"Le secteur affecté à la 17e D.I. s'étendait sur le terrain compris entre Pontavert, Craonne et la route 44 (de Laon à Reims).
Il y avait deux positions. La première était parallèle à la route 44 et à l'Est de celle-ci. Elle la traversait au Sud de Corbény pour se diriger vers l'éperon de Craonne. Elle faisait face à Juvincourt, Corbény et Chevreux. Elle était dominée de près, à droite et à gauche de la route 44 par les buttes du bois de la Carrière et du bois de l'Enclume. Au loin et à l’ouest se dressait la masse imposante de l'éperon de Craonne. Les Allemands y étaient restés accrochés malgré toutes les tentatives faites pour les en déloger.
La deuxième position traversait les bois de Pontavert et de Beau-Marais. Elle était constituée par une série de centres qui portaient des noms de villes de Normandie. Ceux que nous avons occupés s'appelaient centres d'Evreux et de Rouen. Ils étaient situés au Nord-Ouest de Pontavert."

CraonneVilleAuxBois_19170514
Positions du 9e CA (14/05/1917)

"Entre les deux positions se trouvaient un certain nombre de points marquants comme la Ferme du Temple, entièrement démolie, la butte de l'Edmond où se trouvait le P.C. de la Brigade, les buttes de la Ville-aux-Bois. Tout le terrain en deçà et au delà de la route 44 a été conquis le 17 avril par les régiments de la 10e  D.I. (31e, 46e, 89e). Le 31e a enlevé la Ville-aux-Bois. Il y a fait à lui seul 1500 prisonniers.
Le P.C. de la Division se trouvait dans un abri souterrain tout près du centre de Rouen. J'y fus fréquemment appelé pendant mon séjour au centre.
Les deux régiments, 268e et 290e, qui alternaient dans ce secteur, ont eu deux P.C. différents. Au début et à la fin de l'occupation du secteur le P.C. était au centre Marceau, dans l'ancienne première ligne française. Au milieu de l'occupation le P.C. se trouvait au point 7.707 dans l'ancienne première ligne allemande. Le P.C. Marceau était très petit, avec une protection illusoire, mais il était sain. Le P.C. allemand était profond et vaste. Il avait une couverture à l'épreuve des obus, du reste notre tir de préparation ne l'avait pas entamé. Du temps allemand il était éclairé à l'électricité. Mais il avait un vice profond. Il était rempli de puces qui avaient dû jeûner, parce qu'elles nous dévoraient littéralement. De plus, elles avaient la vie dure. Aucun désinfectant n'a pu en venir à bout. Le poste ayant été allemand avait son ouverture tournée vers les lignes allemandes. Des hommes ayant été blessés à l'entrée, je décidai de la rectifier. On avait à peine donné quelques coups de pioches, qu'on vit apparaître les pieds d'un Allemand qui remplît tout le poste d'une telle puanteur, qu'il a fallu plusieurs jours d'assainissement pour rendre l'air de nouveau respirable. Aussi a-t-on rebouché au plus vite le travail commencé".

Sources: "Un régiment de réserve du Berry - Le 290e RI" Colonel Eggenspieler

Merci à Louis pour la carte du secteur