13 septembre 2017

Lettre de métal , un indrien d'Indochine (Actualisé 2017)

Depuis quelques temps déjà, je tourne autour d'Indochine (1982, plus exactement). A l'époque, en seconde à Blaise Pascal (Châteauroux), c'était le temps de l'Aventurier.
Bien que m'étant orienté vers une branche plus "industrielle" (musicalement et professionnellement), je suivi, malgré les péripéties, la carrière d'Indochine.

Maintenant, c'est surtout mon fils Clément qui est fan, mais, je m'y intéresse toujours et encore.
Le dernier album est donc depuis quelques temps sur la table du salon. Eh oui, chez les Charraud, on achète encore des CD (ceux avec une pochette), pas encore converti au virtuel MP3.

Allez, si vous cherchez un sujet pour le Brevet, en Histoire des Arts, je vous propose une amorce de réflexion. Cependant, attention, des profs (comme moi) consultent ce site, alors, ne vous contentez pas du traditionnel Copier/Coller :-) Faites preuve d'imagination !!!!!!!!

Nicola Sirkis (chanteur et compositeur du groupe) avait, lors de la sortie de leur dernier album, un peu partout dans les médias, annoncé son attrait pour 14-18 et en avait fait la thématique de:

La République des Météors.

indochine_la_republique_des_meteors

Dès le premier simple, le groupe annonçait la couleur avec

Indochine - Little Dolls

Indochine Le Lac

On pourrait aussi aisément transposer les paroles de "Un ange à ma table"

 

Cependant, une chanson m'interpelle plus particulièrement: La lettre de Métal

Indochine – La lettre de métal par VEVO

 

Cette chanson est annotée comme un "Tribute to Ernest Lauzanne".
Or le seul Ernest Lauzanne présent dans Mémoires des Hommes est un Indrien, originaire de Saint Hilaire (actuel St Hilaire sur Benaize). Il fut combattant au sein du 160ème RI et tomba le 27 juillet 1916 à Maurepas (Somme).
Le journal de marche du régiment le reporte bien dans les pertes de la 6e compagnie.

RI160_JMO_LauzanneErnest

Sources: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Le livret de l'album, nous renvoie à ce soldat.
On note la présence de la lettre originale qui inspira le texte de la chanson, ainsi que la présence de photos (prises par un photographe du Blanc-Indre) d'un homme qui vraisemblablement est Ernest Lauzanne, en civil.

Indochine_002Indochine_001

La page de gauche du livret est composée d'un reproduction de la dite lettre manuscrite reprenant le courrier d'un combattant. Nicola, dans diverses interviews, explique la construction de cette chanson, à partir de cette lettre.

A la lecture du texte, du fait de son côté contestataire, on peut considérer cette missive comme une lettre testament. Le pressentiment de ne plus en avoir pour longtemps, l'impossibilité d'en revenir sont une constante du texte.

En voici la transcription:

Mon cher petit Henri,
Comme je vais bientôt partir c’est à toi mon cher fils que je veux m’adresser et te laisser cette lettre comme souvenir de moi, car mon cher petit Henri, quoique tu connaisses bien ton papa quand il va te voir, si je reste là-bas tu ne te souviendras jamais de moi, tu n’as que deux ans et demi mon Henri. Je t’aime de tout mon cœur ainsi que ta sœur et ta mère, vous êtes mon seul espoir mon unique force et pourtant il faut que je vous quitte pour aller me battre, pour aller au devant de la mort, pour être peut être blessé entre les lignes de combat et mourir quelques jours après dans d’atroces souffrances faute d’être secouru comme tant d’autres malheureux prolétaires l’ont été avant moi. Car mon fils, vois-tu, déjà vingt mois que la guerre dure. Déjà un million d’hommes ont été fauchés là bas. Si je n’y suis pas allé plus tôt c’est parce que j’étais malade et même je le suis encore mais comme il faut des hommes l’on y regarde pas de si près, il faut marcher ou crever, voilà la devise de beaucoup de majors français. Enfin, je vais partir avec courage mon fils, je ne veux pas me laisser aller au découragement : car je ne veux pas mourir, je veux vous revoir tous les trois après cette terrible guerre, je veux veiller sur votre enfance à toi et à ta sœur, vous élever du travail de mes bras à la sueur de mon front. Mon fils, quand je dis je veux j’exagère car mes forces peuvent bien me trahir, je suis si faible et une balle ou un éclat d’obus sont peut être réservés pour moi là bas. Tu n’oublieras jamais mon fils que si je reste là bas couché sur le champ de bataille, que si vous êtes orphelins et que ta pauvre mère est veuve et est obligée d’être une misérable pour pouvoir vous élever, que c’est la faute de la classe aristocratique qui a fait tout ce qu’elle a pu pour faire déchaîner cette guerre faite pour la destruction de notre classe, de cette classe ouvrière qui ne leur demandait pourtant rien que de vivre en paix en travaillant pour élever sa petite famille. Mais ils nous trouvaient trop heureux, non contents de boire notre sueur ils ont voulu encore boire notre sang, cette race là ne recule pas devant le crime pour arriver à ses fins. Souviens toi de cela, mon fils. Je te lègue ma haine pour cette race qui a déchaîné cette effroyable tuerie, ce carnage qui n’a rien d’humain car quoique nous soyons au vingtième siècle par eux nous sommes descendus au niveau de la brute à l’état sauvage, nous allons nous entre-tuer avec des hommes que nous n’avons jamais vus ni connus. Tout cela est ignoble et pourtant il faut le faire. Comme beaucoup j’ai les idées de la révolte mais pour la moindre faute c’est le poteau d’exécution et douze balles dans la peau. Je ferai bravement mon devoir mon fils, si je trouve la mort ce sera face à l’ennemi car pour tout au monde je ne veux pas que tu aies à rougir de ton père. Je ne veux pas que si un jour ta mère recevait la nouvelle de ma mort il y ait la mention « mort en lâche ». Non, cela jamais mon fils, je n’ai jamais été un lâche, je n’ai jamais vécu de la charité de personne et je serai fier de toi mon fils de me ressembler. Deviens un homme et quand tu seras fort prends soin de ta mère qui est si bonne pour toi. C’est toi mon fils que je charge de me remplacer et souviens-toi toujours que tu auras le droit de jeter à la face de la classe aristocratique que c’est elle qui est la cause de la mort de ton père.
Adieu mon Henri. Adieu ma Simone. Adieu ma femme bien aimée. Une dernière fois adieu mes trois adorés.

Ce courrier est datable des environs de mai 1916 (Car mon fils, vois-tu, déjà vingt mois que la guerre dure)soit quelques mois avant la disparition d'Ernest Lauzanne.

Après quelques recherches sur le net, quelques fils de discussion sont trouvés et se rapportent au texte. Mais aucun ne s'intéresse à la lettre originale. Alors, comme bien peu de gens le font, j'ai lu la page du livret où l'on retrouve les participations et les remerciements.
Heureuse initiative, Hervé Lauzanne est le producteur de l'album, pour Jive Epic. Originaire du Blanc, nul doute qu'il s'agisse d'un descendant d'Ernest.

Merci à Nicola et Oli de Sat, pour cet excellent album.
(Clément se joint à moi pour les remerciements)

Indochine:
http://www.myspace.com/indochineofficial
http://www.indo.fr/


 

Ajout 2017:
Dans le cadre de l'association "les amis du Blanc", le numéro 17 du bulletin asssociatif revient sur Ernest Lauzanne avec une reprise de l'article ci-dessus, mais surtout avec un nouvel article inédit rédigé par Daniel Lauzanne, petit-fils d'Ernest et père de Hervé (producteur de l'album d'Indochine).Cet article est centré sur la vie et les souvenirs de vie et de mort d'Ernest.

5d4392_40c82a5357604ad49665985ceefe2a46

 

Posté par Indre1418 à 13:39 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,


01 octobre 2013

ENP Concours d'entrée 1914 et si vous le tentiez?

Et si vous tentiez de passer le concours d'entrée aux Ecoles Nationales Professionnelles? Par n'importe lequel, celui de 1914.

Les Écoles nationales professionnelles, en 1914, étaient au nombre de quatre et avaient leur siège à Armentieres (Nord), Nantes (Loire Inférieure), Vierzon (Cher) et Voiron (Isère). Au 15 juin 1914, elles comptaient ensemble 1686 élèves.
Ces établissements avaient pour objet de fournir aux diverses industries, plus spécialement aux industries mécaniques, des élèves instruits, exercés à la pratique d'un métier, et capables de devenir par la suite, grâce à leurs connaissances scientifiques et techniques, des contremaîtres, des chefs d'équipe, des chefs d'atelier, voire même des directeurs d'usine.
De plus, elles préparaient aussi leurs élèves aux écoles professionnelles de niveau supérieur: Ecoles nationales d'arts et métiers, Ecoles spéciales diverses, Instituts industriels, Écoles de chimie, etc .

Les élèves étaient répartis en section normale (métiers industrie) et section spéciale (préparation concours). La durée normale de la formation était de 4 ans.
Le recrutement était effectué uniquement par concours, l'âge nécessaire pour avoir le droit de concourir se situait entre 12 et 15 ans et le niveau de recrutement était celui des cours supérieurs et complémentaires d'école primaire.

Le concours d'admission

Le concours ne comportait que des épreuves écrites, qui comprenaient:

1) Une dictée de quinze lignes environ suivie de quelques questions de grammaire ;
2) Une composition française sur un sujet simple ;
3) Une page d'écriture (Ronde, bâtarde, grosse, movenne et fine cursive) ;
4) Une composition d'arithmétique dans la limite du programme du cours supérieur des écoles primaires élémentaires.
5) Des questions sur l'histoire de France depuis 1610 jusqu'à nos jours (Nota : 1914 il va de soi) et sur la géographie de la France et de ses colonies.

 

Amusez-vous bien (si je peux me permettre!) et n'oubliez pas que ce concours s'adresse à des élèves de niveau collège actuel, du moins pour la tranche d'age et surtout, n'oubliez pas que la calculatrice n'existe pas encore et que la plume est de rigueur, avec tous les tracas liés à son utilisation.

ENP1reAnnee
ENP2emeAnnee

La session 1914
sources: Les écoles professionnelles - J. Roux - Editions Librairie Vuibert -1915

Composition française

Les dangers de l'ignorance. — Montrez que l'ignorant est un homme incomplet : beaucoup de joies lui sont refusées, beaucoup de dangers le menacent, il est incapable de remplir tous ses devoirs

Écriture.

Branche de l'enseignement professionnel, avec lequel il ne doit pas être confondu, l'enseignement technique industriel et commercial a principalement pour objet, sans préjudice d'un complément d'enseignement général, l'étude théorique et pratique des sciences et des arts ou métiers en vue de l'industrie ou du commerce.

Le texte ci-dessus est dicté aux élèves, puis écrit au tableau noir. Les candidats ont à le reproduire autant de fois qu'il est nécessaire dans une page contenant:

2 lignes de ronde de 6 mm,  2 lignes de bâtarde de 6 mm, 2 lignes de grosse cursive de 8 mm, 2 lignes de moyenne curcive de 4 mm. Quelques lignes de fine cursive pour finir la page.

Orthographe et Grammaire.

LA VIEILLE MAISON

Dans un vallon discret, où court un ruisseau, au milieu des grands arbres, on aperçoit de loin le pignon rouge de la vieille demeure. C'est une maison modeste, sans luxe et sans ornements, mais dont l'ensemble a je ne sais quoi de réjouissant, d'honnête et d'hospitalier.
Les murs épais protègent bien contre la chaleur et le froid. Le toit élevé, recouvert de bonnes tuiles, abrite un vaste grenier où la lessive peut sécher, ainsi que les oignons et les pommes de terre.
Les fenêtres un peu étroites, pour mieux résister au vent, et munies encore de leurs petits carreaux, sont encadrées de vigne vierge et de clématites dont les fleurs se balancent et embaument au moindre souffle du vent. Le balcon est en vieux fer forgé, les pigeons perchent sur la girouette, et, devant la porte dort un gros chien, les pattes allongées.
Tout est tranquille et calme dans l'enclos, les arbres y poussent à l'aise ainsi que des êtres aimés dont on tolère les caprices, et les plantes s'y étalent comme en un bois sacré.
Longez ce vieux mur qui cache ses lézardes sous un manteau de lierre et de mousse , poussez la petite porte verte disjointe et grinçante, la cloche tinte, les merles et les fauvettes, qui bavardaient dans la verdure, s'envolent par douzaine en accrochant les branches, d'où la rosée tombe comme une pluie de perles sur les violettes du gazon.
Rien d'aimable et de charmant comme ces vieilles demeures ou, de génération en génération, le fils, à l'heure ou les cheveux blancs apparaissent, venait pieusement prendre la place du père, s'asseoir dans son fauteuil, boire dans son gobelet d'argent, et, satisfait, ayant fourni sa tâche, achevait de vivre tranquillement sous le toit où il était né.

Gustave DROZ

Questions de Grammaire.

I. — Nature et fonctions des mots pris dans le dernier paragraphe : où — sous — s' — satisfait.

II — Analyser grammaticalement: «Les murs épais . .. et le froid»

III. — Expliquer la phrase: «Tout est .... un bois sacré»

IV. — Mots de la même famille que: accrocher

Arithmétique.

I — Calcul mental:  

17 x 9 , 16 x 19 , 38 x 11

Combien a reçu un apprenti qui a travaillé 280 jours à raison de 0fr, 75 par jour?

Prix de 12 poulets à 2fr,75 l'un

II — Un marchand achète un lot de montons à trois prix. Il a payé le 1/3 à raison de 21 fr. par tête, les 2/5 à raison de 19 fr.et le reste à raison de 15 fr. Il revend le tout pour la somme de 1674 fr. et gagne ainsi 1/5 du prix d'achat.

De combien de moutons se composait le lot ?

III — Dans un vase cubique de 0m,60 de côté, on verse 18 décalitres et 5 décilitres de liquide

1) Combien peut-on en mettre encore ?

2) A quelle hauteur s'élève le liquide dans le vase ?

Histoire et Géographie.

  • Histoire

I — Comment se sont modifiées les frontières françaises depuis 1610 jusqu'à nos jours?

II — Quels sentiments éveillent chez vous les noms de Hoche, Marceau, V. Hugo, Pasteur?

  • Géographie.

I — Décrire la côte française de la Méditerranée. Indiquer les ports et la nature de leur  commerce, les têtes de lignes télégraphiques sous-marines, etc..

IL — L'industrie des régions champenoise et lorraine; voies de communication pour écouler les produits.

 

Je vous rassure tout de suite, je ne ramasse pas les copies.

A découvrir, un petit film de 1931 sur les Ecoles Nationales Professionnelles, trouvé sur l'excellent site de l'Institut National de l'Audiovisuel: ICI

 

Les messages de ce blog concernant l'ENP de Vierzon (Anciens élèves, les morts pour la France de 14/18, de 39/45 ...)

Sources:
Collection de l'auteur

Posté par Indre1418 à 20:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

21 juin 2013

Un Vierzart en 14-18: Louis Béchereau (VZ91-96)

Né le 25 juillet 1880 à Plou (18), non loin de Vierzon, il décèdera le 18 mars 1970 à Paris (75).

De 1891 à 1896, il suit les cours à l'E.N.P. de Vierzon, il intègre ensuite l'école des Arts et Métiers d'Angers.

En 1910, il rejoint la Société de Production des Aéroplanes Deperdussin (SPAD)  et se retrouve au bureau d'études de cette société d’aéronautique. Avec ses équipes, il développe de nombreux avions de type monocoque.

Bechereau_EcoleDeperduin


Il conçoit ainsi le monocoque Deperduissin qui permit, le 9 septembre 1912, à Jules Védrines de remporter la coupe Gordon Benett.

Deperdussin_GordonBennett1913

La société Deperduissin est rachetée par Louis Blériot en 1914. Béchereau conserve son poste de chef du bureau d’études.

Les avions SPAD furent, lors de la première guerre mondiale, les fers de lance de la chasse française. Le 12 juillet 1917, Louis Béchereau reçut la Légion d’Honneur des mains de celui qui l’appelait l’As des constructeurs, Georges Guynemer.

SPAD_VieuxCharles

Dans les années trente, il fonde la société Kellner-Béchereau qui fusionna, plus tard, avec Morane-Saulnier.

Papier Entete_ KellnerBechereau1

Concernant Louis Bechereau sur le site des Arts et Métiers: http://www.fondam.org/Portraits/LouisBechereau

Posté par Indre1418 à 20:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 juin 2013

Un Vierzart en 14-18: Camille Lefèvre (VZ92-94)

Camille Lefèvre est né le 2 juillet 1876 à Tours (37) et décéda le 21 Août 1946 à Yerres (91)

Elève à Tours au lycée Descartes, il est admis à l’ENP de Vierzon du 1er décembre 1892 au 31 juillet 1894. Ayant passé le concours d’entrée aux Beaux-Arts, il est admis à Paris en 1895, dans l'atelier de Victor Laloux.

En 1905, il obtient le Grand Prix de Rome pour un projet de château d’eau et séjourne à la villa Médicis, de 1905 à 1909.

De retour en 1910, il devient architecte du château de Fontainebleau.

Si je ne connais pas son parcours pendant le conflit, il est intéressant de citer celui-ci pour la période de l'immédiat après-guerre. En effet, au lendemain du conflit, en 1919, alors architecte en chef du Palais-Royal, il a la responsabilité de la reconstruction des anciennes zones de combat, il s’occupe alors du secteur de Coucy-le-Château. On lui doit, entre autres, la reconstruction l’hôtel de ville.

 

Coucy_HotelDeVille_Ruines   Coucy_HotelDeVille_1

Avec Claude Monet, il entreprend le réaménagement du musée de l’Orangerie, qui fut inauguré en 1927.

   Le-Musee-de-l-Orangerie

Continuant sa progression au sein des architectes nationaux, il se verra confier la reconstruction du centre-ville de Tours, suite aux bombardements de 1940. Malheureusement, il ne verra pas le résultat, décédant en 1946.

Posté par Indre1418 à 16:02 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

09 juin 2013

Un Vierzart en 14-18: Edgar Brandt

Edgar Brandt est né le 24 décembre 1880 à Paris (75)  et est décédé le 8 mai 1960 à Genève (Suisse)
Suite à son certificat d’étude, Edgar Brandt intègre, en 1894, l'École Nationale Professionnelle de Vierzon, avec son frère Jules, qu'ils quitteront en 1898.

En 1899, il travaille comme employé au sein de la maison Guillot-Pelletier de Paris (Rue d’Hauteville). Au retour de son service militaire, il s’installe rue Michel Ange, à Paris, où il développe son activité de bijouterie et ferronnerie.

Brandt_ArtDeco1 Brandt_ArtDeco2
Des réalisations Art Déco d'Edgar Brandt

L’année 1914 le voit être mobilisé au sein du 154e Régiment d’infanterie. Rapidement, le conflit se transforme en guerre des tranchées. Afin de répondre aux Minenwerfen allemands, Edgar Brandt imagine un canon de tranchées pneumatique. Cette idée est remarquée par la hiérarchie et lui vaut d’être détaché afin qu’il puisse se concentrer à l’industrialisation de cette invention.

obusier brandt

La fin du conflit permet à Edgar Brandt de retourner à l’art de la ferronnerie. Mais, il réalise néanmoins de nombreuses pièces ayant un lien avec la commémoration du conflit:

EdgardBrandt_TrancheeBaionnettesMemorial
Porte du mémorial de la Tranchée des Baionnettes

Flamme
Brûloir de l'Arc de triomphe

Rethondes
Monument de la clairière de Rethondes

Son excellence lui permet de développer l’entreprise à l’international, vers les Etats-Unis notamment. En parallèle, à la demande l’armée, Edgar Brandt conçoit ce qui sera une révolution dans le monde de l’armement : Le mortier Brandt de 81mm 1927.

Mortier81_27_1

L’activité d’Edgar Brandt se tourne alors presque entièrement vers le domaine de l’armement.
Lors du conflit 1939-1945, il part et s’installe en Suisse. A la fin de la guerre, il cède ses entreprises qui deviendront l’entreprise Thomson-Brandt puis Thomson-CSF. L’activité « électroménager » du groupe prend le nom du fondateur : Brandt.
Edgar Brandt s’éteint en 1960 à Genève.

Une plaque de marbre offerte par Edgar Brandt est visible dans la cour de l'école, à droite du porche d'honneur.

Posté par Indre1418 à 08:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


Les Vierzarts et le conflit

En 2008, j'avais rédigé un message concernant les plaques qui se trouvent dans le hall de la cour d'honneur du lycée Henri Brisson de Vierzon. Alors enseignant dans ce même lycée, j'avais réalisé un petit site internet sur l'ancienne Ecole Nationale Professionnelle.

Depuis, j'ai quitté ce poste et ai abandonné le site internet en question. Je me propose de reprendre ces anciennes pages au fil de futurs messages à paraitre. Nous ne sommes pas tout à fait dans le cadre de l'histoire du département de l'Indre, mais nous sommes malgré tout en Berry (Quoique le lycée soit sur la rive nord du Cher, donc plutôt en Sologne).

vierzon 019_1
Le château d'eau qui alimentait la machine à vapeur de l'ENP

Après la liste des Vierzarts morts pour la France, je propose de découvrir le parcours de 3 illustres anciens élèves qui eurent un lien avec le conflit.

J'aborderai donc le parcours d'Edgar Brandt (VZ 94-98), de Louis Bêchereau (VZ 91-96) et de Camille Lefèvre (VZ 92-94).

Posté par Indre1418 à 08:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

26 mai 2013

Cher Maitre, ... Plus on nan tire, plus y sonts nombreux

En 2008, un correspondant (dont j’ai perdu la trace, mais qui peut me contacter s’il se reconnait) me transmit des scans d'une série de cartes postales, alors que nous échangions sur la guerre de 14 ou  sur Malicornay, le village de ma branche maternelle, je ne me souviens plus très bien. je n'avais alors prêté attention plus que cela à cette série de scans.

Quel est le rapport entre cette série de cartes et mes aieux, hormis que cela concerne Malicornay?

Ces cartes ont toutes été envoyées par 2 soldats répondant au patronyme de Plantureux, Louis et Alexandre à leur maitre d’école, M. Suire, qui fit sa carrière à l’école communale de Malicornay.

M. Suire figure sur une des rares cartes postales du village. Sur le cliché, on l'identifie tout de suite sur la droite du cliché. Il pose d'ailleurs juste devant ce qui était alors l'école communale et on reconnait aisément son statut social. Ceci étant dû à l’importance de l’instituteur dans la vie villageoise de l’époque.
Ceci se retrouve dans l'importance qu'apportent nos 2 soldats à transmettre des nouvelles à celui qui fut leur "Maître"

Malicornay1

Revenons, à cette série de cartes et surtout à celles d’Alexandre, qui a de grandes chances d’être mon arrière grand père. Effectivement, parmi mes aïeux, il est un de mes arrières grands-parents dont je ne sais pas grand-chose.

Alexandre Plantureux est né le 26 février 1874 à Chavin (36) et est décédé le 19 juillet 1929 à Malicornay (36). Il est de cette génération qui connue la Grande Guerre. Mais un précédent passage aux Archives départementales ne m’a pas permis de retrouver sa fiche matricule, aussi par faute de temps.

Intéressons-nous donc aux deux cartes envoyées par Alexandre:

plantureux-alexandre-1-recto

Le 29 mars 1915,

Cher Maître

Merci bien de votre aimable lettre qui ma rendu heureux de m’apprendre ou était une partie de mês camarades. Car depuis la campagne, je n’est reçue aucune de leurs nouvelles. Cher maître, vous me dite que vous seriez heureux de mettre un Boche au bout de votre canon. Oui je le pense bien , mais plus on nan tire, plus y sonts nombreux. Mais j’espère bien que bientôt nous en verront la fin. Et que nous aurons malgré çà la victoire. Mais elle serat chère. Vous verrez sur cette carte où je me suis battue que ce n’est pas ricolo. Allon au revoir cher vieux maître, Recevez mes meilleurs amitiés.

Plantureux Alexandre

plantureux-alexandre-2-recto

Le 1 juillet 1915,

Cher monsieur Suire, vous êtes forcés de me dire que je suis paresseux, même très paresseux. Et pourtant en ce moment je suis très heureux, très tranquille. Ce matin je suis aller dire bonjour au cousin Réné Gauthier qui est toujours très heureux lui aussi tous près des Boches. Ne lui empêche qu’il a le tonneau toujours plein de vin. Je puis vous dire quil se porte bien il est toujours très gros. Ou l’on est en ce moment c’est très calme. Mais nous en avons assez vu cette hivers. Et nous avons toujours bonne espoir. Et il y a qu’une seule chose dans ce long et difficile passage, c’est l’espoir. Espérons toujours  à une fin prochaine, Mon cousin ce join à moi pour vous envoyez son aimable bonjour ainsi qu’à Mme Suire. Vos anciens élèves qui vous serre  cordialement la main.

A Plantureux

 

Au-delà des fautes d’orthographe, il est intéressant de noter la lucidité du combattant. En juillet 1915, il ne lui reste déjà que l’espoir.

Sur ma longue liste de documents à rechercher, je rajoute en priorité la fiche matricule d’Alexandre.

 

Posté par Indre1418 à 10:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

07 avril 2013

L'école de Talant

Attaché aux valeurs de la transmission de la Mémoire, je n'en suis pas moins enseignant et découvre de temps en temps des initiatives très intéressantes sur l'appropriation de notre histoire par les enfants.

Après l'école de Treguennec, allons faire un tour du côté de la Bourgogne, à Talant très précisément, pour un superbe travail des CM1-CM2 sur le monument communal.
Ce choix n'est pas anodin, on y retrouve une étude autour de Georges FUIN qui connut le même triste sort qu'environ 250 indriens, dans le secteur de la forêt d'Apremont.

Les CM1 et les CM2 enquêtent sur la Grande Guerre

Georges FUIN, un poilu de Talant

Georges Bellenot, un poilu de Talant

DSCF0018

 Félicitations aux enfants

Posté par Indre1418 à 17:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

20 novembre 2012

Les mousaillons de Treguennec

Que va faire "Indre 14-18" en Bretagne? Il part "dans le sillage d'un marin au long cours".

Et non, il ne s'agit pas du parcours de mon aieul Emile Seguin de Malicornay, mort en 1918 à Toulon, alors qu'il était marin. Et oui, des marins berrichons, cela existe et pas seulement à Rosnay.

Lorsque les mousaillons de l'école de Traguennec s'approprient l'histoire, cela mérite un coup de châpeau.

"Dans le sillage d'un marin au long cours"

 

60033307

Pour le journal de Louis Bargain, rendez-vous ICI

Profitons de ce message pour rendre hommage aux 9 marins natifs du département de l'Indre

BordatHenri GilbertMarcel IngrandEugene JointGustave LumetEugene PoitrenaudLouis RepusseauAdolphe SeguinEmile VarachaudAlex
Sources: Memoires des Hommes

Posté par Indre1418 à 17:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

14 octobre 2012

Un exemple à suivre

Pour une fois, je sors du contexte départemental. Je tenais à rendre hommage à un collègue de Sablé sur Sarthe, pour son travail effectué auprès des collégiens.

Arnaud C., patiemment, construit ce qui est en passe d'être un des sites incontournables de la sphère 14-18 sur le net: Le parcours du combattant de la Guerre 1914-1918   Je vous laisse découvrir. Il n'y a pas grand chose à redire.

Mais il est un domaine où le sieur Carobbi excelle, il s'agit de la transmission du savoir. Je prendrai pour exemple le blog de l'IDD (Itinéraire de Découverte) 2012-2013 du collège Anjou: http://club1418clganj.canalblog.com/ .

Si le sujet vous intéresse, on pourra aller visiter le site du club  de ce même collège: Mes ancètres dans la Grande Guerre

Amis, collègues, si vous cherchez des idées pour vos élèves, allez fouiner du côté de chez Arnaud, il y a matière. L'IDD 2012-2013 à peine commencée, tient déjà ses promesses.

 

Chers collégiens saboliens, si vous passez par là, félicitations pour votre travail.

Posté par Indre1418 à 09:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :