20 septembre 2017

Les monuments indriens (11) Gargilesse-Dampierre

Cette rubrique ayant trait aux monuments aux morts du département n’avait pas fait l’objet de mise en ligne depuis longtemps. Ayant profité de l’été, je m’attèle donc à vous faire partager une nouvelle page et un nouveau monument.
Pour faire simple, voici un monument que j'ai souvent l'occasion de voir en tant que voisin, celui de la commune de Gargilesse Dampierre.

Cette commune est le fruit de la fusion en 1823 de la commune de Gargilesse et de celle de Dampierre. Elle ne prit le nom de Gargilesse Dampierre qu’en 1947.

Aucun monument 14/18 n’est visible à Dampierre. Quelques plaques individuelles sont visibles au cimetière. A Gargilesse, il n’a pas été trouvé de plaque paroissiale dans l’église Notre Dame, seules quelques plaques sont visibles au cimetière du bourg sur les sépultures individuelles.

Seul le monument non loin de l’ancienne école et surplombant l’actuelle mairie a été trouvé. Ce monument m’a toujours intrigué car il est d’un accès peu pratique et semble posé sur la corniche, donc rendant peu pratique le cérémonial qui s’y tient aux diverses dates des commémorations.

Pourquoi a-t-on perché là ce monument?

P1050821 MonumentGargilesse1

Lors d’anciennes recherches aux Archives départementales de l’Indre, j’avais trouvé un recensement des monuments du département (R909-3) effectué à la demande du Préfet, en 1932, la fiche ayant trait à Gargilesse indiquait :

- Existe-t-il un monument ou une plaque commémorative ? Oui
- Description sommaire : Simple stèle en schiste du pays surmonté d’un couronnement de granit surmonté d’un vase funéraire. Aspect à la fois sobre et impressionnant. Hauteur 3m40 largeur à la base 2m25
- Dans quels lieux sont-ils érigés ? A mi- pente sur un terrain dominant le bourg par la route Argenton-Gargilesse. Escalier d’accès bordé d’obus reliés par une chaine trainante.
- Combien de noms y sont gravés ? Trente-cinq noms.
- Quel en a été le coût ? Approximativement 6000 francs
- Par qui la dépense a-t-elle été supportée ?
                    Souscription publique néant
                    
Subvention de l’Etat 320 francs
                    
Budget communal 5500 francs environ

- Date d’inauguration Non inauguré, cérémonie remise

24 juillet 1932 Le Maire

On peut tout d’abord tirer plusieurs renseignements de ce document:

A la date du document, soit 1932, 14 ans après l’armistice, le monument n’est toujours pas inauguré en tant que tel. On notera aussi que le financement est quasi purement local, l’aide de l’Etat représentant environ 5% du cout total et que seul le budget municipal fut sollicité.

Avec ce document, était joint un plan de situation (en bleu) du monument qui permet donc à la préfecture de visualiser ledit monument. Une carte postale fut aussi éditée attestant de la réalisation.

P1060345_gargilesse_1 P1060345_gargilesse_2

MAM_Gargilesse

Lorsque je découvris ces documents, je compris alors que la position n'était pas si incongrue que je le pensais.
En effet, en l'absence des données trouvées aux Archives Départementales, je restais sur un non-dit concernant ce positionnement. Pourquoi avoir l'idée de mettre ce monument en ce lieu?
Quasiment en face de l'école, en visu depuis l'église et depuis la mairie, le monument tient son rôle. Un chemin existe encore depuis la mairie montant à ce Monument et est dans la continuité supposée de l'escalier menant au monument.

Cependant l'escalier, les chaines, les obus ont disparus. On notera aussi que tant sur les plans, sur la carte postale et sur le monument existant actuellement, l'urne funériare n'apparait pas. La symbolique en a donc été modifiée et rend plus difficile la lecture du monument.
Concernant la typologie des monuments, il est possible de se reporter au classement qu'en fit l'historien Antoine Prost et qui est détaillée ici: https://www.fontesdart.org/la-typologie-des-monuments-aux-morts/

Le temps passant, les besoins et usages changeant, l’escalier permettant l’accès au monument a disparu. Vraisemblablement suite à l’élargissement de la route située juste au pied afin de correspondre aux besoins de locomotion actuels, l’accès au monument fut donc transformé. L’accès se fait maintenant depuis le haut du monument et seule la petite plateforme située devant permet de se tenir face au monument.

CaptureGargilesse1

D'autres détails concernant ce monument (démarches administratives jusqu'en 1921) sur la base des Monuments aux Morts de Lille 3

Sources:
Collection de l'auteur
Archives départementales Indre R909-3

 

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11 novembre 2015

Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918?

Je profite du 11 novembre pour reprendre et réactualiser un article précédemment diffusé. Celui-ci a été enrichi par le résultat tant attendu des dépouillements et de la saisie de plusieurs fonds d’archives qui m’ont servis pour établir ces quelques statistiques.

91391398

Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918? Pour répondre à une telle question, on pourrait se contenter des chiffres avancés par la presse de l’époque.

Journal
Journal du Département de l’Indre – 7 novembre 1932 – collection AD36 R909_3

Cependant, lors des différentes recherches entreprises, il n’a pas été possible de retrouver une source officielle indiquant le nombre de décès, mais surtout indiquant la procédure de calcul et les sources d’un tel chiffre.
Tout d’abord, avant de commencer un éventuel comptage, il est nécessaire de définir qu’est ce qu’un « Indrien » ?

  • S’agit-il d’un natif ?
    Mais s’il est resté juste un mois après sa naissance, est il encore du département?
  • S’agit-il d’un résidant ?
    Mais alors combien de temps faut-il résider pour être comptabilisé?
  • A-t-il eu son acte de décès transcrit dans le département ?
    Certains soldats morts dans des hôpitaux du département eurent leur acte de décès transcrit sur le lieu même, ainsi le tirailleur LAMA Bamba dont la transcription eut lieu à Argenton.
  • Doit-on considérer le moment du recrutement militaire comme position de référence ? Mais dans le cas de ces lieux de recrutement Châteauroux / Le Blanc, ce dernier lieu englobe aussi bien des cantons de l’Indre que des cantons d’Indre et Loire et de la Vienne.

A vrai dire, je ne sais clairement le définir, et la solution de facilité consiste à se limiter aux sources rapidement accessibles et ainsi de se contenter des natifs du département issus de la base de Mémoires des Hommes.

J’ai cependant voulu aller un peu plus loin en m’appuyant sur les listes existantes, certes imparfaites, mais donnant déjà un bon angle de vue. Ceci permet de trouver d’autres cas de soldats.

Reprenons maintenant, les différents fonds répertoriés et connus :

Les monuments aux morts (MAM) :

Il s’agit là de la source la plus visible, puisque présente tous les jours dans toutes les communes de France.
Je me suis appuyé sur les données issues du site Mémorial Gen Web. Le département de l’Indre est entièrement relevé. Cela permet d’obtenir une liste de 11.775 noms sur les 248 communes du département. Ce comptage a des limites en l’absence d’écrits concernant l’élaboration des listes. Ce chiffre est aussi à prendre avec précaution, car c’est notamment celui-ci qui permettait de calibrer la subvention versée par l’Etat aux communes conformément à l’article 81 de la loi du 31 juillet 1920. Certaines communes semblèrent « abusées » de ce fait, car de nombreux noms gravés sont finalement restés sans réponse au regard du recoupement avec les autres sources
On ne peut que constater des incohérences (noms sur plusieurs monuments, noms inconnus, certaines familles refusèrent l’inscription de leur enfant sur le monument communal). Le chiffre issu des monuments a vraisemblablement inspiré le journaliste de 1932.

Le Livre d’or départemental (LO) :

Le texte de loi régissant ce Livre d’Or, étant plus strict dans son application (uniquement natif ou résident) que celui régissant la gravure des noms sur les monuments aux morts. Il est donc potentiellement une meilleure source que celui régissant le monument où le Maire était plus libre pour l’inscription (Certains non-Morts pour la France furent inscrits, mais dans la commune d’à côté).
La mise en ligne (partielle*) des Livres d'Or par le site des Archives Nationales permet de cibler 9.643 noms.

* Certaines communes ne sont pas complètes sur le site des Archives Nationales (Aigurande, Ambrault, Anjouin, Ardentes, Argenton, Arthon, Azay, Bagneux, Le Blanc, Les Bordes, Bouesse, Bouges, Buxeuil, Buzançais, Chabris et Chaillac), le chiffre annoncé est donc un chiffre bas.

Les fiches Mémoires des Hommes (MDH) :

Sur le site ministériel, les critères de recherche sont multiples, mais le seul champ actuellement et valablement renseigné est celui du département de naissance.
Les fiches accessibles sont celles des soldats « Morts pour la France » (MPF), mais aussi celles provenant du  deuxième fichier dit des « Non mort pour la France » (NMPF).
Il faut cependant se méfier du laïus « NMPF » des dites fiches qui a été rajouté car ce 2ème fichier contient aussi des MPLF (Pour rappel, l’acte de décès est la seule pièce administrative ayant valeur juridique concernant la mention « Mort pour la France »).
Nous obtenons donc 10.944 cas différents (A la date du jour, de nombreuses fiches du site sont en doubles et une opération de nettoyage est d’ailleurs prévue par l’administration du site, le décompte présenté tient compte de ces doublons).

Les fiches matricules (FM) :

Même si nous sommes déjà en 2015 et que le Centenaire 1914-1918 a commencé depuis plus d’un an, celles-ci sont toujours inaccessibles via le net. De plus, la base étant le recrutement militaire (Châteauroux et Le Blanc), les fiches sont réparties sur plusieurs départements en ce qui concerne le recrutement du Blanc, il est actuellement impossible d’établir une étude fiable, car cela nécessiterait de compulser un très grand nombre de fiches matricules, une à une.

Sélection_012

Si on considère le département de l'Indre, ce sont 60.024 (Châteauroux) et 42.563 (Le Blanc 36), soit 102.587 fiches matricules qu'il faut analyser.
La répartition géographique des bureaux de recrutement Chateauroux et le Blanc:

Capture10_BureauxRecrutement

Le diplôme de Mort pour la France :

Aux Archives départementales de l’Indre, en série R892, deux cahiers comptabilisent les remises de diplômes qui furent transmis aux communes pour être remis aux familles de soldats « Mort pour la France ». Cette liste s’arrête en 1924. Le compte est alors de 9.449 diplômes remis. Une fois compilées en tenant compte des doublons et des envois dans les autres départements suite à mauvaise orientation, nous obtenons 9.341 noms.
Il s’agit donc là du chiffre bas de notre estimation, certaines fiches n'ont qu'un lien ténu avec le département. On visualise, par exemple, des cas concernant des familles de réfugiés des territoires occupés qui reçurent les diplômes sur le lieu de leur hébergement, donc dans le département.

Les listes de retour des corps :

Dans les années 1920, il fut donné la possibilité aux familles de rapatrier au « Pays » le corps des défunts. Du fait que les frais engendrés étaient remboursés par l’Etat, la Préfecture de l’Indre tenait à jour une comptabilité de ces retours, cela permet de compléter les listes existantes. ces listes sont conservées aux Archives départementales de l'Indre sous la forme de 2 cahiers.
Au final, seuls 1.707 retours eurent lieu (du moins furent enregistrés). A la suite de quelques visites dans les cimetières départementaux, il apparait que d’autres eurent bien lieu (avant/après ?), mais ne furent pas enregistrés dans le cadre de cette opération administrative.

______________________________________

De telles incertitudes ne permettent pas actuellement d’annoncer un chiffre précis. L’étude que j’avais entrepris depuis plusieurs années et que je vous présente ci-dessous est le fruit d’un recoupement entre ces 5 sources (Mémoires des Hommes, Mémorial-Gen-Web, Livre d’Or, Remise de diplômes de MPF et Retour des corps).
Cela consiste donc en un subtil recoupement entre toutes ces données, tout en définissant un cadre strict (Par exemple, une homonymie ne suffit pas pour rassembler 2 cas). Le travail étant terminé depuis quelques jours seulement, nous arrivons à quelques 13.908 cas différents, induisant, à coup sur que le nombre est inférieur.

Je vous livre donc ci-dessous ma liste (qui restera toujours en évolution) des 13.908 cas relevés. Les points d'entrées sont multiples et vous pouvez utiliser les filtres que propose Excel.

La nouvelle phase d’évolution de ce fichier est donc de compléter avec les lieux de sépultures (travail en cours) et avec la recherche des actes de décès, car il est bon de rappeler que du point de vue de la loi française, seule la mention MPF sur l’acte de décès est preuve de l’obtention de cette mention.

Comme il ne m'appartient pas de définir qui est un Indrien (natif? résident? ...), tous les cas repris dans le lien présenté ci-dessous concernent le département de l'Indre plus ou moins directement.
Par exemple vous trouverez les noms de soldats du Nord de la France, dont les familles hébergées dans l'Indre pendant le conflit reçurent le diplôme de MPF sur leur lieu d'hébergement (donc dans l'Indre), je ne pouvais décemment les ignorer et ainsi les retirer de la base que j’essaye de constituer, ce d’autant que pour certains, ils figurent alors sur un MAM de l’Indre mais aussi dans leur département d’origine.
La saisie s'effectue au fil de l'eau et de temps disponibles.

Le monument virtuel des soldats indriens morts en 14/18

Essayons maintenant d’effectuer une rapide analyse dans la mesure de ce qui est possible grâce à ces données collectées :

Les « Natifs de l’Indre » :
Volontairement, je prend comme référence la liste des natifs que l’on obtient à partir des différentes sources et ce malgré tout, en faisant fi des avertissements précédemment signalés.

10.944 cas différents de natifs de l’Indre sont en base dont 10.591 figurent dans le fichier principal de Mémoires des Hommes et 339 figurent dans le fichier secondaire dit des « NMPF ». On notera cependant que 14 soldats ne figurent dans aucun fichier sur Mémoires des Hommes (0,13%).

Si nous connaissons la date de naissance, nous ne connaissons la date de transcription de l’acte de décès que pour 9800 et seuls 7869 ont vu leur acte de décès transcrit dans le département de l’Indre.

Toujours concernant les 10.944 « natifs de l’Indre », 90% soit 9.871 sont inscrits sur 1 monument aux morts (MAM) dont 8.851 sur un MAM implantés dans le département. On notera d’ailleurs que 676 sont inscrits sur au moins 2 monuments et parmi eux 11 sont présents sur 3 monuments différents.

A partir de la liste des Natifs de l’Indre, observons le lieu de leur décès :

Capture_DepartDeces

Sans grande surprise, il est à noter que les secteurs de combats les plus représentés sont : La Meuse, la Marne et la Belgique qui constituent le trio de tête.
A noter cependant que derrière la présence de la Meuse cache une réalité bien souvent oubliée. En effet, 35% des pertes en Meuse sont liées aux combats des années 1914 et 1915 et donc ne sont pas liées à la bataille de Verdun qui ne se déclencha qu’en février 1916. Ce sont les victimes des secteurs de Marbotte, Lachalade.

 

De cette liste de pertes, il est possible d’observer leur chronologie :

RepartitionAnnuellesNatifs

CaptureChronologie

Les principales pertes concernent la période 1914, en effet, la retraite, la bataille de la Marne tout d’abord puis le début de l’hiver 1914 furent des périodes où les pertes furent nombreuses, tant pour les hommes mobilisés au sein du 9e corps qui combattirent dans la Marne puis dans le secteur d’Ypres que pour ceux du 8e corps qui combattirent en Woëvre et en Meurthe et Moselle.

Les pics suivants correspondent principalement aux engagements liés aux grandes batailles (Champagne 1915, Verdun 1916, Somme 1916, Aisne 1917, …).

Si dans le cadre de cette étude, nous étudions les soldats natifs de l’Indre et morts lors du conflit, par l’intermédiaire de la fiche MDH, il est possible de connaitre le bureau de recrutement. Cette donnée permet de connaitre la position géographique d’un soldat à l’âge de 20 ans.
Ceci est pertinent pour connaitre l’attache d’un soldat au moment du conflit, mais est à relativiser en fonction de l’âge du soldat. Plus le soldat est ancien, plus l’époque du recrutement s’éloigne et plus il a de chances d’avoir changé de résidence entre la conscription et la mobilisation de 1914.

CaptureRecrutement

88% des natifs de l’Indre étaient encore dans le département lors de leur conscription (63% Châteauroux et 25% Le Blanc). Les migrations s’effectuent naturellement vers les départements limitrophes (Cher, Creuse, Loir et Cher, Indre et Loire, Loir et Cher), mais surtout sur la grosse métropole que représente la région parisienne (Bureaux de la Seine, de Versailles).

Maintenant regardons les lieux de transcription, qui sont donc les lieux de rattachement des soldats au moment de leur décès.

Nota : Les fiches MDH ont une particularité. Nombreuses sont celles où figure la mention DC dans la zone de transcription (Cas 1), dans certaines il s’agit d’envoi mais la mention DC n’est pas indiquée (cas 2), les dates indiquées sont celles de l’envoi de la transcription à la mairie concernée et non la date de la transcription elle-même (Cas 3 et 4).

CaptureFicheDC_1 CaptureFicheDC_2

CaptureFicheSansDC_1 CaptureFicheSansDC_2

 

Sur les 10.944 natifs de l’Indre, 8.626 ont une transcription de l’acte de décès qui eue lieu dans le département et 2.107 eurent leur acte de décès transcris dans d’autres départements. Seuls pour 281 cas, le lieu de transcription est non renseigné.

Capture_Transcription

Sans grande surprise, Paris notamment et la région parisienne figurent en bonne place dans les destinations de résidence suite à des choix de migrations, une volonté de quitter le pays pour tenter sa chance. Les départements limitrophes (18, 23, 37, 41, 86) sont légitimement des départements que l’on trouve dans le haut de ce classement.

A toute cette statistique, je rajoute le travail (incomplet) que j'avais effectué en 2012 en recoupant les nombres de noms sur les monuments aux morts du département et les effectifs de population des communes du département recensés en 1911 (dernier recensement avec le conflit)

CaptureMGW

 

Logo_Bleuet_de_France


Le 11 novembre, je pense à nos anciens
Aidez le Souvenir Français pour l'entretien des sépultures

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17 juin 2015

La difficulté pour retrouver un soldat ou l’intérêt de recouper un maximum de données.

A partir de la liste des soldats issue des monuments aux morts (MAM) départementaux, il n’est pas rare de faire chou blanc et de ne pas retrouver la fiche Mémoires des Hommes (MDH) qui correspond aux noms gravés sur ces mêmes monuments. Pour résoudre ce problème, il est alors conseillé de faire appel à d’autres sources :

La première possibilité est que la fiche issue du site Mémoires des Hommes n’existe pas, en effet, comme l’indique ledit site « Cet ensemble de fiches nous a été transmis tel qu’il a été constitué et ne prétend pas à l’exhaustivité. »
La deuxième est que sur la fiche MDH ne figure pas assez d’indices pour rattacher le nom gravé et ladite fiche. Il faut alors passer par d’autres sources.

Rencontrant souvent ce cas, je vous présente ci-dessous une des techniques de recoupement utilisée et particulièrement le cas d’utilisation des listes issues des remises de « diplômes de Mort pour la France » que l’on peut trouver aux archives départementales et qui furent tenues par la préfecture de l’Indre et consultable en R982.

Prenons un exemple concret.

A partir du site Mémorial Gen Web (MGW), on obtient la liste des noms du monument aux morts de la commune d’Aigurande.
http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?insee=36001&dpt=36&idsource=24605&table=bp04

MAM36_Aigurande1
Collection de l'auteur

 

Parmi les noms, se trouve celui de COUTURIER Alphonse. On notera aussi que ce même nom figure sur le relévé MGW des plaques qui sont situées dans l'église d'Aigurande.

Le premier réflexe est donc de se rendre sur Mémoires des Hommes, en saisissant le nom et le prénom, on obtient une liste de 6 fiches, or, en auscultant chaque fiche on se rend compte qu’aucune ne fait mention du département de l’Indre ou de la ville d’Aigurande.

MDH
Sources Capture Ecran Mémoires des Hommes

A force d’effectuer ce type de recherche depuis quelques temps, un premier doute se porte sur 2 fiches.
La première est celle Alphonse Couturier natif du Cher, donc le département voisin et la deuxième est celle de d’Alphonse Victor, lui natif de Paris, or, nombreux sont les enfants de la région du sud du département qui montèrent à la capitale et qui gardèrent des liens forts avec la commune d’origine. A noter aussi que l'on ne trouve pas de trace de soldat Couturier dans les relevés MGW liés au 4e arrondissement de Paris, mais les relevés sont loin d'être complets.

Cependant, tout ceci ne constitue pas des preuves, il est nécessaire d’avoir des renseignements complémentaires.

Première source possible, la consultation du Livre d’Or communal sur le site des Archives Nationales. Pas de chance, si les fiches communales d'Aigurande existent, il y a des manques dans celles-ci (2 feuilles sur 9 sont manquantes). Concernant le Livre d'Or de Paris 4ème, il est plus qu'incomplet puisque comportant que 4 feuillets.
Il faut donc chercher des indices ailleurs.

Autre source possible que je suis actuellement en train de rentrer dans une base de données, le fichier issu des enregistrements de remise des diplômes de Morts pour la France que l'on trouve aux Archives Départementales (ADI36-R982). Au numéro d’enregistrement 5004, il est indiqué :

CaptureR982
Sources Archives Départementales Indre - R982

5004 - Couturier Alphonse - Sold. - 303e Inf – Aigurande.

En retournant sur Mémoires des Hommes, en regardant le numéro d'unité, il est alors possible de faire le lien avec le parisien Alphonse Victor.

archives_D570148R
Sources Mémoires des Hommes

Pour information, actuellement ce sont pas moins de 1411 noms présents sur les Monuments de l'Indre que je n'arrive pas à identifier sur Mémoires des Hommes (sur un total de 11500 noms inscrits).

Suite à la diffusion de ce message, des lecteurs me signalent que l'on peut aussi s'appuyer sur l'Etat-civil, les recensements et autres décomptes de la population.

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14 mars 2015

Une question récurrente : Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant la Guerre 14/18?

Pour y répondre, on pourrait se contenter des chiffres avancés par la presse de l’époque.

Journal
Journal du Département de l’Indre – 7 novembre 1932 – collection AD36 R909_3

 

Lors des recherches entreprises, il n’a pas été possible de retrouver une source officielle indiquant le nombre de décès, mais surtout indiquant la procédure et les sources d’un tel chiffre.
Tout d’abord, avant de commencer un éventuel comptage, il est nécessaire de définir qu’est ce qu’un Indrien ?

  • S’agit-il d’un natif ? Mais s’il est resté juste un mois, est il encore du département?
  • S’agit-il d’un résident ? Combien de temps faut-il résider pour être comptabilisé?
  • A-t-il eu son acte de décès transcrit dans le département ? Certains soldats morts dans des hôpitaux du département eurent leur acte de décès transcrit sur le lieu même, ainsi le tirailleur LAMA Bamba dont la transcription eut lieue à Argenton.
  • Doit-on considérer le moment du recrutement militaire comme position de référence ? Châteauroux ? / Le Blanc ? Mais dans le cas de ce dernier lieu cela englobe aussi des cantons d’Indre et Loire et de la Vienne.

A vrai dire, je ne sais clairement le définir, et la solution de facilité consisterait à se limiter aux sources rapidement accessibles et ainsi de se contenter des natifs du département issue de la base de Mémoires des Hommes.

Reprenons maintenant, les différents fonds répertoriés et connus :

Les monuments aux morts : Sources la plus visible, elle permet d’obtenir une liste de 11.775 noms sur les 248 communes du département. Ce comptage a des limites en l’absence d’écrits sur l’élaboration des listes. On ne peut que constater des incohérences (noms sur plusieurs monuments, noms inconnus, certaines familles refusèrent l’inscription de leur enfant sur le monument communal). Le chiffre issu des monuments a vraisemblablement inspiré le journaliste de 1932.

Ce chiffre est cependant à prendre avec précaution, c’est notamment celui-ci qui permettait de calibrer la subvention versée par l’Etat aux communes.

Le Livre d’or départemental : Le texte de loi régissant ce Livre d’Or, étant plus strict dans son application (uniquement natif ou résident), il serait vraisemblablement une meilleure source que celui régissant le monument où le Maire était plus libre pour l’inscription (Certains non-Morts pour la France furent inscrits, mais dans la commune d’à côté). La mise en ligne (partielle*) des Livres d'Or par le site des Archives Nationales permet de cibler 9.257 noms.
* Certaines communes ne sont pas complètes sur le site des Archives Nationales (Aigurande, Ambrault, Anjouin, Ardentes, Argenton, Arthon, Azay, Bagneux, Le Blanc, Les Bordes, Bouesse, Bouges, Buxeuil, Buzançais, Chabris et Chaillac), le chiffre annoncé est donc un chiffre bas.

Le site Mémoires des Hommes : Les critères de recherche sont multiples, mais le seul champ actuellement renseigné est celui du département de naissance. Les fiches accessibles sont celles des soldats « Morts pour la France », mais il existe aussi un deuxième fichier accessibles dit des « Non mort pour la France » qui a été rajouté, il y peu (Pour information, ce 2ème fichier contient aussi des MPLF). On obtient donc 11.388 cas de d'inatifs de l'Indre.

Les fiches matricules : Celles-ci étant actuellement inaccessibles et de plus, la base étant le recrutement militaire (Chateauroux et Le Blanc), les fiches sont réparties sur plusieurs départements en ce qui concerne le recrutement du Blanc, il est actuellement impossible d’établir une étude fiable, car de plus cela nécessiterait de compulser un très grand nombre de fiches matricules, une à une.

Sélection_012


 

A noter que depuis la rédaction de cet article, la mise en ligne des fiches matricules a été effectuée courant été 2016


 

Le diplôme de Mort pour la France : Aux Archives départementales, en série R892, deux cahiers comptabilisent les remises de diplômes qui furent transmis aux communes pour être remis aux familles de soldats « Mort pour la France ». Cette liste s’arrête en 1924. Le compte est alors de 9.449 diplômes remis. Il s’agit donc là du chiffre bas de notre estimation, certaines fiches n'ont qu'un lien ténu avec le département. On visualise, par exemple, des cas concernant des familles de réfugiés des territoires occupés qui reçurent les diplômes sur le lieu de leur hébergement, donc dans le département.

 

De telles incertitudes ne permettent pas actuellement d’annoncer un chiffre précis. L’étude en cours consiste donc en un subtil recoupement entre toutes ces sources, tout en définissant un cadre strict. En l'état du dépouillement, nous arrivons à quelques 13.600 cas différents, induisant, à coup, sur que le nombre est inférieur. Le 11.500 de la presse de l'époque est donc encore valable.

Je vous livre ci-dessous ma liste (toujours en évolution) des 13600 cas relevés, elle est présentée sous la forme d'un monument virtuel au travers d'un blog à la mode "Il y a 100 ans". Les points d'entrées sont multiples. Les 4 sources utilisées sont:

  • Mémorial Gen Web (Monuments aux morts)
  • Les Livres d'Or du département de l'Indre
  • Les listes du Diplome des Morts pour la France (dépouillement toujours en cours)
  • Les fiches Mémoires des Hommes (Morts pour la France et non Morts pour la France)

Comme il ne m'appartient pas de définir qui est un Indrien (natif? résident? ...), tous les cas concernent le département de l'Indre plus ou moins directement. Par exemple vous trouverez les noms de soldats du Nord de la France, dont les familles hébergées dans l'Indre pendant le conflit reçurent le diplome de MPF sur leur lieu d'hébergement (donc dans l'Indre).

Le site des soldats du département de L'indre

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08 mars 2015

Les livres d'Or du département de l'Indre

Une source de documentation relative aux Morts pour la France du département est accessible en ligne sur le site des Archives Nationales. il s'agit des listes communales ayant été établies pour le projet de Livre d'Or. Je me permet de citer l'explication qui en est faite par le site des Archives nationales:

"Par la loi du 25 octobre 1919, « relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande guerre », l'Etat lance le projet d'un Livre d'or comprenant les noms de tous ces héros jusqu'alors anonymes, qui serait déposé au Panthéon.
Le ministère des Pensions, nouvellement créé, est chargé d'établir, à partir du fichier existant, la liste des Morts pour la France de chaque commune ; il l'adresse en 1929 aux maires qui la contrôlent et l'amendent. Des correspondances témoignent souvent de ces échanges entre les deux parties.
Toutefois, les décalages entre les noms figurant sur les monuments aux morts et ceux des Livres d'or proviennent du fait que la liste du ministère est établie en 1929 alors que les monuments aux morts ont presque tous été érigés entre 1920 et 1925.
En 1935, la présentation matérielle du futur Livre d'or est fixée : 120 volumes devaient être imprimés en plusieurs exemplaires, dont un serait déposé au Panthéon. Les contraintes budgétaires, puis le début de la Seconde Guerre mondiale, mirent fin au projet, en laissant subsister la documentation préparatoire."


 

La notice du site des Archives Nationales est accessible directement ICI (nouvelle interface depuis le 20/09/2016)

Il suffit de suivre la cartographie, de sélectionner le département et ensuite de sélectionner la commune recherchée

Attention: On notera cependant que certaines communes du début de la liste départementale ne sont pas complètes (Aigurande, Ambrault, Anjouin, Ardentes, Argenton sur Creuse, Arthon, Azay le Ferron, Bagneux, Le Blanc, Les Bordes, Bouesse, Bouges le Chateau, Buxeuil, Buzancais, Chabris et Chaillac). Ceci représente environ une quarantaine de pages soit moins de 300 noms manquants (innaccessibles) sur les 9258 trouvés.
Ceci serait du à des pages manquantes (réponse donnée par @ArchNat sur Twitter). Je me permet d'avoir quelques doutes et penche plutôt à un bug de l''interface applicative du site (Zoomify).


Dans le fichier accessible ci-dessous, j'ai reporté toutes les fiches existantes.


 

A quoi ressemble une liste issue du livre d'or?

FRDAFAN85_OF9v079524_L-medium
Sources Archives Nationales

Les renseignements sont très utiles car ils permettent de recroiser les données provenant des monuments aux morts et des fiches Mémoires des Hommes. Ceci est très utile notamment pour les différences de prénoms fréquemment recontrées.

Je met donc à votre disposition le fichier Excel relatif à ce dépouillement (Le fichier est zippé pour des raisons de taille)

LO_Indre à télécharger ICI

On notera que le total est de 9258 cas individuels.
161 cas sont réprésentés sur plusieurs LO communaux (sans tenir compte des Livres d'Or des départements limitrophes).  Ceci est explicable par le fait que pour figurer sur les listes, il fallait être natif ou résidant de la commune.
Je n'ai pas retrouvé 26 cas dans les fiches Mémoires des Hommes (Souci d'orthographe?, mauvaise recherche? Fatigue du transcripteur?).

Comme ces LO ont été établis à partir du fichier qui constitue le fichier Mémoires des Hommes, je n'ai pas rencontré de cas relevant du statut Non Mort pour la France.

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02 février 2015

9449 diplômes de Morts pour la France, de MONDAIN Emile à RICHARD Louis

Réactualisation 2015 du message originel de 2013.

En 2013, profitant de mes congés et d'une réunion du Comité départemental du Centenaire 14-18, se tenant à Châteauroux, aux Archives Départementales de l'Indre, j’avais passé toute la matinée dans les locaux, profitant de ma présence pour quelques recherches.

Je tiens tout d’abord à me féliciter de cette initiative. Le cadre est très agréable, et j’ai tout particulièrement apprécié l’accueil des agents, leur disponibilité et les conseils apportés. Cela mérite d’être souligné.

J’avais repéré deux cotes dans la série R qui m’intéressaient plus particulièrement, dont une qui concerne les « Diplômes de Morts pour la France » (R982).

CaptureJC2
Sources AD36 - R982

A quoi correspondent ces «Diplômes de Mort pour la France» ? Il s’agit de la mise en application de la loi du 27 avril 1916.

BNF_Diplome_19160427Sources: JO-BNFGallica-Bulletin des lois de la République 1916

Voici donc un exemple de diplome qui fut remis aux familles des défunts:

diplomemortpourf

Pour l'anecdote, sur le sujet, on lira avec intérêt une discussion sur le Forum Pages 14-18. En effet, ce diplome connu 2 versions, la première version généra des réactions au sein de certaines familles de l'époque. Il fut alors nécessaire de publier une seconde version, plus proche des bonnes moeurs.

La trouvaille effectuée aux archives départementales permet de confirmer que la préfecture de l’Indre tenait donc une comptabilité de la remise de ce diplôme, ce qui permet de connaitre la liste des récipiendaires. Ceci vient en complément des listes déjà existantes et que j'essaye de mettre en place (Natifs, noms sur les monuments, …) et permettra une consolidation des données déjà en base.
Deux cahiers contiennent 9449 noms de soldats indriens. L’ordre d’apparition dans la liste est lié à la transmission dudit diplôme. On trouve dans le tableau dressé les données suivantes: Numéro d'attribution, numéro Bordereau, Noms et prénom, Grade, Régiment, Commune, Date de transmission.

Les premiers diplômes furent envoyés dès 1917:

R982_Liste1Sources AD36 - R982

Le dernier est en date du 30 juin 1924. Le numéro d'ordre est alors 9449. Attention, il ne s'agit pas de la liste officielle des Morts pour la France du département, mais cela doit s'en approcher grandement. Je suis d'ailleurs persuadé qu'elle n'est pas complète, les dépouillements et recroisements entrepris le démontre, au même titre qu'apparait bon nombre de noms non présents dans Mémoires des Hommes ou sur les monuments de nos communes.

R982_Liste9449Sources AD36 - R982

Cela permet donc d'avoir une liste de presque 9449 noms d'Indriens. Mais, il est cependant assez difficile de se retrouver dans cette liste, le point d’entrée est la date de jugement ou de transcription. Dans le cadre du dépouillement en cours, il s'avère que quelques familles reçurent des diplomes en double, mais cela permet de valider en grande partie le recoupement dèjà entrepris avec les bases Mémoires des Hommes et Mémorial Gen Web.

Prenons un exemple avec le cas de mon arrière grand oncle Lucien Bessonneau. tout d'abord, voici sa fiche "Mémoires des Hommes"

RI290_MPLF_BessonneauxLucienSources: SHD-Mémoires des Hommes

R982_Liste8244Sources: ADI36-R982

Le jugement eut lieu en décembre 1920, pour une transcription sur les registres du Pin en janvier 1921. Il fallut attendre le 25 octobre 1921 pour une prise en compte par la Préfecture. Lucien Bessonneau se vit attribuer le numéro 8244.
Il semblerait que les diplômes étaient envoyés aux communes, à elles la charge de les remettre aux familles, au vu des nombreux documents joints à cette cote de la série R.

Qu'est devenu le diplôme de Lucien Bessonneau? Je ne le sais pas, ce d'autant que toute la famille Bessonneau repartie après guerre pour le 15e arrondissement de Paris. Sans doute, revenaient ils de temps à autre, puisque mes grands parents se marièrent en 1935 et il fallait bien que Marcel rencontre Fernande pour se fiancer.

Un exemple de diplome au 68ème et 409e RI, celui de Robert FROMIOT: http://indre1418.canalblog.com/archives/2013/03/16/26666295.html

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Nouveauté 2014

Au niveau du département, un fait qui se produisit dans le courant de l'année 2014, vient parfaitement illustrer la remise de ces diplomes, ... justement par leur non-remise.

En effet, en 2014, Didier Bléron et l'équipe municipale de Nuret le Ferron ont retrouvés les diplômes qui étaient rangés au grenier de la mairie, en effet, ils n'avaient jamais été remis aux familles et avaient été conservés au grenier de la mairie, là où Didier les trouva.
Le 11 novembre 2014 fut donc l'occasion de la remise aux descendants.

Les oubliés de Nuret le Ferron (Nouvelle République juin 2014)

L'oubli réparé des poilus de Nuret le Ferron (Nouvelle République 11 novembre 2014)

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Nouveauté 2015

Il m'a fallu du temps pour transcrire les données obtenues à partir de ce fichier et ce n'est d'ailleurs pas terminé. Le but n'est pas de faire une simple saisie, mais bien de recouper avec les sources existantes.
Je me suis appuyé sur le fichier des "Morts pour la France" et des "Non-Morts pour la France" que l'on trouve sur Mémoires des Hommes, ainsi que sur les fichiers existants dans Mémorial Gen Web (liste des monuments aux Morts)

Voici donc les 1000 premiers diplômes distribués dans le département (Fichier Excel protégé, mais seulement à la modification, vous pouvez copier/coller):

DiplomeMPF_AD36R982_1a1000_VersionBlog

Je laisse cela à votre perspicacité, mais voici quelques rapides remarques:

  • Certes, ce sont des cas anecdotiques, mais on notera que dans cette première livraison, des diplomes furent adressés à 7 familles de soldats présents dans le fichier des "Non Mort pour la France" et sur ces 7 diplômes, 6 figurent sur le monument communal.
  • 35 cas de diplômes ont une fiche sur le site "Mémoires des Hommes", mais il m'a été impossible de retrouver le monument aux morts les concernant, soit le relevé sur le site "Mémorial Gen Web" n'est pas disponible, soit le nom ne fut jamais inscrit.
  • 45 diplômes n'ont pas de fiche "Mémoires des Hommes", mais 17 d'entre eux figurent sur les monuments aux morts.
  • Dans la liste, il est à noter que de nombreux cas concernent des soldats provenant des territoires occupés (Nord principalement). Les diplomes sont gérés par la préfecture de l'Indre, certainement du au fait que les familles ont été évacuées et au moment de la remise du diplome, elles sont très certainement hébergées dans le département de l'Indre.

 

A noter que dans ce fichier qui me sert de réference et dans lequel je reporte tous les noms de soldats ayant un lien avec le département (naissance, enregistrement décès, présence MAM, fiche Mémoires des hommes MPF et Non MPF, diplome remis ....) nous arrivons à un nombre de noms dépassant les 

13.500 noms

(à mettre en parralèle avec les 9449 de la liste présentée ci-dessus)

 

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 Aujourd'hui, 27 octobre 2015, je viens de finir la saisie des 2 cahiers. Au final, une fois les doublons clairement identifiés, nous arrivons à 9400 diplomes de Morts pour la France.
Ce travail aura permis de trouver quelques cas nouveaux, mais aussi de s'apercevoir que pas mal d'erreurs d'aiguillages existèrent

25 janvier 2015

Les concessions dans les cimetières communaux

Dans un message précédent, nous avions vu, que pendant la période 1921-1922, l'Etat avait donné la possibilité aux familles de faire rapatrier les corps des défunts depuis les nécropoles ou les cimetières provisoires présents notamment dans la zone du front.
Ainsi 1707 retours de corps furent répertoriés et rapatriés dans le département de l'Indre, voir ICI

Au niveau local, les familles avaient alors la possibilité soit d'inhumer le défunt dans la sépulture familiale soit dans un carré dit "des corps restitués". Lors de sa session de janvier 1921, le conseil municipal de Badecon le Pin vote l'attribution d'une concession à perpétuité pour tous les soldats dont les corps seront ramenés.

CaptureMairieBadecon_Janvier1921_ConcessionPerpetuelle
Sources: Registre des délibérations du conseil municipal de Badecon Le Pin (36)

On notera que sans précision supplémentaire, ceci s'applique à tous les corps, tant en carré de corps restitués que dans les sépultures individuelles.
Au terme d'une visite des deux cimetières de la commune de Badecon le Pin , il apparait tous les corps restitués reposent dans les carrés dits de corps restitués et aucun dans une sépulture individuelle.

Un carré des corps restitués est présent dans chacun des deux cimetières de la commune:

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Carré des corps restitués du cimetière de Badecon (voir Mémorial Gen Web)

 

j3zam8xf
Carré des corps restitués du cimetière du Pin (Voir Mémorial Gen Web)

 

D'après les données trouvées aux Archives Départementales (voir message ci-dessus "1707 retours"), pour la commune du Pin (nom d'alors), nous avons 8 corps qui furent rapatriés. Mais au final, se furent 9 corps qui se trouvent dans les 2 cimetières.
Un corps fut donc rapatrié plus tard que le dit recensement préfectoral:
Il s'agit de BRUNAUD Joseph Camille

Badecon004

 

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03 novembre 2014

Du micmac dans les sépultures

La Toussaint et la fête des morts viennent de se terminer, c’était l’occasion de se recueillir sur les sépultures de proches, mais aussi de profiter d’une visite de cimetière pour recenser quelques sépultures 14-18 de la région. Au fil de mes visites, donc, j’effectue un inventaire, mais je ne me limite pas à la présence de la sépulture, j’essaye de retrouver les données concernant les défunts.

Il y a donc quelques jours, j’ai effectué la visite du cimetière de Mosnay (36). J’ai ainsi retrouvé la sépulture d’un soldat du 90ème RI.

Mosnay 074 resize

 

Mais chose non prévue, il n’aurait logiquement pas dû se trouver là. Je m’explique :
Lorsque l’on observe la plaque, on remarque tout de suite, en tête de plaque, le « Ici reposent ». Nous avons donc vraisemblablement 2 frères qui sont inhumés à Mosnay.
Au passage, on note aussi que le label "Mort pour la France" est au singuler et ne semble concerné que le deuxième soldat.

Mosnay 075 resize

De retour à la maison, on ausculte les bases de données existantes comme Mémorial Gen Web ou Sépultures de Guerre.
Là, surprise, Henri Caillaud est certes du 90ème RI, mais il a une sépulture à Brocourt, dans la Meuse et de plus, il est natif de Maillet, son acte de décès serait transcris dans cette même commune et il figure d’ailleurs sur le monument aux morts communal  de Maillet et ne figure pas sur celui de Mosnay.

Comment un soldat peut-il avoir deux sépultures ? Le corps aurait-il été rapatrié et la sépulture à Brocourt, non modifiée. En auscultant les listes des 1707 retours de corps des Archives Départementales de l’Indre, Henri et Paul Caillaud ne sont pas nommés. Les corps ne seraient donc pas (administrativement) revenus. D'ailleurs, rien ne prouve que les listes de retour de corps disponibles aux archives soient complètes
Erreur administrative, erreur de la famille ayant demandé la gravure de la plaque, c’est la première fois que je rencontre cette anomalie.

Concernant le label "Mort pour la France", ces deux soldats figurent bien dans le fichier "Mémoires des Hommes", dans la catégorie des Morts pour la France.

Dans ce même cimetière, une autre sépulture m’a intrigué. Aucunes indications, absence du macaron du Souvenir Français, cependant, les dates indiquées laissaient supposer une mort pendant le conflit et mon for intérieur me dit qu’il y a quelque chose de bizarre.
Effectivement, après quelques recherches, il s’agissait d’un soldat figurant dans le fichier des « non morts pour la France » et décédé de "maladie aggravée en service".
Dans tous les cas, je ne suis pas rendu à la mairie pour voir les actes de décès, pour vérifier la présence ou non du label "Mort pour la France".

Moralité: ne jamais faire confiance à une seule source, recouper au maximum les données, ceci est d'autant plus aisé que de plus en plus de documents sont consultables sur le net.

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15 septembre 2014

Les Monuments de l'arrondissement du Blanc

Dans le cadre du centenaire 14-18, il est des ouvrages départementaux qui feront date lors de leur parution. Il en est un qui est en souscription jusqu'au 30 septembre que je me dois de présenter:

Les Monuments de l'arrondissement du Blanc par InterBrenne

CaptureJC

"A l'occasion du Centenaire de la Première Guerre Mondiale, huit associations se sont regroupées en une fédération baptisée InterBrenne pour éditer un ouvrage exceptionnel, fruit de leur travail collectif, Les monuments aux morts de l'arrondissment du Blanc (Indre)
Ce catalogue exhaustif des monuments des six cantons de Belâbre, Le Blanc, Mézières en Brenne, Saint Benoit du Sault, Saint Gaultier et Tournon Saint martin couvre 56 communes. Chaque monument fait l'objet d'une fiche d'enquête comprenant les principales dates de décision, le nom du maire, les entreprises ou les sculpteurs pressentis, le financement, les matériaux, les dimensions, les inscriptions, la date d'inauguration et la localisation des éventuels autres lieux de mémoire de la commune (plaque paroissiale, carré militaire, etc ... ) S'y aloutent de très nombreuses photos et la liste des morts inscrits au monument (sous forme de photo ou de transcriptions en cas d'illisibilté des plaques nominatives. On y trouvera également des textes sur la première guerre mondiale: nouvelles, chansons, extraits de romans écrits par des auteurs locaux pendant ou peu après le conflit, ainsi que divers articles (l'hôpital militaire belge de Fontgombault, les vitraux commémoratifs de Lux Fournier, etc ... )"

Vous avez la possibilité de souscrire cet ouvrage en retournant le bon ci-après: Bon de souscription

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15 octobre 2013

1.707 retours de corps en Bas-berry

Il y a quelques temps déjà, sur les conseils d'un fin connaisseur des archives (M. Lucien LACOUR Merci à lui pour ses bons conseils,), je me suis rendu aux archives départementales afin de découvrir 3 dossiers en série W. Il s'agit plus précisément des dossiers concernant le retour des corps, à la suite du conflit.

L'Etat autorisa le retour des corps des défunts, depuis le front jusqu'aux communes des familles. Cette prise en charge était effectuée par l'Etat, à la demande des familles.

Pour comprendre cette opération logistique de grande envergure, je vous conseille la lecture de "Corps perdus, corps retrouvés. Trois exemples de deuils de guerre". de Stéphane Audouin Rouzeau In: Annales. Histoire, Sciences Sociales, 55e année, N. 1, 2000. pp. 47-71.

L'auteur indique que le mouvement commença à l'été 1922, cela commença bien avant, en effet entre le 16 mars 1921 et le 27 décembre 1922, ce ne sont pas moins de 1707 corps qui revinrent dans le département, par le biais de 74 convois. On trouve dans ces dossiers, une foultitude de mentions intéressantes (adresse familles, horaires des trains locaux, fiches de coût de prise en charge par les autorités locales, demandes de renseignements par des familles, ...)

Capture

Voici donc, par communes, la liste des corps rapatriés dans le département. Je reste bien évidemment à votre disposition pour de plus amples renseignements.

Sources: Archives départementales Indre 791W118 à 120

 

Avant d'entamer la liste: quelques explications supplémentaires, pour les statisticiens :-)

A la question posée concernant les pourcentages et les données départementales, voici quelques chiffres que je vous laisse malaxer:

  • Recensement de 1911: 287.673 habitants dans l'Indre
  • Classes 1878-1919 (classes mobilisées pendant le conflit): 141.771 Fiches matricules (mais pas tous mobilisés)
  • Sur les monuments aux morts: 11.646 noms (mais tous ne sont pas du coin, les amis de la Société de Généalogie du Bas-Berry sont en pleine enquète sur ce sujet).
  • Dans les fiches MDH: 10601 fiches de natifs du 36, mais seulement 9.682 fiches ont un recrutement "Chateauroux + Le Blanc".Et oui, l'exode rural (vers Paris notamment) était déjà d'actualité.
  • Il y a certainement eu d'autres retours de corps, mais combien?

Donc si je vois large: 1700 retours de corps pour environ 11 à 12000 tués soit environ 15%

Pour des raisons de lisibilité du message, j'ai enlevé la (trop) longue liste et mis à dispo mon fichier. Pour visualiser ce fichier excel complet (feuille protégée):

cliquez -> Classeur_RetourCorps_VersionBlog

 

 

Posté par Indre1418 à 20:45 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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