25 mars 2007

Manoeuvres au camp de Mailly

"Nous voici pour la deuxième fois au Camp de Mailly. Cette fois nous sommes sur la bordure Ouest. Nous étions loin de nous douter dans quel but on nous remettait à l’instruction. Avec le Général Niessel, nous ne chômions pas. Nous étions tous les jours dehors. Les cadres commandaient tantôt leur propre troupe, tantôt ils assistaient en spectateurs aux exercices exécutés par les unités des autres régiments.

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On ménageait encore la troupe. Les cadres, au moins ceux qui étaient montés, bardaient matin et soir. Les officiers à cheval suivaient le Général pour entendre les observations qu'il faisait tout le long du développement de la manoeuvre. De temps en temps il envoyait un jeune officier porter un ordre à vive allure ou chercher un renseignement, puis brusquement il emmenait toute la bande des officiers montés au grand galop derrière lui. On se remettait en selle. Pour rendre les exercices plus vivants, le Général faisait appliquer son système de figuration dans toute son ampleur. Tous les Régiments passaient au crible à tour de rôle. Quand ce fut notre tour, je dirigeai une manceuvre de régiment où l'un des partis (Orléans) occupait défensivement la croupe 176 du Pylône des Cavattes. L'autre parti (Gagnier) faisait l'attaque, précédée d'une longue marche d'approche à travers un épais taillis. La manceuvre terminée je fis le premier ma critique. J'ai déclaré que l'ensemble de la manœuvre s'était déroulé très correctement. J'ai loué surtout la manière parfaite dont le Commandant Gagnier avait exécuté sa marche d'approche. Le Général Lancrenon, Commandant la Division, prit la parole après moi, puis le Général Niessel lui-même. Ils firent encore plus d'éloges que moi des exécutants, officiers et troupe.

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Une particularité des critiques du Général Niessel consistait en ce que tout le monde était invité à y assister, officiers et soldats. Ces derniers étaient libres d'y venir, mais s'ils venaient prendre place dans le cercle, ils devaient écouter. Si le Général en apercevait un qui piquait l'étrangère, il le faisait venir au milieu du cercle où il était bien en vue. C'était un peu comme la punition du piquet dans les écoles.
La critique terminée, il y eût un petit repos. A ce moment le Général de Division et le Colonel Commandant la Brigade m'appellèrent près d'eux. Ils me répétèrent encore une fois combien le Général Niessel avait été satisfait du régiment, qu'à son avis il était le premier corps de troupe d'infanterie du Corps d'Armée. Je fis part de ce compliment si flatteur à mes officiers avec la mission de le transmettre à la troupe.
Après dix jours d'instruction intensive par un temps souvent inclément, froid et neigeux, nous refîmes nos bagages. Nous allions nous remettre sur les routes sans rien savoir de notre nouvelle destination".

Colonel Eggenspieler - Le 290e RI, un régiment de réserve du Berry

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12 mars 2007

Une tacite neutralité

"Au cours de notre séjour à Glaignes j'ai eû à faire une reconnaissance avec les deux Chefs de bataillon, à la lisière de la forêt de l'Aigle, entre Offemont et Tracy-le-Mont, où nous devions être employés en cas d'alerte. Il faisait très froid et toute la campagne était couverte d'un épais brouillard. En auto découverte ce n'était pas une tournée agréable. A Pierrefonds nous sommes passés au pied du château, le brouillard était si épais que nous ne l'avons pas aperçu.
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Arrivés au château d'Offemont nous y avons trouvé un Etat-Major confortablement installé. Je marquai mon étonnement aux Officiers de l'E.-M. de voir un P.C. important installé aussi près des lignes et surtout aussi en vue. Un Officier me fit remarquer que du côté allemand il y avait un E.-M. installé une façon identique, d'où trêve des P.C.
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Les deux Chefs de bataillon firent leur reconnaissance et moi la mienne, sur un terrain couvert de neige, après quoi nous reprîmes le chemin du retour. Nous avons cherché un endroit pour casser la croûte et nous réchauffer un peu. Nous avons vu à une maison un fanion avec croix rouge. Nous sommes entrés et nous avons trouvé un infirmier très serviable qui nous a fait asseoir près d'un bon poêle et qui nous a même offert des boissons chaudes. Au retour le temps s'était éclairci et en repassant à Pierrefonds nous avons pu admirer la masse imposante du château."

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI - Un régiment de réserve du Berry

Pierrefonds_Chateau
Pierrefonds - Le château

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03 mars 2007

Séjour à Glaignes

"La troupe est enlevée en autos-camions le 29 au matin et débarquée près d’Orrouy à la lisière Sud de la Forêt de Compiègne.
Le 5e  Bataillon et la C.H.R. viennent cantonner avec moi à Glaignes (au Nord de Crépy-en-Valois)".

Glaignes_Chateau
Glaignes - Le château

"Le 6e bataillon va s'installer à Bethancourt. Dans ces cantonnements nous nous trouvons dans la partie avancée du périmètre du camp retranché de Paris."

Bethancourt_Eglise
Bethancourt - L'église

"Tout en nous mettant au repos nous sommes employés à la pose de réseaux de fil de fer dans la direction de Morcourt. Le froid sévit toujours. Certains jours il est impossible d'enfoncer les piquets de bois dans le sol. Malgré qu'il fasse encore froid nous sommes mieux abrités qu'à Saint-Sauflieu. Il y a à Glaignes un grand château moderne avec de nombreuses et belles dépendances très confortables pour les hommes. Mes bureaux étaient dans le sous-sol d'une épaisse tour du château. Un domestique nous pourvoyait en bois.
Quand la température est devenue meilleure nous avons fait de l'instruction sur un grand plateau découvert à l'Ouest de Glaignes. Nous faisions des exercices de combat auxquels on donnait de la vie, en faisant usage du système de figuration imaginé par le Général Niessel."

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI - Un régiment de réserve du Berry

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