"Dans cette période, les journées se succédaient sans événement marquant. Les 268e et 290e alternaient dans les tranchées. Les bataillons au repos à Baconnes faisaient l'exercice. Un certain nombre de compagnies creusèrent des tranchées au Nord du village. Ces tranchées faisaient partie d'un système de défense établi par le Génie.
On commença à ce moment la vaccination contre la typhoïde. Les vaccinés avaient bien un peu de température mais il ne se produisit aucun accident grave.
Dans la nuit du 11 au 12, le Maréchal des Logis Pothet et le soldat Tiot essayèrent de faire un prisonnier. Ils ne réussirent pas, mais ils constatèrent que les Allemands enterraient des morts dans la tranchée, qu'il n'y avait pas de sentinelles en avant de celle-ci, mais de simples veilleurs le long de la tranchée elle-même.
Le 18, le Général Dubois revint voir les Officiers du 268e et du 290e R.I. Il énuméra et commenta les hauts faits accomplis par les régiments, ce qui avait attiré l'attention du Haut Commandement sur le Corps d'Armée, et, cela va de soi, sur son Chef. Il laissa entendre qu'on ne moisirait pas dans cette besogne secondaire de secteur, mais qu'avant longtemps on aurait l'occasion de se distinguer à nouveau dans d'autres régions.
Comme conséquence de ce discours, il apparut un beau jour, deux cavaliers à allure très simple. C'était un Général de Division, suivi de son ordonnance. Le Général parut être doux et énergique à la fois. Il était précis quoique sobre d'explications. Sa division devait en relever une des nôtres. Comme il désirait tout voir avant de donner ses ordres, il demanda au Colonel de lui donner son adjoint pour l'accompagner dans le secteur. Le Général guidé par le Lieutenant Sohier alla aux batteries et aux tranchées. Aux batteries il causa aimablement avec les Officiers. Il approuva toutes les dispositions qu'ils avaient prises. Il disait qu'il les recommanderait à ses artilleurs. Près d'une batterie avancée il y avait des tombes. Le Général s'arrêta, salua et dit : «Encore un accident.» Il poussa sa tournée aussi loin qu'il était nécessaire, sans souci du danger, mais aussi sans forfanterie. Au retour, l'ordonnance apprit au Lieutenant Sohier que le Général venait de perdre un fils dans des conditions particulièrement tragiques."

 

Sur cette période du 10 au 20 octobre 1914, le Journal de Marche du 290e RI n'indique aucun tué ou blessé. Cependant, dès le 21, le mouvement reprendra  en direction des Flandres et du secteur d'Ypres où le régiment passera les 6 prochains mois avec tant de pertes.

Le général dont il est question et qui commandait la 12e Division est le général HERR qui s'illustra en 1915 aux Eparges.

 

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Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry le 290e.