17 janvier 2005

L'arrivée au 9e Corps

"Au P.C. du 9e C.A.

Un chef d'escadron d'artillerie (Commandant Labruyère), garçon très aimable qui faisait la liaison entre Poperinghe et le P.C. du Général Dubois, m'emmena en auto chez le Général. Celui-ci était encore à table avec ses officiers quand j'arrivai. Il me fit servir à déjeuner, puis il me questionna longuement sur mon passé militaire. Je lui fis connaître que j'avais été pendant quatre ans le délégué du 2e Bureau dans la place de Belfort, qu'avant mon affectation à la place de Cherbourg j'étais désigné pour diriger le 2e Bureau d'une Armée en cas de mobilisation. Dans ce cas, comment cela se fait-il, me fit-il remarquer, qu'on ne vous ait pas affecté à un 2e Bureau ? Je lui répondis que cela eût sans doute été trop naturel. Cela m'a rappelé l'histoire des danseurs et des calculateurs. Cela n'empêche que pour mon compte personnel j'étais enchanté d'aller dans la troupe. J'ai estimé que ce n'était que là que je ferais réellement la guerre. Pour finir, le Général qui m'avait fait un accueil très aimable, devait me causer un désappointement, qui heureusement ne fut pas de longue durée. Vous croyez sans doute aller au 114e me dit le Général. Je lui répondis que oui, la dépêche du Ministre m'affectait à ce régiment. Eh bien ! Non, reprit le Général, vous allez commander le 290e. J'eus le désenchantement du bonhomme qui depuis deux jours a voyagé dans une pensée, et qui brusquement est obligé de s'accommoder à une autre. Va pour le 290e, me dis-je. Cela n'empêche qu'en peu de jours c'était déjà le deuxième mécompte que j'enregistrais. Un ami personnel de l'Etat-major de l'Armée ne m'avait-il pas dit que j'irais au 2e Bureau du G.Q.G. ! Je n'eus aucun chagrin d'avoir manqué cette destination. Je me consolais en me disant que j'ai fait un heureux en laissant cette place libre. Coïncidence curieuse, en parcourant Poperinghe, j'ai appris qu'un Chef d'Escadron d'artillerie venait d'être désigné pour le 2e Bureau, du G.Q.G.

Puisque j'étais au 290e, je me mis incontinent en contact avec les régiments qui cantonnaient à Wlamertinghe. Le 290e était dans les tranchées. Le Général Dubois n'a pas voulu que je prenne mon commandement avant que le régiment fut descendu des lignes".

Sources: Eggenspieler "Un régiment de réserve en Berry - Le 290eRI" Bourdier 1932

Posté par Indre1418 à 21:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


16 janvier 2005

Passation de commandement au 290e

Le 2 novembre 1914, dans le secteur d'Ypres, l'artillerie allemande se mit à tirer. Pour commencer, elle dirigea ses obus sur Saint-Julien puis, le tir fut dirigé sur la région du P.C du 290e. Vers 8 heures, deux obus éclatèrent juste au-dessus de la ferme où était installé le P.C. Le Colonel Hirtzmann fut touché. Il avait deux blessures légères à l'épaule et au côté, mais une plus grave et profonde au-dessous des reins. On l'emporta sur une civière au poste de secours, où le Docteur Rosenthal sonda les plaies, et fit connaître au Colonel que son évacuation s'imposait. Le Colonel s'y résigna

Le Commandant Renard prit provisoirement le commandement du régiment. Les bataillons avaient deux chefs excellents, le Capitaine Simonnet au 5e, et le Commandant de Lacombe au 6e.

Le 13 janvier, le colonel Eggenspieler, parti de Cherbourg le 11, arrive à Poperinghe.

Voici donc son arrivée au sein du 9e Corps d'Armée :

« Ma désignation pour le front

J'étais à la déclaration de guerre Chef d'Etat-major de la place forte de Cherbourg. J'y ai été maintenu en cette qualité jusqu'au mois de janvier 1915. A ce moment une dépêche ministérielle m'affecta au commandement du 114e R.I. J'étais enchanté de cette désignation. Mon maintien dans une place forte, où on ne voyait que des blessés et des prisonniers, finissait par me peser. En ma double qualité d'Alsacien et d'Officier de carrière je tenais absolument à prendre ma part de la guerre. Quand je connus la retraite allemande de la Marne, j'étais désolé. Je m'imaginais déjà que j'arriverais, comme les fameux carabiniers, après la bataille. Il n'en fut rien, j'ai eu largement le temps de guerroyer encore pendant quatre ans.

Mon arrivée

Embarqué à Cherbourg le 11 janvier avec mon ordonnance et mes deux chevaux, je débarquais à Poperinghe le 13 au matin. J'allais aussitôt à la Mairie où se trouvait le Q.G. du 9e C.A. Quand je revins à la gare mon ordonnance, mes chevaux et mes bagages avaient disparu. Personne ne les avait vus. Il a fallu mettre la gendarmerie à leurs trousses. On les retrouva le lendemain installés dans une grange où ils attendaient. Mon ordonnance qui en temps de paix n'avait jamais fait œuvre de la moindre initiative, s'était dit, maintenant c'est la guerre, il faut se débrouiller. Il était allé tranquillement se cantonner avec ses chevaux, se disant, que tout le monde saurait bien vite, où un personnage aussi important que lui, était allé se nicher ».

Sources: Eggenspieler "Un régiment de réserve en Berry - Le 290eRI" Bourdier 1932

Posté par Indre1418 à 17:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

31 décembre 2004

Fin d'année

En ce jour du 31 décembre 1914, les unités du 9e CA sont toujours dans le secteur de Zonnebeke.

Louis BARNAGAUD et Louis ROBIN du 90e RI sont tombés sur le champ de bataille du Nord-Est d'Ypres. Le même sort devait concerner ARNAULT Auguste, BERGEAULT Alphonse, MATHERON Louis au sein du 268e RI.

Pendant ce temps, le 2e classe Ernest PHILIPPON du 90e et le sergent Louis BRET du 290e décédaient à l'hôpital d'Abbeville (80) pour le premier et à celui d'Airvault (79) pour le second.

Le sergent BRET était originaire d'Orsennes à quelques kilomètres de mon village d'origine. On peut facilement imaginer, qu'en tant que "pays", il ait connu Lucien BESSONNEAU. Louis BRET est mort des suites de "maladie contractee contractee au front", comment pouvait-il en être autrement au vu des conditions de vie dans les zones de combats?

Louis BARNAGAUD repose maintenant en paix à la nécropole Notre Dame de Lorette (Carre 13 Rg 5 n°2536).

Posté par Indre1418 à 14:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :