12 mai 2015

9 mai 1915-2015. De retour d'Artois

Faire un séjour en Artois, pour le passionné que je suis, c’est toujours un plaisir, et comme j’étais déjà venu en 2006 avec ma petite famille, je savais déjà ce qui m’attendait, mais il y a tant à découvrir. L’Artois fut une terre de souffrance pour nos soldats du 9e Corps d'Armée, ceux-ci y séjournèrent pendant de longs mois, d’avril 1915 à mars 1916.
Certes, je ne m’y rendais que pour une journée et le départ fut bien matinal, mais j’avais hâte de faire le voyage pour rendre hommage aux gars de la 17e Division d’Infanterie.

Tout d’abord, entreprendre ce voyage, c’est déjà passer par la gare du Nord et profiter de l’attente du départ pour faire un petit tour par la rue des Vinaigriers (zone de départ des taxis) pour rendre hommages aux cheminots de 14.

GareNord_20150509
Les plaques 14-18 et 39-45 de la Gare du Nord

Ensuite prenons le TGV pour Arras. Là je retrouve mes deux amis Frédéric et Thierry, spécialistes du secteur artésien. Direction maintenant Loos en Gohelle pour l’inauguration de la plaque en l’honneur des soldats de la 17e Division d’Infanterie.

En effet, en ce 9 mai 2015, l’association « Loos en Gohelle sur les traces de la Grande Guerre » a décidé de rendre hommage aux soldats qui tombèrent lors de l’attaque du 9 mai 1915. Cette association s’occupe de faire découvrir le passé de la commune de Loos qui fut si touchée et dévastée par le conflit. L’inauguration de la stèle eut donc lieue Chemin de Vermelles, à l’emplacement de ce qui fut la « Redoute de Loos » et ce en présence des autorités locales, notamment M. Jean François Caron, maire de Loos et conseiller régional. Cette stèle devrait à terme être incluse au sein d’un parcours historique qui est en projet.

Loos_9mai2015 013  Loos_9mai2015 020
La cérémonie d'inauguration de la plaque en l'honneur aux soldats de la 17e Division

Quelle émotion de se trouver là, à l'heure précise, 100 ans plus tard.
Que penser de cet effort demandé à de jeunes hommes, à des pères de familles de traverser cet espace alors bouleversé par la mitraille et les explosions, alors que je le découvrais calme et cultivé.

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Le secteur d'attaque de la 17e DI, vu depuis les positions allemandes de l'époque

Si vous êtes une famille d’un poilu ayant fait l’attaque du 9 mai, ou si vous êtes de passage dans le secteur, je ne peux que vous conseiller de prendre contact avec l’association, j’y ai été vraiment très bien accueilli.

http://asso.sltdlgg.pagesperso-orange.fr/pagefrance.htm

A l’issue de l’inauguration, une surprise m’attendait, à la médiathèque, une exposition avait été montée et permettait de mieux comprendre cet épisode du parcours des régiments indriens. Mais une deuxième surprise m’attendait. Sur les panneaux, figurait un patronyme qui m’est proche, du moins qui est connu en Berry. Je découvrais ainsi un panneau concernant Léon AUGRAS, un agriculteur de Maillet. Le patronyme m’est généalogiquement connu et la commune est celle dont est issue une partie de ma famille. Le summum fut de découvrir que les personnes devant ledit panneau étaient les descendants du soldat berrichon en question et plus précisement la petite-fille de Léon Augras. J’entamais alors la discussion, mais je dois reconnaitre que ma voix fut d’abord chevrotante, car j’en étais ému. Sans nous connaitre, nous nous découvrions des connaissances communes et nous échangions aussi des informations sur le parcours de Léon qui l’amena jusqu’en Artois.

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Devant le panneau dédié à Léon AUGRAS, en compagnie de sa petite fille

Suite à l’inauguration, nous nous rendimes à une adresse que je conseille tant pour la qualité de sa table que pour son cadre: l’Estaminet de Lorette, sur le lieu même de la butte de Lorette.

http://www.estaminet-de-lorette.com/

Je conseille très vivement les spécialités locales et notamment la bière locale « Page 24 » qui sait si bien accompagné la carbonade.

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La nécropole Notre Dame de Lorette

Après le repas, je me laissais aller à divaguer au sein de la nécropole de Lorette, au fil des sépultures à la recherche des soldats l’Indre, alors que j’étais surtout perdu dans les pensées qu’un tel lieu peut inspirer. Nous rendîmes ensuite pour admirer le récent anneau de la Mémoire qui a été installé devant la nécropole et qui à mon avis gâche le paysage que l’on avait avant depuis la nécropole sur le champ de bataille. A mon humble avis, il eut été préférable, sans en changer l’emplacement, d’enterrer un peu plus cet anneau mémoriel afin de l’intégrer un peu plus en cette terre artésienne. Oubliant le site, une fois dans l’anneau, le vertige engendré par la longue liste de noms prit place. Comment tant d’hommes vinrent mourir en ces lieux?

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On regrettera cependant que les noms de ceux qui tombèrent en Flandres belge n’y figurent pas alors que certains de leurs corps furent rapatriés à Notre Dame de Lorette, mais le monument ayant été pensé par le conseil régional, on comprendra cette inopportune absence.

Au fil de l’après-midi, mes deux acolytes me firent découvrir des secteurs que je ne connaissais pas. Nous nous rendîmes au Bois en Hache, à Angres, qui sera le secteur des 268 et 290e RI, au début de l’année 1916. Je découvris ensuite les cimetières de la Tranchée de Meknés et celui d’Aix-Noulette. Là, je découvris des sépultures indriennes que je ne connaissais pas et qui sont inclues dans des cimetières gérées par les autorités britanniques. Il est toujours plaisant de se rendre dans ces cimetières anglais, surtout à l’époque où les fleurs apparaissent. De vrais jardins.

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Le "Tranchée de Meknés Cemetery" où je découvris une sépulture du 90e RI que je ne connaissais pas

Nous finimes la journée par la visite de divers secteurs où les combats firent rage en ce 9 mai 1915, à Aix-Noulette, Carency, …

Je tiens vivement à remercier Frédéric et Thierry
pour m’avoir promené tout au long de cette trop courte journée.

Le temps de rentrer en Berry vint alors, mais je reviendrais ultérieurement sur ce séjour, alors dans le cadre de publications spécifiques. Rendez-vous est pris pour l'année prochaine pour la thématique liée à la défense de la Cote 304 en mai 1916, dans le secteur de Verdun.

 

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21 mars 2015

Eugène AUBARD Un territorial dans la Grande Guerre (1915)

Le journal d'un pépère
du 65ème Régiment d'Infanterie Territoriale
Année 1915

 

Janvier 1915

1er janvier:
Le matin repos et nettoyage, le soir marche. On touche chacun 7 noix, une pomme, une mandarine, 2 quarts de vin chacun et une bouteille de champagne en quatre.

a1janv15
Une carte envoyée le 2 janvier 1915 à son fils Camille

"Envoi de Aubard Maurice - 65e Territorial - 8ème Compagnie.
1er janvier 1915
Mon cher Camille
Je suis en bonne santé et t'envois mes meilleurs
voeux de bonne année et de bonne santé
et t'embrasse bien fort.
Eugène"

Le 2:
Le matin corvée de bois. A midi école de bataillon. Les bleus sont mis à l’ordre. Pour ma part un lieutenant me dit que je porte mon fusil comme un escargot porte un parapluie.

Le 3:
Les nouveaux manœuvrent seuls, ils espèrent nous dresser, y réussiront-ils ?

Du 4 au 10:
Exercice toujours

Le 11:
Aux tranchées pour s’amuser

Le 12:
Tir à Crepy en valois

Le 13:
Tranchées le matin, le soir revue. Mauvais temps

Le 14:
Le matin et le soir exercices de tranchée, le soir à 8h marche

Les 14 et 15 janvier:
Même travail. Dans la nuit nous recevons l’ordre de marcher en avant

Le 16:
Départ à 5 h par Crepy, Villers Cotteret, nous couchons à Dampleux à 6 km de Villers Cotteret, nous arrivons à 4h du soir, distance 30km. Nous touchons du pain seulement et le lendemain matin nous touchons la viande avant de partir.

Le 17:
Nous partons à 6h et demie sans manger, nous faisons la grand’halte à 12h et demie à Toucy, arrivée à Chacrise à 5h. Nous mangeons un bifteck et espérons bien dormir après 30km. Encore à 10 h du soir sac au dos et nous partons pour Billy sur Aisne remplacer d’autres troupes. Nous arrivons trop tôt. Nous attendons 2 heures sous une averse de neige, on est tout blanc. Nous nous couchons le 18 à 3 heures du matin

Le 18:
On se lève tard. Les boches nous envoient des marmites, elles éclatent à 500 mètres de nous sur la hauteur. Nous partons à cinq heures pour Acy la Campagne. On occupe le village du Carrier et doit soutenir la 7eme compagnie dans les tranchées en cas d’alerte.

Le 19 :
Repos, défense de sortir, le soir à 10 h alerte, nous devons nous tenir prêt à partir, on se recouche tout équipés. Nous grelottons toute la nuit.

Le 20:
Même travail. A 5 h du soir je prends la garde aux issues du village, à 10 h la 6eme compagnie nous relève . Nous passons une bonne nuit.

Le 21:
Il pleut, dans la soirée des obus passent au dessus de nous et vont éclater à 1 km sur le bourg.

Le 22:
Beau temps ; Les aéros se promènent. Nous ne sortons pas. Le soir les Boches envoient des obus de nouveau. Ils tuent 5 chevaux.

Le 23:
Il fait froid. Le soir à cinq heures travail aux tranchées jusqu’à 8h.

Le 24:
Nos pièces envoient des obus à leur tour. Le soir aux tranchées de 8h à 5h du matin.

Le 25:
Nous envoyons le matin des obus sur l’Aisne. Le soir je vais au clayonnage. Les Prussiens bombardent le coteau opposé et incendient un hangar. On envoie toujours des obus, nous travaillons à la protection des phares

Le 26:
Le matin repos. A 5 heures nous partons aux tranchées notre section construit une chambre de repos. A minuit nous allons nous reposer dans un moulin

Le 27:
A 4h nous revenons au travail et continuons  jusqu’à 5h du soir. Violente canonnade, les Allemands ne répondent pas. A 8h nous partons aux tranchées, je prends la faction sur les bords de l’Aisne à Venizel. Canonnade continue une partie de la nuit. Il fait très froid. A minuit nous sommes relevés nous restons jusqu’à 6h dans les chambres de repos.

Crouy19150108

Le 28:
Nous grelottons car il a gelé très fort. Notre secteur part du pont de Venizel qui n’est pas sauté jusqu’à une sucrerie. Nos batteries continuent à envoyer des obus sur les tranchées boches au delà de Ste Marguerite. Le matin quelques coups de fusil sont tirés. J’entends siffler les premières balles. De trois à cinq heures les Allemands envoient des shrapnels dans un petit bois de l’autre côté de l’Aisne, ils éclatent à 100m de nous. On nous relève à 4 heures du soir. Bonnet est blessé. Nous mangeons dans la chambre de repos.
A ce moment les Allemands attaquent. Vive fusillade pendant 10 minutes et les nôtres très inférieurs en nombre abandonnent et reculent jusqu’à Venizel.
Nous allons nous reposer dans la chambre de repos à 1km il est 9h. A 16h sac au dos et nous revenons dans le bois où nous restons sur une petite route jusqu’au  lendemain 29 à 6 heures.
Il fait un froid terrible et c’est le 3eme nuit que je ne dors pas . toute la nuit nous trottons sans pouvoir se réchauffer on s’endort debout et on ressemble plutôt à des fantômes qu’à des hommes. Je n’ai jamais tant souffert du sommeil et de lassitude depuis trois jours que je trotte pour me réchauffer.

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Le pont de Venizel en 1918

Le 29
A 6 heures, nous allons à la chambre de repos pour dormir mais il fait trop froid impossible de se réchauffer.
la canonnade continue . A 8h du soir nous retournons aux tranchées jusqu’à minuit. Je me repose dans un boyau qui a un mètre 30 centimètres de large et qui sert de salle à manger et de salle à coucher. Le canon peut tonner je ne l’entends pas.

Le 30 janvier
De minuit à 6h je prends la faction dans la tranchée, il fait un peu moins froid . Je retourne au boyau et dors pendant 3 heures. Au réveil ce n’est plus le même, je suis revenu à la vie. On entend quelques coups de fusil et toujours le canon . A 4 heures la fusillade commence, les Allemands sont dans le bois à 300m ils envoient des balles dum-dum, en éclatant elles font le bruit d’un coup de fouet. On leur répond et pendant un quart d’heure les balles pleuvent, nos mitrailleuses se mettent de la partie et notre 75 leur envoie quelque chose et jusqu’à six heures il fouille le bois, les obus en éclatant font un bruit de tonnerre et surtout à la fin on leur envoie des obus à la mélinite ; c’est effrayant, la terre en est ébranlée.
Je ne prends pas part à l’action nous sommes en réserve, mais j’ai la trouille tout de même pourtant je verrai pire que cela.
Nous sommes relevés à 6h et demie et nous revenons à Acy le Bas, comme je dors bien…

Le 31
Repos mais impossible de trouver de vin

Février 1915

Le lundi 1° février
Je me lève à 9h, je cous ma couverture, je mange la soupe et me recouche. Dans la soirée duel d’artillerie à 7 heures. Violente canonnade , l’écurie en est ébranlée.

Le 2
Violente canonnade à 6 heures et dans la journée nous sommes encore de repos, dégel et grand  vent, le soir toujours le canon.

Le 3
Nous prenons la garde au Jury village de la commune d’Acy

Le 4
Nous sommes relevés à 11 heures du matin, le soir repos

Le 5
Départ à 5 heures pour faire des tranchées sur les bords de l’Aisne. A 9heures on reçoit  des balles, aucun n’est atteint, les tranchées ennemies sont de l’autre côté. Nous revenons à 11 heures le soir repos.

Le 6
Calme sur tout le front à part quelques coups de canon. A 6h et demie nous partons porter des bourrées pour assainir les tranchées où l’eau monte jusqu’à mi-jambe. Retour à minuit.

Le 7
Le matin repos, à 6 heures du soir nous allons travailler aux tranchées, l’eau tombe, retour à minuit.

Le 8
A midi nous allons au bois faire des bourrées pour les tranchées retour à 5 heures du soir.

Le 9
Le jour repos, le soir aux tranchées retour le 10 à 1 heure

Le 10
A midi nous retournons à la roperie porter des sacs de ciment pour faire des abris de guetteur retour à 5 heures du soir.

Le 11
A 7 heures garde au Jury jusqu’à 5 heures du soir. A 6 heures départ pour les tranchées le soir nous sommes de réserve. Le soir à 9h en patrouille vers Venizelle retour à 11 h. Du côté de Soissons violente canonnade le ciel en est tout embrasé.

Le 12
Le jour je prends la faction. A 6h du soir départ pour les tranchées dans la boue jusqu’à mi-jambe. A minuit je prends la faction sur les bords de l’Aisne, je ne distingue rien ; dans la boue jusqu’au genou très en colère, pour peu je flanquerais le tout dans la rivière. Canonnade comme j’en ai jamais entendue.

Le 13
A 4 heures je reviens au boyau dans la boue. L’eau tombe jusqu’à midi et nous chasse, les sacs sont tous mouillés, j’ai la joue enflée et la fièvre. Il faut rester là  quand même, dans  la soirée averse, à 7 heures nous allons dans la chambre de repos.

Le 14
A 7 h je prends la faction. Il fait beau et tout sèche. A 6 h du soir nous reprenons les tranchées. Je pars à minuit  pour les tranchées au même endroit, il fait froid et c’est mouillé. A 6 heures le 15 je reviens

Le 15
Pas de repos, toujours dans la boue, nous ne sommes pas reconnaissables. A midi  les Allemands nous font un concert instrumental, ils ne s’ennuient pas. Le général de  Grandmaison vient nous voir, nous sommes relevés à 7 h et nous allons coucher à Acy le Bas.

 

Grandmaison
Le Général Loyzeau de Grandmaison en inspection le 11 février.
Il devait succomber le 19 février 1915 à Soissons des suites de blessures reçues.

Le 16:
Repos 

Le 17 et le 18 février:
Quelques corvées nous sommes en cantonnement d’alerte.

Le 19:
Corvée. Des obus tombent aux environs. Le soir nous revenons au Carrier

Le 20:
Le matin repos. Des obus tombent sur le village, pas d’accident. Le soir nous allons au bois au clayonnage, il fait très beau.

Le 21:
Repos et beau temps.

Le 22 et le 23:
Même travail.

Le 24:
Le matin nous allons chercher du bois pour la cuisine, nous abattons un arbre et l’emportons. A 150m un obus tombe juste à la place où nous étions et coupe un autre arbre. Le soir bombardement de Acy le bas ; plusieurs maisons sont abîmées

 A partir de ce jour la flemme me prends et j’oublie d’écrire ; en tout cas se sont les impressions d’un « bleu »

Mars 1915

Le 30
Nous prenons les tranchées à la sucrerie , averse de neige jusqu’à minuit

Le 31
Il fait froid mais beau

Avril 1915

Le 1er:
Forte gelée, le matin beau , dans la soirée fort bombardement.

Le 2:
Forte gelée. Un aéroplane allemand est abattu entre Serches et  Ambrief. Le soir à dix heures je fais une patrouille, rien à signaler.

Le 3:
Un peu d’eau une partie de la journée, nous sommes relevés à 8 h du soir, il pleut

Le 4:
Jour de Pâques, nettoyage, revue. A 6h le soir je prends la garde au carrier aux issues. Il pleut toute la nuit et le matin

Le 8:
La Couvrelles, Serches, Acy le haut deux jours. Chacrise  7 jours travail de nuit. Maast et Violaine un jour

Le 27:
Départ pour Puiseux 30km très chaud

Le 29:
Départ pour Ambleny 18km

Mai 1915

Exercice jusqu’au 6 mai

Le 6:
Départ pour le travail. Vingré par Roches. Je vois les bombes pour la première fois. On part à 2 h du matin et revenons à 9h du soir, averse avec tonnerre

 

CarteEM_Vingre
Carte Etat-Major 1/80.000e Secteur Ambleny - Vingré

Le 7:
Nous devons partir à la même heure et au même endroit. Je vais à la visite et on m’arrache une dent.

Le 8:
Nous retournons à Vingré au même travail. Nous recevons des obus, plusieurs n’éclatent pas.

 

Vingre_FermeAmory
Vingré - Intérieur bombardé de la ferme Amory

 

Nouvron_FermeConfrecourt
Ruines de la Ferme de Confrécourt

Le 9:
Repos

Le 10:
Départ d’Ambleny pour le Port-Fontenoy. Nous couchons dans une ancienne carrière

Le 11:
Nous allons porter le manger  au 40eme de ligne dans les tranchées. En sortant nous sommes saluées par une rafale de 77, pas d’accident.

Le 12:
Nous continuons

Le 13 mai:
Encore le matin nous sommes arrosés pendant tout le trajet par les obus, nous portons la soupe quand même et personne n’est touché. Le soir à 8 heures : de garde.

Le 14:
Continuation de la garde

Le 15:
Nous portons les vivres à la 6eme compagnie ;  pendant le repas nous recevons des gros obus à quelques mètres de la tranchée, pas d’accident. Le soir nous prenons la tranchée à notre tour

Le 16:
Beau temps, bombes très près

Le 17:
Pluie

Le 18:
pluie et toujours des bombes. Le soir à 3 heures les Allemands attaquent un petit fortin, vive fusillade et ça nous vaut de l’alerte la nuit et le 19.

Le 19:
Dans la journée le 77 nous rend visite, pas d’accidents.

Le 20:
En alerte toute la nuit, journée calme et beau temps. Le soir vers 9 heures nouvelle attaque du fortin et pendant un quart d’heure vive fusillade et grenades une partie de la nuit ; fusillade de temps à autres, nous restons tous jusqu’à 3h1/2 du matin

Le 21:
Beau temps, toujours quelques shrapnells.

Le 22:
journée assez calme, nous sommes relevés le soir et ma demi section prend la garde à Fontenoy.

Le 23:
Garde jusqu’à midi et nous partons dans un bois jusqu’au soir, départ à 8 heures et arrivée à St Pierre d’Aigle à 2 heures du matin

Le 24:
Nous repartons à minuit et arrivons à Muret les Crouttes à 7 heures

Les 25  26  et 27:
Repos

JMO 169e BI
Mardi 25 mai 1915
Le 2e bataillon du 65e vient entre 8 et 9 heures occuper les cantonnements suivants:
5e et 8e Cies: Les Crouttes
6e Cie: Muret
7e Cie: Hartennes
Le 3e bataillon et l'état-major de régiment relevés de la première ligne, vient cantonner à Saint-Pierre Aigle
et Dommiers

Le 28:
Au travail au dessus de Serches

Le 29:
Pareillement, nous faisons 20 km par jour.

Le 30:
Départ pour la ferme de la Siege, commune de Couvrelles

Le 31:
Toujours au travail.

Juin 1915

Le 1er:
Nous travaillons à 1 kilomètre, il fait très beau et chaud

Les 2  3  4 et 5:
De même, nous continuons les chambres de repos pour l’artillerie.

Le 6:
A 1h départ pour les Crouttes, arrivée à 3 heures. Toute la matinée le canon tonne sans arrêt, nous sommes en alerte et devons être prêts à partir au premier moment

Le 7:
Le matin corvée de lavage, toujours en alerte, il fait très chaud

Le 8:
Toujours aux Crouttes nous partons le soir pour le Siege

Les 9  10  11  12:
Toujours au travail

JMO 85e DIT - 10 juin 1915
Par ordre général n°160 en date du 9 juin du Général commandant la 6e armée, la 85e Division est disloquée.
Les 65 et 66e Régts deviennent la réserve d'infanterie du 37e CA (ex 5e groupe de Divisions)
Le 67e Régt passe à la réserve d'infanteire du 7e CA
Le 68e Régt passe à la réserve d'infanterie du 35e CA
L'artillerie de la Division est placée sous les ordres du colonel Cdt l'artillerie du 37e CA

Les 65 et 66e RIT sont donc affectés au 37e Corps d'Armée, et forment la réserve d'infanterie du CA. On notera que ce changement d'affectation n'impacte en rien le journal d'Eugène. Aucune mention, le travail continue.

Le 13:
Corvée de lavage le matin, le soir au travail

Le 14:
Aussi au travail

Le 15:
Nous partons à 1 heure pour les Crouttes, le soir départ des Crouttes à 6 heures du soir , nous passons par Muret, Nampteuil, Chacrise, Ecurie Septmont et nous arrivons à Berzy le Sec le 16 à 2 heures, nous y restons jusqu’au 21 

Le 21 juin:
Je prend la garde, départ à 5 heures et arrivée à Hartennes à 8 heures. Repos jusqu’à midi et départ pour le travail. Nous fendons du bois et le portons dans un champ et chargeons les camions.

Du 22 au 27:
Même travail, pluie le 24 et le 25

Le 28:
Au soir départ pour Saconin par Chaudun et Missy, arrivée à minuit.

Le 29:
Départ pour le travail à 7 heures du soir, et retour le 30 à 5 heures.. Nous travaillons à quelques kilomètres de Soissons auprès de Pernan.

Juillet 1915

Du 1 au 3:
Même travail de jour, départ à 3 heures et retour à 17 heures

Le 3:
En arrivant nous prenons la garde à six heures jusqu’au lendemain à 12 heures

Les 5  6 et 7:
Départ et retour à la même heure

Le 8:
Repos
Tous les jours Saconnin reçoit quelques obus mais sans accident

Du 9 au 13:
Toujours au travail 

Le 14:
Repos, beaucoup d’eau. On a son litre et l’ordinaire est amélioré. Sitôt le repas du soir terminé, les Allemands nous envoient le dessert : un obus coupe un peuplier pas loin de nous. Le soir la pluie recommence.

Le 15:
Repos de jour, le soir violent bombardement, nous n’avons pas de pertes. Le soir travail de nuit

Du 16 au 18:
Travail de nuit et toujours entre Soissons et Fontenoy

Du 19 au 22:
Même travail

Les 23, 24 et 25:
Même travail et pluie, temps froid

Les 26,27 et 28:
Je vais à la visite pour les palpitations et il fait mauvais temps

Le 29:
Toujours à la visite . Beau temps aussi les avions en profitent et ils sont fortement canonnés. Le soir violent bombardement  mais pas d’accident.

Les 30 et 31:
Exempt de service

Août 1915

Le 1er:
Le matin les Boches arrosent nos batteries qui sont sur la hauteur

Le 2:
Au matin je fais la lessive. Le soir pluie

Le 3:
Travail de jour

Le 4:
Je vais au travail le jour toujours du côté de Pernan

Les 5, 6 et 7:
Travail de nuit

Le 8:
Repos

Le 9:
Travail de jour, nous recevons de marmites

Le 10:
Repos

Le 11:
Départ de Saconin à 8 heures du soir, arrivée à Chaudun à 11 h

Le 12:
Nous restons à Chaudun

Le 13 août:
Départ à 4 heures pour Maast par Droizy et Muret les Crouttes. Arrivée à 10 heures

Le 14:
Repos

Le dimanche 15:
Exercice et défilé devant le colonel

Le 16:
Exercice toujours et vers midi violent orage

Le 17:
Marche manœuvre par Cury et Branges

Les 18 et 19:
Exercices

Le 20:
Marche par Launoy, Arcy Ste Restitue, Branges, environ 16 km

Le 21:
Exercice

Le 22:
Repos, corvée de lavage

Le 23:
Manœuvre vers Muret, il fait très chaud

Les 24 et 25:
Le matin manœuvre et le soir exercice

Les 26 et 27:
Toujours exercice

Le 28:
Repos et revue départ pour  Serches à 7 heures du soir, en route violent orage, on se mouille un peu. Arrivée à Serches à 9 heures

Le 29:
Repos, installation

Le 30:
Nous allons au travail vers Acy le haut

Le 31:
Aussi

Septembre 1915

Le premier:
Aussi

Les 2, 3 et 4:
Toujours au travail

Le 5:
Repos

Les 6, 7, 8, 9:
Toujours au même endroit, beau temps

Le 10:
Le matin travail, de garde le soir jusqu’au 11 à 18 heures, beau temps, nuit froide

Du 12 au 24
Toujours le même travail

Le 24:
A 11 heures ordre est donné de rapporter les outils et le soir nous allons entendre le commandant qui nous lit la proclamation du généralissime:

« Soldats de la République ! Après des mois d'attente qui nous ont permis d'augmenter nos forces et nos ressources, tandis que l'adversaire usait les siennes, l'heure est venue d'attaquer pour vaincre et pour ajouter de nouvelles pages de gloire à celles de la Marne et des Flandres, des Vosges et d'Arras. Derrière l'ouragan de fer et de feu déchaîné grâce au labeur des usines de France, où vos frères ont nuit et jour travaillé pour vous, vous irez à
l'assaut tous ensemble, sur tout le front, en étroite union avec les armées des Alliés. Votre élan sera irrésistible.
Il vous portera d'un premier effort jusqu'aux batteries de l'adversaire au-delà des lignes fortifiées qu'il nous oppose.
Vous ne lui laisserez ni trêve ni repos jusqu'à l'achèvement de la victoire. Allez-y de plein cœur pour la délivrance du sol de la patrie, pour le triomphe du droit et de la liberté. Joffre. »
J. Joffre, 24 septembre 1915

Le 25:
En alerte, mauvais temps

Le 26:
Je fais la lessive. A 10h nous recevons l’ordre de départ pour 15 heures, nous arrivons aux Crouttes par le Mont de Soissons, Violaines, Maast à 17 heures.

Les 27 et 28:
En alerte

Le 29:
Revue par le colonel au dessus de Violaines

Le 30:
Présentation du drapeau le soir

Octobre 1915

Le premier:
Exercice

Le 2:
Départ pour Violaines à 7heures et demie, le soir exercice à 1 heure

Le 3:
Repos

Le 4:
Exercice

Le 5:
Travail

Le 6:
Exercice

Le 7:
Travail

Le 8:
Exercice

Le 9:
Toujours travail du côté d’Acy le Haut à 9 kilomètres

Le 10:
Repos 

Le 11:
Exercice

Le 12:
Travail

Le 13:
Tir

Le 14:
Repos

Le 15:
Départ de Violaines à 2 h du soir par Nampteuil, Muret, droizy, Chaudun, Cravançon arrivée à Dommiers à 8 h, distance 20 km

Le 16:
Départ de Dommiers à 6h du soir par Cravançon Mersin, nous prenons les tranchées à l’arrivée à 9h du soir. Je prends sur les bords de l’Aisne jusqu’au 17 à deux heures.

Le 17:
Brouillards toute la nuit et la journée. A 6h du soir nous faisons une patrouille sur les bords de la rivière et ensuite je prends la faction jusqu’à minuit. A 7 heures quelques coups de fusil entre les sentinelles opposées et une patrouille ennemie qui avait traversé en barque, finalement ils se retirent laissant un blessé et un prisonnier.

Le 18:
A midi je prends à la maison du pécheur jusqu’à minuit. Il fait froid

Le 19:
Repos toute la journée, je ne prends qu’à minuit au poste 8

Les 20, 21 et 22:
Même chose

Le 23:
Nous faisons une patrouille sur les bords de l’Aisne par le brouillard et nous rentrons tout trempés jusqu’au genoux.

Le 24:
Nous revenons à Mercin, je vais à la visite

Du 24 au 30:
Travail de nuit et faction jusqu’à minuit

Le 31:
Nous retournons aux tranchées, le soir à six heures patrouille et poste 8 jusqu’à minuit

Novembre 1915

Le premier:
Mauvais temps, à minuit à la cabane du pécheur jusqu’au lendemain à midi

Le 2 et le 3:
Faction au même endroit

Le 4:
Jusqu’à midi de même , à minuit au poste 10

Le 5:
Poste 10 jusqu’à 6 heures, a minuit de garde aux abris jusqu’à 6 heures

Le 6 novembre:
Dans la soirée travail et patrouille

Le dimanche 7:
Le matin corvée et à midi au pécheur jusqu’à minuit

Jusqu’au 24:
Toujours le même travail

Le 24:
Le soir patrouille, nous recevons quelques coups de fusil, pas d’accident.

Le 25:
Aussi, nous ripostons et tout se passe bien

Décembre 1915 

Le premier:
Nous sommes relevés par le 66ème territorial à 8 heures du soir par la pluie et nous allons coucher à Dommiers par Vaux, Saconin.

Le 2:
Arrivée à 1 heure du matin

Le 3:
Nous repartons à 6 heures et la pluie ne cesse pas de la journée, arrivée à Maast par Chaudun, Hartennes, Droizy et Muret à midi.

Le 4 et le 5:
Toujours la pluie et repos
Rien d’important jusqu’au 25

Le 26:
Départ en permission de Maast à 5 heures. Nous partons de Chacrise à 7 heures par Oulchy, la Ferté Milon, Meaux et gare de l’est. Petite promenade à Paris et  déjeuner 80 rue Traversière, retour par le métro et départ de la gare de l’est à 16h35.

Permission

 

L'année 1916

Posté par Indre1418 à 07:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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