Indre 1914-1918 - Les 68, 90, 268 et 290e RI

11 novembre 2018

11 novembre 1918, l'Armistice!!! Il y a 100 ans

Que les soldats pris dans la mitraille d'aout 1914 en Lorraine, dans les bombardements de 1916 à Verdun ou en Somme, dans le froid et la boue d'avril 1917 dans l'Aisne et la Marne, que ce mot Armistice fut attendu. A l'heure où on rend hommage au soldat Trébuchon dernier tué à l'ennemi sur le territoire de France ou au soldat Renault dernier français tué en Belgique, je tiens simplement à penser à eux tous.

En ce jour, je penserai aux 3 soldats indriens décédés ce jour:

Pensées pour Albert BLANCHARD de Châteauroux, décédé en captivité au lazaret de Stade (Allemagne)

Pensées pour Louis CORNET de Urciers décédé de ses blessures à Renaucourt (Aisne)

Pensées pour Jules GIRAULT de Lingé décédé de maladie à Billy-le-Grand (Marne)

Nous aurons aussi une pensée pour les quelques 680 soldats indriens qui décéderont dans les mois suivant cet armistice.

Comme à son habitude Raymond Rollinat, dès le matin tient à jour son journal et écrit de bon matin en ce 11 novembre 1918:

Capture2
Sources Carnets Rollinat Cercle Histoire Argenton

"Chacun en s'éveillant pense que la journée
qui commence marquera dans l'histoire
et verra peut-être la fin de l'effroyable guerre
Quel soulagement, si l'on apprend que l'Armistice est signé ..."

L'armistice fut officiellement signé à 11 heures

Pour découvrir la suite de cette journée, je conseille la lecture des carnets de Raymond Rollinat sur le site du cercle d'histoire d'Argenton


Au pays, à Argenton, l'annonce provoque le regroupement des familles au devant de la mairie, les chemisières ont quitté l'usine, la journée sera chômée. Les anciens, les enfants les rejoignent et manifestent en ville.

Sur les clichés disponibles, que la population semble paisible, plus que de la joie, du soulagement. "Enfin, c'est terminé"

(Il est à noter que les clichés Rollinat nous montre une foule moins expansive que celle sur les clichés pour les fêtes de la Victoire le 24 juin 1919)

DSCN1374

DSCN1376
Ces 2 premiers clichés viennent de faire l'objet d'une publication par le Cercle d'Histoire d'Argenton (Clichés Rollinat récemment acquis)

 

Argenton_Quesnel_19181111_NB

En ce 11 novembre, le photographe argentonnais Quesnel a juste à sortir de son magasin (à gauche) et a posé son appareil au milieu de la rue de la Gare. Les drapeaux ornent les balcons et fenêtres. La population manifeste sa joie à l'annonce de ce moment tant attendu. On notera que seuls, 2 hommes figurent au premier plan.

Pendant ce temps, au front, voici le témoignage du capitaine Laurentin qui se trouvait alors au 219e RI suite à la dissolution du 268e en juin 1918:

Le bataillon retourne à l’arrière, à Guignicourt, nous voici arrivés dans le village tout endormi. Un cycliste passe et affirme : « L’armistice est signé. »
Dieu, si c’était vrai !
7 h. 30. - « Armistice, armistice ! » Tout le monde le dit ; on se félicite, on s’interroge : « Qui te l’a dit. Un cycliste. – Un lieutenant de la lourde. – Un téléphoniste. » Le soldat n’en demande pas plus. Voici une troupe du 93 qui revient, boueuse et lasse, des premières lignes : « C’est fini, leur crie-t-on, c’est signé ! » Les figures s’illuminent de sourires épanouis : « Oh mon vieux ! »
C’est tout. Rien des bruyantes manifestations d’enthousiasme qui saluèrent la déclaration de guerre. Ils ne jettent point leurs armes pendantes. Ils ne quittent pas le rang ; seulement ils relèvent la tête, des têtes joyeuses de braves gens, incapables de désordres et d’excès, même au milieu de la victoire.
Ah ! Ma chère France !

 


 A propos de la question régulièrement posée: Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918? je reprend ici un ancien message de ce blog:

Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918? Pour répondre à une telle question, on pourrait se contenter des chiffres avancés par la presse de l’époque.

 

Journal
Journal du Département de l’Indre – 7 novembre 1932 – collection AD36 R909_3

 Cependant, lors des différentes recherches entreprises, il n’a pas été possible de retrouver une source officielle indiquant le nombre de décès, mais surtout indiquant la procédure de calcul et les sources d’un tel chiffre.
Tout d’abord, avant de commencer un éventuel comptage, il est nécessaire de définir qu’est ce qu’un « Indrien » ?

 S’agit-il d’un natif ?

  • Mais s’il est resté juste un mois après sa naissance, est il encore du département?

 

  • S’agit-il d’un résidant ?
    Mais alors combien de temps faut-il résider pour être comptabilisé?

 

  • A-t-il eu son acte de décès transcrit dans le département ?
    Certains soldats morts dans des hôpitaux du département eurent leur acte de décès transcrit sur le lieu même, ainsi le tirailleur LAMA Bamba dont la transcription eut lieu à Argenton.

 

  • Doit-on considérer le moment du recrutement militaire comme position de référence ? Mais dans le cas de ces lieux de recrutement Châteauroux / Le Blanc, ce dernier lieu englobe aussi bien des cantons de l’Indre que des cantons d’Indre et Loire et de la Vienne.

 

A vrai dire, je ne sais clairement le définir, et la solution de facilité consiste à se limiter aux sources rapidement accessibles et ainsi de se contenter des natifs du département issus de la base de Mémoires des Hommes.

 J’ai cependant voulu aller un peu plus loin en m’appuyant sur les listes existantes, certes imparfaites, mais donnant déjà un bon angle de vue. Ceci permet de trouver d’autres cas de soldats.

 Reprenons maintenant, les différents fonds répertoriés et connus :

 

Les monuments aux morts (MAM) :

 Il s’agit là de la source la plus visible, puisque présente tous les jours dans toutes les communes de France.
Je me suis appuyé sur les données issues du site Mémorial Gen Web. Le département de l’Indre est entièrement relevé. Cela permet d’obtenir une liste de 11.775 noms sur les 248 communes du département. Ce comptage a des limites en l’absence d’écrits concernant l’élaboration des listes. Ce chiffre est aussi à prendre avec précaution, car c’est notamment celui-ci qui permettait de calibrer la subvention versée par l’Etat aux communes conformément à l’article 81 de la loi du 31 juillet 1920. Certaines communes semblèrent « abusées » de ce fait, car de nombreux noms gravés sont finalement restés sans réponse au regard du recoupement avec les autres sources
On ne peut que constater des incohérences (noms sur plusieurs monuments, noms inconnus, certaines familles refusèrent l’inscription de leur enfant sur le monument communal). Le chiffre issu des monuments a vraisemblablement inspiré le journaliste de 1932.

 

Le Livre d’or départemental (LO) :

 Le texte de loi régissant ce Livre d’Or, étant plus strict dans son application (uniquement natif ou résident) que celui régissant la gravure des noms sur les monuments aux morts. Il est donc potentiellement une meilleure source que celui régissant le monument où le Maire était plus libre pour l’inscription (Certains non-Morts pour la France furent inscrits, mais dans la commune d’à côté).
La mise en ligne des Livres d'Or par le site des Archives Nationales permet de cibler 9.643 noms.

 

Les fiches Mémoires des Hommes (MDH) :

 Sur le site ministériel, les critères de recherche sont multiples, mais le seul champ actuellement et valablement renseigné est celui du département de naissance.
Les fiches accessibles sont celles des soldats « Morts pour la France » (MPF), mais aussi celles provenant du  deuxième fichier dit des « Non mort pour la France » (NMPF).
Il faut cependant se méfier du laïus « NMPF » des dites fiches qui a été rajouté car ce 2ème fichier contient aussi des MPLF (Pour rappel, l’acte de décès est la seule pièce administrative ayant valeur juridique concernant la mention « Mort pour la France »).
Nous obtenons donc 10.944 cas différents (A la date du jour, de nombreuses fiches du site sont en doubles et une opération de nettoyage est d’ailleurs prévue par l’administration du site, le décompte présenté tient compte de ces doublons).

 

Les fiches matricules (FM) :

 Même si nous sommes déjà en 2015 et que le Centenaire 1914-1918 a commencé depuis plus d’un an, celles-ci sont toujours inaccessibles via le net. De plus, la base étant le recrutement militaire (Châteauroux et Le Blanc), les fiches sont réparties sur plusieurs départements en ce qui concerne le recrutement du Blanc, il est actuellement impossible d’établir une étude fiable, car cela nécessiterait de compulser un très grand nombre de fiches matricules, une à une.

 Sélection_012

 Si on considère le département de l'Indre, ce sont 60.024 (Châteauroux) et 42.563 (Le Blanc 36), soit 102.587 fiches matricules qu'il faut analyser.
La répartition géographique des bureaux de recrutement Chateauroux et le Blanc:

 

Capture10_BureauxRecrutement

 Le diplôme de Mort pour la France :

 Aux Archives départementales de l’Indre, en série R892, deux cahiers comptabilisent les remises de diplômes qui furent transmis aux communes pour être remis aux familles de soldats « Mort pour la France ». Cette liste s’arrête en 1924. Le compte est alors de 9.449 diplômes remis. Une fois compilées en tenant compte des doublons et des envois dans les autres départements suite à mauvaise orientation, nous obtenons 9.341 noms.
Il s’agit donc là du chiffre bas de notre estimation, certaines fiches n'ont qu'un lien ténu avec le département. On visualise, par exemple, des cas concernant des familles de réfugiés des territoires occupés qui reçurent les diplômes sur le lieu de leur hébergement, donc dans le département.

 

Les listes de retour des corps :

 Dans les années 1920, il fut donné la possibilité aux familles de rapatrier au « Pays » le corps des défunts. Du fait que les frais engendrés étaient remboursés par l’Etat, la Préfecture de l’Indre tenait à jour une comptabilité de ces retours, cela permet de compléter les listes existantes. ces listes sont conservées aux Archives départementales de l'Indre sous la forme de 2 cahiers.
Au final, seuls 1.707 retours eurent lieu (du moins furent enregistrés). A la suite de quelques visites dans les cimetières départementaux, il apparait que d’autres eurent bien lieu (avant/après ?), mais ne furent pas enregistrés dans le cadre de cette opération administrative.

 ______________________________________

 De telles incertitudes ne permettent pas actuellement d’annoncer un chiffre précis. L’étude que j’avais entrepris depuis plusieurs années et que je vous présente ci-dessous est le fruit d’un recoupement entre ces 5 sources (Mémoires des Hommes, Mémorial-Gen-Web, Livre d’Or, Remise de diplômes de MPF et Retour des corps).
Cela consiste donc en un subtil recoupement entre toutes ces données, tout en définissant un cadre strict (Par exemple, une homonymie ne suffit pas pour rassembler 2 cas). Le travail étant terminé depuis quelques jours seulement, nous arrivons à quelques 13.908 cas différents, induisant, à coup sur que le nombre est inférieur.

 Je vous livre donc ci-dessous ma liste (qui restera toujours en évolution) des 13.908 cas relevés. Les points d'entrées sont multiples et vous pouvez utiliser les filtres que propose Excel.

 La nouvelle phase d’évolution de ce fichier est donc de compléter avec les lieux de sépultures (travail en cours) et avec la recherche des actes de décès, car il est bon de rappeler que du point de vue de la loi française, seule la mention MPF sur l’acte de décès est preuve de l’obtention de cette mention.

 Comme il ne m'appartient pas de définir qui est un Indrien (natif? résident? ...), tous les cas repris dans le lien présenté ci-dessous concernent le département de l'Indre plus ou moins directement.
Par exemple vous trouverez les noms de soldats du Nord de la France, dont les familles hébergées dans l'Indre pendant le conflit reçurent le diplôme de MPF sur leur lieu d'hébergement (donc dans l'Indre), je ne pouvais décemment les ignorer et ainsi les retirer de la base que j’essaye de constituer, ce d’autant que pour certains, ils figurent alors sur un MAM de l’Indre mais aussi dans leur département d’origine.
La saisie s'effectue au fil de l'eau et de temps disponibles.

 

Le monument virtuel des soldats indriens morts en 14/18
Cliquez ICI pour y accèder

 Essayons maintenant d’effectuer une rapide analyse dans la mesure de ce qui est possible grâce à ces données collectées :

 Les « Natifs de l’Indre » :
Volontairement, je prend comme référence la liste des natifs que l’on obtient à partir des différentes sources et ce malgré tout, en faisant fi des avertissements précédemment signalés.

 10.944 cas différents de natifs de l’Indre sont en base dont 10.591 figurent dans le fichier principal de Mémoires des Hommes et 339 figurent dans le fichier secondaire dit des « NMPF ». On notera cependant que 14 soldats ne figurent dans aucun fichier sur Mémoires des Hommes (0,13%).

 Si nous connaissons la date de naissance, nous ne connaissons la date de transcription de l’acte de décès que pour 9800 et seuls 7869 ont vu leur acte de décès transcrit dans le département de l’Indre.

 Toujours concernant les 10.944 « natifs de l’Indre », 90% soit 9.871 sont inscrits sur 1 monument aux morts (MAM) dont 8.851 sur un MAM implantés dans le département. On notera d’ailleurs que 676 sont inscrits sur au moins 2 monuments et parmi eux 11 sont présents sur 3 monuments différents.

 A partir de la liste des Natifs de l’Indre, observons le lieu de leur décès :

 Capture_DepartDeces

 

Sans grande surprise, il est à noter que les secteurs de combats les plus représentés sont : La Meuse, la Marne et la Belgique qui constituent le trio de tête.
A noter cependant que derrière la présence de la Meuse cache une réalité bien souvent oubliée. En effet, 35% des pertes en Meuse sont liées aux combats des années 1914 et 1915 et donc ne sont pas liées à la bataille de Verdun qui ne se déclencha qu’en février 1916. Ce sont les victimes des secteurs de Marbotte, Lachalade.

 De cette liste de pertes, il est possible d’observer leur chronologie :

 RepartitionAnnuellesNatifs

 

CaptureChronologie

 Les principales pertes concernent la période 1914, en effet, la retraite, la bataille de la Marne tout d’abord puis le début de l’hiver 1914 furent des périodes où les pertes furent nombreuses, tant pour les hommes mobilisés au sein du 9e corps qui combattirent dans la Marne puis dans le secteur d’Ypres que pour ceux du 8e corps qui combattirent en Woëvre et en Meurthe et Moselle.

 Les pics suivants correspondent principalement aux engagements liés aux grandes batailles (Champagne 1915, Verdun 1916, Somme 1916, Aisne 1917, …).

 Si dans le cadre de cette étude, nous étudions les soldats natifs de l’Indre et morts lors du conflit, par l’intermédiaire de la fiche MDH, il est possible de connaitre le bureau de recrutement. Cette donnée permet de connaitre la position géographique d’un soldat à l’âge de 20 ans.
Ceci est pertinent pour connaitre l’attache d’un soldat au moment du conflit, mais est à relativiser en fonction de l’âge du soldat. Plus le soldat est ancien, plus l’époque du recrutement s’éloigne et plus il a de chances d’avoir changé de résidence entre la conscription et la mobilisation de 1914.

 CaptureRecrutement

 88% des natifs de l’Indre étaient encore dans le département lors de leur conscription (63% Châteauroux et 25% Le Blanc). Les migrations s’effectuent naturellement vers les départements limitrophes (Cher, Creuse, Loir et Cher, Indre et Loire, Loir et Cher), mais surtout sur la grosse métropole que représente la région parisienne (Bureaux de la Seine, de Versailles).

 Maintenant regardons les lieux de transcription, qui sont donc les lieux de rattachement des soldats au moment de leur décès.

 Nota : Les fiches MDH ont une particularité. Nombreuses sont celles où figure la mention DC dans la zone de transcription (Cas 1), dans certaines il s’agit d’envoi mais la mention DC n’est pas indiquée (cas 2), les dates indiquées sont celles de l’envoi de la transcription à la mairie concernée et non la date de la transcription elle-même (Cas 3 et 4).

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 Sur les 10.944 natifs de l’Indre, 8.626 ont une transcription de l’acte de décès qui eue lieu dans le département et 2.107 eurent leur acte de décès transcris dans d’autres départements. Seuls pour 281 cas, le lieu de transcription est non renseigné.

 Capture_Transcription

 Sans grande surprise, Paris notamment et la région parisienne figurent en bonne place dans les destinations de résidence suite à des choix de migrations, une volonté de quitter le pays pour tenter sa chance. Les départements limitrophes (18, 23, 37, 41, 86) sont légitimement des départements que l’on trouve dans le haut de ce classement.

 A toute cette statistique, je rajoute le travail (incomplet) que j'avais effectué en 2012 en recoupant les nombres de noms sur les monuments aux morts du département et les effectifs de population des communes du département recensés en 1911 (dernier recensement avec le conflit)

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 Logo_Bleuet_de_France


Le 11 novembre, je pense à nos anciens
Aidez le Souvenir Français pour l'entretien des sépultures

Maurice Larentin, "Carnets d’un fantassin de 1914", Editions Arthaud, 1965, p. 237

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02 novembre 2018

Cher Maitre, ... Plus on nan tire, plus y sonts nombreux (mise à jour 2018)

En 2008, un correspondant (dont j’ai perdu la trace, mais qui peut me contacter s’il se reconnait) me transmit des scans d'une série de cartes postales, alors que nous échangions sur la guerre de 14 ou  sur Malicornay, le village de ma branche maternelle, je ne me souviens plus très bien. je n'avais alors prêté attention plus que cela à cette série de scans.

Quel est le rapport entre cette série de cartes et mes aieux, hormis que cela concerne Malicornay?

Ces cartes ont toutes été envoyées par 2 soldats répondant au patronyme de Plantureux, Louis et Alexandre à leur maitre d’école, M. Suire, qui fit sa carrière à l’école communale de Malicornay.

M. Suire figure sur une des rares cartes postales du village. Sur le cliché, on l'identifie tout de suite sur la droite du cliché. Il pose d'ailleurs juste devant ce qui était alors l'école communale et on reconnait aisément son statut social. Ceci étant dû à l’importance de l’instituteur dans la vie villageoise de l’époque.
Ceci se retrouve dans l'importance qu'apportent nos 2 soldats à transmettre des nouvelles à celui qui fut leur "Maître"

Malicornay1

Revenons, à cette série de cartes et surtout à celles d’Alexandre. Effectivement, parmi mes aïeux, il est un de mes arrières grands-pères.

Alexandre Plantureux est né le 26 février 1874 à Chavin (36) (Lien vers acte de naissance) et est décédé le 19 juillet 1929 à Malicornay (36). Il est de cette génération qui connue la Grande Guerre. Si en 2013, un passage aux Archives départementales ne m’avait pas permis de retrouver sa fiche matricule, surtout par faute de temps, il est maintenant aisée de le trouver via le Grand Mémorial et ainsi d'accèder à sa fiche matricule aux Archives Départementales de l'Indre. Il est ainsi classé  Classe 1894 Recrutement de Châteauroux matricule 570 (lien vers sa fiche)

On notera un parcours très "plat" mobilisé au 9e Train, il y restera jusqu'en 1919. Le type d'unité d'affectation est cependant peu en accord avec le texte des missives envoyées et retranscrites ci-dessous, les "tringlots" n'étaient pas considérées comme des troupes combattantes.

Capture9eETE

 

Intéressons-nous donc aux deux cartes envoyées par Alexandre, je vous laisse effectuer l'analyse du contenu:

plantureux-alexandre-1-recto

Le 29 mars 1915,
Cher Maître
Merci bien de votre aimable lettre qui ma rendu heureux de m’apprendre ou était une partie de mes camarades. Car depuis la campagne, je n’est reçue aucune de leurs nouvelles. Cher maître, vous me dite que vous seriez heureux de mettre un Boche au bout de votre canon. Oui je le pense bien , mais plus on nan tire, plus y sonts nombreux. Mais j’espère bien que bientôt nous en verront la fin. Et que nous aurons malgré çà la victoire. Mais elle serat chère. Vous verrez sur cette carte où je me suis battue que ce n’est pas ricolo. Allon au revoir cher vieux maître, Recevez mes meilleurs amitiés.
Plantureux Alexandre

plantureux-alexandre-2-recto

Le 1 juillet 1915,
Cher monsieur Suire, vous êtes forcés de me dire que je suis paresseux, même très paresseux. Et pourtant en ce moment je suis très heureux, très tranquille. Ce matin je suis aller dire bonjour au cousin Réné Gauthier qui est toujours très heureux lui aussi tous près des Boches. Ne lui empêche qu’il a le tonneau toujours plein de vin. Je puis vous dire quil se porte bien il est toujours très gros. Ou l’on est en ce moment c’est très calme. Mais nous en avons assez vu cette hivers. Et nous avons toujours bonne espoir. Et il y a qu’une seule chose dans ce long et difficile passage, c’est l’espoir. Espérons toujours  à une fin prochaine, Mon cousin ce join à moi pour vous envoyez son aimable bonjour ainsi qu’à Mme Suire. Vos anciens élèves qui vous serre  cordialement la main.
A Plantureux

 

Au-delà des fautes d’orthographe qui devaient nécessairement titiller le maitre d'école qu'était M. Suire, il est intéressant de noter la lucidité du combattant. En juillet 1915, il ne lui reste déjà que l’espoir.

 

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18 octobre 2018

Les Poilus de Nuret-le-Ferron 1914-1918 / 2014-2018

Les Poilus de Nuret-le-Ferron.

Afin de commémorer les 100 ans de l’Armistice du 11 novembre 2018, une exposition est organisée du 6 au 11 novembre 2018, à la salle des fêtes de Nuret-le-Ferron, de 14 h à 18 h.

Consacrée aux hommes du village partis combattre en 14-18, cette manifestation présentera les biographies de 77 soldats morts lors du conflit et de 6 grands blessés de guerre, ainsi que la liste des tous les habitants de la commune ayant participé à la Première Guerre Mondiale.

Un travail qui permet d’appréhender la mobilisation dans un petit village berrichon et le traumatisme durement ressenti dans nos campagnes où toutes les familles ont été touchées, comme le démontre un arbre de cousinage qui présente les liens de parentés de 39 Poilus morts pour la France.

Après l’émouvante cérémonie du 11 novembre 2014, au cours de laquelle 18 diplômes de morts pour la France retrouvés dans le grenier de la mairie en avril 2014 avaient été remis aux familles, cette exposition vient clôturer les commémorations du centenaire de la Grande Guerre à Nuret-le-Ferron.

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16 octobre 2018

Un forum de généalogie dans l'Indre, je pense donc à mes aieux.

Louis, Jean Henri, Lucien, Alexandre, mes aieux comme dans de nombreuses familles ont combattus lors du conflitde la 1ère guerre mondiale. Certains n'en revinrent pas, un autre n'en s'en remit jamais et décèda pau de temps après dans les années 20, d'autres revinrent et comme bien souvent ne parlèrentpas de leur guerre, peut-être de peur de lasser les vivants.
Ce week-end, se tenait le forum de la Généalogie organisé par la SGBB (Société Généalogique du Bas-Berry) et je n'ai pas pu m'y rendre, pris d'un gros rhume que j'étais. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser à mes anciens.

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Louis Bessonneau au centre (3e en partant de la gauche).

Pensée pour Louis, mon arrière grand-père paternel, le frère ainé de Lucien à qui est dédié ce blog.
Comme maçon il naviguait entre Paris 15 et la vallée de la Creuse au gré des saisons. Pensées pour lui et les sapeurs de la compagnie 9/13 du 6e Régiment du Génie de Angers.

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14 octobre 2018

Entre Marne et Flandres: octobre 1914 au 290e RI, le calme avant la tempête.

"Dans cette période, les journées se succédaient sans événement marquant. Les 268e et 290e alternaient dans les tranchées. Les bataillons au repos à Baconnes faisaient l'exercice. Un certain nombre de compagnies creusèrent des tranchées au Nord du village. Ces tranchées faisaient partie d'un système de défense établi par le Génie.
On commença à ce moment la vaccination contre la typhoïde. Les vaccinés avaient bien un peu de température mais il ne se produisit aucun accident grave.
Dans la nuit du 11 au 12, le Maréchal des Logis Pothet et le soldat Tiot essayèrent de faire un prisonnier. Ils ne réussirent pas, mais ils constatèrent que les Allemands enterraient des morts dans la tranchée, qu'il n'y avait pas de sentinelles en avant de celle-ci, mais de simples veilleurs le long de la tranchée elle-même.
Le 18, le Général Dubois revint voir les Officiers du 268e et du 290e R.I. Il énuméra et commenta les hauts faits accomplis par les régiments, ce qui avait attiré l'attention du Haut Commandement sur le Corps d'Armée, et, cela va de soi, sur son Chef. Il laissa entendre qu'on ne moisirait pas dans cette besogne secondaire de secteur, mais qu'avant longtemps on aurait l'occasion de se distinguer à nouveau dans d'autres régions.
Comme conséquence de ce discours, il apparut un beau jour, deux cavaliers à allure très simple. C'était un Général de Division, suivi de son ordonnance. Le Général parut être doux et énergique à la fois. Il était précis quoique sobre d'explications. Sa division devait en relever une des nôtres. Comme il désirait tout voir avant de donner ses ordres, il demanda au Colonel de lui donner son adjoint pour l'accompagner dans le secteur. Le Général guidé par le Lieutenant Sohier alla aux batteries et aux tranchées. Aux batteries il causa aimablement avec les Officiers. Il approuva toutes les dispositions qu'ils avaient prises. Il disait qu'il les recommanderait à ses artilleurs. Près d'une batterie avancée il y avait des tombes. Le Général s'arrêta, salua et dit : «Encore un accident.» Il poussa sa tournée aussi loin qu'il était nécessaire, sans souci du danger, mais aussi sans forfanterie. Au retour, l'ordonnance apprit au Lieutenant Sohier que le Général venait de perdre un fils dans des conditions particulièrement tragiques."

 

Sur cette période du 10 au 20 octobre 1914, le Journal de Marche du 290e RI n'indique aucun tué ou blessé. Cependant, dès le 21, le mouvement reprendra  en direction des Flandres et du secteur d'Ypres où le régiment passera les 6 prochains mois avec tant de pertes.

Le général dont il est question et qui commandait la 12e Division est le général HERR qui s'illustra en 1915 aux Eparges.

 

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Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry le 290e.

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29 août 2018

Un bilan de l'été 2018, les 12177 soldats du département.

Sur le blog annexe Indre1418soldats, nous avons fini de créer les fiches pour les années 1914 à 1919. Et oui, nous avons un peu d'avance sur le calendrier. Ce sont pas moins de 12177 fiches qui ont été crées.

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http://indre1418soldats.canalblog.com/

Ce recensement a permis jusque là de faire quelques découvertes:

- Ce sont pas moins de 1189 noms figurant sur les monuments pour lesquels nous n'avons pas trouvé de concordance certaine avec les autres sources (Un nom, une initiale ne suffisent pas toujours à identifier un défunt).

- Des cas de soldats morts pour la France ou non ont clairement été identifiés, présents sur plusieurs sources et absents sur la principale d'entre elles, le fichier Mémoires des Hommes. L'utilisation de l'état-civil "Décès" permet de faire apparaitre certains cas.
Voici par exemple, le cas du soldat Selleron de Cluis, reformé n°2 juste avant son décès, donc nécessairement Non MPF, mais dont leparcours justifie d'une mention dans le fichier national (Sa fiche matricule)

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Afin de parfaire la liste et de rajouter des données complémentaires, sous peu, nous mettrons à disposition cette liste d'incertains afin qu'éventuellement vous puissiez nous aider. Parfois un éclairage extérieur permet de sortir la tête de l'ornière.

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20 août 2018

Indre et la Grande Guerre, l'ouvrage du centenaire 2014 (Réactualisé 2018)

De bonnes nouvelles du front (éditorial)

Jean Pierre Surrault, président du CREDI et de l'académie du Centre m'indique que l'ouvrage était épuisé. Cependant, il a fait l'objet d'un petit retirage de 50 exemplaires.

Il vous est donc possible de vous le procurer chez
Credi-Editions, 90 boulevard François Mitterand, 36000 Châteauroux Tel. 02 54 08 52 92.

 


 

Le CREDI (Centre de Réflexions, d'Etudes et de Documentation de l'Indre) fait bien les choses. Un bien bel opus vient de sortir de l'imprimerie et je ne peux que vous le recommander.

Les actes du colloque "L'Indre et la Grande Guerre" qui s'était tenu en 2014, ces actes viennent de sortir. Ce sont pas moins de 225 pages qui reprennent les différentes thématiques qui avaient été abordées en ce début de Centenaire.

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Le volume est vendu au prix de 25 Euros, pour les modalités et les frais de port, contactez CREDI Editions 90 avenue François Mitterand 36000 Châteauroux (02 54 08 52 92).

Cet ouvrage qui fera date dans la documentation historique indrienne. Ce sont au final pas moins de 11 thématiques qui sont abordées par 11 historiens locaux et de plus, pour les afficionados du blog Indre1418, je vous annonce (modestement) que vous y retrouverez du "Indre1418" dedans.

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06 août 2018

Un peintre de Marine dans les tranchées du 9e Corps

Une très agréable surprise cet été: apprendre l'existence d'une série de croquis liée aux unités de la 9ème Région Militaire de 1914 à 1917. Ceci par un officier de l'Etat-Major du 9e Corps ce qui est déjà en soi, une excellente nouvelle, mais sa publication à venir est un plus. Je me permet donc de relayer le lancement de la souscription.

Le 9e Corps regroupa tout au long du conflit, les unités d'infanterie du département. Après contact téléphonique avec M. Jacques de Verneuil, j'apprend un peu plus de détails concernant cette série de croquis et leur illustre auteur, Paul Jobert (Sa notice sur Wikipédia). J'apprend aussi l'existence du sous-lieutenant Huart de Verneuil qui fut affecté comme officier à la section du courrier au QG du 9e CA (JMO 26N131).

DSCN2438(1)

Un peintre de Marine n'est jamais un simple peintre, bien au contraire, même au travers de ses croquis, il laisse apparaitre tout son art. Je ne peux que vous inviter à découvrir le bon de souscription que M. de Verneuil m'a fait parvenir, ainsi que quelques extraits de ces croquis. Mon exemplaire de ce bon est déjà prêt à l'impression.


Le bon de souscription CroquisGuerreA7

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