20 mai 2007

La marche des Tanks (1)

"Au cours de mon séjour dans le secteur de la route 44 j'ai pu examiner à loisir la portion du terrain d'attaque qui s'y trouvait.
La première ligne allemande passait à l'Ouest de la route 44, et la deuxième à l'Est. Les Allemands y avaient construit des abris profonds comme celui du point 7.707, qui pouvaient recevoir d'assez gros effectifs. Dans la tranchée ils avaient établi d'assez nombreux blockaus en ciment armé, pour mitrailleuses et guetteurs
Notre tir de préparation était bien fait. Il était limité nettement aux tranchées à enlever, comme en Artois et en Champagne. Les abris bétonnés pour mitrailleuses avaient été soulevés par nos gros obus et projetés hors de la tranchée, où il ne devait certainement pas faire bon. Les abris souterrains par contre sont restés intacts. Peut-être que notre artillerie ne les connaissait pas. Les tranchées de deuxièmes lignes ont été beaucoup moins maltraitées. Elles paraissaient même ne pas avoir souffert du tout. Dans ces tranchées il n'y avait pas d'abris. C'est sur le terrain plat entre les deux lignes opposées, françaises et allemandes, qu'eût lieu notre première attaque par les tanks. Elle n'a pas réussi. Les pauvres chars gisaient là dans la plaine après qu'ils eûrent pris feu sous les obus allemands. D'après ce que j'ai vu, un seul tank a atteint la première tranchée allemande. Tous les autres étaient échelonnés entre cette tranchée et le centre Marceau, comme dans un peloton de coureurs, le plus grand nombre étant en tête. Un des derniers était resté en panne juste au-dessus du P.C. Marceau, et près de lui gisait un canon de 75. D'autres pièces de 75 et des cadavres de chevaux étaient couchés sur le terrain derrière le groupe des tanks les plus avancés. Les chars qui étaient de forte taille formaient des masses très visibles au milieu de la plaine. Les Allemands ne s'en occupaient plus, du moment qu'ils avaient flambé, ils étaient bien certains qu'ils ne bougeraient plus."

AttaqueChars1917

AttaqueChars1917_2

Sources: Colonel Eggespieler - Un régiment de réserve du Berry - le 290e RI

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15 mai 2007

Secteur de la route 44

"Le secteur affecté à la 17e D.I. s'étendait sur le terrain compris entre Pontavert, Craonne et la route 44 (de Laon à Reims).
Il y avait deux positions. La première était parallèle à la route 44 et à l'Est de celle-ci. Elle la traversait au Sud de Corbény pour se diriger vers l'éperon de Craonne. Elle faisait face à Juvincourt, Corbény et Chevreux. Elle était dominée de près, à droite et à gauche de la route 44 par les buttes du bois de la Carrière et du bois de l'Enclume. Au loin et à l’ouest se dressait la masse imposante de l'éperon de Craonne. Les Allemands y étaient restés accrochés malgré toutes les tentatives faites pour les en déloger.
La deuxième position traversait les bois de Pontavert et de Beau-Marais. Elle était constituée par une série de centres qui portaient des noms de villes de Normandie. Ceux que nous avons occupés s'appelaient centres d'Evreux et de Rouen. Ils étaient situés au Nord-Ouest de Pontavert."

CraonneVilleAuxBois_19170514
Positions du 9e CA (14/05/1917)

"Entre les deux positions se trouvaient un certain nombre de points marquants comme la Ferme du Temple, entièrement démolie, la butte de l'Edmond où se trouvait le P.C. de la Brigade, les buttes de la Ville-aux-Bois. Tout le terrain en deçà et au delà de la route 44 a été conquis le 17 avril par les régiments de la 10e  D.I. (31e, 46e, 89e). Le 31e a enlevé la Ville-aux-Bois. Il y a fait à lui seul 1500 prisonniers.
Le P.C. de la Division se trouvait dans un abri souterrain tout près du centre de Rouen. J'y fus fréquemment appelé pendant mon séjour au centre.
Les deux régiments, 268e et 290e, qui alternaient dans ce secteur, ont eu deux P.C. différents. Au début et à la fin de l'occupation du secteur le P.C. était au centre Marceau, dans l'ancienne première ligne française. Au milieu de l'occupation le P.C. se trouvait au point 7.707 dans l'ancienne première ligne allemande. Le P.C. Marceau était très petit, avec une protection illusoire, mais il était sain. Le P.C. allemand était profond et vaste. Il avait une couverture à l'épreuve des obus, du reste notre tir de préparation ne l'avait pas entamé. Du temps allemand il était éclairé à l'électricité. Mais il avait un vice profond. Il était rempli de puces qui avaient dû jeûner, parce qu'elles nous dévoraient littéralement. De plus, elles avaient la vie dure. Aucun désinfectant n'a pu en venir à bout. Le poste ayant été allemand avait son ouverture tournée vers les lignes allemandes. Des hommes ayant été blessés à l'entrée, je décidai de la rectifier. On avait à peine donné quelques coups de pioches, qu'on vit apparaître les pieds d'un Allemand qui remplît tout le poste d'une telle puanteur, qu'il a fallu plusieurs jours d'assainissement pour rendre l'air de nouveau respirable. Aussi a-t-on rebouché au plus vite le travail commencé".

Sources: "Un régiment de réserve du Berry - Le 290e RI" Colonel Eggenspieler

Merci à Louis pour la carte du secteur

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10 mai 2007

Le remonte dans l'Indre

A la veille du conflit, le département regroupe deux régiments d’infanterie les 68 et 90e RI. On trouve aussi le siège de la 17e Division, mais aussi de la 9e section d’infirmiers militaires et du 9e escadron du train des équipages.Beaucoup moins connus, l'Indre hébergeait deux établissements peu connus:
Dans le département de l’Indre, deux annexes de remonte sont implantés. Dans le sud du département, elles dépendent du dépôt de Guéret et sont situées à Bonnavois (Commune de Mouhers) et au Busson (Commune de Saint Civran).

Indre_PetitJournal1906
Sources: Le Petit Journal 1906

Dans l’armée, les chevaux sont issus des conseils de réforme. Lorsqu’un cheval est jugé inapte, il est réformé et remplacé par un nouveau. Celui-ci est appelé remonte.
Dans les haras nationaux, la remonte est aussi l'élevage de chevaux pour remplacer les inaptes dans les unités. Des achats extérieurs sont aussi effectués auprès des éleveurs privés.

Si vous avez d'anciennes photos des établissement de Bonnavois et du Busson, je suis très interessé. N'hésitez pas à me contacter.

SaintBenoit_AnnexeRemonteBusson2
Annexe de Remonte du Busson

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06 mai 2007

Le camenbert du camp du Faité

Le camenbert - Nos Berrichons

Ca te dit ti queuquchouse c’camp du Faité ?

DI017_Camenbert3

- Ah ! où qu’on n’tait pour ceux attaques du Chemin des Dames. Mon pouv’vieux, rin que d’y penser ça me gratte encore, tellement qu’y en avait d’ceux poux !
- Et c’te chtite paille dans ieux baraques, j’en avions jamais vu de si déguelasse. C’était pus que du poussier tellement qu’al tait par tous ceux polus qui stin allongés d’sus !
- Et ceux vasistas en papier vuilé qu’étint crevés ! Ah ! bon gieu d’bon gieu l’moral il’tait ben bas anc’toutes ceux offensives qu’étint toutes loupées ! I nous disiont : « Cte foué là, v’allez les avouer ; c’est la Victouère. J’allons yeux balancer tant de grousses marmites qu’y fouteront le camp quasiment tout seuls ! C’souer j’irons coucher à Laon la canne à la main !
- Ah ben oui, j’rastions toujou su place !
- Un jour j’avons ben rigolé. Tu te rapelles ti l’père Machin ?
- Qui ça Machin ?
- Un grand qu’avait été custot de la 11e. Un gars du Blanc qu’tait boulanger…
- J’vois qui qu’tu veux dire : l’frère à Cérémounie, l’gars d’Argenton.
- Tout jusse.
- Qui qu’il a fait ce chti Bernoux ?
-T’en a pas idée. Tu vas vouer.
- J’devions monter en ligne du couté d’Hurtebisse. I tombait d’ceux marmittes, mon pauv’vieux, queuchouse d’épouvantabe. T’as jamais vu ça. Des gros 305 qui f’sint eune fumée pu nouère ! Quand qui z’arriviont su tuoé, t’aurais juré un train de marchandises. T’arrecevais des éguernasses su la gueule a pu d’un kilomète ! I z’en avint d’la molition les Boches ! J’avions un cafard qui nous sarrait dur l’estoumac, j’te le dis.
J’venions donc d’manger la soupe et j’commencions à nous équiper pour quitter ceux cage à poux du Faité. C’était au moué de mai ; i faisait chaud comme à l’assemblée du M’noux l’an darnier. Y en avait queuqu’un qu’avint trop d’jus de boué tortu dans le vente. Quanq qu’on est saoul on pense pus à rin. Faut te dire aussi qu’on venait d’toucher chacun son camenbert.
Alors v’là Cérémounie qui dit : « Moué j’veux pas monter en ligne » Et pis le v’la qui fout son fourniment dans le foussé et pis qui se couche !
- Ah ! le chameau !
- L’sargent arrive : « Qui qu’y a Cérémounie ? Faut marcher comme les autres. Allons a debout !
Mais le gars de Cérémounie, i v’lait rin chiquer. I braillait : « J’veux un camenbert, j’en ai pas touché. C’est pas jusse ».
- Ah ! le chameau ! N’avait ben raison tout de même ed rouspèter. Ceux camenberts c’était quasiment ni pus ni moins q’du plâte dans des ptites boètes, çà valait pas les froumages ed’chieubre ed’Levroux ; mais pisqu’y avait drouet…
- I y avait drouet ! I y avait drouet ! Mon pouv’vieux tas drouet à c’qu’on doune dans ce métier là. Si on t’doune rin, t’as drouet à rin. C’est bin simpe.
« En attendant l’gars de Cérémounie il’tait toujou couché dans son foussé et j’tardions que l’moment ed’parti en ligne… L’sargent il’tait empoisounné, i s’arrachait les cheveux. I disait : « Ah ! cte section ! qui qui m’a foutu des polus coume ça ? »
« Enfin vlà l’vieux commandant qui passe su son canasson. I s’arrête d’vant Cérémounie. L’sargent i asplique. Alors i dit : « Faut i aller sarcher un camenbert aux cusines. J’veux qu’tout le monde aye un bon moral dans l’bataillon ».
- Un bon vieux !
- V’là donc l’cabot qui court aux ciustances et pis qui i en rapporte un. I l’doune à Cérémounie qu’ouve la bouète, qui l’arnifle, qu’enfonce son pouce eddans l’froumage et pis qui dit : « J’en veux point. Il est trop fait. J’connaisions point de froumages comme çà cheux nous.

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- Ah ! le chameau ! Ils l’ont au moins fait passer au tourniquet ?
- Comme tu l’dis. Ils l’ont m’né au posse ed police anc son froumage qui v’lait garder pour el douner à soun avocat.
- T’aurais ri si t’avais vu c’te séance au Conseil de Ventelay anc le froumage posé su le buereau. J’avions un commissaire rapporteur qu’était pas mouvais gars. Il a dit qu’Cérémounie il tait saoul ; qui savait pas ce qu’il avait fait. I s’en est tiré queuq moués d’prison.
- I les a jamais fait !

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- Ben sur que non ; l’général l’a renvoyé à un out régiment. C’était pas eune punition dête en prison, c’était putôt une récompense. C’était ben aut-chouse d’être à Hurtebise. En attendant l’gars d’Cérémounie i a ben coupé à un tour de tranchée anc soune histouère de froumage.
- Ah ! le chameau !

Avril 1922 – Bulletin de l’Association des Anciens Combattants de la 17e DI

Ce que ne dit pas le bulletin de l'Amicale, c'est qu'un Baptiste Cérémonie allait finalement tombé à Heurtebise le 26 juillet 1917, non loin du camp du Faité.

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Sources: Mémoires des Hommes

Peut-être s'agit il du même Cérémonie?

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01 mai 2007

Le camp du Faité

"Dans la nuit du 19 au 20 avril, nous sortons de notre bois par la piste de clayonnage réfectionnée. Arrivés au bas de la hauteur, nous marchons dans une boue épaisse. Le désordre recommence. Nous nous heurtons à des colonnes qui vont à travers champs dans toutes les directions. On s'interpelle. Chacun réclame la priorité du passage. A la longue l’écheveau des colonnes d'infanterie finit par se dénouer. Nous arrivons à l'entrée de Guyencourt. Nouvel arrêt. Ce sont des convois de voitures et d'autos qui sont bloqués dans les rues du village. Nous nous faufilons comme nous pouvons le long des voitures et après beaucoup de heurts, nous finissons par déboucher de l'autre côté du village. Ici la route est libre et nous allons pouvoir marcher à notre aise. Nous passons à Bouvancourt, Bourgogne, Ventelay. Le 5e bataillon marchait en tête, le 6e était assez loin en arrière par suite de l'encombrement qu'il avait rencontré à Guyencourt. Je savais par les liaisons qui furent établies qu'il suivait sans difficulté. Il avait pour consigne de nous rejoindre au Faîté.
....
Comme conclusion, nous n'en étions pas moins installés le 20 au soir dans les baraques du Camp du Faîté. Ce Camp était établi sur une crête au Nord du village de Ventelay et à l'Ouest de la ferme du Faîte où était installé le P.C. du Corps d'Armée.

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La Ferme du Faité en 1998

Les baraques étaient assez confortables, on y était à l'abri des intempéries. Le camp quoiqu'il fût bien en vue sur la crête n'était pas canonné. Nous y étions bien tranquilles dans la journée. Il n'en était pas de même la nuit. Le temps s'était remis au beau et toutes les nuits les avions allemands venaient nous survoler deux et trois fois dans la même nuit pour nous jeter des bombes. On ne pouvait plus dormir tranquille. Les hommes avaient bien creusé des tranchées autour des baraques, mais la plupart préféraient passer la nuit dans les ravins et trous profonds, couverts de broussaille qui se trouvaient à l'Ouest du camp. Pour plus de sécurité ils y avaient établi des petites niches individuelles. Nous avons passé dix jours dans cette situation. Nous finissions par en être fatigués. Pour rompre un peu la monotonie de notre séjour nous explorions les environs du camp. Tout près de nous, nous avions les carrières et le village de Roucy. Dans les carrières il y avait de nombreux abris occupés par des troupes. Plus loin nous avions la vue de la magnifique vallée de l'Aisne et de son canal latéral. De nombreuses passerelles, dont quelques-unes très larges, permettaient de franchir la rivière et le canal et même une partie de la vallée en cas d'inondation. Le site de Pontavert était particulièrement joli. Mais la localité ainsi que le château étaient complètement démolis".

Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry - Le 290e RI

Merci à Stephan, Alain et Louis pour leur aide

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26 avril 2007

Philippe Sauvagnac n'est plus

Philippe Sauvagnac nous a quitté.
Correspondant de la Nouvelle République, il était l'auteur du fascicule "Les régiments du Berry dans la Grande Guerre - Les 16e et 17e DI". Cette plaquette, en 2004, avait fait l'objet d'une publication par l'entremise de l'Association  Romain Guignard de Vatan (Indre).
A 68 ans, l'ancien directeur adjoint du Mémorial de Verdun nous a donc quitté. Qu'il soit remercié pour ce qu'il a fait pour le souvenir de nos anciens.

Ayons une pensée pour lui.

Jérôme Charraud (qui n'a pas eu l'occasion de le rencontrer et n'aura désormais que des regrets).

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23 avril 2007

Officiers en pique-nique

En ce printemps 1915, des moments de repos servent à profiter de la nature des Flandres. Hors des boyaux et tranchées, des officiers du 9e CA profitent d'un moment de calme pour effectuer un petit pique-nique champêtre.

RI290_Album_PiqueNique

L'album du 290e est visible ICI

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17 avril 2007

17 avril 1917: En soutien de l'attaque

"Le 17, jour de l'attaque, nous sommes restés dans notre bois. Dans la nuit du 17 au 18 mars, nous l'avons quitté par une pluie battante dans l'ignorance totale de ce qui s'était passé. Nous suivions la route qui passait par Romain et Ventelay. A partir de ce moment, un certain désordre commençait à se manifester. Dès la sortie du bois, des bataillons du 268e étaient mélangés avec ceux du régiment. Sur la route que nous suivions, il y avait déjà d'autres colonnes d'infanterie, ainsi que des voitures qui se dirigeaient vers l'avant comme nous. Au-delà de Ventelay, nous avons quitté la route et nous avons marché à travers champs en direction de Guyencourt. Cette partie de notre marche a été pénible. Le sol était détrempé, par la pluie, et les bois que nous avions à traverser étaient remplis de fondrières. Un Capitaine du 268e, qui était à la disposition de la Brigade, nous servait d'Officier orienteur. Il nous conduisait à travers la campagne comme un troupeau de moutons, sans que nous ayons su où nous allions. En fin de journée, nous nous sommes arrêtés sur une hauteur couverte de pins non loin de Guyancourt. Il a dû y avoir un camp ou un bivouac organisé. J'ai vu quelques baraques en planches qui étaient inhabitables. Le sol était rempli d'eau et de fondrières. En certains endroits, on ne pouvait marcher que sur du clayonnage. Nous avons même dû le refaire en partie pour pouvoir nous en aller le lendemain. Nous dressons nos tentes pour passer la nuit. De l'offensive nous ne savions absolument rien. Nous restons deux jours dans notre bois vaseux. De poursuite, il n'en est plus question. Nous employons notre temps à améliorer les pistes pour que nous puissions au moins nous en aller quand nous en recevrons l’ordre. Celui-ci nous parvient le deuxième jour. Nous devons nous reporter en arrière sur Ventelay" .

Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry - Le 290e RI

PlanAvril17

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13 avril 2007

En route pour l'Aisne (3)

"Le 11, il y eut repos et le 12 nous franchissions la Marne sur le pont suspendu de Dormans. Nous traversions le pont comme le prescrit le règlement, par fractions échelonnées. Le Commandant de Corps d'Armée assistait à l'opération, ce qui l’a aussitôt compliquée. La traversée effectuée, nous nous sommes rendus à Vincelles et à Tréloup, où nous sommes restés trois jours. On voit que nous nous sommes approchés de notre base d'opération par petites journées et après de fréquents repos.
Le 15, nous sommes à Romigny. Le 16, nous nous dirigions sur Jonchery-sur-Vesles. Sur la crête, au sud de cette localité, nous sommes passés près de la Ferme de Montazin, où nous avons vu de vastes enclos de fils de fer. Nous avons pensé que c'étaient des parcs à prisonniers. Nous avons traversé Jonchery qui regorgeait de militaires de tous les services possibles. Avec le 268e, qui nous accompagnait, nous allions bivouaquer dans les bois entre Breuil-sur-Vesles et le Moulin des Bois. Une pluie intense tomba toute la nuit, une fois de plus les troupes étaient fraîches".

DormansBreuil

Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry - Le 290e RI

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09 avril 2007

En route pour l'Aisne (2)

"Le 8 avril nous reprenons la route. Nous marchons en direction générale vers Epernay. Nous passons devant la colonne de Champaubert érigée en souvenir de la bataille de 1814. Nous nous arrêtons à Lacour, la Grange de Vaux et la Croix-Marotte. L'étape n'était pas longue, une dizaine de kilomètres au plus, et cependant elle fut pénible. Au 6e bataillon les officiers eûrent la fâcheuse idée de trouver les sacs trop lourds. L'effet de cette constatation s'est fait sentir aussitôt. Les fossés de la route se garnirent de soldats qui déclarèrent ne plus pouvoir porter leur charge. Au 5e bataillon elle était cependant la même et personne ne resta en route. Le lendemain on ne fit pas mouvement, et on en profita pour mettre une partie de la charge des hommes sur les voitures du T.C.
C'est pendant notre séjour à Baye, ou en cours de route, que nous avons appris, par une conférence du Général Niessel, quels étaient les projets du Commandement pour les jours prochains. Une offensive devait avoir lieu sur le front de l'Aisne. Nous faisions partie de la 10e Armée (Général Duchesne), qui était Armée de poursuite. Nous marchions en deuxième ligne, derrière l'Armée du Général Mangin. Quand le Général Niessel nous indiqua les positions qu'il fallait enlever, nous nous regardions avec étonnement. Malgré que le Général nous assurât qu'avec les dispositions d'attaque prévues, l'opération devait réussir, nous n'en étions que médiocrement convaincus".

BayeDormans6


Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry - Le 290eRI

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