05 décembre 2010

La première bataille d'Ypres (6) 26 octobre 1914

Le 9ème corps d'Armée est enfin au complet et complètement déployé. Malheureusement, les unités sont dispersées, en effet, 2 brigades ont leurs régiments séparés et placés aux extrémités du front.

Jusqu'à présent Paschendaele avait été l'objectif principal des attaques françaises. A partir du 26, Poelcapelle devient l'objectif principal, ce changement est effectué en lien avec la nécessité de venir plus directement en aide aux forces franco-belges du secteur de l'Yser.

Détachement d'Armée de Belgique
Etat-Major
Au quartier général, 25 octobre 18 heures
Instruction particulière pour M. le général Dubois, commandant le 9e corps d'Armée.
Il importe de profiter de l'avance gagnée par le 9e corps pour déclencher, à l'est de la foret d'Houthulst, une attaque en forces destinée à dégager le front de l'armée belge et à élargir la trouée déjà faite dans la ligne ennemie.
A cet effet, M. le général dubois, avec tous les éléments dont il dispose et la 31e division d'infanterie, qui débarquera dans la région d'Ypres et qui sera en mesure de se mettre en mouvement le 26 octobre à partir de midi, prononcera ce jour-là, sur l'axe Staden-Cortemarck, une offensive qui devra être menée avec la plus grande vigueur. Cette attaque sera préparée, dès le matin du 26, par une attaque sur Poelcapelle.
L'attaque sur Passchendaele sera vigoureusement continuée par les unités déjà engagées sur ce point.
V. d'URBAL
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Ypres2_19141026

Dès 15 heures, les 125 et 66e RI déclenchent l'attaque, progressant très lentement par infiltration. A 18 heures, l'assaut vient s'échouer sur les barrières de fil de fer allemands. La participation de la 31e division ne s'effectua pas, la pagaille dans la transmission des ordres, l'inorganisation firent que celle qui devait apporter l'élan supplémentairene fut même pas engagée, les premières unités arrivant à Saint Julien à 17 heures.

Au centre, la 17e Division, déjà éprouvée, poursuit son offensive. Les 268 et 68e RI réalisent un gain de mille mètres, alors que les 90 et 114 e RI ont aux un gain de 300 mètres. Une centaine de prisonniers est réalisée. Engagées depuis 4 jours et 4 nuits, les troupes accusent la fatigue.

A droite, les troupes de la 18e DI doivent se retirer du sud de la voie ferrée, le commandant de la 7e division anglaise se plaignant du fait que ses troupes sont gênées par la présence des troupes de la 18e DI qui ne devraient se trouver là.
Ce jour, le lieutenant-colonel Maury, chef de corps du 135e RI, tombe à l'ennemi en entrainant ses troupes lors d'une attaque.

Sources:
2 ans de commandement sur le front de France - Général Dubois - Lavauzelle 1921
L'hiver oublié - Aleks Deseyne - 1983

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11 novembre 2010

Une fratrie au régiment du Blanc - Les 4 frères Souchaud (1)

En ce 11 novembre, ayons une pensée pour les quelques 3.343.000 Allemands et Français tombés entre 1914 et 1918.

autocollant_20bleuet

Je profite de ce jour particulier pour aborder sur le parcours d'une famille qui eu ses 4 enfants au sein des régiments blancois. La famille Souchaud, d'Adriers, envoya trois fils au sein du 268e et un autre au 68e.

Je reviendrais tout d'abord sur Denis (l'ainé), puis ensuite sur le parcours des trois autres frères.

Denis SOUCHAUD est natif d’Adriers, dans la Vienne (86). Il est le fils de Louis et de Marie MICHARDIERE, qui le mit au monde à la ferme familiale de Baguérand, le 27 mai 1880.
De la classe 1900, il a le numéro 55 du tirage dans son canton « Isles jourdain », et est déclaré «Bon pour le service armée». Cependant son père étant décédé en 1894 et étant l’ainé, il est dispensé de deux ans ( service militaire de 3 ans), iIncorporé à compter du 14 novembre 1901 en tant que soldat de 2ème classe au 68e régiment d’infanterie du Blanc, il est envoyé dans la disponibilité le 20 septembre 1902.
Sa fiche matricule le décrit comme ayant cheveux et sourcils bruns, yeux gris, front ordinaire, nez large, bouche moyenne, menton rond, visage ovale. Sa taille est de 1m69.
En 1903, il se marie avec VIGNIER Louise qui en a, alors, 16. En 1905, nait leur premier enfant Ernest, trois autres garçons naitront dans les années qui suivront.
Toute la famille, même la mère, les frères et les sœurs de Denis vécurent ensuite à Baguérand, aux Adriers.
Le 1er octobre 1904, il passe dans la réserve et accomplira ensuite 2 périodes d’exercices (1907 et 1910) toujours au sein du 68è régiment d’infanterie du Blanc.

Mobilisable, il rejoint le corps le 31 aout. En septembre 1914, il passe dans l’armée territoriale ( père de 4 enfants) dans le 66e régiment d’infanterie territorial, cependant dû à son âge (34 ans), il est envoyé dans la réserve de l’armée active ( 268e régiment d’infanterie) comme beaucoup de jeunes soldats de l’armée territoriale.
Le 1er novembre 1914, il part pour le front et rejoint le 268e régiment d’infanterie, en Belgique, dans les Flandres plus exactement.
Fin avril, le 268e RI est intervenu dans le secteur Steenstraat, Het-Sas, Lizerne où il essaye de contenir les unités allemandes suite à la première attaque aux gaz du 22 avril 1915.

Alors que le front c'est quelque peu stablisé, le régiment part en secteur au Pont des Péniches, au nord d'Ypres. Le 4, le régiment est placé en réserve au pont des Péniches, le long du canal de l'Yser.

PontDesPeniches_19150504

Le JM0 du 268e RI indique:
Dans la nuit, le 5e Bon rejoint le 6e Bon au Pont des Péniches pour relever le 77e sur ses positions de réserves de 2ème ligne – rive Est du canal. Ces différents mouvements s’exécutent sans incident. Dans la journée, le 6e Bon avait subi un bombardement lui causant quelques pertes.

Denis Souchaud fait parti des victimes d’un bombardement allemand qui a frappé le 6ème bataillon du 268e régiment, avec le soldat Alexis Pagnard

Alors qu’il venait de survivre à un long hiver, était sorti indemne des attaques de 27 au 29 avril 1915, dans le secteur de Steenstraat, il succomba des suites des blessures liées au bombardement.
Ce même jour, la 304e brigade dont faisait parti le 268e RI, recevait les félicitations du général Curé, chef du 9e corps d'Armée pour le comportement des troupes qui quittaient enfin le secteur, malheureusement trop tard pour Denis Souchaud.

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Ce même jour fatidique, voyait aussi le retour au combat, dans le même secteur, de Baptiste, le jeune frère de Denis, lui au 68ème RI. Ceci fera l'objet d'un autre post à venir.

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Merci à Kévin Souchaud pour m'avoir ouvert les archives familiales
Sources:
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

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16 avril 2010

La roulante du biffin

Tout au long du conflit, le tracas principal du soldat est la nourriture.
Après les déboires de l'année 1914, l'administration met en place une logistique adaptée aux besoins du conflit. Tout est mis en place pour satisfaire aux besoins du soldat.
Ainsi, des popotes (cuisines roulantes) sont mises à disposition des unités courant 1915. Ce fait révolutionne l'alimentation des combattants.
Pour preuve de l'importance de cet élément qu'est la roulante dans la vie du fantassin, je prendrais trois exemples:

Le colonel Eggenspieler relate ce fait dans son ouvrage par le biais d'une photo prise pour l'occasion. Les soldats du 290e RI posent fièrement pour l'occasion.

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Eggen_04

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Au 68ème RI, on retrouve la même fierté pour cet élément venant améliorer l'ordinaire.

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RI068_PopoteRoulante

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Au 268ème RI, Maurice Laurentin produit de nombreux croquis, la popote restera un thème privilégié

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Laurentin_Popote1

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Laurentin_Popote2

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Sources:
Collection personnelle
Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry
Maurice Laurentin - Carnets d'un fantassin de 1914


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04 février 2010

Les croquis du Capitaine Laurentin

Au travers de ce blog, j'essaye de retrouver toutes sortes de traces concernant les combattants des régiments indriens. Parmi les plus touchants se trouvent les témoignages de combattant.
Maintenant que les soldats ont disparus, il ne nous reste que des photos, des lettres et des livres. Parmi ces livres, un me tient particulièrement à cœur. Il s'agit du témoignage de Maurice Laurentin.
Maurice Laurentin (1885 - 1959) était un architecte originaire de Cholet (Maine et Loire). On lui doit notamment la construction de l'église du Sacré-Coeur de Cholet. Il est le père de Mgr René Laurentin (1917) et de Menie Grégoire (1919).
La période du conflit est couverte par deux ouvrages: Le sang de France (1919 Editions Bloud) et La victoire des Morts (1920 Editions Bloud et Gay).
Une analyse de l'ouvrage "Le sang de France" est visible dans l'ouvrage "Témoins" de Jean Norton Cru (1929). Celui-ci souligne la présence d'un "beau châpitre", celui concernant les attaques de septembre 1915 (Voir ci-dessous).
Le parcours militaire de Maurice Laurentin le voit partir comme sous lieutenant au 77e Régiment d'Infanterie, il monte au front au bout de deux mois de dépôt. En mars 1915, le lieutenant colonel Mariani prenant le commandement du 268e RI, Laurentin le suit alors au sein du régiment du Blanc, il y retrouve alors bon nombre de réservistes poitevins et berrichons.
De part son poste d'adjoint au chef de corps, il a en charge une partie de la gestion du régiment. Ayant le goût des choses pour le dessin, la photographie et l'écriture, Maurice Laurentin devient alors le rédacteur du très documenté Journal de Marche du régiment.
N'hésitez pas à consulter ce JMO sur le site Mémoires des hommes Vous y découvrirez de nombreuses photos des soldats et des cadres du 268e RI (Dont Maurice Laurentin lui-même).

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MLaurentin_Photo1

Sources JMO Mémoires des Hommes
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En parallèle à ses obligations militaires, Maurice Laurentin tient à jour son journal personnel. Son goût du dessin le conduit à réaliser de nombreuses cartes du champ de bataille, mais surtout à croquer quelques scènes des moments vécus au front.
D'autres de ses dessins sont visibles dans les ouvrages de témoignage précités, mais surtout dans l'édition de 1965 (Editions Arthaud) qui contient pas moins de 32 croquis.
Un de ces croquis m'a marqué, on en retrouve deux versions différentes. 1 version à l'encre dans le JMO et 1 au crayon dans le témoignage.
La mise en parallèle du JMO et du témoignage est très intéressante.
Voici le croquis du JMO:
MLaurentin_Croquis2
Blairville, la corne du bois, le 25 septembre 1915

Voici la version "Témoignage"
MLaurentin_Croquis3
QG, le ....
Malgré tout mon désir de récompenser les braves, il ne me parait pas possible d'accorder un aussi grand nombre de citations.

Voici comment Maurice Laurentin reporte le résultat de cette triste journée:
"On ne savait pas encore derrière nous que tout était perdu. Pendant que nous pleurions le désastre, un officier de hussards apparut au poste du colonel, au garde-à-vous, ganté et impeccable, venu jusqu'à nous sans se salir, et souriant sous les obus; beau cavalier qui vient pour la fête: "Mon colonel, dit-il, je viens de la part de mon colonel vous demander s'il faut charger."
Le colonel Mariani leva le bras vers le champ de bataille:
"Mes soldats!" dit-il.
Le hussard se haussa, regarda et vit. Son sourire s'effaça. Il salua, pris soudain du religieux silence qui saisit tout homme dans l'asile des morts".

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Entre les 2 versions, nous n'avons pas le même homme. Les sentiments du témoignage disparaissent dans le JMO.
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A noter un autre croquis se trouvant dans le livre de 1965 et qui se passe de commentaires.
MLaurentin_Croquis1
QG, le ....
Porté comme disparu, ne peut à mon avis être proposé à la Légion d'Honneur.

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16 janvier 2010

La première bataille d'Ypres (5) 25 octobre 1914

L’offensive française se poursuit
5 bataillons de la 18e DI entrant en action. De plus, l’affectation de 2 bataillons territoriaux au 9e Corps, permet de libérer la 17e DI des tâches de renforcement et de terrassement de la ligne de front. Au 268e RI, deux bataillons sont alors affectés à la première ligne.
Dans la nuit, le 90e RI échoue dans sa prise de Gravenstafel et le 66e doit repousser plusieurs attaques allemandes.
A 7h du matin, l’offensive reprend. Sous un barrage ennemi violent, la progression est lente. Des soucis dans l’avancement entre le 66e et le 125e sont signalés et empêchent la progression.
9e Corps d’Armée
Etat-major
Ypres, 25 octobre, 13h30
Ordre au général commandant la 7e Division de cavalerie
-   Le 66e rend compte qu’il ne peut progresser parce que le 125e ne marche pas. Le 125e ne marche pas parce que le 66e ne marche pas non plus. Et c’est ainsi de la gauche à la droite.
Cela peut durer longtemps.
-   L’ordre est formel : Le 66e attaquera sans tarder Poelkapelle.
Général Dubois

Ypres2_19141025

A 14 heures, le 268e et le 68e ont progressé d’environ 1 kilomètre, le 90e de 500 mètres.
Le 114e a débouché de Zonnebeke. Le 135e entre en ligne.
Les 68e et 268e atteignent le Stroombeek, le 90e occupe Gravenstafel. Le 114e a dépassé Broodseinde.
La 18e division a achevé son déploiement, ainsi le 77e s’installe dans les tranchées situées à l’est de la route de Beselare.
L’attaque conjointe des 66e, 125e et du groupe cycliste de la 7e division de cavalerie progresse faiblement dans la direction de Poelkapelle.
Sources:
2 ans de commandement sur le front de France - Général Dubois - Lavauzelle 1921
L'hiver oublié - Aleks Deseyne - 1983


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10 décembre 2009

La première bataille d'Ypres (4) 24 octobre 1914

Le 24 au matin, une instruction arrive du Détachement d’Armée :
Roosbrugge, 24 octobre 9h30
Instruction personnelle et secrète.
« D’après un renseignement obtenu cette nuit, les XXVIe et XXVIIe Corps allemands, partant de la région de Courtrai, attaqueraient sur Boesinghe et Ypres. Cette action est extrêmement favorable à l’attaque actuellement en cours. Il est, en effet, préférable pour notre offensive de rencontrer des troupes en mouvement plutôt que des troupes établies solidement sur un front défensif.
Il y a donc lieu de profiter de cette situation pour attaquer vigoureusement et repousser, sans leur permettre de s’accrocher au sol, les adversaires, dont les formations sont peu consistantes, qu’on rencontrera »
V. d’Urbal

Le général Foch y va aussi de son couplet :
Général Foch à général commandant le 9e Corps, le 24 octobre à 12 heures
Tous les éléments du 9e Corps sont actuellement débarqués ; prendre toutes les dispositions (transport en autos, etc…) pour que tous ces éléments soient utilisés aujourd’hui et que l’action en reçoive une nouvelle impulsion. Il nous faut de la décision et de l’activité.
J. Foch

A 7 heures, la préparation d’artillerie se déclenche. Une fois terminée, les attaques sont lancées.
Les 66e et 125e avancent d’un kilomètre vers Poelkapelle. Le 68e poursuit son avance de la veille et gagne ainsi 500 nouveaux mètres. Les tranchées allemandes sont enlevées à la nuit.
Le 90e gagne du terrain.
Dans Zonnebeke, le 114e mène un combat de rue, progressant de maison en maison. Ayant amené un 75 en première ligne, la caserne de gendarmerie cède enfin.

Vers 11 heures, une sérieuse contre attaque allemande se fait sentir sur les 90e et 114e. Des éléments de la 18e DI sont engagés afin de couvrir le flanc droit de la 17e DI. Deux bataillons du 135e sont ainsi engagés à au sud de la route de Passendale.

A 18 heures, le colonel Briant, chef de corps du 114e, rend compte qu’il tient tout le village de Zonnebeke.
Les combats continuent toute la nuit.

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Ypres2_19141024

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Sources:
2 ans de commandement sur le front de France - Général Dubois - Lavauzelle 1921
L'hiver oublié - Aleks Deseyne - 1983


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27 novembre 2009

La première bataille d'Ypres (3) 23 octobre 1914

A l'heure prévue, 9h, à peine arrivée, la 17e DI traverse Ypres et exécute son mouvement. A midi, l'avant-garde atteint la ligne anglaise, à Fortuin. Zonnebecke est aux mains des Allemands depuis la veille.
Le général Guignabaudet déploie la division. 3 régiments sont en première ligne et un en réserve de division.
Le 68e reçoit Wallemolen comme objectif, le 90e reçoit Gravenstafel et le 114e reçoit Zonnebeke. Le 125e est maintenu au nord de Wietlje.
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Ypres2_19141023

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Les 68 et 90e, sous le barrage ennemi, progressent jusqu'aux tranchées principales allemandes. De son côté, le 114e engage 2 bataillons pour investir Zonnebeke. Dans le bourg, un des principaux de résistance est la gendarmerie. Les Allemands ont organisé défensivement Zonnebeke et ses abords.
Au nord et au sud, les divisions de cavalerie ne peuvent appuyer l'attaque, elles viennent en aide aux divisions anglaises qui subissent à leur tour des attaques.
A 15h30, la 17e division reçoit l'ordre de relève suivant:
"La 17e Division doit effectuer, dans la nuit du 23 au 24, la relève de la 2e division anglaise qui occupe le front Passage à Niveau - rivière à 1500 mètres au sud de Langemarck, soit en s'établissant en avant de sa ligne, soit en se substituant à elle dans ses tranchées."
Général d'Urbal

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Cette relève nécessite une réorganisation des emplacements et des missions du 9e CA. Le 125e RI qui devait être engagé offensivement se voit donc attribuer un autre rôle.
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Dans la soirée du 23 octobre, le général Dubois (9e CA) reçoit le message suivant du général commandant le détachement d’Armée :
"Ordre Particulier
Au point où nous en sommes, la plus petite rupture d’équilibre sur un point peut faire définitivement pencher la balance en notre faveur. Les troupes que vous avez devant vous et sur votre gauche paraissent appartenir pour la plupart à des corps de nouvelle levée sans grande valeur.
Profitez-en pour prononcer votre offensive sur Roulers avec la plus grande vigueur, sans vous inquiéter de savoir si vous êtes en flèche ou non.
Flanc-gardez vous à droite et à gauche et pousser de l’avant, quoi que fassent vos voisins de droite ou de gauche, sans vous inquiéter autrement d’eux que pour savoir ce qu’ils font. Tâchons de faire le trou.
Attaquez demain, aussitôt qu’il vous sera possible.
Général d’Urbal
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Sources:
2 ans de commandement sur le front de France - Général Dubois - Lavauzelle 1921
L'hiver oublié - Aleks Deseyne - 1983


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12 novembre 2009

La première bataille d'Ypres (2) 22 octobre 1914

Ce fil de messages s'intéressera plus particulièrement au rôle du 9e CA (donc des 4 régiments indriens) dans la première bataille d'Ypres.
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Les unités du 9e CA arrivent dans la région d'Ypres à partir du 23 octobre. Les 32e et 77e RI n'arriverons qu'aux alentours du 25 octobre suite à un accident ferroviaire.
68e RI: parti de Mourmelon le 20/10, arrivée à Hazebrouck le 22, puis transport par camion Arrivée le 23 à Saint Jean.
90e RI: parti de Mourmelon le 20/10, arrivée à Boeschèpe et Berthen le 22, puis transport par camion Arrivée le 23 à Saint Jean.
114e RI: parti de Sept-Saulx le 19/10, arrivée à Cassel Bailleul le 22, puis cantonnement à Clyte-Kemmel.
125e RI: parti de Saint Hilaire le 20/10, arrivée à Hazebrouck le 22, puis cantonnement à Dranoutre-Locre.
32e RI: parti de Mourmelon le 22/10, arrivée à Strazeele le 24, puis transport par bus à Dikkebus.
66e RI: parti de Mourmelon le 22/10, arrivée à Cassel le 23 puis cantonnement à Poperinghe.
77e RI: parti de Mourmelon le 22/10, arrivée à Cassel le 24, puis transport par bus à Dikkebus-Voormezele.
135e RI: parti de Mourmelon le 21/10, arrivée à Steenwerck le 23, puis transport par camion à Ypres-Vlamertinge.
Les 32e et 77e RI n'arriveront qu'aux alentours du 25 octobre suite à un incident lors du transfert en train.
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Le but est clair, il faut renforcer nos alliés anglais. Pour cela, l'ordre d'opérations n°1 du détachement d'armée en date du 22 octobre, 19 heures, prescrivit une offensive immédiate et générale:
1°) Dans la direction d'Ypres-Passendale-Roulers, par la 17e DI et les 6-7e DC mises à la disposition du 9e CA.
2°) Dans la direction de Dixmude-Thourot, par les troupes belges et les fusiliers marins
3°) Dans la direction Nieuport - Ghistelles, par la 42e DI et les troupes belges.
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Pour le 9e CA plus précisement:
Le Général Dubois, disposant de la 17e DI et de deux DC, attaquera dans les conditions suivantes:
17ème Division, d'Ypres à Passendale;
Une division de cavalerie appuyant à droite cette attaque, en prenant comme point de direction Zonnebeke et Moorslende
Une division de cavalerie opérant de même, à gauche, sur Weestroosebeke.
Les éléments de tête de la 17e division déboucheront à 9 heures d'Ypres, que les deux divisions de cavalerie devront avoir dégagé auparavant.
Général d'Urbal

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Un groupement d'artillerie lourde (Groupement Blumer) est mis à la disposition du 9e CA (2 batteries de 105, 1 de 155 Rimailho et 1 de 120). On recommande d'être économe en munitions, ne pouvant garantir le réapprovisionnement.
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Ypres_155Rimailho

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Sources:
2 ans de commandement sur le front de France - Général Dubois - Lavauzelle 1921
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04 novembre 2009

La première bataille d'Ypres (1)

Après l'échec de la bataille de la Marne, l'armée allemande entreprend "la course à la mer". Les Français et les Anglais se positionnent, au fur et à mesure, en face des armées allemandes, en direction de la mer du Nord.
Dans la région d'Ypres, les dragons français (2e corps de cavalerie) arrivent le 14 octobre. Ils s'établissent, avec les territoriaux des 87e et 89e DI dans le secteur Zonnebeke-Passendale. Ils défendent Roulers, le 19 octobre, puis se replient, sous le nombre vers Passendale et Staden. Passendale tombe le 20 octobre.
Les positions allant de Bikschote à Mesen sont alors occupées par l'armée anglaise qui y a engagé toutes ses réserves.
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Ypres1_19141021

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Le 22 octobre, les généraux French (Commandant du Corps Expéditionnaire Britannique), Douglas Haig (Cdt 1er Corps Britannique) et Rawlisson (4e Corps Britannique) envisagent de se retirer. Les généraux de Mitry (2e Corps de Cavalerie Français) et Bidon (Cdt militaire de Dunkerque) leur rappellent la promesse du général Joffre de fournir une aide militaire supplémentaire.
Les premiers éléments français (9e Corps) sont d'ailleurs arrivés en Belgique, ou dans le Nord de la France. Ceux-ci sont partis de Mourmelon depuis le 20 octobre.
Les troupes anglaises, étirées sur un front étendu et composées dans une forte proportion de cavalerie, demandaient qu'on les appuyât. Elles étaient notamment très menacées dans la région de Zonnebeke - Becelaere - Gheluvelt.

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Le secteur d'Ypres
Ypres2_19141023

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Sources:
2 ans de commandement sur le front de France - Général Dubois - Lavauzelle 1921
L'hiver oublié - Aleks Deseyne - 1983


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31 mai 2007

Le clergé dans la Grande Guerre

Comme toutes les constituantes de la nation française, le clergé apporta son obole sanglante au conflit. Les régiments indriens, eux aussi, se retrouvèrent avec des membres du clergé dans leurs rangs.

Clerge_17eDI

Ces listes sont extraites du Livre d'Or du Clergé et des Congrégations", vol. 2, Paris, Editions Bonne Presse, 1925

LO_Clerge

Merci à Stephan de m'avoir ouvert sa bibliothèque

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