21 juin 2006

Occupation et organisation du secteur

Après un court séjour aux Camps Berthelot et du Bois 107, nous avons occupé le terrain à l'Ouest du chemin de Saint-Hilaire-le-Grand à Saint-Souplet. Nous alternions dans ce secteur avec des bataillons de la 33e brigade, 68e et 90e R.I.
Ensuite nous sommes passés à l'Est du chemin de Saint-Souplet. Nous nous trouvions alors juste en face des hauteurs qui dominent Sainte-Marie-à-Py au nord et où les Allemands devaient avoir d'excellentes vues sur nous.

sainthilairelegrand_eglise

En examinant le terrain allemand, j ai été frappé de l'aspect de fraîcheur des bois qui s'y trouvaient. Ils étaient touffus, avec des lisières bien nettes. Je suis sûr que les troupiers boches n'osaient pas y couper la moindre branche. Si on n'avait pas vu les nombreuses pistes qui sortaient de tous les couverts, on n'aurait jamais cru qu'une armée était cachée dans ce paysage. A les voir de près, nos bois me paraissaient bien plus clairsemés que ceux des Allemands. Je croirais volontiers qu'au point de vue de la conservation de l'aspect du terrain, nos ennemis observaient une discipline plus rigoureuse que la nôtre. C'est cette discipline qui leur a permis de réaliser le secret absolu dans la préparation de leurs coups de surprise de 1918.
Le secteur que nous occupions comprenait deux positions. Chacune avait plusieurs lignes de tranchées. La deuxième position comprenait même des centres de résistance. Nous en occupions deux: ceux de « Chartres » et du « Bois Tricolore ».

sainthilairelegrand_postepolice1

Au début, nous n'avions qu'un bataillon en ligne et un au repos au Bois 170. Ensuite nous avions un bataillon et demi en ligne et finalement deux. Le bataillon de deuxième ligne avait alors deux compagnies sur la deuxième position et les deux autres aux abris Roques.
Les Lieutenants-Colonels commandant les sous-secteurs étaient constamment en ligne. Avec le système d'occupation adopté pour les deux positions chaque Lieutenant-Colonel avait à tour de rôle un bataillon de l'autre régiment sous ses ordres.
Comme travaux nous n'entreprenions rien de nouveau. Nous avions assez à faire à réparer les dégâts que nous faisaient les Allemands avec leurs torpilles, car ici c'était le vrai secteur à torpilles.
Au début, mon P.C. se trouvait au Bois de la Raquette. J’y étais trop à l'étroit. Je l'ai quitté pour aller m'installer au Bois 170, où j'étais très au large avec mes services. Nous n’occupions du reste pas tous les abris qui s'y trouvaient. Ceux qui étaient profonds étaient inhabitables à cause de leur froideur et de l'humidité. Il y en avait un, fait par les Allemands qui était une véritable curiosité. Il fallait descendre au moins une cinquantaine de marches pour arriver au fond. Il comprenait un grand nombre de pièces, au moins six ou huit. Toutes les parois étaient revêtues de plaques, taillées dans la craie, connue des plaques de marbres ou du carrelage. Les Allemands ont dû employer des équipes d'artistes pour la confection de cet abri. On aurait pu y défier des 420. Malheureusement cette belle construction était inhabitable. Les téléphonistes ont essayé de l'utiliser, mais ils ont dû y renoncer, tout leur matériel se couvrait de moisissure.
Mon P.C. était installé dans un abri qui était tout en surface. Dans la saison où nous nous trouvions, il était très agréable à habiter. Par contre, il n'était pas à l'épreuve des obus. Il s'appelait le P.C. Marseau. Il était établi sur le boyau du Rhône, si j'ai bonne mémoire.
Dans ce secteur, on nous a de nouveau joint un détachement de 150 hussards pour les initier au service de tranchée. Nous étions devenus un peu spécialistes de ce genre d'initiation.

Sources: Colonel eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry - Le 290e RI

Posté par Indre1418 à 15:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :