11 novembre 2018

11 novembre 1918, l'Armistice!!! Il y a 100 ans

Pour les soldats pris dans la mitraille d'aout 1914 en Lorraine, dans les bombardements de 1916 à Verdun ou en Somme, dans le froid et la boue d'avril 1917 dans l'Aisne et la Marne, que ce mot Armistice fut attendu. A l'heure où on rend hommage au soldat Trébuchon dernier tué à l'ennemi sur le territoire de France ou au soldat Renault dernier français tué en Belgique, je tiens simplement à penser à eux tous.

En ce jour d'Armistice, je pense aux 3 soldats indriens décédés en ce 11 novembre 1918:

Pensées pour Albert BLANCHARD de Châteauroux, décédé en captivité au lazaret de Stade (Allemagne)

Pensées pour Louis CORNET de Urciers décédé de ses blessures à Renaucourt (Aisne)

Pensées pour Jules GIRAULT de Lingé décédé de maladie à Billy-le-Grand (Marne)

Nous aurons aussi une pensée pour les quelques 680 soldats indriens qui décéderont dans les mois suivant cet armistice.

Comme à son habitude Raymond Rollinat, dès le matin tient à jour son journal et écrit de bon matin en ce 11 novembre 1918:

Capture2
Sources Carnets Rollinat Cercle Histoire Argenton

"Chacun en s'éveillant pense que la journée
qui commence marquera dans l'histoire
et verra peut-être la fin de l'effroyable guerre
Quel soulagement, si l'on apprend que l'Armistice est signé ..."

L'armistice fut officiellement signé à 11 heures

Pour découvrir la suite de cette journée, je conseille la lecture des carnets de Raymond Rollinat sur le site du cercle d'histoire d'Argenton


Au pays, à Argenton, l'annonce provoque le regroupement des familles au devant de la mairie, les chemisières ont quitté l'usine, la journée sera chômée. Les anciens, les enfants les rejoignent et manifestent en ville.

Sur les clichés disponibles, que la population semble paisible, plus que de la joie, du soulagement. "Enfin, c'est terminé"

DSCN1374

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Ces 2 premiers clichés pris sur la place de la République viennent de faire l'objet d'une publication par le Cercle d'Histoire d'Argenton (Clichés Rollinat récemment acquis)

(Il est à noter que les clichés Rollinat nous montre une foule moins expansive que celle sur les clichés pour les fêtes de la Victoire le 24 juin 1919)

 

Argenton_Quesnel_19181111_NB
Cliché Quesnel Argenton - le 11 novembre 1918 rue Gambetta

En ce 11 novembre, le photographe argentonnais Quesnel a juste à sortir de son magasin (à gauche) et a posé son appareil au milieu de la rue de la Gare. Les drapeaux ornent les balcons et fenêtres. La population manifeste sa joie à l'annonce de ce moment tant attendu. On notera que seuls, 2 hommes figurent au premier plan.

Pendant ce temps, au front, voici le témoignage du capitaine Laurentin qui se trouvait alors au 219e RI suite à la dissolution du 268e en juin 1918:

Le bataillon retourne à l’arrière, à Guignicourt, nous voici arrivés dans le village tout endormi. Un cycliste passe et affirme : « L’armistice est signé. »
Dieu, si c’était vrai !
7 h. 30. - « Armistice, armistice ! » Tout le monde le dit ; on se félicite, on s’interroge : « Qui te l’a dit. Un cycliste. – Un lieutenant de la lourde. – Un téléphoniste. » Le soldat n’en demande pas plus. Voici une troupe du 93 qui revient, boueuse et lasse, des premières lignes : « C’est fini, leur crie-t-on, c’est signé ! » Les figures s’illuminent de sourires épanouis : « Oh mon vieux ! »
C’est tout. Rien des bruyantes manifestations d’enthousiasme qui saluèrent la déclaration de guerre. Ils ne jettent point leurs armes pendantes. Ils ne quittent pas le rang ; seulement ils relèvent la tête, des têtes joyeuses de braves gens, incapables de désordres et d’excès, même au milieu de la victoire.
Ah ! Ma chère France !

 


 A propos de la question régulièrement posée: Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918? je reprend ici un ancien message de ce blog:

Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918? Pour répondre à une telle question, on pourrait se contenter des chiffres avancés par la presse de l’époque.

 

Journal
Journal du Département de l’Indre – 7 novembre 1932 – collection AD36 R909_3

 Cependant, lors des différentes recherches entreprises, il n’a pas été possible de retrouver une source officielle indiquant le nombre de décès, mais surtout indiquant la procédure de calcul et les sources d’un tel chiffre.
Tout d’abord, avant de commencer un éventuel comptage, il est nécessaire de définir qu’est ce qu’un « Indrien » ?

 S’agit-il d’un natif ?

  • Mais s’il est resté juste un mois après sa naissance, est il encore du département?

 

  • S’agit-il d’un résidant ?
    Mais alors combien de temps faut-il résider pour être comptabilisé?

 

  • A-t-il eu son acte de décès transcrit dans le département ?
    Certains soldats morts dans des hôpitaux du département eurent leur acte de décès transcrit sur le lieu même, ainsi le tirailleur LAMA Bamba dont la transcription eut lieu à Argenton.

 

  • Doit-on considérer le moment du recrutement militaire comme position de référence ? Mais dans le cas de ces lieux de recrutement Châteauroux / Le Blanc, ce dernier lieu englobe aussi bien des cantons de l’Indre que des cantons d’Indre et Loire et de la Vienne.

 

A vrai dire, je ne sais clairement le définir, et la solution de facilité consiste à se limiter aux sources rapidement accessibles et ainsi de se contenter des natifs du département issus de la base de Mémoires des Hommes.

 J’ai cependant voulu aller un peu plus loin en m’appuyant sur les listes existantes, certes imparfaites, mais donnant déjà un bon angle de vue. Ceci permet de trouver d’autres cas de soldats.

 Reprenons maintenant, les différents fonds répertoriés et connus :

 

Les monuments aux morts (MAM) :

 Il s’agit là de la source la plus visible, puisque présente tous les jours dans toutes les communes de France.
Je me suis appuyé sur les données issues du site Mémorial Gen Web. Le département de l’Indre est entièrement relevé. Cela permet d’obtenir une liste de 11.775 noms sur les 248 communes du département. Ce comptage a des limites en l’absence d’écrits concernant l’élaboration des listes. Ce chiffre est aussi à prendre avec précaution, car c’est notamment celui-ci qui permettait de calibrer la subvention versée par l’Etat aux communes conformément à l’article 81 de la loi du 31 juillet 1920. Certaines communes semblèrent « abusées » de ce fait, car de nombreux noms gravés sont finalement restés sans réponse au regard du recoupement avec les autres sources
On ne peut que constater des incohérences (noms sur plusieurs monuments, noms inconnus, certaines familles refusèrent l’inscription de leur enfant sur le monument communal). Le chiffre issu des monuments a vraisemblablement inspiré le journaliste de 1932.

 

Le Livre d’or départemental (LO) :

 Le texte de loi régissant ce Livre d’Or, étant plus strict dans son application (uniquement natif ou résident) que celui régissant la gravure des noms sur les monuments aux morts. Il est donc potentiellement une meilleure source que celui régissant le monument où le Maire était plus libre pour l’inscription (Certains non-Morts pour la France furent inscrits, mais dans la commune d’à côté).
La mise en ligne des Livres d'Or par le site des Archives Nationales permet de cibler 9.643 noms.

 

Les fiches Mémoires des Hommes (MDH) :

 Sur le site ministériel, les critères de recherche sont multiples, mais le seul champ actuellement et valablement renseigné est celui du département de naissance.
Les fiches accessibles sont celles des soldats « Morts pour la France » (MPF), mais aussi celles provenant du  deuxième fichier dit des « Non mort pour la France » (NMPF).
Il faut cependant se méfier du laïus « NMPF » des dites fiches qui a été rajouté car ce 2ème fichier contient aussi des MPLF (Pour rappel, l’acte de décès est la seule pièce administrative ayant valeur juridique concernant la mention « Mort pour la France »).
Nous obtenons donc 10.944 cas différents (A la date du jour, de nombreuses fiches du site sont en doubles et une opération de nettoyage est d’ailleurs prévue par l’administration du site, le décompte présenté tient compte de ces doublons).

 

Les fiches matricules (FM) :

 Même si nous sommes déjà en 2015 et que le Centenaire 1914-1918 a commencé depuis plus d’un an, celles-ci sont toujours inaccessibles via le net. De plus, la base étant le recrutement militaire (Châteauroux et Le Blanc), les fiches sont réparties sur plusieurs départements en ce qui concerne le recrutement du Blanc, il est actuellement impossible d’établir une étude fiable, car cela nécessiterait de compulser un très grand nombre de fiches matricules, une à une.

 Sélection_012

 Si on considère le département de l'Indre, ce sont 60.024 (Châteauroux) et 42.563 (Le Blanc 36), soit 102.587 fiches matricules qu'il faut analyser.
La répartition géographique des bureaux de recrutement Chateauroux et le Blanc:

 

Capture10_BureauxRecrutement

 Le diplôme de Mort pour la France :

 Aux Archives départementales de l’Indre, en série R892, deux cahiers comptabilisent les remises de diplômes qui furent transmis aux communes pour être remis aux familles de soldats « Mort pour la France ». Cette liste s’arrête en 1924. Le compte est alors de 9.449 diplômes remis. Une fois compilées en tenant compte des doublons et des envois dans les autres départements suite à mauvaise orientation, nous obtenons 9.341 noms.
Il s’agit donc là du chiffre bas de notre estimation, certaines fiches n'ont qu'un lien ténu avec le département. On visualise, par exemple, des cas concernant des familles de réfugiés des territoires occupés qui reçurent les diplômes sur le lieu de leur hébergement, donc dans le département.

 

Les listes de retour des corps :

 Dans les années 1920, il fut donné la possibilité aux familles de rapatrier au « Pays » le corps des défunts. Du fait que les frais engendrés étaient remboursés par l’Etat, la Préfecture de l’Indre tenait à jour une comptabilité de ces retours, cela permet de compléter les listes existantes. ces listes sont conservées aux Archives départementales de l'Indre sous la forme de 2 cahiers.
Au final, seuls 1.707 retours eurent lieu (du moins furent enregistrés). A la suite de quelques visites dans les cimetières départementaux, il apparait que d’autres eurent bien lieu (avant/après ?), mais ne furent pas enregistrés dans le cadre de cette opération administrative.

 ______________________________________

 De telles incertitudes ne permettent pas actuellement d’annoncer un chiffre précis. L’étude que j’avais entrepris depuis plusieurs années et que je vous présente ci-dessous est le fruit d’un recoupement entre ces 5 sources (Mémoires des Hommes, Mémorial-Gen-Web, Livre d’Or, Remise de diplômes de MPF et Retour des corps).
Cela consiste donc en un subtil recoupement entre toutes ces données, tout en définissant un cadre strict (Par exemple, une homonymie ne suffit pas pour rassembler 2 cas). Le travail étant terminé depuis quelques jours seulement, nous arrivons à quelques 13.908 cas différents, induisant, à coup sur que le nombre est inférieur.

 Je vous livre donc ci-dessous ma liste (qui restera toujours en évolution) des 13.908 cas relevés. Les points d'entrées sont multiples et vous pouvez utiliser les filtres que propose Excel.

 La nouvelle phase d’évolution de ce fichier est donc de compléter avec les lieux de sépultures (travail en cours) et avec la recherche des actes de décès, car il est bon de rappeler que du point de vue de la loi française, seule la mention MPF sur l’acte de décès est preuve de l’obtention de cette mention.

 Comme il ne m'appartient pas de définir qui est un Indrien (natif? résident? ...), tous les cas repris dans le lien présenté ci-dessous concernent le département de l'Indre plus ou moins directement.
Par exemple vous trouverez les noms de soldats du Nord de la France, dont les familles hébergées dans l'Indre pendant le conflit reçurent le diplôme de MPF sur leur lieu d'hébergement (donc dans l'Indre), je ne pouvais décemment les ignorer et ainsi les retirer de la base que j’essaye de constituer, ce d’autant que pour certains, ils figurent alors sur un MAM de l’Indre mais aussi dans leur département d’origine.
La saisie s'effectue au fil de l'eau et de temps disponibles.

 

Le monument virtuel des soldats indriens morts en 14/18
Cliquez ICI pour y accèder

 Essayons maintenant d’effectuer une rapide analyse dans la mesure de ce qui est possible grâce à ces données collectées :

 Les « Natifs de l’Indre » :
Volontairement, je prend comme référence la liste des natifs que l’on obtient à partir des différentes sources et ce malgré tout, en faisant fi des avertissements précédemment signalés.

 10.944 cas différents de natifs de l’Indre sont en base dont 10.591 figurent dans le fichier principal de Mémoires des Hommes et 339 figurent dans le fichier secondaire dit des « NMPF ». On notera cependant que 14 soldats ne figurent dans aucun fichier sur Mémoires des Hommes (0,13%).

 Si nous connaissons la date de naissance, nous ne connaissons la date de transcription de l’acte de décès que pour 9800 et seuls 7869 ont vu leur acte de décès transcrit dans le département de l’Indre.

 Toujours concernant les 10.944 « natifs de l’Indre », 90% soit 9.871 sont inscrits sur 1 monument aux morts (MAM) dont 8.851 sur un MAM implantés dans le département. On notera d’ailleurs que 676 sont inscrits sur au moins 2 monuments et parmi eux 11 sont présents sur 3 monuments différents.

 A partir de la liste des Natifs de l’Indre, observons le lieu de leur décès :

 Capture_DepartDeces

 

Sans grande surprise, il est à noter que les secteurs de combats les plus représentés sont : La Meuse, la Marne et la Belgique qui constituent le trio de tête.
A noter cependant que derrière la présence de la Meuse cache une réalité bien souvent oubliée. En effet, 35% des pertes en Meuse sont liées aux combats des années 1914 et 1915 et donc ne sont pas liées à la bataille de Verdun qui ne se déclencha qu’en février 1916. Ce sont les victimes des secteurs de Marbotte, Lachalade.

 De cette liste de pertes, il est possible d’observer leur chronologie :

 RepartitionAnnuellesNatifs

 

CaptureChronologie

 Les principales pertes concernent la période 1914, en effet, la retraite, la bataille de la Marne tout d’abord puis le début de l’hiver 1914 furent des périodes où les pertes furent nombreuses, tant pour les hommes mobilisés au sein du 9e corps qui combattirent dans la Marne puis dans le secteur d’Ypres que pour ceux du 8e corps qui combattirent en Woëvre et en Meurthe et Moselle.

 Les pics suivants correspondent principalement aux engagements liés aux grandes batailles (Champagne 1915, Verdun 1916, Somme 1916, Aisne 1917, …).

 Si dans le cadre de cette étude, nous étudions les soldats natifs de l’Indre et morts lors du conflit, par l’intermédiaire de la fiche MDH, il est possible de connaitre le bureau de recrutement. Cette donnée permet de connaitre la position géographique d’un soldat à l’âge de 20 ans.
Ceci est pertinent pour connaitre l’attache d’un soldat au moment du conflit, mais est à relativiser en fonction de l’âge du soldat. Plus le soldat est ancien, plus l’époque du recrutement s’éloigne et plus il a de chances d’avoir changé de résidence entre la conscription et la mobilisation de 1914.

 CaptureRecrutement

 88% des natifs de l’Indre étaient encore dans le département lors de leur conscription (63% Châteauroux et 25% Le Blanc). Les migrations s’effectuent naturellement vers les départements limitrophes (Cher, Creuse, Loir et Cher, Indre et Loire, Loir et Cher), mais surtout sur la grosse métropole que représente la région parisienne (Bureaux de la Seine, de Versailles).

 Maintenant regardons les lieux de transcription, qui sont donc les lieux de rattachement des soldats au moment de leur décès.

 Nota : Les fiches MDH ont une particularité. Nombreuses sont celles où figure la mention DC dans la zone de transcription (Cas 1), dans certaines il s’agit d’envoi mais la mention DC n’est pas indiquée (cas 2), les dates indiquées sont celles de l’envoi de la transcription à la mairie concernée et non la date de la transcription elle-même (Cas 3 et 4).

 CaptureFicheDC_1 CaptureFicheDC_2

 

CaptureFicheSansDC_1 CaptureFicheSansDC_2

 Sur les 10.944 natifs de l’Indre, 8.626 ont une transcription de l’acte de décès qui eue lieu dans le département et 2.107 eurent leur acte de décès transcris dans d’autres départements. Seuls pour 281 cas, le lieu de transcription est non renseigné.

 Capture_Transcription

 Sans grande surprise, Paris notamment et la région parisienne figurent en bonne place dans les destinations de résidence suite à des choix de migrations, une volonté de quitter le pays pour tenter sa chance. Les départements limitrophes (18, 23, 37, 41, 86) sont légitimement des départements que l’on trouve dans le haut de ce classement.

 A toute cette statistique, je rajoute le travail (incomplet) que j'avais effectué en 2012 en recoupant les nombres de noms sur les monuments aux morts du département et les effectifs de population des communes du département recensés en 1911 (dernier recensement avec le conflit)

 CaptureMGW

 Logo_Bleuet_de_France


Le 11 novembre, je pense à nos anciens
Aidez le Souvenir Français pour l'entretien des sépultures

Maurice Larentin, "Carnets d’un fantassin de 1914", Editions Arthaud, 1965, p. 237

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18 juillet 2016

16 juillet 1916, le nouvel orgue de Saint Sauveur

A Argenton, avant-hier et hier se sont tenus 2 concerts ayant un lien avec la période du conflit. En effet, ces concerts étaient organisés pour les 100 ans de l'orgue de l'église Saint Sauveur.

Un des éléments centraux de la ville d'Argenton est son église paroissiale placée sous le vocable de Saint Sauveur. En plein centre-ville, la vie de la cité s'organisait et s'organise toujours autour de l'édifice.

13 Eglise St Sauveur
Jour de marché devant Saint-Sauveur vers 1900 - Cliché collection de l'auteur


Il y a donc tout juste 100 ans, la ville d'Argenton voyait l'inauguration du nouvel orgue de l'église paroissiale d'Argenton. Celui-ci est toujours en fonction et surplombe toujours la nef.

Argenton-sur-Creuse_église_Saint-Sauveur_4
Sources cliché: Wikipédia

En ce 16 juillet 1916, l'orgue Cavaillé-Coll est inauguré.
En voici le report par le journal local "La Croix de l'Indre" en date du 23 juillet 1916:

"Cette année, la fête coïncidait avec l’inauguration de nouvelles orgues, dues au zèle du pasteur et à la générosité des Argentonnais. La grand’messe, à l’église paroissiale fut très solennelle. Elle fut célébrée par M. le doyen Rousset, aumônier du lycée de Bourges, qui le soir présida la procession. L’orgue, puissant et doux, pour la première fois, remplissait de ses harmonies sa nouvelle demeure. L’organiste de Saint­Sauveur en utilisait merveilleusement toutes les ressources. L’assistance, debout, chanta le Credo de Dumont. C’était très imposant. A la tribune, Mademoiselle Rose Féart, également admirable par son dévouement et son art, et qui met si volontiers son grand talent au service de la Religion et de la Patrie, dirigeait magistralement un groupe de jeunes filles qui fit entendre de superbes morceaux. Elle eût elle­même ajouté à la splendeur des chants, si un mal de gorge malencontreux n’avait voilé pour un moment sa magnifique voix."

On notera aussi le report qu'en fait Raymond Rollinat dans son journal disponible sur le site du Cercle d'Histoire d'Argenton

le 15 juillet 1916:

Rollinat_19160716Capture
Sources: CH Argenton

Ce soir grand carillon à l’Eglise ; la cloche de la Bonne Dame répond à celles de l’Eglise paroissiale. C’est demain la fête de la Vierge qu’on promènera en procession dans les rues.
A l’époque cruelle que nous traversons ces cérémonies gagneraient à être moins bruyantes.
C’est demain qu’aura lieu l’inauguration des nouvelles grandes orgues de l’Eglise Saint Sauveur. »

Le 16 juillet 1916:

Rollinat_19160716Capture1

Rollinat_19160716Capture2
Sources: CH Argenton

"Beaucoup de monde à la procession de la Bonne Dame vers 5h du soir, ce cortège religieux se déroule par nos rues dans le plus grand ordre en chantant les cantiques; quelques jolies toilettes."

Merci au blog de l'association des Amis de l'orgue d'Argenton sur Creuse pour leurs précieuses informations.

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21 novembre 2014

Jean Tauvy ou le 1er « Mort pour la France (?) » de l'Indre (2005 réactualisé 2014)

Dès le 1er jour d'aout, des éléments ont été envoyés le long des voies de chemin de fer afin de garder celles-ci. En général de vieilles classes étaient utilisées pour ces fonctions de GVC (Gardes Voies et Communications).

Les points clés de la ligne Paris Toulouse font l'objet d'un déploiement de ces unités territoriales.

 

Le 2 août, à environ 500 mètres de l'entrée du tunnel de Chabenet, vers le passage à niveau de Saint Luc (Chasseneuil) plus précisément, un détachement surveille les abords du tunnel. Un train manœuvre, malheureusement un des GVC présent est heurté par celui-ci.

 

Jean Tauvy (46 ans) meurt ainsi en service commandé.

Originaire de Malicornay, il est le 1er mort indrien du conflit.

 

Sources: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

 

 Réactualisation novembre 2014:

Jusqu'à présent, il me semblait bizarre alors que la mobilisation ne débutant que le 2 aout, nous ayons déjà un mort ce même jour. Grace à un site ami, il est maintenant comprendre que Jean Tauvy fut concerné non par la mobilisation, mais par la pré-mobilisation.
En effet, dès le 31 juillet, le ministère de la Guerre rapella certains soldats de classe agées pour une manoeuvre (ne povant mobiliser) pour garder les voies de communications.
On lira donc avec intérêt le site suivant Les GVC 14-18

Je cite: "31 juillet : ...- convocation pour un exercice de garde des voies de communication, des réservistes ou territoriaux affectés à ce service (Ministre de la Guerre.  Télégramme 163-3/11 T aux  corps d'armée -sauf 19e et Tunisie- à 18h15 le 31 juillet 1914)"

Cet article s'appuie sur l'ouvrage des "Armée Française dans la Grande Guerre" (AFGG) voir notes de bas de page du site "GVC 14-18"

Merci à Madeleine de Malicornay pour m'avoir transmis la fiche matricule de Jean Tauvy, ainsi qu'une copie de son acte de décès.

CaptureJCh

Un extrait de l'acte de décès de Jean Tauvy, dans les registres de Chasseneuil.

CaptureJCh1

On notera que même si Jean Tauvy figure sur le monument aux morts de Malicornay et qu'il a une fiche sur le site Mémoires des Hommes, la mention "Mort pour la France" n'a pas été reportée sur l'acte de décès. De plus, aucune retranscription n'a été effectuée dans les registres de Malicornay. Ceci s'explique par le fait que la mention "Mort pour la France" ne fut créée qu'en 1915. Normalement, les actes de décès antérieurs devaient être mis à jour, mais ...

___________________

Dans les dépouillements de Mémoires des Hommes, on notera que le 2e soldat du département mort pendant le conflit est aussi décédé à Saint Luc, sur la commune de Chasseneuil. Il était aussi GVC et de faction au tunnel de Chabenet.
Natif d'Argenton, Jean Baptiste FLORENT succomba le 3 aout 1914 d'une congestion cérébrale.

Sa fiche Mémoires des Hommes

 

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23 avril 2014

Europeana 1418 Les démobilisés du quartier Saint-Etienne d'Argenton

Avec la grande collecte, des documents sortent des réserves familiales et voient le jour sur le site Europeana1418. Je reviendrai de temps à autres sur des objets, des clichés, des journaux diffusés.

Commençons par la fin du conflit et ses démobilisés:

CaptureEuropeana

 

Ce cliché appartint à André Rochoux (1887-1959) qui figure sur le cliché (marqué d'une croix). On trouve sa fiche matricule sur le site des archives départementales de l'Indre.
Ce cliché permet donc de voir des hommes (et des enfants) tous valides. On se demande d'ailleurs où se trouvent les invalides de guerre?
Plus d'uniformes, la tenue civile est de rigueur. Si un petit bouquet semble ornementer quelques boutonnières, on notera aussi l'absence de toute médailles commémoratives ou médailles militaires.

Le cliché fut pris à Saint Etienne, qui est un quartier du vieil Argenton sur Creuse (36), à la limite de la commune de Saint Marcel.

 

Merci à monsieur Gapin pour la mise en ligne de son document
Merci à Europeana pour les mises en ligne

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21 décembre 2012

Argenton et la Grande Guerre

Allez, ce soir, c'est période de congés. Je vais sous d'autres cieux, du côté du Cantal, puis du côté de Badecon. J'ai pris soin de prendre avec moi un peu de lecture 14-18.
Il faut absolument que je me replonge dans le journal de Raymond Rollinat. J'ai mis la main sur une série de photos prises à Argenton lors du conflit. Au vu du sujet, il en a très certainement fait le compte-rendu dans son journal.

"Argenton 1914-1918 d'après les carnets et les photos de Raymond Rollinat" Librairie Guénégaud Paris 1999

Rollinat
le livre et certaines des photos récemment acquises

 En attendant, la liste des natifs de l'Indre devrait avancer. Pour l'instant, un peu plus de 4.500 fiches sur les 10.600 en stock ont été saisies. Le chiffre total diminue au fil des corrections et des mises à jour avec l'aide du webmestre du site Mémoires des hommes.

Je profite de ce message pour signaler que les relevés indriens de Memorial Gen Web sont presque complets. Seules, quelques MAM communaux manquent encore à l'appel.

Les Bordes, Buzançais, Ciron, Diors, Étrechet, Frédille, Lingé, Lureuil, Lys-Saint-Georges, Neuillay-les-Bois, Le Poinçonnet, Sacierges-Saint-Martin, Saint-Cyran-du-Jambot, Saint-Hilaire-sur-Benaize, Saint-Médard, Saint-Michel-en-Brenne, Saint-Pierre-de-Lamps, Villedieu-sur-Indre.

Si vous passez dans le coin, vous pouvez aider le site à mettre à jour les données. Si vous ne souhaitez pas ou ne pouvez pas faire la transcription, n'hésitez pas à m'envoyer vos photos des plaques. Je les transcrirai en votre nom.

 * message modifié le 07/02/13: Le MAM de St Georges sur Arnon a été relevé et surprise ..... ne possède pas de plaques nominatives.

A l'année prochaine! Passez de Bonnes Fêtes.

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30 mars 2009

Les monuments indriens (1) Argenton sur Creuse

Inaugurons une nouvelle rubrique, celles des monuments de mémoire du département. Commençons par ma ville natale, Argenton sur Creuse.
Argenton comporte différents lieux de mémoires liés à 14-18.

MAM_Argenton_Situation

Le monument aux morts:
Place de la République, il est situé au coeur de la ville.

MAM36_Argenton


Le carré militaire et son monument:

Au sein du cimetière communal Saint Paul, se trouve un carré militaire et un monument aux morts.
Le carré militaire contient notamment les corps de soldats décédés, lors du conflit, à l'hôpital temporaire d'Argenton.

MGW_Argenton_CarreMilitaire

Les plaques de l'église Saint Sauveur:
Dans une des chapelles de la nef, deux plaques sont présentes

MGW_Argenton_PlaquesStSauveur1

Les relevés complets sont disponibles sur le site Mémorial Gen Web

Si vous connaissez d'autres monuments, n'hésitez pas à me les signaler.
Concernant Argenton, seuls les monuments ayant un lien direct avec 14-18 sont répertoriés ici

13 mai 2005

Le corps de l'ennemi ...

Alors que les 68e et 90e RI (17e DI) se battent aux alentours de Loos en Gohelle, les 268e et 290e RI, eux combattent en Belgique.

En effet, ces deux derniers régiments au sein de la 152e DI avaient quitté la terre de Belgique début avril mais le 24 du même mois, ont été rappelé en urgence suite à l'attaque chimique du 22 avril sur le secteur de Steenstraete - Lizerne.
Ils allaient y rester jusqu'à fin août.
Nous aurons certainement l'occasion d'y revenir.

En ce jour, il y a 90 ans, voici ce qu'écrivait Raymond Rollinat dans son journal concernant les conditions de combats du 290e RI.


Jeudi 13 mai (jour de l’ascension).

« Ernest Baudet, fils de mon domestique Charles Baudet, sergent réserviste au 290e de ligne avait été nommé adjudant à la suite d’un combat ; il n’a pas accepté ce grade pour ne pas changer de compagnie, voulant rester avec ses nombreux camarades.
Son bataillon s’est battu pendant 22 heures de suite. Il est tombé un nombre important d’Allemands entre les lignes et il est impossible de les enterrer tellement des deux côtés on fait bonne garde. Ces corps sont entrés en putréfaction et E. Baudet réclame à ses parents du camphre, de l’alcool de menthe pour atténuer l’odeur et calmer les nausées occasionnées par les émanations épouvantables qui se dégagent de tous ces cadavres sans sépulture.
Quel spectacle et quel supplice pour les soldats qui restent pendant des jours et des nuits à proximité de ces champs de carnage. Le proverbe qui dit que le corps d’un ennemi sent toujours bon, n’est pas de mise en ce moment dans la contrée d’Ypres où se trouve notre brave 290e ».
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Sources : Argenton 1914-1918 Raymond Rollinat – Editions Guénégaud Paris

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