15 janvier 2006

Aix Noulette - entrée en secteur

"Le 5 janvier, nous quittons Bruay et nous reprenons le cantonnement de Hersin-Coupigny. Le 6e bataillon retourne le même jour aux corons du Maroc où il est à la disposition du Commandant du sous-secteur.
Le 12, le 5e bataillon se rend à la fosse 10 de Sains, la moitié du bataillon reste sur place pendant que l'autre moitié va à Aix-Noulette où il se met à la disposition du Commandant du sous-secteur, qui est à ce moment le Lieutenant-Colonel commandant le 268e
.
Le 16, le 5
e
bataillon prend les lignes au Bois en H, ou Bois en Hache, je n'ai jamais su quel était le nom exact de ce Bois.
Le 17 je me rends à mon tour à Aix-Noulette où je prends la place du Lieutenant-Colonel du 268
e".

angres_19150509_11

Le secteur d'Aix Noulette lors de l'offensive du 9 mai 1915

Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry

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09 janvier 2006

Honneur au Drapeau

Par l'intermédiaire de la médiathèque de Chateauroux, je suis rentré en contact avec l'association "Le Magenta" qui regroupe les anciens et les amis du 90e RI.

Son président, le colonel Lamoureux, m'a permis de voir enfin le drapeau du 90e RI, par l'intermédiaire d'une carte postale, que j'ai reçu, il y a peu.

Merci à lui et meilleurs voeux à tous .

ri090_drapeau11

Il me reste donc à touver ceux des autres unités du département.

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31 décembre 2005

Retour à la 17e DI

"Le 31 décembre nous avons été relevés par le 32 e RI et nous sommes allés cantonner à Bruay, une petite ville qui nous paraissait agréable et où nous étions tout disposés à goûter un peu de repos".

bruay_fosse1
Bruay - Fosse1

"Nous y étions à peine arrivés que le Général Curé est venu voir les officiers réunis dans une chapelle. Il nous a exprimé toute sa satisfaction des services que nous lui rendions. Il aurait voulu nous laisser reposer un peu plus. Mais les circonstances, dit-il, ne le permettaient pas. Il était donc obligé une fois de plus de faire appel à notre esprit de dévouement, en nous demandant de reprendre sans tarder un nouveau secteur. Je lui répondis que malgré son long séjour dans les tranchées et son légitime désir de se reposer le 290e était prêt à lui rendre de nouveaux services".

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Général Curé

"Avant de repartir en ligne nous fîmes rapidement connaissance avec le nouveau chef de la 17e D.I. C'était le Général de Brigade Lancrenon. Il sortait de l'artillerie. C'était un excellent homme, mais je crois qu'il n'était pas fait pour manier la troupe, au moins l'infanterie. Un officier peut être intelligent, savant, être capable de rédiger des ordres d'opération d'armée et ne pas posséder cet impondérable qui fait que la troupe s'attache à lui et le suit. Quand un chef témoigne à sa troupe de l'affection, celle-ci le sent et le paye de retour. Pour n'éveiller aucune jalousie je ne citerai pas d'officier type de ce genre au régiment. J'ai eu l'occasion d'en remarquer un au go' dans les secteurs de l'Aisne, c'était le Capitaine Pougnon. Je l'ai vu un soir, et sans qu'il m'ait vu, conduire sa Compagnie en ligne. Tous les hommes marchaient dans le boyau, lui seul était en terrain découvert. Il guidait ses hommes de la voix, avec un accent si tendre et si affectueux que je me disais, ce Capitaine aime individuellement chacun de ses hommes, et je suis sûr qu'il est aimé de chacun d'eux. Et c'était un brave parmi les braves, le Capitaine Pougnon. Quand il reçut sa rosette de la Légion d'Honneur, il en était à sa sixième blessure.
La 17
e D.I. avait conservé son ancienne constitution à deux Brigades, comprenant chacune deux Régiments. L'autre Brigade était la 33e (68e et 90e
R.I.), elle était commandée par le Général Roux".

Sources: Eggenspieler - Un régiment de réserve en Berry

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17 décembre 2005

24 août 1919: Une projection à ne pas manquer

Avant de partir pour des congés de fin d'année bien mérités, je tiens à vous faire part d'une excellente nouvelle.
Après le succès de la projection du mois de novembre, la médiathèque de la ville de Châteauroux prévoit une nouvelle projection du film sur le retour du 90e RI à Châteauroux le 24 août 1919.

ri090_projectionbrimbal1

Je ne pourrais pas y être, mais je me ferais un plaisir de me rendre à la médiathèque dès la semaine prochaine, profitant de mon repos en Berry.

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03 décembre 2005

Il y 91 ans jour pour jour

Je suis toujours sur la piste de mon arrière grand-oncle Bessonneau Lucien, au sein du 290e RI, dans la journée du 03/12/1914 (ou la nuit du 03 au 04/12/1914).

lucienbessonneau_1909_ri066

Lucien Bessonneau au 66e RI en 1909

 

 

 

 

 

 

 

Actuellement, j'ai trois sources différentes sur ce qui se passa ces 3 et 4 décembre 1914:

 

 

1) Le général Dubois (chef du 9e CA) signale une attaque du 290e le 3 décembre dans la région de Nieuvemollen.

 

 

2) Bien sûr, la piste du colonel Eggenspieler, le chef de corps du 290e RI:
28 novembre au 2 décembre (1914).
Le 5e bataillon était en première ligne, le 6e en réserve. Au 5e bataillon, trois compagnies tenaient la tranchée de première ligne, dans l'ordre 20e, 19e et 18e. La 17e était en deuxième ligne. La première Section de Mitrailleuses flanquait la 19e à gauche. Le régiment était en liaison à droite avec le 114e, qui était devant Broodseinde, et avec le 268e à gauche. Le P.C. du régiment était près de la route de Zonnebeke à Langemark.
La voie ferrée de Zonnebek, qui constituait une excellente délimitation entre la droite du régiment et la gauche du 114e semblait, d'autre part, constituer un obstacle à la liaison des deux régiments. On décida, par conséquent, de faire passer la voie ferrée dans le secteur du régiment, en faisant passer la 17e en première ligne, au Sud de la voie ferrée, où elle prenait la place d'une compagnie du 114e. La 17e était remplacée dans sa tranchée de deuxième ligne par la 19e, qui elle-même était remplacée par une compagnie du 268e. Au manque de liaison entre deux régiments, on avait substitué un manque de liaison entre deux compagnies d'un même bataillon. La 17e allait de ce fait se trouver dans une position critique. Les Allemands, utilisant la sape et la grenade à main, cherchèrent aussitôt à encercler la compagnie. Ils s'insinuèrent sur son front par la droite, où ils n'étaient plus qu'à 10 m. et par la gauche, où ils cheminaient le long de la voie ferrée. Impossible de les atteindre avec le fusil; quant à la grenade, elle n'avait pas encore fait son apparition chez nous. Pas moyen non plus d'employer l'artillerie, les Allemands étaient trop près de nous. Pour parer au danger d'enveloppement, on donna à la compagnie une équipe de génie, comprenant un caporal et cinq hommes. C'était peu, pour lutter efficacement contre le travail de sape des Allemands. La 17e construisit des pare-balles pour échapper au tir d'enfilade, elle lança des fils de fer sur son front pour le consolider.
Le 1er décembre les 23e et 24e compagnies furent détachées au 68e, dans le secteur de droite. Le 68e avait remplacé le 114e. Les deux compagnies du 290e s'installèrent dans les tranchées de deuxième ligne à Zonnebek.
3 et 4 décembre
La situation de la 17e devint de plus en plus critique.
La Compagnie avait un petit poste dans une maison située en avant de la droite de son front. Les Allemands, qui s'étaient approchés en sape tout près de la maison, avaient profité de l'obscurité, le 3 au soir, pour sauter dans la maison. Ils ont réussi à enlever un homme, les autres avec le caporal ayant pu regagner la tranchée principale. Les Allemands envahirent la maison en nombre. Ils se mirent aussitôt à y percer des créneaux, d'où ils lançaient sans cesse des grenades sur les portions de tranchée à leur portée. Malgré deux contre-attaques exécutées par la 17e, une section de la Compagnie de réserve, une fraction du 68e, il fut impossible de déloger les Allemands de la maison
Cette situation dura jusqu'au 4 au matin. A partir de ce moment les Allemands se mirent à tirer d'enfilade sur la tranchée. Les hommes ne pouvaient plus regarder sans recevoir une balle dans la tête. Ce ne fut pas tout. Les Allemands employèrent la même tactique sur le flanc gauche de la compagnie. Là .aussi, ils s'étaient d'abord introduits dans une maison, puis de là, en suivant la voie ferrée, ils étaient arrivés tout près de la compagnie. L'acte décisif se produisit vers 8 heures du matin, sur le droite de la compagnie. A cet endroit, la liaison avec le 68e était assurée dans ce régiment par de jeunes soldats. Que s'était-il passé au juste, on n'a jamais pu le savoir. Ce qui était certain, c'est qu'en ce point les Allemands ont sauté dans la tranchée. La 17e prise de flanc à sa droite et à sa gauche, avait appuyé par un boyau sur la 20e, qui se trouvait au Nord de la voie ferrée. Le Commandant de la compagnie et les hommes qui étaient avec lui se sont maintenus dans le boyau jusqu'à la nuit.
Pendant que la 17e luttait ainsi avec acharnement contre l'encerclement, les troupes à sa gauche avaient été relevées. A partir de minuit, le 66e avait remplacé le 268e, et les compagnies du régiment établies au Nord de la voie ferrée. La 17e, les 23 et 24, à la disposition du 68e , étaient obligées d'attendre jusqu'au 4 au soir pour être relevées.
Les compagnies relevées s'en allèrent cantonner à Wlamertinghe. Elles étaient à peine arrivées, qu'elles durent se préparer pour la revue, que le Général Dubois devait passer à 13 h. 30, sur la pelouse du château du Duc d'Elverdinghe. Outre le 290e prenaient part à la revue le 268e et le 77e , également au repos à Wlamertinghe. Au cours de la revue, le Général Dubois remit un certain nombre de décorations, dont la Croix au Commandant Renard. La revue était impressionnante tant par elle-même que par le cadre où elle se déroulait. Le château, transformé en hôpital, était rempli de malades et de blessés. Tous ceux qui étaient capables de marcher se tenaient au balcon du château. Les hommes sortis de la tranchée le matin même, quoique harassés et mal décrottés, étaient splendides sous les armes. Ils passèrent en sections squelettiques, effets du feu et de la maladie, mais d'un pas fier et alerte, comme des gens qui savaient ce que valait la besogne qu'ils accomplissaient. Leur fierté était légitime, les derniers combats n'avaient pas coûté moins de 300 hommes au régiment.
Dans la nuit, le 114e releva les trois compagnies qui étaient restées en ligne et qui n'avaient pas pu être de la fête.

 

 

3) La dernière est celle d'un simple soldat puique je l'ai trouvée dans les "carnets de Léopold Retailleau du 77e RI":
Vendredi 4 décembre 1914: Journée assez mouvementée par le bombardement des Boches. Ils incendient trois ou quatre maisons dans Ypres. Nous apprenons que le 290e s'est fait esquinter dans une attaque à la baïonnette au clair de lune ... 

 

 

Ce qui me donne une idée du style d'attaque.

 

Bref, je recoupe, je positionne afin de comprendre ce moment de guerre.
La clé est, j'espère,dans l'est parisien, au SHD où il faudra que je vois à partir du JMO. Malheureusement, ce dernier n'a pas fait l'objet d'une numérisation, le déplacement est donc obligatoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources:
Eggenspieler - Un régiment de réserve en Berry
Général Dubois - Deux ans de commandement
Ernest Retailleau - Carnet d'un musicien brancardier du 77e RI

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26 novembre 2005

Une trouvaille émouvante !!!!!!!!!!!

Nouvelle acquisition datant d'hier, et certainement la plus importante.
Un album photo du 290e, oui, oui, je ne rêve pas, ce cher 290e RI.
Quelle émotion en ouvrant le paquet hier au soir, la gorge s'est nouée plusieurs fois.
Voir enfin certaines figures. Finis les noms sur une ligne de texte, pourvoir enfin mettre un visage sur les quelques lettres constituant ces noms qui me sont familiers.
Je n'ai pas encore réussi à déterminer l'auteur des clichés, mais l'analyse viendra plus tard (j'ai quelques pistes).
La période couverte est celle qui m'est chère: les Flandres et le saillant de Zonnebeke.
Quelle désolation! Quel cloaque que ce secteur durant l'hiver 1914-1915. Que les visages sont durs et résignés.

ri290_album_1


Bien évidemment, je reviendrais régulièrement sur cet album, que je ne peux que vous faire partager.

Merci à Roger pour cette trouvaille

 

 

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13 novembre 2005

Chanson au médecin chef du 290e RI

Le livre de Quinze Grammes Caporal, Jean Arbousset

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Chanson au médecin chef du 290e RI

 

Ils étaient là sept blessés

Entassés

Sans trop se faire de bile

 

Ils étaient là sept blessés

Compressés

Autour d’une automobile

 

C’est du poste de secours

- Au retour, -

Que ladite auto s’élance

 

Pour s’en aller trimballer

- à l’aller -

ses clients à l’ambulance.

 

Mais ils ne sont, ces blessés,

pas assez

pour mériter assistance,

 

car l’auto ne se complait

qu’au complet

à partir pour l’ambulance.

 

Les sept blessés ont crevé,

su’ l’ pavé

comme des choux à la crème

 

pour avoir trop attendu,

Temps perdu

Pendant un mois, le huitième

 

070heck_1_

Eric Heckel, Zwei Verwundete (Deux soldats blessés), 1915

xylographie sur papier, Musée Folkwang, Essen

 

 

 

.

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11 novembre 2005

11 novembre 2005 - Souvenons nous

En ce jour, souvenons nous!!

Désolé, mais je n'ai pas fait de progrés en tant que cinéaste depuis le 25 janvier 2005, et en plus je recycle. Mais l'intention est là ;-)

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09 novembre 2005

L'arbre de Condé

"Nous avions dans notre secteur un arbre historique, qui s'appelait « l'Arbre de Condé ». Il était placé dans l'angle formé par la voie ferrée de Grenay à Lens et le chemin de Grenay à Liévin. C'était un arbre de 25 à 30 ans. Il était donc au plus un successeur de tous les arbres qu'on avait pu planter depuis 1648 en souvenir de la victoire remportée par Condé. Il est probable que de son temps le pays n'avait pas le même aspect. Il y manquait les voies ferrées, les puits de mines et les immenses corons aux toits rouges. Il convenait de rappeler dans cet historique le fait d'armes du grand Condé, en raison des liens de famille qui rattachaient l'illustre guerrier au Berry. Il y fut élevé, il y possédait de grands domaines et son épouse y résidait pour ainsi dire en permanence".

bullygrenay_arbreconde

L'arbre y est il encore? Le monument aussi?

Sources: Colonel Eggenspieler - "Un régiment de réserve en Berry - Le 290e RI"

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07 novembre 2005

Lettres anonymes au 290e

L'ambiance n'est finalement pas si sereine au front, les rancoeurs et réalités de l'âme humaine ressortent parfois même en première ligne

"Si le 290e était dans son immense majorité composé de braves gens il avait cependant aussi, si minime qu'elle fût, une part de brebis galeuses, comme cela arrive dans toute collectivité. Il y avait au régiment un lâche, ami d'un député d'Indre-et-Loire, qui écrivait des lettres anonymes contre ses chefs. Dans une de ses lettres il se plaignait du surmenage dont la troupe était l'objet au régiment. Dans d'autres lettres il se plaignait de la nourriture, de l'habillement et de la chaussure. A chacune de ses lettres j'ai dû adresser un compte rendu justificatif au Ministre. Pour ce qui concernait le surmenage, j'ai envoyé au Ministre le tableau d'emploi du temps que je confectionnais dans la tranchée, en faisant remarquer qu'il avait été impossible de le suivre, attendu que le bataillon auquel appartenait le dénonciateur se trouvait à l'époque considérée au demi-repos à Bully, où il était obligé de rester abrité dans les caves pendant toute la journée.
Quant à la nourriture, j'ai répondu qu'il n'y avait qu'à venir voir la mine de mes soldats, on aurait vu s'ils avaient des figures de faméliques. Quand je fus obligé de me justifier pour la deuxième fois, le Général Néraud, qui connaissait bien le régiment, était aussi indigné que moi. Il a exprimé son indignation très franchement dans l'avis de transmission qu'il a joint à mon compte rendu. Il y avait pour le Commandement un moyen bien simple de couper court à ces dénonciations, c'était de faire connaître leurs auteurs. Mais comme derrière ces tristes sires il y avait toujours quelque personnage politique influent, il n'y avait pas de danger qu'on les exposât à expier leur vilaine besogne. On peut bien penser que dès que j'eus mis mes Officiers au courant de ce qui se passait ils m'ont fait connaître le délinquant. J'eus un jour une explication avec lui dans une tranchée. Il eut le courage d'avouer que c'était bien lui l'auteur des lettres anonymes. Le plus joli dans cette histoire était que mon bonhomme avait les palmes académiques et une lettre de félicitations du Ministre de la Guerre pour la part qu'il avait prise dans la préparation militaire en temps de paix. Sans commentaires ! "

Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve en Berry - Le 290e RI

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