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En ce 11 novembre, le photographe argentonnais Quesnel a juste à sortir de son magasin (à gauche) et à poser son appareil au milieu de la rue de la Gare. Les drapeaux ornent les balcons et fenêtres. La population manifeste sa joie à l'annonce de ce moment tant attendu. On notera que seuls, 2 hommes figurent au premier plan.

Voici ce que Raymond Rollinat inscrit dans son journal:

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Sources Carnets Rollinat Cercle Histoire Argenton

"Chacun en s'éveillant pense que la journée
qui commence marquera dans l'histoire
et verra peut-être la fin de l'effroyable guerre
Quel soulagement, si l'on apprend que l'Armistice est signé ..."

Pour découvrir la suite de cette journée, je conseille la lecture des carnets de Raymond Rollinat sur le site du cercle d'histoire d'Argenton



Pendant ce temps, au front, voici le témoignage du capitaine Laurentin qui se trouvait alors au 219e RI suite à la dissolution du 268e en juin 1918:

Le bataillon retourne à l’arrière, à Guignicourt, nous voici arrivés dans le village tout endormi. Un cycliste passe et affirme : « L’armistice est signé. »
Dieu, si c’était vrai !
7 h. 30. - « Armistice, armistice ! » Tout le monde le dit ; on se félicite, on s’interroge : « Qui te l’a dit. Un cycliste. – Un lieutenant de la lourde. – Un téléphoniste. » Le soldat n’en demande pas plus. Voici une troupe du 93 qui revient, boueuse et lasse, des premières lignes : « C’est fini, leur crie-t-on, c’est signé ! » Les figures s’illuminent de sourires épanouis : « Oh mon vieux ! »
C’est tout. Rien des bruyantes manifestations d’enthousiasme qui saluèrent la déclaration de guerre. Ils ne jettent point leurs armes pendantes. Ils ne quittent pas le rang ; seulement ils relèvent la tête, des têtes joyeuses de braves gens, incapables de désordres et d’excès, même au milieu de la victoire.
Ah ! Ma chère France !

Maurice Larentin, "Carnets d’un fantassin de 1914", Editions Arthaud, 1965, p. 237