18 septembre 2017

Histoire et généalogie à Bouges le Château

L'automne arrivant doucement, la saison des expositions locales s'annonce:
Je retiendrai l'expo qui se tiendra les 15 et 16 octobre 2017 à la salle des fêtes de Bouges le Château, dans le cadre de l'assemblée annuelle de la SGBB (Société généalogique du Bas Berry)

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Nous y retrouverons une présentation des soldats de la commune de Bouges dont voici quelques Morts pour la France

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26 octobre 2016

Des idées de sorties pour l'automne 2016 (Episode 4)

Décidement la période 1er novembre - 11 novembre est devenue la période du Souvenir.

A noter une très intéressante initiative de la part de la municipalité de Buzançais, en collaboration avec les Editions de La Bouinotte.

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Le programme de ces journées:

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Je note avec grand intérêt les interventions du 12 novembre avec notamment celle de Daniel Bernard sur la correspondance d'une famille paysanne, celle de Lucien Lacour, le spécialiste des Monuments aux Morts du Département et celle de Bruno Mascle sur l'affaire du soldat Abel Garçault, fusillé à l'age de 20 ans.

Sources: http://www.buzancais.fr/actualite/culture-loisirs/centenaire-de-la-grande-guerre.html

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21 octobre 2016

Des idées de sorties pour l'automne 2016 (Episode 3)

Deux expos comme je les aime sont annoncées dans le secteur de Saint Gaultier. Ce sont typiquement des expos où les habitants aiment à participer en apportant des souvenirs familiaux, bien souvent très intéressants.

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Inaugurations les Samedi 29 octobre à (14h30) à Chitray
et le Vendredi 11 novembre après la cérémonie au Monument aux Morts à Migné.

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19 octobre 2016

Des idées de sorties pour l'automne 2016 (Episode 2)

Une exposition à signaler à Issoudun:

Centre de la Mémoire de la médiathèque, du 21 octobre 2016 au 14 janvier 2017

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Cette exposition du Centre de la mémoire met à l’honneur les écrits, publiés ou non, de soldats qui ont vécu et survécu à l’horreur de cette guerre d’usure.
Ils témoignent de la vie quotidienne dans les tranchées ou sur le front, des combats en première ligne, de leur survie, de celle de leurs camarades. Leurs témoignages sont sincères, proches de la vérité, ils sont durs, violents, émouvants. Les narrateurs choisis pour cette exposition sont des anonymes, d’autres sont des intellectuels ou hommes de lettres connus, d’autres encore deviendront des écrivains pendant ou après le conflit. Beaucoup partageront les idées socialistes et s’opposeront à tous les nationalismes. Profondément marqués par cette guerre, ils seront nombreux à choisir la voie du pacifisme et de la paix.

Cette exposition est l’occasion de valoriser les fonds privés déposés lors de la Grande Collecte en 2013 et 2014 et de les confronter aux archives conservées au Centre de la Mémoire comme le fonds Léon Werth.

Exposition au Centre de la Mémoire de la médiathèque, du 21 octobre 2016 au 14 janvier 2017

A l'occasion de cette exposition, une lecture de correspondances en musique " Éclats de vie d'un poilu d'Issoudun dans l'enfer des batailles de la Somme et de Verdun " aura lieu le samedi 22 octobre à 15h à l'auditorium de la médiathèque.

Sources:
Texte issu de la Présentation de l'exposition sur le site de la Ville d'Issoudun
Article sur la Nouvelle République 36: Grande-Guerre-la-force-des-temoignages-ecrits

 

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10 octobre 2016

Des idées de sorties pour l'automne 2016

Tous les ans, à cette période oscillant entre Toussaint et 11 novembre, il est proposé des spectacles, des conférences dont la thématique se rapproche de celle du blog.
Voici donc 3 annonces que @36sorties m'a aimablement signalé sur mon compte twitter @Indre1418

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Cliquez sur les affiches pour les voir à taille réelle et ainsi découvrir le détail.

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05 septembre 2016

Les Berrichons, Paris et la Province

Ayant entrepris un recensement des soldats décédés lors du conflit et ayant un lien avec le département. J’en arrive à une liste de 13866 noms.
Cette liste est le fruit du recoupement entre les fiches Mémoires des Hommes, les noms inscrits sur le monuments départementaux, les Livres d’Or mis en ligne par les Archives Nationales, ainsi que de quelques sources retrouvées aux Archives départementales.

Après un premier tri, on arrive sur une liste de quelques 12.264 cas représentatifs, figurant dans au moins deux des sources ci-dessus.

Un nouvel outil intéressant a été mis en ligne récemment, le Mémorial de la Ville de Paris. Celui-ci est basé sur les Livres d’Or d’arrondissements.

Nombreux sont les Indriens ayant un lien avec la capitale, où l’on montait pour trouver du travail rejoindre des membres de la famille, de la communauté déjà installé à Paris.

On retrouve ainsi dans un livre datant de 1914

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Sources : Nouveau cours de géographie (Louis Gallouédec) Hachette, 1914

Ma propre famille n’échappe pas à la règle. Depuis 4 générations, une partie de ma branche paternelle est implantée dans le quartier Vaugirard (XVe) et y exerçait les métiers de maçon pour les hommes et de concierge, couturière pour les femmes.

Cet été, j’ai donc entrepris de rechercher les points communs entre les LO parisiens et les noms présents dans ma base (Dans cette étude, je n'ai volontairement pas tenu compte des résidents de l'ancien département de la Seine regroupant en gros Paris et la première couronne).

604 cas d'indriens sont présents dans les LO de la Ville de Paris. A titre de comparaison, j’ai 774 cas pour le LO de la ville de Châteauroux qui est d'ailleurs la ville la plus importante du département. Issoudun est concerné par 334 cas.

Sur ces 604 cas, on notera que 59 sont des soldats figurant sur 2 LO en même temps et par ailleurs 8 concernent des cas de soldats figurant sur 2 LO parisiens d’arrondissement différents.
Il est aussi à noter que sur les 604 cas retenus, seuls 234 furent recrutés dans le département de la Seine, ils étaient déjà à la capitale avant l'age de leur conscription, à 20 ans. Les autres sont de recrutement "Le Blanc" ou Châteauroux"

Sur les 604 cas de départ, 515 sont des natifs du département de l’Indre qui ont donc migrés.

Concernant les  89 autres cas, 29 ont des grades laissant supposer qu’il s’agisse d’officiers ou de sous officiers de carrière ayant un lien d’affectation avec le département de l’Indre. Certains sont aussi membres de grandes familles, demeurant à Paris mais foncièrement présentes sur le territoire du département (familles Robert de Beauchamp, de Lesseps, …)

79 soldats indriens figurant sur les Livres d’Or parisiens firent partis des corps rapatriés dans le département, à l’aube des années 20 et 264 des 604 soldats figurent sur les monuments aux morts départementaux. Les familles les firent donc rapatriés dans leur département d'origine.

Toute cette statistique est bien évidemment à relativiser, car au final, bon nombre des Parisiens du département ne furent jamais totalement rattachés administrativement à la ville de Paris, mais figuraient bien dans la population parisienne.

Un exemple que je connais bien est de cet accabit: Mon arrière grand-père Auguste et son frère Lucien :

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Sources AD36 - R 2396

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Sources AD36 - R 2420

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25 août 2016

De (bonnes) nouvelles du front .... des archives AD36

Aujourd'hui, retour au bercail. La rentrée s'annonce.

L'heureuse surprise de ce retour de congés est l'apparition de l'accès aux fiches matricules sur le site du département de l'Indre. Nous avons donc accès à des milliers de fiches de nos aieux et ce depuis 1863 à 1921. Il s'agit là bien évidemment de la classe d'age, ce qui veut dire que nous avons accès aux fiches des natifs entre 1843 et 1901.
Il s'agit donc de la panacée pour ceux dont la généalogie et l'étude de la première guerre mondiale sont les centres d'intérêt.

L'accès aux fiches matricules sur le site des AD36: cliquez ICI

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On notera qu'il est possible de télécharger les images avec une défimition très acceptable qui permet amplement de visualiser les petits détails d'écriture.

Petit avertissement: si vous entreprenez de sauvegarder les fichiers, les numérotations des fichiers image (jpeg) générés suivront une numérotation propre à l'ordre de téléchargement et non liée au numéro de la dite fiche. Pour vous y retrouvez, il faudra entreprendre une renumérotation des fichiers.

N'ayant pas encore totalement ausculté les possibilités dudit site, on regrettera cependant qu'il n'y ait pas de fonction permettant de générer un hyperlien (Lien internet) que l'on puisse exporter pour l'intégrer sur son site perso. Ceci aurait été un plus pour les personnes ayant un site ou un blog perso à l'image de celui que nous entreprenons au nom de la SGBB à l'échelle du département http://indre1418soldats.canalblog.com/

Qu'importe, on ne peut que se féliciter d'une telle arrivée qui permettra sans nul doute l'opportunité de nouvelles études sur le département de l'Indre (J'ai d'ailleurs quelques idées de statistiques sociologiques en tête).

Autant vous dire que ma première visite fut pour Lucien

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Merci à Huguette pour l'information.


 

Une très rapide notice concernant l'usage et la recherche des Fiches matricules dans l'Indre. Une version plus complète est visible dans la revue Racines de la SGBB (N° 69 à 71 - année 2013)
Je l'actualiserai au fil de l'eau en fonction de vos besoins.

Faire une recherche de fiches matricules est aisé à condition d'éviter quelques ecueils. Le recrutement se fait à l'age de 20 ans, ceci donne la Classe d'Age (Année de naissance + 20) Il faut tout d'abord s'assurer du lieu de résidence du soldat recherché à cet age là et ne pas se limiter à la commune de naissance si on ne trouve pas.

  • Quel est le bureau de recrutement?

Les bureaux de recrutement sont basés sur l'organisation des cantons. Le département de l'Indre est découpé en 2 zones Châteauroux (Est du département) et Le Blanc (Ouest du département). Le recrutement Le Blanc est particulier puisque regroupant aussi des communes de la Vienne (86) et de l'Indre et Loire (37)

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Attention, cette carte est à titre indicatif, des variations de rattachement de bureaux eurent lieue au fil des années


Connaitre la classe et le bureau de recrutement, ne suffisent pas, il faut connaitre le numéro de matricule. Facile à obtenir sur les fiches Mémoires des Hommes, il est plus difficile à trouver pour les survivants du conflit.
Il faut se reporter aux tables de registres matricules qui sont un répertoire alphabétique de tous les jeunes qui furent conscrit.

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AVERTISSEMENT:
Dans le cadre des recherches sur le recrutement LE BLANC, ce bureau étant réparti sur 3 départements (voir carte ci-dessus), les registres de fiches ont été aussi répartis entre 3 centres d'Archives. Il est donc important de regarder le lettre se trouvant dans la première colonne et définissant le Centre d'Archives concerné:

T pour Tours donc recherche sur le site des AD37 http://archives.cg37.fr/Chercher/REGISTRES_MATRICULES_DE_RECRUTEMENT_MILITAIRE-ABCR.html

P pour Poitiers donc recherche sur le site des AD86 http://www.archives.departement86.fr/643-les-registres-matricules.htm

C pour Châteauroux donc recherche sur le site des AD36 (donc le site d'où vous venez pour consulter les tables) http://archives36.cg36.fr/siterecherchecg36/FrmCondUtilisation.aspx?p=3

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  • Lire une fiche matricule:

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Certaines fiches apparaissent sur plusieurs pages du fait de rajouts dépliants pour pouvoir détailler les parcours.
Exemple à gauche et à droite de feuillets de rajouts par manque de place sur la fiche standart:

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29 mai 2016

Prix d'Honneur "Indre1418" pour l'école Jean Racine de Châteauroux

En ces temps de commémorations, dans le cadre du Centenaire 14/18, il est des initiatives que j'aime découvrir et que l'enseignant que je suis, aime faire partager.

Je tenais à vous signaler le travail effectué en 2014 par les élèves de CLIS et de CE2 de l'école Jean Racine de Châteauroux dans le cadre du concours "les petits artistes de la Mémoire".Je ne l'ai découvert que ce week-end, alors avec du (beaucoup) retard, je décerne le Prix d'Honneur "Indre1418" aux élèves de Jean Racine et à leurs enseignants.

Retrouvez le résultat de leur travail sur le site de l'école, cliquez ICI     A lire absolument, sacré travail pour des élèves de cet age.

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28 mai 2016

Il y a 100 ans, sur 304, les pénibles journées de mai 1916

En cette veille de commémoration du Centenaire de la bataille de Verdun, ma participation consistera surtout en une relecture du livre d'Albert Le Flohic qui se trouvait à la 10e Cie du 90e RI et qui fut fait prisonnier le 4 mai 1916 sur les pentes de la Cote 304.
Ainsi, je pense à eux tous, ceux qui y restèrent et ceux qui en revinrent:

  • Lundi 1er mai

C’est ce soir que nous remontons en ligne.
La gaîté a disparu. On se rappelle « la dernière fois ». Le dîner de départ est triste. Combien reviendrons-nous cette fois-ci de là-haut ? Voici ce que chacun pense… et cependant personne n’ose poser la question.
Lévy me donne sa photo. (…)
20 heures 30, départ du bataillon.
Je reste en arrière pour régler quelques détails. (…)
La corne du cimetière de Montzéville est très battue. L’aspect du terrain est horrifiant. Les obus s’écrasent parmi les tombes et les éclats métalliques et pierreux volent de tous côtés.
Pendant un quart d’heure, nous restons à plat ventre à la porte du cimetière, attendant une accalmie sous les rafales. L’odeur est insupportable. C’est un mélange de soufre, de teinture d’iode et de pestilence cadavérique. La passerelle est trop dangereuse ce soir, on ne l’utilisera pas.
Courbés en deux, nous gravissons la cote 304, et je rejoins enfin le commandant à l’entrée du poste. (…)
Les camarades que nous relevons se hâtent de nous laisser la place. Le marmitage ayant diminué, ils veulent profiter de l’accalmie.
Mais à peine sont-ils partis que cela recommence de plus belle.

  • Mardi 2 mai

Calme jusqu’à midi. Ça repose de ne plus entendre le fracas des éclatements.
Nous nous équipons car ces silences d’artillerie sont généralement de mauvais augure.
Vers midi, de nouveau, un bombardement extrêmement violent se déclenche encore une fois sur notre première ligne.
Il doit y avoir déjà de fortes pertes.
À la nuit, quelques agents de liaison arrivent des compagnies. Ils sont comme fous, ils ne peuvent à peine raconter ce qui s’est passé.
Le lieutenant Rouaix est blessé. Belloche et Alaphilippe sont tués. Chopinet est grièvement blessé.

  • Mercredi 3 mai

6 heures du matin. Le bombardement reprend. D’abord ce ne sont que quelques 280 sur les premières lignes. Puis vers 7h, le tir reprend de l’intensité. Décidemment le P.C du commandant est bien repéré. Les obus s’écrasent sur lui tout comme si on les posait à la main.
Les premières lignes sont pilonnées sans arrêt. Quel va être le bilan des pertes ce soir au bataillon ? Lentement la journée se passe. J’ai le cafard. Le commandant est soucieux. Je ne l’ai encore jamais vu dans cet état. À chaque instant il demande aux hommes qui sont juchés sur les derniers barreaux de l’échelle de le renseigner sur le tir de l’artillerie qui fait rage. Il redoute une attaque car il sait que ses compagnies qui sont squelettiques ont beaucoup souffert de la dernière période de tranchée.
La nuit vient. Quelques coureursde boyaux arrivent. Ils ont passé dans le feu de barrage et c’est tout haletants qu’ils transmettent leurs renseignements.
Nos pertes sont extrêmement importantes en tués et en blessés. Les hommes n’en peuvent plus et les plus cuirassés sont à leur tour démoralisés par ce feu d’enfer qui les hache sur place. Depuis plusieurs heures, nous n’avons plus de liaison avec le colonel.
Les téléphonistes, au prix de la vie de cinq d’entre eux, ont réinstallé une ligne qui fonctionne une demi-heure. Pourquoi, diable, le colonel n’envoie-t-il personne au P.C du commandant puisque ce dernier ne répond plus. Peut-être a-t-il, d’ailleurs, envoyé quelqu’un ? Peut-être les agents de liaison ont-ils été tués en route ? Des coureurs que nous envoyons d’ici sont partis les uns après les autres. Aucun n’est revenu… et le bombardement n’arrête pas. Nous sommes assourdis. Les nerfs de chacun sont tellement tendus à chaque instant des discussions, voire même des petites disputes, s’élèvent à propos de choses insignifiantes. Les grenades et les fusées qui se trouvaient à l’entrée du poste éclatent ou prennent feu. Une fumée intense, âcre, envahit l’abri. Nus sortons nos masques. Le père Royné qui n’aime pas exposer son monde inutilement donne cependant l’ordre à Savatin et à Dupuis d’aller aux nouvelles. Il leur donne l’ordre d’une voix ferme, sèche, bien qu’il envoie deux hommes à la mort : « Mes petits, il faut absolument aller voir ce qu’il se passe. Partez et bonne chance ! » Mes camarades nous serrent à tous la main et montent tranquillement. Le marmitage est terrifiant. Je dois avouer que je suis très impressionné par leur calme. Ils « savent » que là-haut le terrain est balayé par une rafale d’acier. Ils savent aussi qu’il n’y a pas le moindre boyau. Ils savent enfin qu’ils ne reviendront pas. Ils ne sont jamais revenus.
Savatin a été tué en mettant le pied hors du poste. Dupuis a été tué cent mètres plus loin.
Je prépare mon papier pour le colonel car le commandant Royné a décidé d’envoyer quand même Dodoche faire la liaison.

  • Jeudi 4 mai

3h30 du matin, le jour commence à poindre.
J’ai pu réunir les renseignements des quatre compagnies, non sans mal. Je passe mon casque à Dodoche car il a perdu le sien la nuit dernière. Il part, le commandant lui recommande, de son ton bourru, de ne pas revenir avant la nuit prochaine s’il réussit à atteindre le P.C du colonel.
Il l’embrasse et lui donne une bonne tape dans le dos. Entre temps, sous un feu effroyable, un téléphoniste survivant a posé une nouvelle ligne. Quand il rentre au poste, elle est déjà coupée. Deux agents de liaison réussissent à raccorder un tronçon de ligne et j’apprends que Dodoche, Rolland et « Grassouillet » sont à une centaine de mètres de nous, mais qu’ils ne peuvent absolument pas bouger. Nous admirons tout particulièrement le courage de Dodoche qui, ayant eu la chance d’arriver jusqu’au P.C du colonel, est quand même revenu malgré l’ordre du commandant. Il n’y coupe pas de se faire engueuler car Royné n’aime pas qu’on lui désobéisse… même pour le bon motif.
6h du matin. Voilà 24 heures que le bombardement dure. Le père Royné et Romary, commandant un bataillon du 68e, n’ont cessé toute la nuit de réclamer par coureurs du matériel. Mais les coureurs ont dû être tués en route. Du haut de l’échelle nous voyons une fumée s’élever sur le versant sud de la Côte 304. C’est Esnes qui est en feu. Nos malheureuses tranchées ou plutôt ce qu’il en subsiste ne doivent plus avoir de fil de fer. Quant aux abris écrasés, comment les relever puisqu’il n’y a pas le moindre morceau de bois.
Le commandant est encore plus soucieux que la veille. Le bombardement continue sans arrêt.
14h. Toujours pas d’accalmie, on dirait plutôt que le nombre des éclatements s’accroît encore.
Pourquoi notre artillerie ne répond elle pas ? Nous n’avons pas mangé depuis trente heures. Il y a longtemps qu’il n’y a plus une goutte d’eau à l’intérieur de la sape.
16h. Le commandant demande à Boiron qui est en haut de l’échelle s’il entend quelque chose.
Au milieu du vacarme assourdissant, il ne perçoit que quelques coups de feu isolés.
« Ils vont sûrement attaquer » crie Royné. « Que tout le monde s’équipe complètement et que chacun soit près ».
« Les voilà, les voilà ! » lance Boiron. « ils ont enlevé la première ligne et sont en train de dépasser le poste ». Le bombardement est toujours aussi violent. Mais les Allemands ont ménagé des couloirs à leurs troupes d’assaut. Personne ne s’affole, le calme le pus complet règne dans en ce moment dans l’abri. Lavigne, revolver au poing monte jusqu’à la sortie. Je me tiens derrière lui. Alors qu’il mettait le pied sur le dernier barreau de l’échelle une grenade arrive, Lavigne la reçoit en plein sur sa capote. Sans perdre une seconde et avant qu’elle n’éclate il la relance au dehors. Je redescends l’escalier car Royné appelle.
« Vont-ils forcer nos cagnas à coups de grenades ? »
« Qu’allons nous faire ? »
« Résister ? »
Nous n’avons pas dix fusils, nos officiers ont bien leurs revolvers…les téléphonistes aussi…mais pas de cartouches.
Attendons. Peut-être que toutes les compagnies ne seront pas anéanties et que nous allons pouvoir en rejoindre une. Sortir ? Comment ? Le bombardement est véritablement épouvantable. Les Allemands ont attaqué et attaquent encore sous leur propre barrage. Nous les voyons sauter sous leurs propres obus.
Soudain, on crie. C’est de l’Allemand... Au même instant, un des nôtres nous lance : « Ça y est nous sommes faits. » Tout est fini.
Je pense à prendre ma musette et foule au pied quelques papiers qui ont mal brûlé, car sur l’ordre du commandant, j’avais fait un brasier de tous mes papiers une demi-heure avant.
J’aperçois un casque, je le prends, mais il est trop petit. Là-haut, les Allemands nous pressent.
Avant de partir, je bois un grand coup à la bonbonne… car on ne sait jamais !
Le commandant Romary me demande ma carabine et mes chargeurs. Je les lui passe. Royné fait peine à voir. J’essaie de le remonter en lui faisant en lui faisant ressortir qu’il n’a rien à se reprocher et qu’il a fait tout ce qu’il a pu ; qu’avec une poignée d’hommes désarmés, on ne peut pas empêcher un régiment de passer. Quelqu’un crie : « le commandant Romary tire avec la carabine à Decaux ». « C’est idiot, il va nous faire bousiller tous ». Le père Royné répond :
« Fermez vos gueules, il fait son devoir ». C’est à moi, maintenant qu’il appartient de parlementer avec les Allemands. Cette fois ci, je suis en avant et Lavigne me suit. J’arrive au jour. Ils sont là. L’un d’eux assis sur la porte de l’abri nous fait signe de sortir. Du doigt, il nous indique le chemin. Comme par enchantement, le canon ne gronde plus. Le soleil nous éblouit.

Sources: Albert Le Flohic - Cinquante ans après

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Albert Le Flohic (1895-1974)
Photo datant de 1952

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27 mai 2016

Les indriens lors de la bataille de Verdun

Ce matin sur l'antenne de France Bleu Berry (7h45), il m'a été donné l'occasion d'aborder le rôle des soldats du département dans cette grande bataille que fut celle de Verdun.

Ce message se veut un complément de mon intervention, car en 5 minutes il est bien difficile de rendre compte de cette bataille de 300 jours dont nous commémorons le centenaire actuellement.

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2 soldats du 268e RI à la Cote 304 - Mai 1916 - Photo Lieutenant Jabien

Les chiffres annoncés ci-après concernent les soldats natifs du département, résidant dans l'Indre ou ayant un lien direct avec le Département (Livres d'Or, Monuments aux morts, Fiche du site Mémoires des Hommes, ...)

Il m'apparait tout d'abord intéressant de repositionner cette période au travers de la liste des 10 jours qui virent le plus de pertes dans les rangs des soldats indriens.

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La bataille de Verdun dura du 21 février 1916 au 18 décembre 1916 (Les combats continuèrent ensuite, mais on considère cette date comme celle de la fin du fait du retour des troupes allemandes sur leurs positions de départ et suite à la fin des engagements de masse des corps de troupe en attaque ou en défense.

La bataille se déclenche rive droite de la Meuse sur la zone des forts (Le fort de Douaumont chute le 25/02 et le fort de Vaux le 7 juin 1916). Rapidement la bataille s’enlise et les allemands décident d’attaquer la rive gauche courant mars 1916 (Mort-Homme 304). Le Fort de Douaumont fut repris le 23 octobre et le Fort de Vaux le 2 novembre 1916.
Les chiffres retrouvés estiment globalement qu'environ 70% de l'Armée française de l'époque passa par Verdun au long des ces 300 jours. Par delà les pertes, cela explique l'importance mémorielle de cette bataille dans l'histoire de ce conflit et dans l'histoire des anciens combattants français et de leurs familles.

Sur la période de la bataille (21/02 au 18/12), 2227 soldats ayant un lien avec le département de l’Indre sont décédés dont 1255 soldats sont tombés sur le territoire du département de la Meuse.
Ces chiffres ne sont que des minimas, car il est difficile de définir ceux qui succombèrent du fait des évennements de Verdun.
En effet il est difficile de détecter un soldat blessé à Douaumont, évacué et qui succombe dans un hôpital de l'arrière. Difficile de détecter un soldat qui meurt des années plus tard des suites de ces mêmes combats.

Regardons chronologiquement les pertes indriennes en Meuse:

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Deux périodes ressortent:
Tout d'abord l'engagement du 8e Corps d'Armée dans les premiers jours pour assurer la défense des Forts de Verdun. Bon nombre de soldats de recrutement Châteauroux étaient affectés dans les unités de ce corps d'Armée. Nous avons donc tout d'abord un pic concernant la défense du fort de Douaumont avec les 95eRI (Bourges) et les 85e RI (Cosne sur Loire).
Le 2ème pic correspond à l'engagement du 409e RI dans le secteur de Vaux. Ce régiment avait été crée en 1915 sur le territoire de la 9e Région Militaire (Tours - dont fait partie l'Indre) et où beaucoup de soldats du département furent affectés au moment de la création du régiment.

La 2ème période concerne le 9e Corps d'Armée (Tours) était composé de nombreux soldats indriens, en effet il était composé pour partie des régiments ayant Châteauroux et Le Blanc comme garnisons (68, 90, 268 et 290e RI).
Ce Corps d'Armée était initialement prévu pour n'entrer en action qu'en juillet pour la bataille de la Somme. Les pertes furent telles que le commandement fut obligés de revoir ses plans et de faire participer au grand tourniquet des Corps d'Armée jusqu'alors en réserve.
Entre les 21 avril et 8 mai 1916, les régiments montèrent par 2 fois pour défendre les secteurs environnants la Cote 304. Les pertes principales se situèrent les 4 et 5 mai 1916 lors d'une grosse offensive allemande sur le secteur.
Certains régiments comme les 268 et 290e RI furent rappelés une 3ème fois jusqu'au 15 mai 1916

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Il est possible de retrouver les fiches de ces soldats sur le Monument virtuel du département:  http://indre1418soldats.canalblog.com/

Les messages de ce blog sur Verdun: http://indre1418.canalblog.com/archives/_6_verdun___cote_304___1916/index.html

Concernant Charles AUSSUDRE, le premier mort indrien à Verdun http://indre1418.canalblog.com/archives/2016/02/22/33394720.html

Concernant le François BOUCHARD, vicaire de Vatan et sous lieutenant au 290e RI http://indre1418.canalblog.com/archives/2016/03/17/33525740.html

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