Indre 1914-1918 - Les 68, 90, 268 et 290e RI

Les régiments indriens dans la Grande Guerre

23 septembre 2009

Sohier versus Eggenspieler

En pleine lecture de l'ouvrage du lieutenant Sohier, je ne peux m'empêcher de penser à celui du colonel Eggenspieler.
Sohier n'avait pas prévu de diffuser son journal. Le recueil indique un fin de rédaction à la date du 29 mars 1931. Or, l'ouvrage d'Eggenspieler est édité en 1932, par l'imprimeur Bourdier de Paris.
Eggenspieler indique s'être servi des notes de Sohier pour rédiger le journal du 290e RI.
Version Sohier:
"Un commandant nous fait une conférence. « N'oubliez jamais que la meilleure défensive c'est l'offensive. En avant, toujours en avant, à la baïonnette. » On verra bien.
On nous emmène au terrain de manœuvre de Châteauroux. Une zone pierreuse sans rien pour se défiler. On simule une attaque. Le régiment est déployé. Vite, j'établis la liaison avec des réserves imaginaires. Je rends compte au colonel. Quelles réserves ? Où sont-elles ? Là-bas, je suppose, et je vais établir la liaison avec les troupes en ligne. Le colonel sourit, ironique. Je suis un peu vexé. On verra bien.
Le régiment s'élance à l'assaut. « Ils ne courent guère, dit le colonel. » Mais un berrichon a-t-il jamais couru ?
Sous la mitraille on verra bien.
Il ne courra pas mais il arrivera".

Version Eggenspieler:
"On pensa également à la partie tactique. Un Commandant fit une conférence aux officiers. Elle se résuma en ceci : « La meilleure défensive, c'est l'offensive. En avant ! Toujours en avant ! A la baïonnette ! » C'était très simple.
La théorie faite aux officiers eut sa consécration sur le terrain de manœuvre. Ce terrain était une zone pierreuse sans le moindre pli pour se défiler. Le thème comportait l'exécution d'une attaque.
Le régiment est déployé. Vite le Lieutenant téléphoniste établit la liaison du régiment avec des réserves hypothétiques, puis il rendit compte au Colonel, qui sourit d'un air ironique. Le Lieutenant fut quelque peu vexé, mais il continua à avoir confiance.
Le régiment, mettant les principes de la conférence en pratique, le lança à l'assaut. « Ils ne courent guère », dit le Colonel. « Mais un Berrichon a-t-il jamais couru », se demanda le Lieutenant Sohier".

On appréciera la note optimiste de Sohier: "Il ne courra pas mais il arrivera". Il avait alors su y déceler le trait principal du paysan berrichon. Ceci ne trouva pas crédit aux yeux du colonel.

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06 février 2009

Notes de guerre d'un musicien brancardier du 90e RI

Non, je n'ai pas laissé tomber 14-18, je prend juste un peu de recul en attendant les beaux jours. Je profite cependant de ces quelques instants pour continuer à découvrir le conflit.
A cette fin, il est à noter l'édition d'un nouveau témoignage concernant le 90e RI.

Les éditions Gestes ont publiés dernièrement les notes de Maurice Sureau.

Ce dernier était musicien-brancardier au sein du 90e RI. Arrivé à Châteauroux pour son service militaire depuis l'automne 1913, il devait finalement quitter le 90e, en septembre 1918, lorsque qu'il devient médecin auxiliaire à Bordeaux.

L'ouvrage de 154 pages alterne les explications sur les actions du 90e RI et les notes prises par le musicien (hautbois) Surreau.

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Bonne lecture. Je commence la mienne ce soir.

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04 janvier 2008

Souvenirs de la Popote du 4 janvier 1918

Notre cuistot

Notre cuistot est un brave homme
Et c’est de plus un bon garçon

Il était sale, il était comme
C’est triste à dire, un vrai cochon

Il avait toujours les mains noires
Et ses ongles étaient en deuil.
Ignorer savon et baignoire
Etait pour lui un titre d‘orgueil.
Tous les jours, il fallait lui dire :
« Beaufreton, lavez vous les mains … »
Il disait oui dans un sourire …
C’était kif-kif le lendemain.

Puis, c’était torchons ou serviettes,
Et souvent les deux à la fois,
Et nos verres et nos assiettes
Où se voyaient marqués ses doigts.
C’était de l’anthropométrie
Comme chez défunt Bertillon
Tous le objets portaient les stries
Des doigts du cuistot Beaufreton.

Il changea pourtant : dans l’eau claire
Il se nettoya chaque jour.
Le bain d’abord hebdomadaire
Devint quotidien … un amour,
Tout frais, tout mignon, blanc et rose
Tel fut : Beaufreton le cuistot,
Ce fut un besoin, cette chose
Fut indispensable bientôt.

Il lui fallut, coûte que coûte
Son grand bain de pieds quotidien.
Soit au repos, soit sur la route
En secteur … Il trouvait moyen
De se laver mains et figure
Chaque jour invariablement
Nous constations, je vous assure
Avec plaisir ce changement.

Un jour, j’entrai dans la cuisine
Et j’aperçus mon Beaufreton
Dans la pose que l’on imagine
Quand on évoque un Apollon
Tout nu, celui du Belvédère
Par exemple … Il lavait ses pieds
Savez-vous où ? Dans la soupière

Méfiez-vous de vos cuisiniers.

Armeilla (20e RAC)
Mai-juin 1922 – Bulletin de l’Association des Anciens Combattants de la 17e DI

DI017_Cuistot

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21 septembre 2007

La chanson du sapeur

                          I
       Pour faire un puit et une mine,
       pour faire une mine et un puit,
       nos gradés ont pris une mine
       grave, grave, très grave, et puis,
       pour faire un puits et une mine,
       le capitaine a ordonné,
       les lieutenants ont répété,
       les sergents ont tous regardé...
           et le sapeur a travaillé.
               Dans la mine,
               dans la mine,
       bon sapeur, chemine, chemine...

                          II
       Pour continuer cette mine,
       cette mine du fonds du puits,
       nos gradés ont pris une mine
       encore bien plus grave, et puis,
       pour continuer cette mine,
       le capitaine a hésité,
       les lieutenants ont calculé,
       les sergents se sont dérangés...
           le sapeur a continué.
               Dans la mine,
               dans la mine,
       bon sapeur, chemine, chemine...

                          III
       Un jour, elle a sauté, la mine,
       cette mine du fonds du puits.
       Nos gradés ont pris une mine
       encore bien plus grave, et puis,
       comme elle avait sauté, la mine,
       le capitaine a toussoté,
       les lieutenants ont fait un thé,
       les sergents se sont écartés...
           le petit sapeur a sauté.
               Dans la mine,
               dans la mine,
       bon sapeur, voici la vermine...

       Vauquois, 1915. 

Jean Arbousset, Livre de Quinze Grammes, caporal.

Sapeur_LucienJonas
Le sapeur - Peinture de Lucien Jonas

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13 juillet 2007

Meurtre à l'américaine

L'été est enfin là.
Pour certains, la plage, d'autres la montagne... Pour moi, ce sera la campagne berrichonne. Généralement, pour bien accompagner ces vacances méritées, il faut un bouquin.
Cet été, ce sera donc:

"Meurtre à l'américaine" Châteauroux-Issoudun (1917-1919) de Hervé Chirault - Editions Alan Sutton

MEURTREALAMERICAINE

Pour commander l'ouvrage, cliquez sur l'image

Le 11 février 1919, un terrible drame met le département de l'Indre en émoi: une veuve de guerre de 28 ans et un jeune sergent américain sont retrouvés morts dans une chambre d'hôtel, à Issoudun. La police française et l'autorité militaire américaine y voient un simple crime passionnel.
Les souvenirs de Jeanne et Matthew révèlent peu à peu le parcours des deux jeunes gens depuis leur rencontre fortuite jusqu'à leur fin tragique. Le fait divers prend alors un nouvel éclairage et, du coup, l'enquête policière semble avoir été hâtivement conclue.
Ce roman nous plonge au coeur de la Grande Guerre, dans un Berry où les traditions régionales s'adaptent face aux difficultés liées au conflit. Cette histoire d'amour, intimement mêlée au contexte historique, pouvait-elle avoir une autre issue?

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11 février 2007

L'Armée française dans la Première Guerre Mondiale

Aujourd'hui présentation d'une de mes dernières acquisitions. Je cherchais depuis longtemps un vrai livre traitant du sujet. En voilà un qui me comble:
L'Armée française dans la Première Guerre Mondiale - Uniformes - Equipements - Armements
de Laurent Mirouze et Colonel Stéphane Dekerle

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Ouvrage superbe et très bien documenté. Il s'agît là d'une photographie de l’armée au moment de la mobilisation, en aout. Toute la diversité des uniformes de l'armée française est abordée en 528 pages et 1000 photos.
Quelques exemples de pages:

MirouzeDekerle1 MirouzeDekerle2
MirouzeDekerle3 MirouzeDekerle4

Pour se le procurer, cliquez ICI

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01 février 2007

"Il n'y a dans la nature que deux principes, l'amour et la lutte…"

Voici ce que vous pourrez lire sur la plaque en l’honneur d’Alan Seeger, à l’ossuaire n°1 de la nécropole de Lihons:

.

Ô, si je devais tomber demain, enterrez-moi ici,
Afin qu’au dessus de ma tombe à chaque jour qui revit,
Les fleurs des champs puissent fleurir, et les tourterelles s’aimer,
Et les amoureux, dans cet endroit inconnu,
S’embrasser tendrement en regardant la lune qui luit.

AlanSeeger_Illustration

Sur Alan Seeger: http://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Seeger

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15 juin 2006

Bulletin de l'Amicale des Anciens Combattants de la 17e DI

J'ai le plaisir de vous présenter ma dernière trouvaille, une future mine d'informations à n'en pas douter.

Après le conflit, les anciens combattants de la 17e DI éditèrent un périodique. Un numéro de ce périodique m'avait déjà servi pour aborder l'inauguration du monument de la cote 304 en 1935 (n°47).

Le livre que j'ai maintenant en ma possession, regroupe les 44 premiers exemplaires du "Bulletin de l'Association des Anciens Combattants de la 17e Division". La période couverte va de 1922 à 1933.
Je reviendrais de temps en temps sur cet ouvrage, au fil de mes lectures.

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Les unités représentées par l'Amicale sont les 68, 268, 90, 290, 114, 314, 125, 325, 335e RI, 20e et 220e RAC 6/109e RAL, 6e RG Cie 9/1, 7e Hussards.
De nombreuses listes d'anciens combattants sont consultables dans l'ouvrage, ainsi que des textes patoisants ou des textes de René de Planhol, Albert Lange ou des poèmes d'Armeilla.

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13 novembre 2005

Chanson au médecin chef du 290e RI

Le livre de Quinze Grammes Caporal, Jean Arbousset

.

Ils étaient là sept blessés

Entassés

Sans trop se faire de bile

Ils étaient là sept blessés

Compressés

Autour d’une automobile

C’est du poste de secours

- Au retour, -

Que ladite auto s’élance

Pour s’en aller trimballer

- à l’aller -

ses clients à l’ambulance.

Mais ils ne sont, ces blessés,

pas assez

pour mériter assistance,

car l’auto ne se complait

qu’au complet

à partir pour l’ambulance.

Les sept blessés ont crevé,

su’ l’ pavé

comme des choux à la crème

pour avoir trop attendu,

Temps perdu

Pendant un mois, le huitième

.

.

070heck_1_

Eric Heckel, Zwei Verwundete (Deux soldats blessés), 1915

xylographie sur papier, Musée Folkwang, Essen

.

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21 octobre 2005

La grève des tranchées

Enfin les congés, avant d'aller passer quelques jours dans le Berry, le long de la Creuse, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le plein chez mon libraire.
Finalement, un livre a retenu mon attention et je viens de le finir avant même de commencer les congés:
A lire absolument, voici un nouvel ouvrage indispensable dans la compréhesion des évènements du printemps 1917:

La Grève des tranchées - Les mutineries de 1917 [Denis Rolland] Editions IMAGO 2005

On y retrouve des éléments concernant les mouvements au sein du 90e RI, le 20 mai 1917.

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