11 septembre 1914 (40 Km):
Au petit jour nous repartons.
Je suis obligé de faire une partie de la route à cheval. Il pleut à torrents. après la chaleur, la pluie. Encore une marche de 40 km et dans quelles conditions! sur les routes détrempées, dans les terres labourées où l'on enfonce jusqu'à la cheville, dans les bois.
Nous traversons VOIPREUX, FLAVIGNY, LES ISTRES, BURY. Tout le long de la route, des sacs, des équipements allemands, des chevaux, des voitures, des trainards. C'est une véritable déroute. Dans tous les villages, nous sommes accueillis à bras ouverts. Les habitants pleurent de joie en nous voyant! "Dépêchez vous, nous disent-ils, Il n'y a que 20 minutes que les Allemands sont passés et ils filent". Nous faisons ce que nous pouvons. Mais la résistance humaine a des limites. Nous nous traînons. Quel dommage, pensons nous, que notre cavalerie ne soit pas en état.
Nous arrivons à la nuit à ATHIS, où nous nous installons en cantonnement d'alerte, car les Allemands ne doivent pas être loin. Défense de faire du feu. Et nos hommes qui sont trempés!

19140911

 

Sources:
Général Carpentier 'Revue Militaire" du 25 février 1954 (n°228)

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