12 mai 2015

9 mai 1915-2015. De retour d'Artois

Faire un séjour en Artois, pour le passionné que je suis, c’est toujours un plaisir, et comme j’étais déjà venu en 2006 avec ma petite famille, je savais déjà ce qui m’attendait, mais il y a tant à découvrir. L’Artois fut une terre de souffrance pour nos soldats du 9e Corps d'Armée, ceux-ci y séjournèrent pendant de longs mois, d’avril 1915 à mars 1916.
Certes, je ne m’y rendais que pour une journée et le départ fut bien matinal, mais j’avais hâte de faire le voyage pour rendre hommage aux gars de la 17e Division d’Infanterie.

Tout d’abord, entreprendre ce voyage, c’est déjà passer par la gare du Nord et profiter de l’attente du départ pour faire un petit tour par la rue des Vinaigriers (zone de départ des taxis) pour rendre hommages aux cheminots de 14.

GareNord_20150509
Les plaques 14-18 et 39-45 de la Gare du Nord

Ensuite prenons le TGV pour Arras. Là je retrouve mes deux amis Frédéric et Thierry, spécialistes du secteur artésien. Direction maintenant Loos en Gohelle pour l’inauguration de la plaque en l’honneur des soldats de la 17e Division d’Infanterie.

En effet, en ce 9 mai 2015, l’association « Loos en Gohelle sur les traces de la Grande Guerre » a décidé de rendre hommage aux soldats qui tombèrent lors de l’attaque du 9 mai 1915. Cette association s’occupe de faire découvrir le passé de la commune de Loos qui fut si touchée et dévastée par le conflit. L’inauguration de la stèle eut donc lieue Chemin de Vermelles, à l’emplacement de ce qui fut la « Redoute de Loos » et ce en présence des autorités locales, notamment M. Jean François Caron, maire de Loos et conseiller régional. Cette stèle devrait à terme être incluse au sein d’un parcours historique qui est en projet.

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La cérémonie d'inauguration de la plaque en l'honneur aux soldats de la 17e Division

Quelle émotion de se trouver là, à l'heure précise, 100 ans plus tard.
Que penser de cet effort demandé à de jeunes hommes, à des pères de familles de traverser cet espace alors bouleversé par la mitraille et les explosions, alors que je le découvrais calme et cultivé.

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Le secteur d'attaque de la 17e DI, vu depuis les positions allemandes de l'époque

Si vous êtes une famille d’un poilu ayant fait l’attaque du 9 mai, ou si vous êtes de passage dans le secteur, je ne peux que vous conseiller de prendre contact avec l’association, j’y ai été vraiment très bien accueilli.

http://asso.sltdlgg.pagesperso-orange.fr/pagefrance.htm

A l’issue de l’inauguration, une surprise m’attendait, à la médiathèque, une exposition avait été montée et permettait de mieux comprendre cet épisode du parcours des régiments indriens. Mais une deuxième surprise m’attendait. Sur les panneaux, figurait un patronyme qui m’est proche, du moins qui est connu en Berry. Je découvrais ainsi un panneau concernant Léon AUGRAS, un agriculteur de Maillet. Le patronyme m’est généalogiquement connu et la commune est celle dont est issue une partie de ma famille. Le summum fut de découvrir que les personnes devant ledit panneau étaient les descendants du soldat berrichon en question et plus précisement la petite-fille de Léon Augras. J’entamais alors la discussion, mais je dois reconnaitre que ma voix fut d’abord chevrotante, car j’en étais ému. Sans nous connaitre, nous nous découvrions des connaissances communes et nous échangions aussi des informations sur le parcours de Léon qui l’amena jusqu’en Artois.

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Devant le panneau dédié à Léon AUGRAS, en compagnie de sa petite fille

Suite à l’inauguration, nous nous rendimes à une adresse que je conseille tant pour la qualité de sa table que pour son cadre: l’Estaminet de Lorette, sur le lieu même de la butte de Lorette.

http://www.estaminet-de-lorette.com/

Je conseille très vivement les spécialités locales et notamment la bière locale « Page 24 » qui sait si bien accompagné la carbonade.

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La nécropole Notre Dame de Lorette

Après le repas, je me laissais aller à divaguer au sein de la nécropole de Lorette, au fil des sépultures à la recherche des soldats l’Indre, alors que j’étais surtout perdu dans les pensées qu’un tel lieu peut inspirer. Nous rendîmes ensuite pour admirer le récent anneau de la Mémoire qui a été installé devant la nécropole et qui à mon avis gâche le paysage que l’on avait avant depuis la nécropole sur le champ de bataille. A mon humble avis, il eut été préférable, sans en changer l’emplacement, d’enterrer un peu plus cet anneau mémoriel afin de l’intégrer un peu plus en cette terre artésienne. Oubliant le site, une fois dans l’anneau, le vertige engendré par la longue liste de noms prit place. Comment tant d’hommes vinrent mourir en ces lieux?

CaptureJC2

On regrettera cependant que les noms de ceux qui tombèrent en Flandres belge n’y figurent pas alors que certains de leurs corps furent rapatriés à Notre Dame de Lorette, mais le monument ayant été pensé par le conseil régional, on comprendra cette inopportune absence.

Au fil de l’après-midi, mes deux acolytes me firent découvrir des secteurs que je ne connaissais pas. Nous nous rendîmes au Bois en Hache, à Angres, qui sera le secteur des 268 et 290e RI, au début de l’année 1916. Je découvris ensuite les cimetières de la Tranchée de Meknés et celui d’Aix-Noulette. Là, je découvris des sépultures indriennes que je ne connaissais pas et qui sont inclues dans des cimetières gérées par les autorités britanniques. Il est toujours plaisant de se rendre dans ces cimetières anglais, surtout à l’époque où les fleurs apparaissent. De vrais jardins.

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Le "Tranchée de Meknés Cemetery" où je découvris une sépulture du 90e RI que je ne connaissais pas

Nous finimes la journée par la visite de divers secteurs où les combats firent rage en ce 9 mai 1915, à Aix-Noulette, Carency, …

Je tiens vivement à remercier Frédéric et Thierry
pour m’avoir promené tout au long de cette trop courte journée.

Le temps de rentrer en Berry vint alors, mais je reviendrais ultérieurement sur ce séjour, alors dans le cadre de publications spécifiques. Rendez-vous est pris pour l'année prochaine pour la thématique liée à la défense de la Cote 304 en mai 1916, dans le secteur de Verdun.

 

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09 mai 2015

Loos le 9 mai 1915 - "Décidement ces gens de l'état-major sont fous."

L'attaque du 9 mai 1915, tout est dit dans le témoignage qui suit et que publia le Général Carpentier (alors capitaine au 90ème RI), en 1963. Ce texte est à compléter par celui de Christian Mallet. Ce dernier, affecté aussi au 90ème RI, fut blessé lors de l'attaque de ce même jour: http://indre1418.canalblog.com/archives/2008/05/27/8885739.html

Voici donc ce qu'écrit Marcel Carpentier en ce 9 mai 1915:

Les 270 écrasent Loos.
Les batteries de 75 tirent par rafales
L'ordre d'attaque arrive. C'est pour 10 heures. Je monte sur le crassier pour observer la bataille.
La journée est spendide, le ciel limpide.
Depuis le matin, nos avions tournent au-dessus de nos positions, repérant les batteries ennemies qui ne répondent que mollement. Autos-canons et autos-mitrailleuses, avec leurs escortes de cyclistes, se placent derrière le crassier, prêts à intervenir. Devant moi le champ de bataille se déroule dans toute son ampleur. A notre droite, le crassier double s'avance, menaçant, vers nos lignes. Au fond, les cités Saint Pierre et Saint-Laurent.En face, la cote 70. Au pied de la cote 70, Loos, avec son double pylone de fer. Vers la route de Loos, les tranchées sont assez rapprochées, 150m à 200m environ; mais elles s'écartent jusque vers 600m à la droite du bataillon d'attaque.
Les batteries tient de plus en plus vite.
9h50 Plus que dix minutes. C'est un enfer.
La tranchée allemande disparait dans la fumée des éclatements d'obus.
Plus que cinq minutes. Les hommes assujetissent leurs baionnettes, chacun est à son poste.
Plus que trois minutes..., deux minutes..., une minute...
10 heures - Une tête, puis deux, puis à perte de vue toute la ligne sort, et se précipite tête baissée. C'est sublime.
Elle avance ... avance... et diqparait dans la fumée.
L'artillerie a allongé son tir.
On saute la première tranchée, et nous voici à la deuxième ligne.
Très peu de pertes jusqu'à présent.
Mais à droite et à gauche les choses n'ont pas été aussi bien. La droite de notre bataillon d'attaque n'a pu atteindre son objectif, arrêtée par les feux croisés des mitrailleuses du crassier double et du chevlement de Loos, et est restée entre les deux lignes, couchée dans les herbes.
A notre gauche, le 114e se heurte au 114e allemand et ne peut progresser.
Il faut en rester là pour le moment.
Les prisonniers commencent à affluer. Ils ont l'air complètement abrutis par le bombardement et filent tête baissée tout le long des boyaux.
11 heures - L'artillerie allemande se ressaisit et nous arrose de 105 fusants.
Mon bataillon reçoit l'ordre de se préparer.
Nous voici dans la parallèle de départ.
Les nouvelles circulent déjà.
Tués: le commandant Robillard du 1er bataillon; sous-lieutenant R. de la 1ère compagnie; lieutenant M. de la 4ème et combien d'autres!
Du résultat de l'attaque rien de bien précis.
15 heures - Le 2ème bataillon reçoit l'ordre d'attaquer.
C'est une folie. Mais c'est l'ordre.

Puits16_MineLens
Le puits n°16 des mines de Lens (Loos) depuis les lignes françaises


Les Allemands sont à 600m; il n'y a pas eu de préparation d'artillerie. Donc aucune chance de réussite.
Malgré cela les hommes partent avec un ensemble remarquable. Cent mètres plus loin, la 5e compagnie était couchée toute entière entre les lignes; son capitaine, Paquet, tué.
La 8e compagnie avec le capitaine de Froment, suit la route de Loos.
Le capitaine est tué; le sous-lieutenant B est blessé.
La 7e compagnie n'est pas plus heureuse.
17 heures - Le commandant Royné m'appelle à son abri.
J'y retrouve les autres commandants de compagnie.
Le commandant est sombre "Mes amis, nous dit-il, nous allons attaquer!
- Mais c'est de la folie, nous récrions-nous! N'y a-t-il pas assez de morts depuis ce matin?" Il n'y a plus rien à faire, nous le sentons bien. L'attaque est enrayée! Il faut la reprendre demain, profiter de la nuit pour remettre de l'ordre dans les unités, prendre liaison avec l'artillerie! Attaquer maintenant, c'est nous envoyer à la mort et pour quel résultat! Le commandant a écouté en silence le capitaine de Verdalle qui parlait en notre nom à tous. Il hoche tristement la tête. "Tout cela, je le sais. Je l'ai dit au colonel. Il n'y a rien à faire. C'est l'ordre. Le colonel Alquier lui-même a protesté auprès de la division sans succès. L'ordre est maintenu. On a l'air de croire en haut-lieu que nous avons peur." Quelle ironie! Se faire tuer pour la France dans une attaque bien montée, oui; ce matin par exemple, avec l'espoir au coeur. Se faire tuer ce soir, avec la certitude que cela ne servira à rien, c'est trop bête ... Mais c'est l'ordre! Et pour quelle heure, mon commandant, l'attaque? 17h30. Décidement ces gens de l'état-major sont fous. Nos compagnies ne sont pas en place, et il est 17h25! Justement quelques coups de canons passent au-dessus de nos têtes; c'est çà la belle préparation annoncée à l'extérieur? En tout cas, nous ne sortirons pas cette fois-ci, puisque nous sommes tous au P.C. du commandant et que nos compagnies ne son pas prévenues. C'est toujours cela de gagner.
La sonnerie grêle du téléphone retentit. Le commandant Rouné prend l'appareil. C'est le colonel Alquier. Nous devinons le dialogue: "Eh bien Royné, et l'attaque? Impossible, mon colonel, prévenu trop tard, les compagnies n'étaient pas prêtes. J'insiste sur ce que je vous ai dit tout à l'heure. C'est de la folie; nous allons nous faire hacher sans profit aucun. - Je le sais, mon pauvre ami! mais c'est l'ordre! Je vais encore faire effort à la division et vous rappellerai."
Nous attendons anxieux. C'est notre sort qui se dessine, vie ou mort!
Le téléphone! - Le commandant bondit à l'appareil, nous scrutons son visage. Il se rembrunit. Nous avons compris. "Bien mon colonel" dit-il Il repose l'appareil. "Nous attaquerons à 18 heures." Alors j'ai une idée. "Mon commandant, à 18 heures nous allons tous y rester. Il fait encore jour. Laissez-nous attaquer à 19 heures, de nuit, sans préparation d'artillerie. Au moins, si nous ne réussissons pas, nous aurons moins de pertes!" Le commandant Royné réfléchit un instant. "J'accepte, dit-il. Retournez à vos compagnies. 17h55. Notre artillerie commence la préparation avec quelle imprécision! 18 heures ... nous ne sortons pas.
18h15. Un agent de laison arrive essouflé. Il y a contre-ordre, mon lieutenant. On n'attaque pas! Quel soupir, mais tout de même, si nous avions exécuté l'ordre, combien d'entre nous seraient étendus sans vie entre les lignes!
Un bataillon du 68e vient relever notre 2e bataillon.

Sources:
Texte: Général Marcel Carpentier - Un cyrard au feu - Berger Levrault 1963
Photo: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI, un régiment de réserve du Berry -Bourdier 1932

 

Loos_Montage

 

Message de l'auteur:
A l'heure où ces lignes sont diffusées sur le blog, je suis physiquement présent à Loos en Gohelle. En effet, à 10h30 un hommage est actuellement rendu aux soldats de la 17e Division par la municipalité de Loos en Gohelle et les autorités locales, par le biais de l'inauguration d'une plaque souvenir sur le lieu même de cette attaque du 9 mai.
Cet après-midi, je me rendrais dans les secteurs du Bois en Hache et Lorette, notamment
A mon retour, je ne manquerai donc pas de faire un compte-rendu de mon séjour en Artois, sur le blog.

 

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02 mai 2015

Sous terre, sous pierre. Berthonval, mai 1915

Pour une fois, je quitte les régiments dont j'ai l'habitude de vous conter l'histoire. Mais, je ne m'éloigne pas trop, je vais seulement élargir le cercle pour présenter un texte concernant le 9ème Corps d'Armée.
Il y a quelques temps, par l'intermédiaire du blog et des commentaires associés aux divers messages, M. Henrion nous faisait part d'un texte qu'il avait retrouvé dans les affaires de son aieul l'Aide-major de 1ère Classe Gaston Julin.
Ce dernier était donc médecin au sein du 135ème R.I. dont la garnison était à Angers et dépendait, comme les unités du département de l'Indre, du 9e Corps d'Armée.

Sélection_037
Manoeuvres 1908, sur la route de Loches - A.M. 1ère Cl. Julin marqué d'une croix

Gaston Julin fut médecin à Cinq-Mars la Pile (Indre et Loire) de 1909 à 1947. Lors de son cursus militaire, il fit notamment des périodes au camp du Ruchard, participa aux grandes manoeuvres qui eurent lieu en 1908.
Malgré la demande de sa fille, il a toujours refusé de raconter sa guerre par écrit car étant médecin il avait vu mourir beaucoup trop de jeunes gens de 20 ans qui appelaient leur mère. Il en fut marqué à  vie.

Merci donc à lui et à M. Henrion de me permettre de vous présenter le document qui va suivre:

Il s'agit d'une feuille de papier ronéotypée constituant 4 pages sur laquelle est écrit un texte, présenté sous la forme d'une chanson, d'un poème.

CaptureJC_Poeme

Tout de suite, l'association lieu et date me permit de dire que cela concernait le 9e Corps. Berthonval et mai 1915 sont un lieu et une date qui concernent directement les unités indriennes. En effet,, le 135e dépendait de la 18e Division, et celle-ci était la division "soeur" de la 17e DI dont le siège était à Chateauroux.
Berthonval! Petite zone d'Artois entre le Mont-Saint-Eloi et Neuville-Saint-Vaast qui fut un secteur de combat où de nombreux soldats de la région tombèrent.

BerthonvalNeuville_VueBasMSE
La ferme de Berthonval depuis le bas du Mont-Saint-Eloi, le Bois de la Folie au fond (Zone allemande)

Voici la première page dudit document:

Sélection_038

Assez difficile à déchiffrer sur certaines parties, en voici la transcription que je laisse à votre perspicacité:

SOUS TERRE, SOUS PIERRE

A ceux qui auront gouté aux douces joies de la Villégiature
Berthonval Mai 1915

A Berthonval on voit parfois
Des gens qui d’un air de mystère
Descend’nt 4 ou 5 à la fois
Dans les profondeurs de la terre
Serait-ce les premiers chrétiens
Cherchant l’abri des catacombes
Cà n’est pas çà crénom d’un chien
C’est les poilus qu’ont peur des bombes

D’abord au dessous du rez d’ chaussée
Y a déjà un’ tout petit’ salle
Dans laquelle on vient s’ramasser
Pour absorber tout c’qui s’avale
L’odeur de la soupe à l’oignon
Et tous les vieux restants d’cuisine
Dont Orphée est le marmiton
Vienn’t vous chatouiller la narine

Les escaliers de ces caveaux
Sont glissants comm’ des plaqu’s de verre
Certain’ment c’est pas d’l’art nouveau
On connait pas çà à la guerre
C’est mêm’ pas du styl’ rococo
Ca vous fait tourner la breloque
A chaqu’ pas on pataug’ dans l’eau
3 heures d’séjour on est loufoque

Pourtant si vous vous obstinez
Et si vous franchissez la porte
Aussitôt en plein dans le nez
Vous arrive une haleine forte
Le souffle de cet entonnoir
Vous prouv’ qu’en la circonstance
L’expression chlinguer du couloir
N’est pas ce qu’un vain peuple pense

Entré dans ces lieux infernaux
A gauche vous verrez de suite
Des gens étendus sur le dos
De l’espèce des troglodytes
Qui regardent d’un air grognon
Sous l’humidité qui fait rage
Pousser de petits champignons
Sur tous les objets d’leur paqu’tage

Au plafond de ce p’tit gourbi
Un truc vous verse sur le blair
L’eau qui dégringol’ tout’ la nuit
Pendant qu’vous dormez l’ventr en l’air
Mais l’autre jour nos praticiens
Qui discutaient sur cet’ machine
Ont posé l’diagnostic certain
De simple incontinence d’urine

Un grand mur au bas des degrés
Oppose d’un air ironique
A vos efforts désespérés
Une résistance héroïque
Alors arrive un bon coup d’vent
Et vot’ chandelle s’éteint tout’ seule
Pour peu qu’on ait pris son élan
On est sur de s’ casse la gueule

C’est là qu’est l’escalier d’honneur
Pour tous les ceuss que l’on ivite
A v’nir admirer la couleur
L’pittoresque et l’odeur du site
Dans c’t escalier y’a pas d’Gob’lins
Ca vous épat’ j’en suis fort aise
Y’a que’ques rats c’est un fait certain
Et tout l’ bois est pourri d’ punaises

Ayant rallumé vot’ lampion
En vous écriant quell’ sal’ boite
Vous vous apercevez cré nom
Qui fallait qu’ vous tourniez à droite
Vous êtes dans le grand corridor
Qui tourn’ qui vire et qui s’éboule
Et aie le pauv’ poilu qui dort
Encaisse’ les poings quand çà s’écroule

Descendez encor’ que’ qu’s degrès
Vous êt’s au chœur mêm’ du sanctuaire
A votre gauch’ se trouve un chalet
Très fréquenté des militaires
Si vous avez envie d’pisser
Et d’ faire du plus solide encore
Arrêtez vous et pénétrez
J’ vous promets qu’ c’est pas inodore

Courage encor’ des escaliers
Et vous entrez dans la carrière
Y’a déjà longtemps qu’vos ainés
N’y sont plus et sont au cim’tière
C’est magnifiqu’ c’est haut c’est grand
Ne rigolez pas j’vous prie
Les rats sont les princes de céans
Et font l’service de la voirie.

Là d’dans on fait n’importe quoi
La crémation et la cuistance
On magne, on fume, on bridge, on boit
On parl’ des destinées d’la France
Et le canon qui pèt’ dehors
Vous fait pas peur on fait l’mariolle
Un’ fois la nuit venue on dort
Et on récolte un tas d’ bestioles

Mais ceux qui règn’ent en grands seigneurs
Et au moindre bruit s’ carapatent
C’est messieurs les rats ces farceurs
Qui vous jouent des tours d’acrobate
Car tout’ les fois qu’vous roupillez
Les petits, le père et la mère
Rapidement viennent examiner
Vos sillons digito-plantaires

Encore si i s’ contentaient que d’çà
Mais ces sales bêtes que rien n’épate
Font des tours qu’on dit : c’est les rats
Et des blagu’s qu’on dit : c’est les rats
L’capitain’ de territoriale
A cru reconnaitre sa pétoche
L’aut’ jour dans l’ventr’ d’un animal
Qu’il ouvrit d’1 seul grand coup d’ pioche

Le fond d’la cave est occupé
Par tout’ les huil’s d’un’ compagnie
Qui préten’nt tr’ sapeurs miniers
D’la 9/2 du 6e Génie
J’sais pas encor’ s’ils ont miné
S’ils savent saper ou s’ils s’en foutent
Mais ce que j’ peux vous assurer
C’est qu’ils sav’nt bien casser la croûte

Les téléphonist’ dans un coin
Souris tout l’jour sur l’ manivell »
Peux tu m’envoyer d’ la ficelle
Pas mieux y en a du midi
Qui tout’ les fois que le fil casse
Se fou’ dans l’ bec de l’ aïoli
Putain ‘ avec de la six casse

On est très bien à Berthonval
Malgré cette trop longue histoire
Il est certain qu’on est moins mal
Qu’au milieu du four crématoire
Peut-être qu’on pourrait installer
Pour un modeste prix d’ famille
L’ascenseur l’électricité
Et l’ vieux tramway Madelein’ Bastille

________________________________

 

On notera dans le texte l'allusion à la Compagnie 9/2 du 6ème régiment du Génie qui était compagnie divisionnaire. Ceci permet de confirmer l'origine du document, la 18e D.I., mais nous n'en connaissons malheureusement pas l'auteur exact (à moins d'arriver à déchiffrer la signature présente sur le premier extrait présenté au-dessus).

________________________________

Merci à M. Henrion pour m'avoir ouvert sa documentation familiale et pour sa confiance.


Sources photos: Collection familiale M. Henrion et collection de l'auteur

 

TrAès grande

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21 avril 2015

22 avril 1915, la guerre devient industrielle et si actuelle.

Voici un sujet primordial de ce conflit. En effet, il est une date où la guerre de 14 prit un tournant industriel et c'est bien le 22 avril 1915.
Pour rappel, tout d'abord, la guerre de mouvement dès la fin septembre 1914 disparue au profit de la guerre des positions, mais il est un autre tournant lié à l'usage d'un nouveau type d'arme que nous qualifions maintenant d'armes de destruction massive. Le 22 avril 1915, l'armée allemande utilisa pour la première fois, à grande échelle, les gaz de combat chlorés, choisissant le secteur des Flandres pour cette attaque, la jonction entre l'armée française et l'armée britannique. Certes des tentatives avait déjà eu lieu début 1915, mais l'ampleur de l'attaque du 22 avril en fait une date marquante (Sur ce sujet, on se reportera sur le lien donné en fin d'article).

Au départ, le 9e Corps d'Armée n'était pas concerné, l'Etat-major français le prévoyait pour l'attaque en Artois du 9 mai 1915. Certaines unités "moins importantes" furent tout de même impactées et ainsi, les 2 régiments de réserve, les 268e et 290e RI furent rappelés pour compléter et reprendre le terrain perdu lors de cette attaque aux gaz.

A la suite du conflit, un monument fut construit. Ce dernier fut dynamité en 1941 par la Wehrmacht. Il fallu attendre les années 60 pour que le monument soit reconstruit.

MonumentSteenstraat

Les noms des régiments de réserve du Berry y sont gravés, de part leur participation aux combats du secteur, vers Lizerne, Steenstraat, Het-Sas, ... et ce jusqu'en aout 1915, pour alors participer aux grandes offensives de Septembre 1915.

MonGaz2_1

 

Sur le sujet, je vous invite à visiter le site essentiel: http://www.guerredesgaz.fr/

 

Sources: Documentation de l'auteur

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19 avril 2015

L'album du 13 novembre 1918

Au lendemain de l'armistice, le surlendemain plus précisement, la 17e Division d'Infanterie est passée en revue aux environs du moulin d'Autremencourt, dans l'Aisne.
La fourragère est alors remise au drapeau du 90e Régiment d'Infanterie et des croix de guerre, des citations sont attribuées aux drapeaux et fanions des autres unités constituantes de la 17e Division.
On pourra retrouver le report de cette cérémonie sur le Journal de Marche et Opérations de la 17e Division d'Infanterie et sur ceux des unités qui constituent la Division.
On notera que la 17e Division est loin de ressembler à celle qui partait en 1914. 3 Bataillons de Tirailleurs Sénégalais sont alors parties prenantes de la Division et le service Infirmier est assuré par des troupes américaines.

A cette occasion, une série de cartes postales a été édité par la société Selecta, retrouvez les dans le nouvel album:


http://indre1418.canalblog.com/albums/13_novembre_1918___aisne/index.html

Il existe au moins 4 autres cartes que j'ai repéré, mais que je ne possède pas (encore).

Dans cette série, on notera la présence de la carte représentant le monument dit de l'Orme de Montécouvé (aujourd'hui disparu) et ayant trait à la dernière grosse bataille de la 17e Division (23 au 25 aout 1918).

DI017_19181113_Fourragere27eBTS

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12 avril 2015

Aout 1919: Le Retour du 90e RI à Châteauroux

Il est certains moments dont je ne peux me lasser. Alors que je l'avais découvert lors de sa présentation en 2005, je vous en avais fait fait alors part. La ville de Châteauroux, le site Ciclic.fr et la famille de M. Brimbal ont signé vendredi un accord de diffusion.

Voilà un moment important du Centenaire dans notre département. Je vous laisse découvrir le film des équipes Pathé réalisé à la demande de M. Brimbal alors propriétaire du cinéma de Châteauroux.

Il est possible de consulter et d'annoter le film sur le site de Ciclic.fr

 

Merci à la Ville de Châteauroux, à l'équipe de la Médiathèque.
Merci à la famille de M. Brimbal
Merci aux équipes CICLIC

 

Quelques photos et cartes issues de ma collection personnelle  ayant trait à cette journée

CHATEAUROUX - Fête du Retour du 90ème d'Infanterie 24 Août 1919
Dans l'attente du passage des troupes

Chateauroux_19190824_ColonelDrapeau_rectoNB
Le colonel Cambel et le drapeau passent sous l'arc de triomphe

Chateauroux_19190824_Enfants_rectoNB
le défilé des enfants

Chateauroux_19190824_Mitrailleuses_recto
Le passage des mitrailleuses

 

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11 avril 2015

Les données concernant l'Indre en 1418

Partant du principe que la compréhension des évennements qui se sont déroulés il y a 100 ans maintenant, ne peut se faire qu'au travers du partage des données, j'ai donc décidé de regrouper au sein de ce message d'entête mes relevés que j'ai entrepris depuis maintenant plus de 10 ans.

les données sont libres de droit et d'utilisation, merci simplement de citer vos sources.

Vous trouverez donc au travers de différents liens un accès aux données suivantes que je compléterai au fur et à mesure:

à suivre ...

 

N'hésitez pas à commenter pour améliorer les données et les outils.

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09 avril 2015

Une sacrée trouvaille, mais de sacrés doutes.

Au sein de l'armée, l'étendard, le drapeau de l'unité est certainement le point central autour duquel les soldats, les sous-officiers et officiers se retrouvent. Ainsi, chaque régiment d'infanterie a le sien. On retrouve ainsi un drapeau pour le régiment d'active, un pour la réserve et un pour la territoriale.

Le 24 aout 1919, lors des fêtes liées au retour du 90ème à Châteauroux, nous eûmes l'occasion de voir pour la dernière fois les 3 drapeaux des 90, 290e RI et 65e RIT. Ils avaient été réunis pour l'occasion et heureusement, les opérateurs Pathé réalisèrent un film qui est maintenant en dépot à la Médiathèque municipale de la ville de Chateauroux. En voici une capture d'écran:


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Capture écran du film propriété de la ville de Chateauroux

En 2014, le ministère de la Défense avait entrepris une opération de communication et de commémoration autour de la thématique "Une ville, un soldat, un drapeau". Pour cette occasion, il avait donc été proposé de sortir des réserves les anciens emblêmes 14/18. Malheureusement pour notre département, malheureusement pour Châteauroux, le drapeau du 90ème (Seul restant dans les réserves, seul survivant de cette époque) n'était pas sortable. Son état n'autorisait pas une exposition lors d'une céremonie.Nulles traces d'ailleurs des drapeaux des autres régiments du département: 68, 268e RI et 66e RIT.

Une acquisition récente me fait entrapercevoir un nouvel élement de la réprésentation des unités. Dans chaque régiment, se trouvaient des fanions liés soit aux bataillons, soit aux compagnies.

Voici donc le fanion du 4e bataillon du 268e RI:

 

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La première question lorsque vous trouvez un cliché est: S'agit-il de la bonne unité? Seul un scan précis permet de s'en assurer. En réalité, 3 éléments précis sont nécessaires pour parfaire l'identification.

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Quels sont ces 3 éléments?
Commençons par le fanion: Celui-ci indique "268e", 4e bataillon, "Patria". On peut deviner qu'il s'agit en réalité de "Pro Patria" et que ce doit être la devise du 4e bataillon du 268e régiment.
Le 268ème est confirmé par les numéros de pattes de col du soldat. Cependant, s'agit-il d'un régiment d'infanterie? Un 268e Régiment d'artillerie existait. Les boutons de la veste confirme le régiment d'infanterie, on devine (le mot est faible) des grenades sur la partie bombée. Nous sommes donc en présence d'un 268e RI.

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Exemple de boutons d'infanterie
A noter la représentation de grenade

S'il s'agit d'une unité d'infanterie, s'agit-il du 268e RI ou du 268e RIT? Et oui, car pourquoi faire simple lorsque l'on peut faire compliquer. Cela se complique particulièrement, car c'est là qu'intervient le verso de la carte.

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Le cachet de la poste laisse apparaitre "AVRANCH" le 26 juillet 1917 (16h45), vraisemblablement, il s'agit donc de la date et l'heure d'arrivée au bureau de destinataire.
La carte est donc annotée: "1917 Manspach Alsace"

Là, tout se complique et les certitudes tombent.
Point de 268ème RI dans ce secteur, à la date du mois de juillet 1917, ce régiment est alors dans le secteur de la route 44, dans l'Aisne.
Pourrait-il s'agir du 268e RIT? ... Pas de chances, ce régiment territorial est dissous depuis le 7 février 1917.

Le mystère reste donc entier pour l'instant, en attente d'un nouvel indice qui permettra alors de comprendre le mystère du fanion du 4e bataillon du 268e.

Sources: Collection de l'auteur

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08 avril 2015

Les cuistots du 290e RI

 Extrait du témoignage du Colonel Eggenspieler, chef de corps du 290ème RI, voici le report d'une scène de vie du front concernant un sujet d'un élément essentiel de la vie du régiment. Les cuisines.
Le cuistot, adulé ou bien maudit, est un des éléments essentiels de la vie du combattant.

Mœurs de cuistots.
Tout en prenant l'air sur le pas de la porte du P.C., j'eus l'occasion d'observer les mœurs des corvées de soupe. Quand l'heure approchait, je voyais de loin une file indienne s'amener tranquillement à travers la campagne. Une autre file, marchant en sens inverse, s'amenait de l'autre bout de l'horizon. Tous les jours, les deux files se rencontraient au même endroit. A ce moment, on posa les ustensiles de cuisine à terre, on forma le cercle et on bourra une bonne pipe. Les pipes allumées, on passa à la partie sérieuse de la rencontre, c'était l'échange des nouvelles. Ceux des tranchées racontaient les malheurs de la nuit, ceux des cuisines racontaient les derniers tuyaux du commandement ou de l'arrière. Les fameux tuyaux de cuisiniers n'étaient pas toujours si mal fondés qu'on pouvait le croire. J'y reviendrai plus tard.

L'échange des nouvelles terminé, chaque corvée reprenait ses marmites et s'en allait : l'une vers l'avant, l'autre vers l'arrière. Il arrivait quelques fois que le conciliabule était dérangé par les obus indiscrets des Allemands. Alors les cuistots ramassaient précipitamment leurs ustensiles et déguerpissaient au plus vite. Ce jour-là, les tuyaux étaient remplacés par l'histoire des obus qui les avaient pris dès la sortie du bois et qui les avaient suivis jusqu'aux cuisines.

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Boussin (à droite), revenant des "cuisines" du 290e RI, apporte la soupe en 1ère ligne
(Février 1915 - secteur du bois du Polygone)


Il arrivait que, dans leur fuite, les cuistots semaient le long du chemin une partie du contenu de leurs ustensiles. Il n'y avait pas de mal si, à l'arrivée, le déficit portait sur une denrée non appréciée, mais si, par malheur, il portait sur le pinard ou le jus, alors le malheureux porteur en prenait pour son grade. Malgré toutes ces avanies, il était rare que le cuistot rendit son tablier. Le lendemain, on le revoyait cheminer philosophiquement le long de la même piste que la veille. C'est qu'il avait la vocation de ses fonctions. Au front, comme dans la vie ordinaire, il y avait des vocations pour toutes les besognes. Et comme en temps de paix, il était heureux qu'il en fut ainsi.

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L'arrivée de la 1ère roulante au 290ème RI, 1915

Sources:
"Le 290e, un régiment de réserve du Berry" colonel Eggenspieler - Bourdier Paris 1932
Albums du 290e RI - collection de l'auteur.

 

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02 avril 2015

2 avril 1915: Welcome to the relieving troops.

Ce jour, le 2 avril 1915, le 90e RI quitte les Flandres et les 1ères lignes de Zillebeke, il est remplacé par les troupes britanniques.
Voici ce qu'en rapporte le capitaine Carpentier:

2 avril - Nous devons être relevés par les Anglais. Les Allemands n'en ignorent rien d'ailleurs. Ce matin un écriteau sortait de leur tranchée avec ces mots: "A quand la relève des Anglais?" A minuit la compagnie anglaise qui doit me relever arrive derrière un  interprète.
Le lieutenant qui la commande, un splendide gaillard, extrèmement chic, parait moins étonné de l'extrème simplicité de mon gourbi que de l'apparence brousailleuse du commandant de compagnie, moi-même. Depuis sept jours dans ce trou, sans soins de propreté, avec une capote dans l'état où les tranchées de l'Yser nous les mettaient, je devais évidemment avoir plutôt l'air d'un bandit de grand chemin que d'un officier de l'armé française. Nous nous entendimes d'ailleurs fort bien; il parlait très correctement français.

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La relève au 268ème RI, en mai 1915 - Secteur Het-Sas

Ses hommes sont éreintés. Il y a de quoi. Ils ne seront pas ravitaillés d'ici quatre jours, aussi apportent-ils munitions et victuailles pour ce laps de temps. Ils sont d'ailleurs fort bien équipés. Je leur ai laissé un sergent pour vingt-quatre heures de façon à leur faire connaitre le secteur.

Lorsque les Allemands, le lendemain, s'aperçurent de la substitution, ils dirigèrent sur les nouveaux occupants un violent tir de bienvenue. Obus, minenwerfer, rien n'y manqua.

Le 90ème RI fut alors dirigé progressivement vers Loos en Gohelle où il participera à l'attaque du 9 mai 1915, au sein de la 17e Division.

Source témoignage: Général Marcel Carpentier - Un cyrard au feu - Berger-Levrault 1963
Source iconographique: Albums du Lieutenant Jabien -268ème RI - Collection de l'auteur

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