03 mars 2007

Séjour à Glaignes

"La troupe est enlevée en autos-camions le 29 au matin et débarquée près d’Orrouy à la lisière Sud de la Forêt de Compiègne.
Le 5e  Bataillon et la C.H.R. viennent cantonner avec moi à Glaignes (au Nord de Crépy-en-Valois)".

Glaignes_Chateau
Glaignes - Le château

"Le 6e bataillon va s'installer à Bethancourt. Dans ces cantonnements nous nous trouvons dans la partie avancée du périmètre du camp retranché de Paris."

Bethancourt_Eglise
Bethancourt - L'église

"Tout en nous mettant au repos nous sommes employés à la pose de réseaux de fil de fer dans la direction de Morcourt. Le froid sévit toujours. Certains jours il est impossible d'enfoncer les piquets de bois dans le sol. Malgré qu'il fasse encore froid nous sommes mieux abrités qu'à Saint-Sauflieu. Il y a à Glaignes un grand château moderne avec de nombreuses et belles dépendances très confortables pour les hommes. Mes bureaux étaient dans le sous-sol d'une épaisse tour du château. Un domestique nous pourvoyait en bois.
Quand la température est devenue meilleure nous avons fait de l'instruction sur un grand plateau découvert à l'Ouest de Glaignes. Nous faisions des exercices de combat auxquels on donnait de la vie, en faisant usage du système de figuration imaginé par le Général Niessel."

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI - Un régiment de réserve du Berry

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19 janvier 2007

Fin de séjour dans la Somme

"Avant de clore le chapitre de la Somme je dois mentionner la question des bidons. Pour que les hommes aient suffisamment à boire, on les avait dotés d'un double jeu de bidons de deux litres. Tous les soirs ils échangeaient les bidons vides contre les bidons pleins que leur apportaient les corvées de mulets. Or, il se trouvait que ces bidons quelque précieux qu'ils fussent disparaissaient rapidement. Les hommes en réclamaient toujours de nouveaux. Que devenaient-ils ? Mystère. Les uns devaient disparaître dans les transports à mulets et les autres dans la boue des tranchées, Le Commandement s'est finalement inquiété de cette situation et a demandé des justifications aux Corps. Pour notre compte nous avons pu accuser un chiffre de pertes raisonnable et on nous a donné quitus. Mais je sais que d'autres Corps ont eû de sérieux ennuis avec cette question des bidons.
Je veux aussi avant de terminer citer un geste de la part d’un régiment que nous avons croisé un certain jour, en entrant dans le secteur, et qui m'a vivement frappé
.
Il faisait beau et nous marchions tranquillement sur une route quand je vis apparaître au loin une troupe d'infanterie qui venait vers nous. Quand cette troupe fut sur le point d'arriver à notre hauteur je vis le Tambour-Major lever sa canne. Une sonnerie retentit, et aussitôt toute la colonne déboîta dans les champs. Chaque fraction, au fur et à mesure qu'elle arrivait à ma hauteur, mettait l'arme sur l'épaule et prenait le pas cadencé. Au premier moment je me demandais pourquoi on me rendait tant d'honneurs. Quand toute la colonne eût dépassé le régiment, une nouvelle sonnerie retentit et les camarades si courtois reprenaient la route derrière nous. Tout ceci s'est passé sans commandement, à la simple sonnerie des clairons de tête. Je regrette de n'avoir pas retenu le numéro de ce régiment si bien stylé".

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI un régiment de réserve du Berry

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11 janvier 2007

La corvée de boue même pour les sous-officiers

RI290_Zonnebeke28041915_SergentDeperts

Le sergent Deperts du 290e RI, lui aussi, intervient dans l'entretien de la tranchée.

Jean Baptiste Deperts devait tombé le 28 avril 1915 à Zuydschoote (Lizerne) en Belgique. Né à Châteauroux en 1887, il avait 28 ans.

RI290_MPLF_DepertsJeanBaptiste
Sources Fiche: Mémoires des Hommes

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21 décembre 2006

Les brocantes du Berry

 

Parfois sur les brocantes, l’acheteur et le vendeur peinent à s’accorder. Un dimanche matin, le vendeur, un peu ronchon, pas tout à fait réveillé, met en place son étal. Il met bien en valeur ce vieux lot d’anciens exemplaires de la Nouvelle République, dont il espère tirer un bon prix.
Les premiers clients arrivent, les autres défileront jusqu’au soir. Un client s’approche.
Mais surprise !!! Le client ne veut pas des exemplaires de l’illustre journal régional. Il veut la boite qui sert à entasser toutes ses vieilles coupures.
Encore, un client empêcheur de tourner en rond !!! Vivement ce soir que l’on range le tout et retourne à la maison.

RI290_SLtCailloux_CantineMilitaire
La malle du Sous-lieutenant Cailloux du 290e RI de la 20e Cie

Merci à Michael pour cette anecdote et pour sa trouvaille
 

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16 décembre 2006

L'installation du crapouillot

Issue des abums photos du 290e RI en ma possession, voici l'installation du crapouillot dans les tranchées de Zonnebeke

RI290_Zonnebeke1915_InstallationCrapouillot

Si vous avez des idées concernant le type de crapouillot, je suis preneur.

Régulièrement, je diffuserais quelques vues, malheureusement sur les quatre-vingt dix en ma possession, toutes ne sont pas exploitables.

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12 décembre 2006

Quelques citations au 290e RI

Ordre Général N° 48 de la 304e Brigade. - Le Colonel Commandant la 304e Brigade cite à l'Ordre de la Brigade les militaires dont les noms suivent :

Dessis Jean, soldat de 2e classe au 290e R.I. « Dans la nuit du 11 au 12 novembre 1916, dès son arrivée sur une position nouvelle et inconnue de lui, n'a pas hésité, malgré le feu de l'ennemi, à aller chercher avec un camarade, un soldat d'un autre régiment grièvement blessé, qui était depuis cinq jours à 30 mètres de la tranchée ennemie. »

Bleyzac Manuel, soldat de 2e classe au 290e R.I. « Très bon soldat, dévoué. Pendant la nuit du 15 au 16 novembre 1916, l'ennemi s'étant approché de nos lignes, a montré le plus bel exemple de sang-froid en portant les renseignements de son chef de section au Capitaine, et rapportant des munitions en ligne a dit à ses camarades : « Ils peuvent venir ». Au front depuis le mois de mai 1916

Le 26 novembre I9I6.
Le Colonel Commandant la 304e Brigade,
Signé : DE LACGER.

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09 décembre 2006

L'album du 290e RI

Régulièrement, je vous présenterais des photos issues des albums du 290e RI en ma possession.

Pour commencer, voici donc deux cadres du 290e RI

RI290_Album_CdtRenard_LieutSohier
Le commandant Renard et le lieutenant Sohier

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03 décembre 2006

Le temps passe, le souvenir perdure

Il y a 92 ans aujourd'hui, Lucien Bessonneau était porté disparu. Lors de mes derniers congés, afin que le souvenir perdure, j'ai effectué la demande de son rajout au monument aux morts de Badecon le Pin. Les démarches administratives mettront le temps nécessaire, mais l'oubli sera réparé.

Sur Lucien Bessonneau: http://indre1418.canalblog.com/archives/lucien_bessonneau/index.html

Pour mon 200e message, le 25 décembre, je vous présenterais une trace émouvante de Lucien.

 

 

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27 novembre 2006

Le capitaine de Tarlé, le 22 novembre 1914

"La relève était terminée sans incident le 22 à 1 heure du matin.
Le 5e bataillon était en première ligne. Il était établi au Nord ,de la voie ferrée. Il y appuya sa droite et était en liaison de ce côté avec le 3e bataillon du 66e.
Le 6e bataillon était en réserve au Nord-Ouest de Zonnebeke.
Le séjour dans ce secteur était calme. Les Allemands bombardaient surtout les arrières.
La vaste plaine ondulait éclatante de blancheur sous une vive lumière. C'était Ypres qui flambait au loin. De temps en temps on entendait passer deux par deux, très haut dans le ciel, les gros voyageurs de Krupp. C'étaient les messagers de la «Kultur» allemande, qui allaient écraser la Cathédrale, les Halles et les maisons d'Ypres.
Au cours d'une reconnaissance effectuée le long de la voie ferrée par le Capitaine de Tarlé et le Lieutenant Carré, ces deux Officiers furent blessés. L'agent de liaison du 68e qui les accompagnait fut tué. Le sous-lieutenant Jaillet, de la 17e, essaya, malgré les balles, de leur porter secours. Les trois officiers n'eurent d'autre ressource que de se plaquer dans la neige, et d'attendre dans la plus grande immobilité que la nuit fut arrivée pour sortir de leur position critique"
.

Né à Gisors en 1879, Jean de Tarlé, officier de réserve, fut affecté au 290ème Régiment d'Infanterie, à Châteauroux, d'où il partit en 1914. Il était le porte-drapeau du 290e RI
Grièvement blessé à la jambe droite, il resta de nombreuses heures sans pouvoir être secouru. Il dût la vie au froid et à la neige qui coagulèrent ses plaies.
Il retourna au front avant d'être déclaré inapte pour les opérations subies à sa jambe entre 1914 et 1916. Il fut nommé capitaine le 9 novembre.
Jean de Tarlé était Croix de Guerre et Chevalier de la Légion d'Honneur.
Il s'éteignit en 1970 à Mâron (Indre)

RI290_DeTarleJean
Jean de Tarlé (Sources: Illustration)

"Jean de Tarlé, capitaine au 290e d'infanterie, blessé grièvement le 22 novembre (1914) au cours d'une reconnaissance qu'il faisait en vue d'une attaque, a dû rester couché sur la neige pendant plus de deux heures en attendant la nuit, à cause de la fusillade des Allemands".

Sources:
Site concernant Jean de Tarlé: http://detarle.club.fr/famille/index.htm
Récit: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry, le 290e RI
Portrait et citation: Illustration
Fiche de Mort pour la France: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

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15 novembre 2006

La boue de la Somme

"Dans le secteur que nous occupions la terre était tellement désagrégée que tous les objets dont se servait la troupe, objets de campement et munitions, y disparaissaient. Il était très difficile de maintenir les armes en état de fonctionnement. Les hommes, plus que dans aucun autre secteur, étaient recouverts d'une véritable carapace de boue. Le ravitaillement, la moitié du temps n'arrivait pas, ou arrivait incomplètement. Il se faisait de nuit par corvées de mulets. On m'a dit que les territoriaux qui conduisaient les animaux, pour ne pas aller jusqu'au bout, entaillaient les sangles. Au premier heurt, celles-ci se rompaient et le chargement s'en allait dans la boue. Les mulets délestés s'enfuyaient à l'arrière et la corvée était faite. Dans ces conditions, il m'a paru que c'était pur entêtement de vouloir continuer les opérations sur un terrain pareil où tout disparaisait dans la boue, et où le ravitaillement de la première ligne présentait des difficultés presque insurmontables. Le Général Niessel, pour se rendre compte du degré d'’henvahissement de la boue, avait prescrit que chaque fois qu'une troupe était relevée, un ou deux Officiers se présenteraient à son P.C. dans l'état où ils étaient en quittant les lignes".

BoueTranchees

"Dans ce terrain de boue, si profondément bouleversé, il était très difficile de faire des croquis exacts des lignes occupées par les bataillons. On avait bien certains points qui paraissaient nettement dans les photos aériennes, mais pour les trouver sur le terrain c'était presque impossible. Il y avait cependant des officiers qui s'adonnaient particulièrement à cette tâche d'identification. Au régiment j'avais chargé le Lieutenant Brisson d'identifier des emplacements de batteries allemandes qui apparaissaient bien sur les photos. Il était en contradiction dans ses conclusions avec le Lieutenant-Colonel d’artillerie Biraud. Cet artilleur remarquable tenait absolument à avoir le tracé exact de nos premières lignes pour éviter toute erreur dans les tirs de barrage. Pour y parvenir sûrement, il parcourut lui-même les lignes pendant des journées entières. Le pauvre officier trouva la mort dans l'accomplissement de sa tache ingrate.
Au Corps d'Armée il y avait un Capitaine du nom de Boll qui avait également la spécialité des reconnaissances en ligne. Il y fut du reste tué. Il venait des zouaves et était déjà blessé de guerre inapte au service de la troupe".
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Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry - Le 290e RI
Cliché et légende d'Yves Troadec : Verdun - Un agent de liaison qui préfére emprunter la tranchée pleine de boue et prendre un bain de pieds plutôt que que de se faire démolir le portrait sur la plaine.

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