21 mars 2015

Eugène AUBARD Un territorial dans la Grande Guerre (1915)

Le journal d'un pépère
du 65ème Régiment d'Infanterie Territoriale
Année 1915

 

Janvier 1915

1er janvier:
Le matin repos et nettoyage, le soir marche. On touche chacun 7 noix, une pomme, une mandarine, 2 quarts de vin chacun et une bouteille de champagne en quatre.

a1janv15
Une carte envoyée le 2 janvier 1915 à son fils Camille

"Envoi de Aubard Maurice - 65e Territorial - 8ème Compagnie.
1er janvier 1915
Mon cher Camille
Je suis en bonne santé et t'envois mes meilleurs
voeux de bonne année et de bonne santé
et t'embrasse bien fort.
Eugène"

Le 2:
Le matin corvée de bois. A midi école de bataillon. Les bleus sont mis à l’ordre. Pour ma part un lieutenant me dit que je porte mon fusil comme un escargot porte un parapluie.

Le 3:
Les nouveaux manœuvrent seuls, ils espèrent nous dresser, y réussiront-ils ?

Du 4 au 10:
Exercice toujours

Le 11:
Aux tranchées pour s’amuser

Le 12:
Tir à Crepy en valois

Le 13:
Tranchées le matin, le soir revue. Mauvais temps

Le 14:
Le matin et le soir exercices de tranchée, le soir à 8h marche

Les 14 et 15 janvier:
Même travail. Dans la nuit nous recevons l’ordre de marcher en avant

Le 16:
Départ à 5 h par Crepy, Villers Cotteret, nous couchons à Dampleux à 6 km de Villers Cotteret, nous arrivons à 4h du soir, distance 30km. Nous touchons du pain seulement et le lendemain matin nous touchons la viande avant de partir.

Le 17:
Nous partons à 6h et demie sans manger, nous faisons la grand’halte à 12h et demie à Toucy, arrivée à Chacrise à 5h. Nous mangeons un bifteck et espérons bien dormir après 30km. Encore à 10 h du soir sac au dos et nous partons pour Billy sur Aisne remplacer d’autres troupes. Nous arrivons trop tôt. Nous attendons 2 heures sous une averse de neige, on est tout blanc. Nous nous couchons le 18 à 3 heures du matin

Le 18:
On se lève tard. Les boches nous envoient des marmites, elles éclatent à 500 mètres de nous sur la hauteur. Nous partons à cinq heures pour Acy la Campagne. On occupe le village du Carrier et doit soutenir la 7eme compagnie dans les tranchées en cas d’alerte.

Le 19 :
Repos, défense de sortir, le soir à 10 h alerte, nous devons nous tenir prêt à partir, on se recouche tout équipés. Nous grelottons toute la nuit.

Le 20:
Même travail. A 5 h du soir je prends la garde aux issues du village, à 10 h la 6eme compagnie nous relève . Nous passons une bonne nuit.

Le 21:
Il pleut, dans la soirée des obus passent au dessus de nous et vont éclater à 1 km sur le bourg.

Le 22:
Beau temps ; Les aéros se promènent. Nous ne sortons pas. Le soir les Boches envoient des obus de nouveau. Ils tuent 5 chevaux.

Le 23:
Il fait froid. Le soir à cinq heures travail aux tranchées jusqu’à 8h.

Le 24:
Nos pièces envoient des obus à leur tour. Le soir aux tranchées de 8h à 5h du matin.

Le 25:
Nous envoyons le matin des obus sur l’Aisne. Le soir je vais au clayonnage. Les Prussiens bombardent le coteau opposé et incendient un hangar. On envoie toujours des obus, nous travaillons à la protection des phares

Le 26:
Le matin repos. A 5 heures nous partons aux tranchées notre section construit une chambre de repos. A minuit nous allons nous reposer dans un moulin

Le 27:
A 4h nous revenons au travail et continuons  jusqu’à 5h du soir. Violente canonnade, les Allemands ne répondent pas. A 8h nous partons aux tranchées, je prends la faction sur les bords de l’Aisne à Venizel. Canonnade continue une partie de la nuit. Il fait très froid. A minuit nous sommes relevés nous restons jusqu’à 6h dans les chambres de repos.

Crouy19150108

Le 28:
Nous grelottons car il a gelé très fort. Notre secteur part du pont de Venizel qui n’est pas sauté jusqu’à une sucrerie. Nos batteries continuent à envoyer des obus sur les tranchées boches au delà de Ste Marguerite. Le matin quelques coups de fusil sont tirés. J’entends siffler les premières balles. De trois à cinq heures les Allemands envoient des shrapnels dans un petit bois de l’autre côté de l’Aisne, ils éclatent à 100m de nous. On nous relève à 4 heures du soir. Bonnet est blessé. Nous mangeons dans la chambre de repos.
A ce moment les Allemands attaquent. Vive fusillade pendant 10 minutes et les nôtres très inférieurs en nombre abandonnent et reculent jusqu’à Venizel.
Nous allons nous reposer dans la chambre de repos à 1km il est 9h. A 16h sac au dos et nous revenons dans le bois où nous restons sur une petite route jusqu’au  lendemain 29 à 6 heures.
Il fait un froid terrible et c’est le 3eme nuit que je ne dors pas . toute la nuit nous trottons sans pouvoir se réchauffer on s’endort debout et on ressemble plutôt à des fantômes qu’à des hommes. Je n’ai jamais tant souffert du sommeil et de lassitude depuis trois jours que je trotte pour me réchauffer.

 venizel2
Le pont de Venizel en 1918

Le 29
A 6 heures, nous allons à la chambre de repos pour dormir mais il fait trop froid impossible de se réchauffer.
la canonnade continue . A 8h du soir nous retournons aux tranchées jusqu’à minuit. Je me repose dans un boyau qui a un mètre 30 centimètres de large et qui sert de salle à manger et de salle à coucher. Le canon peut tonner je ne l’entends pas.

Le 30 janvier
De minuit à 6h je prends la faction dans la tranchée, il fait un peu moins froid . Je retourne au boyau et dors pendant 3 heures. Au réveil ce n’est plus le même, je suis revenu à la vie. On entend quelques coups de fusil et toujours le canon . A 4 heures la fusillade commence, les Allemands sont dans le bois à 300m ils envoient des balles dum-dum, en éclatant elles font le bruit d’un coup de fouet. On leur répond et pendant un quart d’heure les balles pleuvent, nos mitrailleuses se mettent de la partie et notre 75 leur envoie quelque chose et jusqu’à six heures il fouille le bois, les obus en éclatant font un bruit de tonnerre et surtout à la fin on leur envoie des obus à la mélinite ; c’est effrayant, la terre en est ébranlée.
Je ne prends pas part à l’action nous sommes en réserve, mais j’ai la trouille tout de même pourtant je verrai pire que cela.
Nous sommes relevés à 6h et demie et nous revenons à Acy le Bas, comme je dors bien…

Le 31
Repos mais impossible de trouver de vin

Février 1915

Le lundi 1° février
Je me lève à 9h, je cous ma couverture, je mange la soupe et me recouche. Dans la soirée duel d’artillerie à 7 heures. Violente canonnade , l’écurie en est ébranlée.

Le 2
Violente canonnade à 6 heures et dans la journée nous sommes encore de repos, dégel et grand  vent, le soir toujours le canon.

Le 3
Nous prenons la garde au Jury village de la commune d’Acy

Le 4
Nous sommes relevés à 11 heures du matin, le soir repos

Le 5
Départ à 5 heures pour faire des tranchées sur les bords de l’Aisne. A 9heures on reçoit  des balles, aucun n’est atteint, les tranchées ennemies sont de l’autre côté. Nous revenons à 11 heures le soir repos.

Le 6
Calme sur tout le front à part quelques coups de canon. A 6h et demie nous partons porter des bourrées pour assainir les tranchées où l’eau monte jusqu’à mi-jambe. Retour à minuit.

Le 7
Le matin repos, à 6 heures du soir nous allons travailler aux tranchées, l’eau tombe, retour à minuit.

Le 8
A midi nous allons au bois faire des bourrées pour les tranchées retour à 5 heures du soir.

Le 9
Le jour repos, le soir aux tranchées retour le 10 à 1 heure

Le 10
A midi nous retournons à la roperie porter des sacs de ciment pour faire des abris de guetteur retour à 5 heures du soir.

Le 11
A 7 heures garde au Jury jusqu’à 5 heures du soir. A 6 heures départ pour les tranchées le soir nous sommes de réserve. Le soir à 9h en patrouille vers Venizelle retour à 11 h. Du côté de Soissons violente canonnade le ciel en est tout embrasé.

Le 12
Le jour je prends la faction. A 6h du soir départ pour les tranchées dans la boue jusqu’à mi-jambe. A minuit je prends la faction sur les bords de l’Aisne, je ne distingue rien ; dans la boue jusqu’au genou très en colère, pour peu je flanquerais le tout dans la rivière. Canonnade comme j’en ai jamais entendue.

Le 13
A 4 heures je reviens au boyau dans la boue. L’eau tombe jusqu’à midi et nous chasse, les sacs sont tous mouillés, j’ai la joue enflée et la fièvre. Il faut rester là  quand même, dans  la soirée averse, à 7 heures nous allons dans la chambre de repos.

Le 14
A 7 h je prends la faction. Il fait beau et tout sèche. A 6 h du soir nous reprenons les tranchées. Je pars à minuit  pour les tranchées au même endroit, il fait froid et c’est mouillé. A 6 heures le 15 je reviens

Le 15
Pas de repos, toujours dans la boue, nous ne sommes pas reconnaissables. A midi  les Allemands nous font un concert instrumental, ils ne s’ennuient pas. Le général de  Grandmaison vient nous voir, nous sommes relevés à 7 h et nous allons coucher à Acy le Bas.

 

Grandmaison
Le Général Loyzeau de Grandmaison en inspection le 11 février.
Il devait succomber le 19 février 1915 à Soissons des suites de blessures reçues.

Le 16:
Repos 

Le 17 et le 18 février:
Quelques corvées nous sommes en cantonnement d’alerte.

Le 19:
Corvée. Des obus tombent aux environs. Le soir nous revenons au Carrier

Le 20:
Le matin repos. Des obus tombent sur le village, pas d’accident. Le soir nous allons au bois au clayonnage, il fait très beau.

Le 21:
Repos et beau temps.

Le 22 et le 23:
Même travail.

Le 24:
Le matin nous allons chercher du bois pour la cuisine, nous abattons un arbre et l’emportons. A 150m un obus tombe juste à la place où nous étions et coupe un autre arbre. Le soir bombardement de Acy le bas ; plusieurs maisons sont abîmées

 A partir de ce jour la flemme me prends et j’oublie d’écrire ; en tout cas se sont les impressions d’un « bleu »

Mars 1915

Le 30
Nous prenons les tranchées à la sucrerie , averse de neige jusqu’à minuit

Le 31
Il fait froid mais beau

Avril 1915

Le 1er:
Forte gelée, le matin beau , dans la soirée fort bombardement.

Le 2:
Forte gelée. Un aéroplane allemand est abattu entre Serches et  Ambrief. Le soir à dix heures je fais une patrouille, rien à signaler.

Le 3:
Un peu d’eau une partie de la journée, nous sommes relevés à 8 h du soir, il pleut

Le 4:
Jour de Pâques, nettoyage, revue. A 6h le soir je prends la garde au carrier aux issues. Il pleut toute la nuit et le matin

Le 8:
La Couvrelles, Serches, Acy le haut deux jours. Chacrise  7 jours travail de nuit. Maast et Violaine un jour

Le 27:
Départ pour Puiseux 30km très chaud

Le 29:
Départ pour Ambleny 18km

Mai 1915

Exercice jusqu’au 6 mai

Le 6:
Départ pour le travail. Vingré par Roches. Je vois les bombes pour la première fois. On part à 2 h du matin et revenons à 9h du soir, averse avec tonnerre

 

CarteEM_Vingre
Carte Etat-Major 1/80.000e Secteur Ambleny - Vingré

Le 7:
Nous devons partir à la même heure et au même endroit. Je vais à la visite et on m’arrache une dent.

Le 8:
Nous retournons à Vingré au même travail. Nous recevons des obus, plusieurs n’éclatent pas.

 

Vingre_FermeAmory
Vingré - Intérieur bombardé de la ferme Amory

 

Nouvron_FermeConfrecourt
Ruines de la Ferme de Confrécourt

Le 9:
Repos

Le 10:
Départ d’Ambleny pour le Port-Fontenoy. Nous couchons dans une ancienne carrière

Le 11:
Nous allons porter le manger  au 40eme de ligne dans les tranchées. En sortant nous sommes saluées par une rafale de 77, pas d’accident.

Le 12:
Nous continuons

Le 13 mai:
Encore le matin nous sommes arrosés pendant tout le trajet par les obus, nous portons la soupe quand même et personne n’est touché. Le soir à 8 heures : de garde.

Le 14:
Continuation de la garde

Le 15:
Nous portons les vivres à la 6eme compagnie ;  pendant le repas nous recevons des gros obus à quelques mètres de la tranchée, pas d’accident. Le soir nous prenons la tranchée à notre tour

Le 16:
Beau temps, bombes très près

Le 17:
Pluie

Le 18:
pluie et toujours des bombes. Le soir à 3 heures les Allemands attaquent un petit fortin, vive fusillade et ça nous vaut de l’alerte la nuit et le 19.

Le 19:
Dans la journée le 77 nous rend visite, pas d’accidents.

Le 20:
En alerte toute la nuit, journée calme et beau temps. Le soir vers 9 heures nouvelle attaque du fortin et pendant un quart d’heure vive fusillade et grenades une partie de la nuit ; fusillade de temps à autres, nous restons tous jusqu’à 3h1/2 du matin

Le 21:
Beau temps, toujours quelques shrapnells.

Le 22:
journée assez calme, nous sommes relevés le soir et ma demi section prend la garde à Fontenoy.

Le 23:
Garde jusqu’à midi et nous partons dans un bois jusqu’au soir, départ à 8 heures et arrivée à St Pierre d’Aigle à 2 heures du matin

Le 24:
Nous repartons à minuit et arrivons à Muret les Crouttes à 7 heures

Les 25  26  et 27:
Repos

JMO 169e BI
Mardi 25 mai 1915
Le 2e bataillon du 65e vient entre 8 et 9 heures occuper les cantonnements suivants:
5e et 8e Cies: Les Crouttes
6e Cie: Muret
7e Cie: Hartennes
Le 3e bataillon et l'état-major de régiment relevés de la première ligne, vient cantonner à Saint-Pierre Aigle
et Dommiers

Le 28:
Au travail au dessus de Serches

Le 29:
Pareillement, nous faisons 20 km par jour.

Le 30:
Départ pour la ferme de la Siege, commune de Couvrelles

Le 31:
Toujours au travail.

Juin 1915

Le 1er:
Nous travaillons à 1 kilomètre, il fait très beau et chaud

Les 2  3  4 et 5:
De même, nous continuons les chambres de repos pour l’artillerie.

Le 6:
A 1h départ pour les Crouttes, arrivée à 3 heures. Toute la matinée le canon tonne sans arrêt, nous sommes en alerte et devons être prêts à partir au premier moment

Le 7:
Le matin corvée de lavage, toujours en alerte, il fait très chaud

Le 8:
Toujours aux Crouttes nous partons le soir pour le Siege

Les 9  10  11  12:
Toujours au travail

JMO 85e DIT - 10 juin 1915
Par ordre général n°160 en date du 9 juin du Général commandant la 6e armée, la 85e Division est disloquée.
Les 65 et 66e Régts deviennent la réserve d'infanterie du 37e CA (ex 5e groupe de Divisions)
Le 67e Régt passe à la réserve d'infanteire du 7e CA
Le 68e Régt passe à la réserve d'infanterie du 35e CA
L'artillerie de la Division est placée sous les ordres du colonel Cdt l'artillerie du 37e CA

Les 65 et 66e RIT sont donc affectés au 37e Corps d'Armée, et forment la réserve d'infanterie du CA. On notera que ce changement d'affectation n'impacte en rien le journal d'Eugène. Aucune mention, le travail continue.

Le 13:
Corvée de lavage le matin, le soir au travail

Le 14:
Aussi au travail

Le 15:
Nous partons à 1 heure pour les Crouttes, le soir départ des Crouttes à 6 heures du soir , nous passons par Muret, Nampteuil, Chacrise, Ecurie Septmont et nous arrivons à Berzy le Sec le 16 à 2 heures, nous y restons jusqu’au 21 

Le 21 juin:
Je prend la garde, départ à 5 heures et arrivée à Hartennes à 8 heures. Repos jusqu’à midi et départ pour le travail. Nous fendons du bois et le portons dans un champ et chargeons les camions.

Du 22 au 27:
Même travail, pluie le 24 et le 25

Le 28:
Au soir départ pour Saconin par Chaudun et Missy, arrivée à minuit.

Le 29:
Départ pour le travail à 7 heures du soir, et retour le 30 à 5 heures.. Nous travaillons à quelques kilomètres de Soissons auprès de Pernan.

Juillet 1915

Du 1 au 3:
Même travail de jour, départ à 3 heures et retour à 17 heures

Le 3:
En arrivant nous prenons la garde à six heures jusqu’au lendemain à 12 heures

Les 5  6 et 7:
Départ et retour à la même heure

Le 8:
Repos
Tous les jours Saconnin reçoit quelques obus mais sans accident

Du 9 au 13:
Toujours au travail 

Le 14:
Repos, beaucoup d’eau. On a son litre et l’ordinaire est amélioré. Sitôt le repas du soir terminé, les Allemands nous envoient le dessert : un obus coupe un peuplier pas loin de nous. Le soir la pluie recommence.

Le 15:
Repos de jour, le soir violent bombardement, nous n’avons pas de pertes. Le soir travail de nuit

Du 16 au 18:
Travail de nuit et toujours entre Soissons et Fontenoy

Du 19 au 22:
Même travail

Les 23, 24 et 25:
Même travail et pluie, temps froid

Les 26,27 et 28:
Je vais à la visite pour les palpitations et il fait mauvais temps

Le 29:
Toujours à la visite . Beau temps aussi les avions en profitent et ils sont fortement canonnés. Le soir violent bombardement  mais pas d’accident.

Les 30 et 31:
Exempt de service

Août 1915

Le 1er:
Le matin les Boches arrosent nos batteries qui sont sur la hauteur

Le 2:
Au matin je fais la lessive. Le soir pluie

Le 3:
Travail de jour

Le 4:
Je vais au travail le jour toujours du côté de Pernan

Les 5, 6 et 7:
Travail de nuit

Le 8:
Repos

Le 9:
Travail de jour, nous recevons de marmites

Le 10:
Repos

Le 11:
Départ de Saconin à 8 heures du soir, arrivée à Chaudun à 11 h

Le 12:
Nous restons à Chaudun

Le 13 août:
Départ à 4 heures pour Maast par Droizy et Muret les Crouttes. Arrivée à 10 heures

Le 14:
Repos

Le dimanche 15:
Exercice et défilé devant le colonel

Le 16:
Exercice toujours et vers midi violent orage

Le 17:
Marche manœuvre par Cury et Branges

Les 18 et 19:
Exercices

Le 20:
Marche par Launoy, Arcy Ste Restitue, Branges, environ 16 km

Le 21:
Exercice

Le 22:
Repos, corvée de lavage

Le 23:
Manœuvre vers Muret, il fait très chaud

Les 24 et 25:
Le matin manœuvre et le soir exercice

Les 26 et 27:
Toujours exercice

Le 28:
Repos et revue départ pour  Serches à 7 heures du soir, en route violent orage, on se mouille un peu. Arrivée à Serches à 9 heures

Le 29:
Repos, installation

Le 30:
Nous allons au travail vers Acy le haut

Le 31:
Aussi

Septembre 1915

Le premier:
Aussi

Les 2, 3 et 4:
Toujours au travail

Le 5:
Repos

Les 6, 7, 8, 9:
Toujours au même endroit, beau temps

Le 10:
Le matin travail, de garde le soir jusqu’au 11 à 18 heures, beau temps, nuit froide

Du 12 au 24
Toujours le même travail

Le 24:
A 11 heures ordre est donné de rapporter les outils et le soir nous allons entendre le commandant qui nous lit la proclamation du généralissime:

« Soldats de la République ! Après des mois d'attente qui nous ont permis d'augmenter nos forces et nos ressources, tandis que l'adversaire usait les siennes, l'heure est venue d'attaquer pour vaincre et pour ajouter de nouvelles pages de gloire à celles de la Marne et des Flandres, des Vosges et d'Arras. Derrière l'ouragan de fer et de feu déchaîné grâce au labeur des usines de France, où vos frères ont nuit et jour travaillé pour vous, vous irez à
l'assaut tous ensemble, sur tout le front, en étroite union avec les armées des Alliés. Votre élan sera irrésistible.
Il vous portera d'un premier effort jusqu'aux batteries de l'adversaire au-delà des lignes fortifiées qu'il nous oppose.
Vous ne lui laisserez ni trêve ni repos jusqu'à l'achèvement de la victoire. Allez-y de plein cœur pour la délivrance du sol de la patrie, pour le triomphe du droit et de la liberté. Joffre. »
J. Joffre, 24 septembre 1915

Le 25:
En alerte, mauvais temps

Le 26:
Je fais la lessive. A 10h nous recevons l’ordre de départ pour 15 heures, nous arrivons aux Crouttes par le Mont de Soissons, Violaines, Maast à 17 heures.

Les 27 et 28:
En alerte

Le 29:
Revue par le colonel au dessus de Violaines

Le 30:
Présentation du drapeau le soir

Octobre 1915

Le premier:
Exercice

Le 2:
Départ pour Violaines à 7heures et demie, le soir exercice à 1 heure

Le 3:
Repos

Le 4:
Exercice

Le 5:
Travail

Le 6:
Exercice

Le 7:
Travail

Le 8:
Exercice

Le 9:
Toujours travail du côté d’Acy le Haut à 9 kilomètres

Le 10:
Repos 

Le 11:
Exercice

Le 12:
Travail

Le 13:
Tir

Le 14:
Repos

Le 15:
Départ de Violaines à 2 h du soir par Nampteuil, Muret, droizy, Chaudun, Cravançon arrivée à Dommiers à 8 h, distance 20 km

Le 16:
Départ de Dommiers à 6h du soir par Cravançon Mersin, nous prenons les tranchées à l’arrivée à 9h du soir. Je prends sur les bords de l’Aisne jusqu’au 17 à deux heures.

Le 17:
Brouillards toute la nuit et la journée. A 6h du soir nous faisons une patrouille sur les bords de la rivière et ensuite je prends la faction jusqu’à minuit. A 7 heures quelques coups de fusil entre les sentinelles opposées et une patrouille ennemie qui avait traversé en barque, finalement ils se retirent laissant un blessé et un prisonnier.

Le 18:
A midi je prends à la maison du pécheur jusqu’à minuit. Il fait froid

Le 19:
Repos toute la journée, je ne prends qu’à minuit au poste 8

Les 20, 21 et 22:
Même chose

Le 23:
Nous faisons une patrouille sur les bords de l’Aisne par le brouillard et nous rentrons tout trempés jusqu’au genoux.

Le 24:
Nous revenons à Mercin, je vais à la visite

Du 24 au 30:
Travail de nuit et faction jusqu’à minuit

Le 31:
Nous retournons aux tranchées, le soir à six heures patrouille et poste 8 jusqu’à minuit

Novembre 1915

Le premier:
Mauvais temps, à minuit à la cabane du pécheur jusqu’au lendemain à midi

Le 2 et le 3:
Faction au même endroit

Le 4:
Jusqu’à midi de même , à minuit au poste 10

Le 5:
Poste 10 jusqu’à 6 heures, a minuit de garde aux abris jusqu’à 6 heures

Le 6 novembre:
Dans la soirée travail et patrouille

Le dimanche 7:
Le matin corvée et à midi au pécheur jusqu’à minuit

Jusqu’au 24:
Toujours le même travail

Le 24:
Le soir patrouille, nous recevons quelques coups de fusil, pas d’accident.

Le 25:
Aussi, nous ripostons et tout se passe bien

Décembre 1915 

Le premier:
Nous sommes relevés par le 66ème territorial à 8 heures du soir par la pluie et nous allons coucher à Dommiers par Vaux, Saconin.

Le 2:
Arrivée à 1 heure du matin

Le 3:
Nous repartons à 6 heures et la pluie ne cesse pas de la journée, arrivée à Maast par Chaudun, Hartennes, Droizy et Muret à midi.

Le 4 et le 5:
Toujours la pluie et repos
Rien d’important jusqu’au 25

Le 26:
Départ en permission de Maast à 5 heures. Nous partons de Chacrise à 7 heures par Oulchy, la Ferté Milon, Meaux et gare de l’est. Petite promenade à Paris et  déjeuner 80 rue Traversière, retour par le métro et départ de la gare de l’est à 16h35.

Permission

 

L'année 1916

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20 mars 2015

Eugène AUBARD Un territorial dans la Grande Guerre (1914)

Il s’agit là d’une reprise de ce que j’avais entrepris, il y a plusieurs années, à savoir la confection d’un site dédié aux régiments de l’Indre et que j’ai depuis abandonné. Je reprend donc le contenu de ce site et au travers de plusieurs messages je vais reporter le journal d’un territorial du 65ème RIT. Chaque année du conflit fera donc l'objet d'un message spécifique et sera diffusé chaque jour à venir.

journal E Aub 2


Issu d’un carnet complété lorsqu’il en avait le temps ou l’envie, notre territorial au travers de son récit nous permet de mieux visualiser ce qu’endurèrent nos aïeux. Point de grande littérature, ce carnet ne vous permettra pas de bouleverser notre vision de l’époque, mais il vous permettra de découvrir notre soldat.

Vous n’y trouverez pas de récits de combats, d'envolées lyriques, de relations d’exploits guerriers, mais la vie monotone des territoriaux et les souffrances d’un pauvre bougre qui a fait ce qu’on lui a dit de faire, en silence et sans se plaindre. Le texte est succint, se limitant parfois à quelques mots pour résumer les faits subis. En deux ou trois occasions cependant vous trouverez un sentiment de détresse, d’impuissance et de « ras le bol » mais toujours à mots couverts. Par pudeur on ne se plaint pas ; la "territoriale"  c’est la "planque", d’autres souffrent plus.

.eugene aubard en 1898 au 90°RI
Eugène Aubard
90ème RI - Service militaire en 1898

Voici donc Eugène Aubard, qui, comme souvent en Berry avait pour prénom …. Maurice, Eugène étant le prénom usuel, pas celui de l’état-civil.
Il est né en 1877 à Sarzay (36), une petite commune rurale qui fut si chère à George Sand, lors de ses séjours en vallée noire.

Sarzay


En 1914, il a été mobilisé comme des millions de français, mais trop âgé il a été versé dans la territoriale (les "pépères") ce qui lui a évité de faire partie des combattants de première ligne et lui a certainement sauvé la vie. De 1914 à 1918, il a été cantonné dans la région du "Chemin des dames" entre Soissons (02) et Reims (51) et a tenu jusqu’en janvier 1918, sur un petit carnet, un journal écrit au crayon d’une petite écriture fine et régulière. Ce journal a été pieusement conservé par son fils et est parvenu jusqu’à son petit fils.
Ce journal s’interrompt en janvier 1918; évacué sur Brest (29) avec une importante tumeur à un œil, il y est soigné et ne remontera plus au front. Il passera le reste de la guerre au dépôt de son régiment à Châteauroux (36) à garder les voies ferrées.

Revenu de la guerre affaibli, il contactera une maladie pulmonaire et, malgré des cures à la Bourboule en 1922, 1923 et 1924, Il décédera en 1925. Son décès interrompra les études de son fils Camille qui, destiné à devenir instituteur, reviendra à 17 ans en tant que chef de famille reprendre la petite exploitation agricole au village du Ponderon, commune de Sarzay.

Je tiens à vivement remercier le petit-fils d’Eugène Aubard qui m’a transmis ce carnet. S’il se reconnaît, qu’il n’hésite pas à me recontacter, j’ai honteusement perdu ses coordonnées.

AVERTISSEMENT: La transcription des carnets a été effectuée telle qu'elle. Une fois mise en parallèle avec les Journaux de Marche, elle laisse apparaitre un décalage de date. Le parti pris de ne pas corriger et de laisser les textes tels quels, est volontaire.

 

Le journal d'un pépère
du 65ème Régiment d'Infanterie Territoriale
Année 1914

Octobre 1914 (à cette date, selon le JMO, la division est cantonnée dans le camp retranché de Paris)

16 octobre 1914:
Départ de Chateauroux à 2 h du soir. Issoudun, St Florent, Bourges, Saincaize, Nevers, Le Creusot, Montchanin,Gray Hte Saône arrivée le 17 à 7 h du matin.

Le 17:
Au lieu de se diriger vers Besançon comme nous en avions reçu l’ordre nous reprenons le chemin de Paris. Départ de Gray à 10 h, arrêt à Culmont-Chalindrey, départ à 3 h et demie Langres, Chaumont, Bar sur Aube, Troyes, Noisy le sec

Le 18:
arrivée au Bourget le 18 à 4 heures. Départ à 2h du soir. Crepy en Valois, arrivée à Villers Cotteret à 9 heures du soir.

Le 19:
Départ le 19 à 8 heures arrivée à Vierzy à 10h. Départ à pied arrivée à Saconin à 3 heures.

Le 20:
Repos. Nos aéros survolent les lignes allemandes, violente canonnade contre eux sans résultats du reste. Les copains sont partis aux  tranchées. Ils reçoivent des obus, pas d’accidents.

Le 21:
Début, l’eau tombe, il tonne beaucoup

22 et 23:
continuation de la canonnade, nous brûlons un village

24:
départ de Saconin, nous couchons aux Puiseux, mal couché

Décembre 1914

Le 16:
très froid à l’arrière

 JMO 85e DIT:
Situation d'ensemble de la 85e Division Territoriale au moment où elle aborde la période ses opérations actives.
16 décembre 1914 – Ordre de bataille

La division a été mobilisée à Châteauroux du 2 au 8 aout; elle est arrivée dans le camp retranché de Paris, le 9 aout. En dehors de l'adjonction temporaire des 86 et 87e Territoriaux (29 aout) n'a été modifiée que dans les détails. Il est, à la date du 16 décembre, le suivant:
Général de division Chapel, commandant la 85e divisionnaire
Commandant Lipman, chef d'état-major

Médecin principal de 2e cl. Péradon, directeur du Service de santé
Adjoint à l'intendance Bernal, directeur de l'Intendance
Payeur particulier Lévêque, chef du service du Trésor et Postes
169e brigade d'infanterie: Général Martineau
                65e régiment d'infanterie territorial: Lt Colonel Knoll
                66e régiment d'infanterie territorial: Lt Colonel Moret
170e brigade d'infanterie: Général Tariel
                67e régiment d'infanterie territorial: Lt Colonel Baguery
                68e régiment d'infanterie territorial: Lt Colonel De Castries
Artillerie divisionnaire: Capitaine Faybesse
                1 groupe de 75: 41, 42, 43e batteries du 32e régiment
7 et 8e escadrons du 7e Hussards: Chef d'escadrons Du Laurens
Groupe de Brancardiers divisionnaires et Ambulance (20e Train et 22e section d'infirmiers)

Le 25:
départ 25 Villers Cotteret, Crepy en Valois, arrivée à Trumilly à 4 h, distance 30km, très fatigué, rien à manger, pas de bois, pas de vin. Couché dans un grenier très froid. Mauvais Noël.

JMO 85e DIT
Etat sanitaire de la 85e DIT - Rapport décadaire du médecin divisionnaire.
Crepy, le 25 décembre 1914
L'état sanitaire a été satisfaisant pendant les mouvements de troupe occasionnés par le changement des cantonnements.
A la suite des marches, le nombre des maladies n'a pas augmenté sauf pour le 68e régt dans lequel cette augmentation a persisté et se manifeste encore bien qu'en résumé, l'état n'y soit pas mauvais. Je dois signaler que c'est justement ce régiment dont les cantonnements laissent le plus à désirer. Les défectuosités de ces cantonnements ont été signalées et ils ont été améliorés, surtout au point de vue de leur tenue et de leur hygiène.
D'ailleurs, la création d'équipes sanitaires facilitera considérablement la tâche et on devra exiger qu'à l'avenir, les abords des cantonnements sur les feuillées soient tenus dans un état d'extrême propreté. Le cantonnement du 67e régt est très bien installé sous tous les rapports. ceux du 66e régt sont satisfaisant. Le 65e régt prendra possession de ses cantonnements ce soir et ils seront surveillés d'une façon particulière en raison de l'apparition dans une des  compagnies de quatre cas de fièvre typhoïde qui remontent déjà à quelques jours et sans qu'il y ait de nouveaux cas signalés.
L'état sanitaire a été malgré le temps pluvieux et de brouillard, assez satisfaisant.
On constate surtout des affections saisonnières:
Grippes sans caractère infectieux, angines simples, bronchites et rhumatismes.
L'alimentation ne laisse rien à désirer.
Signé: Péradon

Les 26  27  28:
On ne fait pas grand chose. Mauvais temps.

Le 29:
de garde, nous avons un bon poêle, bonne journée

Le 30:
continuation de la garde jusqu’à 11 h. Le soir repos.

Le 31:
Mauvais temps, changement de cantonnement, arrivée à Rocquemont

 

L'année 1915

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17 mars 2015

De camp en camp, une vie d’internés civils, la famille Valentini. (Réactualisé 2015)

L’objet de ce blog est de partager les informations entre toutes les personnes intéressées par ce vaste sujet que fut la 1ère Guerre Mondiale. Parfois, cela va au-delà de mes espérances.

En 2012, je faisais part de la trouvaille de 3 clichés inédits de ce camp que l’on appelait « de concentration » qui se trouvait à Bitray et concernait les populations civiles étrangères provenant des pays ennemis. Je vous laisse redécouvrir ce message par le biais de ce lien : Le camp de concentration des étrangers de Bitray

Il y a peu, je reçus un message d’Emmanuel qui me signalait qu’il avait des informations concernant ce camp et plus précisément 2 clichés concernant sa famille qui fut internée à Bitray.

Originaire de l’Italie austro-hongroise, la famille Valentini émigra en France vers 1880 , ils s’installèrent dans le XVe arrondissement. Gioachimo travaillait alors à Paris comme déchargeur de péniche, quai de Javel, comme su si bien le représenter Claude Monet:

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Sources: Musée d'Orsay

Avec sa femme Mélania (née Pinamonti), ils eurent 14 enfants, seuls 9 étaient vivant en 1914 dont un, Auguste, né en Italie et qui y resta. Celui-ci fut d’ailleurs enrôlé dans l’armée austro hongroise.
En cette mi-1914, donc, suite à la déclaration de guerre, les familles d’origine allemandes ou austro hongroises installées en France furent internées. Toutefois, il leur fut proposé d’être libérés si un des membres de la famille s’engageait dans l’armée française. Cette proposition fut refusée par la famille Valentini, car les parents ne voulaient pas que deux de leurs enfants puissent se retrouver face à face au combat.

Après un séjour à Poligny (77), la famille fut dirigée sur le département de l'Indre, séjournèrent tout d'abord à Saint Gaultier où la Collégiale servit de lieu d'hébergement et furent ensuite dirigés vers le camp de Chateauroux. Leur fille ainée Irma, mère d’une petite fille, fut libérée car son mari, également Italo-Autro-Hongrois avait accepté de s’engager dans l’armée française, comme maréchal-ferrant. Celle ci vint plusieurs fois les visiter, leur apporter de nouveaux vêtements. Lors d’une de ces visites d’Irma, des clichés furent pris, d'autres lors du séjour indrien.

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La famille Valentini à Bitray

Sur ce premier cliché, la famille Valentini est présente.
La personne à table avec la casquette est Gioachimo Valentini, originaire de Tassullo dans le Trentin, dépendant alors de l’empire d’Autriche Hongrie. En face de lui, sa femme Melania Pinamonti. Autour d’eux, leurs enfants, tous nés en France, sauf Auguste, enrôlé dans l’armée Austro Hongroise.
On y voit également leur fille ainée Irma (debout à gauche), venue les visiter, avec sa propre fille ainsi que tous les enfants du couple Valentini : René, Hélène, Marie, Olga, Blanche, Robert et Irène les autres enfants. René, en âge de combattre et passa toute la durée de la guerre en camp et ne fut libéré que fin 1918.
Olga, née en 1902, la grand-mère d’Emmanuel (mon correspondant), est assise sur le banc au premier rang avec une de ses jeunes sœurs.

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Les femmes et les enfants internés à la collégiale de Saint-Gaultier

Sur le deuxième cliché, on retrouve les familles qui furent internées à Bitray, mais dans un autre cadre. Grâce à Christine Méry-barnabé, historienne locale spécialisée sur le sujet, nous savons que ce cliché a été pris à Saint-Gaultier, juste avant le transfert vers Bitray.

Nous sommes loin du décorum cité par le « journal de Lauzanne » (voir article de 2012 cité plus haut). La paille et la promiscuité sont alors de rigueur et le confort spartiate.

La famille fut maintenue en camp, à Châteauroux, presque 2 ans avant d’être transférée à Guérande.
Vers 1917, Gioachimo Valentini ayant 60 ans, il y eu un échange de prisonniers civils. Ils partirent alors en Autriche, où ils se retrouvèrent à nouveau en camp, car le village d’origine était zone de combat, et que leur statut de minorité italienne les rendait peu sûrs aux yeux des autorités.
Concernant les conditions de vie au camp de Bitray, Emmanuel en entendit parler toute son enfance par sa grand-mère Olga et ses soeurs. Aujourd’hui, celui-ci possède un captage audio du témoignage d'Olga, qui lui conta son séjour à Bitray, peu avant que celle-ci ne décède en 1996, celle-ci se souvenant des détails sur les conditions de vie dans ces camps, en particulier à Châteauroux : Le couchage, la nourriture (une boule de pain de 10 à 15 cm de diamètre par jour, pour quatre) entre autres.

_____________________________________________________________________

Actualisation 2015:
Emmanuel, m'avait transmis un document important que je n'avais jusqu'alors pas diffusé. Il s'agit là d'un troisième cliché qui fut pris à Bitray, le long de L'indre, la rivière où les familles pouvaient se laver et laver leur linge.
Emmanuel, donc, a identifié les différents membres de sa famille.

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Au cours du colloque qui eut lieu en 2014 à Châteauroux, Jean Louis Laubry, ancien directeur du Centre d'Etudes Supérieures de Châteauroux, fit une intervention remarquée et très instructive concernant le camp de Bitray. Le compte-rendu sera publié cette année par le CREDI.

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Merci à Emmanuel pour sa confiance et son accord pour accéder aux archives familiales.

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14 mars 2015

Une question récurrente : Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant la Guerre 14/18?

Pour y répondre, on pourrait se contenter des chiffres avancés par la presse de l’époque.

Journal
Journal du Département de l’Indre – 7 novembre 1932 – collection AD36 R909_3

 

Lors des recherches entreprises, il n’a pas été possible de retrouver une source officielle indiquant le nombre de décès, mais surtout indiquant la procédure et les sources d’un tel chiffre.
Tout d’abord, avant de commencer un éventuel comptage, il est nécessaire de définir qu’est ce qu’un Indrien ?

  • S’agit-il d’un natif ? Mais s’il est resté juste un mois, est il encore du département?
  • S’agit-il d’un résident ? Combien de temps faut-il résider pour être comptabilisé?
  • A-t-il eu son acte de décès transcrit dans le département ? Certains soldats morts dans des hôpitaux du département eurent leur acte de décès transcrit sur le lieu même, ainsi le tirailleur LAMA Bamba dont la transcription eut lieue à Argenton.
  • Doit-on considérer le moment du recrutement militaire comme position de référence ? Châteauroux ? / Le Blanc ? Mais dans le cas de ce dernier lieu cela englobe aussi des cantons d’Indre et Loire et de la Vienne.

A vrai dire, je ne sais clairement le définir, et la solution de facilité consisterait à se limiter aux sources rapidement accessibles et ainsi de se contenter des natifs du département issue de la base de Mémoires des Hommes.

Reprenons maintenant, les différents fonds répertoriés et connus :

Les monuments aux morts : Sources la plus visible, elle permet d’obtenir une liste de 11.775 noms sur les 248 communes du département. Ce comptage a des limites en l’absence d’écrits sur l’élaboration des listes. On ne peut que constater des incohérences (noms sur plusieurs monuments, noms inconnus, certaines familles refusèrent l’inscription de leur enfant sur le monument communal). Le chiffre issu des monuments a vraisemblablement inspiré le journaliste de 1932.

Ce chiffre est cependant à prendre avec précaution, c’est notamment celui-ci qui permettait de calibrer la subvention versée par l’Etat aux communes.

Le Livre d’or départemental : Le texte de loi régissant ce Livre d’Or, étant plus strict dans son application (uniquement natif ou résident), il serait vraisemblablement une meilleure source que celui régissant le monument où le Maire était plus libre pour l’inscription (Certains non-Morts pour la France furent inscrits, mais dans la commune d’à côté). La mise en ligne (partielle*) des Livres d'Or par le site des Archives Nationales permet de cibler 9.257 noms.
* Certaines communes ne sont pas complètes sur le site des Archives Nationales (Aigurande, Ambrault, Anjouin, Ardentes, Argenton, Arthon, Azay, Bagneux, Le Blanc, Les Bordes, Bouesse, Bouges, Buxeuil, Buzançais, Chabris et Chaillac), le chiffre annoncé est donc un chiffre bas.

Le site Mémoires des Hommes : Les critères de recherche sont multiples, mais le seul champ actuellement renseigné est celui du département de naissance. Les fiches accessibles sont celles des soldats « Morts pour la France », mais il existe aussi un deuxième fichier accessibles dit des « Non mort pour la France » qui a été rajouté, il y peu (Pour information, ce 2ème fichier contient aussi des MPLF). On obtient donc 11.388 cas de d'inatifs de l'Indre.

Les fiches matricules : Celles-ci étant actuellement inaccessibles et de plus, la base étant le recrutement militaire (Chateauroux et Le Blanc), les fiches sont réparties sur plusieurs départements en ce qui concerne le recrutement du Blanc, il est actuellement impossible d’établir une étude fiable, car de plus cela nécessiterait de compulser un très grand nombre de fiches matricules, une à une.

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A noter que depuis la rédaction de cet article, la mise en ligne des fiches matricules a été effectuée courant été 2016


 

Le diplôme de Mort pour la France : Aux Archives départementales, en série R892, deux cahiers comptabilisent les remises de diplômes qui furent transmis aux communes pour être remis aux familles de soldats « Mort pour la France ». Cette liste s’arrête en 1924. Le compte est alors de 9.449 diplômes remis. Il s’agit donc là du chiffre bas de notre estimation, certaines fiches n'ont qu'un lien ténu avec le département. On visualise, par exemple, des cas concernant des familles de réfugiés des territoires occupés qui reçurent les diplômes sur le lieu de leur hébergement, donc dans le département.

 

De telles incertitudes ne permettent pas actuellement d’annoncer un chiffre précis. L’étude en cours consiste donc en un subtil recoupement entre toutes ces sources, tout en définissant un cadre strict. En l'état du dépouillement, nous arrivons à quelques 13.600 cas différents, induisant, à coup, sur que le nombre est inférieur. Le 11.500 de la presse de l'époque est donc encore valable.

Je vous livre ci-dessous ma liste (toujours en évolution) des 13600 cas relevés, elle est présentée sous la forme d'un monument virtuel au travers d'un blog à la mode "Il y a 100 ans". Les points d'entrées sont multiples. Les 4 sources utilisées sont:

  • Mémorial Gen Web (Monuments aux morts)
  • Les Livres d'Or du département de l'Indre
  • Les listes du Diplome des Morts pour la France (dépouillement toujours en cours)
  • Les fiches Mémoires des Hommes (Morts pour la France et non Morts pour la France)

Comme il ne m'appartient pas de définir qui est un Indrien (natif? résident? ...), tous les cas concernent le département de l'Indre plus ou moins directement. Par exemple vous trouverez les noms de soldats du Nord de la France, dont les familles hébergées dans l'Indre pendant le conflit reçurent le diplome de MPF sur leur lieu d'hébergement (donc dans l'Indre).

Le site des soldats du département de L'indre

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10 mars 2015

Châteauroux 1917 - Les 10 neveux d'un oncle de 10 ans.

Feuilletant ma collection de numéros de la revue "L'Illustration" allant de 1914 à 1919, je suis tombé sur une charmante photo qui m'a tout de suite attirée l'oeil. Bien m'en a pris, elle avait trait à une famille (modèle) catelroussine:

Illustration - 8 décembre 1917

Le nombre des belles familles est encore, heureusement, assez élevé en France pour qu'il nous soit matériellement impossible de les citer toutes en exemple et de les présenter, ici, aux lecteurs de notre journal. Nous avons même du nous imposer comme règle, en présence des multiples documents qui parviennent au sujet des foyers prolifiques, de ne pas faire état des photographies de familles réunissant moins de douze enfants. Nous ferons pourtant, aujourd'hui, une exception en faveur de cette brochette de bambins parce qu'elle présente la particularité de ranger en bataille, derrière un enfant qui n'a pas encore atteint sa dixième année, une imposante escouade de fillettes et de garçonnets qui sont ses nièces et ses neveux. La photographie n'est d'ailleurs pas complète, une nouvelle nièce étant venue, au mois de septembre dernier, parfaire cette brillante série. Cette jolie famille habite Châteauroux. ces enfants ont le bonheur de possèder leur parents, leurs grands-parents et une arrière grand-mère de quatre-vingts ans, alerte et pleine de santé. Les deuils de la guerre n'ont pas épargné ce foyer, mais c'est précisement la récompense des familles nombreuses de pouvoir se resserer tendrement leurs rangs pour combler les vides laissés par de chers disparus. et dans ce moment où les coups du destin sont cruels, n'est elle pas magnifiquement armée contre la mort, la famille française qui peut regarder ce charmant escalier de petites têtes blondes et brunes monter si joyeusement vers la vie?

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Les belles familles: Un oncle de dix ans et neuf de ses neveux

En cette fin 1917, la propagande nataliste bat son plein. Tout est bon pour inciter à procréer une nouvelle génération qui viendra prendre la place des défunts.
Quelle est donc cette famille? Point de nom cité. Au vu des tenues, des jouets, nous ne sommes pas dans un cadre ouvrier ou paysan, mais bien, au sein d'une famille bourgeoise de l'époque.

Amis castelroussins
Saurez-vous retrouver cette famille? Je vous laisse la main.
N'hésitez pas à commenter ci-dessous

 

Sources: L'Illustration - 8 décembre 1917

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08 mars 2015

Les livres d'Or du département de l'Indre

Une source de documentation relative aux Morts pour la France du département est accessible en ligne sur le site des Archives Nationales. il s'agit des listes communales ayant été établies pour le projet de Livre d'Or. Je me permet de citer l'explication qui en est faite par le site des Archives nationales:

"Par la loi du 25 octobre 1919, « relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande guerre », l'Etat lance le projet d'un Livre d'or comprenant les noms de tous ces héros jusqu'alors anonymes, qui serait déposé au Panthéon.
Le ministère des Pensions, nouvellement créé, est chargé d'établir, à partir du fichier existant, la liste des Morts pour la France de chaque commune ; il l'adresse en 1929 aux maires qui la contrôlent et l'amendent. Des correspondances témoignent souvent de ces échanges entre les deux parties.
Toutefois, les décalages entre les noms figurant sur les monuments aux morts et ceux des Livres d'or proviennent du fait que la liste du ministère est établie en 1929 alors que les monuments aux morts ont presque tous été érigés entre 1920 et 1925.
En 1935, la présentation matérielle du futur Livre d'or est fixée : 120 volumes devaient être imprimés en plusieurs exemplaires, dont un serait déposé au Panthéon. Les contraintes budgétaires, puis le début de la Seconde Guerre mondiale, mirent fin au projet, en laissant subsister la documentation préparatoire."


 

La notice du site des Archives Nationales est accessible directement ICI (nouvelle interface depuis le 20/09/2016)

Il suffit de suivre la cartographie, de sélectionner le département et ensuite de sélectionner la commune recherchée

Attention: On notera cependant que certaines communes du début de la liste départementale ne sont pas complètes (Aigurande, Ambrault, Anjouin, Ardentes, Argenton sur Creuse, Arthon, Azay le Ferron, Bagneux, Le Blanc, Les Bordes, Bouesse, Bouges le Chateau, Buxeuil, Buzancais, Chabris et Chaillac). Ceci représente environ une quarantaine de pages soit moins de 300 noms manquants (innaccessibles) sur les 9258 trouvés.
Ceci serait du à des pages manquantes (réponse donnée par @ArchNat sur Twitter). Je me permet d'avoir quelques doutes et penche plutôt à un bug de l''interface applicative du site (Zoomify).


Dans le fichier accessible ci-dessous, j'ai reporté toutes les fiches existantes.


 

A quoi ressemble une liste issue du livre d'or?

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Sources Archives Nationales

Les renseignements sont très utiles car ils permettent de recroiser les données provenant des monuments aux morts et des fiches Mémoires des Hommes. Ceci est très utile notamment pour les différences de prénoms fréquemment recontrées.

Je met donc à votre disposition le fichier Excel relatif à ce dépouillement (Le fichier est zippé pour des raisons de taille)

LO_Indre à télécharger ICI

On notera que le total est de 9258 cas individuels.
161 cas sont réprésentés sur plusieurs LO communaux (sans tenir compte des Livres d'Or des départements limitrophes).  Ceci est explicable par le fait que pour figurer sur les listes, il fallait être natif ou résidant de la commune.
Je n'ai pas retrouvé 26 cas dans les fiches Mémoires des Hommes (Souci d'orthographe?, mauvaise recherche? Fatigue du transcripteur?).

Comme ces LO ont été établis à partir du fichier qui constitue le fichier Mémoires des Hommes, je n'ai pas rencontré de cas relevant du statut Non Mort pour la France.

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Le moulin de Westhoek

Il y a bien longtemps que je n'avais pas relu le livre "Le 290e, un régiment de réserve du Berry" du colonel Eggenspieler. Ce témoignage fourmille de petites anecdotes qui permettent de compléter le froid JMO de l'unité.

A la veille de partir du front des Flandres, de quitter la Belgique, les 268 et 290e RI quittent la 17e Division pour rejoindre la 18ème. Ils ne quitteront le secteur qu'à la fin de ce mois de mars 1915. Le régiment ne sait pas alors qu'il sera tenu de revenir en urgence suite aux déclenchements des attaques aux gaz d'avril 1915 et ce dans le sinistre secteur de Lizerne - Het-Sas.

Le moulin à vent de Westhock
Près du P.C. de Westhock, il y avait un moulin à vent superbe. Les Allemands ne tiraient pas dessus. Ses ailes gigantesques devaient leur servir de repère.
Le commandement français, lui, pensait que ce moulin pouvait bien servir aux espions pour faire des signaux à l'ennemi, soit en faisant tourner les ailes, soit en faisant tourner le moulin lui-même. Tous les jours, je devais rendre compte si le moulin n'avait pas bougé. Si on avait cette crainte, il était bien facile de l'abattre.
Bref, ce moulin était devenu un point d'attraction pour toutes les corvées qui passaient dans les parages. Chaque groupe emportait quelques morceaux de bois. Le tronc du moulin fut à la longue tellement creusé, qu'un beau matin le moulin s'est effondré dans un fracas épouvantable. Je me précipitais hors du P.C. pour voir ce qui s'était passé. Mon beau moulin était à terre. Cette fois, il avait bien bougé. Mais, autre détail, aussitôt qu'il ne formait plus qu'une énorme masse de bois cassé, celle-ci fut couverte en un clin d’œil d'une nuée de soldats qui avaient surgi de tous les coins de l'horizon. En quelques minutes, il n'y avait plus d'autre bois que la grosse charpente, qui disparut à son tour les jours suivants.

J'ai rendu compte du sinistre.

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Des officiers du 290e RI au moulin de Brielen
(Moulin en bois typique de la région de Flandres)

Sources:
"Le 290e, un régiment de réserve du Berry" colonel Eggenspieler - Bourdier Paris 1932
Albums du 290e RI - collection de l'auteur.

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02 mars 2015

Martizay: le retour au pays, le 3 aout 1919 (Réactualisé 2015)

Après la longue coupure estivale, qui fut riche en émotions. Le Centenaire m'ayant occupé durant ce mois d'Aout, je reprend maintenant mes activités.

Je collectionne depuis longtemps les documents de l’époque 1880-1918. Il y a quelques temps déjà, sur un site internet, alors même que la vente était encore en cours, un cliché m’intrigua. Il était sobrement décrit comme « CPA Photo – fête du 3 aout 1919 » . Le vendeur indiquait seulement que la famille était originaire de l’Indre et que le cliché était du 3 aout 1919, mais quelque chose me disait qu’il était important concernant l’histoire du département et du conflit.
Lorsque j’ai eu la carte en main, aussitôt de multiples détails m’apparaissaient. Notamment, au verso, je découvrais une indication primordiale :

« Souvenirs de la fête du 3 aout 1919 – Martizay ».

Le vendeur n’avait pas attaché d’importance à ce dernier mot, qui pour moi était une des clés. Nous avions le lieu de la prise de vue. Des tenues typiquement berrichonnes (Coiffes, biaudes, …)  sont  présentes dans la foule, des militaires en bleu horizon forme le premier plan. Après cette première analyse, je m’empressai donc de le scanner afin de voir les détails qui me permettront d’affiner la compréhension du cliché.

Découvrons donc ce cliché :

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Essayons tout d’abord de confirmer le lieu. Le cliché a-t-il bien été pris à Martizay ?
Hormis l’indication sur le verso du cliché, un détail confirme le lieu. En effet, au premier plan deux hommes portent une couronne sur laquelle, il est possible de lire : « Martizay à ses fils »

Martizay_19190803_Defile_Recto_IdentificationLieu1

Grâce à Internet, et notamment le site GoogleMaps et son application Street View, il est possible de se promener au fil des routes et rues de notre région.
Afin d’éviter de déambuler virtuellement pour rien dans les rues de Martizay, il est nécessaire d’identifier des points remarquables afin d’éventuellement les retrouver dans le paysage actuel.

Martizay_19190803_Defile_Recto_IdentificationBatiments2

Maintenant, il ne reste plus qu’à se promener dans Martizay pour trouver éventuellement le point de vue. Après quelques hésitations, le lieu était identifié. Voici donc la vue via Google en décembre 2010 :
https://www.google.fr/maps/@46.806769,1.044294,3a,75y,133.31h,87.14t/data=!3m4!1e1!3m2!1s81TPBojFFdkUgfml2_wzvA!2e0?hl=fr

Le cliché fut donc pris "rue de la Poste". Le porche sur la droite est reconnaissable, et en partie caché par le poteau électrique actuel. Le bâtiment bicolore est celui de cette même poste, toujours existante et dont les encadrements sont composés d’une alternance de calcaire et de briques, donnant ce côté bicolore. Le lieu étant confirmé, nous allons pouvoir essayer d’analyser l’élément le plus important, les personnages.

Comme dans bons nombres de défilés, les personnes se regroupent par affinité ou conformément à un protocole défini. Or, ici, il ne s’agit pas là d’un mouvement de foule spontané et cela correspond très précisément à une manifestation qui suit un protocole bien défini.

Voici donc les différents groupes identifiables et leur position dans ce défilé:

Martizay_19190803_Defile_Recto_IdentificationGroupes

Essayons donc de voir le rôle, la fonction et la composition de chaque groupe.

Groupe 1:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe1

En tête de défilé, on retrouve 3 personnes. On notera tout d’abord qu’il semblerait que ce soit des anciens combattants, du moins des soldats 14-18, mais déjà démobilisés. Deux portent des décorations dont un, la Médaille Militaire et une Croix de Guerre.
La première personne, sur la droite, est le porteur du drapeau national. Comme tout défilé patriotique, les couleurs de la Nation sont en tête. Deux porteurs l’accompagnent, ceux-ci portent une couronne mortuaire sur laquelle on peut lire « Martizay à ses fils ». Il est à rappeler qu’au moment du cliché, les monuments aux morts n’étaient pas encore de rigueur. Que devint cette gerbe ? Fut-elle déposée au cimetière, à l’église. Je n’ai pas la réponse.
Pour rappel, Martizay, lors de l’érection du monument, inscrit 98 noms de ses fils sur le monument, soit 6% de sa population recensée en 1911.

Groupe 2:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe2

Juste derrière les « nouveaux » anciens combattants figurent 4 soldats en uniformes qui sont fêtés par la population. Chacun s’est vu remettre un bouquet fleuri. Qui sont-ils ? Essayons d’analyser les uniformes et leurs équipements pour mieux comprendre.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe2_1

De la gauche vers la droite, on peut donc voir 4 tenues typiques des années de fin de conflit. Celles-ci sont entièrement bleu-horizon. Les tenues et coiffures sont intéressantes car si aucun grade n’est visible sur les bas de manche, on notera leur diversité. La tenue de gauche est une tenue de sortie. Le képi pourrait celui d’un officier ou d’un sous-officier, il s’agit vraisemblablement d’un képi de type « manchon ». Au contraire le 3ème soldat, lui, porte une vareuse standard dite « toutes armes » typique avec un képi troupe. Les deux autres soldats sont aussi vêtus de leurs tenues de sortie et sont équipés de bonnets de police, modèle 1918 pour le soldat n°2 et modèle « Empire » pour le 4ème, sur lequel d’ailleurs, on peut apercevoir une grenade d’infanterie. Ce dernier soldat est remarquable par son jeune âge apparent.
Concernant les décorations, on notera que deux d’entre eux (1 et 4) portent la fourragère sur leur épaule gauche. Le premier soldat est titulaire de la Croix de Guerre avec palme et étoile. Il est donc au moins titulaire d’une citation à l’ordre de l’Armée.
Le premier soldat est vraisemblablement du 66ème RI (Numéros de col et de képi). Malgré un scan au maximum, il est impossible de déterminer les numéros des unités des soldats 2 (10 ?) et 3 ( ??).

Groupe 3 et 4:

 

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe3_4

 

 

La figure de la République, Marianne est entourée par les enfants, on devine les costumes alsaciens et de lorrains, symboles des provinces retrouvées par la « Mère-Nation ». Juste à l’arrière, les demoiselles d’honneur accompagnent le groupe. Le blanc de la virginité et de la pureté sont de rigueur et l’écharpe tricolore de circonstance.
Sur la droite, un groupe de 3 hommes, brassard au bras, surveillent et semblent réguler le cortège. Leurs tenues laissent deviner des notables locaux, dépositaire de l’autorité. Deux d’entre eux ont semblent-ils des décorations sur le revers de leurs vestes. S’agit-il de représentants municipaux, le maire et ses adjoints ? D’autorités issues d’une association patriotique ? Malheureusement, je n’ai pas d’éléments suffisants pour aller plus loin. Il est cependant à noter que sur tout le cliché, au moins 5 personnages avec un brassard sont visibles, répartis le long du cortège.

Groupe 5 et 7:

Occupons nous d’abord du groupe 5.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe5

Ce groupe de personnages est constitué de 10 soldats et de quelques hommes en civil. Sur le veston de quelques-uns de ces derniers, ce qui ressemble à des Croix de Guerre semble être visibles. Nous avons donc là un groupe de combattants démobilisés ou non. Pour une raison qui m’échappe, ceux-ci ne sont pas avec les groupes 1 et 2.
Parmi les militaires en tenues, un chasseur est reconnaissable grâce à sa tarte (béret de Chasseur) et à sa tenue plus foncée. Un deuxième militaire à la tenue foncée semble être un soldat des troupes coloniales (tenue moutarde ressortant foncée sur un cliché N&B.

Un militaire est à part et apparait sur le cliché. Il constitue un groupe à lui-seul, de part sa position dans le cortège.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe7

Isolé parmi les civils, au milieu des femmes, malgré les défauts du cliché, il semblerait bien que nous ayons là un gradé de la Gendarmerie (liseré blanc du képi). Malgré les décorations porté par notre gendarme, ceux-ci ne furent que rarement reconnus comme combattants et de ce fait, il semblerait que le protocole ne l’inclut pas dans le cortège.

Avant d’analyser le groupe 6 (foule civile) intéressons-nous aux deux groupes situés en fond de scène.

Groupe 8:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe8

 

Les enfants ont été regroupés, le blanc est de rigueur. Ils sont encadrés par un homme qui porte le brassard que nous retrouvions dans le groupe n°4.

Groupe 9:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe9

S’il est assez difficile d’identifier ce groupe, il est cependant nécessaire de ne pas le confondre avec le reste de la foule. L’oriflamme annonce une confrérie locale, une harmonie municipale ou plus simplement l’association des anciens combattants de 1870. Difficile de se prononcer.
En général une harmonie est en début de cortège, je vois mal une confrérie locale dans un défilé patriotique, s’il s’agit d’une association d’anciens combattants, l’étendard alors utilisé est confectionné sur la base du drapeau tricolore. Ce groupe reste donc mystérieux.

Groupe 6:

Intéressons maintenant à la foule qui constitue le groupe 6 et qui est bien évidemment le plus divers.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe6_Veuves

Même au sein de cette foule, des groupes se sont constitués. Le plus voyant est celui des veuves, des personnes en deuil. Celles-ci sont reconnaissables par leurs tenues noires et leurs voilettes.
Il est à noter la séparation entre femmes et hommes, chacun occupe un côté de la rue de la Poste. Il est intéressant de comparer ce rituel, avec celui alors en vigueur lors des cultes, dans les églises. La séparation se poursuit dans le cérémonial républicain.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe6_SexeMF

Il est aussi plaisant de voir certains personnages constituant cette foule.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe6_Vetements

Tous les tenants de la population sont là. La biaude côtoie le châpeau melon. Les coiffes et les capelines donnent la réplique aux chapeaux dernier cri, "à la mode de Paris".

Il est intéressant de noter que nulle part, on remarque la présence du clergé. Il s’agit bien d’un cortège « républicain ».

Voilà une étude qui se termine et que je sais d’avance imparfaite, je vous laisse la main si jamais vous avez des remarques.

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Mars 2015:

Un ajout essentiel à la compréhension de l'évennement grâce à l'envoi d'un correspondant du blog. Eric Bernard collectionne lui aussi les photographies d'époque. A la recherche d'informations, il est tombé sur ce message et nous fait profiter de sa trouvaille: 3 photos de ce même 3 aout 1919, à Martizay. Comme pour mon cliché, il s'agit de tirages photographiques, sans indications au dos, mais le point de vue permet de déterminer qu'il s'agit bien du même photographe.

Les 3 clichés viennent confirmer l'analyse déjà effectuée et les hypothèses émises en 2014,(voir ci-dessus). Voici donc les 3 clichés:

EricBernard1_resize

EricBernard2_Resize

EricBernard3_Resize

Concernant l'oriflamme cloturant le défilé, il est maintenant plus facilement déchiffrable. Certes pas entièrement, mais divers éléments permettent de percevoir le rôle de l'association concernée.

Vraisemeblablement, il s'agit d'une association d'entraide (le dessin représente une poignée de main), de plus la date de création de l'association est clairement lisible (1895)

EricBernard3_Extrait

Grand merci à Eric pour son aide et son partage désintéressé de documentation.

 

 

 

 

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20 février 2015

Vacances à venir, mais spectacle et lecture en prévision

L'heure des congés de février arrive. Direction le Bas-Berry et la vallée de la Creuse plus précisement.

CaptureJC

Afin de ne pas vous laisser sans nouvelles, je prépare une grosse publication sur le blog, liée à la transcription du journal d'un soldat de Sarzay, de 1914 à 1918. J'en profite pour vous signaler un spectacle et la parution d'un ouvrage qui concernent le département.

A signaler, donc, le 14 mars, à Aigurande, la reprise du spectacle qui avait été monté à Eguzon l'été dernier. On notera aussi la tenue d'une exposition 14-18 concernant le conflit.

Affiche Aigurande

 

Un peu plus à l'ouest, mais toujours dans le sud Berry, à Eguzon, au musée de la Vallée de la Creuse plus exactement, il est possible d'acquérir un ouvrage qui s'annonce fort intéressant. Au travers des yeux d'un enfant, il nous donne à lire ses impressions. Pierre Allain a alors 9 ans et est le fils d'une infirmière volontaire de Chateauroux, mais aussi celui du directeur de l'usine Balsan. Je vais profiter des congés pour me procurer un exemplaire.

Enfant

L'ouvrage est disponible à la boutique du Musée de la Vallée de la Creuse, à Eguzon.

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09 février 2015

Dives bouteilles, larcins et conseil de guerre.

Il est intéressant de découvrir le témoignage de quelques cas de condamnations liés à l'usage du vin, élément essentiel de la vie du poilu et ce, à la relecture de l'ouvrage de René de Planhol, "La justice aux armées", alors qu'il était membre du conseil de guerre de la 17ème Division d'infanterie.

On appréciera la lourdeur des peines au vu de l'ampleur des larcins . Que dire des 2 ans pour 2 litres de vin!

Une après-midi d'été, les deux soldats du train Callot et Laprune étaient préposés à la garde d'une voiture de ravitaillement. Accablés de soleil, ils avaient grand'soif; et dans la voiture était un tonnelet plein, - naturellement de « pinard ». Nos deux martyrs de la consigne enduraient, exactement et sans métaphore, le supplice de Tantale. Il y a un stoïcisme où l'humaine faiblesse ne s'élève point sans déchoir. Succombant enfin, ils emplirent leurs bidons et burent deux litres à la santé de la France. Sur ces entrefaites leur maréchal des logis les aperçut et leur libella un motif de punition qui les conduisit jusqu’au conseil de guerre. Le commissaire du gouvernement, contre ces mauvais soldats qui s'appropriaient la ration de leurs camarades, requit: une application rigoureuse de la loi : deux ans de prison, peine bénigne au prix de celle que prévoyait le code parurent suffisants aux juges.

 

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Un autre cas lié à l'usage d'alcool, avec des conséquences qui auraient pu être plus graves:

Un soir, sur les six heures, d'un cantonnement de repos, on avait brusquement conduit aux tranchées la compagnie où servait Poirier. Celui-ci, lors de l'appel, manquait dans son escouade et son caporal se mit à sa recherche. Il le découvrit étendu dans un coin d'une grange, la bouche entr'ouverte et ronflant. Fortement secoué, Poirier ne souleva qu'il demi les paupières, répliqua par un grognement et retomba incontinent dans sa torpeur. Deux hommes vinrent le quérir et le traînèrent jusqu'à la compagnie assemblée sur la place. Il ne se défendait pas, il n'était qu'inerte. Le vent assez vif lui fouetta le visage et lui dessilla légèrement les yeux. Mais comme son capitaine lui ordonnait de prendre sa place dans le rang, Poirier se contenta de le considérer d'un air hébété ; visiblement il ne comprenait rien. Et d'ailleurs il était incapable de se tenir debout ; le lâchait-on, il s'affaissait aussitôt. On dut le livrer aux gendarmes. A l'aube, dégrisé, il s'éveilla dans la prison divisionnaire. Quels ne furent pas son étonnement et, bientôt, son regret ! Une plainte en conseil de guerre fut dressée contre lui, et le commissaire-rapporteur l'inculpa de refus d'obéissance en présence de l'ennemi.

A l'audience, Poirier, par son attitude et sa mine, s'attirait plutôt les sympathies. Grand, bien découplé, la tenue correcte, le regard empreint d'énergie et de franchise, il parlait avec naturel et manifestait sans affectation un repentir qui semblait sincère. Les renseignements du dossier ne démentaient point cette attitude. Poirier, garçon original, ne se pliait pas aisément aux conditions modernes de la vie civile et n'avait jamais pu s'astreindre à avoir un domicile. Voyageant par les routes, il couchait au gré des hasards, dans les auberges, les écuries ou à la belle étoile, s'embauchait pour quelques jours chez les paysans qui avaient un besoin momentané d'ouvriers, travaillait de cent métiers à la campagne ou à la ville, moissonneur ou forgeron, vigneron ou débardeur. Pour ce vagabondage, les gendarmes l'avaient maintes fois appréhendé sans qu'on eût jamais à lui reprocher autre faute. Au contraire, plusieurs attestations de patrons divers certifiaient qu'ils n'avaient eu qu'à se féliciter de son labeur et de sa probité. Type, en vérité, singulier et qu'on n'eût point pensé rencontrer ailleurs que dans le Chemineau de Jean Richepin. Soldat, il s'était bien conduit. Blessé en mars 1915, à peine de retour à son dépôt, il avait demandé à être inscrit dans le premier détachement de renfort et venait, quelques jours. auparavant, d'arriver sur ce point du front. Au cours du voyage, il avait eu la malchance, étant descendu pour quelques minutes à une station, de manquer son train. Pour cette fâcheuse aventure, on l'inculpa une première fois, mais l'instruction se termina par un non-lieu. Poirier, loin d'être répréhensible, avait déployé beaucoup d'initiative et de bonne volonté, puisqu'il avait rejoint son unité deux heures après le détachement. Depuis lors, les chefs de Poirier n'avaient pas encore eu le temps et l'occasion de l'apprécier dans la tranchée. Mais ses notes antérieures étaient excellentes et deux sous-officiers, ses compagnons durant les débuts de la campagne, confirmaient de vive voix ces notes. En outre, plusieurs lettres saisies sur lui et versées au dossier constituaient un précieux témoignage. Écrites après plusieurs mois de guerre par des combattants, camarades de Poirier, pour lui seul et en phrases inhabiles, elles étaient pleines d'une hardiesse narquoise et magnifique ; elles déguisaient de plaisanteries le danger, la fatigue et la mort ; elles faisaient la nique aux Boches et à l'ennui. Elles éclairaient d'une belle lumière les âmes de ceux qui les avaient envoyées et de celui qui les avait reçues.

La faute pour laquelle on le jugeait aujourd'hui ne provenait point d'une intention mauvaise ; mais pour l'exemple il n'est pas douteux que les juges ne fussent disposés à le châtier sévèrement. Aussi ne s'agissait-il que de décider si la loi le leur permettait. C'était le premier cas de cette espèce et le débat juridique, vivement engagé, donna lieu à deux répliques successives de l'accusation et de la défense. Le commissaire du gouvernement arguait que le refus d'obéissance n'a pas besoin d'être exprimé par des paroles: il consiste essentiellement dans la non-obéissance qui est la seule condition juridiquement requise pour le crime. Le défenseur ne contestait point cette thèse, conforme en effet à la jurisprudence du temps de paix ; mais il prétendait que la non-obéissance, pour être qualifiée refus d'obéissance, doit être intentionnelle et volontaire, d'après le texte et les commentaires de la loi : or, évidemment ce n'était pas le cas de Poirier qui, au moment qu'on lui reprochait de n'avoir point obéi, se trouvait physiquement incapable d'obéir ; et d'ailleurs, ivre-mort et ne percevant, même pas l'ordre qu'on lui formulait, il ne pouvait avoir, l'intention de désobéir; donc, aux termes de la loi, il n'était coupable que d'ivresse. A quoi le commissaire du gouvernement opposait que Poirier, lorsqu'il s'était enivré, n'ignorait pas qu'il se mettait ainsi dans l'impossibilité d'obtempérer à une alerte et conséquemment d'obéir. Or c'est volontairement qu'il s'était enivré ; donc, puisqu'il y avait eu chez lui l'intention d'une désobéissance à tout le moins éventuelle, il devait accepter l'entière responsabilité de ses actes.

Le conseil, à l'unanimité, adopta cette interprétation de la loi. Par trois voix contre deux il écarta la circonstance aggravante de présence de l'ennemi : au vrai, je présume que ces deux voix étaient fictives et qu'en aucun cas, même en signant un recours en grâce, les juges n'eussent condamné Poirier à mort. Pour refus d'obéissance sur un territoire en état de guerre, il fut condamné à dix ans de travaux publics. Le général suspendit l'exécution de la peine ; et Poirier, versé dans un autre régiment, n'a point cessé d'y être, bon soldat. Son affaire inaugura une jurisprudence qui fut appliquée fermement à quelques cas analogues. Cette répression, aboutit bientôt à les rendre beaucoup plus rares. Alors la sévérité, du conseil se relâcha sensiblement ; et il eut tendance à se servir plutôt, lorsque des circonstances morales l'invoquaient pour l'accusé, de l'article ayant trait aux soldats qui se sont volontairement mis, dans l'impossibilité de rejoindre leur poste en cas d'alerte, - soit une peine de six mois à deux ans de prison.

Sources biblio: "De la justice aux armées" René De Planhol - Attinger 1917

 

2 autres "comptes-rendus" de procès du même conseil de guerre:

Les gars..., souvenez-vous!... Faut pas faire comme moi... 

Les aventures de Carpion et Rabanos

 

Amis lecteurs, pensez à regarder dans les commentaires, Stéphane nous fait part d'une intéressante analyse. qui permet une mise en relief du texte publié

Posté par Indre1418 à 09:02 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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