01 juillet 2007

Les instituteurs de l'Indre

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Les Morts

Lors du conflit, 283 instituteurs du département furent mobilisés. Parmi eux, 60 ont fait le "sacrifice suprême".

Voici le mémorial des instituteurs de l'Indre:

Les Morts

  • ALLONCLE Camille, Instituteur adjoint à Le Blanc
    AUSSURE Charles, Instituteur adjoint à La Châtre
    BARRAT Emile, Instituteur intérimaire à Aigurande
    BASTIAN Jean, Instituteur adjoint à La Châtre l’Anglin
    BAUDET Emile, Instituteur adjoint à Prissac
    BLANCHARD André, Instituteur adjoint à Mouhet
    BLANCHET Lucien, Elève-Maître à l’Ecole Normale de Châteauroux
    BOUCHAUD Arthur, Ex Elève-Maître à l’Ecole Normale de Châteauroux
    BREMONT Maurice, Instituteur à Hallé (Commune d’Orsennes)
    BUJON Marcel, Instituteur adjoint à Crozon
    CAILLAUD Raymond, Instituteur adjoint à Lye
    CAGNAC Léon, Instituteur à Mennetou sur Nahon
    CHARMONT Gabriel, Instituteur adjoint à Châteauroux
    CICET Georges, Ex Elève-Maître à l’Ecole Normale de Châteauroux
    COUCHE Fernand, Instituteur adjoint à Buzançais
    DAGOT Armand, Instituteur adjoint à St Aout
    DEFAULT Clément, Instituteur adjoint à Issoudun Nord
    DELAUME Jean, Instituteur à Jeu-Maloches
    DUNIL-BOURLAUD Alex, Instituteur Adjoint à Chabris
    DUPLAIX Joseph, Instituteur Adjoint à Aigurande
    DUPLAN Félix, Instituteur Adjoint à Le Blanc
    FAGEUT Georges – Albert, Instituteur Adjoint à Villedieu
    FERTEY Paul, Ex Instituteur Adjoint à Tournon Saint Martin (Passé en octobre 1913 à Boismandé H.-V.)
    GABILLAT Joseph, Instituteur Adjoint à Pruniers
    HENAULT Louis – Albert, Instituteur à Villegouin
    HENAULT Paul – Emile, Instituteur à Heugnes
    JAMET René, Instituteur Adjoint à Buzançais
    JOLY Georges, Instituteur Adjoint à Valençay
    LEMAîTRE Henri –Lucien, Délégué à l’E.P.S. de Saint Benoît du Sault
    LEMORT Olivier, Ex Elève-Maître à l’Ecole Normale de Châteauroux
    LOGET Albans, Instituteur à Montierchaume
    LUMET Xavier Eugène, Instituteur à Coings
    MANEUVRIER Fernand, Elève Maître de 3e année de l’E.N. de Châteauroux, (En congé pour service militaire)
    MARIE Alexandre, Instituteur Adjoint à Saint Août, (En congé pour service militaire)
    MARTIN Jean Baptiste, Instituteur Adjoint à Argenton
    MORAND Emile, Instituteur à Lacs
    MOREAU Julien Instituteur à Lys Saint Georges
    MOULIN Marcel, Instituteur Adjoint à Neuvy Saint Sépulchre
    NICAUD Alfred – Léon, Délégué à l’E.P.S. de Saint Benoît du Sault
    NICOLAS Paul, Instituteur Adjoint à Eguzon
    PARPAIS Marcellin, Instituteur détaché au Collège d’Issoudun
    PECHERAT Olivier, Instituteur Adjoint au Blanc
    PELLERIN Robert, Ex Elève-Maître à l’Ecole Normale de Châteauroux
    PICARD Marcel, Instituteur à Clion
    PONROY René, Instituteur à Pont-Chrétien
    RENAUD René, Ex Elève-Maître à l’Ecole Normale de Châteauroux
    RODAIS René, Elève-Maître de 3e année à l’E.N. de Châteauroux
    SALLERON Charles, Instituteur Adjoint à Déols
    SALVINIEN Gaston, Instituteur à Bommiers
    SOULAT Daniel, Instituteur Adjoint à Buzançais (en congé)
    THEUROT Marcel, Instituteur Adjoint à Neuvy Saint Sépulchre, (En congé pour service militaire)
    TOURAINE Edmond – Louis, Instituteur Adjoint à Arthon
    VIAUX Jean Instituteur Adjoint à Saint Hilaire

    Les Disparus

    BIENVENU Camille, Instituteur adjoint à Saint Hilaire
    BOURY Alphonse, Instituteur adjoint à Saint Denis de Jouhet
    CHARPENTIER Octave, Instituteur adjoint à Cluis
    CHEVAL Louis, Instituteur à Mouhers
    LACHAUX Alphonse, Instituteur adjoint à Saint Août
    LIMONDIN Robert, Instituteur stagiaire
    TOUZELET Maurice, Instituteur Adjoint à Reuilly

    Sources: Livre d'or des instituteurs de l'Indre: Guerre de 1914-1918 par l'Amicale des instituteurs publics de l'Indre, Issoudun, Imprimerie typographique et lithographique L. Sery, 1920

    Une numérisation de l'ouvrage a été réalisée, elle est à votre disposition, contactez moi

    Grand merci à Dominique Renault pour sa copie de l'ouvrage

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    27 juin 2007

    Je sais tout "l'hôpital belge de Fontgombault"

    Toujours extrait de la revue "Je sais tout", voici l'article concernant l'hôpital belge de Fontgombault qe nous avions déjà abordé dans ce message en juin 2005

    Les Convalescents Belges à Fontgombault

    C'est à Fontgombault, dans une vieille abbaye qui est un monument historique des plus curieux et des mieux restaures — elle appartient a M. Bonjean, le magistrat et le philantrope parisien bien connu — que le gouvernement belge a installé une de ses plus importantes stations de convalescents. Au bord de la Creuse et dans un étranglement de la vallée, entre le Blanc et Tournon-Saint-Martin, à côté d'une boutonnerie coopérative où l'on retrouvait une partie des grévistes de Méru, s'élève l'ancienne abbaye dont le Kirsch fut célèbre longtemps. Des premiers ermites du XIe siècle jusqu'aux convalescents belges d'aujourd'hui, le monastère a subi bien des vicissitudes.
    Les restaurations et réparations faites par M. Bonjean ont admirablement prédisposé le monastère à sa nouvelle destination. En effet, de vastes lavabos, des salles d'infirmerie, des dortoirs aérés et vastes, l'eau, l'électricité, la cité-jardin, les salles de fêtes, les cours, les cuisines, tout s'y trouve. Une installation de bains-douches a complété l'aménagement.
    Au début de la guerre, on avait logé à l'abbaye tout un bataillon de prisonniers boches. Le local était vraiment trop beau pour de pareils oiseaux et, d'ailleurs, il ne se prêtait peut-être pas à une surveillance de tous les instants.
    On les avait placés dans l'admirable chapelle aux stalles sculpées et aux hauts vitraux; on avait protégé par des planches les sculptures. Aujourd'hui les chasseurs poméraniens et les fantassins hanovriens ont laissé la place à des blessés belges des batailles de l'Yser et à ces malades atteints de bronchites graves, contractées dans les boues des tranchées, devant Ypres.
    Cinq cents soldats sont là, soignés par cinq médecins-majors sous la direction du médecin principal Glaudot, de la 1re division de l'armée royale.
    — Ici, nous avons surtout pour but de rétablir des anémiés, de faire de la suralimentation pour des hommes très affaiblis.
    Un des majors me montre le régime des convalescents.
    Par jour: 2 ou 3 œufs ou 2 œufs et une demi boîte de sardines; 2 ou 3 bols de riz au lait; 700 grammes de viande; 800 grammes à 1 kilo de pain; 1 bouillon; 1 kilogramme de légumes; 1 à 3 litres de lait; 1/2 litre de bordeaux vieux.
    — Vous le voyez, lorsque l'estomac est bon, l'homme est vite restauré et va rapidement reprendre sa place au front.
    Dans le vaste réfectoire où jadis les moines silencieusement mangeaient, ceux que le grand Verhaeren appelle:
    Ceux dont l'esprit, sur les textes préceptoraux, S'épand comme un reflet de lumière inclinée.
    à présent, les gas flamands et wallons d'Ypres et d'Anvers et de Charleroi jouent des mâchoires avec beaucoup d'entrain. D'autres sont installés dans la chapelle même. Des lits sont alignés dans le chœur, au long de l'autel.
    Après le déjeuner, ils vont faire un somme de quelques heures, puis se promener à travers champs, péchant, rêvant, musant. Dans les jardins et les cours, des jeux de croquet, de teams et de tonneau sont installés.
    Un prêtre, décoré de la croix de guerre, la soutane relevée, joue avec les soldats comme un enfant.
    Ce que j'ai admiré le plus, c'est la sérénité, le calme et la force d'âmes de ces hommes qui, presque tous, ont leurs maisons occupées ou détruites par les Allemands, qui, la plupart, sont sans nouvelles de leurs familles, et qui, presque tous, ont vu de près les terribles atrocités de Louvain et Termonde.
    La phrase qui revient le plus souvent dans leur conversation est celle-ci:
    — Quand les Boches auront fui de chez nous.
    Ah! ils ne sont pas pessimistes, ceux-là qui ont tout perdu et qui ont tout à reconquérir.

    Fontgombault_Deambulatoire
    Abbaye de Fontgombault - Le déambulatoire

    Pour lire l'original:
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1029643/f620.table

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    22 juin 2007

    Je sais tout "Les prisonniers"

    Le reporter de "Je sais tout" après avoir traité le sujet des hôpitaux du Blanc, parcoure la campagne à la "poursuite" des prisonniers allemands
    Les articles sont entièrement disponibles sur Gallica

    Les Prisonniers Travaillent à la Ferme

    II arrive que la vie d'un petit village ou même d'une métairie résume en elle toute celle de la France d'aujourd'hui. C'est le cas d'une ferme berrichonne, visitée à la fin de cet été. A côté de la grande maison des métayers où j'entrai et où l'aïeul me reçut, habitaient dans une maisonnette des réfugiés belges dont les enfants jouaient avec ceux de la ferme, en gardant les chèvres.
    A mon arrivée, je vis un caporal de R. A. T. à table avec un jeune permissionnaire retour du front, très gai, dans une capote bleu horizon. Autour d'eux, des hommes qui travaillaient à la batteuse, deux Belges de 70, des vieux, des jeunes de la classe 17 et l'engraîneur. Les femmes actives, bras et cou nus, servaient le repas de midi.
    — Nous avons à faire les repas chaque jour pour quarante-cinq personnes, me dit la femme du permissionnaire. Je la regardai et je retrouvai ces yeux mélancoliques et beaux que j'ai souvent admirés chez ces filles de la Brenne, ce pays de plaines ondulées et grises, où le soleil, comme en Bretagne semble toujours voilé, à part quand il sombre parmi d'étranges flamboiements, dans l'eau morte des étangs immobiles. C'est le pays de Rollinat, celui qu'a célébré souvent George Sand. En été, les blés donnent plus de gaieté à ce paysage — et ce jour-là, à table, les conversations s'émaillaient de sourires.
    Les hommes se versaient le petit vin blanc des vignobles locaux. On écoutait le récit de quelques épisodes héroïques des trois journées de Carency d'où arrivait le permissionnaire. Il parlait à voix très haute, plus haut qu'il n'est coutume de le faire pour des interlocuteurs attentifs et muets. J'en compris la raison en sortant.
    Dans la cour, deux tables attirèrent mon attention. A l'une, deux territoriaux déjeunaient, tandis qu'un troisième surveillait l'autre table appuyé sur son fusil, la baïonnette au canon.
    A celle-là, dix prisonniers allemands, — la moitié d'une équipe, —s'alignaient. Car une équipe de prisonniers compte vingt hommes, mais l'employeur a le droit de la diviser pour les besoins du travail à condition de les réunir, le soir, dans un même cantonnement.
    A mon approche, les prisonniers se levèrent et, comme j'examinais leur repas, j'en fus surpris.
    Certes, ils pouvaient le trouver « sehr gut » et « sehr schon »! Il comprenait, en septembre 1915, chez un simple paysan: du poisson frit, de l'oie aux navets, des pommes de terre au lard et une bouteille de vin pour quatre.
    Je manifestai mon étonnement à la fermière:
    — J'admets qu'on soit humain, lui dis-je, mais il me semble que ce repas est bien copieux et bien soigné pour des prisonniers. Croyez-vous que les nôtres jouissent de si bons repas?
    — C'est par économie, me répondit-elle simplement, et elle se retira. Elle revint un instant après, apportant le règlement militaire qui fixe la nourriture des prisonniers employés aux travaux agricoles comme suit:

    PAR JOUR
    200 grammes de viande, les jours de travail.
    125 grammes, les jours de repos.
    850 grammes de pain.
    1 kilo de légumes.
    7 grammes de café.
    8 grammes de sucre.
    Graisse et beurre nécessaires.
    Eau bouillie, si l’eau du pays n'est pas saine.

    — Eh bien, m'écriai-je, en quoi vous oblige-t-on à donner du poisson et de l'oie?
    — Je dois donner de la viande. Le boucher le plus proche est à sept kilomètres d'ici. Nous n'avons pas le temps d'aller à la ville en ce moment. Le poisson n'a rien coûté puisqu'il a été pêche dans l'étang, hier soir, après la journée finie. Quant à l'oie, il en court bien deux cents dans la ferme. Ça se nourrit tout seul. Le lard vient des cochons tués l'hiver dernier. Nous récoltons les pommes de terre. Le pain se fait ici. Nous n'avons rien acheté. Le dimanche seulement, nous mangeons de la viande de boucherie, car en semaine, on a trop souvent besoin du cheval et de la carriole. Si les prisonniers mangent de la dinde, de l'oie ou du canard, c'est qu'il m'est impossible d'acheter de la viande. D'ailleurs, puisqu'ils doivent travailler, il faut bien les nourrir!
    Je regarde le feldwebel allemand. Il s'appelle W... Sch... Avant la guerre, il était contremaître dans un établissement d'automobiles à Paris. Il a rejoint son corps, fin juillet, et a été fait prisonnier en décembre 1914.
    Il est grand, vigoureux, les traits réguliers et beaux, les yeux bleus et froids. Son costume de toile est d'une irréprochable propreté. On le sent volontaire et calme, et il répond à mes questions avec une grande politesse.
    — Vous traite-t-on bien ici? êtes-vous content?
    — Nous sommes bien; nous sommes contents.
    — Je voudrais bien que nos prisonniers soient aussi bien traités chez vous que vous l'êtes chez nous!
    — Ils le sont, monsieur, ils le sont. Une de mes parentes vient de m'écrire; elle a eu des prisonniers près de Dusseldorf: ils sont devenus gras.
    — Croyez-vous toujours que l'Allemagne remportera la victoire?
    — Pour l'instant, non. Mais nous ne savons rien ici.
    — Alors, qu'est-ce qui vous fait perdre l'espoir?
    — En Allemagne, aussi bien qu'en France, le peuple a marché parce qu'on lui en a donné l'ordre [sic). Nous ne voulions pas la guerre dans le peuple. On nous a attaqués (sic): il fallait bien se défendre [sic)!
    A ce moment, les neuf autres Allemands se mettent à parler. Le feldwebel traduit:
    — Ils disent que tout le monde enviait l'Allemagne. Il y a eu une conjuration contre l’Allemagne (sic). Mais nous travaillerons tellement que tous les pays qui ont combattu l'Allemagne seront à nous par notre seul travail {sic).
    — En attendant, nous serons vainqueurs!
    — C'est bien possible. Depuis que ce soldat en bleu est arrivé, j'en ai l'idée.
    — Qu'est-ce qu'il a dit?
    — Il n'a rien dit: il est gai. J'ai beaucoup travaillé dans des ateliers français. Je savais que ni les hommes, ni les femmes ne voulaient la guerre. Vous paraissiez en avoir peur. Ah! bien! oui! tous les soldats qui reviennent du front sont contents. Vous êtes un peuple bien original. En Allemagne, les soldats sont tristes. — Est-ce que vous préférez être ici ou dans les tranchées?
    — Dans les tranchées!
    — Pour tuer des Français?
    — Pour être libres.
    Un coup de sifflet strident nous interrompt. C'est l'heure du travail. Les prisonniers partent en tête, puis les deux réfugiés d'Ypres, puis les gens de la ferme et le permissionnaire. Je remarque que personne ne parle aux prisonniers. Une belle jeune fille qui servait à table détourne la tête à leur passage, en murmurant:
    — Ils partiront sans avoir vu mes yeux.
    Le bruit de la batteuse domine tout. Je regarde et me sens ému: ces prisonniers, ces réfugiés, ces vieux, cet adolescent, ce soldat, travaillent ensemble pour battre le beau blé de France...
    — Il n'y a guère de blé, mais il y aura bien autant de paille que l'an dernier, remarque le permissionnaire.
    Une femme allaite un enfant au pied de la meule. Il sourit et de ses petites mains potelées presse le sein.
    — Il est né dans une cave à Ypres, me dit la femme. Il se porte bien tout de même.
    Et j'admire le soleil qui luit sur tout cela.

    JeSaisTout_PrisonnierChamp
    "Les Boches dans les champs du Berry"

    Pour lire l'original:
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1029643/f598.table

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    17 juin 2007

    Je sais tout "Hôpitaux mixtes"

    Pendant le conflit, la revue "Je sais tout" publie des reportages que ses journalistes effectuent sur le territoire français. En 1915, plusieurs articles concernent le département de l'Indre.
    Les articles sont entièrement disponibles sur
    Gallica

    Les Hopitaux Mixtes

    La plupart des villes de garnison de province ont un hôpital mixte, civil et militaire, administré par une commission civile pour les salles civiles. Dès le mois d'août 1914, la plupart des salles civiles furent réquisitionnées par l'autorité militaire. La salle d'opération fut mise aux mains des majors. D'ordinaire, on ne laissa pour la population civile, en vue de cas urgents, qu'une petite salle pour les hommes et qu'une petite salle pour les femmes.
    Dans ces hôpitaux mixtes, on a laissé à leur tâche les infirmières religieuses ou laïques en leur adjoignant des infirmiers de la section afférente au corps d'armée. Depuis quelques mois, ces infirmiers font tous partie des services auxiliaires. Des majors appartenant à la réserve ou évacués du front assurent la direction du service. Des circulaires ont prévu que ces majors ne soient pas des médecins mobilisés appartenant à la région où ils exerçaient.
    C'est eux qui ont été chargés de certaines opérations, non seulement sur les blessés, mais encore sur des hommes reconnus aptes au service armé par le conseil de revision de décembre 1914, qui visita les exemptés et réformés.
    Ces opérations concernaient les ablations d'hernies et les paquets variqueux.
    Un coiffeur jadis exempté, et qu'une opération chirurgicale (ablation d'un paquet variqueux) rendait apte au service armé et envoyait au front me déclarait:
    — Quelle chance! me voilà gaillard! Je pais courir tout comme un autre et l'on m'a fait, pour rien, une opération qui, dans le civil, m'aurait coûté au moins mille francs.
    On opéra également, avant le départ pour les tranchées, un certain nombre « d'orteils en marteau » et « d'ongles incarnés ».
    En septembre 1915, les docteurs Picot et Benoit, à l'hôpital du Collège, au Blanc (Indre), ont pratiqué une opération qui restera célèbre dans les annales chirurgicales.
    Le soldat Louis Rochet, du 68e, avait été évacué du front pour appendicite. Il n'avait aucune blessure. L'intestin ouvert, on y trouvait un éclat d'obus,gros comme un œul de pigeon. Rochet contait que, pendant un bombardement allemand, lui et ses compagnons avaient mangé la soupe au milieu des éclats d'obus. Sans doute un morceau d'acier, provenant d'une marmite boche, avait-il pénétré dans la marmite du potage et, dans un pareil moment, Rochet n'y avait pas regardé de si près. Il s'était contenté de dire:
    — Je crois que le cuistot n'a pas désossé le pot-au-feu aujourd'hui?
    En réalité, les hôpitaux de l'arrière, après les premiers mois de guerre, ont eu peu d'amputations à faire et la mortalité y a été très réduite. Encore faut-il considérer que les décès y ont eu plus souvent pour cause des épidémies — vite enrayées — que des suites de blessures de guerre.
    Nous avons eu peu de mortalité chez nos blessés à l'arrière.

    RI068_Hopital
    Dans un hôpital de l'arrière
    Soldat du 68e RI (devant avec une canne)

    Pour lire l'original:
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1029643/f620.table

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    11 juin 2007

    La boue des Flandres

    Le 12 novembre 1914, voici comment le colonel Eggenspieler décrivait les conditions de vie dans le secteur d'Ypres. La pluie, la boue ...

    "Pour comble de malchance, la pluie se mit à tomber abondamment. Elle envahit tout, les tranchées, les boyaux et la campagne. Impossible pour les hommes de se coucher. Ils restèrent debout dans l'eau et dans la boue jour et nuit. L'état sanitaire du régiment ne tarda pas à se ressentir de cette situation. Les hommes avaient les pieds macérés par l'eau froide. Ils étaient enrhumés et perclus de douleurs. Les médecins étaient sur les dents".

    Voici une des visions que l'on pouvait alors avoir des tranchées du secteur de Zonnebeke (Belgique)

    RI290_SaillantYpres_DerrierePremiereLigne

    Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry - Le 290e RI

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    05 juin 2007

    Le triste bilan

    Le cap des 7000 morts pour la France, au sein des régiments d'infanterie du département, vient d'être franchi. De multiples recherches m'ont permis ce sinistre rescencement. De nombreuses heures seront encore nécessaire afin d'obtenir une liste plus complète.
    La nouvelle version du fichier excel est disponible dans la colonne de droite du blog.

    Le triste bilan:

    68e RI:

    2294

    90e RI:

    2564

    268e RI:

    1129

    290e RI:

    1081

    Sepultures

    Merci à tous pour vos participations

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    31 mai 2007

    Le clergé dans la Grande Guerre

    Comme toutes les constituantes de la nation française, le clergé apporta son obole sanglante au conflit. Les régiments indriens, eux aussi, se retrouvèrent avec des membres du clergé dans leurs rangs.

    Clerge_17eDI

    Ces listes sont extraites du Livre d'Or du Clergé et des Congrégations", vol. 2, Paris, Editions Bonne Presse, 1925

    LO_Clerge

    Merci à Stephan de m'avoir ouvert sa bibliothèque

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    26 mai 2007

    La marche des Tanks (2)

    C'est le 16 avril 1917 que, pour la première fois, l'artillerie d'assaut française fut engagée sur le front. Dans le cadre de l'offensive Nivelle du Chemin des Dames, cent-vingt-huit chars Schneider, répartis en deux groupements, participèrent à cette attaque.
    Embarqués sur voie ferrée à Champlieu, à la lisière de la forêt de Compiègne, là où se trouvait le camp d'entraînement de cette arme nouvelle, le 11 avril, les engins furent rassemblés à l'ouest et au sud-ouest de Cuiry-les-Chaudardes, village proche des zones d'engagement.
    Deux groupements furent mis en place:
    Le groupement le plus important était celui du commandant Bossut, soit un total de quatre-vingt chars.
    Le second groupement "Chaubès", composé de quarante-huit chars Schneider, dont huit s'embourbèrent au cours du trajet et ne purent participer à l'attaque, répartis en trois groupes, quitta sa position d'attente, dans les bois de Beaumarais, à six heures vingt et progressa en une seule colonne dans le secteur de la ferme du Temple. A six heures cinquante, sous le bombardement ennemi, la colonne fut arrêtée sur la dernière tranchée française, où le passage prévu n'était pas encore terminé, et perdit, à cette occasion, ses deux premiers chars. A sept heures quinze, ses éléments de tête parvenaient face à la première ligne de tranchées allemande.
    Ce groupement accompagnait l'attaque de la 10e DI (5e CA, 5e armée).

    Chars_Batailledu16

    Les premiers chars français:

    Char_St_Chamond_tank
    Le Saint Chamond

    Char_Schneider_CA1_M16_tank
    Le Schneider

    Sources: Wikipédia et "Le premier engagement des chars français (16 avril 1917) par le Lieutenant-Colonel J. Perre in Revue de l'infanterie

    Merci spécial à J.Y. Rio pour la carte extraite des cours 1921-1922 de Saint Maixent
    http://vannes1418.canalblog.com/

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    20 mai 2007

    La marche des Tanks (1)

    "Au cours de mon séjour dans le secteur de la route 44 j'ai pu examiner à loisir la portion du terrain d'attaque qui s'y trouvait.
    La première ligne allemande passait à l'Ouest de la route 44, et la deuxième à l'Est. Les Allemands y avaient construit des abris profonds comme celui du point 7.707, qui pouvaient recevoir d'assez gros effectifs. Dans la tranchée ils avaient établi d'assez nombreux blockaus en ciment armé, pour mitrailleuses et guetteurs
    Notre tir de préparation était bien fait. Il était limité nettement aux tranchées à enlever, comme en Artois et en Champagne. Les abris bétonnés pour mitrailleuses avaient été soulevés par nos gros obus et projetés hors de la tranchée, où il ne devait certainement pas faire bon. Les abris souterrains par contre sont restés intacts. Peut-être que notre artillerie ne les connaissait pas. Les tranchées de deuxièmes lignes ont été beaucoup moins maltraitées. Elles paraissaient même ne pas avoir souffert du tout. Dans ces tranchées il n'y avait pas d'abris. C'est sur le terrain plat entre les deux lignes opposées, françaises et allemandes, qu'eût lieu notre première attaque par les tanks. Elle n'a pas réussi. Les pauvres chars gisaient là dans la plaine après qu'ils eûrent pris feu sous les obus allemands. D'après ce que j'ai vu, un seul tank a atteint la première tranchée allemande. Tous les autres étaient échelonnés entre cette tranchée et le centre Marceau, comme dans un peloton de coureurs, le plus grand nombre étant en tête. Un des derniers était resté en panne juste au-dessus du P.C. Marceau, et près de lui gisait un canon de 75. D'autres pièces de 75 et des cadavres de chevaux étaient couchés sur le terrain derrière le groupe des tanks les plus avancés. Les chars qui étaient de forte taille formaient des masses très visibles au milieu de la plaine. Les Allemands ne s'en occupaient plus, du moment qu'ils avaient flambé, ils étaient bien certains qu'ils ne bougeraient plus."

    AttaqueChars1917

    AttaqueChars1917_2

    Sources: Colonel Eggespieler - Un régiment de réserve du Berry - le 290e RI

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    15 mai 2007

    Secteur de la route 44

    "Le secteur affecté à la 17e D.I. s'étendait sur le terrain compris entre Pontavert, Craonne et la route 44 (de Laon à Reims).
    Il y avait deux positions. La première était parallèle à la route 44 et à l'Est de celle-ci. Elle la traversait au Sud de Corbény pour se diriger vers l'éperon de Craonne. Elle faisait face à Juvincourt, Corbény et Chevreux. Elle était dominée de près, à droite et à gauche de la route 44 par les buttes du bois de la Carrière et du bois de l'Enclume. Au loin et à l’ouest se dressait la masse imposante de l'éperon de Craonne. Les Allemands y étaient restés accrochés malgré toutes les tentatives faites pour les en déloger.
    La deuxième position traversait les bois de Pontavert et de Beau-Marais. Elle était constituée par une série de centres qui portaient des noms de villes de Normandie. Ceux que nous avons occupés s'appelaient centres d'Evreux et de Rouen. Ils étaient situés au Nord-Ouest de Pontavert."

    CraonneVilleAuxBois_19170514
    Positions du 9e CA (14/05/1917)

    "Entre les deux positions se trouvaient un certain nombre de points marquants comme la Ferme du Temple, entièrement démolie, la butte de l'Edmond où se trouvait le P.C. de la Brigade, les buttes de la Ville-aux-Bois. Tout le terrain en deçà et au delà de la route 44 a été conquis le 17 avril par les régiments de la 10e  D.I. (31e, 46e, 89e). Le 31e a enlevé la Ville-aux-Bois. Il y a fait à lui seul 1500 prisonniers.
    Le P.C. de la Division se trouvait dans un abri souterrain tout près du centre de Rouen. J'y fus fréquemment appelé pendant mon séjour au centre.
    Les deux régiments, 268e et 290e, qui alternaient dans ce secteur, ont eu deux P.C. différents. Au début et à la fin de l'occupation du secteur le P.C. était au centre Marceau, dans l'ancienne première ligne française. Au milieu de l'occupation le P.C. se trouvait au point 7.707 dans l'ancienne première ligne allemande. Le P.C. Marceau était très petit, avec une protection illusoire, mais il était sain. Le P.C. allemand était profond et vaste. Il avait une couverture à l'épreuve des obus, du reste notre tir de préparation ne l'avait pas entamé. Du temps allemand il était éclairé à l'électricité. Mais il avait un vice profond. Il était rempli de puces qui avaient dû jeûner, parce qu'elles nous dévoraient littéralement. De plus, elles avaient la vie dure. Aucun désinfectant n'a pu en venir à bout. Le poste ayant été allemand avait son ouverture tournée vers les lignes allemandes. Des hommes ayant été blessés à l'entrée, je décidai de la rectifier. On avait à peine donné quelques coups de pioches, qu'on vit apparaître les pieds d'un Allemand qui remplît tout le poste d'une telle puanteur, qu'il a fallu plusieurs jours d'assainissement pour rendre l'air de nouveau respirable. Aussi a-t-on rebouché au plus vite le travail commencé".

    Sources: "Un régiment de réserve du Berry - Le 290e RI" Colonel Eggenspieler

    Merci à Louis pour la carte du secteur

    Posté par Indre1418 à 05:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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