06 octobre 2012

Le Liberty de Neuvy Pailloux (Réactualisé)

De nos jours, Neuvy-Pailloux est connu pour son entreprise de fabrication de croquets de Charost, mais surtout pour héberger le 12e BSMAT, une des dernières unités militaires du département. Si je ne me trompe pas, avec la fin du 517e RT, il ne reste plus que la base de la Marine à Rosnay et les gendarmes du Blanc.

NeuvyPailloux_Camp

Neuvy-Pailloux, de par sa position le long de la ligne de chemin de fer Paris-Limoges-Toulouse, a un passé militaire de longue date, depuis la première guerre mondiale plus précisement.

En novembre 1917, Winston Churchill, secrétaire d'état à l'armement propose la construction d'une usine pour assurer le montage en France du nouveau type de char anglais, successeur des Mark V*, ce char lourd sera équipé d'un moteur de 300 CV type Liberty de fabrication américaine.
Ce moteur est destiné à équiper non seulement des chars mais aussi des avions.L'affaire a été étudiée par les anglais et les américains et il est proposé  la France de s'associer à cette gigantesque affaire industrielle.Les ministres compétents en France sont Tardieu et Loucheur et des tractations avec une "Anglo-American Commission" sont menées rapidement.

Il était prévu que les 600 premiers chars seraient destinés à l'Armée américaine, les autres alliés se partageant les suivants.
Cette "aventure" fut un fiasco industriel puisque la société Ford, société considérée comme le "modèle" de l'époque, se révéla incapable de construire le moteur "Liberty", dont 5000 lui avaient été commandés.D'échec en échec, le gouvernement américain réserva les moteurs "Liberty" pour les besoins de sa construction aéronautique, alors en pleine montée en puissance. Aucun moteur fiable ne put être livré avant 1919 et l'usine de Neuvy-Pailloux qui était à peu près achevée en octobre 1918 ne put monter aucun char avant l'armistice (le blindage devait être fourni par les usines anglaises).

Du coup, le site de Neuvy-Pailloux fut organisé en Centre d'Organisation de l'ALVF à l'instigation du Général Maurin, Inspecteur Général de l'Artillerie, dont la grande influence permit l'adaptation de cette usine inachevée en un grand centre de stockage et d'entretien de l'immense parc de canons d'Artillerie Lourde sur Voie Ferrée existant en France après 1918.

800px-MkVIIITankSectionDiagramLe MarkVIII Liberty

Pour l'anecdote, le MarkVIII Liberty est le char qui servit lors du tournage du film "Indiana Jones et le temple maudit"

LastCrusadeTank

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Film américain de démonstration du Mark VIII. Film trouvé sur le net malheureusement sans sources de provenance.

 

Sources: Interventions de Guy François (ALVF) et Michel (Tanker) sur le forum Pages 1418
Iconographie: Wikipédia

 

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09 avril 2011

Ernst WERNER - un prisonnier bavarois à Issoudun

Récemment, j'ai acquis un courrier écrit par un prisonnier allemand à ses parents depuis le dépôt d'Issoudun, le 6 juin 1917.

Hormis la traduction toujours en cours (mon allemand scolaire ne s'est pas amélioré), je me suis mis en quète de trouver d'éventuelles informations concernant ce prisonnier.

Issoudun_KriegGefanger_ErnstWerner

Le prisonnier allemand en question est Ernst WERNER. Au dos de sa lettre, il se déclare "Kriegsgefanger" (Prisonnier) "Vizefeldwebel" (Sergent-major). Son unité est le 3e Bavarois Ersatz, 3eme compagnie.

Grâce à l'aide de correspondant du forum Pages 14-18, je retrouve le parcours de cette unité:
http://www.militaerpass.net/1brd.htm

Analysons maintenant le recto de l'enveloppe:

Issoudun_KriegGefanger_ErnstWerner1

Le courrier est envoyé à Arzberg (Bavière) et est adressé à Robert WERNER qui est qualifié de "Hauptlehrer" (Professeur). Ce dernier est le père du prisonnier, en effet, le courrier commence par "Meine lieben Eltern" (Mes chers parents).

Peut-on aller plus loin?
Sans grand espoir, j'entrepris de mettre quelques mots clés dans Google et quelle ne fut pas ma surprise. Je tombais sur ceci:
http://archives.lib.siu.edu/index.php?p=collections/controlcard&id=2154

270 autres courriers d'Ernst WERNER existent , fait déjà remarquable, mais dans une bibliothèque universitaire, celle de Sud Michigan, aux Etats-Unis.
Ces lettres furent échangées entre notre prisonnier et les soeurs Bertha et Marie Diehm. Bertha était la "petite amie" d'Ernst.
On y trouve la confirmation de différentes données sur le parcours de Ernest WERNER dont le fait qu'il fut fait prisonnier en 1917.

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12 février 2011

L'énigme des balayeurs du 66eRIT

Aujourd'hui, je lance un jeu d'identification. Je précise, tout de suite, je n'ai pas la solution, mais sait-on jamais peut-être qu'un internaute de passage sur le blog pourra nous donner des informations pour identifier ce cliché.

Voici la photo d'un groupe du 66e RIT en pleine action de balayage de la voirie.

RIT066_Balayeurs

Saurez vous identifier le lieu de la prise du cliché?
Un tramway passe devant un grand mur de pierre et une maison que je qualifierais de bourgeoise.

RIT066_Balayeurs_Extrait1

Si les balayeurs sont à coup sûr du 66e RIT, le lieu est peut-être dans la ville du Blanc? A moins qu'il ne s'agisse dun lieu où les territoriaux blancois aient cantonné pendant le conflit.

Si un Blancois passe dans le coin!!!! Qu'il n'hésite pas.

Alors, si vous connaissez cette maison, si vous connaissez ce lieu, si vous avez une idée à me soumettre, n'hésitez pas!!!!


 

 La Solution

Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour connaitre la solution à notre énigme. Une correspondante du Blanc à trouver rapidement:

Je viens de voir cette photo des balayeurs du 66ème Régiment d'infanterie territoriale et j'ai reconnu les lieux et j'en suis certaine. Effectivement, ils sont au Blanc, à mi pente de l'avenue Gambetta au niveau de la maison de la Herse. La maison n'a pas changé du tout. Elle est à gauche en descendant de la gare.

Félicitations à Danièle Rouet, ma correspondante du Souvenir Français du Blanc. Merci beaucoup aussi à Etienne Robinet pour la confirmation.

Un peu plus de 90 ans séparent ces deux clichés.

La_Herse_1_RIT066_Balayeurs

Voici d'autres vues d'époque de la maison bourgeoise, plus connue dans la commune sous le nom de "La Herse"

RIT066_LeBlanc_LaHerse

RIT066_LeBlanc_LaHerse1

On note sur ces deux cartes postales la correspondance des balcons, ouvertures et autres décorations avec ceux visibles sur la photo des balayeurs.

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Les rails présents sur la chaussée, le long du trottoir opposé à la maison, sont ceux ceux de la voie métrique qui permettaient de relier Le Blanc à Saint Benoit du Sault. Il s'agit d'un des nombreux tramways qui parcouraient le département afin de relier les bourgs environnants à la sous-préfecture.

LeBlanc

 

Tout cela nous permet de mieux comprendre la photo des balayeurs:
Les territoriaux du 66ème RIT, parmi leurs activités, ont l'entretien de la ville du Blanc, en l'absence de bon nombre d'employés municipaux.
On voit donc ici un groupe qui a pour tâche le balayage d'une des artères importantes de la ville du Blanc. L'avenue Gambetta permet l'accès depuis le centre-ville à la Gare. Cette gare fut le point de d'arrivée, mais surtout de départ de milliers de soldats du 68ème RI.

 

Changeons d'actualité: La coupure tant attendue est arrivée, les vacances sont là. Direction le salon du bricolage à la campagne et les visites en famille. Ah, les longs repas familiaux. Quel bonheur!!!

RI090_PauseBuvette_Extrait

Au 90ème RI, parfois, on a l'air de s'ennuyer à table
Faut dire que les verres sont vides
;-)

Reprise dans une quinzaine de jours.

Sources: Collection personnelle - Droits réservés

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31 décembre 2010

Les albums des regiments indriens

Au détour du début du XXe siècle, il était de coutume de faire venir le photographe dans le régiment pour immortaliser les troupes composant l'unité.
Possédant déjà un livret du 90e RI (1904), un du 66e RI (1909), j'avais eu le plaisir de recevoir de l'ami Joel Guyonneau une copie de celui du 68e RI (1911). Une récente acquisition m'a permis de rajouter à cette liste, le livret du 9e Escadron du train de Châteauroux (exemplaire non daté).

Dans la colonne de gauche de cette page ou en cliquant sur les couvertures ci-dessous, vous aurez la possibilité de feuilleter ces albums.

68eri001

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ETE009_Album_01

Si un collectionneur possède d'autres exemplaires d'unités du 9e CA (9e SIM, 32e, 77e, 114e, 125e RI, ...), je suis intéressé.

Meilleurs voeux pour l'année 2011.

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14 mars 2009

Les plaques et les mélopées

Il y a parfois des originalités qui se cachent dans des endroits à priori incongrus.
A Châteauroux, l'actuelle école de musique se trouve dans les locaux de l'ancien Hôtel de Ville.


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Ce bâtiment fut longtemps un des endroits de vie de la ville de garnison qu'était Châteauroux. La musique y était déjà à l'honneur, mais plutôt sur le parvis et souvent au pas cadencé.


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Travaillant sur les monuments aux morts de la cité, un ami m'avait déclaré y avoir découvert une originalité que  seuls les mélomanes ou les curieux peuvent apercevoir:
Les fameuses plaques nominatives des Morts pour la France de la capitale du Bas-Berry.
Celles-ci depuis 80 ans garnissent les murs de l'escalier principal. Ceci m'a été confirmé récemment par le Cercle d'Histoire d'Argenton A chaque fois que je mis rend, je trouve portes closes. Je l'aurai un jour, je l'aurai

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Dommage quelles ne soient pas plus mises en valeur. Il serait intéressant de montrer l'ampleur du sacrifice de toute une génération.

PlaqueEnfantsChateauroux

Merci à Louis Cazaubon pour sa découverte en 2007 et à Daniel Chauvat (Cercle Histoire Argenton) pour ses documents.

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30 septembre 2008

Le vin des soldats

Parfois les communes organisent des souscriptions locales pour fournir du vin aux soldats du front. Les maires essayent alors de récolter les fonds pour faire parvenir le breuvage au front.
Certaines communes essayent de se regrouper dans leur action.


StChristopheBazelle_3

StChristopheBazelle

StChristopheBazelle_2

Tant pis, pour les gars de Poulaines, ceux de Saint Christophe en Bazelle s'y sont pris plus tôt.

A noter que Saint Christophe en Bazelle et Poulaines sont situé non loin de Valençay et de son vignoble.
Pour situer, voir ICI

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22 avril 2008

Indre1418

Aujourd'hui, un nouveau site est à votre disposition. En complément du blog, un site dédié aux soldats indriens et à ma commune est maintenant en ligne.
Il me permettra de mieux synthétiser les données sur nos régiments favoris, mais aussi de lancer une étude sur la commune de Badecon le Pin (Le Pin en 1914).

Les fonctionalités concernant les régiments indriens viendront au fur et à mesure. Pour l'instant, l'objectif est la mise en place d'un monument virtuel afin de rendre hommage aux morts de ma commune, Badecon le Pin.



LogoIndre1418_1

N"hésitez pas à me faire parvenir vos données et à me faire de vos souhaits d'évolution.
Le site évoluera au fil du temps.

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01 juillet 2007

Les instituteurs de l'Indre

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Les Morts

Lors du conflit, 283 instituteurs du département furent mobilisés. Parmi eux, 60 ont fait le "sacrifice suprême".

Voici le mémorial des instituteurs de l'Indre:

Les Morts

  • ALLONCLE Camille, Instituteur adjoint à Le Blanc
    AUSSURE Charles, Instituteur adjoint à La Châtre
    BARRAT Emile, Instituteur intérimaire à Aigurande
    BASTIAN Jean, Instituteur adjoint à La Châtre l’Anglin
    BAUDET Emile, Instituteur adjoint à Prissac
    BLANCHARD André, Instituteur adjoint à Mouhet
    BLANCHET Lucien, Elève-Maître à l’Ecole Normale de Châteauroux
    BOUCHAUD Arthur, Ex Elève-Maître à l’Ecole Normale de Châteauroux
    BREMONT Maurice, Instituteur à Hallé (Commune d’Orsennes)
    BUJON Marcel, Instituteur adjoint à Crozon
    CAILLAUD Raymond, Instituteur adjoint à Lye
    CAGNAC Léon, Instituteur à Mennetou sur Nahon
    CHARMONT Gabriel, Instituteur adjoint à Châteauroux
    CICET Georges, Ex Elève-Maître à l’Ecole Normale de Châteauroux
    COUCHE Fernand, Instituteur adjoint à Buzançais
    DAGOT Armand, Instituteur adjoint à St Aout
    DEFAULT Clément, Instituteur adjoint à Issoudun Nord
    DELAUME Jean, Instituteur à Jeu-Maloches
    DUNIL-BOURLAUD Alex, Instituteur Adjoint à Chabris
    DUPLAIX Joseph, Instituteur Adjoint à Aigurande
    DUPLAN Félix, Instituteur Adjoint à Le Blanc
    FAGEUT Georges – Albert, Instituteur Adjoint à Villedieu
    FERTEY Paul, Ex Instituteur Adjoint à Tournon Saint Martin (Passé en octobre 1913 à Boismandé H.-V.)
    GABILLAT Joseph, Instituteur Adjoint à Pruniers
    HENAULT Louis – Albert, Instituteur à Villegouin
    HENAULT Paul – Emile, Instituteur à Heugnes
    JAMET René, Instituteur Adjoint à Buzançais
    JOLY Georges, Instituteur Adjoint à Valençay
    LEMAîTRE Henri –Lucien, Délégué à l’E.P.S. de Saint Benoît du Sault
    LEMORT Olivier, Ex Elève-Maître à l’Ecole Normale de Châteauroux
    LOGET Albans, Instituteur à Montierchaume
    LUMET Xavier Eugène, Instituteur à Coings
    MANEUVRIER Fernand, Elève Maître de 3e année de l’E.N. de Châteauroux, (En congé pour service militaire)
    MARIE Alexandre, Instituteur Adjoint à Saint Août, (En congé pour service militaire)
    MARTIN Jean Baptiste, Instituteur Adjoint à Argenton
    MORAND Emile, Instituteur à Lacs
    MOREAU Julien Instituteur à Lys Saint Georges
    MOULIN Marcel, Instituteur Adjoint à Neuvy Saint Sépulchre
    NICAUD Alfred – Léon, Délégué à l’E.P.S. de Saint Benoît du Sault
    NICOLAS Paul, Instituteur Adjoint à Eguzon
    PARPAIS Marcellin, Instituteur détaché au Collège d’Issoudun
    PECHERAT Olivier, Instituteur Adjoint au Blanc
    PELLERIN Robert, Ex Elève-Maître à l’Ecole Normale de Châteauroux
    PICARD Marcel, Instituteur à Clion
    PONROY René, Instituteur à Pont-Chrétien
    RENAUD René, Ex Elève-Maître à l’Ecole Normale de Châteauroux
    RODAIS René, Elève-Maître de 3e année à l’E.N. de Châteauroux
    SALLERON Charles, Instituteur Adjoint à Déols
    SALVINIEN Gaston, Instituteur à Bommiers
    SOULAT Daniel, Instituteur Adjoint à Buzançais (en congé)
    THEUROT Marcel, Instituteur Adjoint à Neuvy Saint Sépulchre, (En congé pour service militaire)
    TOURAINE Edmond – Louis, Instituteur Adjoint à Arthon
    VIAUX Jean Instituteur Adjoint à Saint Hilaire

    Les Disparus

    BIENVENU Camille, Instituteur adjoint à Saint Hilaire
    BOURY Alphonse, Instituteur adjoint à Saint Denis de Jouhet
    CHARPENTIER Octave, Instituteur adjoint à Cluis
    CHEVAL Louis, Instituteur à Mouhers
    LACHAUX Alphonse, Instituteur adjoint à Saint Août
    LIMONDIN Robert, Instituteur stagiaire
    TOUZELET Maurice, Instituteur Adjoint à Reuilly

    Sources: Livre d'or des instituteurs de l'Indre: Guerre de 1914-1918 par l'Amicale des instituteurs publics de l'Indre, Issoudun, Imprimerie typographique et lithographique L. Sery, 1920

    Une numérisation de l'ouvrage a été réalisée, elle est à votre disposition, contactez moi

    Grand merci à Dominique Renault pour sa copie de l'ouvrage

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    27 juin 2007

    Je sais tout "l'hôpital belge de Fontgombault"

    Toujours extrait de la revue "Je sais tout", voici l'article concernant l'hôpital belge de Fontgombault qe nous avions déjà abordé dans ce message en juin 2005

    Les Convalescents Belges à Fontgombault

    C'est à Fontgombault, dans une vieille abbaye qui est un monument historique des plus curieux et des mieux restaures — elle appartient a M. Bonjean, le magistrat et le philantrope parisien bien connu — que le gouvernement belge a installé une de ses plus importantes stations de convalescents. Au bord de la Creuse et dans un étranglement de la vallée, entre le Blanc et Tournon-Saint-Martin, à côté d'une boutonnerie coopérative où l'on retrouvait une partie des grévistes de Méru, s'élève l'ancienne abbaye dont le Kirsch fut célèbre longtemps. Des premiers ermites du XIe siècle jusqu'aux convalescents belges d'aujourd'hui, le monastère a subi bien des vicissitudes.
    Les restaurations et réparations faites par M. Bonjean ont admirablement prédisposé le monastère à sa nouvelle destination. En effet, de vastes lavabos, des salles d'infirmerie, des dortoirs aérés et vastes, l'eau, l'électricité, la cité-jardin, les salles de fêtes, les cours, les cuisines, tout s'y trouve. Une installation de bains-douches a complété l'aménagement.
    Au début de la guerre, on avait logé à l'abbaye tout un bataillon de prisonniers boches. Le local était vraiment trop beau pour de pareils oiseaux et, d'ailleurs, il ne se prêtait peut-être pas à une surveillance de tous les instants.
    On les avait placés dans l'admirable chapelle aux stalles sculpées et aux hauts vitraux; on avait protégé par des planches les sculptures. Aujourd'hui les chasseurs poméraniens et les fantassins hanovriens ont laissé la place à des blessés belges des batailles de l'Yser et à ces malades atteints de bronchites graves, contractées dans les boues des tranchées, devant Ypres.
    Cinq cents soldats sont là, soignés par cinq médecins-majors sous la direction du médecin principal Glaudot, de la 1re division de l'armée royale.
    — Ici, nous avons surtout pour but de rétablir des anémiés, de faire de la suralimentation pour des hommes très affaiblis.
    Un des majors me montre le régime des convalescents.
    Par jour: 2 ou 3 œufs ou 2 œufs et une demi boîte de sardines; 2 ou 3 bols de riz au lait; 700 grammes de viande; 800 grammes à 1 kilo de pain; 1 bouillon; 1 kilogramme de légumes; 1 à 3 litres de lait; 1/2 litre de bordeaux vieux.
    — Vous le voyez, lorsque l'estomac est bon, l'homme est vite restauré et va rapidement reprendre sa place au front.
    Dans le vaste réfectoire où jadis les moines silencieusement mangeaient, ceux que le grand Verhaeren appelle:
    Ceux dont l'esprit, sur les textes préceptoraux, S'épand comme un reflet de lumière inclinée.
    à présent, les gas flamands et wallons d'Ypres et d'Anvers et de Charleroi jouent des mâchoires avec beaucoup d'entrain. D'autres sont installés dans la chapelle même. Des lits sont alignés dans le chœur, au long de l'autel.
    Après le déjeuner, ils vont faire un somme de quelques heures, puis se promener à travers champs, péchant, rêvant, musant. Dans les jardins et les cours, des jeux de croquet, de teams et de tonneau sont installés.
    Un prêtre, décoré de la croix de guerre, la soutane relevée, joue avec les soldats comme un enfant.
    Ce que j'ai admiré le plus, c'est la sérénité, le calme et la force d'âmes de ces hommes qui, presque tous, ont leurs maisons occupées ou détruites par les Allemands, qui, la plupart, sont sans nouvelles de leurs familles, et qui, presque tous, ont vu de près les terribles atrocités de Louvain et Termonde.
    La phrase qui revient le plus souvent dans leur conversation est celle-ci:
    — Quand les Boches auront fui de chez nous.
    Ah! ils ne sont pas pessimistes, ceux-là qui ont tout perdu et qui ont tout à reconquérir.

    Fontgombault_Deambulatoire
    Abbaye de Fontgombault - Le déambulatoire

    Pour lire l'original:
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1029643/f620.table

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    22 juin 2007

    Je sais tout "Les prisonniers"

    Le reporter de "Je sais tout" après avoir traité le sujet des hôpitaux du Blanc, parcoure la campagne à la "poursuite" des prisonniers allemands
    Les articles sont entièrement disponibles sur Gallica

    Les Prisonniers Travaillent à la Ferme

    II arrive que la vie d'un petit village ou même d'une métairie résume en elle toute celle de la France d'aujourd'hui. C'est le cas d'une ferme berrichonne, visitée à la fin de cet été. A côté de la grande maison des métayers où j'entrai et où l'aïeul me reçut, habitaient dans une maisonnette des réfugiés belges dont les enfants jouaient avec ceux de la ferme, en gardant les chèvres.
    A mon arrivée, je vis un caporal de R. A. T. à table avec un jeune permissionnaire retour du front, très gai, dans une capote bleu horizon. Autour d'eux, des hommes qui travaillaient à la batteuse, deux Belges de 70, des vieux, des jeunes de la classe 17 et l'engraîneur. Les femmes actives, bras et cou nus, servaient le repas de midi.
    — Nous avons à faire les repas chaque jour pour quarante-cinq personnes, me dit la femme du permissionnaire. Je la regardai et je retrouvai ces yeux mélancoliques et beaux que j'ai souvent admirés chez ces filles de la Brenne, ce pays de plaines ondulées et grises, où le soleil, comme en Bretagne semble toujours voilé, à part quand il sombre parmi d'étranges flamboiements, dans l'eau morte des étangs immobiles. C'est le pays de Rollinat, celui qu'a célébré souvent George Sand. En été, les blés donnent plus de gaieté à ce paysage — et ce jour-là, à table, les conversations s'émaillaient de sourires.
    Les hommes se versaient le petit vin blanc des vignobles locaux. On écoutait le récit de quelques épisodes héroïques des trois journées de Carency d'où arrivait le permissionnaire. Il parlait à voix très haute, plus haut qu'il n'est coutume de le faire pour des interlocuteurs attentifs et muets. J'en compris la raison en sortant.
    Dans la cour, deux tables attirèrent mon attention. A l'une, deux territoriaux déjeunaient, tandis qu'un troisième surveillait l'autre table appuyé sur son fusil, la baïonnette au canon.
    A celle-là, dix prisonniers allemands, — la moitié d'une équipe, —s'alignaient. Car une équipe de prisonniers compte vingt hommes, mais l'employeur a le droit de la diviser pour les besoins du travail à condition de les réunir, le soir, dans un même cantonnement.
    A mon approche, les prisonniers se levèrent et, comme j'examinais leur repas, j'en fus surpris.
    Certes, ils pouvaient le trouver « sehr gut » et « sehr schon »! Il comprenait, en septembre 1915, chez un simple paysan: du poisson frit, de l'oie aux navets, des pommes de terre au lard et une bouteille de vin pour quatre.
    Je manifestai mon étonnement à la fermière:
    — J'admets qu'on soit humain, lui dis-je, mais il me semble que ce repas est bien copieux et bien soigné pour des prisonniers. Croyez-vous que les nôtres jouissent de si bons repas?
    — C'est par économie, me répondit-elle simplement, et elle se retira. Elle revint un instant après, apportant le règlement militaire qui fixe la nourriture des prisonniers employés aux travaux agricoles comme suit:

    PAR JOUR
    200 grammes de viande, les jours de travail.
    125 grammes, les jours de repos.
    850 grammes de pain.
    1 kilo de légumes.
    7 grammes de café.
    8 grammes de sucre.
    Graisse et beurre nécessaires.
    Eau bouillie, si l’eau du pays n'est pas saine.

    — Eh bien, m'écriai-je, en quoi vous oblige-t-on à donner du poisson et de l'oie?
    — Je dois donner de la viande. Le boucher le plus proche est à sept kilomètres d'ici. Nous n'avons pas le temps d'aller à la ville en ce moment. Le poisson n'a rien coûté puisqu'il a été pêche dans l'étang, hier soir, après la journée finie. Quant à l'oie, il en court bien deux cents dans la ferme. Ça se nourrit tout seul. Le lard vient des cochons tués l'hiver dernier. Nous récoltons les pommes de terre. Le pain se fait ici. Nous n'avons rien acheté. Le dimanche seulement, nous mangeons de la viande de boucherie, car en semaine, on a trop souvent besoin du cheval et de la carriole. Si les prisonniers mangent de la dinde, de l'oie ou du canard, c'est qu'il m'est impossible d'acheter de la viande. D'ailleurs, puisqu'ils doivent travailler, il faut bien les nourrir!
    Je regarde le feldwebel allemand. Il s'appelle W... Sch... Avant la guerre, il était contremaître dans un établissement d'automobiles à Paris. Il a rejoint son corps, fin juillet, et a été fait prisonnier en décembre 1914.
    Il est grand, vigoureux, les traits réguliers et beaux, les yeux bleus et froids. Son costume de toile est d'une irréprochable propreté. On le sent volontaire et calme, et il répond à mes questions avec une grande politesse.
    — Vous traite-t-on bien ici? êtes-vous content?
    — Nous sommes bien; nous sommes contents.
    — Je voudrais bien que nos prisonniers soient aussi bien traités chez vous que vous l'êtes chez nous!
    — Ils le sont, monsieur, ils le sont. Une de mes parentes vient de m'écrire; elle a eu des prisonniers près de Dusseldorf: ils sont devenus gras.
    — Croyez-vous toujours que l'Allemagne remportera la victoire?
    — Pour l'instant, non. Mais nous ne savons rien ici.
    — Alors, qu'est-ce qui vous fait perdre l'espoir?
    — En Allemagne, aussi bien qu'en France, le peuple a marché parce qu'on lui en a donné l'ordre [sic). Nous ne voulions pas la guerre dans le peuple. On nous a attaqués (sic): il fallait bien se défendre [sic)!
    A ce moment, les neuf autres Allemands se mettent à parler. Le feldwebel traduit:
    — Ils disent que tout le monde enviait l'Allemagne. Il y a eu une conjuration contre l’Allemagne (sic). Mais nous travaillerons tellement que tous les pays qui ont combattu l'Allemagne seront à nous par notre seul travail {sic).
    — En attendant, nous serons vainqueurs!
    — C'est bien possible. Depuis que ce soldat en bleu est arrivé, j'en ai l'idée.
    — Qu'est-ce qu'il a dit?
    — Il n'a rien dit: il est gai. J'ai beaucoup travaillé dans des ateliers français. Je savais que ni les hommes, ni les femmes ne voulaient la guerre. Vous paraissiez en avoir peur. Ah! bien! oui! tous les soldats qui reviennent du front sont contents. Vous êtes un peuple bien original. En Allemagne, les soldats sont tristes. — Est-ce que vous préférez être ici ou dans les tranchées?
    — Dans les tranchées!
    — Pour tuer des Français?
    — Pour être libres.
    Un coup de sifflet strident nous interrompt. C'est l'heure du travail. Les prisonniers partent en tête, puis les deux réfugiés d'Ypres, puis les gens de la ferme et le permissionnaire. Je remarque que personne ne parle aux prisonniers. Une belle jeune fille qui servait à table détourne la tête à leur passage, en murmurant:
    — Ils partiront sans avoir vu mes yeux.
    Le bruit de la batteuse domine tout. Je regarde et me sens ému: ces prisonniers, ces réfugiés, ces vieux, cet adolescent, ce soldat, travaillent ensemble pour battre le beau blé de France...
    — Il n'y a guère de blé, mais il y aura bien autant de paille que l'an dernier, remarque le permissionnaire.
    Une femme allaite un enfant au pied de la meule. Il sourit et de ses petites mains potelées presse le sein.
    — Il est né dans une cave à Ypres, me dit la femme. Il se porte bien tout de même.
    Et j'admire le soleil qui luit sur tout cela.

    JeSaisTout_PrisonnierChamp
    "Les Boches dans les champs du Berry"

    Pour lire l'original:
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1029643/f598.table

    Posté par Indre1418 à 07:31 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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