31 décembre 2016

Un assassinat officiel ? [Réactualisé 2016]

[rapport du maréchal des logis commandant le détachement de la prévôté au quartier général de la 152e DI] 
"Le 26 mai 1915 à 20h30, nous avons reçu l'ordre de faire amener à la prison du QG de la 152e DI le soldat H., Raoul, du 268e RI, qui venait des premières lignes en face de l'ennemi ou il refusait d'exécuter les ordres qui lui étaient donnés. Nous avons trouvé ce militaire, couché dans un pré, où il a formellement refusé de se lever et de nous suivre.
Mr Isay, médecin aide-major de 1re classe au 49e RA, qui nous avait accompagné, a constaté que ce militaire n'était pas malade et, par les questions posées et les réponses faites par H., il a conclu qu'il jouissait de toutes ses facultés.
La mauvaise volonté était évidente et nous avons essayé d'amener H. par la force, mais il s'y est non seulement refusé, mais il nous a opposé la plus vive résistance. Il nous a de plus adressé des propos injurieux, ainsi qu'au médecin militaire qui nous accompagnait. Toujours accompagné de monsieur Isay, nous avons rendu compte de notre mission au général commandant la 152e DI, qui nous a immédiatement remis un ordre écrit, nous prescrivant de forcer la résistance de ce militaire et de lui brûler la cervelle, s'il persistait dans son refus.
Cet ordre a été lu trois fois à H., en présence du sergent et d'un militaire du 268e qui l'avait amené, ainsi que six militaires de la prévôté. H. est resté couché et à la troisième lecture de l'ordre ci-dessus, il a non seulement persisté dans son refus en nous montrant sa poitrine, mais il nous a répondu par des propos injurieux.
Conformément à l'ordre écrit, dont nous avions donné lecture à H., trois fois de suite, nous lui avons brûlé la cervelle en lui tirant six balles de revolver dans la tête à 21 heures.
Monsieur le médecin aide-major de 1re classe Isay, du 49e RA, qui nous avait assisté, a constaté la mort en notre présence. Le corps a été inhumé immédiatement sur place, dans un pré à Brieleu (Belgique)
[Nota JC: Brielen]. La plaque d'identité porte les renseignements suivants : H. Raoul, classe 1894, Tours, 987."(1)

(1) SHAT, 22 N 2041, 36e CA dossier 2, Justice militaire et prévôté.

Sans commentaires ???

Assassine

Voici la fiche du même soldat, notez bien l'intitulé du type de mort. Et oui, il est "Tué à l'ennemi"

Sources biblio: Olivier Buchbinder, "Gendarmerie prévôtale et maintien de l'ordre (1914 - 1918)" Maisons-Alfort : Service historique de la Gendarmerie nationale, 2004.
Sources Fiche MDH: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/


Mise à jour 31 décembre 2016:
Chose impossible à l'époque de la première mise en ligne de cet article, aujourd'hui, beaucoup de registres matricules sont accessibles aisément et celui de notre soldat nous permet de changer le regard sur un évennement brut:

 CaptureRM37_Tours_987_RaoulHurtault_1


Le parcours judiciaire, notamment, de notre homme permettent ainsi de tenter de comprendre les motivations et le refus d'obtempérer de notre soldat.
En effet, le détail permet d'envisager de comprendre la capacité de refus de l'autorité de la part de ce soldat. Nous avons là un homme qui a déjà eu maille à partir avec la justice et dont l'autorité est nécessairement amoindrie:

 CaptureRM37_Tours_987_RaoulHurtault_2

 

CaptureRM37_Tours_987_RaoulHurtault_3

 

CaptureRM37_Tours_987_RaoulHurtault_4

A noter que s'il fut appelé le 17 août 1914 (1er encart ci-dessus), a priori dans le dernier encart le 27 octobre 1914, il est déclaré à Rivesaltes (66).

Aurions nous finalement affaire à un insoumis et non à une simple victime de ce que l'on appelait pas encore le "Shell Schock"? Pourtant on constate que rien de répréhensible n'est signaler entre son incorporation et la date de l'incident

Ceci, bien évidemment, n'enlève rien au jugement que l'on peut avoir concernant les méthodes expéditives d'alors (mais néanmoins ici couvertes par ordres).

 

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27 décembre 2014

Mourir à 20 ans, sous les balles "amies" (Réactualisé)

Aujourd'hui, il y a 100 ans, du côté d'Ypres, Abel passait de vie à trépas.

__________________________________________________

Au travers du message précédent, nous nous remémorions du triste anniversaire de l'exécution d'un soldat du 68ème RI, aujourd'hui, je découvre l'édition d'un ouvrage concernant un enfant du pays, qui lui aussi fut fusillé.
Il est possible de le commander via le site des éditions de la Bouinotte . Je vous recommande bien évidemment cet ouvrage.

La préface étant du Général Bach, spécialiste du sujet et ancien directeur du Service Historique de l'Armée de Terre,  celle-ci laisse auguré de l'intérêt du livre de Bruno Mascle.
Je vous en laisse découvrir la description:

Abel, 20 ans, passe son dernier Noël à attendre sa propre exécution. L’horreur de la Grande Guerre ne suffit pas au calvaire du soldat. Reconnu, à la hâte, coupable d’automutilation, le jeune Zouave est passé par les armes le 27 décembre 1914, en Belgique. Ils seront près
de 600 soldats à perdre ainsi la vie, pendant la durée du conflit. 600 « fusillés pour l’exemple », un drame dans le drame qui passe presque inaperçu au vu des lourdes pertes au front.
La paix revenue, Abel Garçault sera réhabilité, tant les preuves de sa culpabilité étaient faibles. Son nom est d’ailleurs inscrit sur le monument aux morts de Villedieu-sur-Indre, comme tous ceux de ses camarades « morts pour la France ».

Bruno Mascle s’est livré, pendant près d’un an, à une enquête approfondie, sur les traces de ce jeune homme sans visage et sans sépulture. A travers son exemple, il révèle un pan dramatique et largement ignoré de notre histoire, quand la Nation sacrifiait ses fils pour qu’ils acceptent le martyre de la guerre des tranchées.
Un récit passionnant et poignant.

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14 octobre 2014

14 octobre 1914, 1 fusillé au 68ème RI (Réactualisé 2014)

En ce 14 octobre 2014, je me dois de réactualiser ce message d'abord écrit en 2010.
A l'heure où je diffuse ce message (6 heures du matin), il y a 100 ans, un soldat du 68ème RI vient de tomber sous les balles tirées par ses camarades.

Le mois d'octobre 1914 est appelé par le Général Bach, "le mois des exécutions". Dans son ouvrage, "les fusillés pour l'exemple 1914-1915", il transcrit un ordre du général Dubois qui nous rapporte la première exécution capitale que connu le 68ème RI.

"Les Petites-Loges, le 13 octobre 1914.
Ordre.
Le général cdt le 9ème CA signale aux troupes sous ses ordres la lâcheté de deux soldats réservistes dont les noms suivent:
Le nommé Des... du 68, envoyé en traitement au dépôt des éclopés des Petites-Loges. Après huit jours de traitement était remis en route sur son corps et conduit jusqu'à Thuizy par un gradé. Là il se cachait et restait pendant quatorze jours dissimulé dans une habitation où il était découvert. traduit devant le CdG (Conseil de guerre) de la 17e DI, il a été condamné à vingt ans de détention avec dégradation militaire pour "désertion en présence de l'ennemi".
Le nommé Duv... du 68ème abandonnait la tranchée pendant une attaque de nuit et s'enfuyait jusqu'à Thuizy où il se cachait pendant quinze jours. Traduit devant le CdG de la 17e DI, Duv... a été condamné à mort pour "abandon de son poste devant l'ennemi".
Le général cdt le CA décide que la dégradation du soldat Des... et l'exécution du soldat Duv... auront lieu demain 14 octobre devant le front du 68ème d'infanterie. La garnison de Sept-Saulx, des détachements du 135e, 32e et 66e, en réserve à Wez et Thuizy, assisteront à l'exécution.
Le présent ordre sera lu à 2 appels consécutifs.
Dubois."

Le JMO du 68ème RI reporte l'évènement à la date du 14 octobre:
"Le 14, parade d'exécution à 6 heures pour 2 soldats du 68ème (Voir ordres généraux)"

Le condamné, originaire de la Vienne, avait 25 ans. Sa sépulture est inconnue.

Intéressons nous à la procédure qui amena des soldats de la 17ème Division a fusillé un de leur frère d’armes.
Après s’être caché, le soldat est arrêté le 12 octobre au matin, le jugement s’effectua le jour même, à 13 heures et l’exécution eu lieu le 14 octobre au matin.
L’interrogatoire du condamné :
Conseil De Guerre Spécial de la 17ème Division
…..

  • Vous avez été trouvé ce matin dans un cantonnement de Thuizy par [illisible].
  • Oui
  • Que faisiez vous dans ce village ?
  • Rien.
  • Depuis combien de temps y étiez-vous ?
  • Huit jours [Nota Indre1418 : Certains autres documents officiels annoncent 15 jours]
  • D’où veniez-vous quand vous y êtes arrivé ?
  • Je venais des tranchées. A la suite d’une attaque à la baïonnette, je m’étais trouvé seul avec mon capitaine, le capitaine Berthellon m’avait ramené à Thuizy.
  • Depuis ce temps là vous êtes resté à Thuizy ?
  • Oui
  • Pendant ce temps, vous avez bien vu cantonner à Thuizy votre régiment ?
  • Il y avait des cuisiniers.
  • Les cuisiniers vous ont dit où était votre bataillon ?
  • Non.
  • Alors c’est que vous ne l’avez pas demandé ?
  • Si, mais on m’a répondu : « tu n’as qu’à le chercher ».
  • De quel bataillon étaient les cuisiniers qui vous ont répondu çà ?
  • Ils étaient sans doute du 1er bataillon, mais certainement pas de ma compagnie.
  • Mais si vous aviez le bataillon, il n’était pas difficile de trouver la compagnie.
  • C’est vrai.
  • Le 1er bataillon a cantonné à Thuizy.
  • Oui, mais je ne l’ai pas vu, car j’étais avec les éclopés et c’était pendant  la nuit.
  • Alors vous étiez avec Desherbais?
  • Oui, mais je ne l’ai vu que le lendemain matin.
  • Desherbais prétend qu’il était avec le 1er bataillon.
  • Je n’en sais rien.
  • Depuis ce moment là, qu’avez-vous fait ?
  • Nous allions dans les tranchées avec le 114 près de la gare.
  • Mais le 114 n’y est plus ?
  • Alors nous étions avec le 77 qui est au repos.
  • Avez-vous quelque chose à ajouter ?
  • Je demande à revenir en 1ère ligne. A Rethel, je suis allé chercher mon lieutenant Chapeau qui était blessé, sous le feu de l’artillerie. J’ai fait 2 ans de service au 60ème d’infanterie, je n’ai jamais été puni. Je n’ai jamais été condamné.

La persistance dans la déclaration du condamné entraina sa condamnation à mort.  Le commissaire rapporteur précise que Duverger « contrairement à la déposition de Desherbais prétend n’avoir pas vu son bataillon ».

Suite au jugement, et en attente de l'exécution des peines, une note est diffusée par la Division :

17° Division                                  Sept-Saulx le 13 Octobre 1914
Ordre de la Division ( crayon)
Deux soldats du 68° viennent d’être condamnés l’un à la peine de mort pour avoir quitté sa compagnie au moment où elle était attaquée par l’ennemi. Il a fui à 5 kms en arrière et s’est caché à Thuizy pendant 15 jours.
L’autre rentrant de l’ambulance, au lieu de rejoindre sa compagnie s’est caché à Thuizy pendant le même temps, il a été condamné à 20 ans de détention et à la dégradation militaire. Ces deux sentences seront exécutées demain 14 octobre.
Le Général espère bien que la répression sévère de ces actes de lâcheté portera ses fruits et que plus jamais un soldat de la division ne s’en rendra coupable.
Général Guignabaudet

Deux autres soldats du 68ème RI, subirent ce sort infâmant (juin 1915 et février 1916).

Il est maintenant possible de retrouver les pièces du dossier de justice militaire sur le site Mémoires des Hommes

De plus, retrouvez d'autres informations sur le site voisin, des Poilus de la Vienne:

http://poilusdelavienne.blogspot.fr/2014/10/duverger-ferdinand.html

Sources:
SHD - JMO 68ème RI
SHD - 22N554 - 24N432 9ème CA
SHD - 11J783 CDG 17e DI
Général André Bach - Les fusillés pour l'exemple 1914-1915 - Editions Taillandier 2003  (Nota perso: Indispensable !!)

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08 mai 2014

Les fusillés au prisme de l'histoire

Le cas des fusillés, presque 100 ans plus tard, reste un point noir de notre histoire nationale.
Concernant le département, il y eut des soldats natifs de l'Indre qui furent fusillés lors de la première guerre mondiale, le plus connu étant Abel Garcault de Villedieu, qui fut réhabilité en 1925, alors qu'il avait été exécuté le 25 décembre 1914. Il y eut aussi des soldats qui furent exécutés, alors qu'ils dépendaient d'unités indriennes. Sur ce point, les seules exécutions actuellement connues concernent le 68ème RI et ne concernent pas des soldats originaires du département.


Histoire de prendre du recul et de comprendre ce moment de notre histoire, un groupe s'est constitué autour du général Bach, ancien responsable du SHAT Vincennes.

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http://prisme1418.blogspot.fr/

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05 décembre 2013

Les gars..., souvenez-vous!... Faut pas faire comme moi...

René de Planhol, a écrit un ouvrage qui s’intitule "La Justice aux Armées", il y aborde les cas de justice militaire qu'il fut amené à défendre ou auquels il lui fut donné l'occasion d'assister.
Après le cas de rapine de Carpion et Rabanos, que j'avais diffusé en 2012, voici le compte-rendu d’une séance de conseil de guerre qui amena le CDG de la 17e DI à prononcer la peine de mort.

CaptureJM_Gallica

Le chapitre III de l’ouvrage porte sur ce que René de Planhol appelle les « Crimes de la Peur », le sous-titre étant « Ceux qui succombent à la peur. - Deux types de peureux : les peureux par accident et les peureux par nature. »

En début de chapitre, il écrit donc :
"On a beaucoup étudié la peur chez les combattants. Des soldats ont noté à ce propos leur propre expérience, et les psychologues ont essayé d'en déduire les conditions générales ou lois. Fort peu de combattants sont exempts de la peur : seuls y échappent tout à fait certains tempéraments en qui les nerfs et l'énergie physique sont aussi forts que la volonté. Presque tous les hommes, il est vrai, réagissent contre elle et la dominent, par la vertu de sentiments multiples et divers tels que le patriotisme, l'honneur, la vénération du devoir, le souci de l'opinion, la crainte des châtiments et surtout, pour le grand nombre, cette emprise de la discipline à quoi équivaut à peu près ce que Jean Variot, dans ses Petits écrits de 1915, nomme « une habitude héréditaire d'obéissance et d'honneur ». Quelques-uns succombent, et ceux-là commettent la pire faute, - la faute professionnelle du soldat."

"Le cas de Bouclos était presque le même : déjà puni pour une première désertion, il revenait devant le conseil pour avoir abandonné sa colonne en arrivant aux tranchées. On l'inculpait donc de refus d'obéissance. Cette qualification, qui pourrait intriguer d'abord le lecteur, a été l'objet de controverses. Elle semble légitime en droit. Puisque le refus d'obéissance équivaut à l'abstention volontaire d'obéir; il est logique de soutenir que le déserteur a refusé d'obéir, et les juges ont généralement admis cette thèse. Les chefs et les camarades de Bouclos formulèrent sur lui des témoignages analogues à ceux recueillis sur Dupières ou Leprêtre : bon garçon, serviable, docile, mais incapable de se battre. Ouvrier agricole, de forte stature, âgé de vingt-cinq ans et n'étant pas marié, il n'avait pas non plus l'excuse du mal à la gorge et des gouttes. Aux questions du colonel il répondait sans chercher de raisons. Pourquoi s'était-il esquivé de sa colonne ? Pourquoi ? Il n'en savait rien, n'ayant pas réfléchi, ayant agi comme une bête. Mais oui, c'était vrai. Il s'était blotti dans l'herbe haute d'un champ et puis n'avait plus bougé pendant un jour entier, jusqu'à la survenue des gendarmes. Son front bas, que barrait une mèche bouclée de cheveux noirs, se sillonnait de plis profonds et ses yeux, bruns et larges dans son visage joufflu, semblaient prendre les juges à témoin de sa sincérité. Il ne paraissait point se douter du péril et se bornait à énoncer doucement son regret. Le défenseur eut beau supplier le conseil de qualifier le crime désertion, quatre voix contre une condamnèrent Bouclos à mort pour refus d'obéissance. Ses gardiens lui apprirent le verdict. Il hocha la tête et ses bras croisés tombèrent, tandis qu'il murmurait seulement :
- C'est dur.
Il demeura, quelques instants, accablé. Et voilà que peu à peu, en face de la mort
inéluctable et toute proche, le miracle d'une métamorphose spirituelle s'opérait en lui. Ce garçon presque brutal ouvrait lentement les regards de l'âme et, se figurant à sa mesure une image dérisoire et touchante, contemplait le paysage des régions infinies. C'était en lui un beau retour et un précieux épanouissement des vieilles leçons du catéchisme. Grâce à elles il ne mourait pas dans le blasphème ou la forfanterie. Mais, comprenant qu'il avait commis un crime, distinguant mieux les grandes idées de patrie et de sacrifice, il acceptait de mourir pour expier et demandait à l'aumônier s'il avait le droit encore d'espérer en la miséricorde du bon Dieu. Le lendemain à l'aube, dans une prairie où s'effilochait le brouillard, eut lieu l'exécution
Assisté de l'aumônier et de son défenseur.
Bouclos se montra ferme et résigné. On l'avertit que c'était la dernière minute... Alors, s'adressant aux soldats qui allaient le fusiller :
- Les gars..., souvenez-vous!... Faut pas faire comme moi... J'ai mérité ce qui m'arrive... Souvenez-vous!
Puis on lui banda les yeux. Et il n'est plus,
ce malheureux que j'ai nommé Bouclos, qu'un Français qui a payé sa faute, enfoui dans une tombe que ne marque aucun nom".

Sources biblio: "De la justice aux armées" René De Planhol - Attinger 1917

Note d'auteur de Indre1418: J’ai volontairement laissé le pseudonyme attribué par René de Planhol. La divulgation du vrai patronyme n’apportant rien de plus, même si le cas de ce fusillé pour l'exemple est connu.

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12 avril 2012

La justice militaire

Il est un sujet sensible qui me tient à coeur, celui de l'exercice de la Justice Militaire au sein des unités de la 17e DI lors du conflit.

Parfois exépiditive, parfois justifiée par des crimes de droit commun, ce thème est difficile à aborder car encore emprunt du sceau du tabou. Je ne peux, cependant, m'empêcher de penser aux drames familiaux tant pour les coupables que pour les victimes (Parfois ces derniers sont à la fois victimes et coupables).

Souhaitant rester neutre sur ce sujet, dans plusieurs messages à venir, je me contenterai d'aborder le sujet au travers de sources bibliographiques, notamment au travers de l'ouvrage "De la justice aux Armées" de René de Planhol (Attinger 1917).
Cet ouvrage rare m'a été aimablement prêté par un ami (Alain Orrière), que je remercie vivement. j'ai ai donc effectué une transcription complète.

René de Planhol (1889-19..) était un journaliste et écrivain. A la mobilisation, celui-ci est affecté au 7e Hussards. De cette expérience, il publiera "Etapes et batailles d'un hussard" (Attinger, 1915)
En 1917, il publie "De la justice aux Armées", qu'il commence ainsi:

De juin 1915 à septembre 1916, j'ai été appelé par la bienveillance du commissaire-rapporteur d'une division à collaborer comme défenseur à l'oeuvre de justice. Avocat improvisé, j’ai suivi de la sorte un grand nombre d'audiences et je me suis facilement renseigné sur les autres. J'inscris ici ce que j'ai vu ou su et qu'il n'y a pas d'inconvénient à révéler. Bien entendu, je ne dévoile aucun nom. Les noms que je prêterai à mes personnages pour la commodité du récit sont absolument arbitraires, et je prie qu'on n'y cherche point de consonance ou d'anagramme. Hormis ce déguisement, ces pages ne sont que véridiques.

JusticeAuxArmées_Couv


Si vous avez des infos supplémentaires concernant René de Planhol, je suis bigrement intérressé.

A suivre donc "les aventures de Carpion et Rabanos"

 

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