Réactualisation du 12/05/2014

Alexandre DOIT est né le 29 octobre 1881 à Sombernon (Cote d’Or). Au moment de son recensement, il se déclare comme « garçon de café ». En 1902, il effectue son service au 5e Bataillon de Chasseurs à pied. Le métier militaire semble lui réussir, caporal en septembre 1903, il passe sergent en septembre 1904. Renvoyé dans la disponibilité en 1905, celui-ci s’engage le 3 octobre 1906 à Dijon. Il est alors affecté au Blanc, au 68ème RI, à compter du 5 octobre de l’année 1906. Se rengageant plusieurs fois, il évolue dans la hiérarchie militaire, en 1912, il devient sergent-fourrier.

Portrait
Aout 1914, le conflit l’emmène au front, où il passe adjudant le 24 septembre 1914. Le temps passe et le régiment arrive en Belgique dans le secteur d’Ypres. L’adjudant Alexandre DOIT commande alors une section de mitrailleuses.
Le 68ème RI et le reste du 9ème corps mènent des combats acharnés autour d’Ypres. Le 6 novembre, au devant de Zillebeke, l’adjudant DOIT est blessé en défendant jusqu’au bout sa section de mitrailleuses.
Ramassés par les assaillants ennemis, il décède le 8 novembre à Ten Brielen, en arrière de la ligne de front allemande.

CarteHommage
Plus tard, l’adjudant Caillaud du 68ème RI rédigea un procès verbal où il témoigne de ce qu’il a vécu :
Le 6 novembre 1914 à Klein Zillebeke, vers 14 heures après un bombardement de 5 heures les allemands ont attaqué nos positions violemment
La compagnie qui se trouvait à droite de la section de mitrailleuses que commandait l’adjudant Doit dut céder le terrain sous la violence de l’attaque allemands. La section de mitrailleuses fut attaquée à la fois de face et de flanc, les mitrailleurs dirent à l’adjudant Doit que pour sauver les pièces
 il était temps de se retirer mais l’adjudant Doit repondit que sa place était ici il ne devait pas partir et il ordonna de tirer jusqu’au bout mais ne reculez pas. Et montrant le plus bel exemple de bravoure et de mépris du danger en restant debout malgré la fusillade et continuant à encourage ses hommes et à diriger le feu de sa section.
ais malgré sa bravoure et celle de ses hommes, les allemands pénétrèrent dans la tranchée par la droite Les servants se firent tuer à plutôt que de se rendre.
L’adjudant Doit dut subir le même sort  car bientôt il fut atteint à la tête et à la poitrine et s’affaissant aussitôt. C’est ce que j’ai vu de moi-même et les renseignements que je puisse vous donner.


Blessé à Klein Zillebeke, déclaré décédé à Ten Brielen, l’adjudant DOIT fut donc emmené blessé à l’arrière et décéda vraisemblablement dans une ambulance allemande. Il connut alors une sépulture décente. Son corps fut rapatrié ensuite à Saint Charles de Potyze.

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L’adjudant DOIT, pour ses faits d’armes, obtint la Croix de guerre.

 

Tombé le 6 novembre 1914 dans le secteur de Zillebeke (Belgique), l’adjudant Alexandre DOIT du 68ème RI a accompli son devoir jusqu’au bout, jusqu’à son propre sacrifice.

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A l’arrière, au Blanc, la ville de garnison n’apprit le décès que plus tard. Il fallut attendre un an et demi pour que le régiment rende un hommage officiel à son ancien adjudant.
Le 2 avril 1916, la presse locale relatait un événement qui ce jour-là prit une teinte particulière.

Jeudi dernier a eu lieu dans la cour de la caserne du Blanc une prise d’armes pour la remise d’un certain nombres de décorations.
Cette cérémonie a eu un caractère particulièrement émouvant.
Pour la première fois le fanion du 3e bataillon, merveille de broderie , offert par les dames du Blanc et décoré de la Croix de Guerre, a été présenté aux troupes.
Ce qui a excité une vive émotion, ce fut la remise de la Croix de Guerre à Madame genet, qui a reçu sur le front des troupes ce glorieux témoignage de l’héroïsme de son mari, lieutenant au 68e.
Deux soldats, morts en braves devant l’ennemi ont été représentés par leurs pères, MM. Cler et Joubert, à qui le commandant Legay a remis l’insigne commémoratif de leur courage.
Mais l’émotion a été portée à son comble par la présence d’une fillette de six ans. Simone Doit, qui a reçu la Croix de Guerre au lieu et place de son père, mort au champ d’honneur. Dans toute l’assistance civile aussi bien que dans les rangs des troupes, les yeux se sont mouillés de larmes.
En rappelant chaque citation, M. le commandant Legay a su trouver de mâles et nobles paroles pour faire ressortir l’héroïsme de ces braves.

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Simone DOIT, lors de la remise de décoration


Extrait de l’ordre de la Brigade n°19 :
Le colonel Lasson, commandant la 33e brigade d’infanterie cite à l’ordre de la brigade ;
DOIT Alexandre, Adjudant, C.H.R. du 68ème régiment d’infanterie.
« Sous-officier d’un sang-froid et d’une bravoure remarquables qui, dès les premiers engagements auxquels le régiment a pris part, a su donner à ses hommes le plus bel exemple du devoir. Est tombé glorieusement le 6 novembre 1914, au combat de Z… [Zillebeke], à la tête d’une section de mitrailleuses dont il dirigeait le tir avec la plus grande crânerie, pendant un furieux assaut de l’ennemi contre nos lignes. »
Signé : LASSON.

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La citation d'Alexandre DOIT donnant droit à Croix de Guerre et Médaille Militaire à titre posthume
20 décembre 1919 - Journal Officiel (sources Gallica)


Merci à Bernard Sarges pour la documentation familiale
Sources : Documentation personnelle. Droits réservés. - Indépendant du Berry (1916) et Journal Officiel http://gallica.bnf.fr/