"Le 9 octobre nous commençons notre mouvement d'approche. Nous sommes d'abord transportés au Camp 10 au Sud de Corbie, entre Fouilloy et Hamcelet. Nous sommes encore convenablement installés. Les hommes sont employés à des travaux de nettoyage et d'amélioration du Camp. Dans la campagne environnante, il y a un grouillement intense de militaires de toutes armes, à pied et à cheval. Tous ces gaillards exerçaient le sport interdit de la chasse. Mais comme ils l'exerçaient sans employer d'armes à feu, personne ne leur disait rien. La campagne était remplie de lièvres. Ceux qui étaient à cheval les forçaient, et les piétons les ramassaient. Si j'avais laissé faire mon anglo-arabe il aurait bien piqué aussi son galop de chasse.
Le 20 octobre, nouveau bond en avant. Nous sommes transportés au Camp 15 près de la ferme de Bronfay. La route que nous suivons en auto est entièrement couverte de convois automobiles. Au fur et à mesure que nous avançons la route devient de plus en plus mauvaise. Elle se défonce sous l'action des lourds camions et de la pluie. Tout le long de la route des équipes de territoriaux travaillent à combler les trous sous les roues mêmes des camions. On sent qu'il y a également une organisation dans ce secteur. Malgré les difficultés qu'ils éprouvent les longs convois s'écoulent sans arrêt vers leur destination. Pour les troupes à pied et à cheval il y a des pistes à droite et à gauche de la route. d'un côté pour les cavaliers, de l'autre pour les piétons.
Je crois que c'est dans le Camp 15 que nous avions une belle vue sur Albert. Nous étions à 5 ou 6 kilomètres au Sud de la ville. On voyait très bien la Vierge de l'Eglise accrochée horizontalement au sommet de la tour, après avoir reçu un coup de canon".

CathedraleAlbert
Albert - La Cathédrale

"Nous avions à côté de nous un Camp anglais, dans lequel il y avait des tanks énormes. Nous allions les voir et nous faisions ainsi connaissance avec les Officiers qui venaient nous voir à leur tour dans notre camp. Ils aimaient à venir écouter notre musique. Ce qui les frappait le plus c'était le vacarme que faisait notre clique".

FanfareMilitaire
Une fanfare militaire

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290eRI, un régiment de réserve du Berry