03 janvier 2010

Le drapeau sous l'arc de triomphe

Le 24 aout 1919

De ce jour, nous connaissions le "Brimbal", visible à la médiathèque Equinoxe et quelques cartes postales retraçant l'évènement.
http://indre1418.canalblog.com/archives/2008/03/02/8168964.html
Voici une photo originale récemment acquise.
Le 90e RI revient au Pays, un arc de triomphe a été installé place Gambetta. Le régiment, rejoignant la caserne Bertrand défile sous ce monument. Le chef de corps vient de passer, le drapeau franchit a son tour l'arc de triomphe.
Retour24Aout1919

Le bâtiment de l'angle avec la rue de la Gare est toujours là. A gauche, le théâtre a disparu (actuel Building)
La version actuelle: sur GoogleMap in the Street
A noter la quantité de personnes dans les rues. Jamais de mémoire, je n'ai vu autant de monde dans la capitale du Bas-Berry.
Bonnes Fêtes et Meilleurs voeux pour l'année 2010.


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19 octobre 2009

En route pour l'Est

On roule ainsi pendant trente-six heures. Où va-t-on ? Nul ne sait. Ce qui est certain, c'est que l'horaire prévu n'est pas respecté. Le train chemine à travers de grandes plaines ensoleillées, suivant un rythme imprévu et imprévisible. Tantôt un homme au pas pourrait l'accompagner, tantôt il s'emballe et dépasse largement les trente kilomètres à l'heure réglementaires. Il ne s'arrête plus aux stations, mais s'arrête à tout bout de champ. On veut descendre, il repart incontinent. On hésite à descendre, il s'immobilise désespérément jusqu'à ce qu'on se décide à se lever.
Cela devient rapidement des plus pénibles, d'autant plus pénible que de violentes coliques commencent à me torturer les intestins. A un moment donné de vives clameurs s'élèvent, on se précipite à la portière. La voie décrit un long ruban semi-circulaire, et là-bas, là-bas, loin derrière le train qui s'était arrêté tout à l'heure, on voit un homme en bras de chemises, la ceinture à demi renouée, qui court pour le rattraper. Il gagne du terrain. L'aura, l'aura pas. Le train accélère, il ne l'aura pas. Il ralentit, il l'aura. Les paris s'engagent, les cris se font désordonnés. On encourage, on raille. Dans la grande steppe de la Champagne, sous le soleil ardent, couvert de sueur, il a eu le train. Je l'envie.
Les hommes sont en bras de chemises, chantant, baillant, discourant ou rêvant les membres ballants, il y en a sur les marchepieds, sur les toits des voitures. Cela c'est trop à cause des tunnels. Consignes sévères à la première occasion. Elles seront respectées pendant un certain temps.
Les wagons sont couverts de branchages, de bouquets, de drapeaux, d'inscriptions. On échange des cris et des lazzis avec les paysans dans les champs ou attroupés aux passages à niveau. On croise des trains. On interroge tous ceux qui pourraient savoir quelque chose : les passants, les employés. Personne ne sait rien. Sur leurs machines certains mécaniciens sont depuis deux ou trois jours, sans pouvoir dormir. Les faces sont noires et ravagées. Mais nul ne se plaint.
Au revers d'un talus des débris de wagons. Une batterie d'artillerie a été détruite là avant d'avoir eu le moindre contact avec l'ennemi.
Le silence règne soudain.
La nuit tombe lentement. Il n'y a plus d'huile dans la lampe du quinquet. Il n'y a plus de vivres. Pas un cri, pas une récrimination dans tout le train. On attend l'arrivée, un jour prochain.
Nous semblons nous diriger vers Nancy.
L'obscurité enveloppe le paysage. Une nuit dense, de cauchemar, commence. Je souffre abominablement et ne peux dormir une seconde. Tout est noir. Soudain un immense fanal blanc, aveuglant, un grave sifflement continu, un halètement, un immense fanal rouge, puis de nouveau tout est noir. Et sans cesse cette alternance : l'éblouissement blanc ou rouge, l'obscurité, se heurtant en moi au silence de la nuit, le battement rythmé du train qui roule, brusquement coupé d'un sifflement continu et d'un halètement, des chocs scandés d'un train croisé.
C'est hallucinant, de plus en plus hallucinant, car l'espace qui sépare les locomotives et les trains se succédant, est de moins en moins grand, et bientôt les fanaux blancs et les fanaux rouges s'affrontent, faces béantes et formidables.
Ah! vite le jour et l'arrêt définitif. On marche à tours de roues comptés. On s'immobilise une heure, on avance dix minutes. Pas une station, rien que des machines et des wagons vides qui se suivent à la queue-leu-leu.
Enfin, une pâle clarté, comme un sombre brouillard, pesant sur la terre, laisse de vagues formes se dessiner. Où est l'aurore aux doigts de rose? Il fait gris, il fait sale, il bruine.
Lentement, le train s'éveille. On grogne, on crie, on rit. Les faces sont terreuses. Dans le compartiment on s'ébroue, on s'étire. Dans quelques minutes on sera arrivé. A dix heures seulement on débarque à Nancy.

Sources: Lieutenant Sohier - 1914-1915 - Sans éditeur


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08 octobre 2009

L'embarquement pour Cythère?

Tout cela a duré longtemps. Oh! oui! quatre jours, je crois.
Et un soir la cour c'est encore embrasée aux feux de l'acétylène. Le régiment s'est rangé. Il n'y a pas de manquants. Le berrichon aime le pinard, mais dans les grandes occases il sait se tenir. Une allocution du colonel, brève, simple, vibrante. La musique sonne: Aux Champs, le drapeau se déploie aux mains de l'ami De Tarlé. Silence. Un pincement violent au cœur, quelques larmes aux bords des cils. Un ordre bref, et le régiment s'ébranle. On se redresse, on se recueille.
Et dans la ville, le régiment défile. Je suis en tête de mon petit peloton, tout en queue de la grande troupe. La foule suit et accompagne. Puis, par une route sans lumière, on gagne la gare d'embarquement, et les civils ne laissent guère de place pour que mes hommes restent en rang. Je grogne. On ne grogne pas.
Soudain une jolie fille s'approche de moi : « Monsieur, mon fiancé est au bout d'un rang, me permettez-vous de marcher près de lui. » - « Il fait bien noir, si vous êtes sages je ne verrai rien, je n'entendrai rien. »
- « Merci, gentil lieutenant. D - « Bon courage, gentille enfant. »
Ils ont été sages et charmants tous les deux car j'ai pu les voir, juste derrière moi, à la dérobée, à la lueur de quelques quinquets, jusqu'au dernier baiser d'adieu. Pourquoi ce souvenir est-il resté si net en moi ?
L'embarquement, sans trop de désordre, s'est très bien terminé. Et dans les wagons nous attendons longtemps, longtemps, le départ.

Sources: Lieutenant Sohier - 1914-1915 - Sans éditeur


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30 septembre 2009

Mobilisation à Châteauroux

Châteauroux. - La ville qui m'était toujours apparue morne et quasi déserte, est grouillante à mon arrivée. Plus de place dans les hôtels; les rues sont peuplées d'une foule un peu tourbillonnante jusque tard dans la nuit. Du mouvement, voire même de l'agitation, mais pas de bouillonnement véritable; c'est là ce que je constate. Est-ce l'anxiété du drame attendu qui coiffe les esprits? Certes, on prépare un douloureux départ. Mais à Paris aussi, et pourtant les vibrations des cœurs étaient souvent bien sonores là-bas. Non. Ici nous sommes dans le Berry, et le Berry impose son impassibilité fataliste dès que l'on y pénètre.
Dès le premier soir le régiment de l'active s'embarque. Il quitte la caserne à la nuit tombée, musique en tête, drapeau déployé. A la lueur des phares d'acétylène il s'est préparé. Il défile superbement dans la ville éclairée. Les Berrichons sont remués presque jusqu'à l'enthousiasme, juste ce qu'il faut pour acclamer. Rien de trop, et le spectacle revêt une grandeur calme, émouvante.
Puis ce sont les préparatifs du départ du régiment de réserve. Je suis affecté au service téléphonique. Il faut connaître les hommes, le matériel. Les hommes : braves gens sur qui on peut certainement compter. Le matériel : c'est avec cela qu'il faudra faire quelque chose ? Car je veux faire quelque chose, je m'imprègne de mon rôle, je pompe ma théorie. Dans la guerre moderne quel rôle merveilleux devra jouer le téléphone! Oui, c'est bien cela..., je vois, j'imagine les diverses situations possibles. Puis je regarde, morne, le matériel. Quatre vieux appareils et quelques bobines de fil verni, quasi rigide. Je reste rêveur, un peu découragé. On verra bien.

TelephoneCampagne1914

Sources: Lieutenant Sohier - 1914-1915 - Sans éditeur


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23 septembre 2009

Sohier versus Eggenspieler

En pleine lecture de l'ouvrage du lieutenant Sohier, je ne peux m'empêcher de penser à celui du colonel Eggenspieler.
Sohier n'avait pas prévu de diffuser son journal. Le recueil indique un fin de rédaction à la date du 29 mars 1931. Or, l'ouvrage d'Eggenspieler est édité en 1932, par l'imprimeur Bourdier de Paris.
Eggenspieler indique s'être servi des notes de Sohier pour rédiger le journal du 290e RI.
Version Sohier:
"Un commandant nous fait une conférence. « N'oubliez jamais que la meilleure défensive c'est l'offensive. En avant, toujours en avant, à la baïonnette. » On verra bien.
On nous emmène au terrain de manœuvre de Châteauroux. Une zone pierreuse sans rien pour se défiler. On simule une attaque. Le régiment est déployé. Vite, j'établis la liaison avec des réserves imaginaires. Je rends compte au colonel. Quelles réserves ? Où sont-elles ? Là-bas, je suppose, et je vais établir la liaison avec les troupes en ligne. Le colonel sourit, ironique. Je suis un peu vexé. On verra bien.
Le régiment s'élance à l'assaut. « Ils ne courent guère, dit le colonel. » Mais un berrichon a-t-il jamais couru ?
Sous la mitraille on verra bien.
Il ne courra pas mais il arrivera".

Version Eggenspieler:
"On pensa également à la partie tactique. Un Commandant fit une conférence aux officiers. Elle se résuma en ceci : « La meilleure défensive, c'est l'offensive. En avant ! Toujours en avant ! A la baïonnette ! » C'était très simple.
La théorie faite aux officiers eut sa consécration sur le terrain de manœuvre. Ce terrain était une zone pierreuse sans le moindre pli pour se défiler. Le thème comportait l'exécution d'une attaque.
Le régiment est déployé. Vite le Lieutenant téléphoniste établit la liaison du régiment avec des réserves hypothétiques, puis il rendit compte au Colonel, qui sourit d'un air ironique. Le Lieutenant fut quelque peu vexé, mais il continua à avoir confiance.
Le régiment, mettant les principes de la conférence en pratique, le lança à l'assaut. « Ils ne courent guère », dit le Colonel. « Mais un Berrichon a-t-il jamais couru », se demanda le Lieutenant Sohier".

On appréciera la note optimiste de Sohier: "Il ne courra pas mais il arrivera". Il avait alors su y déceler le trait principal du paysan berrichon. Ceci ne trouva pas crédit aux yeux du colonel.

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12 septembre 2009

Un nouveau témoin clé.

Il est parfois des colis qui arrivent qui génère des moments intenses. Mercredi, j'ai reçu un colis envoyé par un ami.
Il s'agit de la copie d'un ouvrage qui fut certainement édité à compte d'auteur, et qui, en tout cas, n'est pas référencé à la Bibliothèque Nationale de France.
Certes, il ne s'agit pas du prix Goncourt. Mais pour les fanas du 290e RI, il s'agit ni plus ni moins que de l'ouvrage qui précède celui du colonel Eggenspieler.
Eggenspieler arrive au régiment en 1915, il témoigne donc du parcours régimentaire jusqu'à la dissolution en 1918. Pour la période précédant son arrivée, il écrit:
Comme je n’ai pris le commandement du régiment qu’en janvier 1915, tout ce qui concerne les cinq mois de 1914 a été rédigé à l’aide du Journal de marche et d’un récit très alerte et très vivant qu’a bien voulu faire le lieutenant Sohier.
Ce que je ne savais pas, c'était que le récit très alerte et très vivant avait donné naissance à un ouvrage:


1914-1915
E. Sohier

La transcription numérique vient d'être terminée, reste donc la mise en forme. La diffusion de passages pourra donc être programmée sur le blog pour les prochains mois.
La période couverte correspond en de nombreux points avec les photos issues des albums photos en ma possession.
Grand, grand merci à Denis Delavois pour sa trouvaille


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28 août 2009

J'y suis allé, je m'y suis recueilli

Les congés sont terminés, la rentrée se rapproche. Bientôt, je donnerai l'explication concernant la carte du "M.... à Guillaume". En attendant, je m'empresse de mettre en ligne , le résultat de mes congés.
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Cet été, j'ai profité d'un festival de musique à Waregem (Belgique) pour passer du côté de Zonnebeke-Broodseinde. Je ne pouvais échapper à un petit détour au passage à niveau qui concerne tant Lucien Bessonneau.
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Moment intense, je ne cache pas que j'étais troublé. Garé à Tyne Cot, les 500 mètres à faire à pied furent éprouvant.

Secteur_VueTyneCote
Vue du passage à niveau depuis Tyne Cot

 

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L'impression bizarre qu'une quète de 5 ans de recherche aboutissait enfin, qu'il serait difficile d'aller plus loin dans les recherches.
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<Secteur_VueChemin_DeFer_LignesFrancaises
Vue du passage à niveau depuis les lignes françaises.
Le chemin correspond à l'ancienne ligne de chemin de fer

 

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Ce site fut l'objet d'une âpre bataille en octobre 1917. Il s'agit là de la tristement célèbre "Road to Passchendaele"

Secteur_BornePaschendaele

 

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Merci à Mireille d'avoir pris un peu de temps sur le celui du festival pour m'accompagner à Zonnebeke.
Merci à Annie pour son répérage sur les lieux, qui m'a évité de me fourvoyer dans le secteur.

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03 décembre 2008

94 ans, In memoriam Lucien Bessonneau

Pour le 11 novembre, le Berry Republicain m'a permis de rendre hommage à Lucien d'une manière originale, et ce au travers de mon travail.

En ce 3 décembre, il y a 94 ans que Lucien a disparu, mais petit à petit, l'histoire réapparait.

In Memoriam Lucien Bessonneau



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20 novembre 2008

Un abri créneau

Il y a longtemps que je n'avais pas publié de photos issues des Albums du 290e
Dans les tranchées de Flandres, en cet hiver 14-15, le soldat se doit d'organiser des défenses accessoires et aussi de s'organiser des lieux de vie.

Un des pious du 290e s'est donc creusé un abri (sous la couverture) et y a rajouté un créneau de tir juste au dessus.
Heureusement, pour l'instant, le sol est sec.


RI290_AbriCreneau

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05 avril 2008

En route pour les Vosges

Le 6 mars au matin nous abandonnions notre centre d'instruction et nous nous retrouvions sur les routes. Le 268e qui avait séjourné dans des cantonnements tout proches des nôtres en fit autant. Le soir nous couchions à Bocqueigney, Damas et Hennecourt, petites localités échelonnées le long de la route de Mirecourt à Epinal. Le temps était beau et il faisait bon marcher. Le lendemain nous contournions Epinal par l'Ouest en même temps que nous passions à travers la région accidentée des Faucilles. Nous couchions le soir à Uriménil, Dounoux et Hadol, au Sud d'Epinal. Le lendemain 8, nous devions déboucher dans la vallée de la Moselle et atteindre Remiremont. Après avoir examiné la carte je me proposais de faire une surprise, à mes vieux Berrichons, en leur faisant apparaître dans toute sa beauté un panorama vosgien. Le chemin que nous suivions passait par Raon-aux-Bois.

RaonAuxBois

Il débouchait dans la vallée de la Moselle en suivant d'immenses lacets. Je me disais qu'au changement de pente on devait avoir brusquement une vue étendue sur la vallée. Je fis donc faire la grand'halte un peu avant la crête qui masquait la vallée, le temps était superbe. La halte terminée on se remit en route bien dispos. Tout à coup en découvrant à leurs pieds la belle vallée de la Moselle encadrée de superbes montagnes couvertes de forêts et la ville de Remiremont tout près, mes gars ne poussèrent qu'un cri de surprise tout le long de la colonne. Jamais ils n'avaient vu un paysage aussi beau.

Remiremont

Tout le long de la descente ce ne furent que des chants et des cris de joie. La jolie petite ville de Remiremont nous promettait un séjour agréable. Nous y passâmes les journées des 8 et 9 mars. Pour mon compte je n'eûs pas beaucoup le temps de visiter la ville. A peine arrivé notre nouveau Divisionnaire, le Général Schmidt, m'annonça sa visite. Il arriva en effet le jour même. Le général était un officier sympathique, jeune et alerte. Il avait longtemps servi en Afrique. Il était de mes petites recrues de Saint-Cyr et de mes anciens de l'Ecole de guerre. Je me rappelait fort bien l'y avoir vu. Il était par surcroît Alsacien, il se rappelait encore convenablement le dialecte du pays. Nous is faire plus amplement sa connaissance à Gérardmer où était son Q.G., et en secteur.

Le 10 mars nous nous sommes remis en route pour gagner Gérardmer. Nous nous y sommes rendus par la route du Nord qui passe par le Tholy. Le 268e qui cheminait toujours à côté de nous a dû suivre la route du Sud. Au Tholy où nous avons cantonné, nous nous trouvions déjà en pleine montagne. Les sommets qui nous avoisinaient dépassaient pour la plupart la cote 800. Toute la campagne était couverte de prés et de forêts. Les Berrichons se demandaient comment les habitants pouvaient subsister dans ce pays de verdure. Pâturage et labourage sont les deux mamelles de la France, disait Sully. Les habitants des Vosges avaient le pâturage, ils devaient donc nécessairement faire venir de l'intérieur les produits du labourage.

Tholly

Le 11 [mars] nous avons atteint Gérardmer. Le chemin que nous suivions nous a fait longer toute la rive Nord du Lac. Notre marche était une promenade touristique. Nous avons ensuite fait une belle entrée dans la ville, Le Général Schmidt pour se faire une première idée du régiment s'était posté sur notre passage. Il a été bien impressionné par l'attitude du régiment, mais ce qu'il a surtout retenu c'est la belle tenue de nos équipages. Il est vrai que ceux-ci constituent un critérium dans l'appréciation de l'esprit d'ordre et de discipline d'une troupe. Aussi mes sous-ordres étaient-ils fiers quand ils pouvaient me montrer les échafaudages des cuisines d'autres troupes.

Gerardmer_152


Gérardmer était une jolie ville, à l'aspect habituel des stations balnéaires ou climatiques. Il y avait de beaux quartiers, mais déserts au moment où nous y étions. Les prescriptions hygiéniques pour la salubrité des rues avaient dû être négligées pendant la guerre. Le soir, de fort mauvaises odeurs se répandaient dans les quartiers luxueux qui étaient précisément ceux qui étaient abandonnés.

Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry

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