07 mars 2008

Le secteur de disparition

A force de recouper les informations et les positionnements d'unités, je me rapproche de plus en plus de ce fatidique 3 décembre 1914, où Lucien Bessonneau fut porté disparu.
Grâce à l'aide d'amis forumeurs de Pages 14-18, le secteur concerné apparait petit à petit, surtout grâce au JMO de l'ami Christophe.


Zonnebeke_Relief

Sources: JMO 290e RI
Support: http://earth.google.com/intl/fr/

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02 mars 2008

Le retour des soldats

Du 5 au 11 mars, à Châteauroux, se dérouleront les 2ème rencontres cinématographiques (Films d'Archives de 1893 à nos jours), au cinéma Apollo.

Programme: ICI

Le point d'orgue, nous concernant, sera la projection du 7 mars 2008, à 20h30:

Les guerres en sons et en images : Retour des Poilus + The Halfmoon Files

Le "Brimbal" sera donc diffusé ce soir là à l'Apollo. Vous pourrez donc assister au retour  des soldats du 90e RI, le 24 août 1919.  Ce jour-là, la fête gagna les rues.
N'hésitez pas à vous y rendre.
Renseignements et réservation :
Benoît Tissier : tel : 02 54 60 18 34 - E-mail : rvf.apollo@orange.fr


Sources Vidéo: http://www.vodeo.tv/lire/5-30-474-memoires-de-berry-sologne.html

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29 février 2008

A la disposition du GAE

"Le 2 février, nous nous mettions en route, sans avoir vu qui que ce soit de nos anciens supérieurs. La campagne avait toujours son aspect hivernal.
Les deux bataillons se dirigeaient sur Nancy, le 5e et l'E.-M. par Agincourt et Essey, le 6e par Custines et Champigneulles. Quels souvenirs pour moi en traversant la capitale de la Lorraine, que dans ma jeunesse j'ai eû l'occasion de parcourir tant de fois comme potache d'abord, comme sous-lieutenant au 26e et lieutenant au 69e ensuite. Pendant sept ans, j’ai usé mes souliers sur toutes les routes de la garnison. Les premiers soldats que j'ai commandés faisaient cinq et quatre ans de service. Il est vrai que pendant la dernière guerre il y en a qui ont fait sept, comme pendant les campagnes du Second Empire.
Les deux bataillons ont traversé la ville par des itinéraires différents. Le 5e bataillon et l’E.-M. sont entrés par la vieille Saint-Georges et sont ressortis par le faubourg Saint-Jean. Le 6e bataillon est entré par la porte moderne de Désiles. Il a longé le cours Léopold et est ressorti également par le Faubourg Saint-Jean. Les deux bataillons sont ainsi passés sur le pont de chemin de fer d'où on avait jeté des fleurs et des friandises aux soldats de 1914.
Au mois de février 1918 la physionomie de la ville était morne. Peu de monde dans les rues. Beaucoup de maisons fermées. Le magasin de mobilier artistique Majorelle était démoli du haut en bas. Dans le quartier de la Gare pas mal de maisons avaient reçu des bombes. L'E.-M. et le 6e bataillon se sont arrêtés à Villers-les-Nancy où ils ont cantonné. Le 5e bataillon a poussé jusqu'à Ludres et Messein sur la Moselle".

Nancy_Majorelle


"Le lendemain 3 février nous avons continué notre marche vers le Sud. Nous nous sommes arrêtés en fin de journée à Diarville et Marainville-sur-Madon, à 10 kilomètres au Nord de Mirecourt. En cours de route nous sommes passés à Flavigny, siège du Q.G. de la 8e Armée, puis à Tantonville, siège de la célèbre brasserie du même nom."

Tantonville_Tourtel

Sources: Colonel Eggenspieler - le 290e RI, un régiment de réserve du Berry

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24 février 2008

Le départ de la division, sans regrets

Le 2 février 1918 nous sommes sortis définitivement des liens de la 17e D.I. et du 9e C.A. C'était sans regrets, quoique personnellement j'eusse joui de la sympathie de la plupart des chefs qui ont commandé ces grandes unités. Mais dans cette guerre où la distribution des récompenses constituait un régime de foire d'empoigne, les sympathies ne pouvaient pas suffire, aussi le régiment en tant que corps constitué, n'a-t-il jamais rien obtenu. J'ai déjà indiqué quelques-unes des raisons qui nous ont fait traiter en parents pauvres. Mais la principale, résultait de l'organisation même du Corps d'Armée. Celui-ci comprenait organiquement ses deux Divisions, 17e et 18e. A la mobilisation on lui adjoignait deux de ses régiments de réserve, les 268e et 290e, qui y jouèrent un peu le rôle de troupes haut le pied. Quoique les régiments formassent Brigade à partir de 1915, ils n'ont jamais combattu comme telle. Bref, en 1918, on nous a laissé partir sans nous adresser le moindre ordre d'adieu. On aurait même dit qu'on était content de se débarrasser de nous. La 17e D.I. était enfin une Division normale avec son I.D.

En attendant notre première tâche allait consister à nous mettre en route pour les Vosges. Un premier bond devait nous porter aux environs de Mirecourt où nous devions passer un mois dans un centre d'instruction. Un deuxième bond devait nous porter à la « ligne bleue des Vosges » d'où les Berrichons pourraient contempler à leur tour le pays, éternelle pomme de discorde entre Français et Allemands.


Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI, un régiment de réserve du Berry

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25 janvier 2008

Dufayel, le roi de la débrouille

En parlant du personnel administratif, il me paraît juste de dire un mot du soldat Forest, auquel on avait donné le sobriquet de « Dufayel », parce que chez lui on pouvait se procurer tout ce qu'on voulait. Je crois intéressant de rapporter quelques traits de son débrouillage.

Un jour à Ogéviller, nous étions quelques officiers qui causions à un Chef de bataillon du 268e, celui-ci était en admiration devant nos chaussures. Il disait qu'il lui était impossible de s'en procurer à son régiment. Vint à passer le soldat Forest, je lui demandai s'il n'avait pas une paire de chaussures pour le Commandant du 268e. Il lui demanda sa pointure, le temps d'aller et de revenir, et le Commandant avait une superbe paire de brodequins. Enhardi par ce premier succès, le Commandant se risqua à demander à Forest s'il ne pourrait pas lui procurer des pellicules photographiques. Forest lui demanda quel genre il désirait et le lendemain le Commandant avait ses pellicules.

Pour obtenir ce qu'il nous fallait, Forest n'hésita pas à aller solliciter les grands Chefs de l'administration. Il savait mieux qu'eux ce qu'il y avait dans leurs magasins. Un jour, il alla demander des chaussures à un Intendant. « Je n'en ai pas », lui répondit celui-ci. « Et si j'en trouve, me les donnerez-vous ? », demanda-t-il. Sur la réponse affirmative de l'intendant, Forest lui signala une baraque qui en contenait. fut autorisé à les emporter.


Au régiment nous étions toujours les premiers à être pourvus de tout ce qui arrivait dans les magasins du Génie et l'Intendance. Forest était un pourvoyeur de premier ordre.

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI, un régiment de réserve du Berry

Nul doute que Forest devait aussi fréquenter l'épicerie Morel d'Ogeviller (54)

Ogeviller_EpicerieMorel

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15 janvier 2008

Repos et grands changements

Le 10 janvier, le 5e bataillon est revenu au régiment. Il est venu cantonner à Bouxières, où il a occupé les locaux du 6e bataillon qui lui, s'est transporté à Montenoy, de l'autre côté du plateau de Faux.
Dans ce secteur, nous n'avons pas occupé de tranchées. Celles-ci, qui, d'une manière générale, suivaient le cours de la Seille, étaient tenues par le 112e R.I. (Antibes, en temps de paix), qui cantonnait à Bouxières en même temps que nous.
Pendant que les hommes exécutaient des travaux de défense en deuxième ligne, les cadres du régiment, et moi en particulier, nous faisions des reconnaissances sur notre front et dans les secteurs voisins.
Comme visite éloignée, j'ai eu à reconnaître le secteur de Flircy-Limey, sur la route de Commercy à Pont-à-Mousson. C'était un secteur à aspect désolé, sans la moindre verdure, partout je ne voyais que des amas de pierres.

Limey_Tranchee

A proximité de Bouxières, j'ai parcouru fréquemment l'éperon de la Rochette, qui formait la pointe Nord-Est du plateau de Faux. Elle cotait 406 mètres. On y avait une vue étendue sur la vallée de la Seille.
C'est à Bouxières que s'achevèrent les mesures de rajeunissement entreprises par le Général Gérard. Le Colonel de Montluisant fut remplacé par le Colonel Goureau, de deux ans plus jeune que moi. Le Général Lancrenon, qui fut nommé divisionnaire à T.D, n'en prit pas moins, lui aussi, le chemin de l'intérieur. Le Colonel Mariani, du 268e, fut remplacé par Lieutenant-Colonel Détanger, qui venait de l'E.-M. du général Gérard. Le Lieutenant-Colonel Détanger passa au bout de peu de temps au 90e, où il prit la place du Lieutenant Colonel Cambel qui, lui, passa au 268e.
Le Général Hirschauer quitta le corps d'armée pour prendre le Commandement d'une Armée. Il fut remplacé à la tête du corps d'armée par le Général Mangin.
Le Colonel Goureau était à peine arrivé que la 304e Brigade fut dissoute. La 17e D.I. fut alors formée à trois régiments sous le commandement du Général Gassouin avec le Colonel de Riencourt comme Commandant de l'I.D.

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI, un régiment de réserve du Berry

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10 janvier 2008

Retour au point de départ

Le 4 janvier, toujours par un froid intense, l'E.-M., la C.H.R., le 6e  bataillon se rendirent à Moyen dans la vallée de la Mortagne, où ils s'embarquèrent. Nous passâmes à Gerbéviller, détruit par les Allemands au début de la guerre. Du train on apercevait un certain nombre de constructions neuves à forme cubique, qui ne rappelaient en rien la physionomie du village d'avant-guerre. Nous sommes ensuite passés à Nancy. Vers 16 h. 30, le train s'est arrêté à Champigneulles, où nous avons débarqué. Nous nous sommes mis aussitôt en route pour gagner Bouxières-aux-Chênes par Lay-Saint-Christophe et Eulemont. Les routes couvertes de neige et de glace étaient très mauvaises dans ce pays accidenté, surtout pour nos équipages. Il faisait nuit noire quand nous sommes arrivés.
A Bouxières, nous nous trouvions entre les hauteurs fameuses du Grand-Mont d'Amance et du plateau de Faux. Nous nous trouvions cette fois à l'extrémité gauche du Grand Couronné de Nancy, dont le régiment a tenu la droite au Rambétant en août 1914. Qui est-ce qui y pensait encore ?

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI un régiment de réserve du Berry

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13 décembre 2007

Une visite vite interrompue

Décidement, en ce mois de juillet 1917, le moral préoccupe le monde politique, peu après la visite du Ministre de la Guerre, une deuxième visite eu lieue. Celle-ci fût très vite encadrée par la hiérarchie militaire.
Voici ce qu'en rapporte le colonel Eggenspieler:

Un bel après-midi, pendant une période de repos à Beaurieux, je reçus la visite de deux membres du Parlement. Ces Messieurs ont décliné leur qualité et m'ont exposé fort courtoisement le but de leur visite. Ils désiraient être renseignés sur l'état moral de la troupe, sur les conditions matérielles de son existence en ligne et au repos. J'ai répondu le mieux que j'ai pu aux questions qu'ils m'ont posées. Pendant que je donnais mes renseignements, le Commandant de Corps d'Armée est arrivé, il a pris aussitôt la parole à ma place et il la prenait bien. Ces Messieurs du Parlement ne trouvèrent plus rien à dire. Finalement le Général les emmena visiter une formation sanitaire.

Sources: Colonel Eggenpieler - Un régiment de réserve du Berry

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21 novembre 2007

La visite de l'artilleur

De temps à autre, sur la ligne de front de Zonnebecke, l'officier artilleur du 33e RAC vient rendre visite à ses collègues du 290ème RI.

RI290_Zonnebeke_PosteCommandementCompagnie

Officier du 33e RAC (au centre) au poste de commandement de compagnie du 290e

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21 octobre 2007

Relève du 290e et amertume du colon

Dans la nuit du 29 au 30 juillet le 6e bataillon a été relevé par un bataillon colonial. Il est allé cantonner à Beaurieux.
Le 5e bataillon a été relevé le lendemain; il est allé cantonner à Maizy.
Le jour suivant je fus relevé à mon tour.
Au cours de cette longue série de luttes qui se sont déroulées sur notre droite, sur notre gauche et sur une partie de notre propre front, le régiment a fait bonne contenance. Rien n'a plus subsisté du souffle défaitiste qui l'avait effleuré au Grand-Hameau, ni de la dépression morale que m'avait signalée la Division.
Nous avons soutenu nos voisins efficacement chaque fois qu'ils furent menacés. Dans la tourmente du 26 nous avons conservé intacte l'importante position de Hurtebise, malgré les tentatives répétées des Allemands pour s'en emparer. Quand je fis remarquer au Général de Division que c'était le Chef de Bataillon qu'il ne pouvait pas voir, qui s'était maintenu à Hurtebise, il me répondit : « Je me demande comment il a fait ». Pour toute notre longue intervention au Chemin des Dames nous n'avons pas récolté le moindre remerciement, alors que le bataillon du 68e qui a fait 100 mètres après son débouché du boyau Brignon a été cité à l'Ordre de l'Armée (Ordre n° 297 du 26 août 1917 de la 10e Armée).
Je ne suis nullement jaloux du 3e bataillon du 68e, mais pour l'honneur de ma troupe je suis obligé de relever ces différences de traitement. Nous étions les éternels sacrifiés, depuis le début de la campagne, et cela toujours pour la même raison. Le régiment n'a jamais été engagé sous les ordres du commandant de Brigade. Toujours il a été à la disposition d'autres Brigadiers, les nôtres étaient systématiquement évincés du commandement de leurs régiments. On conçoit que la Brigade, quoique sœur, faisait avant tout récompenser et mousser ses propres troupes, plutôt que celles des régiments voisins qui n'étaient en somme que des concurrents.

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI, un régiment de réserve du Berry

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