25 octobre 2013

Exposition Orsennes, à voir.

Je reviens à l’instant d’Orsennes, non loin de ma villégiature bas-berrichonne. Pourquoi se rendre dans ce village du sud de l’Indre ? Tout simplement pour aller voir l’exposition 14-18 que j’avais déjà annoncé.
Je m’empresse de faire ce compte-rendu, ayant hâte de faire partager mon plaisir d’avoir vu une bonne et belle exposition (visible jusqu’au 7 novembre).

A l’appel de l’association locale « Le chemin creux », on pourra tout d’abord noter l’adhésion de la population. Ce soir, il y avait du monde à la salle des fêtes. Cela a été pour moi l’occasion de laisser trainer une oreille (discrète) et de m’apercevoir de l’intérêt des gens pour ce moment de l’histoire qui concerne toutes les familles.
Celles-ci n’ont pas hésiter à fouiller les tiroirs et les armoires, j’y ai vu des pièces très intéressantes et dignes d’un musée. J’ai particulièrement apprécié le jeu de soldats de plomb franco- allemand (Cela m’a donné un coup de jeune) et certains travaux d’artisanat de tranchée. De nombreux papiers familiaux sont exposés (fascicule de mobilisation, livret, diplôme, récépissé de retour de corps, …).

J’ai noté le travail qui a été fait sur la base des recensements par classe d’âge. Chaque membre de la communauté villageoise avait sa fiche, et le nombre de classeur montrait l’importance du travail effectué. Je pense notamment aux trois frères BRET (sur 4 enfants) qui tombèrent au sein des 90e et 290e RI.

Je félicite l’équipe qui a monté cette exposition et qui a permis de créer cet engouement villageois. Voilà, une intéressante expérience d’appropriation de l’Histoire par les citoyens. Souhaitons qu’en 2014, il en sera de même dans (plein) d'autres communes.

Orsennes - Novembre 2013 - «Sur les traces de ces hommes partis pour la Grande Guerre»

 

 

AfficheA4Expo14_18ORSENNES

Posté par Indre1418 à 20:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


15 octobre 2013

1.707 retours de corps en Bas-berry

Il y a quelques temps déjà, sur les conseils d'un fin connaisseur des archives (M. Lucien LACOUR Merci à lui pour ses bons conseils,), je me suis rendu aux archives départementales afin de découvrir 3 dossiers en série W. Il s'agit plus précisément des dossiers concernant le retour des corps, à la suite du conflit.

L'Etat autorisa le retour des corps des défunts, depuis le front jusqu'aux communes des familles. Cette prise en charge était effectuée par l'Etat, à la demande des familles.

Pour comprendre cette opération logistique de grande envergure, je vous conseille la lecture de "Corps perdus, corps retrouvés. Trois exemples de deuils de guerre". de Stéphane Audouin Rouzeau In: Annales. Histoire, Sciences Sociales, 55e année, N. 1, 2000. pp. 47-71.

L'auteur indique que le mouvement commença à l'été 1922, cela commença bien avant, en effet entre le 16 mars 1921 et le 27 décembre 1922, ce ne sont pas moins de 1707 corps qui revinrent dans le département, par le biais de 74 convois. On trouve dans ces dossiers, une foultitude de mentions intéressantes (adresse familles, horaires des trains locaux, fiches de coût de prise en charge par les autorités locales, demandes de renseignements par des familles, ...)

Capture

Voici donc, par communes, la liste des corps rapatriés dans le département. Je reste bien évidemment à votre disposition pour de plus amples renseignements.

Sources: Archives départementales Indre 791W118 à 120

 

Avant d'entamer la liste: quelques explications supplémentaires, pour les statisticiens :-)

A la question posée concernant les pourcentages et les données départementales, voici quelques chiffres que je vous laisse malaxer:

  • Recensement de 1911: 287.673 habitants dans l'Indre
  • Classes 1878-1919 (classes mobilisées pendant le conflit): 141.771 Fiches matricules (mais pas tous mobilisés)
  • Sur les monuments aux morts: 11.646 noms (mais tous ne sont pas du coin, les amis de la Société de Généalogie du Bas-Berry sont en pleine enquète sur ce sujet).
  • Dans les fiches MDH: 10601 fiches de natifs du 36, mais seulement 9.682 fiches ont un recrutement "Chateauroux + Le Blanc".Et oui, l'exode rural (vers Paris notamment) était déjà d'actualité.
  • Il y a certainement eu d'autres retours de corps, mais combien?

Donc si je vois large: 1700 retours de corps pour environ 11 à 12000 tués soit environ 15%

Pour des raisons de lisibilité du message, j'ai enlevé la (trop) longue liste et mis à dispo mon fichier. Pour visualiser ce fichier excel complet (feuille protégée):

cliquez -> Classeur_RetourCorps_VersionBlog

 

 

Posté par Indre1418 à 20:45 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

11 octobre 2013

"Les Poilus" de Delteil

Sortons du contexte indrien, voici un coup de coeur, labellisé "Centenaire 14-18".

En espérant que cela passe du côté de Châteauroux, Issoudun, Argenton ou Le Blanc, voici une pièce qui est l'adaptation du texte de Joseph Delteil intitulé "Les Poilus". Pour plus de détails: http://www.theatredelhymenee.com/?p=1240

Vignette-NEW-Les-Poilus-12x8

Je vous laisse découvrir. Joseph Delteil fut mobilisé au 4e RIC (Régiment d'Infanterie Coloniale), il passa le conflit à Saint Raphael (Var) et ne connut pas le front. (info: http://josephdelteil.net/ )
Après la pièce, posez-vous la question: Quels auraient été ses écrits s'il avait connu l'horreur des tranchées?

Petit bémol concernant l'affiche: le coquelicot est la fleur des morts des Anglais (Poppies), en France, c'est le bleuet.

Posté par Indre1418 à 16:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 octobre 2013

Carte Postale - Guillaume Apollinaire

Pour le plaisir de la lecture ....d'un poème d'Apollinaire, poème court mais exquis.

Carte postale

    Je t'écris de dessous la tente
    Tandis que meurt ce jour d'été
    Où floraison éblouissante
    Dans le ciel à peine bleuté
    Une canonnade éclatante
    Se fane avant d'avoir été

 

Calligrammes
Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916)
, NRF, 1918

646

Posté par Indre1418 à 22:19 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

01 octobre 2013

ENP Concours d'entrée 1914 et si vous le tentiez?

Et si vous tentiez de passer le concours d'entrée aux Ecoles Nationales Professionnelles? Par n'importe lequel, celui de 1914.

Les Écoles nationales professionnelles, en 1914, étaient au nombre de quatre et avaient leur siège à Armentieres (Nord), Nantes (Loire Inférieure), Vierzon (Cher) et Voiron (Isère). Au 15 juin 1914, elles comptaient ensemble 1686 élèves.
Ces établissements avaient pour objet de fournir aux diverses industries, plus spécialement aux industries mécaniques, des élèves instruits, exercés à la pratique d'un métier, et capables de devenir par la suite, grâce à leurs connaissances scientifiques et techniques, des contremaîtres, des chefs d'équipe, des chefs d'atelier, voire même des directeurs d'usine.
De plus, elles préparaient aussi leurs élèves aux écoles professionnelles de niveau supérieur: Ecoles nationales d'arts et métiers, Ecoles spéciales diverses, Instituts industriels, Écoles de chimie, etc .

Les élèves étaient répartis en section normale (métiers industrie) et section spéciale (préparation concours). La durée normale de la formation était de 4 ans.
Le recrutement était effectué uniquement par concours, l'âge nécessaire pour avoir le droit de concourir se situait entre 12 et 15 ans et le niveau de recrutement était celui des cours supérieurs et complémentaires d'école primaire.

Le concours d'admission

Le concours ne comportait que des épreuves écrites, qui comprenaient:

1) Une dictée de quinze lignes environ suivie de quelques questions de grammaire ;
2) Une composition française sur un sujet simple ;
3) Une page d'écriture (Ronde, bâtarde, grosse, movenne et fine cursive) ;
4) Une composition d'arithmétique dans la limite du programme du cours supérieur des écoles primaires élémentaires.
5) Des questions sur l'histoire de France depuis 1610 jusqu'à nos jours (Nota : 1914 il va de soi) et sur la géographie de la France et de ses colonies.

 

Amusez-vous bien (si je peux me permettre!) et n'oubliez pas que ce concours s'adresse à des élèves de niveau collège actuel, du moins pour la tranche d'age et surtout, n'oubliez pas que la calculatrice n'existe pas encore et que la plume est de rigueur, avec tous les tracas liés à son utilisation.

ENP1reAnnee
ENP2emeAnnee

La session 1914
sources: Les écoles professionnelles - J. Roux - Editions Librairie Vuibert -1915

Composition française

Les dangers de l'ignorance. — Montrez que l'ignorant est un homme incomplet : beaucoup de joies lui sont refusées, beaucoup de dangers le menacent, il est incapable de remplir tous ses devoirs

Écriture.

Branche de l'enseignement professionnel, avec lequel il ne doit pas être confondu, l'enseignement technique industriel et commercial a principalement pour objet, sans préjudice d'un complément d'enseignement général, l'étude théorique et pratique des sciences et des arts ou métiers en vue de l'industrie ou du commerce.

Le texte ci-dessus est dicté aux élèves, puis écrit au tableau noir. Les candidats ont à le reproduire autant de fois qu'il est nécessaire dans une page contenant:

2 lignes de ronde de 6 mm,  2 lignes de bâtarde de 6 mm, 2 lignes de grosse cursive de 8 mm, 2 lignes de moyenne curcive de 4 mm. Quelques lignes de fine cursive pour finir la page.

Orthographe et Grammaire.

LA VIEILLE MAISON

Dans un vallon discret, où court un ruisseau, au milieu des grands arbres, on aperçoit de loin le pignon rouge de la vieille demeure. C'est une maison modeste, sans luxe et sans ornements, mais dont l'ensemble a je ne sais quoi de réjouissant, d'honnête et d'hospitalier.
Les murs épais protègent bien contre la chaleur et le froid. Le toit élevé, recouvert de bonnes tuiles, abrite un vaste grenier où la lessive peut sécher, ainsi que les oignons et les pommes de terre.
Les fenêtres un peu étroites, pour mieux résister au vent, et munies encore de leurs petits carreaux, sont encadrées de vigne vierge et de clématites dont les fleurs se balancent et embaument au moindre souffle du vent. Le balcon est en vieux fer forgé, les pigeons perchent sur la girouette, et, devant la porte dort un gros chien, les pattes allongées.
Tout est tranquille et calme dans l'enclos, les arbres y poussent à l'aise ainsi que des êtres aimés dont on tolère les caprices, et les plantes s'y étalent comme en un bois sacré.
Longez ce vieux mur qui cache ses lézardes sous un manteau de lierre et de mousse , poussez la petite porte verte disjointe et grinçante, la cloche tinte, les merles et les fauvettes, qui bavardaient dans la verdure, s'envolent par douzaine en accrochant les branches, d'où la rosée tombe comme une pluie de perles sur les violettes du gazon.
Rien d'aimable et de charmant comme ces vieilles demeures ou, de génération en génération, le fils, à l'heure ou les cheveux blancs apparaissent, venait pieusement prendre la place du père, s'asseoir dans son fauteuil, boire dans son gobelet d'argent, et, satisfait, ayant fourni sa tâche, achevait de vivre tranquillement sous le toit où il était né.

Gustave DROZ

Questions de Grammaire.

I. — Nature et fonctions des mots pris dans le dernier paragraphe : où — sous — s' — satisfait.

II — Analyser grammaticalement: «Les murs épais . .. et le froid»

III. — Expliquer la phrase: «Tout est .... un bois sacré»

IV. — Mots de la même famille que: accrocher

Arithmétique.

I — Calcul mental:  

17 x 9 , 16 x 19 , 38 x 11

Combien a reçu un apprenti qui a travaillé 280 jours à raison de 0fr, 75 par jour?

Prix de 12 poulets à 2fr,75 l'un

II — Un marchand achète un lot de montons à trois prix. Il a payé le 1/3 à raison de 21 fr. par tête, les 2/5 à raison de 19 fr.et le reste à raison de 15 fr. Il revend le tout pour la somme de 1674 fr. et gagne ainsi 1/5 du prix d'achat.

De combien de moutons se composait le lot ?

III — Dans un vase cubique de 0m,60 de côté, on verse 18 décalitres et 5 décilitres de liquide

1) Combien peut-on en mettre encore ?

2) A quelle hauteur s'élève le liquide dans le vase ?

Histoire et Géographie.

  • Histoire

I — Comment se sont modifiées les frontières françaises depuis 1610 jusqu'à nos jours?

II — Quels sentiments éveillent chez vous les noms de Hoche, Marceau, V. Hugo, Pasteur?

  • Géographie.

I — Décrire la côte française de la Méditerranée. Indiquer les ports et la nature de leur  commerce, les têtes de lignes télégraphiques sous-marines, etc..

IL — L'industrie des régions champenoise et lorraine; voies de communication pour écouler les produits.

 

Je vous rassure tout de suite, je ne ramasse pas les copies.

A découvrir, un petit film de 1931 sur les Ecoles Nationales Professionnelles, trouvé sur l'excellent site de l'Institut National de l'Audiovisuel: ICI

 

Les messages de ce blog concernant l'ENP de Vierzon (Anciens élèves, les morts pour la France de 14/18, de 39/45 ...)

Sources:
Collection de l'auteur

Posté par Indre1418 à 20:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,