16 avril 2016

En route pour Verdun

 Le 290e RI et le 9ème corps d'Armée de manière plus générale commencent à faire mouvement pour alimenter le "tourniquet" de la fournaise meusienne qu'est Verdun.

"Le 13 avril au matin, nous nous rendions à Tricot pour nous embarquer. A ce moment, nous étions fixés sur notre destination finale.

 Jabien0009
Sur le quai de la gare en attendant le départ - Ltn Jabien 268e RI

Nous nous sommes embarqués en trois trains, ce sera la règle dorénavant. Nous avons débarqué à Sommeilles-Nettancourt, au Nord de Revigny. Nous sommes allés cantonner l'E.-M., la C.H.R. et le 6e bataillon à Chardogne (Nord-Ouest de Bar-le-Duc), le 5e bataillon à Laimont (Est de Revigny). Pour nous rendre dans nos cantonnements nous sommes passés à Brabant-le-Roi, où le 21 février nos artilleurs avaient abattu un des Zeppelins qui étaient venus annoncer l'offensive allemande sur Verdun. Nous avons été bien accueillis dans ces premiers cantonnements de la Meuse".

Le 17, nous quittions nos cantonnements et nous revenions sur nos pas. Nous allions cantonner à Brabant-le-Roi et à Villers-aux -Vents. De là nous avons gagné Vaubécourt et Pretz-en-Argonne. J'étais personnellement logé à Vaubécourt, qui semblait avoir été un joli chef-lieu de canton. Les Allemands l'avaient quelque peu transformé. Beaucoup de maisons avaient été démolies à coups de canon et incendiées. Les habitants étaient pour la plupart restés dans la localité.

Mon gîte se trouvait dans une maison importante habitée par une dame veuve âgée. Elle avait dans sa maison un grand nombre de chambres inoccupées. Elle voulait bien me loger, mais elle ne voulait pas de mon Officier adjoint, le Lieutenant Davaillaud. Je parlementais d'abord poliment, mais quand je vis que cette vieille tourterelle ne voulait rien entendre, je lui déclarai que mon Officier resterait dans sa maison et que le drapeau, que j'y avais fait déposer, s'en irait dans une maison plus hospitalière. Là-dessus la bonne dame feignit de se trouver mal, elle eût quand même encore assez d'esprit pour me dire que les Allemands avaient été bien plus polis que nous. « En effet, lui dis-je, je n'ai qu'à regarder les décombres d'en face pour être fixé; je n'ai qu'un regret, c'est que votre maison ne soit pas dans le même état, cela nous aurait évité toute discussion.
Je tournai les talons et ne revis plus cette patriotique propriétaire"

De Vaubécourt nous nous sommes rendus à Nubécourt (E.-M., C.H.R. et 6e bataillon) et Bulainville (C.M. et 5e bataillon). Nous nous trouvions alors dans la riante vallée de l'Aire; nous y sommes restés pendant quelques jours. Les habitants étaient de braves gens qui nous ont fait le meilleur accueil. Comme à Maignelay, ils savaient où nous allions. Leurs relations avec le régiment étaient empreintes d'une certaine pitié.

Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry - Le 290e RI

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21 mars 2016

Souvenons-nous, expos en Berry

Deux expos locales sont à noter sur votre agenda et se tiendront dans le département:

ExpoChassenneuil

ExpoThenay

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17 mars 2016

Indre et la Grande Guerre, l'ouvrage du centenaire 2014

Le CREDI (Centre de Réflexions, d'Etudes et de Documentation de l'Indre) fait bien les choses. Un bien bel opus vient de sortir de l'imprimerie et je ne peux que vous le recommander.

Les actes du colloque "L'Indre et la Grande Guerre" qui s'était tenu en 2014, ces actes viennent de sortir. Ce sont pas moins de 225 pages qui reprennent les différentes thématiques qui avaient été abordées en ce début de Centenaire.

IndreDansLaGG_1 IndreDansLaGG_2

Le volume est vendu au prix de 25 Euros, pour les modalités et les frais de port, contactez CREDI Editions 90 avenue François Mitterand 36000 Châteauroux (02 54 08 52 92).

Cet ouvrage qui fera date dans la documentation historique indrienne. Ce sont au final pas moins de 11 thématiques qui sont abordées par 11 historiens locaux et de plus, pour les afficionados du blog Indre1418, je vous annonce (modestement) que vous y retrouverez du "Indre1418" dedans.

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22 février 2016

Charles Aussudre, le 1er mort du département de la bataille de Verdun

Il est des soldats qui sont remarquables non pour leur parcours personnel, mais parce qu'ils étaient des participants d'une date clé du conflit, d'un événement particulier.
J'avais abordé jusqu'à présent le cas de Jean TAUVY, le 1er mort du conflit et ce dès le 2 août 1914, je reviendrais plus tard sur le cas du capitaine DEREMETZ qui fut le 1er natif du département mort au combat.

Aujourd'hui, il y a 100 ans, nous étions 2ème jour de la bataille de Verdun et je voulais signaler Charles AUSSUDRE originaire de La Châtre Langlin (36) qui fut le natif du département et 1er mort à Verdun suite au déclenchement de cette terrible bataille qui dura jusque vers la fin de l'année 1916, quelques 300 jours.

Charles Elie AUSSUDRE est né le 19 février 1876 à La Châtre Langlin (36) et résidait à Courbevoie (92) au déclenchement du conflit.
Il était Sapeur Mineur de la Cie 6/1T du 9ème RG, il décède le 22/02/1916 à Cumières (55) "Blessures de guerre" très certainement liées au bombardement.

CaptureEsnes

On retrouve trace du décès du sapeur-mineur AUSSUDRE dans les notes du Journal de Marche de le Compagnie 6/1T du 9e Génie:

CaptureJC
Sources: Mémoires des Hommes - SHD - JMO26 N 1320/16

Toujours dans le Journal de marche de la Cie 6/1T, il est possible de suivre l'activité de la Compagnie en ces jours difficiles.

Sa fiche sur le site Mémoires des Hommes.

Il figure sur les Monuments de La Châtre Langlin et de Courbevoie (92). Son acte de décès fut transmis le 27/08/1918 à la mairie de cette dernière commune.

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28 janvier 2016

Fonds Valois BDIC - Le 68e RI à Loos à l'automne 1915

Il est des découvertes que j'aime partager.
L'avantage évennementiel du Centenaire 1914-1918 est de voir que nombreuses sont les institutions qui ouvrent leurs fonds au public. Une des plus remarquables est la mise à disposition du fonds Valois par la BDIC (Bibliothèque de Documentation Internationale Comtemporaine).
Qu'est ce que le fonds Valois? Il s'agit de la collection de photographies qui a été constituée à partir des clichés pris, lors du conflit, par les opérateurs par la Section photographique des Armées (SPA), - Pour accèder à la partie numérisée et en ligne, il est possible d'utiliser le module de recherche sur le site http://argonnaute.u-paris10.fr

Il est important de noter que les clichés sont libres de droit et de d'utilisation. Bien évidemment, en échange, il est demandé de simplement signaler la source du cliché (Fonds Valois - BDIC).
Les clichés sont disponibles en 300 dpi et en fichier JPEG, ce qui permet une certaine facilité d'utilisation.

Que trouver dans ce fonds? Je suis bien loin d'avoir exploré la totalité des clichés, mais l'usage de mots clés m'a cependant permis de trouver quelques pépites que je vous présenterais au fil de plusieurs publications. N'hésitez pas à user et abuser des mots clés.
Attention cependant, le référencement par mots clés est cependant restrictif. Je n'ai ainsi pas pu trouver le cliché à partir de "68e", mais bien à partir de "Loos" (Loos en Gohelle 62), et encore à condition de ne pas confondre avec Loos qui se trouve dans le département du Nord (59).

Tout d'abord, certainement mon cliché préféré:

2 soldats du 68e RI dans les tranchées du secteur de la Pépinière de Loos.

CapturePepinière1

URL sur l'Argonaute: http://argonnaute.u-paris10.fr/ark:/naan/9249b08629

Pourquoi choisir ce cliché?
Tout d'abord pour l'unité des soldats présents, car il s'agit effectivement de 2 soldats du 68e RI, le numéro d'unité est lisible sur les pattes de col de la capote bleu horizon du soldat au premier plan. De plus, je me peux m'empêcher d'être troublé par la gravité de ce regard fixant l'objectif.

CapturePepinière3

Avant d'entamer une petite étude du cliché, il est à noter que ce même cliché figure dans les collections de Imperial War Museum de Londres. Certes de moins bonne qualité, un autre exemplaire est visible à cette adresse http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205214993
La légende du cliché donne alors:

Object description
A French soldier at the listening post, twenty metres from the German line in the Nursery Sector of the "Entent Cordiale" trench, south-east of Loos, 22 December 1915.

Revenons au cliché de l'Argonnaute. Comme tous les clichés consultables sur ce site, il apparait des annotations en marge de la photographie:

Loos
22 novembre 1915
Secteur de la pépinière - Tranchée de l'entente cordiale - Poste d'écoute à 20 mètres des Allemands.

On notera la similitude en les 2 légendes que ce soit pour la BDIC ou l'IWM. Seule différe le mois de la prise de vue.

Rentrons dans le détail de ce cliché: Il s'agit très exactement de Loos en Gohelle, dans le département du Pas de Calais (62). Le secteur de la pépinière est le sous-secteur Sud du secteur de Loos dans lequel les unités de la 17e Division se relayèrent.

CaptureJMO68_19151122 CaptureJMO68_19151222
Sources: 22/11/1915 et 22/12/1915 dans le JMO du 68e RI - Mémoires des Hommes

La consultation du Journal de Marche du 68e RI, ne permet pas de trancher sur le mois de la visite du photographe. Tant à la date du 22 novembre 1915 qu'à la date du 22 décembre 1915, le 68e est en ligne dans le sous-secteur de la Pépinière.

Quel est ce secteur de la Pépinière?

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sources: AFGG -Mémoires des Hommes (situation au 11 octobre 1915)

Ce secteur est positionnable précisement grâce à la consultation du Journal de Marche de la compagnie 9/1 du 6e Génie (Compagnie divisionnaire du génie rattachée à la 17e Division), il est alors possible de mieux visualiser le secteur Sud dit de la Pépinière

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Sources Mémoires des Hommes - JMO 9/1 6e Génie

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Sources Mémoires des Hommes - JMO 9/1 6e Génie

 

La légende du cliché BDIC indique que nous sommes au sein d'un poste d'écoute, donc en avant de la tranchée de première ligne. Il s'agit, sur le plan ci-dessus, d'un des points nommés G1 à G7

Analysons maintenant le cliché:

Les 2 soldats sont équipés typiquement avec la tenue de l'hiver 1915-1916. La capote est de couleur Bleu-horizon et est un modèle 1914 et le casque Adrian est présent.
La capote modèle 1914 est caractérisée par la présence d'au moins une poche sur la poitrine et par une seule rangée de boutons. Il y eut plusieurs types en fonction des coupes et ajustements vestimentaires, ainsi, le 2e type vit la disparition de la poche droite de poitrine voir la disparition des 2 poches de poitrines.
Le point notable au niveau vestimentaire est la présence d'un couvre casque en drap. Celui-ci apparut effectivement  à l'automne 1915 pour finalement être retiré réglementairement fin 1916.
Le soldat situé à l'arrière plan, en plus des bandes molletières réglementaire porte des guètres de cuir, qu'il a gardé de son ancienne tenue datant d'avant l'apparition du bleu-horizon.

Ce soldat assis sur la banquette de tir, utilise un périscope de tranchée afin d'observer l'ennemi qui est situé à proximité (20 mètres d'après la légende de la photo).

On notera que plusieurs clichés ont été pris ce même jour dans les tranchées du secteur. On en trouve trace soit sur l'Argonaute, soit sur le site d' IWM.

 CaptureARGON_Pepiniere CaptureARGON_Pepiniere1
2 autres clichés BDIC pris à la Pépinière de Loos le 22 novembre 1915

 

 Une autre étude dans un secteur très proche, toujours en Artois, mais cette fois à la Cité des Cornailles: Hommage à Paul Moulins de Cluis

collection dite des Albums Valois a été constituée par la Section photographique des Armées (SPA), - See more at: http://argonnaute.u-paris10.fr/En-savoir-plus/p15/Les-collections-numerisees-sur-la-Grande-Guerre-de-la-BDIC#sthash.qJREsSVq.dpuf
collection dite des Albums Valois a été constituée par la Section photographique des Armées (SPA), - See more at: http://argonnaute.u-paris10.fr/En-savoir-plus/p15/Les-collections-numerisees-sur-la-Grande-Guerre-de-la-BDIC#sthash.qJREsSVq.dpuf
collection dite des Albums Valois a été constituée par la Section photographique des Armées (SPA), - See more at: http://argonnaute.u-paris10.fr/En-savoir-plus/p15/Les-collections-numerisees-sur-la-Grande-Guerre-de-la-BDIC#sthash.qJREsSVq.dpuf
collection dite des Albums Valois a été constituée par la Section photographique des Armées (SPA), - See more at: http://argonnaute.u-paris10.fr/En-savoir-plus/p15/Les-collections-numerisees-sur-la-Grande-Guerre-de-la-BDIC#sthash.qJREsSVq.dpuf
collection dite des Albums Valois a été constituée par la Section photographique des Armées (SPA), - See more at: http://argonnaute.u-paris10.fr/En-savoir-plus/p15/Les-collections-numerisees-sur-la-Grande-Guerre-de-la-BDIC#sthash.qJREsSVq.dpuf

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20 janvier 2016

90e RI Somme, 6 novembre 1916, une confusion qui aurait pu être fatale.

Concentré sur le nouveau blog concernant les soldats du département, je peine à trouver du temps pour répondre aux mails en attente et à alimenter ce blog ci. Histoire de ne pas vous abandonner, voici un petit rapport très intéressant trouvé au SHD par Alain Malinowski, historien et grand "fouilleur" d'archives. Voici donc le rapport en question tel qu'Alain le diffusa en 2005 sur le forum Pages1418 (Entre les lignes) - Le message d'origine d'Alain n'est plus accessible.

 

Aux armées le 10 novembre 1916
Rapport du chef d’escadron Breant commandant le 1er bataillon du 90e R.I. relatif à un incident survenu au cours de la nuit du 6 au 7 novembre 1916.
9e CA ; 17e division; 33e brigade; 90e R.I.
 
Au cours de la nuit du 6 au 7 novembre, la 2e compagnie se portait en avant du boqueteau (point 0505) dans la partie du terrain où la 17e D.I. se reliait avec la 18e.
Pendant le mouvement en avant, une demi-section commandée par le sergent-fourrier Aubron dépasse légèrement la ligne à atteindre et tomba sur une tranchée allemande occupée. Les Allemands se rendirent sans combattre et le sergent-fourrier Aubron les ramena, mais il obliqua à gauche et se présenta devant le front d’une section de la 1ère compagnie commandée par le sous-lieutenant Caillou.
Un sous-officier, le sergent Maerten, apercevant le groupe, et reconnaissant très nettement les uniformes des Allemands, ne sachant pas que ceux-ci étaient accompagnés, leur cria :”camarades” en leur faisant signe de lever les bras. Brusquement, les huit hommes qui étaient en tête firent demi-tour.
Le sergent et quelques hommes qui étaient près de lui voyant les boches s’enfuir, tirèrent dans leur direction, le sergent-fourrier Aubron cria alors :”Ne tirez pas, nous sommes des Français qui ramenons des Boches!” Le feu cessa, mais les Allemands avaient disparu à l’exception de cinq.
Il résulte des déclarations du sous-lieutenant Caillou qu’il n’y a eu aucun affolement, mais que le sergent Maerten et ses hommes étaient en première ligne, avaient réellement cru se trouver en présence d’une patrouille ou d’une reconnaissance ennemie égarée.
Cette erreur, au dire du sous-lieutenant Caillou dont le sang-froid s’est affirmé dans ces périodes de combat, est explicable, attendu que les Allemands formaient un groupe suffisant pour que les uniformes français fussent, pour ainsi dire, cachés par les uniformes allemands.
Le sergent Maerten, sous-officier grenadier, a donné maintes preuves d’énergie qui excluent l’idée d’affolement.
Signé : Breant
Vu et transmis :
Il y a là un incident de guerre regrettable mais qui ne me paraît mériter aucune sanction.
Le sergent Maerten, sous-officier grenadier du bataillon est connu pour son courage. Quant au sous-lieutenant Caillou nouvellement arrivé au régiment, il s’est fait remarquer par son sang-froid au cours de cette période.
P.C. le 11 novembre 1916
Le lieutenant-colonel Jumelle commandant le 90e RI.
De l’enquête exposée ci-dessus et dont les résultats sont conformes aux faits dont il m’a été rendu compte, il résulte, à mes yeux que dans des circonstances infiniment difficiles, des gradés du 90e R.I. se sont employés avec audace et énergie. Une erreur regrettable s’est produite, on ne peut le nier, mais on ne saurait accuser d’affolement aucun gradé responsable. Chacun a cherché à s’employer au-delà de son devoir et a dignement porté le poids des responsabilités qui lui incombe.
L’honneur au régiment n’y a rien perdu, au contraire.
Signé : le général Lasson commandant la 33e brigade, PC le 11 novembre 1916.

 

Le JMO du régiment signale que "Huit prisonniers du 105e RI ont été faits dans la nuit", mais il arrête là la mention des faits, il omet de signaler que 3 s'échappèrent dans la confusion. Pour découvrir les faits de la journée et une superbe carte du secteur (page suivante) , on pourra lire le JMO sur le site Mémoires des Hommes

Capture
Sources carte JMO 90eRI - Service Historique de la Défense - Mémoires des Hommes

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13 décembre 2015

Les soldats de l'Indre 1914-1918

Depuis plusieurs jours, j'ai entrepris de créer un nouveau blog complémentaire de celui-ci afin de présenter la liste des soldats indriens définie dans le message "Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918?"

Bien évidemment cela se fera dans la durée jusqu'en 1918, voir au delà, car le nombre impose de faire cela fiche par fiche. Je vous propose donc de découvrir le nouveau blog consacré aux Soldats de l'Indre, au fil des jours qui passent, il y a 100 ans.

http://indre1418soldats.canalblog.com/

Capture

Pour l'instant, seuls les soldats de 1914 et 1915 sont saisis (lettre D en cours). Patience.

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25 novembre 2015

Issoudun, cantons Sud et Nord - Hommage aux Poilus tombés au champ d'Honneur (1914)

Il est des parutions locales dont je me plais à relayer la parution:
L'année dernière, nous avions eu l'imposant "Monuments de l'arrondissement du Blanc" qui avait été édité par "Les amis du Blanc". Cette année, Les "Amis du vieil Issoudun" nous gâtent avec ce qui s'annonce comme le premier tome d'une série à venir:

"Hommage aux Poilus tombés au champ d'Honneur en 1914"
Cantons Issoudun Nord et Issoudun Sud

Vierzon 006

Il s'agit d'un hommage rendu aux soldats des cantons Issoudun Nord et Issoudun Sud tombés en cette année de début du conflit. L'ouvrage commence par une très intéressante liste des unités concernées, ensuite nous retrouvons un lexique illustré autour des thèmes de cette année 1914 (Artillerie, Mitrailleurs, Hopital, Aérostier, Blessés ... )Au fil des pages, il est possible de découvrir le témoignage de Paul Marteau qui combattit au sein du 95e Régiment d'Infanterie. Ayant reçu l'ouvrage ce matin, je n'ai pas eu le temps que de le parcourir brièvement. Il ne s'agit pas d'un "journal de tranchées", mais d'un texte écrit après le conflit, en tout cas intéressant à lire et prometteur.

La liste des soldats tombés en 1914 est donné au fil des pages, mais aussi par unités, ce qui sera intéressant pour les recoupements avec mes bases personnelles des soldats indriens.

Tout en le feuilletant, j'ai le plaisir de voir que le blog Indre1418 a servi d'inspiration pour la rédaction de ce livre, même s'il n'est pas "sourcé" en fin d'ouvrage.

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11 novembre 2015

Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918?

Je profite du 11 novembre pour reprendre et réactualiser un article précédemment diffusé. Celui-ci a été enrichi par le résultat tant attendu des dépouillements et de la saisie de plusieurs fonds d’archives qui m’ont servis pour établir ces quelques statistiques.

91391398

Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918? Pour répondre à une telle question, on pourrait se contenter des chiffres avancés par la presse de l’époque.

Journal
Journal du Département de l’Indre – 7 novembre 1932 – collection AD36 R909_3

Cependant, lors des différentes recherches entreprises, il n’a pas été possible de retrouver une source officielle indiquant le nombre de décès, mais surtout indiquant la procédure de calcul et les sources d’un tel chiffre.
Tout d’abord, avant de commencer un éventuel comptage, il est nécessaire de définir qu’est ce qu’un « Indrien » ?

  • S’agit-il d’un natif ?
    Mais s’il est resté juste un mois après sa naissance, est il encore du département?
  • S’agit-il d’un résidant ?
    Mais alors combien de temps faut-il résider pour être comptabilisé?
  • A-t-il eu son acte de décès transcrit dans le département ?
    Certains soldats morts dans des hôpitaux du département eurent leur acte de décès transcrit sur le lieu même, ainsi le tirailleur LAMA Bamba dont la transcription eut lieu à Argenton.
  • Doit-on considérer le moment du recrutement militaire comme position de référence ? Mais dans le cas de ces lieux de recrutement Châteauroux / Le Blanc, ce dernier lieu englobe aussi bien des cantons de l’Indre que des cantons d’Indre et Loire et de la Vienne.

A vrai dire, je ne sais clairement le définir, et la solution de facilité consiste à se limiter aux sources rapidement accessibles et ainsi de se contenter des natifs du département issus de la base de Mémoires des Hommes.

J’ai cependant voulu aller un peu plus loin en m’appuyant sur les listes existantes, certes imparfaites, mais donnant déjà un bon angle de vue. Ceci permet de trouver d’autres cas de soldats.

Reprenons maintenant, les différents fonds répertoriés et connus :

Les monuments aux morts (MAM) :

Il s’agit là de la source la plus visible, puisque présente tous les jours dans toutes les communes de France.
Je me suis appuyé sur les données issues du site Mémorial Gen Web. Le département de l’Indre est entièrement relevé. Cela permet d’obtenir une liste de 11.775 noms sur les 248 communes du département. Ce comptage a des limites en l’absence d’écrits concernant l’élaboration des listes. Ce chiffre est aussi à prendre avec précaution, car c’est notamment celui-ci qui permettait de calibrer la subvention versée par l’Etat aux communes conformément à l’article 81 de la loi du 31 juillet 1920. Certaines communes semblèrent « abusées » de ce fait, car de nombreux noms gravés sont finalement restés sans réponse au regard du recoupement avec les autres sources
On ne peut que constater des incohérences (noms sur plusieurs monuments, noms inconnus, certaines familles refusèrent l’inscription de leur enfant sur le monument communal). Le chiffre issu des monuments a vraisemblablement inspiré le journaliste de 1932.

Le Livre d’or départemental (LO) :

Le texte de loi régissant ce Livre d’Or, étant plus strict dans son application (uniquement natif ou résident) que celui régissant la gravure des noms sur les monuments aux morts. Il est donc potentiellement une meilleure source que celui régissant le monument où le Maire était plus libre pour l’inscription (Certains non-Morts pour la France furent inscrits, mais dans la commune d’à côté).
La mise en ligne (partielle*) des Livres d'Or par le site des Archives Nationales permet de cibler 9.643 noms.

* Certaines communes ne sont pas complètes sur le site des Archives Nationales (Aigurande, Ambrault, Anjouin, Ardentes, Argenton, Arthon, Azay, Bagneux, Le Blanc, Les Bordes, Bouesse, Bouges, Buxeuil, Buzançais, Chabris et Chaillac), le chiffre annoncé est donc un chiffre bas.

Les fiches Mémoires des Hommes (MDH) :

Sur le site ministériel, les critères de recherche sont multiples, mais le seul champ actuellement et valablement renseigné est celui du département de naissance.
Les fiches accessibles sont celles des soldats « Morts pour la France » (MPF), mais aussi celles provenant du  deuxième fichier dit des « Non mort pour la France » (NMPF).
Il faut cependant se méfier du laïus « NMPF » des dites fiches qui a été rajouté car ce 2ème fichier contient aussi des MPLF (Pour rappel, l’acte de décès est la seule pièce administrative ayant valeur juridique concernant la mention « Mort pour la France »).
Nous obtenons donc 10.944 cas différents (A la date du jour, de nombreuses fiches du site sont en doubles et une opération de nettoyage est d’ailleurs prévue par l’administration du site, le décompte présenté tient compte de ces doublons).

Les fiches matricules (FM) :

Même si nous sommes déjà en 2015 et que le Centenaire 1914-1918 a commencé depuis plus d’un an, celles-ci sont toujours inaccessibles via le net. De plus, la base étant le recrutement militaire (Châteauroux et Le Blanc), les fiches sont réparties sur plusieurs départements en ce qui concerne le recrutement du Blanc, il est actuellement impossible d’établir une étude fiable, car cela nécessiterait de compulser un très grand nombre de fiches matricules, une à une.

Sélection_012

Si on considère le département de l'Indre, ce sont 60.024 (Châteauroux) et 42.563 (Le Blanc 36), soit 102.587 fiches matricules qu'il faut analyser.
La répartition géographique des bureaux de recrutement Chateauroux et le Blanc:

Capture10_BureauxRecrutement

Le diplôme de Mort pour la France :

Aux Archives départementales de l’Indre, en série R892, deux cahiers comptabilisent les remises de diplômes qui furent transmis aux communes pour être remis aux familles de soldats « Mort pour la France ». Cette liste s’arrête en 1924. Le compte est alors de 9.449 diplômes remis. Une fois compilées en tenant compte des doublons et des envois dans les autres départements suite à mauvaise orientation, nous obtenons 9.341 noms.
Il s’agit donc là du chiffre bas de notre estimation, certaines fiches n'ont qu'un lien ténu avec le département. On visualise, par exemple, des cas concernant des familles de réfugiés des territoires occupés qui reçurent les diplômes sur le lieu de leur hébergement, donc dans le département.

Les listes de retour des corps :

Dans les années 1920, il fut donné la possibilité aux familles de rapatrier au « Pays » le corps des défunts. Du fait que les frais engendrés étaient remboursés par l’Etat, la Préfecture de l’Indre tenait à jour une comptabilité de ces retours, cela permet de compléter les listes existantes. ces listes sont conservées aux Archives départementales de l'Indre sous la forme de 2 cahiers.
Au final, seuls 1.707 retours eurent lieu (du moins furent enregistrés). A la suite de quelques visites dans les cimetières départementaux, il apparait que d’autres eurent bien lieu (avant/après ?), mais ne furent pas enregistrés dans le cadre de cette opération administrative.

______________________________________

De telles incertitudes ne permettent pas actuellement d’annoncer un chiffre précis. L’étude que j’avais entrepris depuis plusieurs années et que je vous présente ci-dessous est le fruit d’un recoupement entre ces 5 sources (Mémoires des Hommes, Mémorial-Gen-Web, Livre d’Or, Remise de diplômes de MPF et Retour des corps).
Cela consiste donc en un subtil recoupement entre toutes ces données, tout en définissant un cadre strict (Par exemple, une homonymie ne suffit pas pour rassembler 2 cas). Le travail étant terminé depuis quelques jours seulement, nous arrivons à quelques 13.908 cas différents, induisant, à coup sur que le nombre est inférieur.

Je vous livre donc ci-dessous ma liste (qui restera toujours en évolution) des 13.908 cas relevés. Les points d'entrées sont multiples et vous pouvez utiliser les filtres que propose Excel.

La nouvelle phase d’évolution de ce fichier est donc de compléter avec les lieux de sépultures (travail en cours) et avec la recherche des actes de décès, car il est bon de rappeler que du point de vue de la loi française, seule la mention MPF sur l’acte de décès est preuve de l’obtention de cette mention.

Comme il ne m'appartient pas de définir qui est un Indrien (natif? résident? ...), tous les cas repris dans le lien présenté ci-dessous concernent le département de l'Indre plus ou moins directement.
Par exemple vous trouverez les noms de soldats du Nord de la France, dont les familles hébergées dans l'Indre pendant le conflit reçurent le diplôme de MPF sur leur lieu d'hébergement (donc dans l'Indre), je ne pouvais décemment les ignorer et ainsi les retirer de la base que j’essaye de constituer, ce d’autant que pour certains, ils figurent alors sur un MAM de l’Indre mais aussi dans leur département d’origine.
La saisie s'effectue au fil de l'eau et de temps disponibles.

Le monument virtuel des soldats indriens morts en 14/18

Essayons maintenant d’effectuer une rapide analyse dans la mesure de ce qui est possible grâce à ces données collectées :

Les « Natifs de l’Indre » :
Volontairement, je prend comme référence la liste des natifs que l’on obtient à partir des différentes sources et ce malgré tout, en faisant fi des avertissements précédemment signalés.

10.944 cas différents de natifs de l’Indre sont en base dont 10.591 figurent dans le fichier principal de Mémoires des Hommes et 339 figurent dans le fichier secondaire dit des « NMPF ». On notera cependant que 14 soldats ne figurent dans aucun fichier sur Mémoires des Hommes (0,13%).

Si nous connaissons la date de naissance, nous ne connaissons la date de transcription de l’acte de décès que pour 9800 et seuls 7869 ont vu leur acte de décès transcrit dans le département de l’Indre.

Toujours concernant les 10.944 « natifs de l’Indre », 90% soit 9.871 sont inscrits sur 1 monument aux morts (MAM) dont 8.851 sur un MAM implantés dans le département. On notera d’ailleurs que 676 sont inscrits sur au moins 2 monuments et parmi eux 11 sont présents sur 3 monuments différents.

A partir de la liste des Natifs de l’Indre, observons le lieu de leur décès :

Capture_DepartDeces

Sans grande surprise, il est à noter que les secteurs de combats les plus représentés sont : La Meuse, la Marne et la Belgique qui constituent le trio de tête.
A noter cependant que derrière la présence de la Meuse cache une réalité bien souvent oubliée. En effet, 35% des pertes en Meuse sont liées aux combats des années 1914 et 1915 et donc ne sont pas liées à la bataille de Verdun qui ne se déclencha qu’en février 1916. Ce sont les victimes des secteurs de Marbotte, Lachalade.

 

De cette liste de pertes, il est possible d’observer leur chronologie :

RepartitionAnnuellesNatifs

CaptureChronologie

Les principales pertes concernent la période 1914, en effet, la retraite, la bataille de la Marne tout d’abord puis le début de l’hiver 1914 furent des périodes où les pertes furent nombreuses, tant pour les hommes mobilisés au sein du 9e corps qui combattirent dans la Marne puis dans le secteur d’Ypres que pour ceux du 8e corps qui combattirent en Woëvre et en Meurthe et Moselle.

Les pics suivants correspondent principalement aux engagements liés aux grandes batailles (Champagne 1915, Verdun 1916, Somme 1916, Aisne 1917, …).

Si dans le cadre de cette étude, nous étudions les soldats natifs de l’Indre et morts lors du conflit, par l’intermédiaire de la fiche MDH, il est possible de connaitre le bureau de recrutement. Cette donnée permet de connaitre la position géographique d’un soldat à l’âge de 20 ans.
Ceci est pertinent pour connaitre l’attache d’un soldat au moment du conflit, mais est à relativiser en fonction de l’âge du soldat. Plus le soldat est ancien, plus l’époque du recrutement s’éloigne et plus il a de chances d’avoir changé de résidence entre la conscription et la mobilisation de 1914.

CaptureRecrutement

88% des natifs de l’Indre étaient encore dans le département lors de leur conscription (63% Châteauroux et 25% Le Blanc). Les migrations s’effectuent naturellement vers les départements limitrophes (Cher, Creuse, Loir et Cher, Indre et Loire, Loir et Cher), mais surtout sur la grosse métropole que représente la région parisienne (Bureaux de la Seine, de Versailles).

Maintenant regardons les lieux de transcription, qui sont donc les lieux de rattachement des soldats au moment de leur décès.

Nota : Les fiches MDH ont une particularité. Nombreuses sont celles où figure la mention DC dans la zone de transcription (Cas 1), dans certaines il s’agit d’envoi mais la mention DC n’est pas indiquée (cas 2), les dates indiquées sont celles de l’envoi de la transcription à la mairie concernée et non la date de la transcription elle-même (Cas 3 et 4).

CaptureFicheDC_1 CaptureFicheDC_2

CaptureFicheSansDC_1 CaptureFicheSansDC_2

 

Sur les 10.944 natifs de l’Indre, 8.626 ont une transcription de l’acte de décès qui eue lieu dans le département et 2.107 eurent leur acte de décès transcris dans d’autres départements. Seuls pour 281 cas, le lieu de transcription est non renseigné.

Capture_Transcription

Sans grande surprise, Paris notamment et la région parisienne figurent en bonne place dans les destinations de résidence suite à des choix de migrations, une volonté de quitter le pays pour tenter sa chance. Les départements limitrophes (18, 23, 37, 41, 86) sont légitimement des départements que l’on trouve dans le haut de ce classement.

A toute cette statistique, je rajoute le travail (incomplet) que j'avais effectué en 2012 en recoupant les nombres de noms sur les monuments aux morts du département et les effectifs de population des communes du département recensés en 1911 (dernier recensement avec le conflit)

CaptureMGW

 

Logo_Bleuet_de_France


Le 11 novembre, je pense à nos anciens
Aidez le Souvenir Français pour l'entretien des sépultures

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01 novembre 2015

Velles, Maron, Rivarennes (36) - Hommage à nos Poilus (Réactualisé 01/11/2015)

Tous les ans, la période allant des congés de Toussaint au 11 novembre est une période propice à la Mémoire.

Après Velles et Maron, je rajoute l'affiche concernant l'exposition de Rivarennes.

CaptureJCh1

Je profite de ce message pour signaler une autre expo dans le département, à laquelle je vous convie:Capture

CaptureVelles

Je n'ai pu être présent pour l'inauguration de l'exposition de Velles, mais je suis passé quelques jours plus tôt. Une bien belle expo avec de pièces très intéressantes. J'y ai découvert des points qui étaient, pour moi, restés dans l'ombre. Notamment concernant la présence de soldats russes affectés dans le secteur après les mutineries de La Courtine (Je comprends mieux la présence de la plaque de ceinturon que j'avais trouvé dans un vieux tas de ferailles à Malicornay, il y quelques années. J'ai aussi particulièrement apprécié le travail des enfants de Velles qui ont été mis à contribution, mais là, c'est mon regard professionnel :-)

Grande

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