13 septembre 2017

Lettre de métal , un indrien d'Indochine (Actualisé 2017)

Depuis quelques temps déjà, je tourne autour d'Indochine (1982, plus exactement). A l'époque, en seconde à Blaise Pascal (Châteauroux), c'était le temps de l'Aventurier.
Bien que m'étant orienté vers une branche plus "industrielle" (musicalement et professionnellement), je suivi, malgré les péripéties, la carrière d'Indochine.

Maintenant, c'est surtout mon fils Clément qui est fan, mais, je m'y intéresse toujours et encore.
Le dernier album est donc depuis quelques temps sur la table du salon. Eh oui, chez les Charraud, on achète encore des CD (ceux avec une pochette), pas encore converti au virtuel MP3.

Allez, si vous cherchez un sujet pour le Brevet, en Histoire des Arts, je vous propose une amorce de réflexion. Cependant, attention, des profs (comme moi) consultent ce site, alors, ne vous contentez pas du traditionnel Copier/Coller :-) Faites preuve d'imagination !!!!!!!!

Nicola Sirkis (chanteur et compositeur du groupe) avait, lors de la sortie de leur dernier album, un peu partout dans les médias, annoncé son attrait pour 14-18 et en avait fait la thématique de:

La République des Météors.

indochine_la_republique_des_meteors

Dès le premier simple, le groupe annonçait la couleur avec

Indochine - Little Dolls

Indochine Le Lac

On pourrait aussi aisément transposer les paroles de "Un ange à ma table"

 

Cependant, une chanson m'interpelle plus particulièrement: La lettre de Métal

Indochine – La lettre de métal par VEVO

 

Cette chanson est annotée comme un "Tribute to Ernest Lauzanne".
Or le seul Ernest Lauzanne présent dans Mémoires des Hommes est un Indrien, originaire de Saint Hilaire (actuel St Hilaire sur Benaize). Il fut combattant au sein du 160ème RI et tomba le 27 juillet 1916 à Maurepas (Somme).
Le journal de marche du régiment le reporte bien dans les pertes de la 6e compagnie.

RI160_JMO_LauzanneErnest

Sources: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Le livret de l'album, nous renvoie à ce soldat.
On note la présence de la lettre originale qui inspira le texte de la chanson, ainsi que la présence de photos (prises par un photographe du Blanc-Indre) d'un homme qui vraisemblablement est Ernest Lauzanne, en civil.

Indochine_002Indochine_001

La page de gauche du livret est composée d'un reproduction de la dite lettre manuscrite reprenant le courrier d'un combattant. Nicola, dans diverses interviews, explique la construction de cette chanson, à partir de cette lettre.

A la lecture du texte, du fait de son côté contestataire, on peut considérer cette missive comme une lettre testament. Le pressentiment de ne plus en avoir pour longtemps, l'impossibilité d'en revenir sont une constante du texte.

En voici la transcription:

Mon cher petit Henri,
Comme je vais bientôt partir c’est à toi mon cher fils que je veux m’adresser et te laisser cette lettre comme souvenir de moi, car mon cher petit Henri, quoique tu connaisses bien ton papa quand il va te voir, si je reste là-bas tu ne te souviendras jamais de moi, tu n’as que deux ans et demi mon Henri. Je t’aime de tout mon cœur ainsi que ta sœur et ta mère, vous êtes mon seul espoir mon unique force et pourtant il faut que je vous quitte pour aller me battre, pour aller au devant de la mort, pour être peut être blessé entre les lignes de combat et mourir quelques jours après dans d’atroces souffrances faute d’être secouru comme tant d’autres malheureux prolétaires l’ont été avant moi. Car mon fils, vois-tu, déjà vingt mois que la guerre dure. Déjà un million d’hommes ont été fauchés là bas. Si je n’y suis pas allé plus tôt c’est parce que j’étais malade et même je le suis encore mais comme il faut des hommes l’on y regarde pas de si près, il faut marcher ou crever, voilà la devise de beaucoup de majors français. Enfin, je vais partir avec courage mon fils, je ne veux pas me laisser aller au découragement : car je ne veux pas mourir, je veux vous revoir tous les trois après cette terrible guerre, je veux veiller sur votre enfance à toi et à ta sœur, vous élever du travail de mes bras à la sueur de mon front. Mon fils, quand je dis je veux j’exagère car mes forces peuvent bien me trahir, je suis si faible et une balle ou un éclat d’obus sont peut être réservés pour moi là bas. Tu n’oublieras jamais mon fils que si je reste là bas couché sur le champ de bataille, que si vous êtes orphelins et que ta pauvre mère est veuve et est obligée d’être une misérable pour pouvoir vous élever, que c’est la faute de la classe aristocratique qui a fait tout ce qu’elle a pu pour faire déchaîner cette guerre faite pour la destruction de notre classe, de cette classe ouvrière qui ne leur demandait pourtant rien que de vivre en paix en travaillant pour élever sa petite famille. Mais ils nous trouvaient trop heureux, non contents de boire notre sueur ils ont voulu encore boire notre sang, cette race là ne recule pas devant le crime pour arriver à ses fins. Souviens toi de cela, mon fils. Je te lègue ma haine pour cette race qui a déchaîné cette effroyable tuerie, ce carnage qui n’a rien d’humain car quoique nous soyons au vingtième siècle par eux nous sommes descendus au niveau de la brute à l’état sauvage, nous allons nous entre-tuer avec des hommes que nous n’avons jamais vus ni connus. Tout cela est ignoble et pourtant il faut le faire. Comme beaucoup j’ai les idées de la révolte mais pour la moindre faute c’est le poteau d’exécution et douze balles dans la peau. Je ferai bravement mon devoir mon fils, si je trouve la mort ce sera face à l’ennemi car pour tout au monde je ne veux pas que tu aies à rougir de ton père. Je ne veux pas que si un jour ta mère recevait la nouvelle de ma mort il y ait la mention « mort en lâche ». Non, cela jamais mon fils, je n’ai jamais été un lâche, je n’ai jamais vécu de la charité de personne et je serai fier de toi mon fils de me ressembler. Deviens un homme et quand tu seras fort prends soin de ta mère qui est si bonne pour toi. C’est toi mon fils que je charge de me remplacer et souviens-toi toujours que tu auras le droit de jeter à la face de la classe aristocratique que c’est elle qui est la cause de la mort de ton père.
Adieu mon Henri. Adieu ma Simone. Adieu ma femme bien aimée. Une dernière fois adieu mes trois adorés.

Ce courrier est datable des environs de mai 1916 (Car mon fils, vois-tu, déjà vingt mois que la guerre dure)soit quelques mois avant la disparition d'Ernest Lauzanne.

Après quelques recherches sur le net, quelques fils de discussion sont trouvés et se rapportent au texte. Mais aucun ne s'intéresse à la lettre originale. Alors, comme bien peu de gens le font, j'ai lu la page du livret où l'on retrouve les participations et les remerciements.
Heureuse initiative, Hervé Lauzanne est le producteur de l'album, pour Jive Epic. Originaire du Blanc, nul doute qu'il s'agisse d'un descendant d'Ernest.

Merci à Nicola et Oli de Sat, pour cet excellent album.
(Clément se joint à moi pour les remerciements)

Indochine:
http://www.myspace.com/indochineofficial
http://www.indo.fr/


 

Ajout 2017:
Dans le cadre de l'association "les amis du Blanc", le numéro 17 du bulletin asssociatif revient sur Ernest Lauzanne avec une reprise de l'article ci-dessus, mais surtout avec un nouvel article inédit rédigé par Daniel Lauzanne, petit-fils d'Ernest et père de Hervé (producteur de l'album d'Indochine).Cet article est centré sur la vie et les souvenirs de vie et de mort d'Ernest.

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01 septembre 2016

Le camp de concentration des étrangers de Bitray (Réactualisé 2016)

Il y a quelques temps déjà, j'ai acquis trois cartes-photos qui m'ont bien intrigué. Elles ont trait à une page peu connue de notre département. Celui-ci, dès 1914, accueilli un camp de concentration pour les civils étrangers des nations ennemies. Certes le terme de "camp de concentration" a de nos jours une connotation malsaine et ce dû aux actes de la barbarie nazie. Il s'agit cependant du terme officiel utilisé à l'époque (1914), c'est donc la raison pour laquelle, j'ai cependant choisi de l'utiliser.

Au premier abord, les photos ne sont pas clairement identifiables, seules les annotations "Camp des étrangers Châteauroux 1914-1917", "Carrières Châteauroux 1916" et "Camp de Châteauroux 1915-1916" sont lisibles. Les 3 photos provenait d'un même lot dont le vendeur ne pouvait m'en dire plus concernant l'origine, hormis qu'il les avaient lui-même trouvé en Alsace.

Après quelques recherches, des pistes interréssantes se présentaient à moi.

Suite à la lecture d'un ancien numéro de 14-18 Magazine d'avril 2005, je fis l'acquisition du livre "Les camps de concentration français pendant la première guerre mondiale" de Jean Claude Farcy. Cet ouvrage me confirmait la présence d'un camp réservé aux civils étrangers à Bitray, dans les locaux de l'asile d'aliénés.
Dans son ouvrage, Jean Claude Farcy écrit à propos des 70 camps qui existèrent de 1914 à 1920:
Il ne s'agit pas de véritables “camps” construits à cet effet (comme en Allemagne, ou comme plus tard en 1940), hormis le camp de l'île Longue (situé dans la rade Brest) qui est une exception avec ses dizaines de baraques capables de recevoir 2000 internés) et d'ailleurs construit au début et occupé par des prisonniers de guerre. Rares sont les bâtiments modernes, comme l'asile de Bitray (Châteauroux) toujours cité en exemple par les autorités. On utilise des bâtiments existants, anciens séminaires ou couvents désaffectés (Guérande, Vire, La Ferté-Macé, Pontmain), d'anciens forts militaires (iles d'Yeu et de Noirmoutier), des collèges (en Vendée et Fleury-en-Bière) et quelques usines désaffectées (teinturerie Jouguet près de Saint-Brieuc).


En réalité, ce lieu, Bitray, m'était déjà connu. En effet, il abritait aussi une activité plus respectable. Il s'agissait de l'Hôpital complémentaire n°25, qui avait d'ailleurs une annexe à l'Institution Léon XIII, bien connue des castelroussins.

Chateauroux_Bitray_HopitalComplementaire25
Il y a peu en continuant mes recherches, via le site de la Bibliothèque Nationale GALLICA, en lisant le Journal du Droit International de 1916, je mis la main sur ce texte:

Les Internés civils, sujets ennemis dans les « camps de concentration » français
Source – Georges BATAULT. « Gazette de Lausanne » 23 avril 1915.
Bibliographie - Edouard CLUNET. La. personne des « sujets ennemis » en France. Extrait du journal « Le Temps » 1er février 1915 p.19

 " ...Nous avons quitté Châteauroux et nous arrivons après trois kilomètres de route à l'Asile de Bitray, vaste suite de bâtiments. édifiés en pleine campagne, où sont installés les internés civils. L'Asile est à peine terminé, il a été construit pour les aliénés de l'Indre et du Cher, mais n'a pas encore été utilisé. Les circonstances ont fait qu'on y a logé les civils que l'on retient prisonniers en France. L'ensemble des bâtiments est formé d'une suite de pavillons bâtis en éventail autour d'une grande cour circulaire. Dix de ces pavillons sont occupés aujourd'hui par les étrangers. Les locaux sont vastes et clairs, pourvus du chauffage central et éclairés à l'électricité.
Le camp de concentration de Châteauroux- Bitray est du reste un camp modèle, qui donne abri à 560 internés, répartis comme suit : 287 hommes, 193 femmes, 180 enfants. Au point de vue des nationalités la répartition se fait ainsi : .323 sujets allemands, 337 sujets austro-hongrois.
J'ai tâché de faire connaître récemment ce que j'ai pu comprendre de la mentalité des prisonniers de guerre, en insistant sur le caractère presque exclusivement militaire de leur psychologie. La mentalité des prisonniers civils est toute différente.
Ils s'expliquent mal leur présence dans les camps et ne peuvent se faire à leur situation présente. Ils ont le sentiment d'être totalement irresponsables des événements dont ils subissent les conséquences. Quelques-uns sont des touristes, surpris en France par la mobilisation, mais la plupart sont des étrangers fixés dans le pays depuis de longues années.
Se voyant prisonniers, ils ont le sentiment d'une déchéance sociale imméritée et sont angoissés par d'insécurité dans laquelle ils se sentent vis-à-vis de l'avenir.
Les prisonniers de guerre sont des victimes du devoir et se sentent soutenus par une inébranlable confiance ; les internés civils sont des victimes, tout court, et sont pleins de défiance vis-à-vis d'eux-mêmes, et vis-à-vis de l'avenir. Chez presque tous les préoccupations d'ordre économique sont beaucoup plus importantes que les considérations politiques.
Les habitants du camp de concentration de Bitray appartiennent à toutes les conditions sociales. La grande majorité est faite d'ouvriers et de petits boutiquiers, mais il y a cependant un certain nombre d'intellectuels et d'artistes et deux grands commerçants.
En pénétrant dans l'intérieur du camp on n'a pas du tout l'impression d'une prison, et les gens que l'on rencontre n'ont ni l'aspect de geôliers, ni l'aspect de prisonniers. On dirait plutôt une sorte, de phalanstère, quelque peu monacal, avec des règles assez strictes auxquelles se sont soumis volontairement les hommes et les femmes ici réunis ..."

Une de mes 3 photos:

Bitray_CampEtranger_Distribution_NB_ExtraitBitray - La distribution

Continuons notre visite du camp de Bitray:

Nous commençons notre promenade par la visite des cuisines, qui sont vastes et claires, abondamment pourvues de victuailles et d'une propreté méticuleuse. Dans un coin de la cuisine est installée une cantine bien pourvue où les habitants du camp peuvent se procurer, à des prix convenables, des mets supplémentaires ou des douceurs.

La deuxième photo (extrait)

Bitray_CampEtranger_CuisineExterieure_NB_extraitCe que le "reporter" ne raconte pas:
Les cuisines extérieures à même le sol


Nous voyons ensuite un dortoir où sont installés les Alsaciens-Lorrains, qui jouissent ici de nombreux privilèges et qui se montrent satisfaits de leur sort. Ils sont plutôt hospitalisés qu'enfermés, puisqu'ils ont le droit de se rendre en ville quand il leur plaît. Les Polonais jouissent des mêmes droits et privilèges, ainsi que certains Italiens des provinces irridentes.
Les étrangers sont répartis dans les divers pavillons selon leur nationalité. Il y a des pavillons spécialement réservés aux célibataires hommes, d'autres aux célibataires femmes, d'autres enfin aux ménages.
Les salles occupées par les hommes sont de grands dortoirs qui rappellent à la fois la, caserne et l'hôpital. Les femmes plus accoutumées aux soins de la maison se sont mieux installées.
Avec des toiles de Jouy savamment disposées elles ont su donner à leurs chambrées quelque chose de riant et de coquet qui est tout à fait plaisant. Les ménages enfin disposent, de plus de place ; ils ont divisé les grandes salles au moyen de tentures glissant sur des tringles, de façon à faire un certain nombre de petites chambres séparées dont l'ameublement comporte un grand lit et quelques sièges.
Certains internés ingénieux se sont fabriqué divers, meubles, rustiques et pittoresques, je me rappelle surtout un petit mobilier d'enfant, œuvre touchante d'un père industrieux.
Les enfants — très nombreux — sont l'objet de soins tout spéciaux. On a créé pour les tout petits une garderie et, pour les grands. Une école dont la direction est laissée, sous la surveillance du commandant du camp, aux internés eux-mêmes.
Deux fois par semaine, sous la surveillance des institutrices, les enfants sont conduits à la promenade en dehors de l'enceinte du camp. J'ai vu les petites classes, où travaillaient attentivement les gosses, que trouble notre venue. Ils nous firent bon accueil et nous considérèrent avec cette sympathie souriante, qu'ont tous les écoliers pour les visiteurs inattendus qui viennent troubler le cours de la leçon.
J’ai quitté les enfants pour rendre visite aux artistes. Voici le sculpteur hongrois de Fejer que nous voyons dans son atelier — car on lui a installé un atelier où il peut travailler à loisir — et j'ai soudain l'impression de me trouver transporté dans le quartier de Montparnasse. Ce sont les mêmes murs, couverts de dessins, les mêmes sellettes sur lesquelles reposent, enveloppés de lingues humides, les ébauches d'argile.
Je fais une courte visite ensuite au dessinateur et caricaturiste Wolfle, du Simplicissimus, qui me montre ses esquisses et les dessins qui tapissent les murs de la petite chambre qu'il habite avec sa femme.
On me fait aimablement cadeau d'une gravure due à la collaboration de deux internés que je n'ai pas eu le plaisir de voir, le dessinateur Kiss et le graveur Skuravy. La gravure représente, les habitants du camp se rendant aux cuisines pour chercher leurs rations ; les uns attendent leur tour, pressés devant la porte, les autres s'en vont tenant, dans leurs mains un bol de soupe fumante.

La troisième photo (extrait):

Bitray_CampEtranger_Carriere_NB_Extrait
Ce que le "reporter" ne raconte pas:
Le travail des hommes dans une carrière des environs

Avant de quitter le camp de Bitray, nous nous rendons au bureau du « Comité », où nous sommes reçus par les membres assemblés. Car, chose remarquable, les internés civils ont une administration, dirigée par des hommes choisis parmi les internés eux-mêmes, et qui remplit un triple rôle.
Elle s'occupe d'abord de l'administration du camp, à proprement parler, et des relations avec le commandant français, chef du dépôt. Ils Constituent ensuite un bureau de renseignements et de consultation pour leurs administrés. Enfin, une sorte de cour de justice de paix devant laquelle sont portés tous les différends qui peuvent surgir entre les étrangers installés dans le camp. En cas de non conciliation seulement les contestations sont portées devant le chef du dépôt.
Comme nous allions nous en aller, admirant l'ingénieuse et intelligente idée, qui a voulu laisser le plus d'initiative et d'autonomie possible aux internés que la guerre a rassemblés dans ce camp, nous fûmes rappelés par un des membres du Comité, qui demanda à dire quelques mots en son nom propre et au nom de ses collègues.
M. Léonor Poppellauer, sujet allemand, Berlinois ci-devant représentant à Paris de la maison Rotherfurt de Berlin, me fit alors: l'éloge de l'administration française qui s'était montrée si humaine et si pleine de tact, dans la personne du chef du dépôt de Bitray, le commissaire de police Moreau auquel tous les internés doivent une profonde reconnaissance...
Il est inattendu d'entendre des internés civils allemands et austro-hongrois faire la louange de celui qui a mission de les garder et de les surveiller.
Malgré la guerre, impitoyable qu'on lui fait, la France, sûre d'elle-même, reste digne de son passé et de ses grandes traditions d'humanité. N'est-ce pas à cela qu'on peut juger d'une vraie civilisation et d'une culture digne de ce nom. »

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Sur le sujet des internés de Bitray, on découvrira avec intérêt le cas de la famille Valentini en suivant le lien:

De camp en camp, une vie d’exilés civils, la famille Valentini.

 

FamilleMistrelli_Parc

 

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Parmi les internés du camp de Bitray, il y eut Bernard Groethuysen.
Ce dernier, philosophe allemand francophile fut interné en février 1915. Ses amis Charles Du Bos et Charles Andler, peut-être même Henri Bergson, tentèrent d'améliorer ses conditions de détention. Les autorités finirent par lui accorder la liberté de résider en ville chez des particuliers.

IV2

André Gide et Bernard Groethuysen

 


 

En continuant mes recherches sur le camp de Bitray, je suis tombé sur quelques sources iconographiques concernant notre sujet.

Une série de photos prises dans le camp est visible sur le site Mémoires du Ministère de la Culture: Voir ICI
Certaines photos, celles des cuisines extèrieures notamment, permettent de confirmer l'origine de mes exemplaires.

La version trouvée sur le site du ministère de la Culture, à mettre en parallèle avec la photo diffusée dans le 1er message:

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D'autres clichés offciels pris à Bitray et provenant du site du ministère:

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Base Mémoire - Ministère de la Culture


Concernant l'histoire de Bitray, on consultera avec intérêt, l'encyclopédie castelroussine: Châteauroux 1945-2000

On trouve d'autres sources. Cependant, je ne les mentionnerai pas pour l'instant, elles feront l'objet de messages spécifiques, plus tard. Je reviendrai alors sur la phase suivante que connut l'hospice de Bitray: Le "Based Hospital n°9" de l'American Expeditionary Force (A.E.F.).

Un lien vers l'article de Georges Batault dans la Gazette de Lausanne: ici sur le site http://www.letempsarchives.ch


Courant 1917, l'asile de Bitray perd sa fonction de camp d'internement. En effet, début septembre 1917, les premiers soldats américains arrivaient pour transformer le lieu en ce qui devint le Base Hospital n°9.

Mais ceci est une autre histoire et fera alors l'objet d'un autre message.

BH9_Chateauroux

 

Sources:
- GALLICA BNF Journal Du Droit International 1916
- US Army Medical Department History of Base Hospital n°9
- 14-18 Magazine numéro n°25 Avril 2005
- Les camps de concentration de la Première Guerre mondiale, Jean-Claude Farcy, Economica, Paris, 1995, 373 pp.
- GALLICA BNF Journal Du Droit International 1916
- Collection de l'auteur

 

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08 juin 2016

Lettres W, X, Y et Z

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Lettre W

68e RI

WEBER Charles - WICART Georges Philippe

 

90e RI

WANDERSCHEID Louis - WARTHMANN Antoine - WEBER Marcel - WULLEPIT Albert

 

Lettre X

 

 

Lettre Y

 

90e RI

YSAMBERT Gustave - YVERNAULT Alexandre - YVERNAULT Clement - YVERNAULT Paul

 

290e RII

YVERNAULT Hippolyte - YVERNAULT Pierre - YVERNAUT Alexandre

 

Lettre Z

 

68e RI

ZACH Auguste Arnold

 

290e RI

ZIMMER Henri - ZIZIPHE Octave

 

Retrouvez l'alphabet du Monument aux Morts des régiments de l'Indre en cliquant ICI

25 novembre 2015

Issoudun, cantons Sud et Nord - Hommage aux Poilus tombés au champ d'Honneur (1914)

Il est des parutions locales dont je me plais à relayer la parution:
L'année dernière, nous avions eu l'imposant "Monuments de l'arrondissement du Blanc" qui avait été édité par "Les amis du Blanc". Cette année, Les "Amis du vieil Issoudun" nous gâtent avec ce qui s'annonce comme le premier tome d'une série à venir:

"Hommage aux Poilus tombés au champ d'Honneur en 1914"
Cantons Issoudun Nord et Issoudun Sud

Vierzon 006

Il s'agit d'un hommage rendu aux soldats des cantons Issoudun Nord et Issoudun Sud tombés en cette année de début du conflit. L'ouvrage commence par une très intéressante liste des unités concernées, ensuite nous retrouvons un lexique illustré autour des thèmes de cette année 1914 (Artillerie, Mitrailleurs, Hopital, Aérostier, Blessés ... )Au fil des pages, il est possible de découvrir le témoignage de Paul Marteau qui combattit au sein du 95e Régiment d'Infanterie. Ayant reçu l'ouvrage ce matin, je n'ai pas eu le temps que de le parcourir brièvement. Il ne s'agit pas d'un "journal de tranchées", mais d'un texte écrit après le conflit, en tout cas intéressant à lire et prometteur.

La liste des soldats tombés en 1914 est donné au fil des pages, mais aussi par unités, ce qui sera intéressant pour les recoupements avec mes bases personnelles des soldats indriens.

Tout en le feuilletant, j'ai le plaisir de voir que le blog Indre1418 a servi d'inspiration pour la rédaction de ce livre, même s'il n'est pas "sourcé" en fin d'ouvrage.

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11 novembre 2015

Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918?

Je profite du 11 novembre pour reprendre et réactualiser un article précédemment diffusé. Celui-ci a été enrichi par le résultat tant attendu des dépouillements et de la saisie de plusieurs fonds d’archives qui m’ont servis pour établir ces quelques statistiques.

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Combien de soldats de l’Indre sont morts pendant le conflit 1914/1918? Pour répondre à une telle question, on pourrait se contenter des chiffres avancés par la presse de l’époque.

Journal
Journal du Département de l’Indre – 7 novembre 1932 – collection AD36 R909_3

Cependant, lors des différentes recherches entreprises, il n’a pas été possible de retrouver une source officielle indiquant le nombre de décès, mais surtout indiquant la procédure de calcul et les sources d’un tel chiffre.
Tout d’abord, avant de commencer un éventuel comptage, il est nécessaire de définir qu’est ce qu’un « Indrien » ?

  • S’agit-il d’un natif ?
    Mais s’il est resté juste un mois après sa naissance, est il encore du département?
  • S’agit-il d’un résidant ?
    Mais alors combien de temps faut-il résider pour être comptabilisé?
  • A-t-il eu son acte de décès transcrit dans le département ?
    Certains soldats morts dans des hôpitaux du département eurent leur acte de décès transcrit sur le lieu même, ainsi le tirailleur LAMA Bamba dont la transcription eut lieu à Argenton.
  • Doit-on considérer le moment du recrutement militaire comme position de référence ? Mais dans le cas de ces lieux de recrutement Châteauroux / Le Blanc, ce dernier lieu englobe aussi bien des cantons de l’Indre que des cantons d’Indre et Loire et de la Vienne.

A vrai dire, je ne sais clairement le définir, et la solution de facilité consiste à se limiter aux sources rapidement accessibles et ainsi de se contenter des natifs du département issus de la base de Mémoires des Hommes.

J’ai cependant voulu aller un peu plus loin en m’appuyant sur les listes existantes, certes imparfaites, mais donnant déjà un bon angle de vue. Ceci permet de trouver d’autres cas de soldats.

Reprenons maintenant, les différents fonds répertoriés et connus :

Les monuments aux morts (MAM) :

Il s’agit là de la source la plus visible, puisque présente tous les jours dans toutes les communes de France.
Je me suis appuyé sur les données issues du site Mémorial Gen Web. Le département de l’Indre est entièrement relevé. Cela permet d’obtenir une liste de 11.775 noms sur les 248 communes du département. Ce comptage a des limites en l’absence d’écrits concernant l’élaboration des listes. Ce chiffre est aussi à prendre avec précaution, car c’est notamment celui-ci qui permettait de calibrer la subvention versée par l’Etat aux communes conformément à l’article 81 de la loi du 31 juillet 1920. Certaines communes semblèrent « abusées » de ce fait, car de nombreux noms gravés sont finalement restés sans réponse au regard du recoupement avec les autres sources
On ne peut que constater des incohérences (noms sur plusieurs monuments, noms inconnus, certaines familles refusèrent l’inscription de leur enfant sur le monument communal). Le chiffre issu des monuments a vraisemblablement inspiré le journaliste de 1932.

Le Livre d’or départemental (LO) :

Le texte de loi régissant ce Livre d’Or, étant plus strict dans son application (uniquement natif ou résident) que celui régissant la gravure des noms sur les monuments aux morts. Il est donc potentiellement une meilleure source que celui régissant le monument où le Maire était plus libre pour l’inscription (Certains non-Morts pour la France furent inscrits, mais dans la commune d’à côté).
La mise en ligne (partielle*) des Livres d'Or par le site des Archives Nationales permet de cibler 9.643 noms.

* Certaines communes ne sont pas complètes sur le site des Archives Nationales (Aigurande, Ambrault, Anjouin, Ardentes, Argenton, Arthon, Azay, Bagneux, Le Blanc, Les Bordes, Bouesse, Bouges, Buxeuil, Buzançais, Chabris et Chaillac), le chiffre annoncé est donc un chiffre bas.

Les fiches Mémoires des Hommes (MDH) :

Sur le site ministériel, les critères de recherche sont multiples, mais le seul champ actuellement et valablement renseigné est celui du département de naissance.
Les fiches accessibles sont celles des soldats « Morts pour la France » (MPF), mais aussi celles provenant du  deuxième fichier dit des « Non mort pour la France » (NMPF).
Il faut cependant se méfier du laïus « NMPF » des dites fiches qui a été rajouté car ce 2ème fichier contient aussi des MPLF (Pour rappel, l’acte de décès est la seule pièce administrative ayant valeur juridique concernant la mention « Mort pour la France »).
Nous obtenons donc 10.944 cas différents (A la date du jour, de nombreuses fiches du site sont en doubles et une opération de nettoyage est d’ailleurs prévue par l’administration du site, le décompte présenté tient compte de ces doublons).

Les fiches matricules (FM) :

Même si nous sommes déjà en 2015 et que le Centenaire 1914-1918 a commencé depuis plus d’un an, celles-ci sont toujours inaccessibles via le net. De plus, la base étant le recrutement militaire (Châteauroux et Le Blanc), les fiches sont réparties sur plusieurs départements en ce qui concerne le recrutement du Blanc, il est actuellement impossible d’établir une étude fiable, car cela nécessiterait de compulser un très grand nombre de fiches matricules, une à une.

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Si on considère le département de l'Indre, ce sont 60.024 (Châteauroux) et 42.563 (Le Blanc 36), soit 102.587 fiches matricules qu'il faut analyser.
La répartition géographique des bureaux de recrutement Chateauroux et le Blanc:

Capture10_BureauxRecrutement

Le diplôme de Mort pour la France :

Aux Archives départementales de l’Indre, en série R892, deux cahiers comptabilisent les remises de diplômes qui furent transmis aux communes pour être remis aux familles de soldats « Mort pour la France ». Cette liste s’arrête en 1924. Le compte est alors de 9.449 diplômes remis. Une fois compilées en tenant compte des doublons et des envois dans les autres départements suite à mauvaise orientation, nous obtenons 9.341 noms.
Il s’agit donc là du chiffre bas de notre estimation, certaines fiches n'ont qu'un lien ténu avec le département. On visualise, par exemple, des cas concernant des familles de réfugiés des territoires occupés qui reçurent les diplômes sur le lieu de leur hébergement, donc dans le département.

Les listes de retour des corps :

Dans les années 1920, il fut donné la possibilité aux familles de rapatrier au « Pays » le corps des défunts. Du fait que les frais engendrés étaient remboursés par l’Etat, la Préfecture de l’Indre tenait à jour une comptabilité de ces retours, cela permet de compléter les listes existantes. ces listes sont conservées aux Archives départementales de l'Indre sous la forme de 2 cahiers.
Au final, seuls 1.707 retours eurent lieu (du moins furent enregistrés). A la suite de quelques visites dans les cimetières départementaux, il apparait que d’autres eurent bien lieu (avant/après ?), mais ne furent pas enregistrés dans le cadre de cette opération administrative.

______________________________________

De telles incertitudes ne permettent pas actuellement d’annoncer un chiffre précis. L’étude que j’avais entrepris depuis plusieurs années et que je vous présente ci-dessous est le fruit d’un recoupement entre ces 5 sources (Mémoires des Hommes, Mémorial-Gen-Web, Livre d’Or, Remise de diplômes de MPF et Retour des corps).
Cela consiste donc en un subtil recoupement entre toutes ces données, tout en définissant un cadre strict (Par exemple, une homonymie ne suffit pas pour rassembler 2 cas). Le travail étant terminé depuis quelques jours seulement, nous arrivons à quelques 13.908 cas différents, induisant, à coup sur que le nombre est inférieur.

Je vous livre donc ci-dessous ma liste (qui restera toujours en évolution) des 13.908 cas relevés. Les points d'entrées sont multiples et vous pouvez utiliser les filtres que propose Excel.

La nouvelle phase d’évolution de ce fichier est donc de compléter avec les lieux de sépultures (travail en cours) et avec la recherche des actes de décès, car il est bon de rappeler que du point de vue de la loi française, seule la mention MPF sur l’acte de décès est preuve de l’obtention de cette mention.

Comme il ne m'appartient pas de définir qui est un Indrien (natif? résident? ...), tous les cas repris dans le lien présenté ci-dessous concernent le département de l'Indre plus ou moins directement.
Par exemple vous trouverez les noms de soldats du Nord de la France, dont les familles hébergées dans l'Indre pendant le conflit reçurent le diplôme de MPF sur leur lieu d'hébergement (donc dans l'Indre), je ne pouvais décemment les ignorer et ainsi les retirer de la base que j’essaye de constituer, ce d’autant que pour certains, ils figurent alors sur un MAM de l’Indre mais aussi dans leur département d’origine.
La saisie s'effectue au fil de l'eau et de temps disponibles.

Le monument virtuel des soldats indriens morts en 14/18

Essayons maintenant d’effectuer une rapide analyse dans la mesure de ce qui est possible grâce à ces données collectées :

Les « Natifs de l’Indre » :
Volontairement, je prend comme référence la liste des natifs que l’on obtient à partir des différentes sources et ce malgré tout, en faisant fi des avertissements précédemment signalés.

10.944 cas différents de natifs de l’Indre sont en base dont 10.591 figurent dans le fichier principal de Mémoires des Hommes et 339 figurent dans le fichier secondaire dit des « NMPF ». On notera cependant que 14 soldats ne figurent dans aucun fichier sur Mémoires des Hommes (0,13%).

Si nous connaissons la date de naissance, nous ne connaissons la date de transcription de l’acte de décès que pour 9800 et seuls 7869 ont vu leur acte de décès transcrit dans le département de l’Indre.

Toujours concernant les 10.944 « natifs de l’Indre », 90% soit 9.871 sont inscrits sur 1 monument aux morts (MAM) dont 8.851 sur un MAM implantés dans le département. On notera d’ailleurs que 676 sont inscrits sur au moins 2 monuments et parmi eux 11 sont présents sur 3 monuments différents.

A partir de la liste des Natifs de l’Indre, observons le lieu de leur décès :

Capture_DepartDeces

Sans grande surprise, il est à noter que les secteurs de combats les plus représentés sont : La Meuse, la Marne et la Belgique qui constituent le trio de tête.
A noter cependant que derrière la présence de la Meuse cache une réalité bien souvent oubliée. En effet, 35% des pertes en Meuse sont liées aux combats des années 1914 et 1915 et donc ne sont pas liées à la bataille de Verdun qui ne se déclencha qu’en février 1916. Ce sont les victimes des secteurs de Marbotte, Lachalade.

 

De cette liste de pertes, il est possible d’observer leur chronologie :

RepartitionAnnuellesNatifs

CaptureChronologie

Les principales pertes concernent la période 1914, en effet, la retraite, la bataille de la Marne tout d’abord puis le début de l’hiver 1914 furent des périodes où les pertes furent nombreuses, tant pour les hommes mobilisés au sein du 9e corps qui combattirent dans la Marne puis dans le secteur d’Ypres que pour ceux du 8e corps qui combattirent en Woëvre et en Meurthe et Moselle.

Les pics suivants correspondent principalement aux engagements liés aux grandes batailles (Champagne 1915, Verdun 1916, Somme 1916, Aisne 1917, …).

Si dans le cadre de cette étude, nous étudions les soldats natifs de l’Indre et morts lors du conflit, par l’intermédiaire de la fiche MDH, il est possible de connaitre le bureau de recrutement. Cette donnée permet de connaitre la position géographique d’un soldat à l’âge de 20 ans.
Ceci est pertinent pour connaitre l’attache d’un soldat au moment du conflit, mais est à relativiser en fonction de l’âge du soldat. Plus le soldat est ancien, plus l’époque du recrutement s’éloigne et plus il a de chances d’avoir changé de résidence entre la conscription et la mobilisation de 1914.

CaptureRecrutement

88% des natifs de l’Indre étaient encore dans le département lors de leur conscription (63% Châteauroux et 25% Le Blanc). Les migrations s’effectuent naturellement vers les départements limitrophes (Cher, Creuse, Loir et Cher, Indre et Loire, Loir et Cher), mais surtout sur la grosse métropole que représente la région parisienne (Bureaux de la Seine, de Versailles).

Maintenant regardons les lieux de transcription, qui sont donc les lieux de rattachement des soldats au moment de leur décès.

Nota : Les fiches MDH ont une particularité. Nombreuses sont celles où figure la mention DC dans la zone de transcription (Cas 1), dans certaines il s’agit d’envoi mais la mention DC n’est pas indiquée (cas 2), les dates indiquées sont celles de l’envoi de la transcription à la mairie concernée et non la date de la transcription elle-même (Cas 3 et 4).

CaptureFicheDC_1 CaptureFicheDC_2

CaptureFicheSansDC_1 CaptureFicheSansDC_2

 

Sur les 10.944 natifs de l’Indre, 8.626 ont une transcription de l’acte de décès qui eue lieu dans le département et 2.107 eurent leur acte de décès transcris dans d’autres départements. Seuls pour 281 cas, le lieu de transcription est non renseigné.

Capture_Transcription

Sans grande surprise, Paris notamment et la région parisienne figurent en bonne place dans les destinations de résidence suite à des choix de migrations, une volonté de quitter le pays pour tenter sa chance. Les départements limitrophes (18, 23, 37, 41, 86) sont légitimement des départements que l’on trouve dans le haut de ce classement.

A toute cette statistique, je rajoute le travail (incomplet) que j'avais effectué en 2012 en recoupant les nombres de noms sur les monuments aux morts du département et les effectifs de population des communes du département recensés en 1911 (dernier recensement avec le conflit)

CaptureMGW

 

Logo_Bleuet_de_France


Le 11 novembre, je pense à nos anciens
Aidez le Souvenir Français pour l'entretien des sépultures

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28 septembre 2015

Le capitaine Bouverat et les bleus de la classe 1918 du 68e RI.

Collectionner des cartes photos ayant rapport avec les unités du département de l'Indre est une passion qui prend du temps mais surtout demande de la patience. Parfois certains achats sont quelques peu foireux et parfois on tombe sur des pépites insoupçonnées. Concernant ces clichés, ceux ayant trait aux périodes dans la Zone des armées sont relativement rares. Par contre, il est courant de trouver des clichés ayant trait à la période d'instruction, lors de séjours à l'arrière, périodes plus propices à se faire tirer le portrait en individuel ou en groupe.

Il y a quelques temps, un lot de 2 clichés m'avait intrigué:

RI068_Classe1918_Encadrement2 RI068_Classe1918_instruction2

 

Il s'agit de 2 cartes du 68e RI, la première correspond à un groupe de gradés posant dans une caserne, la deuxième représentant un groupe de soldats avec certains des gradés du premier cliché. Ce qui m'attira fut les uniformes des soldats de la 2ème photo.
Les soldats sont équipés d'une vareuse de début du conflit (Gris de fer bleuté - GBDF) et portent des képis bleu horizon (BH). Fait intéressant, les soldats portent des pattes de col "jonquille" donc de couleur jaune. La carte "officiers et sous officiers" les montrent quasiment tous équipés de drap BH, à l'exception de quelques uns (grades subalternes).
On ne peut se tromper ces clichés sont bien du même photographe, pris au même endroit, le décor d'arrière-plan est le même et pris vraisemblablement le même jour, d'ailleurs le vendeur présentait ces 2 cartes en lot.

Ces 2 clichés étaient-ils datables?

Capture


L'apparition d'éléments BH, permet une datation à minima mi-1915. On note aussi la présence de Croix de guerre sur certains uniformes, nous sommes donc après le mois d'avril 1915 qui institua le port de la Croix de Guerre.
Les pattes de col "jonquille" furent celles de l'infanterie de novembre 1914 à avril 1915. Or il n'est pas rare de voir de tels écussons, dans les dépots, un peu plus tard que ce mois d'avril. On notera l'utilisation des "ersatz" de ceinturon, ici en toile. A partir du 15 mai 1915, leur usage est réservé aux dépots et est interdit en ligne.
Malheureusement, il est assez compliqué d'aller plus loin, en l'absence de toute annotations effectuée au verso des clichés.

Peut-on définir le lieu?

Sans trop de doutes, on peut déterminer que le lieu de prise de vue est situé dans une caserne, donc vraisemblablement à la caserne Chanzy du Blanc (36), d'autant que le dépôt du 68ème RI (voir ci-dessous) était constitué de baraquement provisoires.
L'appel des classes s'effectue tout d'abord au sein de la caserne du régiment, ensuite au bout d'un certain temps de formation, les recrues sont déplacées vers les dépots de régiment. Les dépots des régiments de l'Indre étaient situés autour du camp du Ruchard (Indre et Loire) comme je le signalais dans un ancien message http://indre1418.canalblog.com/archives/2010/09/30/19053474.html De là, les recrues allaient alimenter les régiments, les dépots divisionnaires.

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Les dépots des 68e et 90e RI (Saint-Epain et Chapelle de Cheillé)

En 2014, j'avais présenté ainsi une carte concernant la 38e escouade du 90e RI qui représentait la classe 1916 à Châteauroux (qui avait hâte de partir) http://indre1418.canalblog.com/archives/2014/02/27/29324156.html

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Classe 1916 juste avant leur départ de Châteauroux

Un rebondissement:

Une récente trouvaille me fit progresser dans l'identification de ces deux clichés, puisque dans une foire aux vieux papiers, je trouvais non pas un des deux clichés, mais les deux à nouveau dans un même lot, et cette fois une surprise m'attendait.
L'explication est marquée directement sur une des deux cartes.

RI068_Classe1918_Encadrement1 RI068_Classe1918_instruction1_Recto


Le cliché "officiers - sous-officiers" est légèrement différents entre les deux cartes. Le cadrage est désaxé sur la gauche pour la 2ème version et un des officiers du premier rang (le 3ème à gauche) a changé légèrement de position, décroisant ses bras. Concernant le cliché "soldats" le cliché est exactement le même, seul le cadrage est différent et permet de mieux visualiser les soldats de gauche dans la deuxième version.

Maintenant, nous savons donc à la lecture du recto de la 2ème carte "soldats" qu'il s'agit de la Classe 1918.
Ceci change carrément la datation possible. Pour cela, je vous invite à visiter le site d'Arnaud qui est la référence dans ce domaine et de découvrir son article sur l'incorporation des classes 1911 à 1919: http://combattant.14-18.pagesperso-orange.fr/Pasapas/E402mob2.html

La classe 1918 qui devait à l'origine être appelée en octobre 1918, fut appelée théoriquement le 16 avril 1917. Ces clichés datent donc de cette date. Il est intéressant de voir qu'en 1917, on continue d'utiliser les stocks d'habillement du début du conflit. Cet équipement sera échangé pour une tenue plus "académique" et entièrement en BH, au fur et à mesure de l'avancement de la formation.

Une autre surprise fut de découvrir que le 2ème cliché "Soldats Classe 1918", non seulement avait un titre au recto, mais au verso se trouvait la liste des soldats.

RI068_Classe1918_instruction1_Verso

Voici la transcription de la liste visible sur le verso de la carte ci-dessus, non compris les encadrants:

Rousseau C. - Séché - Richet - Rousseau N - Wurtz R - Annault - Guichard V - Grelet H - Lhuillier J - Vergne M - Robert - Vinet R - Langlois A - Bertrand A - Pirot J - Pommé A - Laurendeau - Tuault P - Giraud L - Perriot P - Malbran E - Malasene - Hucault - Landoyer R - Giraud M - Vincent P - Lourdault M - Pagnard V - Richard - Capin - Larose - Joliveau - Lépy - Vincendeau - Gourry - Perrin H - Legros F - Olivier F - Ardon H - Vinatier S - Pornet S - Lebled - Pineau L - Trouvé G - Turpeau F - Jolly - Portelon

Ceci allait permettre des identifications, non sur les positions des soldats sur le cliché, mais sur le parcours des soldats et des encadrants (officiers, sous-officiers et caporaux).

59 personnes composent le cliché "soldat" cependant seuls 56 noms sont répertoriés sur le cliché.

A partir de la liste nominative, est-il possible de déterminer des renseignements complémentaires?

L'identification des soldats:

Depuis 2006, j'ai établi la liste des Morts pour la France (MPF) du 68ème RI soit 3434 "morts pour la France" (et des autres régiments du département - 3538 MPF pour le 90ème RI), cette liste a d'ailleurs peu évoluée depuis 9 ans, seuls quelques rajouts ont été effectués.
La première chose à regarder est d'abord de comparer les MPF "classe 1918" de mon fichier avec les noms de la carte. Sur mes listes 33 "classe 1918" du 68ème RI qui furent déclarés MPF, aucun des noms ne correspond à la la liste de la carte. Par acquis de conscience, j'ai ensuite regardé dans la liste des MPF du 90ème RI, ce régiment faisant brigade avec le 68ème et ayant le même parcours. Là, trois cas qui correspondent potentiellement à des noms de la carte:

 

  • LANGLOIS Alfred Silvain:

Le soldat Alfred Langlois est né le 26/05/1898 à La Chatre (Indre), il est tombé le 25/08/1918 au ravin de Morsan qui se trouve sur la commune de Vézaponin dans l'Aisne (A noter que la fiche Mémoires des Hommes, indique le département de l'Oise). Il s'agit là des derniers grands combats de la 17e Division qui les menèrent jusqu'aux combats dits de l'Orme de Montécouvé.
Sa fiche matricule disponible sur le site des Archives Départementales de l'Indre (Classe 1918 Châteauroux R2517 Maticule 935 page 620) , nous permet de visualiser sa présence au 68e RI, puis au 90e RI.

AD36_FicMat_LangloisAlfred


Sa fiche MPF sur le site Mémoires des Hommes: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m005239f15e5bea4/5242be9d84f7a

Il est à noter qu'Alfred Langlois figure sur le monument aux morts et le livre d'or de la commune de La Chatre. La préfecture de l'Indre adressa à la mairie un diplome de Mort pour la France afin que celui-ci soit remis à la famille. Mais surtout, que cette dernière rapatria au pays le corps du défunt et ce dès le premier convoi qui arriva dans le département le 17 mars 1921.

 

  • TROUVE Gaston:

Le soldat Gaston Trouvé est bien le bon soldat. A partir de sa fiche MDH, il est possible de trouver sa fiche matricule aux Archives départementales des Deux Sèvres. Le recrutement indiqué sur la fiche est Parthenay, mais la réalité des registres sur le site des AD79 lui attribue un recrutement à Niort. Sa fiche est bien la n° 72.
Au regard des données présentes sur cette fiche, il apparait qu'il est d'abord affecté au 68ème RI à compter du 3 mai 1917 et qu'il est ensuite affecté au 90e RI à la date du le 1er décembre 1917.

CaptureFM_Trouve1Ces données sont très intéressantes car elles permettent une fourchette haute et basse concernant les dates de prise de vues des clichés trouvés, soit entre le 3 mai 1917 et le 1er décembre 1917, date à laquelle il rejoint le 90ème RI.

Gaston Trouvé décèdera des suites d'intoxication par les gaz à Neuilly sur Seine (92), à l'hôpital auxiliaire n°55 (52 Boulevard d'Argenson soit l'actuel centre hospitalier de Neuilly).

Sa fiche MPF sur le site Mémoires des Hommes: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m00523a02d876db2/5242c0b254ee5

Gaston Trouvé figure sur les monuments aux morts d'Augé et de Verruyes (79). Il figure aussi sur les plaques commémoratives des églises de ces 2 communes.

 

  • VINATIER Réné:

La fiche matricule du soldat René Vinatier vient confirmer les données trouvées sur celle du soldat Gaston Trouvé. Dans ce cas, il s'agit de la fiche n°592 du recrutement Niort de la classe 1918.
Lui aussi est d'abord affecté au 68ème RI à compter du 3 mai 1917 et ensuite affecté au 90e RI à la date du le 1er décembre 1917.

René Vinatier succombera le 28 mai 1918 à Provins (60) au sein de l'hôpital complémentaire n°3 des suites d'une broncho-pneumonie.

 

Est-il possible de retrouver les autres noms? Certainement, mais cela demanderait beaucoup de temps. Il serait tout d'abord nécessaire de déterminer quels sont les Bureaux de recrutement qui, pour la classe 1918, furent affectés au 68ème RI. Les 3 cas ci-dessus nous donnent déjà des indications d'origine liées à la 9e Région Militaire (Chateauroux et Parthenay-Niort).
Si je regarde la liste des 98 MPF classe 1918 des 68ème et 90ème RI, j'obtiens dans l'ordre décroissant:

CaptureClassementBureauxRecrutement

Cela me donne donc une liste de 14 bureaux de recrutement, à minima, dans lesquels il faudrait chercher les fiches une à une, tout en ne connaissant que le nom et parfois l'initiale du prénom. Comme de plus les fiches matricules de l'Indre (Le Blanc et Chateauroux) ne sont pas en ligne, je préfère m'arrêter là dans cette étude de recherche (Peut-être un jour, je reviendrais dessus).

 

L'identification de l'encadrement:

CaptureEncadrement

La liste de noms nous indique dans l'ordre des grades: Capitaine BOUVERAT, Sous-lieutenants GENTILLEAU et LOUIS, Adjudants CORON et DELALIEU, sergent DEPOND, caporaux RAGOT et SAUVAITRE
Sur le cliché, les grades sont répartis en fonction de leur niveau en partant du centre, donc du chef. nous avons ainsi de gauche à droite:
1 caporal, 1 adjudant, 1 sous-lieutenant, 1 capitaine, 1 sous-lieutenant, 1 adjudant, 1 sergent, 1 caporal.

Les seuls aisément identifiables sont le capitaine BOUVERAT et le sergent DEPOND, ceux-ci étant les seuls dans leur grade.

  • Le capitaine BOUVERAT:

CapturePouverat


Il est facilement reconnaissable par son uniforme, au passage on notera la présence sur sa manche gauche de brisques de présence au front. Le capitaine Bouverat est aussi celui dont il est le plus facile de retrouver des traces. Un petit passage par Google permet de retrouver sa trace dans le Journal Officiel du 25 novembre 1917.

JO_Bouverat
Sources: Gallica BNF

Encore plus intéressant, comme le montre le cliché celui-ci est titulaire de la Légion d'Honneur. Il est possible sur le site Léonore de retrouver son dossier: http://www.culture.gouv.fr/LH/LH027/PG/FRDAFAN83_OL0342020v001.htm
On y apprend divers éléments d'Etat-civil, ainsi que la date de sa nomination à l'ordre de Chevalier de la LH (3 mai 1916. On y apprend aussi qu'il est titulaire de la Croix de Guerre, ce que confirme le cliché. A partir de ces données, il est aisé de retrouver sa fiche matricule (AD 01 - Recrutement Belley - Classe 1896, fiche n°665)

Ancien engagé au 23ème RI, en décembre 1914, sous-lieutenant, il est nommé au 68ème RI; il ensuite passe lieutenant puis capitaine (à titre temporaire). D'octobre 1917 à mars 1918, il passe au 90ème RI et revient au 68ème RI. A la fin du conflit, il retourne au 23e RIoù deviendra capitaine à titre définitif en 1920. Il déccèdera en 1923 à l'hopital de Belfort.
Il est titulaire de plusieurs citations à l'ordre du 68ème Ri et de la 17ème Division.

  • Le sergent DEPOND:

CaptureDepond

En l'absence d'autres indications, il est difficile de retrouver trace de lui. Malgré cela, il est remarquable de noter la tenue de celui-ci. Le haut de l'uniforme est conventionnel, mais le pantalon est quelque peu non réglementaire.

La carte des officiers et sous officiers:

RI068_Classe1918_Encadrement2

Vraisemblablement, nous sommes là devant l'encadrement d'une Cie d'instruction du 68ème RI. Nous retrouvons les cadres présents sur l'autre cliché, hormis les 2 caporaux. Ceci est compréhensible, les caporaux sont des militaires du rang et ne font donc pas parti des sous-officiers.
Si les hommes présents sur ce cliché sont effectivement les formateurs des jeunes de la Classe 1918, il est à noter que nombreux sont les détenteurs de médailles et de chevrons de présence au front et que ceux-ci mettent facilement en avant ses insignes de leur passage au front. A nouveau on notera la diversité des effets militaires surtout concernant les draps utilisés, sans oublier qu'en 1917, cela fait déjà quelques temps que le drap Bleu Horizon est généralisé, mais au final seulement au front. L'intendance a encore quelques vieilles tenues à refourguer.

Si le capitaine Bouverat est facilement identifiable au centre du cliché on reconnaitra d'autres têtes dont le sergent Depond, moustaches au vent, quasiment au dessus du capitaine Bouverat.

Malheureusement malgré toute cette étude, nous ne connaissons pas le numéro de cette compagnie.

Toute cette étude m'évoque un vieux cliché du 68ème RI que j'avais en stock depuis pas mal d'années et que je ne pouvais pleinement commenter, mais que je ne peux m'empêcher de vous présenter ci-dessous afin que vous fassiez vous-mêmes le parallèle avec le premier cliché présenté:

RI068_GroupeSoldats

Nous avons typiquement des très jeunes recrues qui portent la même tenue que sur le cliché "Soldats Classe 1918" que je présente plus haut. La seule différence notable est constituée par la couleur BH des bandes molletières. Ce cliché est plus informel et les pauses sont plus fraternelles que sur le cliché précédent. Sommes-nous encore au temps de l'instruction à la caserne? Sommes nous au temps de l'instruction au dépot? Je ne sais et l'absence d'annotations au verso ne permet de le dire.

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02 septembre 2015

L'Indre à l'épreuve de la Grande Guerre - Parution du catalogue d'exposition

Retour de vacances, je commence doucement à me réapproprier le blog et commence dès ce message à vous faire part d'une nouvelle publication qui me tient à coeur. Ultérieurement, je vous ferais part de mes découvertes estivales.

En 2014, année du début du Centenaire 1914/1918, nous eûmes la possibilité de découvrir une exposition liée au conflit qui fut montée à Eguzon puis à Châteauroux.
Pour ses organisateurs, le défi d’une telle exposition fut de rendre compte de ce conflit, alors que l’Indre fut un département dit de « l'arrière ». Ce qui au départ put sembler être une gageure tant le lien avec ce même conflit pouvait de prime abord sembler être ténu, se transforma en coup de maitre.

En Bas-Berry, point de tranchées, de bombardements, mais au final une foultitude de souvenirs, d’objets, de mémoires familiales encore imprégnées, endeuillées par les conséquences de ce que l’on appela la Grande Guerre.
Ce Centenaire permit aux citoyens du département de se sentir impliqués, de participer, chacun suivant ses moyens, ses trésors trouvés dans les vieux tiroirs.
Avec le recul, il est maintenant certain que la participation et l’adhésion dépassèrent les attentes des organisateurs. Suite à cette exposition, il devint rapidement évident qu’il fallait profiter de ce moment pour numériser, inventorier les souvenirs ressortis des vieilles malles.

Le Musée de la Vallée de la Creuse, l’ASPHARESD (Association pour la sauvegarde du patrimoine historique et archéologique de la région d'Éguzon et du Sud du Département) ont donc entrepris ce travail et publient maintenant le résultat de cette collecte qui servit de support pour l’exposition, sous la forme d’un catalogue et ceci sous l’égide du Comité national du Centenaire 14/18.

 

Je profite donc de ce message pour vous annoncer la publication de ce catalogue qui est disponible au « Musée de la Vallée de la Creuse » à Eguzon (36).

couverture catalogue expo 1

"L’Indre à l’épreuve de la Grande Guerre" – Editions Points d’AEncrage
144 pages, dont 72 en couleurs.

 

couverture catalogue expo 2

 

Il est possible de se procurer ce catalogue auprès du « Musée de la vallée de la Creuse » :

  • Directement à la boutique du « Musée de la vallée de la Creuse » : 20 €uros
  • Par correspondance, en contactant le Musée et en prévoyant 7,25 €uros de port.

 

Musée De Le Vallée De La Creuse
2 Route de la Gare, 36270 Éguzon-Chantôme

Téléphone : 02 54 47 47 75

 

17 mars 2015

De camp en camp, une vie d’internés civils, la famille Valentini. (Réactualisé 2015)

L’objet de ce blog est de partager les informations entre toutes les personnes intéressées par ce vaste sujet que fut la 1ère Guerre Mondiale. Parfois, cela va au-delà de mes espérances.

En 2012, je faisais part de la trouvaille de 3 clichés inédits de ce camp que l’on appelait « de concentration » qui se trouvait à Bitray et concernait les populations civiles étrangères provenant des pays ennemis. Je vous laisse redécouvrir ce message par le biais de ce lien : Le camp de concentration des étrangers de Bitray

Il y a peu, je reçus un message d’Emmanuel qui me signalait qu’il avait des informations concernant ce camp et plus précisément 2 clichés concernant sa famille qui fut internée à Bitray.

Originaire de l’Italie austro-hongroise, la famille Valentini émigra en France vers 1880 , ils s’installèrent dans le XVe arrondissement. Gioachimo travaillait alors à Paris comme déchargeur de péniche, quai de Javel, comme su si bien le représenter Claude Monet:

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Sources: Musée d'Orsay

Avec sa femme Mélania (née Pinamonti), ils eurent 14 enfants, seuls 9 étaient vivant en 1914 dont un, Auguste, né en Italie et qui y resta. Celui-ci fut d’ailleurs enrôlé dans l’armée austro hongroise.
En cette mi-1914, donc, suite à la déclaration de guerre, les familles d’origine allemandes ou austro hongroises installées en France furent internées. Toutefois, il leur fut proposé d’être libérés si un des membres de la famille s’engageait dans l’armée française. Cette proposition fut refusée par la famille Valentini, car les parents ne voulaient pas que deux de leurs enfants puissent se retrouver face à face au combat.

Après un séjour à Poligny (77), la famille fut dirigée sur le département de l'Indre, séjournèrent tout d'abord à Saint Gaultier où la Collégiale servit de lieu d'hébergement et furent ensuite dirigés vers le camp de Chateauroux. Leur fille ainée Irma, mère d’une petite fille, fut libérée car son mari, également Italo-Autro-Hongrois avait accepté de s’engager dans l’armée française, comme maréchal-ferrant. Celle ci vint plusieurs fois les visiter, leur apporter de nouveaux vêtements. Lors d’une de ces visites d’Irma, des clichés furent pris, d'autres lors du séjour indrien.

camp Chateauroux 2_1
La famille Valentini à Bitray

Sur ce premier cliché, la famille Valentini est présente.
La personne à table avec la casquette est Gioachimo Valentini, originaire de Tassullo dans le Trentin, dépendant alors de l’empire d’Autriche Hongrie. En face de lui, sa femme Melania Pinamonti. Autour d’eux, leurs enfants, tous nés en France, sauf Auguste, enrôlé dans l’armée Austro Hongroise.
On y voit également leur fille ainée Irma (debout à gauche), venue les visiter, avec sa propre fille ainsi que tous les enfants du couple Valentini : René, Hélène, Marie, Olga, Blanche, Robert et Irène les autres enfants. René, en âge de combattre et passa toute la durée de la guerre en camp et ne fut libéré que fin 1918.
Olga, née en 1902, la grand-mère d’Emmanuel (mon correspondant), est assise sur le banc au premier rang avec une de ses jeunes sœurs.

camp Chateauroux 1_1
Les femmes et les enfants internés à la collégiale de Saint-Gaultier

Sur le deuxième cliché, on retrouve les familles qui furent internées à Bitray, mais dans un autre cadre. Grâce à Christine Méry-barnabé, historienne locale spécialisée sur le sujet, nous savons que ce cliché a été pris à Saint-Gaultier, juste avant le transfert vers Bitray.

Nous sommes loin du décorum cité par le « journal de Lauzanne » (voir article de 2012 cité plus haut). La paille et la promiscuité sont alors de rigueur et le confort spartiate.

La famille fut maintenue en camp, à Châteauroux, presque 2 ans avant d’être transférée à Guérande.
Vers 1917, Gioachimo Valentini ayant 60 ans, il y eu un échange de prisonniers civils. Ils partirent alors en Autriche, où ils se retrouvèrent à nouveau en camp, car le village d’origine était zone de combat, et que leur statut de minorité italienne les rendait peu sûrs aux yeux des autorités.
Concernant les conditions de vie au camp de Bitray, Emmanuel en entendit parler toute son enfance par sa grand-mère Olga et ses soeurs. Aujourd’hui, celui-ci possède un captage audio du témoignage d'Olga, qui lui conta son séjour à Bitray, peu avant que celle-ci ne décède en 1996, celle-ci se souvenant des détails sur les conditions de vie dans ces camps, en particulier à Châteauroux : Le couchage, la nourriture (une boule de pain de 10 à 15 cm de diamètre par jour, pour quatre) entre autres.

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Actualisation 2015:
Emmanuel, m'avait transmis un document important que je n'avais jusqu'alors pas diffusé. Il s'agit là d'un troisième cliché qui fut pris à Bitray, le long de L'indre, la rivière où les familles pouvaient se laver et laver leur linge.
Emmanuel, donc, a identifié les différents membres de sa famille.

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Au cours du colloque qui eut lieu en 2014 à Châteauroux, Jean Louis Laubry, ancien directeur du Centre d'Etudes Supérieures de Châteauroux, fit une intervention remarquée et très instructive concernant le camp de Bitray. Le compte-rendu sera publié cette année par le CREDI.

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Merci à Emmanuel pour sa confiance et son accord pour accéder aux archives familiales.

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08 mars 2015

Les livres d'Or du département de l'Indre

Une source de documentation relative aux Morts pour la France du département est accessible en ligne sur le site des Archives Nationales. il s'agit des listes communales ayant été établies pour le projet de Livre d'Or. Je me permet de citer l'explication qui en est faite par le site des Archives nationales:

"Par la loi du 25 octobre 1919, « relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande guerre », l'Etat lance le projet d'un Livre d'or comprenant les noms de tous ces héros jusqu'alors anonymes, qui serait déposé au Panthéon.
Le ministère des Pensions, nouvellement créé, est chargé d'établir, à partir du fichier existant, la liste des Morts pour la France de chaque commune ; il l'adresse en 1929 aux maires qui la contrôlent et l'amendent. Des correspondances témoignent souvent de ces échanges entre les deux parties.
Toutefois, les décalages entre les noms figurant sur les monuments aux morts et ceux des Livres d'or proviennent du fait que la liste du ministère est établie en 1929 alors que les monuments aux morts ont presque tous été érigés entre 1920 et 1925.
En 1935, la présentation matérielle du futur Livre d'or est fixée : 120 volumes devaient être imprimés en plusieurs exemplaires, dont un serait déposé au Panthéon. Les contraintes budgétaires, puis le début de la Seconde Guerre mondiale, mirent fin au projet, en laissant subsister la documentation préparatoire."


 

La notice du site des Archives Nationales est accessible directement ICI (nouvelle interface depuis le 20/09/2016)

Il suffit de suivre la cartographie, de sélectionner le département et ensuite de sélectionner la commune recherchée

Attention: On notera cependant que certaines communes du début de la liste départementale ne sont pas complètes (Aigurande, Ambrault, Anjouin, Ardentes, Argenton sur Creuse, Arthon, Azay le Ferron, Bagneux, Le Blanc, Les Bordes, Bouesse, Bouges le Chateau, Buxeuil, Buzancais, Chabris et Chaillac). Ceci représente environ une quarantaine de pages soit moins de 300 noms manquants (innaccessibles) sur les 9258 trouvés.
Ceci serait du à des pages manquantes (réponse donnée par @ArchNat sur Twitter). Je me permet d'avoir quelques doutes et penche plutôt à un bug de l''interface applicative du site (Zoomify).


Dans le fichier accessible ci-dessous, j'ai reporté toutes les fiches existantes.


 

A quoi ressemble une liste issue du livre d'or?

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Sources Archives Nationales

Les renseignements sont très utiles car ils permettent de recroiser les données provenant des monuments aux morts et des fiches Mémoires des Hommes. Ceci est très utile notamment pour les différences de prénoms fréquemment recontrées.

Je met donc à votre disposition le fichier Excel relatif à ce dépouillement (Le fichier est zippé pour des raisons de taille)

LO_Indre à télécharger ICI

On notera que le total est de 9258 cas individuels.
161 cas sont réprésentés sur plusieurs LO communaux (sans tenir compte des Livres d'Or des départements limitrophes).  Ceci est explicable par le fait que pour figurer sur les listes, il fallait être natif ou résidant de la commune.
Je n'ai pas retrouvé 26 cas dans les fiches Mémoires des Hommes (Souci d'orthographe?, mauvaise recherche? Fatigue du transcripteur?).

Comme ces LO ont été établis à partir du fichier qui constitue le fichier Mémoires des Hommes, je n'ai pas rencontré de cas relevant du statut Non Mort pour la France.

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02 mars 2015

Martizay: le retour au pays, le 3 aout 1919 (Réactualisé 2015)

Après la longue coupure estivale, qui fut riche en émotions. Le Centenaire m'ayant occupé durant ce mois d'Aout, je reprend maintenant mes activités.

Je collectionne depuis longtemps les documents de l’époque 1880-1918. Il y a quelques temps déjà, sur un site internet, alors même que la vente était encore en cours, un cliché m’intrigua. Il était sobrement décrit comme « CPA Photo – fête du 3 aout 1919 » . Le vendeur indiquait seulement que la famille était originaire de l’Indre et que le cliché était du 3 aout 1919, mais quelque chose me disait qu’il était important concernant l’histoire du département et du conflit.
Lorsque j’ai eu la carte en main, aussitôt de multiples détails m’apparaissaient. Notamment, au verso, je découvrais une indication primordiale :

« Souvenirs de la fête du 3 aout 1919 – Martizay ».

Le vendeur n’avait pas attaché d’importance à ce dernier mot, qui pour moi était une des clés. Nous avions le lieu de la prise de vue. Des tenues typiquement berrichonnes (Coiffes, biaudes, …)  sont  présentes dans la foule, des militaires en bleu horizon forme le premier plan. Après cette première analyse, je m’empressai donc de le scanner afin de voir les détails qui me permettront d’affiner la compréhension du cliché.

Découvrons donc ce cliché :

Martizay_19190803_Defile_Recto_VueGenerale

Essayons tout d’abord de confirmer le lieu. Le cliché a-t-il bien été pris à Martizay ?
Hormis l’indication sur le verso du cliché, un détail confirme le lieu. En effet, au premier plan deux hommes portent une couronne sur laquelle, il est possible de lire : « Martizay à ses fils »

Martizay_19190803_Defile_Recto_IdentificationLieu1

Grâce à Internet, et notamment le site GoogleMaps et son application Street View, il est possible de se promener au fil des routes et rues de notre région.
Afin d’éviter de déambuler virtuellement pour rien dans les rues de Martizay, il est nécessaire d’identifier des points remarquables afin d’éventuellement les retrouver dans le paysage actuel.

Martizay_19190803_Defile_Recto_IdentificationBatiments2

Maintenant, il ne reste plus qu’à se promener dans Martizay pour trouver éventuellement le point de vue. Après quelques hésitations, le lieu était identifié. Voici donc la vue via Google en décembre 2010 :
https://www.google.fr/maps/@46.806769,1.044294,3a,75y,133.31h,87.14t/data=!3m4!1e1!3m2!1s81TPBojFFdkUgfml2_wzvA!2e0?hl=fr

Le cliché fut donc pris "rue de la Poste". Le porche sur la droite est reconnaissable, et en partie caché par le poteau électrique actuel. Le bâtiment bicolore est celui de cette même poste, toujours existante et dont les encadrements sont composés d’une alternance de calcaire et de briques, donnant ce côté bicolore. Le lieu étant confirmé, nous allons pouvoir essayer d’analyser l’élément le plus important, les personnages.

Comme dans bons nombres de défilés, les personnes se regroupent par affinité ou conformément à un protocole défini. Or, ici, il ne s’agit pas là d’un mouvement de foule spontané et cela correspond très précisément à une manifestation qui suit un protocole bien défini.

Voici donc les différents groupes identifiables et leur position dans ce défilé:

Martizay_19190803_Defile_Recto_IdentificationGroupes

Essayons donc de voir le rôle, la fonction et la composition de chaque groupe.

Groupe 1:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe1

En tête de défilé, on retrouve 3 personnes. On notera tout d’abord qu’il semblerait que ce soit des anciens combattants, du moins des soldats 14-18, mais déjà démobilisés. Deux portent des décorations dont un, la Médaille Militaire et une Croix de Guerre.
La première personne, sur la droite, est le porteur du drapeau national. Comme tout défilé patriotique, les couleurs de la Nation sont en tête. Deux porteurs l’accompagnent, ceux-ci portent une couronne mortuaire sur laquelle on peut lire « Martizay à ses fils ». Il est à rappeler qu’au moment du cliché, les monuments aux morts n’étaient pas encore de rigueur. Que devint cette gerbe ? Fut-elle déposée au cimetière, à l’église. Je n’ai pas la réponse.
Pour rappel, Martizay, lors de l’érection du monument, inscrit 98 noms de ses fils sur le monument, soit 6% de sa population recensée en 1911.

Groupe 2:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe2

Juste derrière les « nouveaux » anciens combattants figurent 4 soldats en uniformes qui sont fêtés par la population. Chacun s’est vu remettre un bouquet fleuri. Qui sont-ils ? Essayons d’analyser les uniformes et leurs équipements pour mieux comprendre.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe2_1

De la gauche vers la droite, on peut donc voir 4 tenues typiques des années de fin de conflit. Celles-ci sont entièrement bleu-horizon. Les tenues et coiffures sont intéressantes car si aucun grade n’est visible sur les bas de manche, on notera leur diversité. La tenue de gauche est une tenue de sortie. Le képi pourrait celui d’un officier ou d’un sous-officier, il s’agit vraisemblablement d’un képi de type « manchon ». Au contraire le 3ème soldat, lui, porte une vareuse standard dite « toutes armes » typique avec un képi troupe. Les deux autres soldats sont aussi vêtus de leurs tenues de sortie et sont équipés de bonnets de police, modèle 1918 pour le soldat n°2 et modèle « Empire » pour le 4ème, sur lequel d’ailleurs, on peut apercevoir une grenade d’infanterie. Ce dernier soldat est remarquable par son jeune âge apparent.
Concernant les décorations, on notera que deux d’entre eux (1 et 4) portent la fourragère sur leur épaule gauche. Le premier soldat est titulaire de la Croix de Guerre avec palme et étoile. Il est donc au moins titulaire d’une citation à l’ordre de l’Armée.
Le premier soldat est vraisemblablement du 66ème RI (Numéros de col et de képi). Malgré un scan au maximum, il est impossible de déterminer les numéros des unités des soldats 2 (10 ?) et 3 ( ??).

Groupe 3 et 4:

 

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe3_4

 

 

La figure de la République, Marianne est entourée par les enfants, on devine les costumes alsaciens et de lorrains, symboles des provinces retrouvées par la « Mère-Nation ». Juste à l’arrière, les demoiselles d’honneur accompagnent le groupe. Le blanc de la virginité et de la pureté sont de rigueur et l’écharpe tricolore de circonstance.
Sur la droite, un groupe de 3 hommes, brassard au bras, surveillent et semblent réguler le cortège. Leurs tenues laissent deviner des notables locaux, dépositaire de l’autorité. Deux d’entre eux ont semblent-ils des décorations sur le revers de leurs vestes. S’agit-il de représentants municipaux, le maire et ses adjoints ? D’autorités issues d’une association patriotique ? Malheureusement, je n’ai pas d’éléments suffisants pour aller plus loin. Il est cependant à noter que sur tout le cliché, au moins 5 personnages avec un brassard sont visibles, répartis le long du cortège.

Groupe 5 et 7:

Occupons nous d’abord du groupe 5.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe5

Ce groupe de personnages est constitué de 10 soldats et de quelques hommes en civil. Sur le veston de quelques-uns de ces derniers, ce qui ressemble à des Croix de Guerre semble être visibles. Nous avons donc là un groupe de combattants démobilisés ou non. Pour une raison qui m’échappe, ceux-ci ne sont pas avec les groupes 1 et 2.
Parmi les militaires en tenues, un chasseur est reconnaissable grâce à sa tarte (béret de Chasseur) et à sa tenue plus foncée. Un deuxième militaire à la tenue foncée semble être un soldat des troupes coloniales (tenue moutarde ressortant foncée sur un cliché N&B.

Un militaire est à part et apparait sur le cliché. Il constitue un groupe à lui-seul, de part sa position dans le cortège.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe7

Isolé parmi les civils, au milieu des femmes, malgré les défauts du cliché, il semblerait bien que nous ayons là un gradé de la Gendarmerie (liseré blanc du képi). Malgré les décorations porté par notre gendarme, ceux-ci ne furent que rarement reconnus comme combattants et de ce fait, il semblerait que le protocole ne l’inclut pas dans le cortège.

Avant d’analyser le groupe 6 (foule civile) intéressons-nous aux deux groupes situés en fond de scène.

Groupe 8:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe8

 

Les enfants ont été regroupés, le blanc est de rigueur. Ils sont encadrés par un homme qui porte le brassard que nous retrouvions dans le groupe n°4.

Groupe 9:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe9

S’il est assez difficile d’identifier ce groupe, il est cependant nécessaire de ne pas le confondre avec le reste de la foule. L’oriflamme annonce une confrérie locale, une harmonie municipale ou plus simplement l’association des anciens combattants de 1870. Difficile de se prononcer.
En général une harmonie est en début de cortège, je vois mal une confrérie locale dans un défilé patriotique, s’il s’agit d’une association d’anciens combattants, l’étendard alors utilisé est confectionné sur la base du drapeau tricolore. Ce groupe reste donc mystérieux.

Groupe 6:

Intéressons maintenant à la foule qui constitue le groupe 6 et qui est bien évidemment le plus divers.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe6_Veuves

Même au sein de cette foule, des groupes se sont constitués. Le plus voyant est celui des veuves, des personnes en deuil. Celles-ci sont reconnaissables par leurs tenues noires et leurs voilettes.
Il est à noter la séparation entre femmes et hommes, chacun occupe un côté de la rue de la Poste. Il est intéressant de comparer ce rituel, avec celui alors en vigueur lors des cultes, dans les églises. La séparation se poursuit dans le cérémonial républicain.

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Il est aussi plaisant de voir certains personnages constituant cette foule.

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Tous les tenants de la population sont là. La biaude côtoie le châpeau melon. Les coiffes et les capelines donnent la réplique aux chapeaux dernier cri, "à la mode de Paris".

Il est intéressant de noter que nulle part, on remarque la présence du clergé. Il s’agit bien d’un cortège « républicain ».

Voilà une étude qui se termine et que je sais d’avance imparfaite, je vous laisse la main si jamais vous avez des remarques.

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Mars 2015:

Un ajout essentiel à la compréhension de l'évennement grâce à l'envoi d'un correspondant du blog. Eric Bernard collectionne lui aussi les photographies d'époque. A la recherche d'informations, il est tombé sur ce message et nous fait profiter de sa trouvaille: 3 photos de ce même 3 aout 1919, à Martizay. Comme pour mon cliché, il s'agit de tirages photographiques, sans indications au dos, mais le point de vue permet de déterminer qu'il s'agit bien du même photographe.

Les 3 clichés viennent confirmer l'analyse déjà effectuée et les hypothèses émises en 2014,(voir ci-dessus). Voici donc les 3 clichés:

EricBernard1_resize

EricBernard2_Resize

EricBernard3_Resize

Concernant l'oriflamme cloturant le défilé, il est maintenant plus facilement déchiffrable. Certes pas entièrement, mais divers éléments permettent de percevoir le rôle de l'association concernée.

Vraisemeblablement, il s'agit d'une association d'entraide (le dessin représente une poignée de main), de plus la date de création de l'association est clairement lisible (1895)

EricBernard3_Extrait

Grand merci à Eric pour son aide et son partage désintéressé de documentation.

 

 

 

 

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