12 avril 2015

Aout 1919: Le Retour du 90e RI à Châteauroux

Il est certains moments dont je ne peux me lasser. Alors que je l'avais découvert lors de sa présentation en 2005, je vous en avais fait fait alors part. La ville de Châteauroux, le site Ciclic.fr et la famille de M. Brimbal ont signé vendredi un accord de diffusion.

Voilà un moment important du Centenaire dans notre département. Je vous laisse découvrir le film des équipes Pathé réalisé à la demande de M. Brimbal alors propriétaire du cinéma de Châteauroux.

Il est possible de consulter et d'annoter le film sur le site de Ciclic.fr

 

Merci à la Ville de Châteauroux, à l'équipe de la Médiathèque.
Merci à la famille de M. Brimbal
Merci aux équipes CICLIC

 

Quelques photos et cartes issues de ma collection personnelle  ayant trait à cette journée

CHATEAUROUX - Fête du Retour du 90ème d'Infanterie 24 Août 1919
Dans l'attente du passage des troupes

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Le colonel Cambel et le drapeau passent sous l'arc de triomphe

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le défilé des enfants

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Le passage des mitrailleuses

 

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24 mars 2015

Eugène AUBARD Un territorial dans la Grande Guerre (1918)

Le journal d'un pépère
du 65ème Régiment d'Infanterie Territoriale
Année 1918

Janvier 1918

le premier
Je vais à la visite pour mal à un œil.

Le 2
Je suis dirigé à Noyon, l’oculiste me donne un billet d’hospitalisation, je couches à Villequier

Le 3
Je retourne au fort prendre ce qui m’appartient. Je reprends l’auto à Liezt et de l’ambulance de Villequier je suis dirigé à Noyon à l’ambulance 3/8 où je reste jusqu’au 23 janvier


Une CPA envoyée à son fils Camille le 6 janvier 1918

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6 janvier 1918
Mon cher Camille
J'ai bien reçu ta belle carte du jour de l'an mais à présent je serais quelques
temps sans recevoir de vos nouvelles ce qui est le plus ennuyeux. Pour moi,
tu sais ça vas assez bien. je suis plus heureux qu'aux tranchées. Je ne crains
plus le froid il as encore augmenter cette nuit mais le poele réchauffe bien. Tu
n'as pas chaud, à partir de si bonne heure. je suis sûr que les clous des souliers
ne sont pas à la noce à glisser tous les jours c'est vrai que ça réchauffe les
pieds. bonjour à toute la famille et reçois les meilleurs baisers de ton papa,
qui songe toujours à vous tous.
Eugène
Ambulance 3/8 secteur 164

Le 23
Je suis évacué sur l’intérieur, départ de Noyon par le train sanitaire. A Compiègne on complète le train, à Creil nous mangeons et repartons à 7 heures du soir. Nous passons par Achère, Chartres, Le Mans, Laval où nous buvons le café. Rennes, la soupe. Départ à 11 heures, Vitré, St Brieuc, Guigamp, Morlaix, Landerneau

Le 24
Arrivée à Brest par l’arsenal à 6 heures du soir et dirigé sur l’Hôpital Maritime.

 

Une CPA envoyée à son fils Camille le 24 janvier 1918

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24 janvier 1918
Hôpital Maritime Salle 1 bis
à Brest (Finistère)
Mon cher Camille
Le docteur m'as visité hier soir. C'est la même chose qu'à Noyon on as
commencer par me donner (?) de l'atropene (?) pour faire grossir la
prunelle. Je suis passer à la  Causpie (?) et je vais sans doute y repasser
ce soir. Tu parles d'un grand hôpital et si c'est bien tenu. On se lève à
7 heures et on se couches à 7, c'est régler. Il y a des mousses qui viennent
à la visite qui ne sont pas plus grand que toi. Quand je sortirai, j'irai voir les
bateaux nous sommes tout près du port mais je suis au rez de chaussée et je
ne vois pas loin. Ce soir, je vais aller au concert passer un petit moment.
Tout ça mon pauvre vieux ça ne vaut encore pas le pays, vivement qu'on
y retourne. J'aurais préférer rester à Noyon. Au revoir mon cher Camille
bonjour à toute la famille. ton papa qui t'embrasse bien fort.
Eugène

 

Mars 1918

Une CPA envoyée à son fils Camille le 18 mars 1918

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18 mars 1918
Mon cher Camille
J'ai fait bonne garde hier quoiqu'elle a été un peu longue les trains de
permissionnaires avaient du retard et on s'est coucher ce matin à quatre
heures. je dormirai mieux la nuit prochaine. Quel beau temps, les gelées
sont passées un peu d'eau aurait fait grand bien pour faire lever la graine
et la marsèche. La santé est toujours bonne j'espère et que tu te seras bien levé
ce matin.  Les oiseaux vont chanter le matin et tu trouveras le chemin moins
long. Au revoir mon cher Camille bon courage et bonjour à tous
Ton papa qui t'embrasse bien fort
Eugène.

 

Annexes

A la fin du carnet des adresses de mobilisés:

Aubard Jean Baptiste
9eme escadron du train
25e corps territorial
Secteur Postal 1884

Piraud Henry
9e escadron du train
1ere section
C.A  (illisible)
Secteur 64

Jean Lamamy
290eme de ligne
17eme compagnie
secteur 166

Bernardet Georges
95eme d’infanterie
30eme compagnie
6eme section
à Marmagne (Cher)

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23 mars 2015

Eugène AUBARD Un territorial dans la Grande Guerre (1917)

Le journal d'un pépère
du 65ème Régiment d'Infanterie Territoriale
Année 1917

Janvier

Le 29
Départ à 17 heures par Villers–Franqueux, Bouillon où nous couchons dans une cave. Température très froide neige et routes couvertes de verglas.

Le 30
Départ pour Coulommes la Montagne par Merci, Chenaux, Chalons sur Vesle, Muizon, vrigny. Arrivée à 10 heures. Pain et vin, gelées, couchons dans un grenier

Le 31
Neige et froid. Nous montons en camions et nous allons cantonner à Perles par Jonchery et Fismes. Nous couchons encore dans un grenier ouvert à tous les vents et continuation du froid

 

Février 1917
Le thermomètre se tient entre 10 et 18 en dessous de zéro. Nous allons travailler entre Bazoches et Courcelles à 7 kilomètres à une ligne de 0m60 : Nous allumons des feux pour dégeler le pain et le vin quand nous en avons, sans cela impossible de manger. La neige fond un peu au soleil.

Le 13
Je reste de garde, je suis relevé le 13 à 11 heures, toujours très froid.

Le 16
Départ pour le 4eme tour de permission par Fismes, et retour à Perles le 27

 

Mars 1917

Jusqu’au 30
Travaux soit à Bazoches ou vers Longueval, bombardés quelques fois

Le 31
Départ pour Epitrey par Bazoches, Braines et Couvrelles, encore des obus en route.
Mois très froid, neige, pas une fleur

 

Avril 1917

1er et 2
repos, je suis versé à la 7eme compagnie.

Le 4
Marche par Serches, Jury. Pluie et neige

Du 5 au 15
Repos en alerte et continuation de l’hiver, neiges, gelées.

Le 15
Nous quittons Epritey à 23 heures et nous partons pour la grande offensive (6)

Le 16
Le matin nous arrivons un peu en avant de Braisne. Notre division est en réserve et comme la première attaque sur Chavannes échoue nous couchons deux jours dans une carrière vers Brenelle

Le 19
Départ à 4 heures par Cyr la commune et St Mard. Nous allons jusqu’à Soupir et ensuite nous revenons à Chavonne pour la réparation de la route vers Vailly qui est complètement détruite par le bombardement. Les effets sont terribles le terrain est tout bouleversé et les maisons rasées. Pour la première fois, je vois un champ de bataille. Les morts sont restés sur place, on continue à ramasser les blessés. Beaucoup de prisonniers. Le soir nous recevons l’ordre de retourner, nous avions tout emporté et très fatigués. Le mauvais temps continue et les chemins impraticables

Le 23
Départ pour Bourg et Comin par Vieil Arcy, nous couchons dans une péniche. Travail à la réparation des routes, la lutte continue sur le Chemin des Dames, très violente . Bombardés surtout la nuit. Nous y restons jusqu’au 11 mai

 

Mai 1917

Le 12
Départ à 4h du matin, nous allons coucher à Ciry Salsogne par Braisnes. Très chaud, arrivée à 11 heures

Le 13
Départ à 5h30, nous passons par Missy sur Aisne, Sainte marguerite, Bucy le long, Crouy et nous faisons la halte à Leuly. Toujours très chaud. Pays dévastés, arbres fruitiers sciés ou entaillés. Départ de Leury à 19h, arrivée à Crécy au Mont vers 24h

Le 14 mai
Nous couchons à la belle étoile dans un petit bois et nous y passons la journée. Départ pour les tranchées en avant d’Anizy à la nuit, arrivée à 24 heures. Nous prenons dans un bois par une nuit sombre, pas de tranchées ni d’abris, nous prenons aux avant- postes sur une petite route. Sitôt la relève deux blessés au poste voisin. Le lendemain pluie. Nous y restons jusqu’au 31 et pas heureux, mauvaise nourriture et insuffisante, service très dur, de garde toutes les nuits, souvent bombardés. Durant notre séjour la compagnie compte six blessés et quatre prisonniers.

Le 31
Relève à 22 heures et nous venons au repos vers Crecy au Mont. Nous logeons toujours sous la tente mais comme le temps est très chaud nous n’en souffrons pas .

Eugene Aubard en 1917
Eugène Aubard en 1917
A noter la présence de trois chevrons d'ancienneté (2 ans) sur la manche gauche.

Juin 1917

Le premier,
Repos, nous y restons jusqu’au 10 et nous allons travailler en première ligne toutes les nuits, trajet 12 à 14 km.

Le 10
Au soir nous retournons aux tranchées vers Quincy-Bas aux avant-postes jusqu’au 17

Les 17 et 18
Au travail et patrouille

Le 19
A la visite et je suis envoyé au repos au Paradis près de Crécy. J’y reste jusqu’à la relève qui a lieu le 23

Le 24
Nous montons en autos à 3 heures, arrivée à Fontenoy par Loeuilly, Vaurope, Cuffies, Pommiers, Osly à cinq heures.

Le 25
Repos

Le 26 et le 27
Au travail à Osly pour sortir les décombres des maisons qui peuvent se réparer

Le 28
Départ pour le 5eme tour de permission. Je prends le train en gare d’Ambleny Fontenoy à 9 heures par Compiègne, Creil et Survilliers où nous changeons de train

 

Juillet 1917

le 8
retour du 5eme tour de perm par Voisy, Pantin, Ory la Ville, Compiègne. Arrivée à Fontenoy à 19 heures

le 9
départ pour Osly ou je travaille pendant deux jours à la réfection des maisons détruites

le 12
départ pour Leury par Tommiers-Cuffies, Vauxropt arrivée à 23 heures

le 13
au travail à 7 heures au pavage d’une piste en bois pour camions et au déchargement des munitions.

Le 18
Au tir au fusil mitrailleur à Osly

Le 22
Départ à 20h pour les tranchées, nous faisons une partie du chemin en autos, arrivée à 24 heures très chaud faut patauger dans la boue, en arrivant  je prends la faction au fusil mitrailleur

Les 23 et 24
Forte chaleur

Le 25
Fort orage

Le 26
Temps couvert, assez calme et malgré que je suis revenu au même endroit le service est moins dur et la nourriture meilleure, j’y reste jusqu’au 2 août. A partir du 28 jusqu’au cinq pluie tous les jours

 

Août 1917

Du 2 au 6
Un peu en arrière et je fais des travaux

Le 6
Au soir je reviens à un nouveau poste sur la route d’Anizy

Le 7
Bombardement, un fusil mitrailleur de cassé par un obus qui n’éclate pas

Les 8, 9 et 10
Toujours quelques obus sans accidents

Le 11 août
Des grenades

Le 13
Relevés à 24 heures au pont de la Glorie nous montons en autos et descendons à Fontenoy

Le 16
Départ  à 4 heures par Roches, Autreche, Morsains, Andignicourt et nous couchons à Blerancourdelle. Pays ruiné

Le 17
Départ à 4 heures par  Le Fresne, Camelin, Cuts, Brétigny et nous couchons à Mondescourt. Tous les villages que nous traversons ont été épargnés les champs bien cultivés et les arbres chargés de fruits comme j’ai vu rarement.

Le 18
Départ à 5h et demie. Les arbres sont encore épargnés mais les villages détruits , notamment Bethancourt dont toutes les maisons sont sautées ou brûlées et nous couchons à Cung le Gay. Le pays a un peu moins souffert, nous y restions deux jours.

Le 20
Départ à 1 heure par Villequier au Mont arrivée à Rouez à 3 heures

Le 21
Déchargement

 

Septembre 1917

 ………  retour de la 6eme permission

 le 3
départ de Mers à 9 heures, je prends le train de 14 heures à Chateauroux

le 4
à 1 heure arrivée à Ory la Ville, changement de train, arrivée à Albicourt à 6 heures et à Villequier au Mont à 7 heures et demie
ma compagnie est toujours à Rouez et occupée aux mêmes travaux.

Le 8
Je suis évacué à l’ambulance de Villequier et de là dirigée en autos sur l’hôpital de Noyon

Le 9
Départ pour le centre de prothèse dentaire de St Just, changement de train à Creil et arrivée à St Just à 16 heures

Le 10
A 7 heures au travail, confection des lits

Le 13
Le dentiste prend les empreintes pour mon appareil

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Une CPA envoyée à son fils Camille le 13 septembre 1917

13 septembre 1917 17 heures
Mon cher Camille
Comment allez-vous? C'est terriblement long d'être si longtemps sans
avoir de vos nouvelles. Ton doigt est il guéri et la Bichette est elle raisonnable.
Je viens de manger le plâtre et la cire. J'ai bien trouver le temps long. J'en
suis débarrasser pourvu que je puisses me servir de mon appareil. Ce soir,
est arriver un autre camarade du 65, il couches dans la même baraque. Celui-ci
est de Seine et Oise. Je suis toujours en bonne santé, mais j'ai envie de
consulter le médecin au sujet de mon oeil à présent que l'empreinte est prise.
C'est tout ce que j'ai à te dire. Bon courage pour les pommes de terre et les vendanges.
Ton papa qui t'embrasse bien fort
Eugène

Le 23
Je reçois mon appareil

 

Octobre 1917

Le 5
Je suis dirigé sur Le Bourget au dépôt des isolés.

Le 6
Je repars à 18 heures pour Creil au dépôt des isolés encore et j’y reste la journée du dimanche 7

Le 7
Le soir à 6 heures départ par la pluie . Bien trempé en route  pour Flavy le Martel dans le train de ravitaillement par Montdidier, Ham, Vesle . Je passe la nuit dans le wagon.

Le 8
A 7 heures je monte dans une voiture de ravitaillement, je me rends à Villequier et de là à Tergnier.

Le 9
Je vais au travail la nuit charger des cailloux ou des briques. Pays détruit complètement ainsi que les pays voisins
Fragniers, Quécy, Vouel, etc.…
Nous ne sommes pas éloignés des lignes mais c’est tranquille, quelques obus la nuit et c’est tout.

Le 15
Quelques marmites tombent au moment du repas du soir, pas loin mais sans causer d’accidents
Jusqu’au 21 même travail

Le 21
Les soir départ pour Rouez où je reste jusqu’au 23 novembre.

 

Novembre 1917

Le 23
A une heure et demie départ pour Remigny où nous arrivons vers cinq heures et demie

Les 24 et 25
Repos. Tempêtes, pluies, mal logés, pays complètement ruiné, les arbres sont tous coupés et les maisons sautées. Pendant deux nuits nous allons travailler vers Moy aux boyaux

Le 28
Au soir départ pour Tergnier

Les 30 et 1er décembre
Au travail sur les routes de Farnier, Quessy, Liez. Nous comblons les trous d’obus car les routes ont été bombardées pendant 24 heures.

 

Décembre 1917

Le 1er
A notre arrivée au travail nous recevons l’ordre de nous préparer pour partir aux tranchées à 7 heures. Nous arrivons à Travecy vers 10 heures salués par quelques obus sans accidents. Nous prenons aux avant postes en avant du village sur les bords de l’Oise non loin de La Fère. Tous les jours le pays est bombardé. Temps froid.
La 1ere faction se prend du soir à 4 heures et demie jusqu’au matin à 1 heure et la 2eme de une heure jusqu’au jour

Le 16
Départ pour la 7eme perm, je suis averti à 18 heures. Je quitte Travecy à 19h après des tours et détours ne connaissant pas les routes. La neige commence à tomber à Farniers et en arrivant à Abécourt la couche est déjà épaisse . Je passe par Tergnier, Viry, Chauny et Ognes.

Le 17
Départ d’Abécourt à 2 heures, arrivée à Chateauroux le soir à cinq heures avec du retard, la correspondance de La Châtre est partie, je couche à Argenton et j’arrive le 18 à 11 heures. Neiges et froid pendant ma permission

Le 29
Je repars à 6 heures du soir par un temps très froid

Le 30
A 7 heures du soir arrivée à Abécourt, coucher à Villequier

Le 31
Une tournée à Rouez chercher les sacs et je rejoins ma compagnie à dix km de là au fort de Liezt. Je passe par Faillouêl, Frière, Mennessis et Liezt.

 

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22 mars 2015

Eugène AUBARD Un territorial dans la Grande Guerre (1916)

Le journal d'un pépère
du 65ème Régiment d'Infanterie Territoriale
Année 1916

 

Janvier 1916

Le 3:
Départ à 6h du soir et arrivée à Vierzy le 4 à 8h du soir, je couche dans une carrière

Le 5:
Nous partons pour Pernant par Chaudun et Dommans arrivée à 2 h du soir, et nous sommes bien arrosés à notre arrivée, pas d’accident, nous arrivons aux tranchées à 6 h et je prends la faction jusqu’au 11 poste Canivet

Du 11 au 19:
En 2eme ligne et je vais au travail de 7h jusqu’à 11h½ du soir. Nous sommes arrosés copieusement pendant  les derniers jours

Du 20 au matin au 30:
Je prends au poste du Canard 12 heures de garde par jour. Presque tous les jours de obus sur Pernand et la ferme Canivet

Le 30:
Relève par le 109eme territorial a 10 h du soir, nous passons par Dommiers, Longpont et nous allons cantonner à Louatre ou nous restons jusqu’au 5

Février 1916

Du 1 au 5:
Cantonnement à Louatre

Le 5:
Départ à 6 heures par Villers Helon, Blanzy, St Rémy, Le plessis Hulon, le Grand Rozoy, Cramaille, arrivée à Mareuil en Dôle à 3 heures du soir

Le dimanche 6:
Départ  à 7 heures par Nesles, Villers Hagron, arrivée à Anthenay à 4 heures du soir

Le 7:
Le matin une demie heure d’exercice  et départ à 11 heures vers Ville en Tardenois par Olizy et Romegny et exercice jusqu’à 4h du soir.

Le 8:
De 11h à 4 heures exercices vers la Macrelle

Le 9:
Le matin exercice de 8h à 10h et neige, le soir revue, manœuvre de division vers Aougny.

Le 10 février:
Vers Thèly

Les 11, 12 et 13:
Exercices

Le 14:
Manœuvre de division au dessus de Ville en Tardenois à 10km. Nous figurons l’ennemi et restons 3 heures et demie le nez à la pluie et revenons à 3 heures du soir

Le 15:
Repos

Le 16:
Départ d’Anthenay par Romigny, Ville en tardenois, Pargny et arrivée à Coulommes bien trempés à 3 heures

Le 17:
Départ à 1 h du soir, par Vrigny, Gueux, Chalons sur Vesle, trigny, et Hermonville et nous arrivons aux tranchées à 9h du soir.

Le 18:
Repos

Du 19 au 28:
Nous faisons des travaux et des corvées. Temps froid , neiges et quelques obus par jour sans accidents.

Mars 1916

Jusqu’au 9:
Temps froid gelée et neige

Le 10:
Neige aussi et pendant toute la journée violent bombardement surtout vers Berry au Bac

Le 11:
Départ à 20 heures pour Trigny, arrivée à 23 heures. Je prends la garde jusqu’au lendemain à 12 heures

Du 12 au 26:
Nous déchargeons des camions, allons au bois et corvée de quartier

Le 26:
Le soir à 7 heures départ pour Marzilly à 3 km

Le 27 et le 28:
Repos

Le 29:
Au bois vers Bouvancourt à 8 km

Avril 1916

Du premier au 15:
Au bois continuellement et sans repos, nous faisons des pieux

A partir du 15 avril:
Nous allons un jour au bois et un jour travailler à l’artillerie entre Hermonville et  Cauroy

Le 21:
Quelques 150 sur Hermonville

Le 22:
Bombardement de nos batteries de Tounicourt

Le 23:
Jour de Pâques repos

Le 24:
Continuation des travaux

Le 25:
Alerte

Du 26 au 30:
Continuation des travaux

Le 30:
Départ pour la 2eme permission. Départ de Marzilly à 2 heures, je prends le train à 7heures à Jonchery par Fismes et Meaux , gare de l’est, Juvisy, Chateauroux, Argenton.

269_001
Exemple de support pour le précieux sésame qu'était la permission

Mai 1916

Le 1er
Arrivée au Pondron à 7h et demie

Les 9 et 10:
Retour par le même chemin et retour à  Marzilly le 10

Les 10 et 11 mai:
Travaux de nuit

Les 12 et 13:
De garde

Jusqu’au 31:
Travaux d’artillerie vers Toussieux

Juin 1916

Jusqu’au 4:
Toujours les travaux d’artillerie

Le 5:
Départ pour Baslieux les Fismes par Bouvancourt, Ventelay, Romain et Courlandon. Arrivée à midi, distance 20km

Courlandon
Carte secteur issue d'une carte d'avril 1917 (Offensive Nivelle)

Le 6:
Repos

Le reste du mois:
Nous allons à la carrière

Juillet 1916

Jusqu’au 8:
Toujours à la carrière

Le 8:
Départ pour Vezy ( ?) par Courlandon, Brueil, Montigny, arrivée à midi le lendemain

Jusqu’au 26:
Travail à la carrière Ste Cécile tout près de  Vaux Varenne.

Le 26:
Le soir départ pour le bois des Geais où nous arrivons à 22 heures.

Le 27:
La nuit  je vais travailler à Berry au Bac. Nous portons en quatre un rouleau de treillage égaré, trois fusants, pas d’accident mais c’est bien que miracle. Notre guide ne peut trouver son chemin et finalement nous arrivons à notre but à 23 heures nos sans avoir reçu quelques 105 et nous revenons à Berry à minuit.
Le reste de la corvée ne revient qu’à trois heures par petits groupes car pas un ne sait le chemin. Nous arriverons à 4 heures, mauvais début.

La nuit du 29 au 30:
Calme

Les 30 et 31:
Nuits assez agitées, bombes de temps en temps et qui éclatent tout près de nous.

Août 1916

La nuit du 1er
Ne vaut guère mieux, transport de rondins qui sont loin d’être légers enfin pas d’accident.

Du 1er au 16:
Nous continuons le même travail

Le 16:
A 22 heures nous quittons le bois des geais pour le bois allongé où nous arrivons le 17 à 2 heures après s’être promené un peu dans les boyaux avant de trouver notre abri.

Les 18 et 19:
Travail de nuit au bois des geais, départ à 19 heures et retour à 3 heures, distance 8 à 9 kilomètres.

Le 20:
Repos

Jusqu‘au 3 septembre:
Toujours au travail dans les mêmes régions, quelques visites mais pas d’accidents

Septembre 1916

Le 4:
Au travail

Les 5 et 6:
Pluie, nettoyage des boyaux

Les 7, 8 et 9:
Travail entre Cormicy et le bois des Geais

Le 10:
Dimanche et repos

Le 11 septembre:
A la soupe quelque 77 sans accident

Le 12:
Repos

Les 13 et 14:
Travail du côté de Cormicy

Le 14:
A 7 heures départ pour Maison Bleue ; ma section seulement

Les 15 et 16:
Installation et transport du matériel

Le 17:
Corvée de lavage à Cormicy

Les 18 et 19:
Travail dans les boyaux, pluie

Le 20:
Même travail

Le 21:
Départ pour les tranchées de 2eme ligne. Moulin Dumont

Les 22, 23, 24, 25:
Travail, fabrication des « boudins Ribar »

 

315093ribard2
Obstacle en fil de fer barbelé RIBARD (Manuel de l'infanterie)

Le 27:
Départ pour l’infirmerie, je reviens le 30 au soir

Octobre 1916

Les 1er et 2:
Repos

Les 3, 4, 5 et 6:
Même travail

Le 7:
Changement d’abri et faction jusqu’au 11

Le 11:
Départ pour la 3eme permission et coucher à Hermonville

Le 12:
Je prends le train à Muizon à 6 heures du matin, par Fismes Meaux et gare de l’est

Le 13:
Arrivée à 8 heures du matin

Le 21:
Départ par La Châtre, Chateauroux, Paris, Meaux, Muizon

Le 23:
J’arrive aux tranchées à 10 heures

Le 24:
Le soir de patrouille de 9 heures à minuit et de garde la nuit suivante

Les 25 et 26:
Même occupation en 2eme ligne jusqu’au 8 novembre

Novembre 1916

Jusqu’au 8:
De garde encore

Du 8 au 19:
Au repos à Cauroy

Du 19 au 25:
En 1ere ligne à Arcole

Le 25:
Au soir je pars à Hermonville aux « édentés » et j’y reste jusqu’au 29 janvier

Décembre 1916

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Carte envoyée le 25 décembre 1916 , à son fils Camille

25 Xbre 1916
Mon cher Camille
J'ai eu de vos nouvelles par Henri Lamamy, une chance
car je n'ai rien reçu depuis mardi. Comme vous étiez en bonne
santé vendredi, je suis moins inquiet et j'espère que vous ferez Noel.
Nous avons repos et le menu n'est pas mauvais. ce matin, nous avions bifteacs,
saucisses aux choux, lapin, galette aux pommes, café, pousse-café. Ce soir,
diner et un litre de vin. on peut s'en contenter mais j'aurais préférer le faire
parmi vous avec peu de chose. C'est le 3ème et espérons que ce sera le dernier.
Je suis toujours en bonne santé. Je vous souhaites le bonjour à tous
 et je vous embrasse bien tendrement
Eugène

 

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21 mars 2015

Eugène AUBARD Un territorial dans la Grande Guerre (1915)

Le journal d'un pépère
du 65ème Régiment d'Infanterie Territoriale
Année 1915

 

Janvier 1915

1er janvier:
Le matin repos et nettoyage, le soir marche. On touche chacun 7 noix, une pomme, une mandarine, 2 quarts de vin chacun et une bouteille de champagne en quatre.

a1janv15
Une carte envoyée le 2 janvier 1915 à son fils Camille

"Envoi de Aubard Maurice - 65e Territorial - 8ème Compagnie.
1er janvier 1915
Mon cher Camille
Je suis en bonne santé et t'envois mes meilleurs
voeux de bonne année et de bonne santé
et t'embrasse bien fort.
Eugène"

Le 2:
Le matin corvée de bois. A midi école de bataillon. Les bleus sont mis à l’ordre. Pour ma part un lieutenant me dit que je porte mon fusil comme un escargot porte un parapluie.

Le 3:
Les nouveaux manœuvrent seuls, ils espèrent nous dresser, y réussiront-ils ?

Du 4 au 10:
Exercice toujours

Le 11:
Aux tranchées pour s’amuser

Le 12:
Tir à Crepy en valois

Le 13:
Tranchées le matin, le soir revue. Mauvais temps

Le 14:
Le matin et le soir exercices de tranchée, le soir à 8h marche

Les 14 et 15 janvier:
Même travail. Dans la nuit nous recevons l’ordre de marcher en avant

Le 16:
Départ à 5 h par Crepy, Villers Cotteret, nous couchons à Dampleux à 6 km de Villers Cotteret, nous arrivons à 4h du soir, distance 30km. Nous touchons du pain seulement et le lendemain matin nous touchons la viande avant de partir.

Le 17:
Nous partons à 6h et demie sans manger, nous faisons la grand’halte à 12h et demie à Toucy, arrivée à Chacrise à 5h. Nous mangeons un bifteck et espérons bien dormir après 30km. Encore à 10 h du soir sac au dos et nous partons pour Billy sur Aisne remplacer d’autres troupes. Nous arrivons trop tôt. Nous attendons 2 heures sous une averse de neige, on est tout blanc. Nous nous couchons le 18 à 3 heures du matin

Le 18:
On se lève tard. Les boches nous envoient des marmites, elles éclatent à 500 mètres de nous sur la hauteur. Nous partons à cinq heures pour Acy la Campagne. On occupe le village du Carrier et doit soutenir la 7eme compagnie dans les tranchées en cas d’alerte.

Le 19 :
Repos, défense de sortir, le soir à 10 h alerte, nous devons nous tenir prêt à partir, on se recouche tout équipés. Nous grelottons toute la nuit.

Le 20:
Même travail. A 5 h du soir je prends la garde aux issues du village, à 10 h la 6eme compagnie nous relève . Nous passons une bonne nuit.

Le 21:
Il pleut, dans la soirée des obus passent au dessus de nous et vont éclater à 1 km sur le bourg.

Le 22:
Beau temps ; Les aéros se promènent. Nous ne sortons pas. Le soir les Boches envoient des obus de nouveau. Ils tuent 5 chevaux.

Le 23:
Il fait froid. Le soir à cinq heures travail aux tranchées jusqu’à 8h.

Le 24:
Nos pièces envoient des obus à leur tour. Le soir aux tranchées de 8h à 5h du matin.

Le 25:
Nous envoyons le matin des obus sur l’Aisne. Le soir je vais au clayonnage. Les Prussiens bombardent le coteau opposé et incendient un hangar. On envoie toujours des obus, nous travaillons à la protection des phares

Le 26:
Le matin repos. A 5 heures nous partons aux tranchées notre section construit une chambre de repos. A minuit nous allons nous reposer dans un moulin

Le 27:
A 4h nous revenons au travail et continuons  jusqu’à 5h du soir. Violente canonnade, les Allemands ne répondent pas. A 8h nous partons aux tranchées, je prends la faction sur les bords de l’Aisne à Venizel. Canonnade continue une partie de la nuit. Il fait très froid. A minuit nous sommes relevés nous restons jusqu’à 6h dans les chambres de repos.

Crouy19150108

Le 28:
Nous grelottons car il a gelé très fort. Notre secteur part du pont de Venizel qui n’est pas sauté jusqu’à une sucrerie. Nos batteries continuent à envoyer des obus sur les tranchées boches au delà de Ste Marguerite. Le matin quelques coups de fusil sont tirés. J’entends siffler les premières balles. De trois à cinq heures les Allemands envoient des shrapnels dans un petit bois de l’autre côté de l’Aisne, ils éclatent à 100m de nous. On nous relève à 4 heures du soir. Bonnet est blessé. Nous mangeons dans la chambre de repos.
A ce moment les Allemands attaquent. Vive fusillade pendant 10 minutes et les nôtres très inférieurs en nombre abandonnent et reculent jusqu’à Venizel.
Nous allons nous reposer dans la chambre de repos à 1km il est 9h. A 16h sac au dos et nous revenons dans le bois où nous restons sur une petite route jusqu’au  lendemain 29 à 6 heures.
Il fait un froid terrible et c’est le 3eme nuit que je ne dors pas . toute la nuit nous trottons sans pouvoir se réchauffer on s’endort debout et on ressemble plutôt à des fantômes qu’à des hommes. Je n’ai jamais tant souffert du sommeil et de lassitude depuis trois jours que je trotte pour me réchauffer.

 venizel2
Le pont de Venizel en 1918

Le 29
A 6 heures, nous allons à la chambre de repos pour dormir mais il fait trop froid impossible de se réchauffer.
la canonnade continue . A 8h du soir nous retournons aux tranchées jusqu’à minuit. Je me repose dans un boyau qui a un mètre 30 centimètres de large et qui sert de salle à manger et de salle à coucher. Le canon peut tonner je ne l’entends pas.

Le 30 janvier
De minuit à 6h je prends la faction dans la tranchée, il fait un peu moins froid . Je retourne au boyau et dors pendant 3 heures. Au réveil ce n’est plus le même, je suis revenu à la vie. On entend quelques coups de fusil et toujours le canon . A 4 heures la fusillade commence, les Allemands sont dans le bois à 300m ils envoient des balles dum-dum, en éclatant elles font le bruit d’un coup de fouet. On leur répond et pendant un quart d’heure les balles pleuvent, nos mitrailleuses se mettent de la partie et notre 75 leur envoie quelque chose et jusqu’à six heures il fouille le bois, les obus en éclatant font un bruit de tonnerre et surtout à la fin on leur envoie des obus à la mélinite ; c’est effrayant, la terre en est ébranlée.
Je ne prends pas part à l’action nous sommes en réserve, mais j’ai la trouille tout de même pourtant je verrai pire que cela.
Nous sommes relevés à 6h et demie et nous revenons à Acy le Bas, comme je dors bien…

Le 31
Repos mais impossible de trouver de vin

Février 1915

Le lundi 1° février
Je me lève à 9h, je cous ma couverture, je mange la soupe et me recouche. Dans la soirée duel d’artillerie à 7 heures. Violente canonnade , l’écurie en est ébranlée.

Le 2
Violente canonnade à 6 heures et dans la journée nous sommes encore de repos, dégel et grand  vent, le soir toujours le canon.

Le 3
Nous prenons la garde au Jury village de la commune d’Acy

Le 4
Nous sommes relevés à 11 heures du matin, le soir repos

Le 5
Départ à 5 heures pour faire des tranchées sur les bords de l’Aisne. A 9heures on reçoit  des balles, aucun n’est atteint, les tranchées ennemies sont de l’autre côté. Nous revenons à 11 heures le soir repos.

Le 6
Calme sur tout le front à part quelques coups de canon. A 6h et demie nous partons porter des bourrées pour assainir les tranchées où l’eau monte jusqu’à mi-jambe. Retour à minuit.

Le 7
Le matin repos, à 6 heures du soir nous allons travailler aux tranchées, l’eau tombe, retour à minuit.

Le 8
A midi nous allons au bois faire des bourrées pour les tranchées retour à 5 heures du soir.

Le 9
Le jour repos, le soir aux tranchées retour le 10 à 1 heure

Le 10
A midi nous retournons à la roperie porter des sacs de ciment pour faire des abris de guetteur retour à 5 heures du soir.

Le 11
A 7 heures garde au Jury jusqu’à 5 heures du soir. A 6 heures départ pour les tranchées le soir nous sommes de réserve. Le soir à 9h en patrouille vers Venizelle retour à 11 h. Du côté de Soissons violente canonnade le ciel en est tout embrasé.

Le 12
Le jour je prends la faction. A 6h du soir départ pour les tranchées dans la boue jusqu’à mi-jambe. A minuit je prends la faction sur les bords de l’Aisne, je ne distingue rien ; dans la boue jusqu’au genou très en colère, pour peu je flanquerais le tout dans la rivière. Canonnade comme j’en ai jamais entendue.

Le 13
A 4 heures je reviens au boyau dans la boue. L’eau tombe jusqu’à midi et nous chasse, les sacs sont tous mouillés, j’ai la joue enflée et la fièvre. Il faut rester là  quand même, dans  la soirée averse, à 7 heures nous allons dans la chambre de repos.

Le 14
A 7 h je prends la faction. Il fait beau et tout sèche. A 6 h du soir nous reprenons les tranchées. Je pars à minuit  pour les tranchées au même endroit, il fait froid et c’est mouillé. A 6 heures le 15 je reviens

Le 15
Pas de repos, toujours dans la boue, nous ne sommes pas reconnaissables. A midi  les Allemands nous font un concert instrumental, ils ne s’ennuient pas. Le général de  Grandmaison vient nous voir, nous sommes relevés à 7 h et nous allons coucher à Acy le Bas.

 

Grandmaison
Le Général Loyzeau de Grandmaison en inspection le 11 février.
Il devait succomber le 19 février 1915 à Soissons des suites de blessures reçues.

Le 16:
Repos 

Le 17 et le 18 février:
Quelques corvées nous sommes en cantonnement d’alerte.

Le 19:
Corvée. Des obus tombent aux environs. Le soir nous revenons au Carrier

Le 20:
Le matin repos. Des obus tombent sur le village, pas d’accident. Le soir nous allons au bois au clayonnage, il fait très beau.

Le 21:
Repos et beau temps.

Le 22 et le 23:
Même travail.

Le 24:
Le matin nous allons chercher du bois pour la cuisine, nous abattons un arbre et l’emportons. A 150m un obus tombe juste à la place où nous étions et coupe un autre arbre. Le soir bombardement de Acy le bas ; plusieurs maisons sont abîmées

 A partir de ce jour la flemme me prends et j’oublie d’écrire ; en tout cas se sont les impressions d’un « bleu »

Mars 1915

Le 30
Nous prenons les tranchées à la sucrerie , averse de neige jusqu’à minuit

Le 31
Il fait froid mais beau

Avril 1915

Le 1er:
Forte gelée, le matin beau , dans la soirée fort bombardement.

Le 2:
Forte gelée. Un aéroplane allemand est abattu entre Serches et  Ambrief. Le soir à dix heures je fais une patrouille, rien à signaler.

Le 3:
Un peu d’eau une partie de la journée, nous sommes relevés à 8 h du soir, il pleut

Le 4:
Jour de Pâques, nettoyage, revue. A 6h le soir je prends la garde au carrier aux issues. Il pleut toute la nuit et le matin

Le 8:
La Couvrelles, Serches, Acy le haut deux jours. Chacrise  7 jours travail de nuit. Maast et Violaine un jour

Le 27:
Départ pour Puiseux 30km très chaud

Le 29:
Départ pour Ambleny 18km

Mai 1915

Exercice jusqu’au 6 mai

Le 6:
Départ pour le travail. Vingré par Roches. Je vois les bombes pour la première fois. On part à 2 h du matin et revenons à 9h du soir, averse avec tonnerre

 

CarteEM_Vingre
Carte Etat-Major 1/80.000e Secteur Ambleny - Vingré

Le 7:
Nous devons partir à la même heure et au même endroit. Je vais à la visite et on m’arrache une dent.

Le 8:
Nous retournons à Vingré au même travail. Nous recevons des obus, plusieurs n’éclatent pas.

 

Vingre_FermeAmory
Vingré - Intérieur bombardé de la ferme Amory

 

Nouvron_FermeConfrecourt
Ruines de la Ferme de Confrécourt

Le 9:
Repos

Le 10:
Départ d’Ambleny pour le Port-Fontenoy. Nous couchons dans une ancienne carrière

Le 11:
Nous allons porter le manger  au 40eme de ligne dans les tranchées. En sortant nous sommes saluées par une rafale de 77, pas d’accident.

Le 12:
Nous continuons

Le 13 mai:
Encore le matin nous sommes arrosés pendant tout le trajet par les obus, nous portons la soupe quand même et personne n’est touché. Le soir à 8 heures : de garde.

Le 14:
Continuation de la garde

Le 15:
Nous portons les vivres à la 6eme compagnie ;  pendant le repas nous recevons des gros obus à quelques mètres de la tranchée, pas d’accident. Le soir nous prenons la tranchée à notre tour

Le 16:
Beau temps, bombes très près

Le 17:
Pluie

Le 18:
pluie et toujours des bombes. Le soir à 3 heures les Allemands attaquent un petit fortin, vive fusillade et ça nous vaut de l’alerte la nuit et le 19.

Le 19:
Dans la journée le 77 nous rend visite, pas d’accidents.

Le 20:
En alerte toute la nuit, journée calme et beau temps. Le soir vers 9 heures nouvelle attaque du fortin et pendant un quart d’heure vive fusillade et grenades une partie de la nuit ; fusillade de temps à autres, nous restons tous jusqu’à 3h1/2 du matin

Le 21:
Beau temps, toujours quelques shrapnells.

Le 22:
journée assez calme, nous sommes relevés le soir et ma demi section prend la garde à Fontenoy.

Le 23:
Garde jusqu’à midi et nous partons dans un bois jusqu’au soir, départ à 8 heures et arrivée à St Pierre d’Aigle à 2 heures du matin

Le 24:
Nous repartons à minuit et arrivons à Muret les Crouttes à 7 heures

Les 25  26  et 27:
Repos

JMO 169e BI
Mardi 25 mai 1915
Le 2e bataillon du 65e vient entre 8 et 9 heures occuper les cantonnements suivants:
5e et 8e Cies: Les Crouttes
6e Cie: Muret
7e Cie: Hartennes
Le 3e bataillon et l'état-major de régiment relevés de la première ligne, vient cantonner à Saint-Pierre Aigle
et Dommiers

Le 28:
Au travail au dessus de Serches

Le 29:
Pareillement, nous faisons 20 km par jour.

Le 30:
Départ pour la ferme de la Siege, commune de Couvrelles

Le 31:
Toujours au travail.

Juin 1915

Le 1er:
Nous travaillons à 1 kilomètre, il fait très beau et chaud

Les 2  3  4 et 5:
De même, nous continuons les chambres de repos pour l’artillerie.

Le 6:
A 1h départ pour les Crouttes, arrivée à 3 heures. Toute la matinée le canon tonne sans arrêt, nous sommes en alerte et devons être prêts à partir au premier moment

Le 7:
Le matin corvée de lavage, toujours en alerte, il fait très chaud

Le 8:
Toujours aux Crouttes nous partons le soir pour le Siege

Les 9  10  11  12:
Toujours au travail

JMO 85e DIT - 10 juin 1915
Par ordre général n°160 en date du 9 juin du Général commandant la 6e armée, la 85e Division est disloquée.
Les 65 et 66e Régts deviennent la réserve d'infanterie du 37e CA (ex 5e groupe de Divisions)
Le 67e Régt passe à la réserve d'infanteire du 7e CA
Le 68e Régt passe à la réserve d'infanterie du 35e CA
L'artillerie de la Division est placée sous les ordres du colonel Cdt l'artillerie du 37e CA

Les 65 et 66e RIT sont donc affectés au 37e Corps d'Armée, et forment la réserve d'infanterie du CA. On notera que ce changement d'affectation n'impacte en rien le journal d'Eugène. Aucune mention, le travail continue.

Le 13:
Corvée de lavage le matin, le soir au travail

Le 14:
Aussi au travail

Le 15:
Nous partons à 1 heure pour les Crouttes, le soir départ des Crouttes à 6 heures du soir , nous passons par Muret, Nampteuil, Chacrise, Ecurie Septmont et nous arrivons à Berzy le Sec le 16 à 2 heures, nous y restons jusqu’au 21 

Le 21 juin:
Je prend la garde, départ à 5 heures et arrivée à Hartennes à 8 heures. Repos jusqu’à midi et départ pour le travail. Nous fendons du bois et le portons dans un champ et chargeons les camions.

Du 22 au 27:
Même travail, pluie le 24 et le 25

Le 28:
Au soir départ pour Saconin par Chaudun et Missy, arrivée à minuit.

Le 29:
Départ pour le travail à 7 heures du soir, et retour le 30 à 5 heures.. Nous travaillons à quelques kilomètres de Soissons auprès de Pernan.

Juillet 1915

Du 1 au 3:
Même travail de jour, départ à 3 heures et retour à 17 heures

Le 3:
En arrivant nous prenons la garde à six heures jusqu’au lendemain à 12 heures

Les 5  6 et 7:
Départ et retour à la même heure

Le 8:
Repos
Tous les jours Saconnin reçoit quelques obus mais sans accident

Du 9 au 13:
Toujours au travail 

Le 14:
Repos, beaucoup d’eau. On a son litre et l’ordinaire est amélioré. Sitôt le repas du soir terminé, les Allemands nous envoient le dessert : un obus coupe un peuplier pas loin de nous. Le soir la pluie recommence.

Le 15:
Repos de jour, le soir violent bombardement, nous n’avons pas de pertes. Le soir travail de nuit

Du 16 au 18:
Travail de nuit et toujours entre Soissons et Fontenoy

Du 19 au 22:
Même travail

Les 23, 24 et 25:
Même travail et pluie, temps froid

Les 26,27 et 28:
Je vais à la visite pour les palpitations et il fait mauvais temps

Le 29:
Toujours à la visite . Beau temps aussi les avions en profitent et ils sont fortement canonnés. Le soir violent bombardement  mais pas d’accident.

Les 30 et 31:
Exempt de service

Août 1915

Le 1er:
Le matin les Boches arrosent nos batteries qui sont sur la hauteur

Le 2:
Au matin je fais la lessive. Le soir pluie

Le 3:
Travail de jour

Le 4:
Je vais au travail le jour toujours du côté de Pernan

Les 5, 6 et 7:
Travail de nuit

Le 8:
Repos

Le 9:
Travail de jour, nous recevons de marmites

Le 10:
Repos

Le 11:
Départ de Saconin à 8 heures du soir, arrivée à Chaudun à 11 h

Le 12:
Nous restons à Chaudun

Le 13 août:
Départ à 4 heures pour Maast par Droizy et Muret les Crouttes. Arrivée à 10 heures

Le 14:
Repos

Le dimanche 15:
Exercice et défilé devant le colonel

Le 16:
Exercice toujours et vers midi violent orage

Le 17:
Marche manœuvre par Cury et Branges

Les 18 et 19:
Exercices

Le 20:
Marche par Launoy, Arcy Ste Restitue, Branges, environ 16 km

Le 21:
Exercice

Le 22:
Repos, corvée de lavage

Le 23:
Manœuvre vers Muret, il fait très chaud

Les 24 et 25:
Le matin manœuvre et le soir exercice

Les 26 et 27:
Toujours exercice

Le 28:
Repos et revue départ pour  Serches à 7 heures du soir, en route violent orage, on se mouille un peu. Arrivée à Serches à 9 heures

Le 29:
Repos, installation

Le 30:
Nous allons au travail vers Acy le haut

Le 31:
Aussi

Septembre 1915

Le premier:
Aussi

Les 2, 3 et 4:
Toujours au travail

Le 5:
Repos

Les 6, 7, 8, 9:
Toujours au même endroit, beau temps

Le 10:
Le matin travail, de garde le soir jusqu’au 11 à 18 heures, beau temps, nuit froide

Du 12 au 24
Toujours le même travail

Le 24:
A 11 heures ordre est donné de rapporter les outils et le soir nous allons entendre le commandant qui nous lit la proclamation du généralissime:

« Soldats de la République ! Après des mois d'attente qui nous ont permis d'augmenter nos forces et nos ressources, tandis que l'adversaire usait les siennes, l'heure est venue d'attaquer pour vaincre et pour ajouter de nouvelles pages de gloire à celles de la Marne et des Flandres, des Vosges et d'Arras. Derrière l'ouragan de fer et de feu déchaîné grâce au labeur des usines de France, où vos frères ont nuit et jour travaillé pour vous, vous irez à
l'assaut tous ensemble, sur tout le front, en étroite union avec les armées des Alliés. Votre élan sera irrésistible.
Il vous portera d'un premier effort jusqu'aux batteries de l'adversaire au-delà des lignes fortifiées qu'il nous oppose.
Vous ne lui laisserez ni trêve ni repos jusqu'à l'achèvement de la victoire. Allez-y de plein cœur pour la délivrance du sol de la patrie, pour le triomphe du droit et de la liberté. Joffre. »
J. Joffre, 24 septembre 1915

Le 25:
En alerte, mauvais temps

Le 26:
Je fais la lessive. A 10h nous recevons l’ordre de départ pour 15 heures, nous arrivons aux Crouttes par le Mont de Soissons, Violaines, Maast à 17 heures.

Les 27 et 28:
En alerte

Le 29:
Revue par le colonel au dessus de Violaines

Le 30:
Présentation du drapeau le soir

Octobre 1915

Le premier:
Exercice

Le 2:
Départ pour Violaines à 7heures et demie, le soir exercice à 1 heure

Le 3:
Repos

Le 4:
Exercice

Le 5:
Travail

Le 6:
Exercice

Le 7:
Travail

Le 8:
Exercice

Le 9:
Toujours travail du côté d’Acy le Haut à 9 kilomètres

Le 10:
Repos 

Le 11:
Exercice

Le 12:
Travail

Le 13:
Tir

Le 14:
Repos

Le 15:
Départ de Violaines à 2 h du soir par Nampteuil, Muret, droizy, Chaudun, Cravançon arrivée à Dommiers à 8 h, distance 20 km

Le 16:
Départ de Dommiers à 6h du soir par Cravançon Mersin, nous prenons les tranchées à l’arrivée à 9h du soir. Je prends sur les bords de l’Aisne jusqu’au 17 à deux heures.

Le 17:
Brouillards toute la nuit et la journée. A 6h du soir nous faisons une patrouille sur les bords de la rivière et ensuite je prends la faction jusqu’à minuit. A 7 heures quelques coups de fusil entre les sentinelles opposées et une patrouille ennemie qui avait traversé en barque, finalement ils se retirent laissant un blessé et un prisonnier.

Le 18:
A midi je prends à la maison du pécheur jusqu’à minuit. Il fait froid

Le 19:
Repos toute la journée, je ne prends qu’à minuit au poste 8

Les 20, 21 et 22:
Même chose

Le 23:
Nous faisons une patrouille sur les bords de l’Aisne par le brouillard et nous rentrons tout trempés jusqu’au genoux.

Le 24:
Nous revenons à Mercin, je vais à la visite

Du 24 au 30:
Travail de nuit et faction jusqu’à minuit

Le 31:
Nous retournons aux tranchées, le soir à six heures patrouille et poste 8 jusqu’à minuit

Novembre 1915

Le premier:
Mauvais temps, à minuit à la cabane du pécheur jusqu’au lendemain à midi

Le 2 et le 3:
Faction au même endroit

Le 4:
Jusqu’à midi de même , à minuit au poste 10

Le 5:
Poste 10 jusqu’à 6 heures, a minuit de garde aux abris jusqu’à 6 heures

Le 6 novembre:
Dans la soirée travail et patrouille

Le dimanche 7:
Le matin corvée et à midi au pécheur jusqu’à minuit

Jusqu’au 24:
Toujours le même travail

Le 24:
Le soir patrouille, nous recevons quelques coups de fusil, pas d’accident.

Le 25:
Aussi, nous ripostons et tout se passe bien

Décembre 1915 

Le premier:
Nous sommes relevés par le 66ème territorial à 8 heures du soir par la pluie et nous allons coucher à Dommiers par Vaux, Saconin.

Le 2:
Arrivée à 1 heure du matin

Le 3:
Nous repartons à 6 heures et la pluie ne cesse pas de la journée, arrivée à Maast par Chaudun, Hartennes, Droizy et Muret à midi.

Le 4 et le 5:
Toujours la pluie et repos
Rien d’important jusqu’au 25

Le 26:
Départ en permission de Maast à 5 heures. Nous partons de Chacrise à 7 heures par Oulchy, la Ferté Milon, Meaux et gare de l’est. Petite promenade à Paris et  déjeuner 80 rue Traversière, retour par le métro et départ de la gare de l’est à 16h35.

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20 mars 2015

Eugène AUBARD Un territorial dans la Grande Guerre (1914)

Il s’agit là d’une reprise de ce que j’avais entrepris, il y a plusieurs années, à savoir la confection d’un site dédié aux régiments de l’Indre et que j’ai depuis abandonné. Je reprend donc le contenu de ce site et au travers de plusieurs messages je vais reporter le journal d’un territorial du 65ème RIT. Chaque année du conflit fera donc l'objet d'un message spécifique et sera diffusé chaque jour à venir.

journal E Aub 2


Issu d’un carnet complété lorsqu’il en avait le temps ou l’envie, notre territorial au travers de son récit nous permet de mieux visualiser ce qu’endurèrent nos aïeux. Point de grande littérature, ce carnet ne vous permettra pas de bouleverser notre vision de l’époque, mais il vous permettra de découvrir notre soldat.

Vous n’y trouverez pas de récits de combats, d'envolées lyriques, de relations d’exploits guerriers, mais la vie monotone des territoriaux et les souffrances d’un pauvre bougre qui a fait ce qu’on lui a dit de faire, en silence et sans se plaindre. Le texte est succint, se limitant parfois à quelques mots pour résumer les faits subis. En deux ou trois occasions cependant vous trouverez un sentiment de détresse, d’impuissance et de « ras le bol » mais toujours à mots couverts. Par pudeur on ne se plaint pas ; la "territoriale"  c’est la "planque", d’autres souffrent plus.

.eugene aubard en 1898 au 90°RI
Eugène Aubard
90ème RI - Service militaire en 1898

Voici donc Eugène Aubard, qui, comme souvent en Berry avait pour prénom …. Maurice, Eugène étant le prénom usuel, pas celui de l’état-civil.
Il est né en 1877 à Sarzay (36), une petite commune rurale qui fut si chère à George Sand, lors de ses séjours en vallée noire.

Sarzay


En 1914, il a été mobilisé comme des millions de français, mais trop âgé il a été versé dans la territoriale (les "pépères") ce qui lui a évité de faire partie des combattants de première ligne et lui a certainement sauvé la vie. De 1914 à 1918, il a été cantonné dans la région du "Chemin des dames" entre Soissons (02) et Reims (51) et a tenu jusqu’en janvier 1918, sur un petit carnet, un journal écrit au crayon d’une petite écriture fine et régulière. Ce journal a été pieusement conservé par son fils et est parvenu jusqu’à son petit fils.
Ce journal s’interrompt en janvier 1918; évacué sur Brest (29) avec une importante tumeur à un œil, il y est soigné et ne remontera plus au front. Il passera le reste de la guerre au dépôt de son régiment à Châteauroux (36) à garder les voies ferrées.

Revenu de la guerre affaibli, il contactera une maladie pulmonaire et, malgré des cures à la Bourboule en 1922, 1923 et 1924, Il décédera en 1925. Son décès interrompra les études de son fils Camille qui, destiné à devenir instituteur, reviendra à 17 ans en tant que chef de famille reprendre la petite exploitation agricole au village du Ponderon, commune de Sarzay.

Je tiens à vivement remercier le petit-fils d’Eugène Aubard qui m’a transmis ce carnet. S’il se reconnaît, qu’il n’hésite pas à me recontacter, j’ai honteusement perdu ses coordonnées.

AVERTISSEMENT: La transcription des carnets a été effectuée telle qu'elle. Une fois mise en parallèle avec les Journaux de Marche, elle laisse apparaitre un décalage de date. Le parti pris de ne pas corriger et de laisser les textes tels quels, est volontaire.

 

Le journal d'un pépère
du 65ème Régiment d'Infanterie Territoriale
Année 1914

Octobre 1914 (à cette date, selon le JMO, la division est cantonnée dans le camp retranché de Paris)

16 octobre 1914:
Départ de Chateauroux à 2 h du soir. Issoudun, St Florent, Bourges, Saincaize, Nevers, Le Creusot, Montchanin,Gray Hte Saône arrivée le 17 à 7 h du matin.

Le 17:
Au lieu de se diriger vers Besançon comme nous en avions reçu l’ordre nous reprenons le chemin de Paris. Départ de Gray à 10 h, arrêt à Culmont-Chalindrey, départ à 3 h et demie Langres, Chaumont, Bar sur Aube, Troyes, Noisy le sec

Le 18:
arrivée au Bourget le 18 à 4 heures. Départ à 2h du soir. Crepy en Valois, arrivée à Villers Cotteret à 9 heures du soir.

Le 19:
Départ le 19 à 8 heures arrivée à Vierzy à 10h. Départ à pied arrivée à Saconin à 3 heures.

Le 20:
Repos. Nos aéros survolent les lignes allemandes, violente canonnade contre eux sans résultats du reste. Les copains sont partis aux  tranchées. Ils reçoivent des obus, pas d’accidents.

Le 21:
Début, l’eau tombe, il tonne beaucoup

22 et 23:
continuation de la canonnade, nous brûlons un village

24:
départ de Saconin, nous couchons aux Puiseux, mal couché

Décembre 1914

Le 16:
très froid à l’arrière

 JMO 85e DIT:
Situation d'ensemble de la 85e Division Territoriale au moment où elle aborde la période ses opérations actives.
16 décembre 1914 – Ordre de bataille

La division a été mobilisée à Châteauroux du 2 au 8 aout; elle est arrivée dans le camp retranché de Paris, le 9 aout. En dehors de l'adjonction temporaire des 86 et 87e Territoriaux (29 aout) n'a été modifiée que dans les détails. Il est, à la date du 16 décembre, le suivant:
Général de division Chapel, commandant la 85e divisionnaire
Commandant Lipman, chef d'état-major

Médecin principal de 2e cl. Péradon, directeur du Service de santé
Adjoint à l'intendance Bernal, directeur de l'Intendance
Payeur particulier Lévêque, chef du service du Trésor et Postes
169e brigade d'infanterie: Général Martineau
                65e régiment d'infanterie territorial: Lt Colonel Knoll
                66e régiment d'infanterie territorial: Lt Colonel Moret
170e brigade d'infanterie: Général Tariel
                67e régiment d'infanterie territorial: Lt Colonel Baguery
                68e régiment d'infanterie territorial: Lt Colonel De Castries
Artillerie divisionnaire: Capitaine Faybesse
                1 groupe de 75: 41, 42, 43e batteries du 32e régiment
7 et 8e escadrons du 7e Hussards: Chef d'escadrons Du Laurens
Groupe de Brancardiers divisionnaires et Ambulance (20e Train et 22e section d'infirmiers)

Le 25:
départ 25 Villers Cotteret, Crepy en Valois, arrivée à Trumilly à 4 h, distance 30km, très fatigué, rien à manger, pas de bois, pas de vin. Couché dans un grenier très froid. Mauvais Noël.

JMO 85e DIT
Etat sanitaire de la 85e DIT - Rapport décadaire du médecin divisionnaire.
Crepy, le 25 décembre 1914
L'état sanitaire a été satisfaisant pendant les mouvements de troupe occasionnés par le changement des cantonnements.
A la suite des marches, le nombre des maladies n'a pas augmenté sauf pour le 68e régt dans lequel cette augmentation a persisté et se manifeste encore bien qu'en résumé, l'état n'y soit pas mauvais. Je dois signaler que c'est justement ce régiment dont les cantonnements laissent le plus à désirer. Les défectuosités de ces cantonnements ont été signalées et ils ont été améliorés, surtout au point de vue de leur tenue et de leur hygiène.
D'ailleurs, la création d'équipes sanitaires facilitera considérablement la tâche et on devra exiger qu'à l'avenir, les abords des cantonnements sur les feuillées soient tenus dans un état d'extrême propreté. Le cantonnement du 67e régt est très bien installé sous tous les rapports. ceux du 66e régt sont satisfaisant. Le 65e régt prendra possession de ses cantonnements ce soir et ils seront surveillés d'une façon particulière en raison de l'apparition dans une des  compagnies de quatre cas de fièvre typhoïde qui remontent déjà à quelques jours et sans qu'il y ait de nouveaux cas signalés.
L'état sanitaire a été malgré le temps pluvieux et de brouillard, assez satisfaisant.
On constate surtout des affections saisonnières:
Grippes sans caractère infectieux, angines simples, bronchites et rhumatismes.
L'alimentation ne laisse rien à désirer.
Signé: Péradon

Les 26  27  28:
On ne fait pas grand chose. Mauvais temps.

Le 29:
de garde, nous avons un bon poêle, bonne journée

Le 30:
continuation de la garde jusqu’à 11 h. Le soir repos.

Le 31:
Mauvais temps, changement de cantonnement, arrivée à Rocquemont

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16 avril 2014

Le lieutenant Plassat 65e RIT

Une récente trouvaille effectuée à Tours, sur une brocante, ne pouvait me laisser indifférent. Sur une modeste malle en bois, sous une peinture verte épaisse, se cachait l'identité d'un lieutenant du 65e Régiment d'Infanterie Territoriale, le lieutenant Plassat.

Alors que l'état de cette malle laisse à désirer et notamment concernant sa couche de peinture s'écaillant très facilement, j'ai quand même entrepris de faire ressortir les écrits d'époque. Nulle intention de rendre à celle-ci son lustre d'antan, après quelques longues et patientes séances de grattage, je peux donc vous présenter la malle du Lieutenant Plassat:

Plassat 002_1

 

Qui est donc ce lieutenant Plassat?

En l'absence de registre matricule (en cours de numérisation) et ne pouvant me déplacer à Vincennes pour visualiser son dossier d'officier, on trouve cependant quelques rares traces le concernant. Notamment, il est possible de consulter son dossier de titulaire de la Légion d'Honneur sur le site Léonore

René Plassat est natif de Thizay où il naquit le 20 octobre 1860. Il décèda le 20 mars 1939 à Châteauroux.
Concernant sa résidence, j'ai une petite énigme, saurez-vous identifier cette rue?

CapturePlassat

Si je connais la "Rue de la Vrille", dois-je comprendre que la "Rue de la Vrille prolongée" est la continuité de la rue du même nom, de l'autre côté du Boulevard de la Vrille, à savoir l'actuelle rue d'Auvergne?

CapturePlanChateauroux

Pour rappel, à l'époque, les boulevards actuels (Valla, Marins, Vrille, Arago, Cluis, Brias et Saint Denis) formaient la limite de la ville et ceux-ci étaient pourvus de bureaux d'octroi. De l'autre côté, se trouvaient les faubourgs.

Revenons au lieutenant Plassat, hormis le dossier de Légion d'Honneur, une seule trace retrouvée (sur le net) permet de donner une affectation, le 4 aout 1915 à Chateauroux au dépot (la caserne Bertrand), en lien avec le PHR (Peloton Hors Rang), ce qui explique la mention Etat-major visible sur la malle. L'enquète continue.

 

Merci à Cédric LesAlpins pour sa trouvaille
Merci aux Archives municipales de Châteauroux et à son directeur pour le plan de 1907.

 

 

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21 novembre 2013

Eugène Aubard, un pauvre bougre de la territoriale

Il y a quelques années, j'ai "commis" un site internet, sur les régiments de l'Indre et les soldats du département. Je n'en assure plus la maintenance, mais je souhaite mettre en valeur certains articles. En voici donc un de mes préférés:

Voici Eugène Aubard, qui, comme souvent en Berry était appelé…. Maurice. Il est né en 1877 à Sarzay (Indre).

eugene aubard en 1898 au 90°RI_Portrait
Eugène Aubard, lors de son service 1898 au 90e RI


En 1914, il a été mobilisé comme des millions de français, mais trop âgé il a été versé dans la  territoriale (les "pépères") ce qui lui a évité de faire partie des combattants de première ligne et lui a certainement sauvé la vie.
De 1914 à 1918, il a été cantonné dans la région du "Chemin des dames" entre Soissons et Reims et a tenu jusqu’en janvier 1918, sur un petit carnet, un journal écrit au crayon d’une petite écriture fine et régulière. Ce journal a été pieusement conservé par son fils et est parvenu jusqu’à son petit fils (Merci à lui pour la transmission des copies du carnet).

journal E Aub 2

Vous n’y trouverez pas de récits de combats, d’envolées lyriques, de relation d’exploits guerriers, mais la vie monotone et les souffrances d’un pauvre bougre qui a fait ce qu’on lui a dit de faire, en silence et sans se plaindre. En deux ou trois occasions cependant vous trouverez un sentiment de détresse, d’impuissance et de ras le bol mais toujours à mots couverts. Par pudeur on ne se plaint pas; d’autres souffrent plus.


Ce journal s’interrompt en janvier 1918; évacué sur Brest avec une importante tumeur à un œil, il y est soigné et ne remontera plus au front. Il passera le reste de la guerre au dépôt de son régiment à Châteauroux à garder les voies ferrées. Revenu de la guerre affaibli, il contactera une maladie pulmonaire et, malgré des cures à la Bourboule en 1922, 1923 et 1924, Il décèdera en 1925.
Son décès interrompra les études de son fils Camille qui, destiné à devenir instituteur, reviendra à 17 ans en tant que chef de famille reprendre la petite exploitation agricole au village du Ponderon, commune de Sarzay.

La transcription des carnets a été effectuée telle qu'elle. La transcription, une fois mise en parallèle avec les Journaux de Marche, laisse voir un décalage de date. Le parti pris de ne pas corriger et de laisser les textes tels quels est volontaire. 

Retrouvez ici, le journal d'Eugène Aubard

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