont inscrits sur 1 monument aux morts (MAM) dont 8.851 sur un MAM implantés dans le département. On notera d’ailleurs que 676 sont inscrits sur au moins 2 monuments et parmi eux 11 sont présents sur 3 monuments différents.

 A partir de la liste des Natifs de l’Indre, observons le lieu de leur décès :

 Capture_DepartDeces

 

Sans grande surprise, il est à noter que les secteurs de combats les plus représentés sont : La Meuse, la Marne et la Belgique qui constituent le trio de tête.
A noter cependant que derrière la présence de la Meuse cache une réalité bien souvent oubliée. En effet, 35% des pertes en Meuse sont liées aux combats des années 1914 et 1915 et donc ne sont pas liées à la bataille de Verdun qui ne se déclencha qu’en février 1916. Ce sont les victimes des secteurs de Marbotte, Lachalade.

 De cette liste de pertes, il est possible d’observer leur chronologie :

 RepartitionAnnuellesNatifs

 

CaptureChronologie

 Les principales pertes concernent la période 1914, en effet, la retraite, la bataille de la Marne tout d’abord puis le début de l’hiver 1914 furent des périodes où les pertes furent nombreuses, tant pour les hommes mobilisés au sein du 9e corps qui combattirent dans la Marne puis dans le secteur d’Ypres que pour ceux du 8e corps qui combattirent en Woëvre et en Meurthe et Moselle.

 Les pics suivants correspondent principalement aux engagements liés aux grandes batailles (Champagne 1915, Verdun 1916, Somme 1916, Aisne 1917, …).

 Si dans le cadre de cette étude, nous étudions les soldats natifs de l’Indre et morts lors du conflit, par l’intermédiaire de la fiche MDH, il est possible de connaitre le bureau de recrutement. Cette donnée permet de connaitre la position géographique d’un soldat à l’âge de 20 ans.
Ceci est pertinent pour connaitre l’attache d’un soldat au moment du conflit, mais est à relativiser en fonction de l’âge du soldat. Plus le soldat est ancien, plus l’époque du recrutement s’éloigne et plus il a de chances d’avoir changé de résidence entre la conscription et la mobilisation de 1914.

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 88% des natifs de l’Indre étaient encore dans le département lors de leur conscription (63% Châteauroux et 25% Le Blanc). Les migrations s’effectuent naturellement vers les départements limitrophes (Cher, Creuse, Loir et Cher, Indre et Loire, Loir et Cher), mais surtout sur la grosse métropole que représente la région parisienne (Bureaux de la Seine, de Versailles).

 Maintenant regardons les lieux de transcription, qui sont donc les lieux de rattachement des soldats au moment de leur décès.

 Nota : Les fiches MDH ont une particularité. Nombreuses sont celles où figure la mention DC dans la zone de transcription (Cas 1), dans certaines il s’agit d’envoi mais la mention DC n’est pas indiquée (cas 2), les dates indiquées sont celles de l’envoi de la transcription à la mairie concernée et non la date de la transcription elle-même (Cas 3 et 4).

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 Sur les 10.944 natifs de l’Indre, 8.626 ont une transcription de l’acte de décès qui eue lieu dans le département et 2.107 eurent leur acte de décès transcris dans d’autres départements. Seuls pour 281 cas, le lieu de transcription est non renseigné.

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 Sans grande surprise, Paris notamment et la région parisienne figurent en bonne place dans les destinations de résidence suite à des choix de migrations, une volonté de quitter le pays pour tenter sa chance. Les départements limitrophes (18, 23, 37, 41, 86) sont légitimement des départements que l’on trouve dans le haut de ce classement.

 A toute cette statistique, je rajoute le travail (incomplet) que j'avais effectué en 2012 en recoupant les nombres de noms sur les monuments aux morts du département et les effectifs de population des communes du département recensés en 1911 (dernier recensement avec le conflit)

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Word Art (1)

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27 août 2021

Montécouvé - Juvigny (Aisne): une renaissance indrienne programmée le 29 aout 2021


Ce week-end, la renaissance du monument de l'Orme de Montécouvé.
La présence actée du 90ème Régiment d'Infanterie et de l'association Magenta pour le souvenir de nos anciens
merci à eux, Merci à l'association de l'Orme de montécouvé, Merci aux municipalités concernées

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Fabrice Visbecq et son association m'ont fait une superbe surprise. Il y a deux jours, Fabrice m'a annoncé l'inauguration et la renaissance du Monument de Montécouvé programmée pour le 29 août 2021.

"90e RI - 17eDI a enlevé l'Orme de Montécouvé et l'a conservé le 23-24-25 Aout 1918"
Voilà ce que l'on pouvait lire sur le monument qui se trouvait au lieu appelé l'Orme de Montécouvé, sur le territoire de la commune de Juvigny dans l'Aisne. C'est aussi à cet endroit que le 68ème RI fut aussi engagé et y perdit son chef de corps, le lieutenant-colonel Rosset.

Ces monuments sont les témoins de l'engagement des régiments du département de l'Indre. C'est effectivement à cet endroit que le régiment de Châteauroux et le régiment du Blanc et Issoudun fournirent leur dernière grande bataille au sein de la 17ème Division d'Infanterie. Pendant plusieurs jours, ils progressèrent et tinrent position avent d'être relévés. Ce sont pas moins de 162 soldats du 90e RI et 103 soldats du 68e RI qui décédèrent pendant ces journées fatidiques qui se poursuivirent jusqu'à la fin du mois au travers d'une avancée continuelle et d'un engagement sans répit. Ce furent aussi plusieurs centaines de blessés qui décimèrent les unités.
Pour comprendre l'importance de cet engagement, il est possible de se reporter à une note du Général Mangin, commandant l'Armée

« Il s’agit de gagner la bataille.
La bataille sera gagnée si nous atteignons les hauteurs qui dominent la plaine de Laon, nous assurant ainsi le débouché en plaine et l’exploitation.
Pour y arriver, il convient de donner à la progression la forme la plus rapide possible de façon à empêcher l’ennemi de se reprendre sous les coups répétés qui lui sont portés.
La bataille devra être gagnée en un jour.
Les moyens mis en œuvre, la situation tactique, la situation morale de l’ennemi permettent d’obtenir ce résultat. »
N°1086S de la Xe Armée du 26/08/1918

Voici un extrait d'un rapport afin de résumer l'engagement des 2 régiments de la 17e Division et qui servit pour l'obtention d'une citation à l'ordre de l'Armée:

ID 17 Etat-Major n°109
PC le 25 août 1918
Rapport à l’appui d’une proposition de citation à l’Ordre de l’Armée en faveur des 68e et 90e RI

Dans la nuit du 21/22 août, l’ennemi qui, la veille, avait offert une forte résistance, quitte ses positions pour continuer son mouvement de repli.
Les 68e et 90e Régiment d’Infanterie, entrant en ligne rapidement au début du jour, entament la poursuite, refoulant les derniers éléments de l’ennemi, tournant et enlevant les nids de mitrailleuses chargées de couvrir sa retraite.
Soumis pendant toute la progression à un violent tir de harcèlement, les 2 régiments, qui depuis 15 jours, sont au bivouac et ont du faire de nombreuses marches de nuit, exécutent, suivant l’ordre reçu, un difficile mouvement de conversion à droite, en liaison avec les régiments des divisions voisines.
Ils arrivent ainsi devant la position de résistance que l’ennemi a reçu l’ordre de défendre à tout prix. Ils attaquent aussitôt, presque sans préparation d’artillerie, et progressent encore en dépit du feu extrêmement violent de nombreuses mitrailleuses.
Le 23 août, les 68e et 90e RI se portent de nouveau à l’attaque d’un seul élan, refoulant l’ennemi qui, appuyé par une nombreuse artillerie, résista avec acharnement. Sans réussir cependant à enlever d’un seul coup la totalité de la formidable position de l’ORME DE MONTECOUVE, la brusquerie de l’attaque, les heureuses initiatives individuelles du 68e et l’habile mouvement tournant du 90e parviennent à l’encercler à un point tel que l’ennemi juge sa situation compromise.
Par une contre-attaque d’une extrême violence, exécutée à la tombée de la nuit par le 7e Bataillon de Chasseurs à Pied, l’une des meilleures troupes allemandes, l’ennemi cherche à rompre la ligne qui commence à l’encercler étroitement, mais le courage, le sang-froid et la ténacité dont font preuve les 68e et 90e RI rendent inutile l’effort des Chasseurs qui refluent vers leurs lignes après avoir subi des pertes énormes.
Devant l’échec de sa tentative, l’ennemi se décide de nouveau à la retraite, rendue impérieusement nécessaire, non sans essayer de la couvrir par une attaque qui est repoussée. La vigilance des 68e et 90e ne permet pas que ce décrochage passe inaperçu et, déjà, tous espèrent que la poursuite va reprendre.
Mais tel est le prix attaché par l’ennemi à cette position qu’il ne peut se résigner à l’abandonner sans tenter encore une fois la chance. Il s’est retiré dans la nuit parce qu’il se voyait cerné, mais en même temps il faisait appel à de nouvelles troupes et, à 6 heures, se lançait à l’assaut après une violente préparation. Pliant un instant sous l’effort, les éléments avancés des 68e et 90e cèdent quelque terrain, perdant ainsi la crète.

(Nota Indre1418: Malheureusement, nous n'avons pas trouvé le verso)

Au delà du combat, pour revenir au monument de Montécouvé, le journal de Marche du 90e nous apprend ceci en date du 2 septembre 1918:

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"Pendant la période du 29 août au 2 septembre, les pionniers du 90e, avec un outillage de fortune, sous les ordres de l’Adjudant-chef BAUCHE élèvent sur le sommet de la colline de Montécouvé, un monument sommaire à la mémoire des camarades tombés dans la bataille. Ce monument en forme de pyramide, dont les pierres ont été apportées de la ferme de Mareuil, mesure 3m de hauteur. La base carrée à 1m50 de côté. Il est entouré par une chaine en fer de 16m de longueur soutenue par 4 torpilles allemandes de 240mm. La face Nord porte l’inscription suivante : « Hommage à nos morts glorieux » La face Sud porte une autre inscription «17e Division – 90e RI. Le 90e a enlevé l’Orme de Montécouvé les 23-24 et 25 août 1918 et l’a conservé ».
Une bouteille déposée à l’intérieur de la maçonnerie contient les noms des pionniers qui ont élevé le monument."

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A la suite de ces faits, le 90e Régiment d'infanterie reçut une nouvelle citation:

"Superbe régiment dont la valeur s'est maintes fois affirmée sur les champs de bataille de l'Yser, de Verdun, de la Somme et du Chemin des Dames. Vient de prendre, pendant cinquante jours consécutifs, sous le commandement du lieutenant-colonel Detanger, une part sérieuse à la poursuite sur la Vesle d'abord, puis sur l'Ailette. Arrivé à l'extrème limite de la fatigue, réduit à 600 combattants, privé de presque tous ses cadres, n'en a pas moins tenu à l'honneur de prolonger son effort dans l'espoir de précipiter la retraite de l'ennemi et à attaquer violemment une forte position ennemie, progressant malgré les feux, venant sur le droite d'une hauteur dont une Division voisine ne réussissait pas à s'emparer; a atteint tous ses objectifs, faisant des prisonniers, capturant des mitrailleuses qu'il a conservées en dépit de deux contre-attaques à l'exécution desquelles l'ennemi mit un tel acharnement qu'il y eut une furieuse lutte corps à corps."

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 Non loin, à quelques dizaines de mètres, un deuxième monument, une stèle rend hommage au Lieutenant-colonel Rosset et aux soldats du 68e Régiment d'Infanterie:

Citation du 68e Régiment à l'ordre de l'Armée:
Décision du Général Commandant en Chef comprise sous le n°41415 du 28 septembre 1918.
Le 68ème Régiment d'Infanterie est cité à l'ordre de la Xe Armée pour les combats d'Aout 1918 avec les motifs suivants:
Brillant régiment qui a donné depuis le début de la campagne quantité de preuves de discipline et de sacrifice le plus élevé, et qui, partout où il a été engagé a su se faire redouter de l'ennemi. Au cours des comabts des 22, 23 et 24 aout 1918, sous l'énergique impulsion de son chef, le lieutenant-colonel Rosset, a poursuivi vigoureusement l'ennemi, refoulant les éléments avancés, malgré une résistance acharnée, s'est emparé d'une position importante que l'adversiare avait ordre de défendre à tout prix, l'a conservée en dépit des contre-attaques les plus violentes, faisant de nombreux prisonniers de 3 régiments d'Infanterie, 4 bataillons de Chasseurs et un régiment de la Garde"
Au Q.G. le 12 octobre 1918 Signé Gassouin (Note de la 17ème DI, Etat-major n°2289)

 

  Voici donc l'actuel champ de bataille.

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Or, il s'avère que, si de nos jours, la stèle dite du "Colonel Rosset" est toujours présente, le monument du 90e RI a disparu depuis l'époque de son érection. Installé en pein champ, l'agriculture a repris ses droits et maintenant ne demeurent que quelques rares clichés.
Dans notre enquète, seulement 3 clichés ont été trouvés concernant ce monument. Une carte postale fut éditée après le conflit par la société Dilecta. Un ami correspondant de longue date Laurent Mirouze me fit parvenir un cliché avec deux soldats posant à côté du monument (Qu'il en soit encore remercié). Ces 2 clichés sont visibles ci-dessus. Un troisième et dernier cliché est visible dans le journal de marche du 90e RI, à la date du 13 novembre 1918.

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Sources SHD GR26N668

Pourquoi revenir sur ce sujet qui avait déjà été abordé notamment à partir d'un message édité en 2008 sur ce blog et ayant trait au Le 3e bataillon du 90e RI à l'Orme de Montécouvé ?

Depuis de nombreux mois, je suis en contact avec une association locale de Juvigny qui fut créée il y a quelques années autour du projet de reconstruction du monument. Cette association est présidée par Fabrice Visbecq.
A plusieurs reprises, nous avons eu l'occasion d'échanger divers documentsafin de permettre à l'association "L'Orme de montécouvé de 1914 à nos jours" de monter son dossier.
Fabrice Visbecq, au mois de janvier dernier, m'a fait parvenir un compte-rendu dans lesquels on retrouve les représentants politiques locaux comme Mme DEVILLE-CRISTANTE, Adjointe au Maire de Soissons, Conseillère Régionale des Hauts de France, Vice-présidente du GrandSoissons Agglomération, M. TORDEUX, Conseiller Départemental de l’Aisne, M GADRET : Directeur du PLIE – du GrandSoissons Agglomération et M. MORLET, Maire de la commune de Crécy-au -Mont.
Un accord a été trouvé la mairie du juvigny afin d'implanter le monument à côté du monument aux morts et ainsi en assurer la pérénité. Je remercie particulièrement monsieur DEMAIRE le maire de Juvigny pour son action qui permet de faire revivre la mémoire de nos aieux.

Le GRETA de Soissons sera en charge de la taille des pierres pour le monument, aux dernières nouvelles, les devis incluaient l'utilisation de pierre de Chauvigny (Vienne), ce qui nécessairement, même si c'est sans doute involontaire, est un symbôle important et en lien avec les soldats de la 17e Division et notamment ceux du 68e RI, bien souvent poitevins.

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Merci à l'association de l'Orme de Montécouvé, ainsi qu'à tous ses membres

De mon côté, j'ai, de suite, prévenu l'association Magenta de Châteauroux qui regroupe les anciens du 90e Régiment d'Infanterie. Monsieur le colonel LAMOUREUX a transmis ce jour l'information aux adhérents de l'association. 

Gageons aussi que des descendants de combattants qui tombèrent à Montécouvé seront intéressés de savoir que les anciens ne sont pas complétement oubliés, même si le Centenaire est terminé. Peut-être que d'autres associations de l'Indre ou même des institutions du département seront peut-être aussi intéressés.

Si ce n'est en août 2021 pour cause de calendrier professionnel déjà chargé, ce sera peut-être plus tard. En tout cas, le sac à dos, les godillots, l'appareil photo de Indre1418 sont et seront toujours prêts.

 

Une pensée particulière pour Alexandre Lamoureux d'Orsennes qui n'avait même pas 20 ans lorsqu'il tomba dans le secteur de l'Orme

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02 août 2021

A Châteauroux, Le Blanc, Argenton et Eguzon: Les témoins de la mobilisation d'août 1914.

Avec le confinement, vient un peu de temps disponible pour réorganiser la production. "Et si je recommençais certaines parties?"
En novembre 2014, un cycle de conférence se tint à Châteauroux sous l’égide du Centre de recherches, d'études et de documentation de l'Indre (CREDI). Jean Pierre Surrault, président du CREDI, me confia la lourde tâche de faire l’ouverture de la journée, en ayant pour mission de présenter la mobilisation militaire d’août 1914. Après en avoir écouté la captation audio qu'un ami et collègue en avait fait, je me suis replongé dans les témoignages d'alors. Ce fut très rapide car, ceux-ci sont peu nombreux et de plus, sont assez brefs. Ils méritent cependant une mise en valeur.
La conférence avait fait l’objet d’une publication en 2016, au travers d’un ouvrage reprenant les versions écrites de chaque intervention. Je ne vais pas reprendre ici mon texte d'alors, mais juste en extraire la partie liée aux témoignages, juste histoire de hûmer et d'apprécier le parfum de cette période.

Le 1er août 16h00, un télégramme annonçant la mobilisation pour le lendemain est envoyé par le Ministère de la Guerre. Les unités militaires sont destinatrices de ce télégramme qui est aussitôt transmis au chef de corps.

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L'arrivée du télégramme à la caserne Bertrand de Châteauroux- SHD Journal de Marche du 90eRI 

 

En parallèle, ce télégramme est envoyé dans toutes les brigades de gendarmerie de France, chaque brigade de gendarmerie correspondant à un canton. Aussitôt, les gendarmes sortent de leur coffre-fort les enveloppes contenant les consignes à tenir en cas de mobilisation générale.
Dans cette enveloppe, les gendarmes trouvent un certain nombre d’affiches qui sont à placarder dans les communes desservies par la brigade. L’affiche de la mobilisation est accompagnée de celle ayant trait aux réquisitions. Avant d’être placardée par les gendarmes, l’affiche, d’un type imprimé en 1904, est complétée de la date effective de la mobilisation.
Une fois avertie soit par télégramme ou par les gendarmes, les municipalités font sonner le tocsin pour avertir les habitants du drame se jouant.

A propos de l'arrivée dudit télégramme dans les communes et de l'apposition des affiches de mobilisation, il est intéressant de se reporter aux documents mis en ligne par le site "Le Blanc 1418 à travers les archives"

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Extraits sources:  "Le Blanc 1418 à travers les archives"
Cliquez sur les images et profitez-en pour regarder en amont et en aval du message du 2 août

En même temps, du côté d'Ardentes et de Châteauroux, voici comment Eugène Hubert, l’archiviste départemental, décrit la situation :

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Notes Eugène Hubert AD36 R971

"Samedi 5 heures du soir - Ardentes. Proclamation de la mobilisation : vicaire d'Ardentes sonnant du clairon ; un des chantres, Aucouturier, en bras de chemise, battant du tambour, suivi d'une troupe de gamins ; le tocsin... Tristesse générale ; groupe de femmes les yeux mouillés de larmes, grande résignation, grand élan parmi les groupes d'hommes... Idem à Châteauroux. Temps superbe, sur la route d'Ardentes à Châteauroux, les moissons à peine commencées, trois faucheuses mécaniques seulement aperçues sur la route. Vers Clavières, à 5 heures, un conducteur de machine me dit « on prend mes chevaux après demain » (donc il était déjà avisé de la réquisition).
Châteauroux, samedi soir, voir Journal du Centre. Grand enthousiasme sur la place, retour de la retraite au flambeau, cris nourris de « Vive l'armée, etc ». Entrain admirable.
Samedi - Il est arrivé à Châteauroux, depuis midi jusqu'au soir, une quantité considérable de trains de voyageurs, venant de Paris, les vigies, les water-closed, les fourgons, pleins de voyageurs comme dans le métro. Dimanche, idem. Capitaine Beulay parti le dimanche pour Le Blanc à 5 heures ; pas de billet de quai.
De samedi, bruits stupides - Attaque par les Prussiens du fort de Longwy, 30 000 Allemands massacrés, 3 000 Français. Zeppelin allemand crevé par un avion qui se laisse choir dessus à Belfort (tirage au sort des aviateurs qui devront sacrifier leur vie pour détruire les dix zeppelins allemands (voir « la guerre fatale »). De tous côtés, on arrête : Châteauroux, des espions allemands qui déboulonnent les rails et placent des cartouches de dynamite pour faire sauter le pont de Notz et le pont de La Châtre. L'espion prussien, officier (pont de La Châtre), sera fusillé ce soir au verger le 4 août 1914. Alabonneau, mort depuis un an, a été tué le 2 août à Lothiers au moment où il déboulonnait les rails de chemin de fer et coupait les fils télégraphiques.

[Dimanche 2 août 1914]
À l'usine Balsan, les territoriaux et réservistes de la territoriale restent pour fabriquer du drap de troupe.
Prix des denrées - Tous se précipitent dans les épiceries pour acheter des provisions, le sucre est rare. Tandis que les Docs du Centre le vendent 16 sous au lieu de 14, Belloy le vend 24 sous. Les commandes d'épicerie sont tellement nombreuses que les épiciers ferment leurs boutiques pour avoir le temps de livrer. Je connais tel bourgeois qui le dimanche m'a montré une facture d'épicerie de 260 francs.
Idem pour le charbon sans augmentation de prix"

Notre archiviste départemental, soucieux et conscient du moment historique de l'instant, pousse son action de collectage jusqu'à récupérer des affiches et documents dans certains établissements réquisitionnés pour loger la troupe mobilisée qui ne cesse d'affluer à Châteauroux.

AD36_EugeneHubertAffiches_R971 Documents trouvés à Léon XIII - AD36 - R971 - Fonds Eugène Hubert

Au sud du département, une scène digne des grands moments des livres d'histoire se produit à Eguzon. On y joue l'union sacrée, elle y est de rigueur. Voici ce qu'écrit Alfred Garreau, le propriétaire de l'hôtel de France dans son journal, ce dernier est aussi officier de réserve et sera ensuite mobilisé au 65e Territorial de Châteauroux.

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« Eguzon 1 août 1914 La mairie est avertie par un télégramme, les affiches sont posées, le tocsin sonne, tous les habitants de notre petit bourg sont sur le pas de leur porte ; dans les rues, les femmes pleurent, et, pourquoi le taire, les hommes ont aussi les larmes aux yeux.
J
e cours aussitôt préparer mes effets militaires et faire ma valise, puis je redescends car je ne rejoins mon corps que le 2e jour, c’est-à-dire demain.
Dans la rue, je trouve Monsieur Dauthy, maire d’Eguzon, un vieil adversaire politique auquel je n’ai adressé la parole depuis bien longtemps. Il est très ému, me serre la main, et nous causons un moment sur la réconciliation nécessaire de tous les Français dans un moment aussi critique.
Triste soirée, que celle de ce 1er août 1914, car, quoique les affiches mentionnent : « La mobilisation n’est pas la guerre ! », nous savons bien que nous ne pouvons pas l’éviter. »

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Indépendant du Berry 7août 1914 - BNF Gallica

Au même moment, cette fois, à Argenton, Raymond Rollinat, comme tous les jours complète ses carnets:

« Argenton, Dimanche 2 août 1914 premier jour de la mobilisation. Un détachement de 12 hommes réservistes du 90e vient à Argenton pour le service d’ordre de la gare.
Des commerçants d’ici ayant augmenté leurs denrées dès le début de la mobilisation, M. le maire, Léon Pacton, les a, de suite, rappelé à l’ordre … ».

Fait remarquable, en tant que photographe amateur, il réalise alors une série de clichés dont un, représentant le voisin de Raymond Rollinat, Eugène Brisse posant avec sa fille, devant l’affiche de mobilisation et celle des réquisitions et qui ont été collées sur la bascule du champ de foire, dès l’annonce de la mobilisation. Il photographia aussi le départ des réservistes à la gare d'Argenton.

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 Si Raymond Rollinat prend en photo le départ des mobilisés, il est intéressant de connaitre le témoignage de l'un d'entre eux, comme l’écrit Alfred Garreau, ensuite vint le temps du départ :

« Eguzon L’aurore du 2 août me trouva debout ; la nuit a été mauvaise, et il me fallait songer au départ. Je repris mon uniforme que j’avais quitté si peu de temps avant, mais cette fois pour combien de jours ? trois mois ? quatre mois ? la fin de l’année peut-être ? Dieu que ce serait long une telle absence loin des siens !
La voiture est prête, c’est fini, adieu à tous, et, avant que les larmes ne coulent, la route.
J’arrive à la gare. Déjà un certain nombre de réservistes sont là, et je décide de monter avec eux pour abréger la route. La plupart sont tristes d’avoir quitté femmes et enfants, mais le moral semble bon, et puis, ils espèrent que tout sera finit rapidement … »

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 Les soldats, les sous-officiers et officiers de réserve rejoignent donc leur garnison tant à Châteauroux, Le Blanc ou Issoudun, mais aussi parfois situées dans d'autres régions militaires. En chemin inverse, des berrichons de Paris, notamment, reviennent au "pays" et rejoignent directement les casernes du département. Il en est de même pour certains officiers de réserve appelés à former l'encadrement des 68e, 90e, ainsi que leurs régiments de réserve (268e et 290e RI) et territoriaux (65e et 66e RIT). Le même schéma se produit pour les unités castelroussines comme le 9e Escadron duTrain, le dépôt de la 9e Section d'Infirmiers Militaires ou au dépôt d'artillerie de l'avenue des Marins.
Ainsi, un officier parisien, le lieutenant Sohier, mobilisé au 290e RI et qui a déjà effectué des périodes d'exercices à Châteauroux nous raconte cette arrivée:

 "Châteauroux. - La ville qui m'était toujours apparue morne et quasi déserte, est grouillante à mon arrivée. Plus de place dans les hôtels; les rues sont peuplées d'une foule un peu tourbillonnante jusque tard dans la nuit. Du mouvement, voire même de l'agitation, mais pas de bouillonnement véritable; c'est là ce que je constate. Est-ce l'anxiété du drame attendu qui coiffe les esprits? Certes, on prépare un douloureux départ. Mais à Paris aussi, et pourtant les vibrations des cœurs étaient souvent bien sonores là-bas. Non. Ici nous sommes dans le Berry, et le Berry impose son impassibilité fataliste dès que l'on y pénètre
Dès le premier soir le régiment de l'active s'embarque. Il quitte la caserne à la nuit tombée, musique en tête, drapeau déployé. A la lueur des phares d'acétylène il s'est préparé. Il défile superbement dans la ville éclairée. Les Berrichons sont remués presque jusqu’a l'enthousiasme, juste ce qu'il faut pour acclamer. Rien de trop, et le spectacle revêt une grandeur calme, émouvante.
Puis ce sont les préparatifs du départ du régiment de réserve. Je suis affecté au service téléphonique. Il faut connaître les hommes, le matériel. Les hommes : braves gens sur qui on peut certainement compter. Le matériel : c'est avec cela qu'il faudra faire quelque chose ? Car je veux faire quelque chose, je m'imprègne de mon rôle, je pompe ma théorie. Dans la guerre moderne quel rôle merveilleux devra jouer le téléphone! Oui, c'est bien cela..., je vois, j'imagine les diverses situations possibles. Puis je regarde, morne, le matériel. Quatre vieux appareils et quelques bobines de fil verni, quasi rigide. Je reste rêveur, un peu découragé. On verra bien."

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La 3ème section de mitrailleuses, au Blanc, la veille du départ pour le front

Monsieur Alexandre Triptolème
à Brissais Canton de Béruges
par Poitiers Vienne

J’ais reçu votre argent. Je vous en remercie beaucoup nous partons ce soir sur les 2 heures pour la frontière mais ne vous faites pas trop de chagrin pour moi car j’ai tout espoir de revenir
Votre fils qui vous aimera toujours Emile Triptolème
N’écrivez pas on ne peut déjà pas recevoir les lettres
Je vous conseille de garder cette carte avec précaution car ce sera un souvenir pour plus tard.

 

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Une ambulance de la 9ème section d'Infirmiers en partance de Châteauroux

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Des "pèpères" du 66e RIT du Blanc prêts à en découdre et à aller chercher la "tête à Guillaume"

C(h)er camarade je
par demain chercher la
tête à Guillaume pour
t en apporter un petit morceau
pour en faire manger les chiens

 

Pour des raisons de praticité, d'organisation, il n'était pas possible de faire venir tous les mobilisables dès le 2 août dans les casernements, l'appel se fit donc sur plusieurs jours jusqu'au 16 aout 1914 suivant le profil tant du soldat que de son unité à laquelle il était rattaché. La date étant indiquée sur le livret de mobilisation propre à chaque soldat "Mobilisable le 3ème jour ...".

 Capture31_TableauConcordance

Sources biblio:
Alfred Garreau - Mes mémoires de guerre - Auto édition familiale 2011
E. Sohier - 1914-1915 - Auto édition non datée


 

109530664
Credi-Editions, 90 boulevard François Mitterand, 36000 Châteauroux Tel. 02 54 08 52 92.

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18 juillet 2021

Le conseil de révision de la classe 1911 (Suite Argenton et Eguzon)

Dans le billet récent du blog Indre1418, je me suis tout d'abord intéressé à une carte photo chinée, il y a quelques temps déjà et que j’ai essayé de « faire parler » en vue d’une publication dans le cadre du Centenaire. Cette carte fut prise à Levroux en 1912 et concerne le conseil de révision de la Classe 1911 (nés en 1891).

Même si l’idée de l’ouvrage ne survécut pas au temps passant, pour les besoins de l’analyse, j’ai donc dépouillé l’ensemble des fiches matricules « 1911 » de recrutement « Châteauroux », soit un total de 1726 fiches. 
A l’image de ce que j’ai réalisé pour le canton de Levroux dans l’article précédent, voici donc les résultats pour les cantons d’Argenton et Eguzon d’alors et qui forment l’actuel canton d’Argenton sur Creuse.

Canton Argenton (Argenton, Bouesse, Celon, Chasseneuil, Chavin, Le Menoux, Mosnay, Le Péchereau, Saint-Marcel et Tendu) : 15120 habitants

Canton Eguzon (Baraize, Bazaiges, Ceaulmont, Chantôme, Eguzon, Cuzion, Gargilesse-Dampierre, Badecon-le-Pin, Pommiers) : 7796 habitants

Nombre de conscrits recensés Classe 1911 par canton :

  • Eguzon 64 recensés soit 0,82% de la population totale.
  • Argenton 146 recensés soit 0,93% de la population totale. Seuls 141 conscrits sont concernés par le conseil de révision (décès, changement de bureau, …).

La moyenne départementale étant de 0,80%, les 2 cantons peuvent donc être considérés comme ayant potentiellement une moyenne d’âge inférieure à la moyenne des cantons du Bureau de Recrutement. 

Niveau d’instruction des conscrits :

Argenton : 2,63 et Eguzon 2,20. La moyenne du Bureau de Recrutement est de 2,43.
Pour rappel: 0 : ne sait ni lire ni écrire 1 : sait lire seulement 2 : sait lire et écrire 3 : possède une instruction primaire plus développée 4 : a obtenu le brevet de l'enseignement primaire 5 : bachelier, licencié, etc.

Taille des conscrits :

Argenton : 165,36 et Eguzon 165,90. La moyenne Bureau de Recrutement est de 166,19.

Résidence des conscrits :

  • 56,03% des conscrits d’Argenton et 51,56% des conscrits d’Eguzon demeurent dans leur commune de naissance alors que la moyenne du Bureau de Recrutement est de 53,23%.
  • 24,82% des conscrits d’Argenton et 29,69% des conscrits d’Eguzon ont changé de département alors que la moyenne du Bureau de Recrutement est de 22,42%

Le point remarquable est donc la tendance migratoire des conscrits du canton d’Eguzon, notamment vers Paris (16 cas sur les 64 conscrits soit 25% alors que le taux est de 10% pour Argenton)

 

Les conscrits morts pendant le conflit entre 1914 et 1918

  • Argenton (146 conscrits recensés, 141 présentés) : 41 soldats Morts pour la France, 1 soldat non Mort pour la France. Taux de 30.50%
  • Eguzon (64 conscrits) : 18 soldats Morts pour la France, 1 soldats non Mort pour la France. Taux de 29.69%

Ces 2 taux sont supérieurs au taux du Bureau de Recrutement pour cette même classe : 26.67%

 

Les résultats du conseil de révision :
Rappel du message précédent : Lors du passage en conseil de révision, les conscrits sont classés suivant 7 catégories. Les absents sont systématiquement classés « bon absent » et classés en catégorie 1.

Capture 

  • Argenton (146 conscrits recensés, 141 présentés) :
    Catégorie 1 : 109 « Bons pour le Service » dont 7 « Bons Absents »
    Catégorie 2 : 7 soldats sont déclarés « Bons pour le service auxiliaire »
    Catégorie 3 : 4 soldats sont engagés volontaires et ce depuis 1909-1910 (1 cavalerie, 1 Infanterie, é escadrons du Train)
    Catégorie 5 : 17 sont ajournés dont 16 pour « faiblesse ». 8 seront bons pour le service à la session l’année suivante, 3 seront exemptés et 1 est ajourné 1 an pour cause article 21 (Sursitaire études)
    Catégorie 7 : Deux sursitaires article 21 qui seront rappelés l’année suivante
    2 conscrits sont exemptés dès le conseil de révision
  • Eguzon (64 conscrits) :
    Catégorie 1 : 53 « Bons pour le Service » dont 1 « omis excusé »
    Catégorie 2 : 1 soldats déclaré « Bons pour le service auxiliaire »
    Catégorie 3 : 1 engagé dans la cavalerie légère (Hussards) depuis 1910
    Catégorie 5 : 7 soldats ajournés dont 6 pour faiblesse. 4 seront « bons pour le service » dont 1 dès la session d’août 1912. Les 3 autres seront exemptés l’année suivante.
    2 conscrits sont exemptés dès le conseil de révision.

Les affectations au moment du départ au service militaire (Octobre 1912) :

Les conscrits Classe 1911 de Eguzon et Argenton :

Matricule

Canton

N° Ordre

Nom

Prénoms

1034

Eguzon

1

ALASSOEUR

Georges Célestin Albert

1035

Eguzon

2

ALLIGNE

Edouard Maurice Albert

1036

Eguzon

3

ALLIGNE

Maximin Louis Marcel

1037

Eguzon

4

ARRETEAU

Emile Louis

1038

Eguzon

5

AUCLERT

Marie Joseph André René Gabriel

1039

Eguzon

6

AUGAY

Joseph Ernest

1040

Eguzon

7

AUGENDRE

Jean

1041

Eguzon

8

AVRIL

Clément Louis

1042

Eguzon

9

BACHELIER

Vincent Edmond

1043

Eguzon

10

BALLEREAU

Denis

1044

Eguzon

11

BEAUDET

Albert Désiré

1045

Eguzon

12

BELOEIL

Emile Alexandre

1046

Eguzon

13

BLANCHARD

Paul Raymond

1047

Eguzon

14

CHARASSON

Abel Auguste Alexandre

1048

Eguzon

15

CHARRAUD

Emile Florentin

1049

Eguzon

16

CHEROUX

Gustave Albert

1050

Eguzon

17

COLLET

Léon

1051

Eguzon

18

COQUELET

Henri Marcel Etienne

1052

Eguzon

19

DELAGE

Charles Joseph

1053

Eguzon

20

DELAGE

Louis

1054

Eguzon

21

DEVAUX

Frédéric Fernand

1055

Eguzon

22

DHIVERT

Jean Baptiste Félix

1056

Eguzon

23

DUCHATEAU

Arthur Louis Jérémie Raoul

1057

Eguzon

24

DUMONT

Charles Manuel

1058

Eguzon

25

GADEFAIT

Jean Clément

1059

Eguzon

26

GAILLARD

Julien

1060

Eguzon

27

GAUTRON

Armand

1061

Eguzon

28

GRASSET

Georges Lucien

1062

Eguzon

29

GROS

Louis Alexis Etienne

1063

Eguzon

30

GUILBAUD

André Marcel

1064

Eguzon

31

GUYOTON

Jean

1065

Eguzon

32

JACQUET

Alfred Antoine

1066

Eguzon

33

JOURNAUX

Camille Silvain

1067

Eguzon

34

JUILLET

Ernest

1068

Eguzon

35

LABESSE

Silvain Jean Baptiste Octave

1069

Eguzon

36

LAMAMY

Alexandre

1070

Eguzon

37

LAVALETTE

Silvain Armand

1071

Eguzon

38

LAVENU

Auguste

1072

Eguzon

39

LAVILLONNIERE

Henri

1073

Eguzon

40

MALESSET

Edouard

1074

Eguzon

41

MALESSET

Joseph

1075

Eguzon

42

MANCEAU

Georges

1076

Eguzon

43

MARTIN

Chéri Maurice

1077

Eguzon

44

MATHE

Désiré Silvain

1078

Eguzon

45

MAUGRION

Célestin Lucien Ursin

1079

Eguzon

46

MESNE

Jean Baptiste

1080

Eguzon

47

MEUNIER

Alphonse Silvain

1081

Eguzon

48

MICHAUD

Eugène Henri

1082

Eguzon

49

MICOURAUD

Eugène Arthène Gustave

1083

Eguzon

51

MONGEREAUD

Célestin

1084

Eguzon

52

MONGEREAU

Léonce

1085

Eguzon

53

MOREAU

Auguste

1086

Eguzon

55

NEVEUX

Félix Georges

1087

Eguzon

56

PAILLERON

Alphonse

1088

Eguzon

57

PATRY

Gabriel Henri

1089

Eguzon

58

PENNETIER

Eugène

1090

Eguzon

59

PERRIN

Ernest Pierre Joseph

1091

Eguzon

60

PIGET

André

1092

Eguzon

61

PINARDON

Henri

1093

Eguzon

62

PRIVAT

Jules Auguste

1094

Eguzon

63

VERRIER

René Raymond Gabriel

1095

Eguzon

64

CHEVAL

Emile Alexandre

1096

Argenton

1

AGEORGES

Albert

1097

Argenton

2

AINERY

Jean Baptiste

1098

Argenton

3

ALASSOEUR

Louis

1099

Argenton

4

ANDRE

Aristide Aimé

1100

Argenton

5

ANDRE

Louis

1101

Argenton

6

ARNOUX

René Gabriel Mathieu Michel

1102

Argenton

7

AUBRET

Charles

1103

Argenton

8

AUBRET

Louis Adrien

1104

Argenton

9

AUCLERT

Alphonse

1105

Argenton

10

AUCLERT

Marcel Charles

1106

Argenton

11

AUFFRAY

Joseph

1107

Argenton

12

AVRIL

Pierre

1108

Argenton

13

BALLERE

Jacques Eugène

1109

Argenton

14

BALLEREAU

Jules

1110

Argenton

15

BARBOTIN

Louis

1111

Argenton

16

BARNY de ROMANET

Marie Edmond Maurice

1112

Argenton

17

BATARD

Ernest

1113

Argenton

18

BATARD

Louis

1114

Argenton

19

BAUDAT

Paul

1115

Argenton

20

BAUDAT

Victor

1116

Argenton

21

BEIGNET

Henri

1117

Argenton

22

BERTHIAS

Henri Firmin

1118

Argenton

23

BERTHIAS

Joseph Silvain Eugène

1119

Argenton

24

BERTRAND

Georges Jean

1120

Argenton

25

BIENVENU

Eugène

1121

Argenton

26

BLANCHARD

Silvain Ernest Honoré

1122

Argenton

27

BOUQUIN

Etienne

1123

Argenton

28

BRIDOUX

Louis Silvain

1124

Argenton

29

BRUNAUD

Jules

1125

Argenton

30

CAILLAULT

René Jean Paul Léon

1126

Argenton

31

CHABENAT

Louis

1127

Argenton

32

CHAILLOT

François

1128

Argenton

33

CHARBONNIER

Alexandre Anatole

1129

Argenton

34

CHARVY

Eugène

1130

Argenton

35

CHAUDRON

Silvain Alfred

1131

Argenton

36

CHAUVIN

Charles

1132

Argenton

37

CHEVAL

Octave Jules

1133

Argenton

38

COLLINET

Joseph Alexandre

1134

Argenton

39

COURATIER

André Louis Charles

1135

Argenton

40

DAHU

Alexandre

1136

Argenton

41

DAUBORD

Charles Antoine

1137

Argenton

42

DEFAY

Emile Louis

1138

Argenton

43

DELAVOUX

Eugène Auguste

1139

Argenton

45

DEPERT

Léopold Louis

1140

Argenton

46

DOLIDIER

Louis Paul

1141

Argenton

47

DUCHEMIN

Marius Gaston

1142

Argenton

48

DUPETIT

Octave Louis

1143

Argenton

49

DUPUIS

André Louis Marie

1144

Argenton

50

DURIS

Joseph

1145

Argenton

51

DURIS

Raymond

1146

Argenton

52

DUTREILH

René

1147

Argenton

53

ESTEVENIN

Julien

1148

Argenton

54

ESTEVENIN

Lucien

1149

Argenton

55

FAUGUET

Georges

1150

Argenton

56

FEIGNON

Eugène Etienne

1151

Argenton

57

FEIGNON

Fernand Louis

1152

Argenton

58

FERRANDIERE

Auguste Blaise

1153

Argenton

59

FIAUD

Jules

1154

Argenton

60

GABILLAUD

Henri Camille Etienne

1155

Argenton

61

GAILLARD

Jacques

1156

Argenton

62

GALOPPIN

Louis René

1157

Argenton

63

GARNIER

Georges

1158

Argenton

64

GAULTIER

Georges Anatole

1159

Argenton

66

GAUTIER

Joseph Jean Marie

1160

Argenton

67

GENERAT

Maurice Achille Marie

1161

Argenton

68

GODAT

Jules

1162

Argenton

69

GREGOIRE

Albert Eugène

1163

Argenton

70

GROSSET

Louis Frédéric

1164

Argenton

71

GROSSET

Marcel

1165

Argenton

72

GUAY

Louis

1166

Argenton

74

GUYOT

Marcel

1167

Argenton

75

HEMERY

Henri Maurice

1168

Argenton

76

HEMERY

Sébastien Baptistin

1169

Argenton

77

HEMMERY

Silvain Auguste

1170

Argenton

78

HUET

Octave

1171

Argenton

79

HUGUET

Valentin

1172

Argenton

80

JARRIGE

Alexandre Fernand

1173

Argenton

81

JOUSSEAUME

Joseph Marie

1174

Argenton

82

LABERTHONNIERE

Albert Gabriel

1175

Argenton

83

LAMY

François

1176

Argenton

84

LAMY

Joseph Hippolyte

1177

Argenton

85

LASNIER

François

1178

Argenton

86

LAUMORTE

Auguste

1179

Argenton

87

LAVILLONNIERE

Silvain Ernest

1180

Argenton

88

LEBOUCHARD

Aimé

1181

Argenton

90

LECUBAIN

Jules Armand

1182

Argenton

91

LEVRAULT

Edmond

1183

Argenton

92

LIVERNETTE

Adrien

1184

Argenton

93

LURET

Léon

1185

Argenton

94

MAINGAUD

René Germain

1186

Argenton

95

MARANDON

Jean Alexandre

1187

Argenton

96

MARANDON

Jean Joseph

1188

Argenton

97

MARQUETON

Louis Henri

1189

Argenton

98

MARTIN

Armand

1190

Argenton

99

MARTIN

Eugène Joseph

1191

Argenton

100

MATHE

Fernand Octave

1192

Argenton

101

MATHE

Jean Joseph Valentin

1193

Argenton

102

MAUDUIT

Emile

1194

Argenton

103

MAUGRION

Clément Jean

1195

Argenton

104

MENARD

Georges

1196

Argenton

105

MESNE

Fernand

1197

Argenton

107

MOREAU

Camille

1198

Argenton

108

MOREAU

Jean Denis

1199

Argenton

109

MOULIN

Maurice

1200

Argenton

110

NADAUD

Emile Albert

1201

Argenton

111

NIBODEAU

Auguste

1202

Argenton

112

PENOT

Henri

1203

Argenton

114

PETIT

Maurice Lucien

1204

Argenton

115

PETIT

René Louis

1205

Argenton

116

PICHELIN

Maurice

1206

Argenton

117

PILLAIRE

Silvain

1207

Argenton

118

PINARDON

Henri

1208

Argenton

119

PINAULT

Louis Antoine

1209

Argenton

120

PINEAU

Jean

1210

Argenton

121

PINON

René

1211

Argenton

122

PION

Célestin

1212

Argenton

123

PLANTUREUX

Marcel

1213

Argenton

124

PLICAUD

Joseph Lucien

1214

Argenton

125

PONTABRY

Jacques Emile

1215

Argenton

126

PORNET

Lucien

1216

Argenton

127

PROT

Georges Albert

1217

Argenton

128

REJAUD

Jean Auguste

1218

Argenton

129

ROBERT

Louis

1219

Argenton

130

ROBINET

Joseph Maurice

1220

Argenton

131

ROUER

Louis

1221

Argenton

132

ROUER

Louis

1222

Argenton

133

SAGET

Georges

1223

Argenton

134

SEGUIN

André

1224

Argenton

135

SEMBRESQ

Jean Marius Raymond

1225

Argenton

136

SIMON

Henri Georges

1226

Argenton

137

SOLLET

Alfred

1227

Argenton

138

ESTEVENIN

Henri Octave

1228

Argenton

139

TAVERA

Georges Louis Antoine

1229

Argenton

140

TAVERNIER

Albert René

1230

Argenton

141

TOURAIN

Joseph Emile

1231

Argenton

142

TOURATIER

Jean Joseph

1232

Argenton

143

VARAILLON

Maurice Jean Jules

1233

Argenton

144

VERDY

Emile Alexandre

1234

Argenton

145

VIGET

Edouard Léon

1235

Argenton

146

VILLEDIEU

Gaston Pierre

 

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