02 décembre 2015

3 décembre, en mémoire de Lucien porté disparu à Broodseinde.

La journée du 3 décembre est un jour particulier pour moi. Il y a 101 ans disparaissait mon arrière grand oncle Lucien Bessonneau.
Au travers de ce message, je vais donc reprendre la quasi intégralité des messages que j’ai jusqu’alors rédigé sur ce sujet. Je souhaite les rassembler en un seul et en profiter pour les compléter. Rien de plus que l'année dernière, je republie le message qui me servit pour les 100 ans de la disparition.

Ce 3 décembre 1914, le 290ème RI et surtout la 17ème Cie eurent à subir de lourdes pertes dans les tranchées de Zonnebecke. Le JMO relève pas moins de 17 tués, 65 blessés et 54 disparus. L'un d'eux était mon arrière grand oncle Lucien Bessonneau. Il est à l'origine de ce blog. En effet, tout commença vers 2001, j’effectuais alors l’arbre généalogique de la famille, je suis d'ailleurs membre de la Société de Généalogie du Bas-Berry depuis l’année 2000.

En 1996, j’avais racheté la maison de mes grands parents et, dans les papiers de Fernande, ma grand-mère paternelle, je retrouvais quelques documents qui concernaient mes arrières grands-parents Bessonneau. Ma sœur Isabelle, quelques années auparavant avait eu la bonne idée de faire identifier par notre grand-mère, divers clichés en sa possession dont certains lui venaient directement de ses parents, les époux Louis Bessonneau et Marguerite Privat. Dans ces documents, se trouvaient quelques vieilles lettres. A l'aube des années 2000 donc, lors de la mise en place des données en ma possession, j’analysais celles-ci et les intégrais dans mon logiciel.

Un personnage m’apparaissait, il s’agissait de Lucien Bessonneau le frère de Louis. Je n’en avais jamais entendu parler.

Après quelques questions dans le cercle familial, il ressortait que celui-ci était mort à la guerre et qu’on ne savait ce qu’il était devenu ; « Il est peut-être mort à Verdun ». Aucunes autres précisions.
Sachant que les Bessonneau étaient originaires de Cuzion (36), je me rendais donc à la mairie de ce lieu pour au final ne rien découvrir. Il ne figurait ni sur le monument et aucun acte de décès n’était inscrit sur le registre. A l’époque, il était difficile d’effectuer des recherches, mais les prémices de l’internet grand public commençaient à permettre l’ouverture de certaines portes.

En préparant ce message, dans les profondeurs du net, j’ai d’ailleurs retrouvé mon premier message sur le sujet. Celui date du 29 janvier 2001 :

CaptureFR_REC_GENEA

Ne sachant pas comment rechercher, je cherchais de l’aide. Il apparut bien vite qu’il était nécessaire de se déplacer aux Archives Nationales pour pouvoir consulter le fichier des Morts pour la France.
Sur des micro films, il était possible de visualiser les fiches maintenant en ligne sur le site Mémoires des Hommes.

Quelle ne fut pas ma surprise et la joie de découvrir de nouveaux éléments. Lucien Bessonneau, rattaché au 290ème RI, avait été porté disparu à Zonnebecke (Be) le 3 décembre 1914. Son acte de décès était à Badecon, dans la commune.

La fiche que je m’empressais de rédiger à mon retour du CARAN, rue des Francs Bourgeois (lieu de consultation):

CaptureFiche_CARAN

Maintenant que j’avais les informations que je recherchais, il me fallait comprendre. Je me mettais à la recherche concernant le 290ème RI, dont je n’avais jusqu’alors  jamais entendu parler.
On me dirigea vers le Service Historique de l’Armée de Terre, mais en avril 2001, la réponse me vint, toujours par l’intermédiaire d’internet, par un mail de Stephan Agosto

CaptureMail Stephan

A partir de là, tout se précipita, et commença l’aventure dont vous consulter le résultat.

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Intéressons nous maintenant à Lucien Bessonneau.

Lucien Bessonneau est né le 4 octobre 1887 à Cuzion, Indre. Sa famille est originaire de Saint-Plantaire, Gargilesse et si l’on remonte un peu plus, elle a pour souche la commune de Châteauponsac dans la Haute Vienne.
Il est le fils de Silvain Bessonneau qui est décédé en 1891, il était alors déclaré comme maçon. Lucien avait donc 4 ans lors du décès.  Silvain était marié à Angéle Blanchard originaire de Cuzion. La famille demeurait alors à Bonnu, sur la commune de Cuzion.
De ce couple, 3 enfants dont Lucien naquirent : Félicie Allanie (1881) et Louis Auguste (1884). Ce dernier est mon arrière grand-père.

En 1891, la famille figure sur les recensements de la commune de Cuzion. Silvain, le père est alors décédé, laissant Angèle seule avec les 3 enfants.

CaptureCuzion_Recensement1891
Sources AD36

Je perds ensuite la trace de Lucien dans les recensements.
Je ne retrouve les deux autres enfants, qu’en 1901, au sein de la famille Gaudeberge (oncle et tante), à Chatillon, commune de Badecon le Pin.

CaptureRec1901_Chatillon
Sources AD36

Découvrant au fur et à mesure, les fonds d’archives existant, en 2006, je me rendais aux Archives Départementales pour me procurer la fiche matricule de celui-ci.
En voici la transcription que j’en avais fait, à cette époque :

CaptureFicheMatricule

On note tout d’abord qu’il avait effectivement effectué son service militaire au 66ème RI et les photos de lui correspondent bien à cette période.

CaptureLucien66eRI_3

On note aussi qu’il réside avant le conflit à Paris, dans le 15ème arrondissement qui vit d’ailleurs aussi son frère Louis s’y implanter. Ma grand-mère y vécue et mon père Jean y naquit d’ailleurs.
Les maçons de Paris qui ne furent bien souvent pas que des limousins, venaient aussi des premiers contreforts du Massif Central qu’est le sud du département de l’Indre. Voici d’ailleurs une photo de mon arrière grand père Louis qui pose avec ses camarades sur un chantier (3ème en partant de la gauche).

CaptureLouisBessonneau

 

  • Lucien BESSONNEAU dans la Grande Guerre.

Considéré comme réserviste. Lucien est affecté au 290ème Régiment d’Infanterie. On imagine le voyage en train depuis la gare d’Orsay et l’arrivée à Châteauroux :

Le lieutenant SOHIER du 290ème rapporte :
« Châteauroux. - La ville qui m'était toujours apparue morne et quasi déserte, est grouillante à mon arrivée. Plus de place dans les hôtels; les rues sont peuplées d'une foule un peu tourbillonnante jusque tard dans la nuit. Du mouvement, voire même de l'agitation, mais pas de bouillonnement véritable; c'est là ce que je constate. Est-ce l'anxiété du drame attendu qui coiffe les esprits? Certes, on prépare un douloureux départ. Mais à Paris aussi, et pourtant les vibrations des cœurs étaient souvent bien sonores là-bas. Non. Ici nous sommes dans le Berry, et le Berry impose son impassibilité fataliste dès que l'on y pénètre
Dès le premier soir le régiment de l'active s'embarque. Il quitte la caserne à la nuit tombée, musique
en tête, drapeau déployé. A la lueur des phares d'acétylène il s'est préparé. Il défile superbement dans la ville éclairée. Les Berrichons sont remués presque jusqu’a l'enthousiasme, juste ce qu'il faut pour acclamer. Rien de trop, et le spectacle revêt une grandeur calme, émouvante. »

« Un commandant nous fait une conférence. « N'oubliez jamais que la meilleure défensive c'est l'offensive. En avant, toujours en avant, à la baïonnette.
On nous emmène au terrain de manœuvre de Châteauroux. Une zone pierreuse sans rien pour se défiler. On simule une attaque. Le régiment est déployé. Vite, j'établis la liaison avec des réserves imaginaires. Je rends compte au colonel. Quelles réserves ? Où sont-elles ? Là-bas, je suppose, et je vais établir la liaison avec les troupes en ligne. Le colonel sourit, ironique. Je suis un peu vexé. On verra bien.
Le régiment s'élance à l'assaut. « Ils ne courent guère, dit le colonel. » Mais un berrichon a-t-il jamais couru ?
Sous la mitraille on verra bien.
Il ne courra pas mais il arrivera. »

« L'aspect de Châteauroux ne change pas en ces jours de fièvre.
Un instant pourtant, il y a du brouhaha. Une bousculade, des cris, des injures, des coups. Une bagarre éclate soudain. C'est simplement un député pacifiste que l'on veut jeter... au front. Eh, eh, nos berrichons! Mais vite la ville reprend son allure. Du mouvement, voire même de l'agitation, mais pas de bouillonnement véritable.
Tout cela a duré longtemps. Oh! oui! quatre jours, je crois.
Et un soir la cour c'est encore embrasée aux feux de l'acétylène. Le régiment s'est rangé. Il n'y a pas de manquants. Le berrichon aime le pinard, mais dans les grandes occases il sait se tenir. Une allocution du colonel, brève, simple, vibrante. La musique sonne :Aux Champs, le drapeau se déploie aux mains de l'ami de Tarlé. Silence. Un pincement violent au cœur, quelques larmes aux bords des cils. Un ordre bref, et le régiment s'ébranle. On se redresse, on se recueille.
Et dans la ville, le régiment défile. Je suis en tête de mon petit peloton, tout en queue de la grande troupe. La foule suit et accompagne. Puis, par une route sans lumière, on gagne la gare d'embarquement, et les civils ne laissent guère de place pour que mes hommes restent en rang. Je grogne. On ne grogne pas. »

Le régiment part donc les 9 et 10 aout, par deux convois ferrés, direction le Grand Couronné de Nancy.

Retrouvez des traces du parcours d’un combattant au sein d’un régiment est peu aisé. Il apparait parfois au fil des lignes du Journal de marche, mais c’est alors soit par souci de reporter un exploit et bien plus souvent, il apparait dans les notes reportant les pertes du régiment.

Lors de la bataille de la Marne, le patronyme Bessonneau apparait dans la liste des blessés du 9 septembre 1914:

CaptureJMO_19140909
Sources SHD JMO 290ème RI

La mention suivante est en date du fatidique 3 décembre 1914 :

CaptureJMO_19141203
Sources SHD JMO 290ème RI

Cette fois, c’est fini. Lucien Bessonneau est reporté dans la colonne « Disparu ».

  • Que se passa-t-il ce jour là ?

Comme je l’indiquais, un peu plus haut, pour connaitre ce qui se passa ce jour là, il est tout d’abord nécessaire de relire le Journal de Marche et Opérations du régiment :

« 3 décembre 1914:
La situation devient de plus en plus critique pour la 17e Cie. Dans la soirée, 17h, le petit poste d’écoute placé dans une maison qui était à l’Est de la tranchée de la 17e Cie était surpris par les Allemands qui par des boyaux étaient arrivés jusqu’à quelques mètres de la maison. Ce petit poste eut un homme fait prisonnier, le caporal et les autres soldats purent se réfugier dans les tranchées.
De cette maison les Allemands qui y étaient arrivés en nombre lancèrent des grenades et par des meurtrières rapidement fermées tiraient sur les occupants.
Cette situation dura toute la nuit malgré les efforts des hommes à la compagnie pour empêcher les Allemands de jeter des bombes et de tirer sur eux. Des bombes leur furent également lancées.
Malgré deux retours offensifs exécutés simultanément par une fraction du 68e, la 17e Cie et une section de la compagnie de réserve, il fut impossible de déloger l’ennemi.
Au jour, le Commandant de la Cie pour éviter les pertes qui se faisaient déjà sentir cruelles fit renforcer les pare-balles au moyen de sacs à distribution et même de havresacs et de toiles de tentes remplies de terre. Malgré ces efforts, les tirs d’enfilade très meurtriers empêchaient les hommes de relever la tête pour tirer.
Vers huit du matin, les Allemands réussissaient à sauter dans la tranchée entre le 68e et le 290e et profitaient d’une contre sape faite par le génie et aboutissant au point de liaison des deux compagnies, armés de boucliers et de bombes ils se ruent sur les hommes occupant la tranchée et, après une lutte qui dura plusieurs heures, se maintiennent entre le 68e et le 290e, prenant plutôt le terrain du 290e.
Le Commandant de la Cie fit faire un barrage, mais ce barrage n’empêchait pas l’ennemi d’enfiler les tranchées et de rendre la situation intenable.
Par une autre maison sise près de la voie ferrée, les Allemands opéraient le même mouvement.
Le Commandant de la Cie voyant qu’il allait être complètement cerné par sa droite et sa gauche fit évacuer la tranchée par le boyau de communication la reliant avec la 20e Cie d’une part, et le poste de commandement du chef de bataillon du 68e. Il était 10h30 environ.
Le Cdt la Cie et ses hommes se maintinrent dans ce boyau jusqu’à la nuit.
A minuit le 114e relève le 268e et la Cie du 290e qui sont au nord de la voie ferrée. »

Ne pouvant déterminer qu’elle était la compagnie d’affectation de Lucien, évitons les approximations et contentons nous des faits relatés, ce qui permet déjà  de définir le contexte.
Une autre source provient des témoignages existants :
Tout d’abord commençons par celui du Colonel EGGENSPIELR, le chef de corps du 290ème RI:

« 3 et 4 décembre
La situation de la 17e devint de plus en plus critique.
La Compagnie avait un petit poste dans une maison située en avant de la droite de son front. Les Allemands, qui s'étaient approchés en sape tout près de la maison, avaient profité de l'obscurité, le 3 au soir, pour sauter dans la maison. Ils ont réussi à enlever un homme, les autres avec le caporal ayant pu regagner la tranchée principale. Les Allemands envahirent la maison en nombre. Ils se mirent aussitôt à y percer des créneaux, d'où ils lançaient sans cesse des grenades sur les portions de tranchée à leur portée. Malgré deux contre-attaques exécutées par la 17e, une section de la Compagnie de réserve, une fraction du 68e, il fut impossible de déloger les Allemands de la maison.
Cette situation dura jusqu'au 4 au matin. … »

On prendra soin de préciser que le Col EGGENSPIELER n’était pas en poste à cette date et qu’il se contente à s’inspirer du JMO et du témoignage Lieutenant Sohier ci-dessous:
Le lieutenant Sohier (déjà cité) écrit aussi sur cette journée, on notera au passage qu’il n’est pas tendre avec la hiérarchie du régiment et le 68ème RI :

« La nuit du 3 au 4 décembre est abominable. Le journal de marche relate assez exactement les faits. Mais un point est à préciser. Les Allemands ont sauté dans la tranchée du 68 qui prolonge les nôtres. De pauvres gosses de la jeune classe ont été coincés. Jamais le 68 n'a voulu en convenir. Et lorsque la 17e, attaquée par cette tranchée, après une lutte épique, est obligée de refluer, c'est nous que l'on accuse de fléchissement. Comment tenir pourtant, prise d'enfilade, refoulée vers la voie ferrée, tandis que d'une maison sise contre la voie, les Allemands, par infiltration, essayent de couper la gauche. Bien plus, un poste d'écoute, qui aurait pu être de quelque secours a été enlevé, les Allemands s'étant glissés par des boyaux bien dissimulés jusque dans la maison qu'il occupait.
Au P. C. c'est angoissant. Je suis toutes les péripéties en communication constante avec de Lavarène. Je préconise une contre-attaque pour prendre les boches au delà des lignes, en franchissant la voie ferrée. Mais celle-ci est repérée, flanquée, et pas un homme ne peut passer. Quand la 17e reflue il faut même couper la communication établie un peu en arrière, par un passage sous la voie, et bourrer de sacs à terre le couloir. C'est par la droite que se font les contre-attaques, vaines d'ailleurs. Pendant tout le temps qu'a duré l'ultime bagarre le commandant Renard a ronflé, ronflé et chaque fois que je le réveillais, il m'envoyait... péter. Le colonel Michel, dont le P.C. est joint au nôtre (le 268 est à notre gauche), me soutient et m'encourage. Mais que faire? »

Il existe aussi des témoignages indirects qui relatent les circonstances :
Le général Dubois (chef du 9e CA) signale une attaque du 290e le 3 décembre dans la région de Nieuvemollen.


Le tambour Retailleau dans les "carnets de Léopold Retailleau du 77e RI":
« Vendredi 4 décembre 1914: Journée assez mouvementée par le bombardement des Boches. Ils incendient trois ou quatre maisons dans Ypres. Nous apprenons que le 290e s'est fait esquinter dans une attaque à la baïonnette au clair de lune ...»

  • Où se trouve le secteur de disparition ?

Dans les sources écrites, je n’ai pas cité le JMO du 68ème RI, car le texte ne nous apporte rien. Cependant, une carte très importante est visible dans ce JMO, elle permet de situer le secteur : voir ICI

Le secteur:

Zonnebeke_Relief
Sources GoogleEarth

Ce travail de positionnement n’aurait pu se faire sans l’aide des amis du Forum Pages1418 et notamment Annie qui fit un repérage des lieux avant que j'entreprenne un voyage en Belgique

  • Que reste-t-il de Lucien ?

Sur place, à Zonnebecke, il ne reste rien. Je m'y suis rendu par deux fois, une première fois en 2006 et une deuxième fois en 2008. Malheureusement tous mes clichés pris lors de ce deuxième séjour ont été perdus suite à une panne informatique.

Le soldat Lucien BESSONNEAU aurait donc été porté disparu dans le champ de droite visible sur le cliché ci-dessous. Le chemin visible sur la photo est le parcours de l’ancienne voie ferrée.

Broodseinde_Voie ferrée

Une visite virtuelle à 360° est possible grace au site GoogleMaps: voir ICI

La dernière lettre de Lucien :
De Lucien Bessonneau, je n'ai qu’une lettre. Cette lettre, écrite depuis la Belgique, était adressée à sa belle-soeur, mon arrière-grand-mère Marguerite Privat (épouse Bessonneau).
Le maçon de Paris, que Lucien était, essaye, malgré les limites de son orthographe, de rassurer la famille restée en Berry et de donner des nouvelles.
Datée du 19 novembre 1914, Lucien ne se doutait certainement pas qu'il serait "porté disparu", quinze jours plus tard.

LettreLucien

Jeudi 19 novembre 1914
Cher Belle soeur

Je ten voi ses deux
mot se pour que je si
a popringe belgique
en aton le canon de
loin je nesipas encor ses
la ilge ?? il i y a encor
pour une journé de
marche
tou va bien pour le
momont ton bell beau
frère qui non brasse
bien unsi que ta
petit fil

Bessonneau Lucien

L’acte de décès :
En 1921, en l'absence de corps et au vu des documents fournis par l'armée, le tribunal de La Châtre émet un jugement permettant de dresser l'acte de décès en la commune du Pin et la transcription de la mention de Mort pour la France sur les documents administratifs.
« Au nom du Peuple Français, le Tribunal civil de La Châtre (Indre) a rendu le jugement dont la teneur suit:
Vu la requète qui précède Qui M. Souffron, président du tribunal en son rapport et M. le procureur de la République en ses conclusions le tribunal après en avoir délibéré a rendu le jugement suivant:
Attendu qu'il résulte des pièces mentionnées dans la requête présentée par M. le procureur de la République que le soldat BESSONNEAU Lucien Jean baptiste du 290e RI, né à Cuzion le 17 octobre 1887 de Silvain et de BLANCHARD Angèle, célibataire, domicilié à Le Pin a disparu le 3 décembre 1914 à Zonnebecke (Belgique). Vu la loi du 25 juin 1919 art. 9 Par ces motifs, le tribunal dit que le soldat BESSONNEAU Lucien Jean Baptiste est "Mort pour la France" le 3 décembre 1914 ) Zonnebecke (Belgique). Ordonne que le présent jugement sera transcrit sur le registre de décès de l'année courante de la commune de Le Pin et que mention de ce jugement sera faite à la date que l'acte de décès aurait du occuper tant sur le double du registre des décès qui existe à la mairie de Le Pin que sur celui déposé au Greffe du Tribunal conformément à l'article 92 du Code-Civil ... »

Le diplôme de Mort pour la France :
La préfecture de l’Indre tenait donc une comptabilité de la remise de ce diplôme, ce qui permet de connaitre la liste des récipiendaires. Cela permet donc d'avoir une liste de presque 9500 noms d'Indriens. Mais, il est cependant assez difficile de se retrouver dans cette liste, le point d’entrée est la date de jugement ou de transcription.
Mon arrière grand oncle Lucien Bessonneau. tout d'abord, voici sa fiche "Mémoires des Hommes" :

DiplomeMPF
Sources Mémoires des Hommes et AD36 R982

Le jugement eut lieu en décembre 1920, pour une transcription sur les registres du Pin en janvier 1921. Il fallut attendre le 25 octobre 1921 pour une prise en compte par la Préfecture. Lucien Bessonneau se vit attribuer le numéro 8244.
Il semblerait que les diplômes étaient envoyés aux communes, à elles la charge de les remettre aux familles, au vu des nombreux documents joints à cette cote de la série R.
Qu'est devenu le diplôme de Lucien Bessonneau? Je ne le sais pas.

 

Les décorations :
Un ami, Jean Pierre Létang recherchait dans le Journal Officiel des traces de médaillés. Or, en consultant le J.O. du 17 septembre 1924, il a eu la surprise de découvrir un patronyme qui lui disait quelque chose. Bessonneau!!! Non pas le célèbre industriel angevin, mais le grand-oncle d'un de ses correspondants, c'est à dire moi-même. Il m'en avertit alors.
Autant vous dire, que j'ai eu un sacré frisson lorsque j'ai lu et relu le mail.

Decorations
Sources GallicaBNF

Le Livre d'Or communal:Via le site des Archives Nationales, il est possible de retrouver le livre d'or communal, sur lequel figure le nom de Lucien.

 

CaptureJCh

Le lieu de repos de la dépouille:
Soldat disparu au combat, Lucien est vraisemblablement sans sépultures, quelque part du côté de Broodseinde. Cependant, lors de ma visite, je ne pu m'empêcher de penser à lui lors de ma visite de la nécropole Saint Charles de Potyze à Ypres (Sur la route entre Zonnebeke et Ypres).

Il s'agit du lieu de Mémoire incontournable de ce secteur qui connu les combats de 1914 à 1918. Peut-être y est il, peut-être pas.

060419 010 060419 111
Entrée de la nécropole                                                         Le Monument et l'ossuaire

060419 272

 

Le monument aux morts
Sur le monument communal, le nom Bessonneau ne figure pas. Courant 2012, je le signalais au maire de la commune. Or, le  11 novembre 2012, le premier magistrat de la commune, après le dépôt de gerbe et le discours habituel reprit la parole pour annoncer son intention de faire rajouter le nom de Lucien sur le monument ainsi que ceux de 2 autres soldats ne figurant pas sur le monument.

11 novembre

 

Depuis cette promesse faite en public, quatre ans se sont écoulés et rien n’a été fait …

 

Petit rajout de fin de journée:

Aujourd'hui, 3 décembre 2014, sur le site GoneWest.be, Lucien Bessonneau est apparu sur le monument virtuel. il figurait dans la liste des 355 morts recensés de ce jour.

CaptureJH1

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02 février 2015

9449 diplômes de Morts pour la France, de MONDAIN Emile à RICHARD Louis

Réactualisation 2015 du message originel de 2013.

En 2013, profitant de mes congés et d'une réunion du Comité départemental du Centenaire 14-18, se tenant à Châteauroux, aux Archives Départementales de l'Indre, j’avais passé toute la matinée dans les locaux, profitant de ma présence pour quelques recherches.

Je tiens tout d’abord à me féliciter de cette initiative. Le cadre est très agréable, et j’ai tout particulièrement apprécié l’accueil des agents, leur disponibilité et les conseils apportés. Cela mérite d’être souligné.

J’avais repéré deux cotes dans la série R qui m’intéressaient plus particulièrement, dont une qui concerne les « Diplômes de Morts pour la France » (R982).

CaptureJC2
Sources AD36 - R982

A quoi correspondent ces «Diplômes de Mort pour la France» ? Il s’agit de la mise en application de la loi du 27 avril 1916.

BNF_Diplome_19160427Sources: JO-BNFGallica-Bulletin des lois de la République 1916

Voici donc un exemple de diplome qui fut remis aux familles des défunts:

diplomemortpourf

Pour l'anecdote, sur le sujet, on lira avec intérêt une discussion sur le Forum Pages 14-18. En effet, ce diplome connu 2 versions, la première version généra des réactions au sein de certaines familles de l'époque. Il fut alors nécessaire de publier une seconde version, plus proche des bonnes moeurs.

La trouvaille effectuée aux archives départementales permet de confirmer que la préfecture de l’Indre tenait donc une comptabilité de la remise de ce diplôme, ce qui permet de connaitre la liste des récipiendaires. Ceci vient en complément des listes déjà existantes et que j'essaye de mettre en place (Natifs, noms sur les monuments, …) et permettra une consolidation des données déjà en base.
Deux cahiers contiennent 9449 noms de soldats indriens. L’ordre d’apparition dans la liste est lié à la transmission dudit diplôme. On trouve dans le tableau dressé les données suivantes: Numéro d'attribution, numéro Bordereau, Noms et prénom, Grade, Régiment, Commune, Date de transmission.

Les premiers diplômes furent envoyés dès 1917:

R982_Liste1Sources AD36 - R982

Le dernier est en date du 30 juin 1924. Le numéro d'ordre est alors 9449. Attention, il ne s'agit pas de la liste officielle des Morts pour la France du département, mais cela doit s'en approcher grandement. Je suis d'ailleurs persuadé qu'elle n'est pas complète, les dépouillements et recroisements entrepris le démontre, au même titre qu'apparait bon nombre de noms non présents dans Mémoires des Hommes ou sur les monuments de nos communes.

R982_Liste9449Sources AD36 - R982

Cela permet donc d'avoir une liste de presque 9449 noms d'Indriens. Mais, il est cependant assez difficile de se retrouver dans cette liste, le point d’entrée est la date de jugement ou de transcription. Dans le cadre du dépouillement en cours, il s'avère que quelques familles reçurent des diplomes en double, mais cela permet de valider en grande partie le recoupement dèjà entrepris avec les bases Mémoires des Hommes et Mémorial Gen Web.

Prenons un exemple avec le cas de mon arrière grand oncle Lucien Bessonneau. tout d'abord, voici sa fiche "Mémoires des Hommes"

RI290_MPLF_BessonneauxLucienSources: SHD-Mémoires des Hommes

R982_Liste8244Sources: ADI36-R982

Le jugement eut lieu en décembre 1920, pour une transcription sur les registres du Pin en janvier 1921. Il fallut attendre le 25 octobre 1921 pour une prise en compte par la Préfecture. Lucien Bessonneau se vit attribuer le numéro 8244.
Il semblerait que les diplômes étaient envoyés aux communes, à elles la charge de les remettre aux familles, au vu des nombreux documents joints à cette cote de la série R.

Qu'est devenu le diplôme de Lucien Bessonneau? Je ne le sais pas, ce d'autant que toute la famille Bessonneau repartie après guerre pour le 15e arrondissement de Paris. Sans doute, revenaient ils de temps à autre, puisque mes grands parents se marièrent en 1935 et il fallait bien que Marcel rencontre Fernande pour se fiancer.

Un exemple de diplome au 68ème et 409e RI, celui de Robert FROMIOT: http://indre1418.canalblog.com/archives/2013/03/16/26666295.html

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Nouveauté 2014

Au niveau du département, un fait qui se produisit dans le courant de l'année 2014, vient parfaitement illustrer la remise de ces diplomes, ... justement par leur non-remise.

En effet, en 2014, Didier Bléron et l'équipe municipale de Nuret le Ferron ont retrouvés les diplômes qui étaient rangés au grenier de la mairie, en effet, ils n'avaient jamais été remis aux familles et avaient été conservés au grenier de la mairie, là où Didier les trouva.
Le 11 novembre 2014 fut donc l'occasion de la remise aux descendants.

Les oubliés de Nuret le Ferron (Nouvelle République juin 2014)

L'oubli réparé des poilus de Nuret le Ferron (Nouvelle République 11 novembre 2014)

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Nouveauté 2015

Il m'a fallu du temps pour transcrire les données obtenues à partir de ce fichier et ce n'est d'ailleurs pas terminé. Le but n'est pas de faire une simple saisie, mais bien de recouper avec les sources existantes.
Je me suis appuyé sur le fichier des "Morts pour la France" et des "Non-Morts pour la France" que l'on trouve sur Mémoires des Hommes, ainsi que sur les fichiers existants dans Mémorial Gen Web (liste des monuments aux Morts)

Voici donc les 1000 premiers diplômes distribués dans le département (Fichier Excel protégé, mais seulement à la modification, vous pouvez copier/coller):

DiplomeMPF_AD36R982_1a1000_VersionBlog

Je laisse cela à votre perspicacité, mais voici quelques rapides remarques:

  • Certes, ce sont des cas anecdotiques, mais on notera que dans cette première livraison, des diplomes furent adressés à 7 familles de soldats présents dans le fichier des "Non Mort pour la France" et sur ces 7 diplômes, 6 figurent sur le monument communal.
  • 35 cas de diplômes ont une fiche sur le site "Mémoires des Hommes", mais il m'a été impossible de retrouver le monument aux morts les concernant, soit le relevé sur le site "Mémorial Gen Web" n'est pas disponible, soit le nom ne fut jamais inscrit.
  • 45 diplômes n'ont pas de fiche "Mémoires des Hommes", mais 17 d'entre eux figurent sur les monuments aux morts.
  • Dans la liste, il est à noter que de nombreux cas concernent des soldats provenant des territoires occupés (Nord principalement). Les diplomes sont gérés par la préfecture de l'Indre, certainement du au fait que les familles ont été évacuées et au moment de la remise du diplome, elles sont très certainement hébergées dans le département de l'Indre.

 

A noter que dans ce fichier qui me sert de réference et dans lequel je reporte tous les noms de soldats ayant un lien avec le département (naissance, enregistrement décès, présence MAM, fiche Mémoires des hommes MPF et Non MPF, diplome remis ....) nous arrivons à un nombre de noms dépassant les 

13.500 noms

(à mettre en parralèle avec les 9449 de la liste présentée ci-dessus)

 

_________________________________________________________

 Aujourd'hui, 27 octobre 2015, je viens de finir la saisie des 2 cahiers. Au final, une fois les doublons clairement identifiés, nous arrivons à 9400 diplomes de Morts pour la France.
Ce travail aura permis de trouver quelques cas nouveaux, mais aussi de s'apercevoir que pas mal d'erreurs d'aiguillages existèrent

25 janvier 2015

Les concessions dans les cimetières communaux

Dans un message précédent, nous avions vu, que pendant la période 1921-1922, l'Etat avait donné la possibilité aux familles de faire rapatrier les corps des défunts depuis les nécropoles ou les cimetières provisoires présents notamment dans la zone du front.
Ainsi 1707 retours de corps furent répertoriés et rapatriés dans le département de l'Indre, voir ICI

Au niveau local, les familles avaient alors la possibilité soit d'inhumer le défunt dans la sépulture familiale soit dans un carré dit "des corps restitués". Lors de sa session de janvier 1921, le conseil municipal de Badecon le Pin vote l'attribution d'une concession à perpétuité pour tous les soldats dont les corps seront ramenés.

CaptureMairieBadecon_Janvier1921_ConcessionPerpetuelle
Sources: Registre des délibérations du conseil municipal de Badecon Le Pin (36)

On notera que sans précision supplémentaire, ceci s'applique à tous les corps, tant en carré de corps restitués que dans les sépultures individuelles.
Au terme d'une visite des deux cimetières de la commune de Badecon le Pin , il apparait tous les corps restitués reposent dans les carrés dits de corps restitués et aucun dans une sépulture individuelle.

Un carré des corps restitués est présent dans chacun des deux cimetières de la commune:

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Carré des corps restitués du cimetière de Badecon (voir Mémorial Gen Web)

 

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Carré des corps restitués du cimetière du Pin (Voir Mémorial Gen Web)

 

D'après les données trouvées aux Archives Départementales (voir message ci-dessus "1707 retours"), pour la commune du Pin (nom d'alors), nous avons 8 corps qui furent rapatriés. Mais au final, se furent 9 corps qui se trouvent dans les 2 cimetières.
Un corps fut donc rapatrié plus tard que le dit recensement préfectoral:
Il s'agit de BRUNAUD Joseph Camille

Badecon004

 

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03 décembre 2013

Des nouvelles de Lucien.

Autre secteur, mais aujourd'hui, il y a 99 ans, dans ce paisible champ de maïs, à droite, Lucien Bessonneau disparaissait, corps et âme.

Secteur_VueChemin_DeFer_LignesFrancaises

http://indre1418.canalblog.com/archives/lucien_bessonneau/index.html

Mais aujourd'hui est une journée un peu spéciale, car outre l'anniversaire de la disparition de Lucien, de nouveaux éléments apparaissent au dossier familial.
Lucien est titulaire de la Croix de Guerre et de la Médaille Militaire!!!!
Je ne le savais pas, mais un ami, Jean Pierre Létang recherchait dans le Journal Officiel des traces de médaillés. Or, en consultant le J.O. du 17 septembre 1924, il a eu la surprise de découvrir un patronyme qui lui disait quelque chose. Bessonneau!!! Non pas le célèbre industriel angevin, mais le grand-oncle d'un de ses correspondants, c'est à dire moi-même. Il m'en avertit alors.
Autant vous dire, que j'ai eu un sacré frisson lorsque j'ai lu et relu le mail.

JO_19240917_Titre

JO_19240917

Merci Jean Pierre

Jusqu'à présent, j'avais un petit cadre avec une Croix de Guerre et une Médaille Militaire qui, dans mon fourre-tout, me servaient de décorations d'étagères. Maintenant, la Croix de guerre avec Etoile de bronze et la Médaille Militaire qui l'accompagnait prennent une toute autre valeur.

Médailles001_1

Rectificatif: Dans ma précipitation, je n'avais pas compris le message que Jean Pierre m'avait envoyé, l'attribution porte sur la Médaille Militaire, car Lucien, en 1924, est déjà titulaire de la Croix de Guerre. J'ai donc modifié en conséquence le message.

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03 décembre 2012

La reconnaissance du Peuple Français

3 décembre 1914 - 3 décembre 2012

Une pensée pour Lucien.

En 1921, en l'absence de corps et au vu des documents fournis par l'armée, le tribunal de La Châtre émet un jugement permettant de dresser l'acte de décès en la commune du Pin et la transcription de la mention de Mort pour la France sur les documents administratifs.

Au nom du Peuple Français, le Tribunal civil de La Châtre (Indre) a rendu le jugement dont la teneur suit:
Vu la requète qui précède Qui M. Souffron, président du tribunal en son rapport et M. le procureur de la République en ses conclusions le tribunal après en avoir délibéré a rendu le jugement suivant:

Attendu qu'il résulte des pièces mentionnées dans la requête présentée par M. le procureur de la République que le soldat BESSONNEAU Lucien Jean baptiste du 290e RI, né à Cuzion le 17 octobre 1887 de Silvain et de BLANCHARD Angèle, célibataire, domicilié à Le Pin a disparu le 3 décembre 1914 à Zonnebecke (Belgique). Vu la loi du 25 juin 1919 art. 9 Par ces motifs, le tribunal dit que le soldat BESSONNEAU Lucien Jean Baptiste est "Mort pour la France" le 3 décembre 1914 ) Zonnebecke (Belgique). Ordonne que le présent jugement sera transcrit sur le registre de décès de l'année courante de la commune de Le Pin et que mention de ce jugement sera faite à la date que l'acte de décès aurait du occuper tant sur le double du registre des décès qui existe à la mairie de Le Pin que sur celui déposé au Greffe du Tribunal conformément à l'article 92 du Code-Civil ...

 

BessonneauLucien_1909ToursLucien Bessonneau en 1909
à Tours, lors du service militaire au 66e R.I.

 

Sources:
Etat-civil Badecon le Pin
Collection de l'auteur

 

 

 

 

 

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11 novembre 2012

Quand on se rappelle des oubliés.

Issu d'une famille de Badecon le Pin, je me devais d'être présent ce matin sur la place de la Mairie pour les céremonies du 11 novembre, délaissant un instant mes travaux sur la maison familiale.

Badecon005resize

A plusieurs reprises, j'avais informé M. Broggi, le premier magistrat de la commune de mes recherches sur les soldats de Badecon et du Pin. Avec lui, nous avions consulté les registres de délibération du conseil municipal, en vain pour comprendre l'élaboration de la liste des noms gravés.

Comme tous les ans, la céremonie se déroula en présence de la municipalité, de représentants d'anciens combattants et de familles du village. Un enfant se proposa pour faire lecture de la liste funèbre, que le maire soulignait du traditionnel "Mort pour la France".

Badecon011resize

Après le dépôt de gerbe, vint la lecture de la lettre du ministère. A la fin de ce discours, le maire reprit la parole pour annoncer son intention de faire rajouter 3 noms sur le monument. Il ne m'avait pas prévenu de cette décision. Il me fit appeler pour expliquer les conclusions de mes recherches, ce que je fis, malgré mon émotion intense.
Les 3 soldats eurent leurs actes de décès transcrits au Pin et ne figurent sur aucun autre monument connu.

Lucien Bessonneau, Louis Couillard et Lucien Nicaud auront donc maintenant le droit de figurer sur le monument aux morts de la commune. Ils ne seront plus oubliés.

RI290_MPLF_BessonneauxLucienRI153_MPLF_CouillardLouis RI232_NicaudLucienLouis 
Les 3 fiches de Mort pour la France

Cliquez sur les photos pour plus de détail

Sources: Photos de l'auteur
Fiches Mémoires des Hommes

03 décembre 2011

Known unto God - Zonnebeke / Broodseinde

3 décembre 1914 - 3 décembre 2011

Une pensée pour Lucien Bessonneau

Une visite virtuelle du lieu de la disparition à partir du nouveau service de Google Street View: L'intersection de l'ancienne voie ferrée et de la route pour se rendre à Tyne Cote (cliquez sur le lien)

CarrefourBroodseinde

Les positions du 290e RI, en ce 3 décembre 1914 étaient réparties à droite et à gauche de ce chemin, l'ancienne voie ferrée.

CarrefourBroodseinde_TyneCote

Non loin, en faisant demi tour, on peut voir, à 300 mètres, l'actuelle nécropole britanique de Tyne Cote. Au premier plan, une des nombreuses bornes "Road to Passchendaele" commémorant la bataille de 1917.

Plus rien ne rappelle le passage de l'armée française de 1914-15, toute la Mémoire est maintenant tournée vers l'autre côté de la Manche.
Dans la nécropole de Tyne Cote, je me plais à croire que Lucien repose peut-être au pied d'une des stèles "Known unto God", là où lors de mon dernier passage, j'ai déposé quelques "poppies".


ASoldierOfTheGreatWar_KnownUntoGod1
Un soldat de la Grande Guerre
Connu de Dieu seul

Pour retrouver tous les messages sur Lucien Bessonneau cliquez ICI

Sources Photos:
http://maps.google.fr/intl/fr/help/maps/streetview/
http://www.liamshepherd.co.uk/tyne-cot-sanctuary-wood-menin-gate/26389

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03 décembre 2010

In Memoriam Lucien

Le temps passe, le souvenir perdure

Zonnebeke, Broodseinde

le 3 décembre 1914

96 ans aujourd'hui...

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Le secteur de Broodseinde en 1917

 

Sources: ww1westernfront.gov.au

 

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27 juin 2010

Les monuments indriens (2) - Badecon le Pin

Après Argenton sur Creuse, intéressons nous à une commune qui m'est chère: Badecon le Pin.
Dénommée à l'origine "Le Pin", en 1947, la commune prend le patronyme de "Badecon le Pin", devant la poussée démographique du bourg de Badecon, au dépend de celui du Pin. Le bourg de Badecon était alors le centre administratif de la commune et ce depuis la fin du XIXème siècle d'ailleurs.
Au recensement de 1911, la commune comptait 967 habitants. Ils n'étaient plus que 757 en 1921.

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La perte d'influence du bourg du Pin et le clivage entre les deux bourgs générèrent outre la présence d'un monument aux morts communal, la présence de deux églises et de deux cimetières, propres à chaque bourg.

Le monument aux morts:
Sis au bourg de Badecon, le monument aux morts est situé sur la place de la mairie, à mi-chemin de celle-ci et de l'église Sainte Solange.
Erigé dans les années 20, le monument est de facture classique (Obélisque de granit). Celui-ci possède une plaque de marbre qui comporte 32 noms de soldats. Il est à noter la présence de 3 noms dans les registres d'état-civil, qui ne figurent pas sur le monument (Bessonneau Lucien, Couillard Louis, Nicaud Lucien)

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L'église Sainte Solange de Badecon:
A l'origine, simple chapelle dépendant du Pin, l'église Sainte Solange devint parroisiale à sa reconstruction entre 1873 et 1877. De style néo-roman, elle comporte dans sa nef, sur le côté droit, au dessus de l'accès annexe, un tableau d'Honneur. Ce tableau est constitué d'un cadre doré et d'une vitre, protégeant une liste de 24 paroissiens, tombés lors du conflit.

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L'église Saint Denis du Pin:
Église paroissiale d'origine dont dépendait d'ailleurs une bonne part l'actuelle commune de Gargilesse (rive droite de la Gargilesse), l'église Saint Denis possède, dans sa nef (côté gauche), une plaque de marbre équipée d'un autel de prière. Cette plaque comporte 13 noms de soldats.

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Le cimetière de Badecon:
Situé sur la route de Chavin, le cimetière de Badecon possède, dans l'allée centrale, un monument (Tombeau?) dédié aux combattants décédés lors de conflits. Ce monument rend hommage à six combattants du bourg de Badecon. La présence d'un socle en béton, permet d'envisager la présence de sépultures en dessous, il s'agit vraisemblablement d'une sépulture collective.

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Le cimetière du Pin:
Situé derrière l'église Saint Denis, le cimetière du Pin possède deux sépultures dédiées au conflit de 1914-1918. L'une des deux regroupe les deux frères Gaudeberge, Félix et Henri.

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Il est à noter l'entretien effectué par les services de la commune, ceci est à remarquer au vu de certaines autres communes.

Les relevés complets sont disponibles sur le site Mémorial Gen Web ou sur le site Indre 1418 (Vous y retrouverez les fiches individuelles de chacun de ses soldats)

Si vous connaissez d'autres monuments, si vous avez d'autres infos, n'hésitez pas à me les signaler.

28 août 2009

J'y suis allé, je m'y suis recueilli

Les congés sont terminés, la rentrée se rapproche. Bientôt, je donnerai l'explication concernant la carte du "M.... à Guillaume". En attendant, je m'empresse de mettre en ligne , le résultat de mes congés.
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Cet été, j'ai profité d'un festival de musique à Waregem (Belgique) pour passer du côté de Zonnebeke-Broodseinde. Je ne pouvais échapper à un petit détour au passage à niveau qui concerne tant Lucien Bessonneau.
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Moment intense, je ne cache pas que j'étais troublé. Garé à Tyne Cot, les 500 mètres à faire à pied furent éprouvant.

Secteur_VueTyneCote
Vue du passage à niveau depuis Tyne Cot

 

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L'impression bizarre qu'une quète de 5 ans de recherche aboutissait enfin, qu'il serait difficile d'aller plus loin dans les recherches.
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Vue du passage à niveau depuis les lignes françaises.
Le chemin correspond à l'ancienne ligne de chemin de fer

 

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Ce site fut l'objet d'une âpre bataille en octobre 1917. Il s'agit là de la tristement célèbre "Road to Passchendaele"

Secteur_BornePaschendaele

 

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Merci à Mireille d'avoir pris un peu de temps sur le celui du festival pour m'accompagner à Zonnebeke.
Merci à Annie pour son répérage sur les lieux, qui m'a évité de me fourvoyer dans le secteur.

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