16 décembre 2006

L'installation du crapouillot

Issue des abums photos du 290e RI en ma possession, voici l'installation du crapouillot dans les tranchées de Zonnebeke

RI290_Zonnebeke1915_InstallationCrapouillot

Si vous avez des idées concernant le type de crapouillot, je suis preneur.

Régulièrement, je diffuserais quelques vues, malheureusement sur les quatre-vingt dix en ma possession, toutes ne sont pas exploitables.

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27 novembre 2006

Le capitaine de Tarlé, le 22 novembre 1914

"La relève était terminée sans incident le 22 à 1 heure du matin.
Le 5e bataillon était en première ligne. Il était établi au Nord ,de la voie ferrée. Il y appuya sa droite et était en liaison de ce côté avec le 3e bataillon du 66e.
Le 6e bataillon était en réserve au Nord-Ouest de Zonnebeke.
Le séjour dans ce secteur était calme. Les Allemands bombardaient surtout les arrières.
La vaste plaine ondulait éclatante de blancheur sous une vive lumière. C'était Ypres qui flambait au loin. De temps en temps on entendait passer deux par deux, très haut dans le ciel, les gros voyageurs de Krupp. C'étaient les messagers de la «Kultur» allemande, qui allaient écraser la Cathédrale, les Halles et les maisons d'Ypres.
Au cours d'une reconnaissance effectuée le long de la voie ferrée par le Capitaine de Tarlé et le Lieutenant Carré, ces deux Officiers furent blessés. L'agent de liaison du 68e qui les accompagnait fut tué. Le sous-lieutenant Jaillet, de la 17e, essaya, malgré les balles, de leur porter secours. Les trois officiers n'eurent d'autre ressource que de se plaquer dans la neige, et d'attendre dans la plus grande immobilité que la nuit fut arrivée pour sortir de leur position critique"
.

Né à Gisors en 1879, Jean de Tarlé, officier de réserve, fut affecté au 290ème Régiment d'Infanterie, à Châteauroux, d'où il partit en 1914. Il était le porte-drapeau du 290e RI
Grièvement blessé à la jambe droite, il resta de nombreuses heures sans pouvoir être secouru. Il dût la vie au froid et à la neige qui coagulèrent ses plaies.
Il retourna au front avant d'être déclaré inapte pour les opérations subies à sa jambe entre 1914 et 1916. Il fut nommé capitaine le 9 novembre.
Jean de Tarlé était Croix de Guerre et Chevalier de la Légion d'Honneur.
Il s'éteignit en 1970 à Mâron (Indre)

RI290_DeTarleJean
Jean de Tarlé (Sources: Illustration)

"Jean de Tarlé, capitaine au 290e d'infanterie, blessé grièvement le 22 novembre (1914) au cours d'une reconnaissance qu'il faisait en vue d'une attaque, a dû rester couché sur la neige pendant plus de deux heures en attendant la nuit, à cause de la fusillade des Allemands".

Sources:
Site concernant Jean de Tarlé: http://detarle.club.fr/famille/index.htm
Récit: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry, le 290e RI
Portrait et citation: Illustration
Fiche de Mort pour la France: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

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15 juillet 2006

Hiver oublié: Les sépultures de Potyze.

Parti en congé me ressourcer, je laisse à votre disposition la liste des 225 photos des sépultures prises en avril à la Nécropole Nationale de Saint Charles de Potyze, à Ypres (Belgique).

t_potyze_entree_060419_111

Si une des photos vous interresse, contactez moi, je m'en occuperais en septembre.

RI068 

Albert Alfred (+27/10/1914) Albin Pierre (+02/11/1914) Arnault Auguste (+31/12/1914) Audis Alix (+16/01/1915) Augier Adrien (+14/11/1914) Bernard Jean Emile (+07/12/1914) Bertrand Marcel (+16/02/1915) Bidault Emile (+09/01/1915) Blanchet Constant (+31/10/1914) Bontor ( ) Bordier Marie (+09/01/1915) Boucher Alfred (+06/11/1914) Bourdier Auguste (+15/12/1914) Bouron Henri (+31/01/1915) Boursier Henri (+13/01/1915) Bouyer Constant (+06/02/1915) Brancon Sylvain (+25/10/1914) Brissonnet Désiré (+06/11/1914) Burban Jean (+06/02/1915) Chambard Victor (+06/11/1914) Charcellay Leon (+25/04/1915) Chartier Roger (+08/01/1915) Chazelas Jean (+01/03/1915) Cire Maurice (+25/01/1915) Clarick Louis (+23/01/1915) Colline Moise (+19/01/1915) Dalus jean (+07/11/1914) David Joseph (+23/01/1915) Deborde Gabriel (+03/12/1914) Decelle Ludovic (+28/01/1915) Deforge Sylvain (+01/02/1915) Deschamps Alphonse (+06/11/1914) Doit Alexandre (+08/11/1914) Dore Henri (+28/04/1915) Dupleix Louis (+10/04/1915) Friou Jules (+27/10/1914) Gatefait Joseph (+20/04/1915) Gaudin Rene (+06/11/1914) Gavalet Eugène (+25/01/1915) Geant Nestor ou Nelson ( ) Geninet Gustave (+11/02/1915) Girodolle Leonard (+25/10/1914) Guérin Louis (+16/01/1915) Guillemot Eugène (+25/10/1914) Imbert Jean (+01/11/1914) Jacquet Joseph (+25/10/1914) Joly Desire (+04/11/1914) Jouanin Emile (+06/04/1915) Laroche Marie (+03/11/1914) Laurency Olivier (+14/11/1914) Levrault Georges (+14/12/1914) Levrier Georges (+25/10/1914) Marechal Maximin (+27/10/1914) Martin Auguste (+07/02/1915) Martinie Antoine (+05/03/1915) Martiniere Fernand (+25/10/1914) Menigaud Louis (+06/11/1914) Meriot Georges (+06/01/1915) Moreau Jules (+07/01/1915) Nebilon Louis (+02/01/1915) Nivet Eugène (+24/12/1914) Pagerie Arthur (+10/02/1915) Pascaud Antoine (+22/11/1914) Percevault Remi (+03/03/1915) Perrigault Frédéric (+06/12/1914) Perseil Arthur (+25/10/1914) Pinault Georges (+06/11/1914) Poinet Alexandre (+10/12/1914) Poivreau Edgard (+16/02/1915) Raphael Fernand (+01/04/1915) Robin Alexandre (+11/11/1914) Rulaud Jules (+25/02/1915) Salmon René (+13/01/1915) Taillandier Raoul (+24/01/1915) Timonier Alfred (+07/12/1914) Vidal Louis (+06/11/1914) Vioux Louis (+25/12/1914) Voisy Arsène (+02/01/1915)

 

 

RI090 

Audebert Antoine (+27/12/1914) Auger Georges (+19/03/1915) Beaudusseau Pierre (+19/02/1915) Beguet Paul (+17/02/1915) Biet Francois (+07/11/1914) Billard Gilles (+11/11/1914) Bonamy Auguste (+26/10/1914) Bonnefous Jean (+27/10/1914) Brunet Jules (+10/02/1915) Cerveux Jules (+29/11/1914) Chambord Sylvain (+09/11/1914) Charaudeau Raoul (+13/12/1914) Chatre Henri (+04/12/1914) Collet Louis (+31/10/1914) Cormier Léon (+31/10/1914) Cotin Eugène (+26/02/1915) Coutant Louis (+26/10/1914) Coutard Marcel (+21/12/1914) Dacarroir Pierre (+12/11/1914) Doucet Jules (+29/01/1915) Dousson Louis (+09/11/1914) Dubost Jules (+06/11/1914) Dupre Julien (+21/12/1914) Epiphane Louis (+09/12/1914) Faure Jean (+31/03/1915) Foucaud Sylvain (+31/10/1914) Galaudier Claude (+25/10/1914) Gallois Lionel (+31/03/1915) Gardette Henri (+31/10/1914) Gastat François (+02/03/1915) Georget Jules (+27/01/1915) Georget Antoine (+28/02/1915) Gillard Paul (+24/12/1914) Goin Paul (+26/10/1914) Goumert Marcel (+26/12/1914) Herault Joseph (+12/11/1914) Juvenez Gaston (+09/11/1914) Limet Joseph (+24/10/1914) Malot Edouard (+24/01/1915) Malot François (+10/11/1914) Mandion Paul (+31/10/1914) Marechal Armand (+20/04/1915) Marsault François (+16/01/1915) Mesnard Henri (+07/11/1914) Mesne Léon (+19/11/1914) Miroux Camille (+18/11/1914) Moreau Maurice (+26/02/1915) Morigeot Georges (+25/10/1914) Morin Moïse (+15/02/1915) Morvan Désiré (+01/04/1915) Pacrau Marie (+02/11/1914) Perrot Eugène (+06/11/1914) Pinault Jean (+05/03/1915) Plaux Raymond (+03/11/1914) Prouteau Albert (+20/11/1914) Remande François (+31/10/1914) Renaud Léon (+12/11/1914) Richoux Pierre (+26/10/1914) Rivaud Germain (+06/11/1914) Robin Vincent (+13/11/1914) Roquet René (+10/11/1914) Roulet Auguste (+08/12/1914) Senechault André (+08/01/1915) Tardy Adrien (+11/11/1914) Thebault Célestin (+08/01/1915) Thebault Emile (+27/01/1915) Thielou Bernard (+03/11/1914) Traumat Emile (+28/02/1915) Tremine Charles (+27/10/1914) Tue Marcel (+26/10/1914) Vareille Antoine (+26/12/1914) Villeroy ( )

 

 

RI268 

Billon Célestin (+10/11/1914) Blanchard Théophile (+02/04/1915) Blanchet François (+06/11/1914) Bottin Léon (+13/01/1915) Bouquet Léon (+06/11/1914) Brunet Eugene (+06/11/1914) Charpentier Ernest (+16/02/1915) Charraudeau Georges (+12/11/1914) Chier François (+24/11/1914) Cirot Constant (+06/11/1914) Couturaud Sylvain (+06/11/1914) Demay Edmond (+19/12/1914) Desforges Joseph (+05/10/1914) Desperches Arthur (+24/12/1914) Detais Henri (+25/03/1915) Duplant Henri (+30/01/1915) Durand louis (+06/11/1914) Gervais Pierre (+03/03/1915) Giraud Sylvain (+24/11/1914) Glain Henri (+03/03/1915) Guenee Marice (+23/02/1915) Guillemet Célestin (+31/10/1914) Henault Henri (+24/01/1915) Labesse Albert (+25/10/1914) Lajon Adrien (+08/01/1915) Leclerc Jules (+08/02/1915) Lehoux Octave (+07/11/1914) Mathieu Eugène (+25/10/1914) Mureau Daniel (+30/10/1914) Nau Jean (+29/03/1915) Pinon Jules (+06/11/1914) Rapina Jean (+24/02/1915) Reverdy Paul (+30/01/1915) Rigollet Louis (+06/11/1914) Schmidt Charles (+20/12/1914) Tanchoux Ludovic (+02/01/1915) Tixer Paul (+03/04/1915)

 

 

RI290 

Aubry Léon (+31/10/1914) Bailly Louis (+19/01/1915) Bardot Charles (+17/02/1915) Berger Fernand (+21/10/1914) Boite Albert (+27/04/1915) Crechet Pierre (+03/02/1915) Deproge Mathieu (+30/10/1914) Duranthon Pierre (+10/04/1915) Elet Henri (+28/04/1915) Fabioux Louis (+27/03/1915) Ferrand Paul (+31/10/1914) Gendre Gustave (+20/02/1915) Grenouilloux Henri (+27/10/1914) Gueret Julien (+10/05/1915) Jouhanet Fernand (+31/10/1914) Lacote Georges (+31/10/1914) Lacoudriere Clément (+07/03/1915) Lacoux Lucien (+23/03/1915) Lagautriere Jean (+02/12/1914) Mailloux Eugène (+25/03/1915) Malot Louis (+03/11/1914) Martin Baptiste (+12/11/1914) Meunier Jules (+07/12/1914) Montagnet Emile (+31/10/1914) Morin Sylvain (+13/02/1915) Mouchet Alphonse (+20/01/1915) Periot Louis (+12/01/1915) Petat Alphonse (+11/03/1915) Piot Charles (+31/10/1914) Raveau Charles (+31/10/1914) Renty Ernest (+31/10/1914) Richard Alexandre (+31/10/1914) Robinet Georges (+03/11/1914) Roy Clément (+14/02/1915) Sauzet Eugène (+31/10/1914) Thomas Leon (+31/10/1914) Tidiere Léon (+31/10/1914) Tixier Alexandre (+03/12/1914)

ypres_stcharlespotyze

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22 mai 2006

Fraternisations au 90e RI

Lors de l’hiver 1914-1915, le 90e RI, comme toute la 17e DI est en secteur aux alentours d’Ypres, vers Zonnebeke plus précisément.
Comme sur d’autres parties du front, des tentatives de fraternisations ont certainement été tentées. Cependant, le principal défi est d’en trouver trace et ensuite confirmation.
Suite à la lecture de l’indispensable ouvrage « Paroles de poilus », voici ce que je lis :

 

Gervais Morillon était un jeune homme calme, tendre et gai comme son frère Georges. Les deux frères engagés sur le front étaient les enfantes d’un contremaître poitevin qui travaillait dans une pépinière à Breuil-Mingot, tout près de Poitiers qui s’appelait alors Poitiers-la-Romane. Comme leur père, et comme tous les hommes de leur village, les deux frères avaient déjà commencé à travailler dans cette pépinière avant la guerre. Georges survécut, mais Gervais fut tué à vingt et un ans  le 9 mai 1915 à Loos en Gohelle (62).

 

 

"Tranchées-Palace, le 14 décembre 1914
Chers parents,
Il se passe des faits à la guerre que vous ne croiriez pas ; moi-même, je ne l’aurais pas cru si je ne l’avais pas vu ; la guerre semble autre chose, eh bien, elle est sabotée. Avant-hier – et cela a duré deux jours dans les tranchées que le 90e occupe en ce moment – Français et Allemands se sont serrés la main ; incroyable, je vous dis ! Pas moi, j’en aurais eu regret.
Voilà comment cela est arrivé : le 12 au matin, les Boches arborent un drapeau blanc et gueulent : « Kamarades, Kamarades, rendez-vous. »
Ils nous demandent de nous rendre « pour la frime ». Nous de notre côté, on leur en dit autant ; personne n’accepte.
Ils sortent alors de leurs tranchées, sans armes, rien du tout, officier en tête ; nous en faisons autant et cela a été une visite d’une tranchée à l’autre, échanges de cigares, cigarettes, et à cent mètres d’autres se tiraient dessus ; je vous assure, si nous ne sommes pas propres, eux sont rudement sales, dégoûtants ils sont, et je crois qu’ils en ont marre eux aussi.
Mais depuis, cela a changé ; on ne communique plus ; je vous relate ce petit fait, mais n’en dites rien à personne, nous ne devons même pas en parler à d’autres soldats.

Je vous embrasse bien fort tout les trois.
Votre fils Gervais."

 

 

A priori, comme l’indique Gervais Morillon, personne ne doit savoir et rien n’a été reporté dans le JMO (journal de marche et opérations). Voilà un des sujets qui devra donc faire l’objet d’investigation lors d’un éventuel séjour au Service Historique de la Défense, au fort de Vincennes.

Sources : Paroles de poilus – Editions Librio - 1998

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24 août 2005

290e RI - Secteur de Steenstraat-Het-Sas (17 au 27 août 1915).

Pour couper notre longue période de repos le Général commandant la Division a demandé et obtenu que nous reprenions pendant une huitaine le contact de l'ennemi. Un ordre de la 152e D.I. nous a en conséquence prescrit de relever dans la soirée du 17 août les troupes de la 4e Brigade du Maroc, sur le front Steenstraat-Het-Sas, sur les bords du canal de l'Yser.

La portion de front que nous allions occuper relevait du Général Quiquandon, commandant la 45e D.I., celle qui avait fini par nettoyer le terrain de la rive gauche du canal.

Les compagnies qui prenaient la première ligne (17e, 18e, 21e, 22e et C.M. sans matériel) furent transportées en auto-camions jusqu'à Eikhock (3 kilomètres Est de Crombeke) où elles arrivèrent vers 15 heures.

Les autres unités (19e, 20e, 23e, 24e, C.H.R., T.C. et le matériel de la C.M.) firent la route à pied par West-Capelle, Rousbrugge, Crombeke, Westwleteren. Parties à 4 heures du matin, elles arrivèrent vers 10 heures.

En passant à Crombeke nous sommes passés devant une maison où il y avait un spahis de planton, en tenue flamboyante du temps de paix. C'était le planton du Général Quiquandon. Nous n'avons pas vu le Général, ni aucun Officier de son état-major. Cela n'empêche qu'il nous a fait dire que nous marchions mal en traversant sa résidence. Je ne cotais pas beaucoup ce genre d'observations, basées sur on ne sait quel témoignage. J'estimais que pour nous faire des reproches quelqu'un devait se montrer. En tout cas j'ai remarqué que le planton du Général nous a regardé passer en restant assis sur sa chaise. Nous valions cependant bien la peine qu'il se levât.

Nous avons bivouaqué à Eickhock jusque dans la soirée. Nous nous sommes éparpillés dans les vergers pour être à l'abri des vues des avions.

Le secteur.

A 18 h. 45 nous avons quitté nos emplacements de bivouac. A Oostvleteren nous avons pris la route de Westen, A l'embranchement du chemin de Nordhock; des guides nous attendaient pour nous conduire en ligne. Le secteur de la Brigade avait au moins 5 kilomètres d'étendue. La première ligne suivait partout la berge Ouest du canal de l'Yser. Il y avait deux sous-secteurs, un par régiment. Nous avions le sous-secteur Nord et le 268e le sous-secteur Sud. Les sous-secteurs étaient à leur tour divisés en segments de bataillon. Notre sous-secteur commençait à 800 mètres Nord de Steenstraat où nous étions en liaison avec des troupes belges. La limite Sud était à Het-Sas où commençait le 268e.Il y avait trois lignes de tranchées. La première suivait la rive Ouest du canal, la deuxième la route de Lizerne à Boesinghe, la troisième passait à travers champs à 200 mètres Ouest de la deuxième.

Nos bataillons étaient ainsi répartis dans les segments C et D:

Segment C (Sud). – 5e bataillon (Commandant de la Bastide).
Première ligne
: 17e, 18e, 2 sections de la C.M.B., 1 de la C.M.R.
Soutien
: 19e
Réserve
: 20e

 

Segment D (Nord). – 6e bataillon (Commandant de Lacombe).
Première ligne
: 22e, 21e, 2 sections de la C.M.R. Soutien : 23e
Réserve
: 24e

Troisième ligne du sous-secteur. :1 bataillon du 76e R.I.T.

Toutes les unités à relever faisaient partie du régiment mixte de zouaves et tirailleurs de la 4e Brigade du Maroc.
Le P.C. du régiment se trouvait dans une ferme à gauche
du chemin de Lizerne que j'avais suivi le 27 avril.
Dans le segment C il est question de 2 sections de la C.M.B., c'est-à-dire de la compagnie de mitrailleuses de brigade. Cette compagnie a été formée pendant notre séjour à Wylder, par prélèvements sur les compagnies de mitrailleuses des régiments.

Artillerie de tranchée.

Il y avait dans le secteur une nombreuse artillerie de tranchée, on verra plus loin pourquoi. Cette artillerie était servie en partie par des artilleurs et en partie par l'infanterie. Notre matériel était composé de mortiers Cellerier et Aasen. Celui, de l'artillerie comprenait des mortiers de 58 de tranchée. Chaque segment avait six Aasen et six Cellerier. Le Sous-Lieutenant Noirot était le Chef des équipes du régiment.

Aspect du terrain de combat de Lizerne.

C'était à la fois émotionnant et intéressant pour nous de revoir notre terrain de combat du mois d'avril et de pouvoir l'examiner dans tous ses détails, sans courir de grand risque. La tranchée de première ligne, qui se trouvait à présent dans la berge Ouest du canal, était la seule qui était réellement bien garnie de défenseurs. La première ligne allemande se trouvant dans la berge Est du canal, il n'y avait comme No man's Land entre les deux lignes que l'eau du canal. Le No man's Land n'était pas vaste, mais il eut été difficile de le franchir.

Tout le terrain entre le canal et la route de Lizerne à Boesinghe formait un grand tapis vert sillonné de nombreuses tranchées, où on n'apercevait plus personne. C'était le calme des cimetières. J'ai parcouru tout ce terrain, ainsi que les ruines de Zuydschoote et de Lizerne. C'est cette dernière localité surtout qui m'intéressait. Elle nous a joué, en avril, de sales tours avec ses mitrailleuses. La rue principale du village qui menait au pont de Steenstraat était très longue, elle était bien nettoyée. Les maisons à droite et à gauche ne formaient plus que des amas de décombres. Mais c'est dans ces amas qu'il est le plus facile de nicher des mitrailleuses et de les rendre invisibles. C'est ce que les Allemands ont fait. Des ruines de Lizerne, les mitrailleuses allemandes ont jusqu'à la fin balayé la plaine au Sud de la localité.

Une bonne tactique aurait consisté à commencer par enlever le village.

Dans le terrain gazonné, au Sud, j'ai retrouvé la tombe du Capitaine Marsily.

Dans le segment du 6e bataillon, situé au Nord de Lizerne, le terrain était plus bouleversé qu'au Sud. Il avait moins de profondeur et pouvait être plus facilement couvert par les obus. Les Allemands y tiraient constamment et surtout dans les parages du P.C. du bataillon. Les abris pour les hommes étaient à fleur de terre à cause de l'eau qui ruisselait partout dans ce terrain. Avec le Commandant de Lacombe, j'ai cherché à déterminer l'endroit où devait se trouver Steenstraat. Nous ne trouvions plus que des débris de bois, de tuiles et de briques profondément enfouis dans la terre.

La moisson.

Dans la campagne, autour de mon P.C., il y avait d'immenses et magnifiques champs de blé. Je me disais, quel dommage que tout ce beau blé soit perdu. Un soir que je me promenais aux abords de ma ferme, je vis arriver une longue file de fourragères, d'où descendaient des corvées militaires, qui se mirent incontinent à faucher le blé qui me donnait tant de souci. Je félicitais en moi-même chaudement celui qui avait eu l'idée de ne pas laisser perdre cette belle moisson.

Pendant plusieurs nuits les corvées revinrent au travail jusqu'à ce que tout fut enlevé.

La relève.

Nous fûmes relevés dans la nuit du 23 au 24 Août par des troupes de la 90e Brigade (Général Mordacq, 1er Tirailleurs, 1er et 3e bataillon d'Afrique). La relève était terminée le 24 à 1 heure du matin. Au fur et à mesure que les différentes unités étaient relevées, elles allaient se rassembler comme à l'arrivée à l'Est d'Eickhoek.

Rentrée à Wylder.

Nous nous mîmes en route à 4 heures du matin, et à 10 heures nous étions de retour à Wylder, où nous reprenions nos anciens locaux.

Le 27, il était formé au régiment un peloton de sapeurs-pionniers et bombardiers. Le sous-lieutenant Noirot en prit le premier le commandement. Le même jour, on nous a distribué les premiers casques métalliques. Nous fûmes également largement approvisionnés en tampons-masques contre les gaz.

Sources: Eggenspieler - Un régiment de réserve en Berry Le 290e RI

 

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24 mai 2005

Attaque aux gaz sur le 290e

Le 24 mai 1915, le 290e RI subit une attaque aux gaz, alors qu'il se trouve dans le secteur nord-est d'Ypres, dans le secteur Lizerne, Boesinghe.

Voici ce qu'en rapporta le colonel Eggenspieler, chef de corps du 290e RI

A 2 h. 45, on voit deux fusées rouges partir d'un ballon captif allemand dans la direction de Saint-Julien. Peu après un nuage opaque de couleur jaune-verdâtre s'élève en avant des tranchées allemandes. Le vent qui souffle dans notre direction chasse les nuages vers nous. Le Lieutenant Poirier qui commande le 6e bataillon donne aussitôt l'alarme. Il prescrit de mettre les masques. Ce sont à ce moment de simples tampons glycérinés qu'on doit tremper dans l'eau et les appliquer sur la bouche et le nez. A défaut d'eau on devait se servir d'urine. Ceux qui n'avaient pas de masques devaient prendre leur mouchoir et l'imbiber comme les masques.

Le nuage passe sur la première ligne sans occasionner un grand malaise aux occupants. Les gaz glissent ensuite vers le canal par le terrain incliné où se trouvent les deuxième et troisième lignes. Leur effet est plus sensible dans cette région. Des officiers et des soldats sont fortement incommodés sans avoir toutefois de lésions graves sur le moment. Le sous-lieutenant Devilliers qui accompagnait le Commandant de Lacombe toussait et crachait le sang. Au-dessus de l'eau du canal les gaz se dissipent assez rapidement.

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gaz

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Vers 3 heures un bombardement violent se déclenche sur tout le secteur. Les projectiles tombent partout et ils sont de gros calibre. Le Commandant de Lacombe a ramassé tout près de lui un culot de 280.

La 20e compagnie se porte en avant en renfort de la première ligne.

Une violente fusillade se fait entendre sur la droite devant les Anglais. La Brigade fait connaître que ceux-ci viennent d'être attaqués et qu'ils ont perdu du terrain. Etant donné l'orientation générale des lignes, la situation chez les Anglais intéressait vivement le régiment. En effet, nos tranchées faisant face au Nord et celles des Anglais étant face à l'Est-Nord-Est, si celles-ci tombaient, le régiment était pris à revers. Le Commandant de Lacombe voyant des Officiers anglais revenir des tranchées leur fait signe d'approcher pour leur demander des renseignements, mais il est impossible de s'entendre. Les Anglais, dont un est blessé, comprennent cependant qu'on leur offre de la gnôle. Ils en prennent un coup et continuent leur chemin. Peu après, d'autres Anglais, une centaine, quittent aussi leurs tranchées et se sauvent sans armes vers Saint-Jean. Heureusement qu'à ce moment des renforts anglais arrivent. Ils s'avancent en colonnes par quatre sous les obus qui font de larges brèches dans leurs rangs. Ils se rangent en chantant au bord de la tranchée, puis ils y descendent et la situation est rétablie.

A 10 heures les Anglais nous signalent des rassemblements allemands derrière la côte 29. Comme ils n'ont plus de liaison avec leur artillerie ils nous demandent de faire tirer pour. eux. Malheureusement à ce moment notre Officier observateur (Lieutenant Bergeron du 49e R.A.C.) est tué par un obus en même temps que le sous-lieutenant Devilliers. Ils se trouvaient tous deux dans l'abri du Commandant de Lacombe; ce dernier n'a échappé à l'obus que grâce au hasard qui l'a fait appeler au téléphone.

Quand les communications avec l'artillerie furent rétablies, celle-ci tira sur les rassemblements allemands, mais modérément, le ravitaillement en munitions n'ayant pas eu lieu la veille.

A 13h.30 une trentaine d'Allemands sortent de leur tranchée. Ils sont formés en lignes de tirailleurs fortement espacés et s'avancent résolument vers nos lignes. Ils croient sans doute nos hommes asphyxiés et n'avoir plus qu'à nettoyer la tranchée. Ils vont être fixés tout de suite. La 23e devant laquelle ils se présentent ouvre le feu et les arrête net. L'un des Allemands s'enflamme et brûle comme une torche. Il devait faire partie d'une équipe de lance-flammes. En même temps que s'effectuait cette sortie des obus toxiques tombèrent un peu partout sur le secteur. Aux points où les obus éclataient la terre devenait jaune, les capotes des soldats devenaient vertes, l'urine devenait rouge.

Entre 15 et 16 heures de la cavalerie allemande est signalée en avant des Anglais à l'Ouest de Saint-Julien. D'autre part les Anglais nous signalent de nouveau des rassemblements ennemis vers les côtes 27 et 29 et nous demandent de tirer. De son côté, le Lieutenant Poirier a aperçu des cavaliers portant des uniformes bleu horizon et semblant se diriger vers nos lignes et celles des Anglais. Poirier en a conclu que ce devait être des cavaliers allemands déguisés.

Dans cette journée du 24 l'attaque principale des Allemands a porté sur les Anglais à notre droite. Les tirs et les tentatives dont nous avons été l'objet semblaient n'avoir été que des mesures de neutralisation sur les ailes du front attaqué. C'était conforme aux procédés d'attaque des Allemands.

Dans la soirée nous apprenions que le Général de Brigade Cherrier était nommé au commandement de la 152e D.I. Le Général Joppé reçut le commandement d'une D.I. territoriale.

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Un peu plus de détails, sur les attaques aux gaz: La Guerre des Gaz

Sources: Eggenspieler "Un régiment de réserve en Berry - Le 290eRI" Bourdier 1932

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18 mai 2005

304e brigade - prise des tranchées de Lizerne

De retour de manière précipité en Belgique, les 268e et 290e RI, formant la 304e brigade, prennent secteur au nord-est d'Ypres.
D'abord affectés à la 153e DI, ils passent ensuite en support de la brigade Cherrier (brigade coloniale).
Après une tentative échouée, le 27 avril en direction de Lizerne, les deux unités indriennes attaquent à nouveau:

"L'artillerie devait commencer sa préparation à 14
heures. L'infanterie devait déboucher à 15 heures. Pour faire une bonne préparation, l'artillerie avait placé un Officier observateur dans la tranchée de départ. Il était relié aux batteries par un fil téléphonique.
A 14 heures, les batteries se mirent à taper avec vigueur sur les tranchées allemandes, sur Lizerne, et sur le chemin de Lizerne à Steenstraat. Elles canonnèrent également une grande bâtisse qui dominait tout le terrain au delà de la route de Boesinghe, et qu'on appelait la Maison du Collège.
Les Allemands ne ripostent pas pendant notre préparation, c'est-à-dire qu'ils ne font pas de contre-préparation sur nos tranchées, c'est leur tactique. Ils se réservent pour le moment où l'attaque débouchera. Ils envoient toutefois des obus de gros calibre en arrière de Zuydschoote où ils soupçonnent qu'il peut y avoir des rassemblements de troupes.
Je me suis établi dans la tranchée où j'étais la veille au sud-ouest de Zuydschoote. Les territoriaux occupent toujours la tranchée et je prends place parmi eux. Nous sommes fortement secoués par les gros obus qui n'éclatent pas, ou qui éclatent trop profondément. J'avais avec moi le sous-lieutenant Devilliers et un téléphoniste.
A 15 heures justes, le tir de notre artillerie s'arrête. Il s'établit un silence impressionnant, pendant lequel les Officiers suivis de leurs hommes sautent sur la route. Ceux qui ont le derrière trop lourd sont poussés par les zouaves. Et en avant, les vagues se précipitent vers les tranchées allemandes. Toutes les compagnies se portent en avant, même celles du 5e bataillon. Le spectacle est si beau, qu'un certain nombre de territoriaux qui gardent les tranchées partent aussi. Un sous-officier d'artillerie de liaison est empoigné également. Il lâche son appareil téléphonique et se précipite en avant. Il n'a pas d'arme, il cognera sur les Allemands à coups de poing et de pieds.
Les deux premières lignes de tranchées allemandes sont enlevées d'un seul élan. A la troisième ligne le tir de représailles allemand se déclenche. Les fusils, les mitrailleuses, le canon, tout crache à la fois. Une véritable nappe de balles passe sur la tranchée où je me tiens. De temps à autre je risque un coup d’œil. Impossible de rien distinguer de l'attaque. Tout le terrain était couvert d'une épaisse couche de fumée et de poussière. C'est dans cette atmosphère que se passent alors les combats singuliers qui se produisent à la fin des attaques d'ensemble. En fin de compte, sur les trois lignes enlevées nous en avons conservé deux. Et si nous n'avons pas gardé la troisième, et si nous ne sommes pas allés d'emblée jusqu'au canal, cela tient à ce qu'au Sud de Lizerne nous avons été seuls à sortir de nos tranchées. Comme la veille aucune troupe n'avait débouché, ni à droite, ni à gauche. Du côté de Lizerne nous avons continué à être pris d'enfilade par des mitrailleuses qui étaient restées dans la partie Est du village. Comme nous étions également découverts sur notre flanc droit, les Allemands sont revenus occuper les tranchées qu'ils avaient abandonnées.
En fin de combat, les deux compagnies de tête occupaient la deuxième ligne allemande, les deux compagnies suivantes la première, et les deux compagnies du 5e bataillon la tranchée de départ, autrement dit, la tranchée de première ligne française. Toutes les compagnies travaillèrent activement à organiser le terrain conquis. La 24e notamment creusa une tranchée à droite pour parer à toute attaque de flanc dans cette direction. Les mitrailleuses qui arrivent à leur tour sont mises en position sur les deux flancs.
Nos prises au cours de l'attaque furent de 87 prisonniers dont 2 Officiers. Les Allemands avaient abandonné de nombreuses armes dont 2 mitrailleuses. Pas mal de prisonniers s'étaient échappés par les deux ailes et n'avaient pas été dénombrés au compte du régiment, qui avait cependant été le seul à attaquer.
Vers 19 h. 30, un ordre de la Brigade prescrivit de poursuivre sans interruption l'attaque, pour rejeter définitivement au delà du canal les Allemands qui paraissaient à bout. Si les Allemands étaient à bout nous ne l'étions pas moins. Sur 15 Officiers qui avaient pris part à l'attaque 9 étaient hors de combat. Le Lieutenant Fougère avait été tué, les Sous-Lieutenants Tournier, Moinault, Poirier, Matignon étaient blessés. Le Sous-Lieutenant Tournier avait une blessure particulièrement grave. Une balle venue de côté lui avait emporté le menton. Des maîtres-chirurgiens ont réussi à le guérir longtemps après la guerre. Les compagnies du 6e bataillon qui avaient bien encore perdu 200 hommes étaient hors d'état de recommencer une nouvelle attaque, et les deux compagnies du 5e n'étaient pas suffisantes pour pousser jusqu'au canal. Pour avancer encore, il eût fallu que nous eussions les flancs couverts. Il eût surtout fallu qu'à gauche on nous débarrassât des damnées mitrailleuses de Lizerne. L'ordre de la Brigade recommandait une infiltration par petites attaques à la baïonnette plutôt qu'une opération en masse. Evidemment le Commandement après la première attaque n'avait plus les moyens d'en monter une deuxième. Pour finir, il n'y eût pas plus d'actions de détail que d'ensemble. Cela se produira encore plus d'une fois dans ce secteur".
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Sources: Eggenspieler "Un régiment de réserve en Berry - Le 290eRI" Bourdier 1932

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05 avril 2005

Retour en France

En ce début avril 1915, le 290e RI comme le 9e corps d'Armée quittait progressivement la terre de Flandres pour aller se recontituer dans le nord de la France

Bambecque. - Le régiment s'est embarqué en camions autos à la sortie Ouest de Wlamertinghe. Il a pris le chemin de France par Elverdinghe, Poperinghe, Proven, les Cinq-Chemins. Il a débarqué à Bambecque, où il s'est installé. La localité était bien construite, et les habitants nous firent bon accueil. C'était un cantonnement propre à nous remettre de nos misères des tranchées. Les hommes se sont nettoyés. Ils ont coquettement organisé les locaux qu'ils occupaient. Nous avons eu la visite du Général Curé, qui avait succédé au Général Dubois, dans le commandement du 9e C.A. Il voulait se rendre compte de l'état de la troupe. Le Général avait un aspect dur, il avait la parole sèche et tranchante, mais il était bienveillant au fond et aimait ses régiments. A Bambecque, il a eu grand plaisir à questionner mes vieux soldats. Il a été étonné de leur physionomie de vieux guerriers et des réponses qu'ils lui donnaient. Ils lui ont déclaré nettement qu'ils continueraient à faire la guerre tant qu'il le faudrait. Pour finir, il a demandé à ceux qui étaient là depuis le début de lever la main. Il n'y en avait déjà plus beaucoup, mais c'était précisément ceux-là qui en voulaient encore.
L'installation et le nettoyage terminés, j'ai remis les compagnies sur les routes et dans les champs. Il s'agissait de reprendre une allure normale, et de se mouvoir lestement en terrain varié.
Bien nous en a pris de nous être dégourdis. A peine avions-nous entamé notre vie de redressement, que le Commandement nous a remis en marche, mais cette fois sans camions. Nous préférions cela. C'était la vie au grand air, avec les vieilles chansons de route et quelques airs populaires du Berry.
Avant de quitter Bambecque, nous avons groupé nos sections de mitrailleuses pour en former une compagnie.

Sources: Eggenspieler "Un régiment de réserve en Berry - Le 290eRI" Bourdier 1932

Le général CURE lors de son commandement de la 88e DIT en 1914:

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31 mars 2005

Fin de secteur

Présent dans le secteur d'Ypres depuis la mi octobre, le 290e RI quitte enfin le secteur d'Ypres:

"Le 26 mars un ordre de la 18e D.I. nous informait que nous serions relevés dans la soirée par le 268e et que nous quitterions définitivement le secteur d'Ypres.
La relève se fit en effet dans la première partie de la nuit. Nous passions la deuxième partie au cantonnement à Ypres. Au jour nous avons gagné Wlamertinghe.
Le pauvre village avait joliment changé d'aspect. Les Allemands l'avaient à moitié démoli à coups de canon. Certaines façades de maisons portaient de longues traînées de sang, qui ne pouvaient provenir que de personnes qui furent surprises dans la rue par les obus".

Sources: Eggenspieler "Un régiment de réserve en Berry - Le 290eRI" Bourdier 1932 

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25 mars 2005

Usure de la troupe

"Il y avait en moyenne quatre à cinq hommes mis hors de combat par jour, soit de quinze à vingt par période de tranchée de quatre jours. Il y avait le même nombre d'évacuations pour la même période. Le régiment perdait donc de trente à quarante hommes par semaine dans un secteur où il n'y avait plus d'attaque. On s'explique donc l'appel incessant des unités combattantes à leurs dépôts, et l'énormité de la circulation entre l'intérieur et le front, dans un sens comme dans l'autre. Dans les trois mois de séjour au Bois du Polygone, il est arrivé environ 1.200 hommes au régiment. Ces hommes provenaient de tous les dépôts de la 9e Région, ce qui a modifié passablement la composition initiale, berrichonne du régiment.

Les renforts arrivaient habillés et équipés de neuf. Ce sont eux qui ont amené les premières culottes de velours. Pour commencer, elles n'avaient pas de passe-poils, elles pouvaient donc être considérées comme des effets civils. On a craint que les Allemands, en faisant prisonniers des hommes portant des culottes civiles, ne les considérassent pas comme des combattants et les fusillent. Les Allemands après tout, étaient bien capables de chicanes de ce genre. On a alors vivement recommandé aux hommes de munir leur culotte de passe-poils avant d'entrer en ligne. Je ne me rappelle pas comment ils s'y sont pris pour exécuter ce travail. Je crois bien qu'ils n'ont rien fait du tout".

Sources: Eggenspieler "Un régiment de réserve en Berry - Le 290eRI" Bourdier 1932

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