"Les travaux ont été poursuivis cette nuit devant la première ligne, sous un feu assez gênant d'obus de tous calibres (105,88,77 et plus petits), de mitrailleuses et de mousqueterie. Le lieutenant Renaud et un soldat ont été sérieusement blessés.
Les Allemands, en face, se fortifient. On les entend frapper sur des piquets, par lesquels ils renforcent, sans doute leurs défenses de fils de fer. Ils piochent toute la nuit. Une patrouille qui protégait les travailleurs, a même vu nriller des cigarettes.
Les Allemands s'aperçoivent de nos sapes; leurs tirs et leurs patrouilles rendent difficile le travail. La position nouvelle est dangereuse. Le colonel a signalé par deux fois l'imprudence qu'il y a de placer des travailleurs à 300 mètres en avant de leurs camarades de la tranchée, qui ne peuvent plus tirer en cas d'attaque, alors qu'aucune position intermédiaire n'est établie, qu'aucune liaison n'est assurée. Le général Néraud n'a pas répondu. Je ne sais s'il la communiqué à la Division.

Pour les grands états-majors, ces considérations pratiques ne peuvent entrer dans la haute stratégie qui préside, je veux le croire, à leurs conseils.
Ils ne pouvaient non plus tenir compte de cette pluie, qui tombe sans pitié et se prolonge sans espoir, ajoutant aux frissons du danger ceux du froid et de l'humidité".

Sources: Maurice Laurentin - Carnets d'un Fantassin de 1914 - Arthaud 1965

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Riviere - Bretancourt