10 janvier 2019

Raymond RIPOTEAU, le 12.000ème décédé du département.

Aujourd'hui, Raymond Ripoteau est le 12.000ème soldat du département de l'Indre décédé lors du conflit de la 1GM. Natif de Mouhet (Indre), il résidait à Crozant (Creuse).
J'ai donc une pensée pour lui en ce jour sur Indre1418soldats

Nom: RIPOTEAU
Prénom: Raymond Antheme Gaston Octave
Né le 18 février 1899 à Mouhet (36) - fils de Auguste et de DELAMARE Louise

Sa fiche matricule aux archives départementales de la Creuse

Soldat au 126ème RI, il décède le 10/01/1919 à l'hôpital n°91 de Cannes Ecluse (77) "Maladie contractée en service" (grippe infectieuse)             Une erreur de localisation du décès est constaté sur la fiche MDH, l'hôpital est situé à Cannes Ecluse en Seine et Marne et non à Cannes (Alpes Maritimes). En l'absence d'acte de décès, cela est confirmé par http://www.cannes-ecluse.fr/historique/hopital-militaire-14-18.html

Sa fiche sur le site Mémoires des Hommes.

De recrutement Guéret au moment de sa conscription, il figure sur le Monument de Crozant (23). Son acte de décès fut transmis le 11/01/1921 à la mairie de cette commune.

Son nom figure sur les plaques commémoratives de l'église de Crozant (23), sous le prénom d'Anthème.

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06 janvier 2019

Un chef cuistot médiatique au 90e, Jules Maincave dans la "Revue de l'académie du Centre"

En Histoire, on est toujours soumis à la prochaine découverte, au document récemment trouvé qui invalidera l'argumentaire précédent.

Le 90e RI est souvent cité dans les milieux de la cuisine ou de la littérature culinaire par le fait qu'un célèbre chef exerça au sein de ce régiment, je veux parler de Jules Maincave.

4 - Maincave Les Annales 2 novembre 1913 rid 4

 

Un excellent article à paraitre de l'Académie du Centre qui revient sur Jules Maincavé (chef cuistot du 90e). Quelques ouvrages d'historiens estampillés Centenaire1418 vont être à revoir. Idem Thierry Marx, le médiatique chef cuisinier va pouvoir réviser ses fiches.
Nota JCh: Je garderai quand même la recette du gateau ANZAC donné dans le lien ci-dessous, tout gourmet appréciera la préparation culinaire et aura une pensée pour "Lolo" Joachim-Raphael Boronali.

https://www.europe1.fr/emissions/Cuisine-mode-d-emploi/Le-biscuit-de-Jules-Maincave-mode-d-emploi-par-Thierry-Marx-144874

Jules Maincave est aussi cité dans de doctes parutions historiennes, notamment par des spécialistes de la nourriture pendant le conflit voir par exemple http://happy-apicius.dijon.fr/manger-et-boire-entre-1914-et-1918-cr14-la-cuisine-de-tranchee-par-marie-llosa/

Je vous invite donc à découvrir la folle (non) histoire de Jules Maincave dans la revue 2018 de l'Académie du Centre, par Jean-Paul Morel. Vous y retrouverez aussi des articles de qualité traitant dautres thématiques et d'autres périodes. Je retiens cependant un article de Lucien Lacour sur les liens entre Ernest Nivet et Bernard Naudin, deux artistes directement concernés par la première guerre mondiale.

Je note aussi un article sur l'équipage du "Soufleur II" dont le chef de char fut Jean Moncorgé-Gabin qui séjourna avec la 2e DB dans l'Indre en 1945.

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Archives Départementales de l'Indre, 1 rue Jeanne d'Arc 36000 CHATEAUROUX
Tél : 02 54 27 30 42 - Fax : 02 54 27 85 60 - Email : academieducentre@gmail.com
Président : Jean-Pierre SURRAULT

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28 décembre 2018

Il y a 14 ans, la naissance d'Indre1418

En cette fin de décembre 2004, à l'heure où les recherches autour de 1418 étaient peu courantes et souvent considérées comme décalées au risque de passer pour des extra-terrestres, avec Stephan Agosto, nous nous lançames dans une aventure alors incertaine. Lui sur le 74e et moi sur les 4 régiments du département de l'Indre.

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2018, fin du Centenaire1418 qui nous a bien occupé le long des 4 dernières années, du côté du Berry, les flonflons médiatiques s'estompent et quelques 600 messages plus tard, nous sommes encore dans la tranchée, hésitants entre le "poste avancé" et la "cagna". Cependant, avec une régularité moins certaine, les publications continuent.

422.000 visiteurs et 958.000 pages vues

Un deuxième blog avec 12.177 soldats indriens décédés

 

Que dire?

Merci ...
Et c'est parti pour 2019 ...

 

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21 décembre 2018

Joyeux Noel au temple de Châteauroux - AEF

Le temps de Noel venu, en cette année 1918, les soldats américains de l'hôpital militaire du Base Hospital 9 de Bitray participent aux fêtes de Noel. Pour cela, ils n'hésitent pas à se retrouver au temple de l'église réformée qui se situe encore de nos jours rue Thabaud Boislareine dans le vieux Châteauroux.

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A tous, passez de bonnes fêtes de fin d'année et rendez-vous en 2019

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16 décembre 2018

Sous terre, sous pierre. Berthonval, mai 1915 (mise à jour 2018)

Pour une fois, je quitte les régiments dont j'ai l'habitude de vous conter l'histoire. Mais, je ne m'éloigne pas trop, je vais seulement élargir le cercle pour présenter un texte concernant le 9ème Corps d'Armée.
Il y a quelques temps, par l'intermédiaire du blog et des commentaires associés aux divers messages, M. Henrion nous faisait part d'un texte qu'il avait retrouvé dans les affaires de son aieul l'Aide-major de 1ère Classe Gaston Julin.
Ce dernier était donc médecin au sein du 135ème R.I. dont la garnison était à Angers et dépendait, comme les unités du département de l'Indre, du 9e Corps d'Armée.

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Manoeuvres 1908, sur la route de Loches - A.M. 1ère Cl. Julin marqué d'une croix

Gaston Julin fut médecin à Cinq-Mars la Pile (Indre et Loire) de 1909 à 1947. Lors de son cursus militaire, il fit notamment des périodes au camp du Ruchard, participa aux grandes manoeuvres qui eurent lieu en 1908.
Malgré la demande de sa fille, il a toujours refusé de raconter sa guerre par écrit car étant médecin il avait vu mourir beaucoup trop de jeunes gens de 20 ans qui appelaient leur mère. Il en fut marqué à  vie.

Merci donc à lui et à M. Henrion de me permettre de vous présenter le document qui va suivre:

Il s'agit d'une feuille de papier ronéotypée constituant 4 pages sur laquelle est écrit un texte, présenté sous la forme d'une chanson, d'un poème.

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Tout de suite, l'association lieu et date me permit de dire que cela concernait le 9e Corps. Berthonval et mai 1915 sont un lieu et une date qui concernent directement les unités indriennes. En effet,, le 135e dépendait de la 18e Division, et celle-ci était la division "soeur" de la 17e DI dont le siège était à Chateauroux.
Berthonval! Petite zone d'Artois entre le Mont-Saint-Eloi et Neuville-Saint-Vaast qui fut un secteur de combat où de nombreux soldats de la région tombèrent.

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La ferme de Berthonval depuis le bas du Mont-Saint-Eloi, le Bois de la Folie au fond (Zone allemande)

Voici la première page dudit document:

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Assez difficile à déchiffrer sur certaines parties, en voici la transcription que je laisse à votre perspicacité:

SOUS TERRE, SOUS PIERRE

A ceux qui auront gouté aux douces joies de la Villégiature
Berthonval Mai 1915

A Berthonval on voit parfois
Des gens qui d’un air de mystère
Descend’nt 4 ou 5 à la fois
Dans les profondeurs de la terre
Serait-ce les premiers chrétiens
Cherchant l’abri des catacombes
Cà n’est pas çà crénom d’un chien
C’est les poilus qu’ont peur des bombes

D’abord au dessous du rez d’ chaussée
Y a déjà un’ tout petit’ salle
Dans laquelle on vient s’ramasser
Pour absorber tout c’qui s’avale
L’odeur de la soupe à l’oignon
Et tous les vieux restants d’cuisine
Dont Orphée est le marmiton
Vienn’t vous chatouiller la narine

Les escaliers de ces caveaux
Sont glissants comm’ des plaqu’s de verre
Certain’ment c’est pas d’l’art nouveau
On connait pas çà à la guerre
C’est mêm’ pas du styl’ rococo
Ca vous fait tourner la breloque
A chaqu’ pas on pataug’ dans l’eau
3 heures d’séjour on est loufoque

Pourtant si vous vous obstinez
Et si vous franchissez la porte
Aussitôt en plein dans le nez
Vous arrive une haleine forte
Le souffle de cet entonnoir
Vous prouv’ qu’en la circonstance
L’expression chlinguer du couloir
N’est pas ce qu’un vain peuple pense

Entré dans ces lieux infernaux
A gauche vous verrez de suite
Des gens étendus sur le dos
De l’espèce des troglodytes
Qui regardent d’un air grognon
Sous l’humidité qui fait rage
Pousser de petits champignons
Sur tous les objets d’leur paqu’tage

Au plafond de ce p’tit gourbi
Un truc vous verse sur le blair
L’eau qui dégringol’ tout’ la nuit
Pendant qu’vous dormez l’ventr en l’air
Mais l’autre jour nos praticiens
Qui discutaient sur cet’ machine
Ont posé l’diagnostic certain
De simple incontinence d’urine

Un grand mur au bas des degrés
Oppose d’un air ironique
A vos efforts désespérés
Une résistance héroïque
Alors arrive un bon coup d’vent
Et vot’ chandelle s’éteint tout’ seule
Pour peu qu’on ait pris son élan
On est sur de s’ casse la gueule

C’est là qu’est l’escalier d’honneur
Pour tous les ceuss que l’on ivite
A v’nir admirer la couleur
L’pittoresque et l’odeur du site
Dans c’t escalier y’a pas d’Gob’lins
Ca vous épat’ j’en suis fort aise
Y’a que’ques rats c’est un fait certain
Et tout l’ bois est pourri d’ punaises

Ayant rallumé vot’ lampion
En vous écriant quell’ sal’ boite
Vous vous apercevez cré nom
Qui fallait qu’ vous tourniez à droite
Vous êtes dans le grand corridor
Qui tourn’ qui vire et qui s’éboule
Et aie le pauv’ poilu qui dort
Encaisse’ les poings quand çà s’écroule

Descendez encor’ que’ qu’s degrès
Vous êt’s au chœur mêm’ du sanctuaire
A votre gauch’ se trouve un chalet
Très fréquenté des militaires
Si vous avez envie d’pisser
Et d’ faire du plus solide encore
Arrêtez vous et pénétrez
J’ vous promets qu’ c’est pas inodore

Courage encor’ des escaliers
Et vous entrez dans la carrière
Y’a déjà longtemps qu’vos ainés
N’y sont plus et sont au cim’tière
C’est magnifiqu’ c’est haut c’est grand
Ne rigolez pas j’vous prie
Les rats sont les princes de céans
Et font l’service de la voirie.

Là d’dans on fait n’importe quoi
La crémation et la cuistance
On magne, on fume, on bridge, on boit
On parl’ des destinées d’la France
Et le canon qui pèt’ dehors
Vous fait pas peur on fait l’mariolle
Un’ fois la nuit venue on dort
Et on récolte un tas d’ bestioles

Mais ceux qui règn’ent en grands seigneurs
Et au moindre bruit s’ carapatent
C’est messieurs les rats ces farceurs
Qui vous jouent des tours d’acrobate
Car tout’ les fois qu’vous roupillez
Les petits, le père et la mère
Rapidement viennent examiner
Vos sillons digito-plantaires

Encore si i s’ contentaient que d’çà
Mais ces sales bêtes que rien n’épate
Font des tours qu’on dit : c’est les rats
Et des blagu’s qu’on dit : c’est les rats
L’capitain’ de territoriale
A cru reconnaitre sa pétoche
L’aut’ jour dans l’ventr’ d’un animal
Qu’il ouvrit d’1 seul grand coup d’ pioche

Le fond d’la cave est occupé
Par tout’ les huil’s d’un’ compagnie
Qui préten’nt tr’ sapeurs miniers
D’la 9/2 du 6e Génie
J’sais pas encor’ s’ils ont miné
S’ils savent saper ou s’ils s’en foutent
Mais ce que j’ peux vous assurer
C’est qu’ils sav’nt bien casser la croûte

Les téléphonist’ dans un coin
Souris tout l’jour sur l’ manivell »
Peux tu m’envoyer d’ la ficelle
Pas mieux y en a du midi
Qui tout’ les fois que le fil casse
Se fou’ dans l’ bec de l’ aïoli
Putain ‘ avec de la six casse

On est très bien à Berthonval
Malgré cette trop longue histoire
Il est certain qu’on est moins mal
Qu’au milieu du four crématoire
Peut-être qu’on pourrait installer
Pour un modeste prix d’ famille
L’ascenseur l’électricité
Et l’ vieux tramway Madelein’ Bastille

________________________________

 

On notera dans le texte l'allusion à la Compagnie 9/2 du 6ème régiment du Génie qui était compagnie divisionnaire. Ceci permet de confirmer l'origine du document, la 18e D.I., mais nous n'en connaissons malheureusement pas l'auteur exact (à moins d'arriver à déchiffrer la signature présente sur le premier extrait présenté au-dessus).

________________________________

Merci à M. Henrion pour m'avoir ouvert sa documentation familiale et pour sa confiance.

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Sources - Album VALOIS - BDIC La Comtemporaine


Sources photos: Collection familiale M. Henrion et collection de l'auteur

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06 décembre 2018

Lothiers, 6 décembre 1918, une catastrophe ferroviaire

Le 8 décembre 1918, les lecteurs du "Figaro" découvrent un petit article annonçant une catastrophe qui vient de se dérouler en Berry, à Lothiers.

Pourquoi s'intéresser à un article du Figaro et non pas à la presse locale?
Tout simplement car la nouvelle de l'accident fut annoncée dans la presse locale, mais allègrement cavardiée par la censure.

En voici l'exemple dans le Journal du Département de l'Indre annoncée en date du 7 décembre 1918. (A noter une confusion de date entre le 6 et le 7 décembre - La source de presse n'a pas été vérifiée par l'auteur du blog).

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Article "Journal du département de l'Indre" 6 décembre 1918 - AD36 - Article NR36 de Xavier Benoit du
07/12/2013

 Dès le 7 décembre 1918, dans le journal "La Presse", on pouvait lire

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Sources GALLICA BNF

Intéressons nous donc à l'article du "Figaro" en date du 8 décembre

Châteauroux - Une collision s'est produite à Lothiers entre deux trains de permissionnaires, l'un parti de Limoges à 11h34 du soir et l'autre le suivant à dix minutes. Par suite d'un brouillard intense, le premier se trouvait retardé et l'autre, ne le voyant pas est venu se jeter dessus.
on annonce trente morts et cinquante blessés.
Un train de secours est parti de Limoges avec plusieurs médecins et un matériel de pansement. Les Américains, de leur côté, ont envoyé des autos sanitaires avec des docteurs et des infirmiers".

 

Au même moment, un autre accident se produisait à Meug sur Loire. On dénombrait vingt morts.

Revenons à Lothiers
Dans son numéro du 15 décembre, "l'Indépendant du Berry" (journal Le Blanc) reprend une série d'articles provenant du "Petit Journal" et écrit:.

Limoges, 8 décembre - Le nombre des victimes de la catastrophe de Lothiers (Indre) est plus élevé, malheureusement, qu'on ne le croyait d'abord. Hier, on comptait 88 morts et il est à redouter que ce chiffre impressionnant ne s'augmente, car plusieurs blessés sont dans un état désespéré.
Le mécanicien et le chauffeur du train tamponneur qui marchait à 85 kilomètres à l'heure, sont tous les deux indemnes. Après avoir serré les freins et renversé la vapeur, car par suite du brouillard, ils n'aperçurent qu'en arrivant dessus le convoi arrêté, ils eurent le temps et la présence d'esprit de s'accrocher brusquement aux montants de la locomotive.
Les Américains, accourus en automobile dès la première nouvelle de la catastrophe, après avoir immédiatement branché un fil de fortune, téléphonèrent à leur camp d'aviation de Châteauroux et, quelques minutes après un biplan atterrissait sur les lieux de la catastrophe, porteur d'un matériel complet de pansement et de secours.
Toutes les victimes sont de braves soldats, sortis sans grand dommage de la terrible guerre et qui ont trouvé la mort ou la mutilation dans un banal accident de chemin de fer. L'un d'eux, un jeune homme de Limoges, avait fait toute la campagne sans une égratignure, sans une heure de maladie; aussi le désespoir de sa famille est-il indescriptible.

Un peu plus loin, il reprend:
Le 9 décembre eurent lieue les obsèques à Châteauroux, voici ce qu'en reporte le Figaro dans son article en date du 10 décembre:
Les obsèques des victimes de la catastrophe de chemin de fer survenue entre luant et Lothiers, ont eu lieu, hier, à Châteauroux.
Les 67 bières étaient portées sur des plateformes d'artillerie françaises et américaines. Après les prières à l'église Saint-André, l'archevèque de Bourges, le préfet, le général, le député, le secrétaire de la bourse du travail ont pris successivement la parole.
Le cortège s'est ensuite partagé en deus, l'un s'est rendu à la gare et l'autre au cimetière Saint-Denis. Toute la population assistait à la triste cérémonie.
Les 151 blessés sont soignés dans les hôpitaux de la ville et les ambulances américaines.

Nota de l'auteur: Parmi les blessés Jules Quincampoix de Château Ponsac est par exemple décédé le 26/12/1918.

 

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Les bières sur le parvis de Saint-André (collection de l'auteur)

Dans l'analyse de ces textes, il est difficile de se faire une idée du nombre exact de décès. L'article va jusqu'à citer 88 décès.
Gràce aux dépouillements effectués par Huguette Mauduit pour le compte de la SGBB (Société Généalogique du bas Berry), ce sont pas moins de 74 actes de décès qui ont été recensés dans l'état-civil de Châteauroux. En parallèle, via le site Mémoires des Hommes, ce sont pas moins de 72 soldats qui sont déclarés comme décédés dans le département entre les 6 et 10 décembre 1918, mais certains sont des soldats indriens décédés à leur domicile ou à l'hôpital de Châteauroux mais pour des causes autres que celles liées à l'accident.
Un recoupement des sources actuellement disponibles s'impose.

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Pour l'anecdote, lorsque l'on recherche des documents sur le sujet via internet, on tombe régulièrement sur un article de la Nouvelle République de 2013, rapportant les faits. A une perte annoncée de 70 morts qui est d'ailleurs une reprise des données de l'article de Gérard Coulon daté de 1984, il est aussi intéressant de noter une erreur dans l'iconographie. L'auteur de l'article souhaitant illustrer un fait sans image, utilisa un cliché d'un déraillement qui se produisit en réalité en juin 1915 à la gare d'Argenton, sous le pont de Saint-Paul et qui est d'ailleurs documenté dans les carnets de Raymond Rollinat.

Cet accident "sans image" fit quand même l'objet de photos, en effet, parmi les soldats américains de l'hôpital de Bitray, se trouvait un certain Chiljian, Henry B. qui figure dans la liste des personnel du Base Hospital n°9 (voir historique Base hospital no.9, A.E.F.; a history of the work of the New York hospital unit during two years of active service").
Il prit plusieurs clichés que voici:

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Clichés Chiljian

A propos d'un des soldats victimes de l'accident, on notera cet article sur le blog du Mémorial de Moissac

Pour compléter, on se reportera à l'article de référence sur le sujet et rédigé par Gérard Coulon dans le journal "La Bouinotte" en 1984

 


La liste des victimes:

Chose malaisée, il y a quelques années, les nouveaux outils et les nouvelles sources mise à notre disposition depuis quelques années, nous permettent de répondre plus surement à la question « Combien décédèrent du fait du déraillement ? »
L’accès au site ministériel "Mémoires des Hommes", au site collaboratif "Mémorial Gen Web", aux données parsemées sur internet via des sites personnels mais aussi grâce aux actes des décès collectés au travers du dépouillement effectué par Huguette Mauduit, au final, nous arrivons à un total de 74 décès.
Depuis quelques temps, la recherche concerant la ville de Châteauroux est amplement facilitée, notamment avec la mise en ligne des registres d'état-civil et ce jusqu'en 1940.

Dans l'ordre chronologique, nous avons donc:

Le 06/12/1918 :

Le 07/12/1918 :

Le 08/12/1918 :

Le 09/12/1918 :

  • ALEONARD Emmanuel Blaise, né le 25/12/1875 à Colondannes (23) 60°R.I.T.
  • DELAGE Victor, né le 17/07/1886 à Périgueux (24) mécanicien mobilisé Compagnie d'Orléans.

Il est à noter que ce soldat ne possède pas de fiche Mémoires des Hommes.
Sa fiche matricule est celle que l'on trouve sur le site des archives de la Dordogne classifiée comme Bureau Périgueux Classe 1906 n° de matricule 1581
Il s’agit du dépouillement effectué par Huguette dans les actes de décès de la ville de Châteauroux qui a permis de faire sortir ce soldat de l'oubli.

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Archives municipales Châteauroux cote 1E273

Le 26/12/1918 :

En dehors des militaires permissionnaires qui se trouvaient dans les deux trains concernés, on trouve, dans les archives disponibles, trace aussi d’une autre victime qui succomba suite à l’accident et qui n’est pas déclarée comme militaire :

Grâce à la mise en ligne des archives de la ville de Châteauroux, on peut trouver son acte de décès (1918, n°1175): Jules MAGNE est né le 2 mars 1862 à Montignac en Dordogne (son acte de naissance aux AD24) et qu’il est domicilié an Corrèze à Brive.
On y apprend aussi que contrairement à ce qu’indique la fiche du ministère, Jules MAGNE est déclaré comme "Mort pour la France" sur l’acte de décès. Ceci est intéressant car cela permet de mieux comprendre que les fiches dissues des fichiers Mémoires des Hommes ne sont pas des pièces justificatives du statut de "Mort pour la France", mais juste un fichier établi en son temps par le ministère des pensions et qui fut abandonné et jamais finalisé.

Malheureusement, les fiches matricules de la classe 1882 ne sont pas en ligne sur le site des archives de la Dordogne, ce qui aurait pu fournir une source supplémentaire.

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Archives municipales Châteauroux cote 1E273

Aujourd’hui, seules 2 sépultures de défunts restent encore au carré militaire Saint Denis à Châteauroux, celles de DEROUINEAU Martin et de PEYNAUD Jean.

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11 novembre 2018

11 novembre 1918, l'Armistice!!! Il y a 100 ans

Pour les soldats pris dans la mitraille d'aout 1914 en Lorraine, dans les bombardements de 1916 à Verdun ou en Somme, dans le froid et la boue d'avril 1917 dans l'Aisne et la Marne, que ce mot Armistice fut attendu. A l'heure où on rend hommage au soldat Trébuchon dernier tué à l'ennemi sur le territoire de France ou au soldat Renault dernier français tué en Belgique, je tiens simplement à penser à eux tous.

En ce jour d'Armistice, je pense aux 3 soldats indriens décédés en ce 11 novembre 1918:

Pensées pour Albert BLANCHARD de Châteauroux, décédé en captivité au lazaret de Stade (Allemagne)

Pensées pour Louis CORNET de Urciers décédé de ses blessures à Renaucourt (Aisne)

Pensées pour Jules GIRAULT de Lingé décédé de maladie à Billy-le-Grand (Marne)

Nous aurons aussi une pensée pour les quelques 680 soldats indriens qui décéderont dans les mois suivant cet armistice.

Comme à son habitude Raymond Rollinat, dès le matin tient à jour son journal et écrit de bon matin en ce 11 novembre 1918:

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Sources Carnets Rollinat Cercle Histoire Argenton

"Chacun en s'éveillant pense que la journée
qui commence marquera dans l'histoire
et verra peut-être la fin de l'effroyable guerre
Quel soulagement, si l'on apprend que l'Armistice est signé ..."

L'armistice fut officiellement signé à 11 heures

Pour découvrir la suite de cette journée, je conseille la lecture des carnets de Raymond Rollinat sur le site du cercle d'histoire d'Argenton


Au pays, à Argenton, l'annonce provoque le regroupement des familles au devant de la mairie, les chemisières ont quitté l'usine, la journée sera chômée. Les anciens, les enfants les rejoignent et manifestent en ville.

Sur les clichés disponibles, que la population semble paisible, plus que de la joie, du soulagement. "Enfin, c'est terminé"

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Ces 2 premiers clichés pris sur la place de la République viennent de faire l'objet d'une publication par le Cercle d'Histoire d'Argenton (Clichés Rollinat récemment acquis)

(Il est à noter que les clichés Rollinat nous montre une foule moins expansive que celle sur les clichés pour les fêtes de la Victoire le 24 juin 1919)

 

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Cliché Quesnel Argenton - le 11 novembre 1918 rue Gambetta

En ce 11 novembre, le photographe argentonnais Quesnel a juste à sortir de son magasin (à gauche) et a posé son appareil au milieu de la rue de la Gare. Les drapeaux ornent les balcons et fenêtres. La population manifeste sa joie à l'annonce de ce moment tant attendu. On notera que seuls, 2 hommes figurent au premier plan.

Pendant ce temps, au front, voici le témoignage du capitaine Laurentin qui se trouvait alors au 219e RI suite à la dissolution du 268e en juin 1918:

Le bataillon retourne à l’arrière, à Guignicourt, nous voici arrivés dans le village tout endormi. Un cycliste passe et affirme : « L’armistice est signé. »
Dieu, si c’était vrai !
7 h. 30. - « Armistice, armistice ! » Tout le monde le dit ; on se félicite, on s’interroge : « Qui te l’a dit. Un cycliste. – Un lieutenant de la lourde. – Un téléphoniste. » Le soldat n’en demande pas plus. Voici une troupe du 93 qui revient, boueuse et lasse, des premières lignes : « C’est fini, leur crie-t-on, c’est signé ! » Les figures s’illuminent de sourires épanouis : « Oh mon vieux ! »
C’est tout. Rien des bruyantes manifestations d’enthousiasme qui saluèrent la déclaration de guerre. Ils ne jettent point leurs armes pendantes. Ils ne quittent pas le rang ; seulement ils relèvent la tête, des têtes joyeuses de braves gens, incapables de désordres et d’excès, même au milieu de la victoire.
Ah ! Ma chère France !

 


 A propos de la question régulièrement posée: Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918? je reprend ici un ancien message de ce blog:

Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918? Pour répondre à une telle question, on pourrait se contenter des chiffres avancés par la presse de l’époque.

 

Journal
Journal du Département de l’Indre – 7 novembre 1932 – collection AD36 R909_3

 Cependant, lors des différentes recherches entreprises, il n’a pas été possible de retrouver une source officielle indiquant le nombre de décès, mais surtout indiquant la procédure de calcul et les sources d’un tel chiffre.
Tout d’abord, avant de commencer un éventuel comptage, il est nécessaire de définir qu’est ce qu’un « Indrien » ?

 S’agit-il d’un natif ?

  • Mais s’il est resté juste un mois après sa naissance, est il encore du département?

 

  • S’agit-il d’un résidant ?
    Mais alors combien de temps faut-il résider pour être comptabilisé?

 

  • A-t-il eu son acte de décès transcrit dans le département ?
    Certains soldats morts dans des hôpitaux du département eurent leur acte de décès transcrit sur le lieu même, ainsi le tirailleur LAMA Bamba dont la transcription eut lieu à Argenton.

 

  • Doit-on considérer le moment du recrutement militaire comme position de référence ? Mais dans le cas de ces lieux de recrutement Châteauroux / Le Blanc, ce dernier lieu englobe aussi bien des cantons de l’Indre que des cantons d’Indre et Loire et de la Vienne.

 

A vrai dire, je ne sais clairement le définir, et la solution de facilité consiste à se limiter aux sources rapidement accessibles et ainsi de se contenter des natifs du département issus de la base de Mémoires des Hommes.

 J’ai cependant voulu aller un peu plus loin en m’appuyant sur les listes existantes, certes imparfaites, mais donnant déjà un bon angle de vue. Ceci permet de trouver d’autres cas de soldats.

 Reprenons maintenant, les différents fonds répertoriés et connus :

 

Les monuments aux morts (MAM) :

 Il s’agit là de la source la plus visible, puisque présente tous les jours dans toutes les communes de France.
Je me suis appuyé sur les données issues du site Mémorial Gen Web. Le département de l’Indre est entièrement relevé. Cela permet d’obtenir une liste de 11.775 noms sur les 248 communes du département. Ce comptage a des limites en l’absence d’écrits concernant l’élaboration des listes. Ce chiffre est aussi à prendre avec précaution, car c’est notamment celui-ci qui permettait de calibrer la subvention versée par l’Etat aux communes conformément à l’article 81 de la loi du 31 juillet 1920. Certaines communes semblèrent « abusées » de ce fait, car de nombreux noms gravés sont finalement restés sans réponse au regard du recoupement avec les autres sources
On ne peut que constater des incohérences (noms sur plusieurs monuments, noms inconnus, certaines familles refusèrent l’inscription de leur enfant sur le monument communal). Le chiffre issu des monuments a vraisemblablement inspiré le journaliste de 1932.

 

Le Livre d’or départemental (LO) :

 Le texte de loi régissant ce Livre d’Or, étant plus strict dans son application (uniquement natif ou résident) que celui régissant la gravure des noms sur les monuments aux morts. Il est donc potentiellement une meilleure source que celui régissant le monument où le Maire était plus libre pour l’inscription (Certains non-Morts pour la France furent inscrits, mais dans la commune d’à côté).
La mise en ligne des Livres d'Or par le site des Archives Nationales permet de cibler 9.643 noms.

 

Les fiches Mémoires des Hommes (MDH) :

 Sur le site ministériel, les critères de recherche sont multiples, mais le seul champ actuellement et valablement renseigné est celui du département de naissance.
Les fiches accessibles sont celles des soldats « Morts pour la France » (MPF), mais aussi celles provenant du  deuxième fichier dit des « Non mort pour la France » (NMPF).
Il faut cependant se méfier du laïus « NMPF » des dites fiches qui a été rajouté car ce 2ème fichier contient aussi des MPLF (Pour rappel, l’acte de décès est la seule pièce administrative ayant valeur juridique concernant la mention « Mort pour la France »).
Nous obtenons donc 10.944 cas différents (A la date du jour, de nombreuses fiches du site sont en doubles et une opération de nettoyage est d’ailleurs prévue par l’administration du site, le décompte présenté tient compte de ces doublons).

 

Les fiches matricules (FM) :

 Même si nous sommes déjà en 2015 et que le Centenaire 1914-1918 a commencé depuis plus d’un an, celles-ci sont toujours inaccessibles via le net. De plus, la base étant le recrutement militaire (Châteauroux et Le Blanc), les fiches sont réparties sur plusieurs départements en ce qui concerne le recrutement du Blanc, il est actuellement impossible d’établir une étude fiable, car cela nécessiterait de compulser un très grand nombre de fiches matricules, une à une.

 Sélection_012

 Si on considère le département de l'Indre, ce sont 60.024 (Châteauroux) et 42.563 (Le Blanc 36), soit 102.587 fiches matricules qu'il faut analyser.
La répartition géographique des bureaux de recrutement Chateauroux et le Blanc:

 

Capture10_BureauxRecrutement

 Le diplôme de Mort pour la France :

 Aux Archives départementales de l’Indre, en série R892, deux cahiers comptabilisent les remises de diplômes qui furent transmis aux communes pour être remis aux familles de soldats « Mort pour la France ». Cette liste s’arrête en 1924. Le compte est alors de 9.449 diplômes remis. Une fois compilées en tenant compte des doublons et des envois dans les autres départements suite à mauvaise orientation, nous obtenons 9.341 noms.
Il s’agit donc là du chiffre bas de notre estimation, certaines fiches n'ont qu'un lien ténu avec le département. On visualise, par exemple, des cas concernant des familles de réfugiés des territoires occupés qui reçurent les diplômes sur le lieu de leur hébergement, donc dans le département.

 

Les listes de retour des corps :

 Dans les années 1920, il fut donné la possibilité aux familles de rapatrier au « Pays » le corps des défunts. Du fait que les frais engendrés étaient remboursés par l’Etat, la Préfecture de l’Indre tenait à jour une comptabilité de ces retours, cela permet de compléter les listes existantes. ces listes sont conservées aux Archives départementales de l'Indre sous la forme de 2 cahiers.
Au final, seuls 1.707 retours eurent lieu (du moins furent enregistrés). A la suite de quelques visites dans les cimetières départementaux, il apparait que d’autres eurent bien lieu (avant/après ?), mais ne furent pas enregistrés dans le cadre de cette opération administrative.

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 De telles incertitudes ne permettent pas actuellement d’annoncer un chiffre précis. L’étude que j’avais entrepris depuis plusieurs années et que je vous présente ci-dessous est le fruit d’un recoupement entre ces 5 sources (Mémoires des Hommes, Mémorial-Gen-Web, Livre d’Or, Remise de diplômes de MPF et Retour des corps).
Cela consiste donc en un subtil recoupement entre toutes ces données, tout en définissant un cadre strict (Par exemple, une homonymie ne suffit pas pour rassembler 2 cas). Le travail étant terminé depuis quelques jours seulement, nous arrivons à quelques 13.908 cas différents, induisant, à coup sur que le nombre est inférieur.

 Je vous livre donc ci-dessous ma liste (qui restera toujours en évolution) des 13.908 cas relevés. Les points d'entrées sont multiples et vous pouvez utiliser les filtres que propose Excel.

 La nouvelle phase d’évolution de ce fichier est donc de compléter avec les lieux de sépultures (travail en cours) et avec la recherche des actes de décès, car il est bon de rappeler que du point de vue de la loi française, seule la mention MPF sur l’acte de décès est preuve de l’obtention de cette mention.

 Comme il ne m'appartient pas de définir qui est un Indrien (natif? résident? ...), tous les cas repris dans le lien présenté ci-dessous concernent le département de l'Indre plus ou moins directement.
Par exemple vous trouverez les noms de soldats du Nord de la France, dont les familles hébergées dans l'Indre pendant le conflit reçurent le diplôme de MPF sur leur lieu d'hébergement (donc dans l'Indre), je ne pouvais décemment les ignorer et ainsi les retirer de la base que j’essaye de constituer, ce d’autant que pour certains, ils figurent alors sur un MAM de l’Indre mais aussi dans leur département d’origine.
La saisie s'effectue au fil de l'eau et de temps disponibles.

 

Le monument virtuel des soldats indriens morts en 14/18
Cliquez ICI pour y accèder

 Essayons maintenant d’effectuer une rapide analyse dans la mesure de ce qui est possible grâce à ces données collectées :

 Les « Natifs de l’Indre » :
Volontairement, je prend comme référence la liste des natifs que l’on obtient à partir des différentes sources et ce malgré tout, en faisant fi des avertissements précédemment signalés.

 10.944 cas différents de natifs de l’Indre sont en base dont 10.591 figurent dans le fichier principal de Mémoires des Hommes et 339 figurent dans le fichier secondaire dit des « NMPF ». On notera cependant que 14 soldats ne figurent dans aucun fichier sur Mémoires des Hommes (0,13%).

 Si nous connaissons la date de naissance, nous ne connaissons la date de transcription de l’acte de décès que pour 9800 et seuls 7869 ont vu leur acte de décès transcrit dans le département de l’Indre.

 Toujours concernant les 10.944 « natifs de l’Indre », 90% soit 9.871 sont inscrits sur 1 monument aux morts (MAM) dont 8.851 sur un MAM implantés dans le département. On notera d’ailleurs que 676 sont inscrits sur au moins 2 monuments et parmi eux 11 sont présents sur 3 monuments différents.

 A partir de la liste des Natifs de l’Indre, observons le lieu de leur décès :

 Capture_DepartDeces

 

Sans grande surprise, il est à noter que les secteurs de combats les plus représentés sont : La Meuse, la Marne et la Belgique qui constituent le trio de tête.
A noter cependant que derrière la présence de la Meuse cache une réalité bien souvent oubliée. En effet, 35% des pertes en Meuse sont liées aux combats des années 1914 et 1915 et donc ne sont pas liées à la bataille de Verdun qui ne se déclencha qu’en février 1916. Ce sont les victimes des secteurs de Marbotte, Lachalade.

 De cette liste de pertes, il est possible d’observer leur chronologie :

 RepartitionAnnuellesNatifs

 

CaptureChronologie

 Les principales pertes concernent la période 1914, en effet, la retraite, la bataille de la Marne tout d’abord puis le début de l’hiver 1914 furent des périodes où les pertes furent nombreuses, tant pour les hommes mobilisés au sein du 9e corps qui combattirent dans la Marne puis dans le secteur d’Ypres que pour ceux du 8e corps qui combattirent en Woëvre et en Meurthe et Moselle.

 Les pics suivants correspondent principalement aux engagements liés aux grandes batailles (Champagne 1915, Verdun 1916, Somme 1916, Aisne 1917, …).

 Si dans le cadre de cette étude, nous étudions les soldats natifs de l’Indre et morts lors du conflit, par l’intermédiaire de la fiche MDH, il est possible de connaitre le bureau de recrutement. Cette donnée permet de connaitre la position géographique d’un soldat à l’âge de 20 ans.
Ceci est pertinent pour connaitre l’attache d’un soldat au moment du conflit, mais est à relativiser en fonction de l’âge du soldat. Plus le soldat est ancien, plus l’époque du recrutement s’éloigne et plus il a de chances d’avoir changé de résidence entre la conscription et la mobilisation de 1914.

 CaptureRecrutement

 88% des natifs de l’Indre étaient encore dans le département lors de leur conscription (63% Châteauroux et 25% Le Blanc). Les migrations s’effectuent naturellement vers les départements limitrophes (Cher, Creuse, Loir et Cher, Indre et Loire, Loir et Cher), mais surtout sur la grosse métropole que représente la région parisienne (Bureaux de la Seine, de Versailles).

 Maintenant regardons les lieux de transcription, qui sont donc les lieux de rattachement des soldats au moment de leur décès.

 Nota : Les fiches MDH ont une particularité. Nombreuses sont celles où figure la mention DC dans la zone de transcription (Cas 1), dans certaines il s’agit d’envoi mais la mention DC n’est pas indiquée (cas 2), les dates indiquées sont celles de l’envoi de la transcription à la mairie concernée et non la date de la transcription elle-même (Cas 3 et 4).

 CaptureFicheDC_1 CaptureFicheDC_2

 

CaptureFicheSansDC_1 CaptureFicheSansDC_2

 Sur les 10.944 natifs de l’Indre, 8.626 ont une transcription de l’acte de décès qui eue lieu dans le département et 2.107 eurent leur acte de décès transcris dans d’autres départements. Seuls pour 281 cas, le lieu de transcription est non renseigné.

 Capture_Transcription

 Sans grande surprise, Paris notamment et la région parisienne figurent en bonne place dans les destinations de résidence suite à des choix de migrations, une volonté de quitter le pays pour tenter sa chance. Les départements limitrophes (18, 23, 37, 41, 86) sont légitimement des départements que l’on trouve dans le haut de ce classement.

 A toute cette statistique, je rajoute le travail (incomplet) que j'avais effectué en 2012 en recoupant les nombres de noms sur les monuments aux morts du département et les effectifs de population des communes du département recensés en 1911 (dernier recensement avec le conflit)

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 Logo_Bleuet_de_France


Le 11 novembre, je pense à nos anciens
Aidez le Souvenir Français pour l'entretien des sépultures

Maurice Larentin, "Carnets d’un fantassin de 1914", Editions Arthaud, 1965, p. 237

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02 novembre 2018

Cher Maitre, ... Plus on nan tire, plus y sonts nombreux (mise à jour 2018)

En 2008, un correspondant (dont j’ai perdu la trace, mais qui peut me contacter s’il se reconnait) me transmit des scans d'une série de cartes postales, alors que nous échangions sur la guerre de 14 ou  sur Malicornay, le village de ma branche maternelle, je ne me souviens plus très bien. je n'avais alors prêté attention plus que cela à cette série de scans.

Quel est le rapport entre cette série de cartes et mes aieux, hormis que cela concerne Malicornay?

Ces cartes ont toutes été envoyées par 2 soldats répondant au patronyme de Plantureux, Louis et Alexandre à leur maitre d’école, M. Suire, qui fit sa carrière à l’école communale de Malicornay.

M. Suire figure sur une des rares cartes postales du village. Sur le cliché, on l'identifie tout de suite sur la droite du cliché. Il pose d'ailleurs juste devant ce qui était alors l'école communale et on reconnait aisément son statut social. Ceci étant dû à l’importance de l’instituteur dans la vie villageoise de l’époque.
Ceci se retrouve dans l'importance qu'apportent nos 2 soldats à transmettre des nouvelles à celui qui fut leur "Maître"

Malicornay1

Revenons, à cette série de cartes et surtout à celles d’Alexandre. Effectivement, parmi mes aïeux, il est un de mes arrières grands-pères.

Alexandre Plantureux est né le 26 février 1874 à Chavin (36) (Lien vers acte de naissance) et est décédé le 19 juillet 1929 à Malicornay (36). Il est de cette génération qui connue la Grande Guerre. Si en 2013, un passage aux Archives départementales ne m’avait pas permis de retrouver sa fiche matricule, surtout par faute de temps, il est maintenant aisée de le trouver via le Grand Mémorial et ainsi d'accèder à sa fiche matricule aux Archives Départementales de l'Indre. Il est ainsi classé  Classe 1894 Recrutement de Châteauroux matricule 570 (lien vers sa fiche)

On notera un parcours très "plat" mobilisé au 9e Train, il y restera jusqu'en 1919. Le type d'unité d'affectation est cependant peu en accord avec le texte des missives envoyées et retranscrites ci-dessous, les "tringlots" n'étaient pas considérées comme des troupes combattantes.

Capture9eETE

 

Intéressons-nous donc aux deux cartes envoyées par Alexandre, je vous laisse effectuer l'analyse du contenu:

plantureux-alexandre-1-recto

Le 29 mars 1915,
Cher Maître
Merci bien de votre aimable lettre qui ma rendu heureux de m’apprendre ou était une partie de mes camarades. Car depuis la campagne, je n’est reçue aucune de leurs nouvelles. Cher maître, vous me dite que vous seriez heureux de mettre un Boche au bout de votre canon. Oui je le pense bien , mais plus on nan tire, plus y sonts nombreux. Mais j’espère bien que bientôt nous en verront la fin. Et que nous aurons malgré çà la victoire. Mais elle serat chère. Vous verrez sur cette carte où je me suis battue que ce n’est pas ricolo. Allon au revoir cher vieux maître, Recevez mes meilleurs amitiés.
Plantureux Alexandre

plantureux-alexandre-2-recto

Le 1 juillet 1915,
Cher monsieur Suire, vous êtes forcés de me dire que je suis paresseux, même très paresseux. Et pourtant en ce moment je suis très heureux, très tranquille. Ce matin je suis aller dire bonjour au cousin Réné Gauthier qui est toujours très heureux lui aussi tous près des Boches. Ne lui empêche qu’il a le tonneau toujours plein de vin. Je puis vous dire quil se porte bien il est toujours très gros. Ou l’on est en ce moment c’est très calme. Mais nous en avons assez vu cette hivers. Et nous avons toujours bonne espoir. Et il y a qu’une seule chose dans ce long et difficile passage, c’est l’espoir. Espérons toujours  à une fin prochaine, Mon cousin ce join à moi pour vous envoyez son aimable bonjour ainsi qu’à Mme Suire. Vos anciens élèves qui vous serre  cordialement la main.
A Plantureux

 

Au-delà des fautes d’orthographe qui devaient nécessairement titiller le maitre d'école qu'était M. Suire, il est intéressant de noter la lucidité du combattant. En juillet 1915, il ne lui reste déjà que l’espoir.

 

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18 octobre 2018

Les Poilus de Nuret-le-Ferron 1914-1918 / 2014-2018

Les Poilus de Nuret-le-Ferron.

Afin de commémorer les 100 ans de l’Armistice du 11 novembre 2018, une exposition est organisée du 6 au 11 novembre 2018, à la salle des fêtes de Nuret-le-Ferron, de 14 h à 18 h.

Consacrée aux hommes du village partis combattre en 14-18, cette manifestation présentera les biographies de 77 soldats morts lors du conflit et de 6 grands blessés de guerre, ainsi que la liste des tous les habitants de la commune ayant participé à la Première Guerre Mondiale.

Un travail qui permet d’appréhender la mobilisation dans un petit village berrichon et le traumatisme durement ressenti dans nos campagnes où toutes les familles ont été touchées, comme le démontre un arbre de cousinage qui présente les liens de parentés de 39 Poilus morts pour la France.

Après l’émouvante cérémonie du 11 novembre 2014, au cours de laquelle 18 diplômes de morts pour la France retrouvés dans le grenier de la mairie en avril 2014 avaient été remis aux familles, cette exposition vient clôturer les commémorations du centenaire de la Grande Guerre à Nuret-le-Ferron.

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16 octobre 2018

Un forum de généalogie dans l'Indre, je pense donc à mes aieux.

Louis, Jean Henri, Lucien, Alexandre, mes aieux comme dans de nombreuses familles ont combattus lors du conflitde la 1ère guerre mondiale. Certains n'en revinrent pas, un autre n'en s'en remit jamais et décèda pau de temps après dans les années 20, d'autres revinrent et comme bien souvent ne parlèrentpas de leur guerre, peut-être de peur de lasser les vivants.
Ce week-end, se tenait le forum de la Généalogie organisé par la SGBB (Société Généalogique du Bas-Berry) et je n'ai pas pu m'y rendre, pris d'un gros rhume que j'étais. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser à mes anciens.

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Louis Bessonneau au centre (3e en partant de la gauche).

Pensée pour Louis, mon arrière grand-père paternel, le frère ainé de Lucien à qui est dédié ce blog.
Comme maçon il naviguait entre Paris 15 et la vallée de la Creuse au gré des saisons. Pensées pour lui et les sapeurs de la compagnie 9/13 du 6e Régiment du Génie de Angers.

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