Indre 1914-1918 - Les 68, 90, 268 et 290e RI

Les régiments indriens dans la Grande Guerre

29 octobre 2008

Les CPA de la Marne

Toujours dans mes cartes postales anciennes, je viens de faire une petite trouvaille.
Alors que je pensais avoir la série complète, je viens de trouver récemment une nouvelle carte qui m'était inconnue et au combien intéressante, car pour une fois, il est possible de la commenter, de la compléter.

Pour la série complète voir: ICI

Jette

La sépulture du premier plan est celle du Commandant Jette de l'Etat-major de la 17e DI. Les autres sont celles de soldats du 90e RI


DI017_TH_Jette

Sources: Tableau d'Honneur - L'Illustration

DI017_MPLF_JetteMarieEtienneHenri

Sources: Mémoires des Hommes

Voici comment le JMO rapportait les faits:

7 septembre – Le 1° bataillon s’établit sur la ligne droit Ferme Grand ferme de Morains le Petit, 3° bataillon au Nord de Bannes, 2° bataillon en réserve au NE du mont Août. La préparation du combat est faite par l’ennemi au moyen d’une canonnade intense qui dure de 9 H du matin à 8 H du soir . Le bataillon établi devant Bannes conserve ses positions avec peiner. Le 1° bataillon subit des pertes sérieuses dans ses tranchées. Le 3° bataillon (Cdt Reynes) après une attaque de nuit à 16 H 25 sur Aulnizeux où il rencontre une résistance acharnée de la garde prussienne. Par trois fois nos troupes se lancent à la baïonnette dans les rues du village dont une partie est incendiée. Le Cdt Regné est blessé à la tête et le Cdt Jette, Chef d’Etat Major de leur Division, qui avait rassemblé à son commandement les sections de différentes compagnies, est frappé mortellement en les menant au combat. Aulnizeux n’en reste pas moins aux mains de l’ennemi.

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07 octobre 2006

4 octobre 1914 - Etat des pertes du 90e RI

A la suite de la mobilisation, de la bataille des Frontières puis de la Marne, le 90e RI est exsangue.
Le JMO, en date du 4 octobre 1914, donne la répartition suivante:

"A ce jour l’état suivant a pu être dressé :

Hommes partis avec l’unité

Hommes présents

1ère Cie

257

132

2ème Cie

256

76

3ème Cie

257

119

4ème Cie

255

75

5ème Cie

254

146

6ème Cie

251

185

7ème Cie

256

91

8ème Cie

255

197

9ème Cie

254

91

10ème Cie

255

70

11ème Cie

253

125

12ème Cie

255

92

3054

1395

Avant de se rendre vers les Flandres, il important de noter que le 90e RI n'a plus que 45% de son effectif de départ, tout cela en 2 mois.
Les arrivées du dépot depuis août n'ont pas pu combler les pertes.

Sources: JMO 90e RI - Service Historique de la Défense (SHD)

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17 mars 2006

Les sépultures marnoises du 9e CA (2)

Depuis le mois de septembre, une de mes nouvelles quêtes est de retrouver les cartes postales ayant pour thème les sépultures du 9e CA suite à la bataille de la Marne.
Après des loupés, des réussites, voici un gros arrivage:

tombesmarne_ferechampenoise1

Pour ceux qui ont l'oeil et un peu de mémoire, dans le lot obtenu, certains reconnaitrons la carte qui m'avait échappé de peu au mois de septembre.

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05 février 2006

Les sépultures marnoises du 9e CA

Toujours à la recherche des anciennes cartes postales de la série "Bataille de la Marne", représentant les sépultures du 9e CA, voici ma dernière trouvaille:

ferechampenoise_tombesadjudantri090_11
Fère-Champenoise, Tombe route de Bannes: 1 Adjudant et 5 soldats du 90e RI

Cette carte représente, très certainement, la sépulture de l'adjudant François Marie BATTESTI de Novario (Corse) tombé le 08 septembre 1914 à Bannes (51) et actuellement inhumé à la nécropole de Fère Champenoise (51).

Sources: Sépultures de Guerre et Mémoires des Hommes

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19 septembre 2005

Septembre 1914 - une trouvaille manquée (suite)

Suite à mon message du 15/09/2005, je m'aperçois que vraisemblablement, plusieurs cartes postales, dont le thème aborde les sépultures de la Marne, ont été publiées.

En voici une nouvelle concernant des troupes du 9e Corps d'Armée de Tours. Cette fois-ci, les sépultures concernent les 32e et 66e RI (ainsi que les 93 et 94e RI).

sepulturesmarne_32_66_93_94ri

Fère Champenoise - Sépultures des 32, 66, 93 et 94e RI

Si vous en connaissez d'autres, ou si vous avez des scans de meilleure qualité, vous m'interressez.
J
e vous serais alors redevable.

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15 septembre 2005

Septembre 1914 - une trouvaille manquée de peu

Depuis longtemps, j'essaye de rassembler tous les documents possibles sur les unités du départements de l'Indre

Hier, journée manquée, une carte postale "rare" m'est passée entre les mains, puis finalement à changer de propriétaire.

Voici donc les sépultures de quelques braves des 90 et 135e RI tombés au champ d'Honneur, dans la Marne.

ri090_ferechampenoisetombesinfanterieroutedebannes

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13 janvier 2005

Retour sur la poursuite

Depuis le 11 septembre, les Allemands refluent, la 17e Di les talonnent. Elle passe ainsi par Athis, Condé sur Marne, Billy. Dans le mouvement, la compagnie du sous lieutenant Carpentier poursuit son avancée.
"13 septembre - A 7 heures on vient me prévenir qu'une colonne d'infanterie suit à notre gauche sur une route parallèle au canal. C'est le régiment, Alors que je le croyais à ma droite, il était à ma gauche. Je le rejoins. On me supposait prisonnier avec toute ma compagnie. Que s'est il donc passé? La marche sur Livry avait été suspendue et le régiment s'était arrêté à Isse. Le colonel avait envoyé deux cyclistes me prévenir du contre-ordre, mais il faisait un temps si épouvantable qu'ils n'avaient pu me joindre. J'avais donc pénétré de plus de 10 km dans les lignes allemandes. Notre progression continue. Les petites Loges, Sept Saulx. On suit les Allemands à la trace. C'est une véritable chasse à courre. nous les suivons à  vingt minutes, très minutes près. La route est jalonnée de sacs et d'équipements. Dans Sept-Saulx, l'orgie s'est donnée libre cours. Les trottoirs, les ruisseaux sont jonchés de bouteilles, vides naturellement; les portes des maisons, des caves sont enfoncées. Dans les caves, les tonneaux sont éventrés. Le vin coule à flot dans les rues. Cela est bien tentant pour nos hommes et quelques scènes de pillage se produisent. J'ai vu des artilleurs remplir de bouteilles leurs caissons vides d'obus. C'est la guerre!"

« Un cyrard au feu » Marcel Carpentier Editions Berger Levrault 1964

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12 janvier 2005

De la guerre de mouvement vers celle de position

En cette mi-septembre, la "guerre de mouvement" se terminait, allait commencer celle dite "de position".

Afin de clôre ce châpitre, rendons hommage à quelques braves tombés lors de la Bataille de la Marne entre les 5 et 14 septembre :

RI068

ANTIGNY Fernand Jules 09/09/1914, AUSSUDRE Adzir Jean 09/09/1914, BARRITEAU Louis Emile 06/09/1914, BELLEVILLE Alexandre Hilaire 09/09/1914, BOUTAUD Armand Anthine 10/09/1914, CAILLARD Emile Luc 07/09/1914, CHARCELLAY Jules 11/09/1914, INGREMEAU Albert Pierre 10/09/1914, MOREAU Ernest 11/09/1914, MOREAU Louis Jean 08/09/1914, PLOURDE Anatole Emilien 09/09/1914, POUPEAU René Clément 11/09/1914, POURNIN Marie Alfred 10/09/1914, THEUROT Raymond Aime Marcel 10/09/1914, TOUZALIN Gustave Jean 11/09/1914

RI090

ALLONCLE Camille Paul Roger 07/09/1914, ANTIGNY Félicien Ollivier 08/09/1914, ARLAUD Pierre Armand 08/09/1914, ARNOULT Armand Auguste 10/09/1914, AUGAT Julien Lucien 07/09/1914, AUGE Joseph 09/09/1914, AUGRAS Jean Clément 11/09/1914, AUMERLE Jean Constant 08/09/1914, AUVRAY Adrien Georges 08/09/1914, BALLAIRE Ernest Vincent 07/09/1914, BATTESTI Francois Marie 08/09/1914, BAUDRY Henri Leon 08/09/1914, BAUGET Jules Alphonse 08/09/1914, BERGEON Jules Joseph 08/09/1914, BERGER Gabriel Amédée 09/09/1914, BOUCHAUD Emile 08/09/1914, BRET Julien Alexandre Paul 08/09/1914, CHARLOTTON Louis 08/09/1914, de LABROUE de VAREILLES SOMMIERES Eugène Marie Claude Jean Francois 07/09/1914, DELAVEAUD Célestin 07/09/1914, DELHOMMAIS Arthur Henri Joseph 08/09/1914, DEMESSANT Lucien 08/09/1914, FOULATIER Louis 07/09/1914, GAUSSET Denis 09/09/1914, GIRAUDEAU Louis Eugene Leon 09/09/1914, GUERIN Charles 08/09/1914, IDIARTEGARAY Guillaume 08/09/1914, JOYEUX Louis Julien Auguste 08/09/1914, LALEUF Alphonse 07/09/1914, LECOMPTE Marie Fernand 08/09/1914, LUNEAU Jean 08/09/1914, MERLAUD Louis Clément 08/09/1914, MOREAU Alphonse 08/09/1914, MOREAU Maurice 08/09/1914, PAPUCHON Eugène 10/09/1914, PINAULT Emile 10/09/1914, PION Paul Clément 07/09/1914, PLISSON Henri Adrien 07/09/1914, POUPEAU André Ernest Joseph 07/09/1914, PROTEAU Jules 08/09/1914, RIAUTE Alfred Lucien 07/09/1914, ROUET Louis Jean Baptiste Alphonse 07/09/1914, TANCHOUX Silvain 08/09/1914, TARDY Louis 07/09/1914, YSAMBERT Gustave Eugène Ernest 08/09/1914, YVERNAULT Clément Auguste 08/09/1914, YVERNAULT Paul Auguste 07/09/1914

RI268

ADRAST Emile Jean Baptiste 08/09/1914, AUGROS Paul Augustin 09/09/1914, BARON Prudent Théophile Eugène 09/09/1914, BELLEVILLE Alexandre Hilaire 09/09/1914, COUAMET Georges Amédée Adolphe 12/09/1914, COUTURIER Joseph Félix 09/09/1914, CREPIN Alphonse Joseph 08/09/1914, CREPIN Désiré 09/09/1914, CREPIN Désiré 09/09/1914, DUPONT Paul, 09/09/1914, FESSARD Félix Valentin 09/09/1914, FONTENEAU Pierre 12/09/1914, FOURNIER Eugène Auguste 09/09/1914, FRANC Joseph 09/09/1914, MALLET Baptiste 12/09/1914, MARECHAL Henri Francois 08/09/1914, MAUDUIT Octave René Auguste 12/09/1914, MENECE Charles Auguste 07/09/1914, PINAULT Désiré Louis 09/09/1914, THIBAULT Paul Joseph 08/09/1914, THIMONIER René 07/09/1914, VANY Henri Eugène André 10/09/1914

RI290

AGOBERT Edouard Pierre 09/09/1914, AUROUET Etienne 10/09/1914, BARON Francois 09/09/1914, BAUR Armand Joseph Alcide 09/09/1914, BEBON Pierre 09/09/1914, BENARD Louis Charles Emile Maurice 09/09/1914, BRUNET Louis 09/09/1914, CARRION Pierre Léon 09/09/1914, DURIS Charles 09/09/1914, GRENOUILLOUX Francois 09/09/1914, MOREAU René Henri 08/09/1914, NAUDET Gerard 09/09/1914, PATRY Henri Sylvain 11/09/1914, PINAULT Charles Sylvain 09/09/1914, RECHAUSSAT Fernand Alexandre 09/09/1914

Cette liste est incomplète et ne demande qu'à être complétée. Merci de me faire parvenir vos remarques.

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11 janvier 2005

La marche vers le Nord

12 septembre 1914

« Le régiment devait passer la Marne à Châlons. Comme il n'y avait qu'un pont, la durée du passage devait être très longue. En attendant son tour, le régiment fit la grande halte à Saint-Pierre-aux-Oies, au sud-ouest de Châlons. L'E.-M. s'installa à l'Ecole pour y faire son frichti. Tout y était sens dessus, sens dessous. Parmi les habitants, les uns disaient que c'étaient les Allemands qui avaient tout bouleversé, d'autres accusaient les Français.

Le régiment quitta Saint-Pierre à 13 heures. Il traversa Châlons et de là se dirigea sur Récy à 5 kilomètres Nord-Ouest de Châlons. Le régiment y arriva à 18 heures. Il trouva le cantonnement déjà bien garni. Il y avait les deux E.-M. Radiguet et Teyssières, un bataillon du 65e et tout le 93e.

Le Général craignit toujours d'être enlevé. Les recommandations pleuvaient. Tout le monde s'énerva. Si bien que, lorsqu'un de nos convois se présenta à l'entrée du cantonnement, il fut accueilli à coups de fusils ».

Sources: Eggenspieler "Un régiment de réserve en Berry - Le 290eRI" Bourdier 1932

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10 janvier 2005

La poursuite continue

11 Septembre

"La poursuite continua par Lenharrée, Soudron. La colonne traversa la voie ferrée de Sommesous à Fère-Champenoise près de la halte de Lenharrée. Sur la voie, et près d'une baraque à côté de la halte, il y avait un monceau de cadavres français. Dans la plaine il y avait partout des cadavres d'hommes et de chevaux, des pièces débrayées, des caissons éventrés. Une odeur épouvantable montait de l'immense charnier détrempé par la pluie et chauffé par le soleil. Les hommes étaient consternés et chacun semblait se dire : on n'a donc tué que des Français. Mais bientôt le Capitaine de Lacombe revint d'une tournée aux alentours. Tout le long de la colonne il raconta ce qu'il avait vu. Les cadavres allemands gisaient en tas aussi, mais ils étaient dissimulés sous les couverts. Ils se trouvaient dans les fossés, buissons, lisières de bois, etc. .. Il y en avait des fractions entières. Beaucoup semblaient ne pas avoir été touchés par les projectiles. Ils étaient comme figés. C'est cet aspect particulier des tués allemands qui a sans doute donné naissance à la légende de la turpinite qui foudroyait les hommes et les laissait dans la position naturelle où ils se trouvaient.

Bientôt le régiment traversa les lignes allemandes. Les hommes purent se convaincre que les Allemands avaient été fauchés en au moins aussi grand nombre que les Français. Tous regardèrent avec curiosité un Allemand qui se trouvait dans une haie. Il avait l'air vivant. Il tenait son fusil à la main et tout son corps était dans l'attitude de quelqu'un qui grimpe le long d'un talus.

Dans un village on vit une ambulance avec des médecins français et des prisonniers saxons. Ceux-ci avaient l'air très heureux de leur sort. Ils cassaient tranquillement la croûte. Les Allemands qui, le 9, avaient attaqué les bois au Nord de la cote 130 étaient de la garde saxonne.

Après le village, le régiment traversa des bois et des clairières. Il tomba sur un nouveau champ de cadavres, mais celui-ci était d'une toute autre espèce. Il était formé de monceaux de bouteilles, aux étiquettes les plus variées. Toutes ces bouteilles avaient été vidées par les Allemands. Comment après une si formidable beuverie avaient-ils pu surprendre l'infanterie française. Il faut croire que les Boches avaient absorbé juste assez de vin pour qu'ils fussent empêchés de sentir la fatigue et de tomber de sommeil. Du côté français ce stimulant a fait défaut.

La grande halte se fit à Soudron dans la vallée de la Soude. Quand on reprit la marche la pluie se mit à tomber. Elle transforma la poussière et la terre en une boue blanche collante, la boue de Champagne qui devait bientôt couvrir la troupe toute entière. On marcha à travers champs et taillis dans la direction générale de Châlons. Le soir le Régiment s'arrêta à la Ferme Notre-Dame sur la route de Fère-Champenoise à Châlons. L'E.-M. du régiment ainsi qu'un E.-M. d'artillerie s'étaient installés dans la ferme. Tout à coup on aperçut à l'intérieur de celle-ci deux ombres dans une zone de lumière. On entendit en même temps un vacarme du diable. C'était le Colonel qui invectivait violemment un Commandant d'artillerie, celui justement dont deux batteries avaient disparu le 9 à la Ferme Saint-Georges. Le Colonel accusa le Commandant d'avoir fichu le camp avec ses batteries et ses caissons".

Sources: Eggenspieler "Un régiment de réserve en Berry - Le 290eRI" Bourdier 1932

Posté par Jerome Charraud à 20:48 - 3 Marne 1914 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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