"Le 17, jour de l'attaque, nous sommes restés dans notre bois. Dans la nuit du 17 au 18 mars, nous l'avons quitté par une pluie battante dans l'ignorance totale de ce qui s'était passé. Nous suivions la route qui passait par Romain et Ventelay. A partir de ce moment, un certain désordre commençait à se manifester. Dès la sortie du bois, des bataillons du 268e étaient mélangés avec ceux du régiment. Sur la route que nous suivions, il y avait déjà d'autres colonnes d'infanterie, ainsi que des voitures qui se dirigeaient vers l'avant comme nous. Au-delà de Ventelay, nous avons quitté la route et nous avons marché à travers champs en direction de Guyencourt. Cette partie de notre marche a été pénible. Le sol était détrempé, par la pluie, et les bois que nous avions à traverser étaient remplis de fondrières. Un Capitaine du 268e, qui était à la disposition de la Brigade, nous servait d'Officier orienteur. Il nous conduisait à travers la campagne comme un troupeau de moutons, sans que nous ayons su où nous allions. En fin de journée, nous nous sommes arrêtés sur une hauteur couverte de pins non loin de Guyancourt. Il a dû y avoir un camp ou un bivouac organisé. J'ai vu quelques baraques en planches qui étaient inhabitables. Le sol était rempli d'eau et de fondrières. En certains endroits, on ne pouvait marcher que sur du clayonnage. Nous avons même dû le refaire en partie pour pouvoir nous en aller le lendemain. Nous dressons nos tentes pour passer la nuit. De l'offensive nous ne savions absolument rien. Nous restons deux jours dans notre bois vaseux. De poursuite, il n'en est plus question. Nous employons notre temps à améliorer les pistes pour que nous puissions au moins nous en aller quand nous en recevrons l’ordre. Celui-ci nous parvient le deuxième jour. Nous devons nous reporter en arrière sur Ventelay" .

Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry - Le 290e RI

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