Henri Jules GALLIEN est né le 25 juillet 1882, à Azay-le-Ferron, à 8 heures du matin dans la maison familiale, au lieu-dit "Fouillaumin". Il est le fils de Louis GALLIEN, 35 ans, qui exerce la la profession de colon, et de Marie BRAULT, 37 ans, sans profession.
Henri est le 5ème enfant d'une fratrie de cinq, tous nés à Azay-le-Ferron (36) :

  • Pierre, né en 1868,
  • Louise Joséphine, née le 26 juillet 1872,
  • Rose Silvine, née le 1er septembre 1875
  • Louis, né le 07 août 1879
  • Henri, né le 25 juillet 1982.

En 1894, Henri suit ses parents à Saint-Hippolyte (37), puis à Chambourg (37) en 1906.
Il est incorporé le 14 novembre 1903 comme soldat de 2ème classe dans le 68ème régiment d'infanterie, au Blanc (36), où il effectue son service militaire.

HenriGallien_Portrait1Henri Gallien, au Blanc, en 1904

 

Henri est de taille assez grande pour l'époque : 1,74 mètre, cheveux et sourcils châtains, yeux roux, nez long et visage ovale. Il est renvoyé dans ses foyers le 18 septembre 1904.
Le 20 juillet 1907, dans l'église Saint-Pierre de Perrusson (37), Henri épouse Mérine DELORME, née le 25 juin 1886 à Bossay (37).

 

EglisePerussonEglise Saint Pierre de Perusson (37)

Le 22 avril 1908 naît Robert, leur premier fils.
La famille emménage avec les parents d'Henri à "Bergeresse", commune d'Azay-sur-Indre, en 1911. Le 1er janvier 1912 naîtra Maurice.

Le 1er août 1914, mobilisation générale. Henri arrive au corps le 11 août 1914, au 68ème RI du Blanc, dans l'Indre, conformément aux indications de son fascicule de mobilisation.
Le 28 septembre 1914, il est blessé à la cuisse gauche et repart en renfort le 12 septembre 1915.

Photo militaire - Copie (1)Henri GALLIEN (X) et ses camarades, courant 1916

Le 5 mai 1916, il est porté disparu à la Cote 304, à Esnes (55). Il a, en réalité, été fait prisonnier. Il décède le 10 juin 1916 à l'hôpital de Stenay, des suites de « Blessures de guerre ».

 

StenayHopitalL'hôpital de Stenay

Les 2 enfants d'Henri et Mérine, furent reconnus pupilles de la Nation. Henri reçut à titre posthume la Médaille Militaire et la Croix de Guerre avec étoile de Bronze décernées le 15 septembre 1920.

Sur les circonstances de la capture, peu d'informations, on peut cependant l'imaginer en relisant le témoignage d'Albert Le Flohic (du 90e RI) qui fut fait prisonnier la veille à cette même Cote 304 :
.... Mais où sont donc les tranchées? Il n'y en a plus. Elles n'existent absolument plus. Elles ont été nivelées. Et le fil de fer? Disparu. Rien que des trous d'obus et des morts.
Partout, partout sur la pente des Allemands qui grouillent tellement ils sont nombreux.
Au dessus de tout cela un nuage de poussière et de fumée.
Clac, clac, clac ... des balles de mitrailleuses sifflent à nos oreilles. Les obus français commencent à arriver maintenant. Nous reconnaissons nos 75 mais malheureusement nous sommes à présent dans leur zone d'éclatement.
par bonds, d'un trou d'obus à un autre, nous avançons lentement. j'aperçois un camarade qui tombe en criant. Il vient d'être touché de plein front.
Maintenant, c'est au travers du barrage français que nous courons vers les arrières allemands.
Les 75 sifflent et éclatent rageusement. Les éclats volent et viennent s'abattre autour de nous.
On se croirait comme environnés d'oiseaux voletant, affolés au ras de terre.
Des blessés allemands s'en retournent vers l'arrière. Des Flammenwerfer galopent par équipe de
deux vers nos anciennes premières lignes.
les désinfecteurs projettent déjà leurs flots de grésil sur les morts et les flaques de sang.
Nous sautons des tranchées allemandes pleines de soldat de réserve. j'en compte trois ou quatre lignes.
Enfin nous arrivons dans un boyau qui conduit au P.C. d'un officier supérieur allemand. Les soldats allemands sont courtois et aimables à notre égard. Ils donnent de l'eau ou du café à ceux qui en réclament.
Je marche derrière Royné et de Sèze.
L'officier allemand interroge notre pauvre commandant d'une manière assez cavalière. ce dernier n'a pas grand'chose à raconter. Nos ennemis semblent d'ailleurs parfaitement renseignés et en savoir plus que nous.
Nous apprenons que nous allons être dirigés sur le camp de l'Etanche. Le soldat qui nous conduit parait un bon diable. Avant d'arriver à Dannevoux, au bord d'un clair ruisseau nous faisons la pause.
J'ai bu deux litres d'eau pour le moins tellement j'avais soif. J'ai sur moi un petit bidon d'eau de vie que je partage avec les camarades.
Nous traversons Dannevoux.
Sur notre route de nombreux convois d'artillerie et de pionniers. L'activité derrière le front allemand semble beaucoup moindre que chez nous.

A la nuit, nous arrivons à l'Etanche où l'on nous parque dans un enclos.
Grâce à ma connaissance de l'allemand, grâce surtout à la bonne volonté d'un Unteroffizier, je me procure un peu de pain.
il ne fait pas froid. Je m'assieds sur une vieille caisse et songe à tout ce qui vient de se passer.
Avons-nous fait notre possible ?
Oui, sans aucun doute.
Non, nous n'avons rien à nous reprocher car toute résistance eût été inutile et n'aurait eu pour résultat qu'un massacre des quelques survivants.
...

En relisant ce témoignage, il ne faut pas oublier que vraisemblablement, Henri fut évacué par les Allemands alors qu'il était blessé. On ose imaginer les souffrances vécues jusqu'au fatidique 10 juin.

Depuis cette époque, Henri Gallien est inhumé à Stenay. Dans le cimetière de cette ville, se trouve un ossuaire regroupant les corps de 183 soldats décédés en captivité, dans le secteur.
Parmi eux figure Henri Gallien.

Stenay_Carre1Le monument de l'ossuaire - cimetiere de Stenay
Photo acesar55 (Alain)

Il est à noter que le graveur lors de l'érection dudit monument fit une erreur sur la stèle ; celle-ci reporte le nom de Henri Gallier du 68e RI.

Stenay_Carre3Photo acesar55 (Alain)

 

 Merci à Mickael pour ses recherches et pour m'avoir ouvert ses archives familiales.

 

Sources :
Documentation de l'auteur.
Archives Mickael Chaffin
Cinquante après, par Albert Le Flohic, soldat de 1ère classe au 90e régiment d'infanterie (1967)