11 novembre 2016

11 novembre 1918, liesse dans les rues d'Argenton et joie mesurée sur le front.

 

Argenton_Quesnel_19181111_NB

 

En ce 11 novembre, le photographe argentonnais Quesnel a juste à sortir de son magasin (à gauche) et à poser son appareil au milieu de la rue de la Gare. Les drapeaux ornent les balcons et fenêtres. La population manifeste sa joie à l'annonce de ce moment tant attendu. On notera que seuls, 2 hommes figurent au premier plan.

Voici ce que Raymond Rollinat inscrit dans son journal:

Capture2
Sources Carnets Rollinat Cercle Histoire Argenton

"Chacun en s'éveillant pense que la journée
qui commence marquera dans l'histoire
et verra peut-être la fin de l'effroyable guerre
Quel soulagement, si l'on apprend que l'Armistice est signé ..."

Pour découvrir la suite de cette journée, je conseille la lecture des carnets de Raymond Rollinat sur le site du cercle d'histoire d'Argenton



Pendant ce temps, au front, voici le témoignage du capitaine Laurentin qui se trouvait alors au 219e RI suite à la dissolution du 268e en juin 1918:

Le bataillon retourne à l’arrière, à Guignicourt, nous voici arrivés dans le village tout endormi. Un cycliste passe et affirme : « L’armistice est signé. »
Dieu, si c’était vrai !
7 h. 30. - « Armistice, armistice ! » Tout le monde le dit ; on se félicite, on s’interroge : « Qui te l’a dit. Un cycliste. – Un lieutenant de la lourde. – Un téléphoniste. » Le soldat n’en demande pas plus. Voici une troupe du 93 qui revient, boueuse et lasse, des premières lignes : « C’est fini, leur crie-t-on, c’est signé ! » Les figures s’illuminent de sourires épanouis : « Oh mon vieux ! »
C’est tout. Rien des bruyantes manifestations d’enthousiasme qui saluèrent la déclaration de guerre. Ils ne jettent point leurs armes pendantes. Ils ne quittent pas le rang ; seulement ils relèvent la tête, des têtes joyeuses de braves gens, incapables de désordres et d’excès, même au milieu de la victoire.
Ah ! Ma chère France !

Maurice Larentin, "Carnets d’un fantassin de 1914", Editions Arthaud, 1965, p. 237

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18 juillet 2016

16 juillet 1916, le nouvel orgue de Saint Sauveur

A Argenton, avant-hier et hier se sont tenus 2 concerts ayant un lien avec la période du conflit. En effet, ces concerts étaient organisés pour les 100 ans de l'orgue de l'église Saint Sauveur.

Un des éléments centraux de la ville d'Argenton est son église paroissiale placée sous le vocable de Saint Sauveur. En plein centre-ville, la vie de la cité s'organisait et s'organise toujours autour de l'édifice.

13 Eglise St Sauveur
Jour de marché devant Saint-Sauveur vers 1900 - Cliché collection de l'auteur


Il y a donc tout juste 100 ans, la ville d'Argenton voyait l'inauguration du nouvel orgue de l'église paroissiale d'Argenton. Celui-ci est toujours en fonction et surplombe toujours la nef.

Argenton-sur-Creuse_église_Saint-Sauveur_4
Sources cliché: Wikipédia

En ce 16 juillet 1916, l'orgue Cavaillé-Coll est inauguré.
En voici le report par le journal local "La Croix de l'Indre" en date du 23 juillet 1916:

"Cette année, la fête coïncidait avec l’inauguration de nouvelles orgues, dues au zèle du pasteur et à la générosité des Argentonnais. La grand’messe, à l’église paroissiale fut très solennelle. Elle fut célébrée par M. le doyen Rousset, aumônier du lycée de Bourges, qui le soir présida la procession. L’orgue, puissant et doux, pour la première fois, remplissait de ses harmonies sa nouvelle demeure. L’organiste de Saint­Sauveur en utilisait merveilleusement toutes les ressources. L’assistance, debout, chanta le Credo de Dumont. C’était très imposant. A la tribune, Mademoiselle Rose Féart, également admirable par son dévouement et son art, et qui met si volontiers son grand talent au service de la Religion et de la Patrie, dirigeait magistralement un groupe de jeunes filles qui fit entendre de superbes morceaux. Elle eût elle­même ajouté à la splendeur des chants, si un mal de gorge malencontreux n’avait voilé pour un moment sa magnifique voix."

On notera aussi le report qu'en fait Raymond Rollinat dans son journal disponible sur le site du Cercle d'Histoire d'Argenton

le 15 juillet 1916:

Rollinat_19160716Capture
Sources: CH Argenton

Ce soir grand carillon à l’Eglise ; la cloche de la Bonne Dame répond à celles de l’Eglise paroissiale. C’est demain la fête de la Vierge qu’on promènera en procession dans les rues.
A l’époque cruelle que nous traversons ces cérémonies gagneraient à être moins bruyantes.
C’est demain qu’aura lieu l’inauguration des nouvelles grandes orgues de l’Eglise Saint Sauveur. »

Le 16 juillet 1916:

Rollinat_19160716Capture1

Rollinat_19160716Capture2
Sources: CH Argenton

"Beaucoup de monde à la procession de la Bonne Dame vers 5h du soir, ce cortège religieux se déroule par nos rues dans le plus grand ordre en chantant les cantiques; quelques jolies toilettes."

Merci au blog de l'association des Amis de l'orgue d'Argenton sur Creuse pour leurs précieuses informations.

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21 novembre 2014

Jean Tauvy ou le 1er « Mort pour la France (?) » de l'Indre (2005 réactualisé 2014)

Dès le 1er jour d'aout, des éléments ont été envoyés le long des voies de chemin de fer afin de garder celles-ci. En général de vieilles classes étaient utilisées pour ces fonctions de GVC (Gardes Voies et Communications).

Les points clés de la ligne Paris Toulouse font l'objet d'un déploiement de ces unités territoriales.

 

Le 2 août, à environ 500 mètres de l'entrée du tunnel de Chabenet, vers le passage à niveau de Saint Luc (Chasseneuil) plus précisément, un détachement surveille les abords du tunnel. Un train manœuvre, malheureusement un des GVC présent est heurté par celui-ci.

 

Jean Tauvy (46 ans) meurt ainsi en service commandé.

Originaire de Malicornay, il est le 1er mort indrien du conflit.

 

Sources: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

 

 Réactualisation novembre 2014:

Jusqu'à présent, il me semblait bizarre alors que la mobilisation ne débutant que le 2 aout, nous ayons déjà un mort ce même jour. Grace à un site ami, il est maintenant comprendre que Jean Tauvy fut concerné non par la mobilisation, mais par la pré-mobilisation.
En effet, dès le 31 juillet, le ministère de la Guerre rapella certains soldats de classe agées pour une manoeuvre (ne povant mobiliser) pour garder les voies de communications.
On lira donc avec intérêt le site suivant Les GVC 14-18

Je cite: "31 juillet : ...- convocation pour un exercice de garde des voies de communication, des réservistes ou territoriaux affectés à ce service (Ministre de la Guerre.  Télégramme 163-3/11 T aux  corps d'armée -sauf 19e et Tunisie- à 18h15 le 31 juillet 1914)"

Cet article s'appuie sur l'ouvrage des "Armée Française dans la Grande Guerre" (AFGG) voir notes de bas de page du site "GVC 14-18"

Merci à Madeleine de Malicornay pour m'avoir transmis la fiche matricule de Jean Tauvy, ainsi qu'une copie de son acte de décès.

CaptureJCh

Un extrait de l'acte de décès de Jean Tauvy, dans les registres de Chasseneuil.

CaptureJCh1

On notera que même si Jean Tauvy figure sur le monument aux morts de Malicornay et qu'il a une fiche sur le site Mémoires des Hommes, la mention "Mort pour la France" n'a pas été reportée sur l'acte de décès. De plus, aucune retranscription n'a été effectuée dans les registres de Malicornay. Ceci s'explique par le fait que la mention "Mort pour la France" ne fut créée qu'en 1915. Normalement, les actes de décès antérieurs devaient être mis à jour, mais ...

___________________

Dans les dépouillements de Mémoires des Hommes, on notera que le 2e soldat du département mort pendant le conflit est aussi décédé à Saint Luc, sur la commune de Chasseneuil. Il était aussi GVC et de faction au tunnel de Chabenet.
Natif d'Argenton, Jean Baptiste FLORENT succomba le 3 aout 1914 d'une congestion cérébrale.

Sa fiche Mémoires des Hommes

 

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23 avril 2014

Europeana 1418 Les démobilisés du quartier Saint-Etienne d'Argenton

Avec la grande collecte, des documents sortent des réserves familiales et voient le jour sur le site Europeana1418. Je reviendrai de temps à autres sur des objets, des clichés, des journaux diffusés.

Commençons par la fin du conflit et ses démobilisés:

CaptureEuropeana

http://www.europeana.eu/portal/record/2020601/attachments_89689_9155_89689_original_89689_pdf.html?start=43&query=Argenton&startPage=25&rows=24

Ce cliché appartint à André Rochoux (1887-1959) qui figure sur le cliché (marqué d'une croix). Il permet donc de voir des hommes (et des enfants) tous valides. On se demande d'ailleurs où se trouvent les invalides de guerre.
Plus d'uniformes, la tenue civile est de rigueur. Si un petit bouquet semble ornementer quelques boutonnières, on notera aussi l'absence de toute médailles commémoratives ou médailles militaires.

Le cliché fut pris à Saint Etienne, qui est un quartier du vieux Argenton sur Creuse (36), à la limite de la commune de Saint Marcel.

 

Merci à monsieur Gapin pour la mise en ligne de son document
Merci à Europeana pour les mises en ligne

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21 décembre 2012

Argenton et la Grande Guerre

Allez, ce soir, c'est période de congés. Je vais sous d'autres cieux, du côté du Cantal, puis du côté de Badecon. J'ai pris soin de prendre avec moi un peu de lecture 14-18.
Il faut absolument que je me replonge dans le journal de Raymond Rollinat. J'ai mis la main sur une série de photos prises à Argenton lors du conflit. Au vu du sujet, il en a très certainement fait le compte-rendu dans son journal.

"Argenton 1914-1918 d'après les carnets et les photos de Raymond Rollinat" Librairie Guénégaud Paris 1999

Rollinat
le livre et certaines des photos récemment acquises

 En attendant, la liste des natifs de l'Indre devrait avancer. Pour l'instant, un peu plus de 4.500 fiches sur les 10.600 en stock ont été saisies. Le chiffre total diminue au fil des corrections et des mises à jour avec l'aide du webmestre du site Mémoires des hommes.

Je profite de ce message pour signaler que les relevés indriens de Memorial Gen Web sont presque complets. Seules, quelques MAM communaux manquent encore à l'appel.

Les Bordes, Buzançais, Ciron, Diors, Étrechet, Frédille, Lingé, Lureuil, Lys-Saint-Georges, Neuillay-les-Bois, Le Poinçonnet, Sacierges-Saint-Martin, Saint-Cyran-du-Jambot, Saint-Hilaire-sur-Benaize, Saint-Médard, Saint-Michel-en-Brenne, Saint-Pierre-de-Lamps, Villedieu-sur-Indre.

Si vous passez dans le coin, vous pouvez aider le site à mettre à jour les données. Si vous ne souhaitez pas ou ne pouvez pas faire la transcription, n'hésitez pas à m'envoyer vos photos des plaques. Je les transcrirai en votre nom.

 * message modifié le 07/02/13: Le MAM de St Georges sur Arnon a été relevé et surprise ..... ne possède pas de plaques nominatives.

A l'année prochaine! Passez de Bonnes Fêtes.

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30 mars 2009

Les monuments indriens (1) Argenton sur Creuse

Inaugurons une nouvelle rubrique, celles des monuments de mémoire du département. Commençons par ma ville natale, Argenton sur Creuse.
Argenton comporte différents lieux de mémoires liés à 14-18.

MAM_Argenton_Situation

Le monument aux morts:
Place de la République, il est situé au coeur de la ville.

MAM36_Argenton


Le carré militaire et son monument:

Au sein du cimetière communal Saint Paul, se trouve un carré militaire et un monument aux morts.
Le carré militaire contient notamment les corps de soldats décédés, lors du conflit, à l'hôpital temporaire d'Argenton.

MGW_Argenton_CarreMilitaire

Les plaques de l'église Saint Sauveur:
Dans une des chapelles de la nef, deux plaques sont présentes

MGW_Argenton_PlaquesStSauveur1

Les relevés complets sont disponibles sur le site Mémorial Gen Web

Si vous connaissez d'autres monuments, n'hésitez pas à me les signaler.
Concernant Argenton, seuls les monuments ayant un lien direct avec 14-18 sont répertoriés ici

13 mai 2005

Le corps de l'ennemi ...

Alors que les 68e et 90e RI (17e DI) se battent aux alentours de Loos en Gohelle, les 268e et 290e RI, eux combattent en Belgique.

En effet, ces deux derniers régiments au sein de la 152e DI avaient quitté la terre de Belgique début avril mais le 24 du même mois, ont été rappelé en urgence suite à l'attaque chimique du 22 avril sur le secteur de Steenstraete - Lizerne.
Ils allaient y rester jusqu'à fin août.
Nous aurons certainement l'occasion d'y revenir.

En ce jour, il y a 90 ans, voici ce qu'écrivait Raymond Rollinat dans son journal concernant les conditions de combats du 290e RI.


Jeudi 13 mai (jour de l’ascension).

« Ernest Baudet, fils de mon domestique Charles Baudet, sergent réserviste au 290e de ligne avait été nommé adjudant à la suite d’un combat ; il n’a pas accepté ce grade pour ne pas changer de compagnie, voulant rester avec ses nombreux camarades.
Son bataillon s’est battu pendant 22 heures de suite. Il est tombé un nombre important d’Allemands entre les lignes et il est impossible de les enterrer tellement des deux côtés on fait bonne garde. Ces corps sont entrés en putréfaction et E. Baudet réclame à ses parents du camphre, de l’alcool de menthe pour atténuer l’odeur et calmer les nausées occasionnées par les émanations épouvantables qui se dégagent de tous ces cadavres sans sépulture.
Quel spectacle et quel supplice pour les soldats qui restent pendant des jours et des nuits à proximité de ces champs de carnage. Le proverbe qui dit que le corps d’un ennemi sent toujours bon, n’est pas de mise en ce moment dans la contrée d’Ypres où se trouve notre brave 290e ».
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Sources : Argenton 1914-1918 Raymond Rollinat – Editions Guénégaud Paris

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04 février 2005

L'annonce à la famille

Le 25 janvier 1915 dans le secteur de Zonnebeke, Alexandre Longin meurt des suites de ses blessures.



Son père demeure au domaine du Breuil à Thenay où celui-ci est métayer de Raymond Rollinat, un célèbre ornithologiste, spécialiste des reptiles et cousin du poète Maurice Rollinat
Dans son journal, Raymond Rollinat note ainsi à la date du 2 février 1915:
"J'apprends aujourd'hui la mort du fils de mon métayer M.Longin, du domaine du Breuil, près de Thenay. Ce jeune homme qui appartenait à l'armée d'active et servait au 90e RI, a été tué  par un éclat d'obus en Belgique.  C'était un excellent et courageux garçon que je regrette beaucoup".
Les nouvelles ont finalement mis 7 jours pour arriver en Berry. Combien de familles devront parfois attendre jusque dans les années 1920, pour avoir l'officialisation du décès du fils, du père, du frère?

A lire absolument: "Argenton 1914-1918 d'après les carnets et les photos de Raymond Rollinat" Librairie Guénégaud Paris 1999

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