21 janvier 2015

Châteauroux Saint Martial, un hôpital complémentaire dans la Grande Guerre

Il est des ouvrages que l'on a plaisir à lire et à feuilleter. Pour cela, je tiens à signaler un ouvrage indispensable à qui s'intéresse à l'histoire du département, mais aussi à l'histoire de ce qui est une tranche de vie de ce qui était appelé l'arrière, celle d'un hôpital complémentaire à Châteauroux.

Marie-Sylvie Beuzard nous propose une chronique concernant une école castelroussine qui devint hôpital complémentaire de 1914 à 1916. Pour cela, elle s'appuie notamment sur un des trésors d'histoire du département: l'album photographique de Magdeleine Cressent. Cette dernière, infirmière à l'hôpital Saint-Martial tint à jour un journal écrit, mais surtout photographique, y insérant aussi des objets, des dessins. Ce document nous permet de rentrer pleinement dans la vie de la garnison qu'était alors Châteauroux.
J'ai particulièrement apprécié l'iconographie présentée, puisque souvent inédite.
A tous les amoureux d'histoire, de jolies photographies d'époque, je ne saurais que conseiller la lecture de cet ouvrage qui a été édité par le CREDI-Editions.

Beuzard_Cressent_Couv

L'ouvrage est disponible dans les librairies de Châteauroux, ainsi que dans les grandes surfaces comme Cultura. Pour ceux qui ne seraient pas sur place, il est possible de se le procurer par correspondance auprès du CREDI (Centre de Réflexions, d'Etudes et de Documentation de l'Indre)

C.R.E.D.I.
Centre d’études supérieures - Ecocampus
90, avenue François Mitterrand BP 387 36008 – CHATEAUROUX CEDEX

Prix: 24 €uros  + 5,50€ (frais de port)

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15 janvier 2015

Le triste bilan de 1914

Il est temps de faire le bilan de l’année 1914.

Dans le courant de l’année 2010, j’avais diffusé des données statistiques sur les pertes globales des régiments du département, mais aujourd’hui intéressons nous uniquement aux pertes de l’année 1914 concernant les 4 régiments d’infanterie basés dans le département de l’Indre. 2 sont dits d’active (68 et 90e R.I.) et 2 sont formés à la mobilisation et sont dits de réserve (268 et 290e R.I.).

Les origines des MPF des régiments indriens

Ce travail n’aurait pu se faire sans le dépouillement systématique des fiches présentes du le site «Mémoires des Hommes» et qui me prit tant de temps, il y a quelques années et d’ailleurs je mis tout autant de temps à saisir celles-ci  au sein d’une base de données afin de pouvoir les exploiter. Une telle étude aurait pu être complétée avantageusement par un dépouillement des fiches matricules, mais la mise en ligne sur le site des Archives Départementales de l’Indre n’est pas encore effective.

Portons quelques précisions sur la période étudiée. En effet, nous ne nous intéressons ici qu’aux pertes de l’année 1914. Sachant que les régiments de l’Indre furent mobilisés dès le 2 aout, nous avons donc 152 jours entre la mobilisation et le 31 décembre 1914.

CaptureNbrePertesRégiments

Si nous comparons les pertes de ces 5 premiers mois avec le total lié au conflit, il est aisé de visualiser la prépondérance de ces pertes 1914 vis-à-vis des pertes globales.

Répartition1914_Conflit

CaptureTableauPertesMDH

Les combats de l’année 1914 (152 jours) représentent 9, 73% du temps que dura le conflit (1651 jours) alors que la proportion des pertes est tout autre. Les graphes suivants permettent de visualiser les taux de pertes. On note ainsi que les pertes des régiments en 1914 varient entre 29,6 et 41,9% des pertes globales (1914-1918).

CapturePertes

Les taux de pertes sont supérieurs au sein des 2 unités de réserve vis-à-vis des unités d’active. Afin de comprendre les différences, il est intéressant de regarder les causes de décès des soldats.

CaptureCausesPertesRégiments

Au sein des unités de réserve, les soldats sont de classes d’âge plus anciennes et de plus, les effectifs sont moindres. Ces unités sont alors structurées autour de 2 bataillons contrairement aux unités d’actives organisées en 3 bataillons.

Malgré des effectifs moindres, on note que les cas de maladies sont aussi nombreux que dans les unités d’active pour le 268ème R.I. et carrément de plus du double pour le 290ème RI. Malgré le fait que je n’ai pu avoir accès aux fiches matricules, sur les 92 fiches « Maladies » du 290e R.I. issues de Mémoires des Hommes, 47 sont liées à l’épidémie de typhoïde à laquelle l’armée française fut confrontée à partir de la mi-octobre 1914. Au 268ème, la proportion est d'un tiers de cas de typhoïde et ce sur la même période.
Les combats se tenant désormais sur une ligne de front statique, au sein de tranchées souvent insalubres. De plus, malgré les périodes de rappel pour exercice, les classes anciennes sont plus impactées par les conditions générales de vie au front. L’utilisation de ces unités comme troupe de première ligne n’était d’ailleurs pas dans les prévisions de l’armée française et l’usure se fit plus rapidement sentir.

Quels furent les secteurs de combat concernés et leur tribu humain ?

CaptureSecteursPertesRégiments

D’abord en position de couverture dans le Grand Couronné de Nancy, les 2 régiments d’active (68 et 90e) vont sur les Ardennes où le grand choc se produit. Le 68ème RI est particulièrement touché du fait de sa position en avant-garde lors de la rencontre avec les troupes ennemies.
Pendant ce temps, les 268 et 290e RI restent aux alentours de Nancy, avec la 18e Division, et résistent à la pression de l’armée allemande.
Le 9e Corps d’Armée (C.A.) est reconstitué lors de la bataille de la Marne où il résiste à l’avancée de la Garde, aux alentours des marais de Saint-Gond. Fin septembre, la guerre de position s'installe, pour le 9e CA, dans le secteur de Prosnes, au nord de la Marne.
A la fin octobre, le Corps d'Armée est envoyé en renfort de l’armée anglaise dans le secteur d’Ypres où il restera jusqu’en mi-1915.

Pour plus de précisions, les pertes indiquées « Zone des armées » correspondent principalement aux pertes dues à la bataille d’Ypres (Flandres belges), mais dont les évacuations eurent lieues dans les hôpitaux du département du Nord ou du Pas de Calais (entre autres) et non pas été assimilés avec ceux qui sont dans la rubrique "Intérieur".

Intéressons à l’origine des soldats qui décédèrent lors de ces 152 jours de la fin de l’année 2014. Reportons sur une carte, régiment par régiment, les départements de naissance des soldats « Morts pour la France »

 

France_location_map-Departements_1871-1914_RI068 France_location_map-Departements_1871-1914_RI090

France_location_map-Departements_1871-1914_RI268 France_location_map-Departements_1871-1914_RI290

Sans réelles surprises, nous constatons la régionalisation des unités, celle-ci correspond peu ou prou aux zones des bureaux de recrutement.

Capture10_BureauxRecrutement

Les 68 et 268ème R.I. mobilisés au Blanc (Indre) sont principalement composés dans l’ordre de Poitevins, Tourangeaux et Berrichons. Au contraire, les 90 et 290ème R.I de Châteauroux regroupent principalement des Berrichons.

 

Pour aller plus loin sur ce thème, je conseille la lecture de 2 ouvrages indispensables pour tous ceux qui s’intéressent au sujet et souhaitent approfondir la thématique:

  • « Armée, Guerre, Société – Soldats Languedociens 1889-1919 » de Jules Maurin réédité 2013 aux publications de la Sorbonne
  • « La France devant la conscription – Géographie historique d’une institution républicaine 1914–1922 » Philippe Boulanger Editions Economica 2001

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05 janvier 2015

Joseph Rodier. Une médaille militaire, une plaque d’identité, deux pipes, un couteau, …

Il est des soldats indriens qui ont des parcours ordinaires, mais que la praticité d’internet et la multitude d’informations disponibles sur le net permettent de mettre en valeur. L’outil rend accessible les sources d’informations ainsi permet de prendre connaissance de documents, qui seraient sinon restés inaccessibles.
Tout ceci permet de compléter le dossier de ces soldats. Dressant mon interminable liste des soldats indriens et furetant régulièrement sur le forum Pages 14-18, je découvris un jour de 2013, un fil de discussion qui me permettait de compléter la simple et froide fiche Mémoires des Hommes de Joseph Rodier.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m005239fefd1d100

Ce natif de la Vienne tomba au sein du 312e RI, un régiment du Midi, mais son nom figure sur le monument de Chalais (Indre), là où son acte de décès est transcris. Celui-ci m’intrigua tout de suite car, fait inhabituel, sur sa fiche était indiqué le lieu de son inhumation : Carré n°3 à Blercourt (Meuse).

CPABlercourt3copie
Collection Frédéric Radet

Or, sur le forum pages 1418, il ne peut être question de cimetières provisoires en Meuse, sans citer le spécialiste terrain du secteur, à savoir Frédéric Radet et ce d’autant qu’au moment de ma recherche, le vieux cimetière de Blercourt était en cours de démembrement avec reprise des sépultures. Je contactais donc Frédéric via le forum et celui-ci répondit aussitôt à ma demande.

Oui, il avait bien des copies des relevés des cimetières de l’époque, mais en plus, il était capable de m’indiquer le détail des inhumations de l’époque.

 

B5
Collection Frédéric Radet

Dans la colonne du milieu, un inventaire à la Prévert de ce que le défunt portait sur lui :

Sur lui, il a été retrouvé:
une médaille militaire, une plaque d’identité, deux pipes, un couteau, un briquet amadou, une glace de poche, un crayon, un porte feuille, un petit peigne, un livret militaire, des enveloppes, un certificat de la Mairie de Chalais, trois photographies, deux porte-monnaie, une blague en toile, un chapelet en argent.

Par rapport à la fiche Mémoires des Hommes, cette liste permettait de définir beaucoup plus clairement le lieu et les circonstances du décès.
Nous ne savons ce que sont devenues les affaires personnelles de Joseph Rodier et il semble illusoire d'essayer de savoir ce qu'il en advint. Cependant suite aux trouvailles effectuées en 2013 aux Archives départementales de l’Indre, il est confirmé que le corps est revenu dans le département. Son exhumation fit partie de la campagne qui se mit en place en 1921, 1922 et qui permit aux familles de récupérer les corps de leurs défunts.

ExhumationsMarbotte_1921
Une équipe d'exhumation à Marbotte (55) - Collection de l'auteur


Le corps est ainsi revenu au pays le 7 juillet 1922 par le train funéraire CBS11.103 (Convoi n°38) provenant de Brienne le Château. Un tramway omnibus emporta ensuite le corps de Châteauroux à Chalais, le 8 juillet, où il arriva à 18h38.  Le corps fut réclamé par Mme Vve Rodier (sa femme très certainement)

 RodierJoseph_RetourCorps38
AD36 (791W120)

On retrouvera la liste des corps rapatriés dans le département de l'Indre, dans les dépouillements que j'ai effectué l'année dernière et que j'avais mis en ligne dans le fil "1707 retours de corps en Bas-Berry"

 

Grand merci à Frédéric Radet pour son aide et sa disponibilité sans faille.
On visitera avec intérêt le site internet du Fort de la Falouse, dont Frédéric s’occupe:
http://www.ouvragedelafalouse.fr/presentation.html

 ouvrage-falouse-slider-1

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30 décembre 2014

Bon anniversaire, 10 ans déjà

30 décembre 2004, cela fait 10 ans que je traine mes guètres dans la blogsphère 14-18

CaptureJC

Le premier message

Que de chemin parcouru

CaptureJCh
Nous pensons à vous depuis notre cagna. Pourvu qu'ils tiennent ! - Qui ça ? - Les civils !

Et n'oubliez pas que le 26 c'était l'anniversaire de de Stephan

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27 décembre 2014

Mourir à 20 ans, sous les balles "amies" (Réactualisé)

Aujourd'hui, il y a 100 ans, du côté d'Ypres, Abel passait de vie à trépas.

__________________________________________________

Au travers du message précédent, nous nous remémorions du triste anniversaire de l'exécution d'un soldat du 68ème RI, aujourd'hui, je découvre l'édition d'un ouvrage concernant un enfant du pays, qui lui aussi fut fusillé.
Il est possible de le commander via le site des éditions de la Bouinotte . Je vous recommande bien évidemment cet ouvrage.

La préface étant du Général Bach, spécialiste du sujet et ancien directeur du Service Historique de l'Armée de Terre,  celle-ci laisse auguré de l'intérêt du livre de Bruno Mascle.
Je vous en laisse découvrir la description:

Abel, 20 ans, passe son dernier Noël à attendre sa propre exécution. L’horreur de la Grande Guerre ne suffit pas au calvaire du soldat. Reconnu, à la hâte, coupable d’automutilation, le jeune Zouave est passé par les armes le 27 décembre 1914, en Belgique. Ils seront près
de 600 soldats à perdre ainsi la vie, pendant la durée du conflit. 600 « fusillés pour l’exemple », un drame dans le drame qui passe presque inaperçu au vu des lourdes pertes au front.
La paix revenue, Abel Garçault sera réhabilité, tant les preuves de sa culpabilité étaient faibles. Son nom est d’ailleurs inscrit sur le monument aux morts de Villedieu-sur-Indre, comme tous ceux de ses camarades « morts pour la France ».

Bruno Mascle s’est livré, pendant près d’un an, à une enquête approfondie, sur les traces de ce jeune homme sans visage et sans sépulture. A travers son exemple, il révèle un pan dramatique et largement ignoré de notre histoire, quand la Nation sacrifiait ses fils pour qu’ils acceptent le martyre de la guerre des tranchées.
Un récit passionnant et poignant.

CapturerJC1

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22 décembre 2014

Malicornay, une exposition villageoise.

Il est des communes dont je me plais à parler. Malicornay est de celles-là, car une moitié de moi (côté maternel) est de là-bas, et je ne compte pas le nombre de fois où je passais en vélo devant le monument au morts lors de mes vacances, à la ferme.
Samedi soir, j'étais donc à Malicornay pour l'inauguration d'une exposition que j'ai vraiment apprécié. J'ai eu l'honneur d'y faire une conférence sur les régiments du département de l'Indre et je vous promet que j'avais la boule au ventre (J'étais en territoire plus que connu).

Malicornay
Horaires:
Samedi et dimanche 27 et 28 décembre
Samedi et dimanche 3 et 4 janvier
de 14h à 17h

Si vous êtes de passage dans le coin, je vous invite à vous rendre à la salle des fêtes (derrière la mairie) pour y voir l'expo "Hommage aux soldats de Malicornay". Les soldats tombés en 1914 sont donc à l'honneur pour cette exposition 2014. Tous les ans jusqu'en 2018.
Sur tout le conflit, 37 soldats périrent, soit 6,94% de la population de 1911. Une saignée et d'autant que la commune eut aussi à souffrir de l'exode rural (553 habitants en 1911, 183, 100 ans plus tard)

Je tiens à féliciter les organisateurs qui sont des passionnés d'histoire locale et qui ont su mettre en valeur ce pan de l'histoire de nos familles.

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18 décembre 2014

Eugène Flon, un classe 16 au Blanc -"Il n'y en a pas assez pour nous tous"

Parfois certaines cartes postales reprennent des thèmes bateaux, et au premier coup d'oeil, rien n'incite à la prendre celle-ci plus qu'une autre, et ce, d'autant que celle-ci justement je l'avais déjà dans mes albums.

RI068_FlonEugene_36eEscouade_Classe16_Recto

Au moment de la retourner, le texte, sans révolutionner l'histoire du conflit, permet d'entrevoir un bref moment de vie d'un jeune Classe 1916 (entre 19 et 20 ans au moment de la rédaction du courrier), lors de son instruction au Blanc, juste avant de partir pour le dépot, d'où il sera alors redirigé vers le front.

Nous avons donc là, un courrier de "Eug. Flon (ou Flou) 68e Régiment d'Infanterie, 26e Compagnie, 23e Escouade Classe 1916".
Cette classe d'age, née en 1896, qui devait être appelée normalement en octobre 1916, fut appelée par anticipation dès le 8 avril 1915 et ce afin de combler la pénurie d'hommes liée aux nombreuses pertes dans les classes déjà appelées. Notre Eugène était alors, tout au plus, dans sa dix-neuvième année. Un gamin.

Je vous livre donc le texte de sa missive, qu'il adresse très certainement à un de ses amis, au vu du vocabulaire employé:

Ma vielle branche
Je vous remercie de votre carte je suis heureux de vous voire que les vieux poteaux songent à moi.
Je voudrais bien être à Quincy pour peloter des petites de là-bas car au Blanc elles ne veulent rien savoir il est vrai qu'il n'y en a pas assez pour nous tous nous sommes encore 8000 soldats.
Mais le 1er juin nous partons nous sommes déjà prévenu alors gare à la secousse.
Bonjour à Julot Aux vieilles connaissance que je vous oublie pas.
Eug. Flon 68e Rég 26e Comp. 28e Esc Classe 1916

RI068_FlonEugene_36eEscouade_Classe16_Verso

 

J'aime l'insouciance de ce soldat qui surtout semble préoccuper par les pêchés de la chair et qui à la fin, modestement fait part de sa crainte de "la secousse" à venir.
Je n'ai retrouvé trace d'un Eugène Flon (ou Flou) classe 1916 dans les registres des AD18, il est peut-être du département de l'Indre, mais en l'absence de la mise en ligne, impossible d'aller plus loin d'autant qu'il ne figure pas non plus dans la liste des Morts pour la France du site Mémoires des Hommes. Pour l'instant la recherche s'arrête là.
On notera cependant le nombre de 8000 soldats, en cette mi-1915, au sein de la sous-préfecture du Blanc, surtout si on met ce chiffre en parallèle avec les quelques 7000 habitants actuels.

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21 novembre 2014

Jean Tauvy ou le 1er « Mort pour la France (?) » de l'Indre (2005 réactualisé 2014)

Dès le 1er jour d'aout, des éléments ont été envoyés le long des voies de chemin de fer afin de garder celles-ci. En général de vieilles classes étaient utilisées pour ces fonctions de GVC (Gardes Voies et Communications).

Les points clés de la ligne Paris Toulouse font l'objet d'un déploiement de ces unités territoriales.

 

Le 2 août, à environ 500 mètres de l'entrée du tunnel de Chabenet, vers le passage à niveau de Saint Luc (Chasseneuil) plus précisément, un détachement surveille les abords du tunnel. Un train manœuvre, malheureusement un des GVC présent est heurté par celui-ci.

 

Jean Tauvy (46 ans) meurt ainsi en service commandé.

Originaire de Malicornay, il est le 1er mort indrien du conflit.

 

Sources: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

 

 Réactualisation novembre 2014:

Jusqu'à présent, il me semblait bizarre alors que la mobilisation ne débutant que le 2 aout, nous ayons déjà un mort ce même jour. Grace à un site ami, il est maintenant comprendre que Jean Tauvy fut concerné non par la mobilisation, mais par la pré-mobilisation.
En effet, dès le 31 juillet, le ministère de la Guerre rapella certains soldats de classe agées pour une manoeuvre (ne povant mobiliser) pour garder les voies de communications.
On lira donc avec intérêt le site suivant Les GVC 14-18

Je cite: "31 juillet : ...- convocation pour un exercice de garde des voies de communication, des réservistes ou territoriaux affectés à ce service (Ministre de la Guerre.  Télégramme 163-3/11 T aux  corps d'armée -sauf 19e et Tunisie- à 18h15 le 31 juillet 1914)"

Cet article s'appuie sur l'ouvrage des "Armée Française dans la Grande Guerre" (AFGG) voir notes de bas de page du site "GVC 14-18"

Merci à Madeleine de Malicornay pour m'avoir transmis la fiche matricule de Jean Tauvy, ainsi qu'une copie de son acte de décès.

CaptureJCh

Un extrait de l'acte de décès de Jean Tauvy, dans les registres de Chasseneuil.

CaptureJCh1

On notera que même si Jean Tauvy figure sur le monument aux morts de Malicornay et qu'il a une fiche sur le site Mémoires des Hommes, la mention "Mort pour la France" n'a pas été reportée sur l'acte de décès. De plus, aucune retranscription n'a été effectuée dans les registres de Malicornay.

___________________

Dans les dépouillements de Mémoires des Hommes, on notera que le 2e soldat du département mort pendant le conflit est aussi décédé à Saint Luc, sur la commune de Chasseneuil. Il était aussi GVC et de faction au tunnel de Chabenet.
Natif d'Argenton, Jean Baptiste FLORENT succomba le 3 aout 1914 d'une congestion cérébrale.

Sa fiche Mémoires des Hommes

 

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11 novembre 2014

Jules Jourdain: un appel pour un enfant de Villedieu.

Il y a parfois des messages que je reçois sur le blog, des messages qui me hantent, me bouleversent. Aujourd'hui, en début d'après-midi, je reçois un message d'une famille du département. Au travers de celui-ci, nous pouvons percevoir le besoin de savoir de certaines familles.
Je vous livre le message tel quel:

Sujet : faire connaitre mon gd oncle
Contenu du message :
Jourdain jules andre
Grade 2 e classe
Corps 168 e regiment d infanterie
Matricule 9358 ou 9558 149 1658
Classe 1914
Recrutement chateauroux 36
Decede le 10 juillet 1916 secteur de fleury devant douaumont meuse
Tue a l ennemi
Ne le 17 janvier 1894 a villedieu s indre
Transcrit le 27 de embre 1916 a villedieu s indre
Je vous ai donne les infos que j ai je suis allee a verdun et a fleury mais a ce moment la jene savais pas que mon grand oncle etait mort ici je ne sais pas ou il est enterre peut etre a l ossuaire de douaumont j aimerais savoir
Comment peut on se renseigne merci de publier cette fiche ils ne faut pas les oublier j y suis allee en 2006 c est emouvant les trous d obus sont encore la la terre est meuble.

Effectuons quelques recherches basiques (qui pourront d'ailleurs servir pour tous ceux qui veulent rechercher un aieul):

La fiche de Jules André JOURDAIN sur Mémoires des Hommes

Rien sur le site Sépultures de Guerre

Le corps est-il revenu dans le département? Il ne figure pas dans les listes relevées aux Archives Départementales.

Afin de vivre les derniers instants de Jules JOURDAIN, il est possible de lire le Journal de Marche du 169ème Régiment d'Infanterie, malheureusement point de liste des pertes.

Jules André figure bien sur le monument aux morts de Villedieu

villedieu-sur-indre-monument-aux-morts-23

 

Voici donc mon message du 11 novembre qui se termine sur une note un peu négative, ne pouvant pleinement répondre à l'attente de la famille.

 

Sources Photo: http://www.france-voyage.com/villes-villages/photos-villedieu-sur-indre-12729.php

 

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"Sans pitié pour le cheval - Quand nous partimes à la guerre ..."

Le 11 novembre, chacun fait son deuil, à sa manière:

Jean Louis Murat - Sans Pitié pour le Cheval

Il est à noter que "Murat" est un pseudo lié à Murat-Le-Quaire, dans le Puy de Dôme. De son vrai nom "Jean Louis Bergheaud", le chanteur est originaire de La Bourboule, haut lieu de colonies de vacances et autres séjours de sanatorium pour bon nombre de Berrichons, dont je suis.

On notera avec intérêt la présence d'un Jean Louis Bergheaud au 3e Zouaves et tombé en 1918 à Moreuil (80).

Sur cette chanson:
Sans Pitié Pour Le Cheval
La guerre 14-18… Bataille de la Marne… Mon nom d’état civil n’est pas le mien : j’ai celui d’un arrière grand-oncle, qui se prénommait également Jean-Louis. On m’a donc redonné le nom de Jean-Louis Bergheaud. Étant le premier garçon à être né, je me suis retrouvé dans la famille en charge de l’hérédité imposée d’un combattant héroïque de la guerre 14-18, qui meurt d’ailleurs en 1918. Sans faire de la psychologie à trois balles ou de la schizophrénie de comptoir, j’ai toujours eu du mal avec mon identité. Ainsi, je suis resté sensible à la guerre 14-18, où je suis donc mort une première fois. D’où cette chanson Sans Pitié Pour Le Cheval. J’en ai quelques-unes sur les chevaux et la manière dont les animaux sont traités depuis lors. Moi, j’ai eu la chance de jouer aux cowboys et aux Indiens avec mes enfants, en partant dès l’aube à la montagne avec un poney chacun. On faisait des cavalcades effrénées. Les êtres humains ont perdu le rapport aux animaux. Je regrette le temps où les hommes circulaient à cheval. Il y avait une noblesse qui n’existe pas dans une Clio ou un Picasso…

Sources: http://www.magicrpm.com/a-lire/interview/jean-louis-murat/track-by-track-14-10-11

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