14 octobre 2018

Entre Marne et Flandres: octobre 1914 au 290e RI, le calme avant la tempête.

"Dans cette période, les journées se succédaient sans événement marquant. Les 268e et 290e alternaient dans les tranchées. Les bataillons au repos à Baconnes faisaient l'exercice. Un certain nombre de compagnies creusèrent des tranchées au Nord du village. Ces tranchées faisaient partie d'un système de défense établi par le Génie.
On commença à ce moment la vaccination contre la typhoïde. Les vaccinés avaient bien un peu de température mais il ne se produisit aucun accident grave.
Dans la nuit du 11 au 12, le Maréchal des Logis Pothet et le soldat Tiot essayèrent de faire un prisonnier. Ils ne réussirent pas, mais ils constatèrent que les Allemands enterraient des morts dans la tranchée, qu'il n'y avait pas de sentinelles en avant de celle-ci, mais de simples veilleurs le long de la tranchée elle-même.
Le 18, le Général Dubois revint voir les Officiers du 268e et du 290e R.I. Il énuméra et commenta les hauts faits accomplis par les régiments, ce qui avait attiré l'attention du Haut Commandement sur le Corps d'Armée, et, cela va de soi, sur son Chef. Il laissa entendre qu'on ne moisirait pas dans cette besogne secondaire de secteur, mais qu'avant longtemps on aurait l'occasion de se distinguer à nouveau dans d'autres régions.
Comme conséquence de ce discours, il apparut un beau jour, deux cavaliers à allure très simple. C'était un Général de Division, suivi de son ordonnance. Le Général parut être doux et énergique à la fois. Il était précis quoique sobre d'explications. Sa division devait en relever une des nôtres. Comme il désirait tout voir avant de donner ses ordres, il demanda au Colonel de lui donner son adjoint pour l'accompagner dans le secteur. Le Général guidé par le Lieutenant Sohier alla aux batteries et aux tranchées. Aux batteries il causa aimablement avec les Officiers. Il approuva toutes les dispositions qu'ils avaient prises. Il disait qu'il les recommanderait à ses artilleurs. Près d'une batterie avancée il y avait des tombes. Le Général s'arrêta, salua et dit : «Encore un accident.» Il poussa sa tournée aussi loin qu'il était nécessaire, sans souci du danger, mais aussi sans forfanterie. Au retour, l'ordonnance apprit au Lieutenant Sohier que le Général venait de perdre un fils dans des conditions particulièrement tragiques."

 

Sur cette période du 10 au 20 octobre 1914, le Journal de Marche du 290e RI n'indique aucun tué ou blessé. Cependant, dès le 21, le mouvement reprendra  en direction des Flandres et du secteur d'Ypres où le régiment passera les 6 prochains mois avec tant de pertes.

Le général dont il est question et qui commandait la 12e Division est le général HERR qui s'illustra en 1915 aux Eparges.

 

SHDGR__GR_26_N_298__001__0023__T

 

Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry le 290e.

Posté par Indre1418 à 09:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


29 août 2018

Un bilan de l'été 2018, les 12177 soldats du département.

Sur le blog annexe Indre1418soldats, nous avons fini de créer les fiches pour les années 1914 à 1919. Et oui, nous avons un peu d'avance sur le calendrier. Ce sont pas moins de 12177 fiches qui ont été crées.

CaptureLogo
http://indre1418soldats.canalblog.com/

Ce recensement a permis jusque là de faire quelques découvertes:

- Ce sont pas moins de 1189 noms figurant sur les monuments pour lesquels nous n'avons pas trouvé de concordance certaine avec les autres sources (Un nom, une initiale ne suffisent pas toujours à identifier un défunt).

- Des cas de soldats morts pour la France ou non ont clairement été identifiés, présents sur plusieurs sources et absents sur la principale d'entre elles, le fichier Mémoires des Hommes. L'utilisation de l'état-civil "Décès" permet de faire apparaitre certains cas.
Voici par exemple, le cas du soldat Selleron de Cluis, reformé n°2 juste avant son décès, donc nécessairement Non MPF, mais dont leparcours justifie d'une mention dans le fichier national (Sa fiche matricule)

Capture2

Afin de parfaire la liste et de rajouter des données complémentaires, sous peu, nous mettrons à disposition cette liste d'incertains afin qu'éventuellement vous puissiez nous aider. Parfois un éclairage extérieur permet de sortir la tête de l'ornière.

Posté par Indre1418 à 09:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

26 mai 2018

La garnison du Blanc (vue par le guide de l'officier d'infanterie)

Autour de 1900, des guides étaient publiés afin de présenter les différentes garnisons françaises aux officiers d'active recherchant une nouvelle affectation.
Ainsi, on pouvait se procurer le "Guide de l'officier d'infanterie - Nos garnisons de France, d'Algérie et de Tunisie".

 

(Mes copies sont non datées, si vous avez quelques informations de dates précises concernant ce document, merci de me contacter)

 

"LE BLANC (68e régiment)

Situé sur la Creuse, le Blanc est un chef-lieu d'arrondissement de l'Indre de 7.000 habitants environ. Le climat y est sain et tempéré malgré les brouillards fréquents du printemps qui séjournent le matin dans la vallée.

Le Blanc possède un vieux château transformé en école primaire de garçons. A 500 mètres à l'ouest de la ville se trouve un viaduc, ouvrage d'art remarquable d'une longueur de 520 mètres et de 45 mètres de haut, qui relie les collines des deux rives de la Creuse et sur lequel passe le chemin de fer de Poitiers au Blanc.

LeBlanc_Chateau

La ville possède un collège de garçons, deux pensionnat de jeunes filles, un laique et un religieux.

La garnison comprend un bataillon du 68e et une compagnie du 4e bataillon.

Le séjour au Blanc est, assez agréable; la ville offre peu de relations mondaines, mais les habitants se montrent affables envers l'armée. Les officiers mondains trouvent des distractions dans les nombreux châteaux des environs.

Les bords de la Creuse présentent de beaux paysages. On y fait de belles promenades et la plus intéressante est celle de Fontgombault, où se trouve une abbaye de trappistes importante, située à 9 kilomètres de la ville

Fontgombault_Abbaye

Les amateurs de pèche et de chasse trouvent à satisfaire leur passion, le pays est giboyeux et la Creuse est une rivière des plus poissonneuses.

Les pensions sont bonnes à 75 francs pour les lieutenants et 80 fr. pour les capitaines.

Les logements garnis se paient 30 fr. et les officiers mariés trouvent facilement des maisons coquettes avec jardins depuis 300 fr. jusqu'à 1.000 fr.

Les vivres ne sont pas chers; les boucheries ne possèdent du bœuf qu'une fois par semaine.

Les communications sont difficiles dans toutes les directions. On met 7 heures pour aller à Paris (333 kilomètres) 2 heures pour aller à Poitiers (61 kilomètres), et 3 heures pour se rendre à Tours (110 kilomètres)".

Blanc_Caserne

Posté par Indre1418 à 09:32 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

La garnison d'Issoudun (vue par le guide de l'officier d'infanterie)

Autour de 1900, des guides étaient publiés afin de présenter les différentes garnisons françaises aux officiers d'active recherchant une nouvelle affectation.
Ainsi, on pouvait se procurer le "Guide de l'officier d'infanterie - Nos garnisons de France, d'Algérie et de Tunisie".

(Mes copies sont non datées, si vous avez quelques informations de dates précises concernant ce document, merci de me contacter)

Le 68e RI avait depuis son installation dans l'Indre, deux garnisons, une au Blanc et l'autre à Issoudun. Soit 90 km entre les deux composantes du régiment.

 

"ISSOUDUN (68e régiment)

Garnison. - La garnison ne comprend que le 68e Régiment d'infanterie (État-major, deux bataillons et deux compagnies du 4e Bataillon). La portion centrale du régiment est au Blanc.

Le bataillon du Blanc est relevé tous les deux ans, la compagnie du 4e Bataillon qui s'y trouve également, n'a pas été encore relevée.

 

Description.- Issoudun (les Issoldunois), est la première sous-préfecture du département de l'Indre avec une population de 14.000 habitants.

La ville est bâtie sur la Theols, rivière peu importante dont les bords marécageux ont été assainis dans certaines parties et transformés en jardins fertiles.

La contrée est humide, malgré la rareté des brouillards: le climat y est tempéré et se rapproche de celui de la Touraine.

Issoudun, après avoir eu des seigneurs particuliers, fut achetée en 1221 par Philippe-Auguste. Pendant les guerres de religion, La Châtre s'en empara par trahison au profit de la Ligue, mais la garnison qu'il y laissa, fut expulsée par les habitants. Pendant la Fronde, elle prit le parti du roi et fut mise en cendres.

Issoudun possède trois places mal entretenues, un boulevard peu fréquenté et un joli petit jardin où joue la musique du 68°, deux fois par semaine. La ville est boueuse et mal bâtie. Quelques rues seulement sont pavées.

Issoudun présente peu de curiosités par suite de l'incendie presque totale de la ville, sous Louis XIII. Saint-Cyr, la seule église paroissiale, est inachevée et située au centre de la ville. Le vaste et magnifique établissement des Missionnaires du Sacré-Cœur avec sa riche basilique, attire à Issoudun de nombreux pèlerins, notamment le 8 septembre.

 

 

Issoudun_SacreCoeur

 

 

Moyens de communication. - Issoudun est à 236 kilomètres de Paris, sur la grande ligne Paris-Limoges. La durée du trajet, est de 4 heures environ.

 

Alimentation. - Les officiers ont leur cercle au café du Théâtre, sur le boulevard Baron.

Les pensions sont bonnes et leurs prix modérés : 75 francs pour les lieutenants et 80 francs pour les capitaines. Les vivres ne sont pas chers. principalement les volailles.

 

Logement. - Les logements garnis se paient 30 francs environ. Les officiers y trouvent des maisons, la plupart sans jardins, dont le loyer varie de 500 francs a 1300 francs.

 

Industrie et commerce. - La principale industrie de la ville est la parcheminerie, on y trouve également plusieurs tanneries, des moulins importants et deux malteries.

 

Enseignement. - Issoudun dépend de la faculté de Poitiers et possède un collège de garçons, un établissement secondaire de garçons dirigé par les frères du Sacré-Cour, une école de frères de la doctrine chrétienne, une école laïque pour les filles et un pensionnat tenu par les Sœurs de la Charité de Bourges.

 

Distractions. - Les distractions d'Issoudun sont peu nombreuses et les relations mondaines presque nulles. D'ailleurs, les habitants se montrent indifférents pour ne pas dire hostiles envers les étrangers et principalement envers l'armée. Les officiers du 68e ont organisé un lawn-tennis qui est fréquenté assidûment.

La ville posséde un théâtre où viennent jouer de temps en temps des troupes de passage. Les représentations sont peu suivies.

Les environs d'Issoudun sont monotones, le pays est plat,dénudé et peu fertile. Les routes sont nombreuses et leur état d'entretien permet, en été, d'y faire des promenades en voiture, à cheval et à bicyclette.

Une forêt bien percée se trouve à 11 kilomètres de la ville.

 

Issoudun_Theols

 

 

Le pays est giboyeux, mais les chasses sont en partie gardées. La Théols ayant été empoisonnée, est peu poissonneuse, les amateurs de pèche vont satisfaire leur plaisir sur les bords de l'Arnon, rivière située à 10 kilomètres de la ville et qui renferme une grande quantité de poissons.

 

En résumé le 68e occupe une garnison médiocre, de plus les déménagements continuels présentent de grands inconvénients pour les officiers mariés".

 

Sources:"Guide de l'officier d'infanterie - Nos garnisons de France, d'Algérie et de Tunisie"

 

Issoudun_Marche

Posté par Indre1418 à 09:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

25 mai 2018

La garnison de Chateauroux (vue par le guide de l'officier d'infanterie)

Autour de 1900, des guides étaient publiés afin de présenter les différentes garnisons françaises aux officiers d'active recherchant une nouvelle affectation.
Ainsi, on pouvait se procurer le "Guide de l'officier d'infanterie - Nos garnisons de France, d'Algérie et de Tunisie".

(Mes copies sont non datées, si vous avez quelques informations de dates précises concernant ce document, merci de me contacter)

"CHATEAUROUX (90e Régiment)

Garnison. - Au point de vue mililaire, Chateauroux fait partie du 9e Corps d'armée. Il est le chef-lieu de la 17e Division et de la 33e Brigade d'infanterie. Outre ces deux états-majors, la garnison se compose des corps et services ci-après :

Le 90e Régiment d'infanterie en entier (13 compagnies), le 9e Escadron du train des Équipages en entier (3 compagnies), le Dépôt de la 9e section d'Infirmiers militaires, une annexe d'artillerie, dépendant de l'école de Poitiers, un bureau de recrutement, une sous-intendance, une manutention militaire, un service du génie, le commandant et le trésorier de la gendarmerie de l'Indre ainsi que le capitaine commandant l'arrondissement.

Enfin, c'est à Châteauroux que doivent se former le régiment de réserve alimenté par le 90e Régiment d'infanterie, le 65e Régiment territorial d'infanterie, le 9e Escadron territorial du train.

Ainsi qu'on l'a vu plus haut le régiment d'infanterie et l'escadron du train ne fournissent aucun détachement.

 

Description.-Châteauroux (les Châteauroussins) sic, chef-lieu du département de l'Indre, doit son nom au château (Château-Raoul) élevé sur les bords de l'Indre vers 927, par Raoul-le-Large, seigneur de Déols (localité existant encore aujourd'hui près de Chàteauroux, pour défendre ses États contre les invasions des Normands, qui signalèrent le règne de Charles-le-Chauve.

Autour de ce château qui fait aujourd'hui partie de la Préfecture vinrent se grouper peu à peu les divers établissements, et habitations qui devaient former plus tard la ville dont nous nous occupons, laquelle ne comptait encore à l'époque de la Révolution que 8000 habitants (actuellement 24000).

 

Chateauroux_Prefecture

 

Lors de la division de la France en départements, Châteauroux fut choisi comme chef-lieu par les électeurs de l'Indre, au détriment d'Issoudun qui réclamait également cette faveur comme ayant une population supérieure de 2000 habitants environ, mais occupait une situation moins centrale.

Suivant le mode adopté à cette époque, de doter chaque département d'un evéché, il en fut institué un à Châteauroux, mais il fut supprimé deux ans plus tard au profit de l'archeveché de Bourges.

Les principales curiosités de Châteauroux sont le château, élevé, comme nous l'avons dit plus haut, vers 927, détruit par un incendie en 1366 et reconstruit quelques années plus tard. Pendant la première période, ce château eut à subir deux sièges, très importante, le premier par le roi Philippe-Auguste en 1187, le deuxième par le Prince de Galles en 1356. Ni l'un ni l'autre ne purent s'en rendre maître, et ce dernier pour se venger de son échec, incendia la ville. Depuis sa reconstruction, le château servit de prison pendant 23 ans à Claire Clémence de Maillé-Brézé, nièce de Richelieu, épouse du prince de Condé qui l'avait répudiée.

C'est également dans ce château qu'est né le 18 mars 1773 celui qui devait être plus tard le fidèle compagnon d'exil de l'empereur Napoléon 1er à Sainte-Hélène, le célèbre général Bertrand, dont une statue orne aujourd'hui une place de la ville, à laquelle on a donné le nom de Sainte-Hélène. Une plaque commémorative en marbre, indique encore aujourd'hui la chambre où est né le général Bertrand.

Signalons encore : l'église Saint-André, élevée sur une très grande place, près de la gare, et dont la vue frappe les voyageurs arrivant de la direction de Paris. Bien que de construction récente, son architecture et son style gothique, ainsi que sa situation spéciale au milieu de la plus grande place de la ville, en font un monument d'un très joli effet. L'église Notre-Dame également récente, est moins curieuse.

L'hôtel de ville, datant de la Révolution, est sans style particulier. Il s'y trouve une bibliothèque assez importante.

Enfin on peut encore citer le jardin public où va jouer la musique deux fois par semaine; une partie de ce jardin a été plantée récemment.

La vieille ville est bâtie le long de l'Indre et sur l'élévation qui domine cette rivière, au sud. Une des plus anciennes rues de la ville longe son cours et porte son nom. Des maisons construites sur le côteau, on domine toute la vallée vers Déols et Saint-Christophe. A sa sortie de la ville, l'Indre coule devant les bâtiments de la Préfecture et l'ancien château où sont aujourd'hui réunis tous les services de cette dernière, elle longe ensuite une superbe avenue plantée de marronniers puis enfin passe devant le parc et la manufacture Balsan"

Les habitants de Châteauroux sont les Castelroussins.

"Moyens de communication. - Châteauroux est à 363 kilomètres de Paris. Des trains très commodes faisant le trajet en 4 heures environ permettent de partir le matin et de revenir le soir en passant presque toute la journée à Paris. Il existe en outre des communications faciles avec Orléans, Tours, Poitiers, Limoges et Montluçon, permettant ainsi de partir aisément dans toutes les directions. 

Alimentation.- La vie pour les ménages parait relativement bon marché, surtout lorsqu'on vient du Nord ou de l'Est. Il faut ajouter que les personnes arrivant du Midi disent généralement le contraire. On peut s'approvisionner assez facilement en toutes sortes de choses.

Les officiers ont un cercle de garnison assez bien installé, situé au-dessus du grand café, au centre de la ville. Les pensions sont bonnes et les prix varient de 75 à 90 francs.

Logement. - Les logements garnis coûtent de 23 à 35 francs pour deux ou trois pièces. Il n'y a pas en général d'appartements pour les officiers mariés; la plupart occupent des maisons particulières, dont les prix s'élèvent de 600 à 1.900 francs.

Le loyer s'augmente dans certains cas, de l'impôt des portes et fenêtres et de l'abonnement à l'eau de la ville. Dans le centre on ne trouve guère d'habitations ayant un jardin, ou alors il est généralement exigu.

Industrie et commerce. - Au point de vue industriel, Châteauroux peut être considéré comme un centre relativement important. On y trouve plusieurs ateliers de construction de machines agricoles, une fonderie, plusieurs brasseries, une fabrique de biscuits, une importante manufacture de draps, une sucrerie, l'atelier de confection des magasins des 100000 chemises, de Paris, enfin la manufacture des tabacs qui occupe plus de 1400 ouvriers.

 

Vue d'ensemble

Enseignement. - Châteauroux dépend de la Faculté de Poitiers et possède un lycée de garçons, assez renommé ou l'enseignement est divisé en classique et en moderne. On y reçoit les enfants, dés l'âge de 5 ans, dans des classes spéciales fort bien dirigées.

Chateauroux_JeanGiraudoux

Une école normale primaire d'instituteurs et d'institutrices. Un cours secondaire (d'enseignement) pour jeunes filles avec, comme au lycée, une classe enfantine. Des établissements primaires privés, laïques et religieux en assez grand nombre pour garçons et filles.

Cultes. - On trouve dans la ville trois paroisses Saint-André, Notre-Dame et Saint-Christophe; il existe aussi plusieurs chapelles, dont une tenue par des Pères Rédemptoristes. Il y a également un temple protestant.

Distractions.- Les distractions sont peu nombreuses et les rues désertées de bonne heure. Les officiers n'ont d'autres ressources que les quelques relations mondaines qu'ils peuvent se créer dans le monde officiel et dans quelques familles de la ville et des environs où ils sont assez bien accueillis.

Le théâtre, peu confortable, ne possède pas de troupe permanente. Pendant l'hiver, des artistes de passage viennent jouer les pièces à succès de la capitale, mais réussissent assez rarement à faire de bonnes salles, les officiers comme les familles aisées avant le loisir, en raison des communications assez faciles, de voir ces mêmes pièces sur les scènes parisiennes.

 

Chateauroux_Theatre

Pendant la belle saison, les amateurs de bicyclette ou de cheval trouvent une compensation dans les nombreuses promenades qu'ils peuvent faire dans les environs. En effet si Châteauroux n'offre par lui-même rien de bien attrayant à ses visiteurs; ceux-ci peuvent se dédommager en se transportant à quelques kilomètres dans les environs. Des routes magnifiques partent dans toutes les directions et les cyclistes surtout peuvent en donner tout à leur aise, le Berry abondant en sites et en châteaux remarquables et très curieux. En descendant vers le sud, on rencontre la vallée de la Creuse et de ses affluents qu'il est regrettable de voir tant ignorée des touristes Français. Dans cette région, on se trouve au milieu des merveilles si bien décrites par George Sand; on peut aisément en vérifier l'exactitude et revivre ainsi presque tous ses romans.

Les cavaliers peuvent trouver dans la forêt, située à quelques kilomètres, des promenades tout à fait agréables, parmi les superbes et nombreuses avenues qui la sillonnent dans tous les sens.

Les excursions à pied sont moins faciles et les amateurs de grand air qui veulent s'en aller un peu loin, sont obligés de combiner leur promenade en faisant une partie du trajet en voiture ou en chemin de fer. Un tramway électrique est bien projeté pour se rendre au bord de la forêt, au Poinçonnet (le Robinson de Châteauroux), mais rien ne fait encore prévoir l'époque de son exécution.

Les amateurs de pèche et de chasse trouvent facilement les moyens de satisfaire leurs plaisirs. L'Indre est très poissonneuse et peuplée de presque toutes les espèces de poissons. La Creuse et ses affluents renferment de belles et excellentes truites.

 

Chateauroux_Chasse

Chateauroux_Peche

Les environs de Châteauroux sont très giboyeux et si l'on ne peut que difficilement se procurer de chasse personnelle, il est assez facile d'obtenir des invitations qui peuvent donner d'autant plus de plaisir que, outre le gibier commun, on peut souvent tirer le faisan, le chevreuil, le sanglier et même le cerf. De nombreux marais permettent aussi de tirer le gibier d'eau qui s'y rencontre en abondance, En résumé, à part les distractions qui y sont vraiment trop rares, Châteauroux est une assez bonne garnison, offrant l'avantage, si considérable pour les ménages, de ne pas être exposé à changer continuellement pour le roulement des détachements et permettant de trouver sur place a peu près toutes les choses essentielles, tant pour les moyens d'existence que pour l'éducation des enfants".

Sources:"Guide de l'officier d'infanterie - Nos garnisons de France, d'Algérie et de Tunisie"

Posté par Indre1418 à 22:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


24 mars 2018

Le capitaine Bouverat et les bleus de la classe 1918 du 68e RI. [Réactualisation 2018]

Collectionner des cartes photos ayant rapport avec les unités du département de l'Indre est une passion qui prend du temps mais surtout demande de la patience. Parfois certains achats sont quelques peu foireux et parfois on tombe sur des pépites insoupçonnées. Concernant ces clichés, ceux ayant trait aux périodes dans la Zone des armées sont relativement rares. Par contre, il est courant de trouver des clichés ayant trait à la période d'instruction, lors de séjours à l'arrière, périodes plus propices à se faire tirer le portrait en individuel ou en groupe.

Il y a quelques temps, un lot de 2 clichés m'avait intrigué:

RI068_Classe1918_Encadrement2 RI068_Classe1918_instruction2

 

Il s'agit de 2 cartes du 68e RI, la première correspond à un groupe de gradés posant dans une caserne, la deuxième représentant un groupe de soldats avec certains des gradés du premier cliché. Ce qui m'attira fut les uniformes des soldats de la 2ème photo.
Les soldats sont équipés d'une vareuse de début du conflit (Gris de fer bleuté - GBDF) et portent des képis bleu horizon (BH). Fait intéressant, les soldats portent des pattes de col "jonquille" donc de couleur jaune. La carte "officiers et sous officiers" les montrent quasiment tous équipés de drap BH, à l'exception de quelques uns (grades subalternes).
On ne peut se tromper ces clichés sont bien du même photographe, pris au même endroit, le décor d'arrière-plan est le même et pris vraisemblablement le même jour, d'ailleurs le vendeur présentait ces 2 cartes en lot.

Ces 2 clichés étaient-ils datables?

Capture


L'apparition d'éléments BH, permet une datation à minima mi-1915. On note aussi la présence de Croix de guerre sur certains uniformes, nous sommes donc après le mois d'avril 1915 qui institua le port de la Croix de Guerre.
Les pattes de col "jonquille" furent celles de l'infanterie de novembre 1914 à avril 1915. Or il n'est pas rare de voir de tels écussons, dans les dépots, un peu plus tard que ce mois d'avril. On notera l'utilisation des "ersatz" de ceinturon, ici en toile. A partir du 15 mai 1915, leur usage est réservé aux dépots et est interdit en ligne.
Malheureusement, il est assez compliqué d'aller plus loin, en l'absence de toute annotations effectuée au verso des clichés.

Peut-on définir le lieu?

Sans trop de doutes, on peut déterminer que le lieu de prise de vue est situé dans une caserne, donc vraisemblablement à la caserne Chanzy du Blanc (36), d'autant que le dépôt du 68ème RI (voir ci-dessous) était constitué de baraquement provisoires.
L'appel des classes s'effectue tout d'abord au sein de la caserne du régiment, ensuite au bout d'un certain temps de formation, les recrues sont déplacées vers les dépots de régiment. Les dépots des régiments de l'Indre étaient situés autour du camp du Ruchard (Indre et Loire) comme je le signalais dans un ancien message http://indre1418.canalblog.com/archives/2010/09/30/19053474.html De là, les recrues allaient alimenter les régiments, les dépots divisionnaires.

57001110_p 57001034_p
Les dépots des 68e et 90e RI (Saint-Epain et Chapelle de Cheillé)

En 2014, j'avais présenté ainsi une carte concernant la 38e escouade du 90e RI qui représentait la classe 1916 à Châteauroux (qui avait hâte de partir) http://indre1418.canalblog.com/archives/2014/02/27/29324156.html

94185235
Classe 1916 juste avant leur départ de Châteauroux

Un rebondissement:

Une récente trouvaille me fit progresser dans l'identification de ces deux clichés, puisque dans une foire aux vieux papiers, je trouvais non pas un des deux clichés, mais les deux à nouveau dans un même lot, et cette fois une surprise m'attendait.
L'explication est marquée directement sur une des deux cartes.

RI068_Classe1918_Encadrement1 RI068_Classe1918_instruction1_Recto


Le cliché "officiers - sous-officiers" est légèrement différents entre les deux cartes. Le cadrage est désaxé sur la gauche pour la 2ème version et un des officiers du premier rang (le 3ème à gauche) a changé légèrement de position, décroisant ses bras. Concernant le cliché "soldats" le cliché est exactement le même, seul le cadrage est différent et permet de mieux visualiser les soldats de gauche dans la deuxième version.

Maintenant, nous savons donc à la lecture du recto de la 2ème carte "soldats" qu'il s'agit de la Classe 1918.
Ceci change carrément la datation possible. Pour cela, je vous invite à visiter le site d'Arnaud qui est la référence dans ce domaine et de découvrir son article sur l'incorporation des classes 1911 à 1919: http://combattant.14-18.pagesperso-orange.fr/Pasapas/E402mob2.html

La classe 1918 qui devait à l'origine être appelée en octobre 1918, fut appelée théoriquement le 16 avril 1917. Ces clichés datent donc de cette date. Il est intéressant de voir qu'en 1917, on continue d'utiliser les stocks d'habillement du début du conflit. Cet équipement sera échangé pour une tenue plus "académique" et entièrement en BH, au fur et à mesure de l'avancement de la formation.

Une autre surprise fut de découvrir que le 2ème cliché "Soldats Classe 1918", non seulement avait un titre au recto, mais au verso se trouvait la liste des soldats.

RI068_Classe1918_instruction1_Verso

Voici la transcription de la liste visible sur le verso de la carte ci-dessus, non compris les encadrants:

Rousseau C. - Séché - Richet - Rousseau N - Wurtz R - Annault - Guichard V - Grelet H - Lhuillier J - Vergne M - Robert - Vinet R - Langlois A - Bertrand A - Pirot J - Pommé A - Laurendeau - Tuault P - Giraud L - Perriot P - Malbran E - Malasene - Hucault - Landoyer R - Giraud M - Vincent P - Lourdault M - Pagnard V - Richard - Capin - Larose - Joliveau - Lépy - Vincendeau - Gourry - Perrin H - Legros F - Olivier F - Ardon H - Vinatier S - Pornet S - Lebled - Pineau L - Trouvé G - Turpeau F - Jolly - Portelon

Ceci allait permettre des identifications, non sur les positions des soldats sur le cliché, mais sur le parcours des soldats et des encadrants (officiers, sous-officiers et caporaux).

59 personnes composent le cliché "soldat" cependant seuls 56 noms sont répertoriés sur le cliché.

A partir de la liste nominative, est-il possible de déterminer des renseignements complémentaires?

L'identification des soldats:

Depuis 2006, j'ai établi la liste des Morts pour la France (MPF) du 68ème RI soit 3434 "morts pour la France" (et des autres régiments du département - 3538 MPF pour le 90ème RI), cette liste a d'ailleurs peu évoluée depuis 9 ans, seuls quelques rajouts ont été effectués.
La première chose à regarder est d'abord de comparer les MPF "classe 1918" de mon fichier avec les noms de la carte. Sur mes listes 33 "classe 1918" du 68ème RI qui furent déclarés MPF, aucun des noms ne correspond à la la liste de la carte. Par acquis de conscience, j'ai ensuite regardé dans la liste des MPF du 90ème RI, ce régiment faisant brigade avec le 68ème et ayant le même parcours. Là, trois cas qui correspondent potentiellement à des noms de la carte:

 

  • LANGLOIS Alfred Silvain:

Le soldat Alfred Langlois est né le 26/05/1898 à La Chatre (Indre), il est tombé le 25/08/1918 au ravin de Morsan qui se trouve sur la commune de Vézaponin dans l'Aisne (A noter que la fiche Mémoires des Hommes, indique le département de l'Oise). Il s'agit là des derniers grands combats de la 17e Division qui les menèrent jusqu'aux combats dits de l'Orme de Montécouvé.
Sa fiche matricule disponible sur le site des Archives Départementales de l'Indre (Classe 1918 Châteauroux R2517 Maticule 935 page 620) , nous permet de visualiser sa présence au 68e RI, puis au 90e RI.

AD36_FicMat_LangloisAlfred


Sa fiche MPF sur le site Mémoires des Hommes: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m005239f15e5bea4/5242be9d84f7a

Il est à noter qu'Alfred Langlois figure sur le monument aux morts et le livre d'or de la commune de La Chatre. La préfecture de l'Indre adressa à la mairie un diplome de Mort pour la France afin que celui-ci soit remis à la famille. Mais surtout, que cette dernière rapatria au pays le corps du défunt et ce dès le premier convoi qui arriva dans le département le 17 mars 1921.

 

  • TROUVE Gaston:

Le soldat Gaston Trouvé est bien le bon soldat. A partir de sa fiche MDH, il est possible de trouver sa fiche matricule aux Archives départementales des Deux Sèvres. Le recrutement indiqué sur la fiche est Parthenay, mais la réalité des registres sur le site des AD79 lui attribue un recrutement à Niort. Sa fiche est bien la n° 72.
Au regard des données présentes sur cette fiche, il apparait qu'il est d'abord affecté au 68ème RI à compter du 3 mai 1917 et qu'il est ensuite affecté au 90e RI à la date du le 1er décembre 1917.

CaptureFM_Trouve1Ces données sont très intéressantes car elles permettent une fourchette haute et basse concernant les dates de prise de vues des clichés trouvés, soit entre le 3 mai 1917 et le 1er décembre 1917, date à laquelle il rejoint le 90ème RI.

Gaston Trouvé décèdera des suites d'intoxication par les gaz à Neuilly sur Seine (92), à l'hôpital auxiliaire n°55 (52 Boulevard d'Argenson soit l'actuel centre hospitalier de Neuilly).

Sa fiche MPF sur le site Mémoires des Hommes: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m00523a02d876db2/5242c0b254ee5

Gaston Trouvé figure sur les monuments aux morts d'Augé et de Verruyes (79). Il figure aussi sur les plaques commémoratives des églises de ces 2 communes.

 

  • VINATIER Réné:

La fiche matricule du soldat René Vinatier vient confirmer les données trouvées sur celle du soldat Gaston Trouvé. Dans ce cas, il s'agit de la fiche n°592 du recrutement Niort de la classe 1918.
Lui aussi est d'abord affecté au 68ème RI à compter du 3 mai 1917 et ensuite affecté au 90e RI à la date du le 1er décembre 1917.

René Vinatier succombera le 28 mai 1918 à Provins (60) au sein de l'hôpital complémentaire n°3 des suites d'une broncho-pneumonie.

 

Est-il possible de retrouver les autres noms? Certainement, mais cela demanderait beaucoup de temps. Il serait tout d'abord nécessaire de déterminer quels sont les Bureaux de recrutement qui, pour la classe 1918, furent affectés au 68ème RI. Les 3 cas ci-dessus nous donnent déjà des indications d'origine liées à la 9e Région Militaire (Chateauroux et Parthenay-Niort).
Si je regarde la liste des 98 MPF classe 1918 des 68ème et 90ème RI, j'obtiens dans l'ordre décroissant:

CaptureClassementBureauxRecrutement

Cela me donne donc une liste de 14 bureaux de recrutement, à minima, dans lesquels il faudrait chercher les fiches une à une, tout en ne connaissant que le nom et parfois l'initiale du prénom. Comme de plus les fiches matricules de l'Indre (Le Blanc et Chateauroux) ne sont pas en ligne, je préfère m'arrêter là dans cette étude de recherche (Peut-être un jour, je reviendrais dessus).

 

L'identification de l'encadrement:

CaptureEncadrement

La liste de noms nous indique dans l'ordre des grades: Capitaine BOUVERAT, Sous-lieutenants GENTILLEAU et LOUIS, Adjudants CORON et DELALIEU, sergent DEPOND, caporaux RAGOT et SAUVAITRE
Sur le cliché, les grades sont répartis en fonction de leur niveau en partant du centre, donc du chef. nous avons ainsi de gauche à droite:
1 caporal, 1 adjudant, 1 sous-lieutenant, 1 capitaine, 1 sous-lieutenant, 1 adjudant, 1 sergent, 1 caporal.

Les seuls aisément identifiables sont le capitaine BOUVERAT et le sergent DEPOND, ceux-ci étant les seuls dans leur grade.

  • Le capitaine BOUVERAT:

CapturePouverat


Il est facilement reconnaissable par son uniforme, au passage on notera la présence sur sa manche gauche de brisques de présence au front. Le capitaine Bouverat est aussi celui dont il est le plus facile de retrouver des traces. Un petit passage par Google permet de retrouver sa trace dans le Journal Officiel du 25 novembre 1917.

JO_Bouverat
Sources: Gallica BNF

Encore plus intéressant, comme le montre le cliché celui-ci est titulaire de la Légion d'Honneur. Il est possible sur le site Léonore de retrouver son dossier: http://www.culture.gouv.fr/LH/LH027/PG/FRDAFAN83_OL0342020v001.htm
On y apprend divers éléments d'Etat-civil, ainsi que la date de sa nomination à l'ordre de Chevalier de la LH (3 mai 1916. On y apprend aussi qu'il est titulaire de la Croix de Guerre, ce que confirme le cliché. A partir de ces données, il est aisé de retrouver sa fiche matricule (AD 01 - Recrutement Belley - Classe 1896, fiche n°665)

Ancien engagé au 23ème RI, en décembre 1914, sous-lieutenant, il est nommé au 68ème RI; il ensuite passe lieutenant puis capitaine (à titre temporaire). D'octobre 1917 à mars 1918, il passe au 90ème RI et revient au 68ème RI. A la fin du conflit, il retourne au 23e RIoù deviendra capitaine à titre définitif en 1920. Il déccèdera en 1923 à l'hopital de Belfort.
Il est titulaire de plusieurs citations à l'ordre du 68ème Ri et de la 17ème Division.

  • Le sergent DEPOND:

CaptureDepond

En l'absence d'autres indications, il est difficile de retrouver trace de lui. Malgré cela, il est remarquable de noter la tenue de celui-ci. Le haut de l'uniforme est conventionnel, mais le pantalon est quelque peu non réglementaire.

La carte des officiers et sous officiers:

RI068_Classe1918_Encadrement2

Vraisemblablement, nous sommes là devant l'encadrement d'une Cie d'instruction du 68ème RI. Nous retrouvons les cadres présents sur l'autre cliché, hormis les 2 caporaux. Ceci est compréhensible, les caporaux sont des militaires du rang et ne font donc pas parti des sous-officiers.
Si les hommes présents sur ce cliché sont effectivement les formateurs des jeunes de la Classe 1918, il est à noter que nombreux sont les détenteurs de médailles et de chevrons de présence au front et que ceux-ci mettent facilement en avant ses insignes de leur passage au front. A nouveau on notera la diversité des effets militaires surtout concernant les draps utilisés, sans oublier qu'en 1917, cela fait déjà quelques temps que le drap Bleu Horizon est généralisé, mais au final seulement au front. L'intendance a encore quelques vieilles tenues à refourguer.

Si le capitaine Bouverat est facilement identifiable au centre du cliché on reconnaitra d'autres têtes dont le sergent Depond, moustaches au vent, quasiment au dessus du capitaine Bouverat.

Malheureusement malgré toute cette étude, nous ne connaissons pas le numéro de cette compagnie.

Toute cette étude m'évoque un vieux cliché du 68ème RI que j'avais en stock depuis pas mal d'années et que je ne pouvais pleinement commenter, mais que je ne peux m'empêcher de vous présenter ci-dessous afin que vous fassiez vous-mêmes le parallèle avec le premier cliché présenté:

RI068_GroupeSoldats

Nous avons typiquement des très jeunes recrues qui portent la même tenue que sur le cliché "Soldats Classe 1918" que je présente plus haut. La seule différence notable est constituée par la couleur BH des bandes molletières. Ce cliché est plus informel et les pauses sont plus fraternelles que sur le cliché précédent. Sommes-nous encore au temps de l'instruction à la caserne? Sommes nous au temps de l'instruction au dépot? Je ne sais et l'absence d'annotations au verso ne permet de le dire.


 

Réactualisation mars 2018

Suite à la publication, Philippe Turpeau m'a contacté pour m'annoncer qu'il avait reconnu son aieul Fernand TURPEAU sur le cliché.
Originaire des Deux-Sèvres, il a donc entrepris une recherche se disant que son aieul avait peut-être des copains de recrutement sur ce cliché.

Voici le mail que me fit parvenir Philippe:
Mon grand père est sur cette photo TURPEAU Fernand né le 21 aout 1898 il est incorporé le 3 mai 1917 au 68RI puis passe le 1 dec 1917 au 90RI. Il a été blessé le 29 aout 1918 à Montécouvé. J'ai trouvé les registres militaires de 15 personnes citées à l'arrière de la carte postale, ils sont tous des Deux Sèvres (bureau NIORT_POITIERS). ils ont été incorporés au 68RI (18 avril ou 3 mai) et passés au 90RI (1 oct ou 1 dec). j'ai un fichier résumant ces infos

Voici les 15 classes 1918 de recrutement Niort identifiés par Philippe:

Capture1

Posté par Indre1418 à 12:48 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

26 octobre 2017

Martizay: le retour au pays, le 3 aout 1919 (Réactualisé 2017)

Après la longue coupure estivale, qui fut riche en émotions. Le Centenaire m'ayant occupé durant ce mois d'Aout, je reprend maintenant mes activités.

Je collectionne depuis longtemps les documents de l’époque 1880-1918. Il y a quelques temps déjà, sur un site internet, alors même que la vente était encore en cours, un cliché m’intrigua. Il était sobrement décrit comme « CPA Photo – fête du 3 aout 1919 » . Le vendeur indiquait seulement que la famille était originaire de l’Indre et que le cliché était du 3 aout 1919, mais quelque chose me disait qu’il était important concernant l’histoire du département et du conflit.
Lorsque j’ai eu la carte en main, aussitôt de multiples détails m’apparaissaient. Notamment, au verso, je découvrais une indication primordiale :

« Souvenirs de la fête du 3 aout 1919 – Martizay ».

Le vendeur n’avait pas attaché d’importance à ce dernier mot, qui pour moi était une des clés. Nous avions le lieu de la prise de vue. Des tenues typiquement berrichonnes (Coiffes, biaudes, …)  sont  présentes dans la foule, des militaires en bleu horizon forme le premier plan. Après cette première analyse, je m’empressai donc de le scanner afin de voir les détails qui me permettront d’affiner la compréhension du cliché.

Découvrons donc ce cliché :

Martizay_19190803_Defile_Recto_VueGenerale

Essayons tout d’abord de confirmer le lieu. Le cliché a-t-il bien été pris à Martizay ?
Hormis l’indication sur le verso du cliché, un détail confirme le lieu. En effet, au premier plan deux hommes portent une couronne sur laquelle, il est possible de lire : « Martizay à ses fils »

Martizay_19190803_Defile_Recto_IdentificationLieu1

Grâce à Internet, et notamment le site GoogleMaps et son application Street View, il est possible de se promener au fil des routes et rues de notre région.
Afin d’éviter de déambuler virtuellement pour rien dans les rues de Martizay, il est nécessaire d’identifier des points remarquables afin d’éventuellement les retrouver dans le paysage actuel.

Martizay_19190803_Defile_Recto_IdentificationBatiments2

Maintenant, il ne reste plus qu’à se promener dans Martizay pour trouver éventuellement le point de vue. Après quelques hésitations, le lieu était identifié. Voici donc la vue via Google en décembre 2010 :
https://www.google.fr/maps/@46.806769,1.044294,3a,75y,133.31h,87.14t/data=!3m4!1e1!3m2!1s81TPBojFFdkUgfml2_wzvA!2e0?hl=fr

Le cliché fut donc pris "rue de la Poste". Le porche sur la droite est reconnaissable, et en partie caché par le poteau électrique actuel. Le bâtiment bicolore est celui de cette même poste, toujours existante et dont les encadrements sont composés d’une alternance de calcaire et de briques, donnant ce côté bicolore. Le lieu étant confirmé, nous allons pouvoir essayer d’analyser l’élément le plus important, les personnages.

Comme dans bons nombres de défilés, les personnes se regroupent par affinité ou conformément à un protocole défini. Or, ici, il ne s’agit pas là d’un mouvement de foule spontané et cela correspond très précisément à une manifestation qui suit un protocole bien défini.

Voici donc les différents groupes identifiables et leur position dans ce défilé:

Martizay_19190803_Defile_Recto_IdentificationGroupes

Essayons donc de voir le rôle, la fonction et la composition de chaque groupe.

Groupe 1:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe1

En tête de défilé, on retrouve 3 personnes. On notera tout d’abord qu’il semblerait que ce soit des anciens combattants, du moins des soldats 14-18, mais déjà démobilisés. Deux portent des décorations dont un, la Médaille Militaire et une Croix de Guerre.
La première personne, sur la droite, est le porteur du drapeau national. Comme tout défilé patriotique, les couleurs de la Nation sont en tête. Deux porteurs l’accompagnent, ceux-ci portent une couronne mortuaire sur laquelle on peut lire « Martizay à ses fils ». Il est à rappeler qu’au moment du cliché, les monuments aux morts n’étaient pas encore de rigueur. Que devint cette gerbe ? Fut-elle déposée au cimetière, à l’église. Je n’ai pas la réponse.
Pour rappel, Martizay, lors de l’érection du monument, inscrit 98 noms de ses fils sur le monument, soit 6% de sa population recensée en 1911.

Groupe 2:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe2

Juste derrière les « nouveaux » anciens combattants figurent 4 soldats en uniformes qui sont fêtés par la population. Chacun s’est vu remettre un bouquet fleuri. Qui sont-ils ? Essayons d’analyser les uniformes et leurs équipements pour mieux comprendre.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe2_1

De la gauche vers la droite, on peut donc voir 4 tenues typiques des années de fin de conflit. Celles-ci sont entièrement bleu-horizon. Les tenues et coiffures sont intéressantes car si aucun grade n’est visible sur les bas de manche, on notera leur diversité. La tenue de gauche est une tenue de sortie. Le képi pourrait celui d’un officier ou d’un sous-officier, il s’agit vraisemblablement d’un képi de type « manchon ». Au contraire le 3ème soldat, lui, porte une vareuse standard dite « toutes armes » typique avec un képi troupe. Les deux autres soldats sont aussi vêtus de leurs tenues de sortie et sont équipés de bonnets de police, modèle 1918 pour le soldat n°2 et modèle « Empire » pour le 4ème, sur lequel d’ailleurs, on peut apercevoir une grenade d’infanterie. Ce dernier soldat est remarquable par son jeune âge apparent.
Concernant les décorations, on notera que deux d’entre eux (1 et 4) portent la fourragère sur leur épaule gauche. Le premier soldat est titulaire de la Croix de Guerre avec palme et étoile. Il est donc au moins titulaire d’une citation à l’ordre de l’Armée.
Le premier soldat est vraisemblablement du 66ème RI (Numéros de col et de képi). Malgré un scan au maximum, il est impossible de déterminer les numéros des unités des soldats 2 (10 ?) et 3 ( ??).

Groupe 3 et 4:

 

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe3_4

 

 

La figure de la République, Marianne est entourée par les enfants, on devine les costumes alsaciens et de lorrains, symboles des provinces retrouvées par la « Mère-Nation ». Juste à l’arrière, les demoiselles d’honneur accompagnent le groupe. Le blanc de la virginité et de la pureté sont de rigueur et l’écharpe tricolore de circonstance.
Sur la droite, un groupe de 3 hommes, brassard au bras, surveillent et semblent réguler le cortège. Leurs tenues laissent deviner des notables locaux, dépositaire de l’autorité. Deux d’entre eux ont semblent-ils des décorations sur le revers de leurs vestes. S’agit-il de représentants municipaux, le maire et ses adjoints ? D’autorités issues d’une association patriotique ? Malheureusement, je n’ai pas d’éléments suffisants pour aller plus loin. Il est cependant à noter que sur tout le cliché, au moins 5 personnages avec un brassard sont visibles, répartis le long du cortège.

Groupe 5 et 7:

Occupons nous d’abord du groupe 5.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe5

Ce groupe de personnages est constitué de 10 soldats et de quelques hommes en civil. Sur le veston de quelques-uns de ces derniers, ce qui ressemble à des Croix de Guerre semble être visibles. Nous avons donc là un groupe de combattants démobilisés ou non. Pour une raison qui m’échappe, ceux-ci ne sont pas avec les groupes 1 et 2.
Parmi les militaires en tenues, un chasseur est reconnaissable grâce à sa tarte (béret de Chasseur) et à sa tenue plus foncée. Un deuxième militaire à la tenue foncée semble être un soldat des troupes coloniales (tenue moutarde ressortant foncée sur un cliché N&B.

Un militaire est à part et apparait sur le cliché. Il constitue un groupe à lui-seul, de part sa position dans le cortège.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe7

Isolé parmi les civils, au milieu des femmes, malgré les défauts du cliché, il semblerait bien que nous ayons là un gradé de la Gendarmerie (liseré blanc du képi). Malgré les décorations porté par notre gendarme, ceux-ci ne furent que rarement reconnus comme combattants et de ce fait, il semblerait que le protocole ne l’inclut pas dans le cortège.

Avant d’analyser le groupe 6 (foule civile) intéressons-nous aux deux groupes situés en fond de scène.

Groupe 8:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe8

 

Les enfants ont été regroupés, le blanc est de rigueur. Ils sont encadrés par un homme qui porte le brassard que nous retrouvions dans le groupe n°4.

Groupe 9:

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe9

S’il est assez difficile d’identifier ce groupe, il est cependant nécessaire de ne pas le confondre avec le reste de la foule. L’oriflamme annonce une confrérie locale, une harmonie municipale ou plus simplement l’association des anciens combattants de 1870. Difficile de se prononcer.
En général une harmonie est en début de cortège, je vois mal une confrérie locale dans un défilé patriotique, s’il s’agit d’une association d’anciens combattants, l’étendard alors utilisé est confectionné sur la base du drapeau tricolore. Ce groupe reste donc mystérieux.

Groupe 6:

Intéressons maintenant à la foule qui constitue le groupe 6 et qui est bien évidemment le plus divers.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe6_Veuves

Même au sein de cette foule, des groupes se sont constitués. Le plus voyant est celui des veuves, des personnes en deuil. Celles-ci sont reconnaissables par leurs tenues noires et leurs voilettes.
Il est à noter la séparation entre femmes et hommes, chacun occupe un côté de la rue de la Poste. Il est intéressant de comparer ce rituel, avec celui alors en vigueur lors des cultes, dans les églises. La séparation se poursuit dans le cérémonial républicain.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe6_SexeMF

Il est aussi plaisant de voir certains personnages constituant cette foule.

Martizay_19190803_Defile_Recto_Groupe6_Vetements

Tous les tenants de la population sont là. La biaude côtoie le châpeau melon. Les coiffes et les capelines donnent la réplique aux chapeaux dernier cri, "à la mode de Paris".

Il est intéressant de noter que nulle part, on remarque la présence du clergé. Il s’agit bien d’un cortège « républicain ».

Voilà une étude qui se termine et que je sais d’avance imparfaite, je vous laisse la main si jamais vous avez des remarques.

__________________________________________________

Mars 2015:

Un ajout essentiel à la compréhension de l'évennement grâce à l'envoi d'un correspondant du blog. Eric Bernard collectionne lui aussi les photographies d'époque. A la recherche d'informations, il est tombé sur ce message et nous fait profiter de sa trouvaille: 3 photos de ce même 3 aout 1919, à Martizay. Comme pour mon cliché, il s'agit de tirages photographiques, sans indications au dos, mais le point de vue permet de déterminer qu'il s'agit bien du même photographe.

Les 3 clichés viennent confirmer l'analyse déjà effectuée et les hypothèses émises en 2014,(voir ci-dessus). Voici donc les 3 clichés:

EricBernard1_resize

EricBernard2_Resize

EricBernard3_Resize

Concernant l'oriflamme cloturant le défilé, il est maintenant plus facilement déchiffrable. Certes pas entièrement, mais divers éléments permettent de percevoir le rôle de l'association concernée.

Vraisemblablement, il s'agit d'une association d'entraide (le dessin représente une poignée de main), de plus la date de création de l'association est clairement lisible (1895)

EricBernard3_Extrait

Grand merci à Eric pour son aide et son partage désintéressé de documentation.

 

__________________________________________________

Octobre 2017:

Voici un article du "Journal du département de l'Indre" du 8 août 1919 évoquant la journée du dimanche 3 août 1919 désignée sur le plan national pour être la Fête de la Reconnaissance nationale (envers les Poilus entrés en guerre 5 ans plus tôt) qui m'a été transmis par Jean Louis Laubry, un historien local et ancien directeur du Centre d'Etudes Supérieures de Châteauroux (Merci à lui).

Celui-ci me rajoute dans son mail: "Les "grandes" villes ne la firent pas, réservant leur énergie pour accueillir le retour de leur(s) régiment(s), les petites communes rarement. Ce sont surtout les gros bourgs (de type chef-lieu de canton) qui marquèrent cette journée".

Martizay faisait donc parti de ceux là.

JournalduDepartement8-08-1919MartizayFete3aoutReconnaissanceNationaleNG1

JournalduDepartement8-08-1919MartizayFete3aoutReconnaissanceNationaleNG2

JournalduDepartement8-08-1919MartizayFete3aoutReconnaissanceNationaleNG3

JournalduDepartement8-08-1919MartizayFete3aoutReconnaissanceNationaleNG4

JournalduDepartement8-08-1919MartizayFete3aoutReconnaissanceNationaleNG5

 

 

 

Posté par Indre1418 à 11:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

13 septembre 2017

Lettre de métal , un indrien d'Indochine (Actualisé 2017)

Depuis quelques temps déjà, je tourne autour d'Indochine (1982, plus exactement). A l'époque, en seconde à Blaise Pascal (Châteauroux), c'était le temps de l'Aventurier.
Bien que m'étant orienté vers une branche plus "industrielle" (musicalement et professionnellement), je suivi, malgré les péripéties, la carrière d'Indochine.

Maintenant, c'est surtout mon fils Clément qui est fan, mais, je m'y intéresse toujours et encore.
Le dernier album est donc depuis quelques temps sur la table du salon. Eh oui, chez les Charraud, on achète encore des CD (ceux avec une pochette), pas encore converti au virtuel MP3.

Allez, si vous cherchez un sujet pour le Brevet, en Histoire des Arts, je vous propose une amorce de réflexion. Cependant, attention, des profs (comme moi) consultent ce site, alors, ne vous contentez pas du traditionnel Copier/Coller :-) Faites preuve d'imagination !!!!!!!!

Nicola Sirkis (chanteur et compositeur du groupe) avait, lors de la sortie de leur dernier album, un peu partout dans les médias, annoncé son attrait pour 14-18 et en avait fait la thématique de:

La République des Météors.

indochine_la_republique_des_meteors

Dès le premier simple, le groupe annonçait la couleur avec

Indochine - Little Dolls

Indochine Le Lac

On pourrait aussi aisément transposer les paroles de "Un ange à ma table"

 

Cependant, une chanson m'interpelle plus particulièrement: La lettre de Métal

Indochine – La lettre de métal par VEVO

 

Cette chanson est annotée comme un "Tribute to Ernest Lauzanne".
Or le seul Ernest Lauzanne présent dans Mémoires des Hommes est un Indrien, originaire de Saint Hilaire (actuel St Hilaire sur Benaize). Il fut combattant au sein du 160ème RI et tomba le 27 juillet 1916 à Maurepas (Somme).
Le journal de marche du régiment le reporte bien dans les pertes de la 6e compagnie.

RI160_JMO_LauzanneErnest

Sources: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Le livret de l'album, nous renvoie à ce soldat.
On note la présence de la lettre originale qui inspira le texte de la chanson, ainsi que la présence de photos (prises par un photographe du Blanc-Indre) d'un homme qui vraisemblablement est Ernest Lauzanne, en civil.

Indochine_002Indochine_001

La page de gauche du livret est composée d'un reproduction de la dite lettre manuscrite reprenant le courrier d'un combattant. Nicola, dans diverses interviews, explique la construction de cette chanson, à partir de cette lettre.

A la lecture du texte, du fait de son côté contestataire, on peut considérer cette missive comme une lettre testament. Le pressentiment de ne plus en avoir pour longtemps, l'impossibilité d'en revenir sont une constante du texte.

En voici la transcription:

Mon cher petit Henri,
Comme je vais bientôt partir c’est à toi mon cher fils que je veux m’adresser et te laisser cette lettre comme souvenir de moi, car mon cher petit Henri, quoique tu connaisses bien ton papa quand il va te voir, si je reste là-bas tu ne te souviendras jamais de moi, tu n’as que deux ans et demi mon Henri. Je t’aime de tout mon cœur ainsi que ta sœur et ta mère, vous êtes mon seul espoir mon unique force et pourtant il faut que je vous quitte pour aller me battre, pour aller au devant de la mort, pour être peut être blessé entre les lignes de combat et mourir quelques jours après dans d’atroces souffrances faute d’être secouru comme tant d’autres malheureux prolétaires l’ont été avant moi. Car mon fils, vois-tu, déjà vingt mois que la guerre dure. Déjà un million d’hommes ont été fauchés là bas. Si je n’y suis pas allé plus tôt c’est parce que j’étais malade et même je le suis encore mais comme il faut des hommes l’on y regarde pas de si près, il faut marcher ou crever, voilà la devise de beaucoup de majors français. Enfin, je vais partir avec courage mon fils, je ne veux pas me laisser aller au découragement : car je ne veux pas mourir, je veux vous revoir tous les trois après cette terrible guerre, je veux veiller sur votre enfance à toi et à ta sœur, vous élever du travail de mes bras à la sueur de mon front. Mon fils, quand je dis je veux j’exagère car mes forces peuvent bien me trahir, je suis si faible et une balle ou un éclat d’obus sont peut être réservés pour moi là bas. Tu n’oublieras jamais mon fils que si je reste là bas couché sur le champ de bataille, que si vous êtes orphelins et que ta pauvre mère est veuve et est obligée d’être une misérable pour pouvoir vous élever, que c’est la faute de la classe aristocratique qui a fait tout ce qu’elle a pu pour faire déchaîner cette guerre faite pour la destruction de notre classe, de cette classe ouvrière qui ne leur demandait pourtant rien que de vivre en paix en travaillant pour élever sa petite famille. Mais ils nous trouvaient trop heureux, non contents de boire notre sueur ils ont voulu encore boire notre sang, cette race là ne recule pas devant le crime pour arriver à ses fins. Souviens toi de cela, mon fils. Je te lègue ma haine pour cette race qui a déchaîné cette effroyable tuerie, ce carnage qui n’a rien d’humain car quoique nous soyons au vingtième siècle par eux nous sommes descendus au niveau de la brute à l’état sauvage, nous allons nous entre-tuer avec des hommes que nous n’avons jamais vus ni connus. Tout cela est ignoble et pourtant il faut le faire. Comme beaucoup j’ai les idées de la révolte mais pour la moindre faute c’est le poteau d’exécution et douze balles dans la peau. Je ferai bravement mon devoir mon fils, si je trouve la mort ce sera face à l’ennemi car pour tout au monde je ne veux pas que tu aies à rougir de ton père. Je ne veux pas que si un jour ta mère recevait la nouvelle de ma mort il y ait la mention « mort en lâche ». Non, cela jamais mon fils, je n’ai jamais été un lâche, je n’ai jamais vécu de la charité de personne et je serai fier de toi mon fils de me ressembler. Deviens un homme et quand tu seras fort prends soin de ta mère qui est si bonne pour toi. C’est toi mon fils que je charge de me remplacer et souviens-toi toujours que tu auras le droit de jeter à la face de la classe aristocratique que c’est elle qui est la cause de la mort de ton père.
Adieu mon Henri. Adieu ma Simone. Adieu ma femme bien aimée. Une dernière fois adieu mes trois adorés.

Ce courrier est datable des environs de mai 1916 (Car mon fils, vois-tu, déjà vingt mois que la guerre dure)soit quelques mois avant la disparition d'Ernest Lauzanne.

Après quelques recherches sur le net, quelques fils de discussion sont trouvés et se rapportent au texte. Mais aucun ne s'intéresse à la lettre originale. Alors, comme bien peu de gens le font, j'ai lu la page du livret où l'on retrouve les participations et les remerciements.
Heureuse initiative, Hervé Lauzanne est le producteur de l'album, pour Jive Epic. Originaire du Blanc, nul doute qu'il s'agisse d'un descendant d'Ernest.

Merci à Nicola et Oli de Sat, pour cet excellent album.
(Clément se joint à moi pour les remerciements)

Indochine:
http://www.myspace.com/indochineofficial
http://www.indo.fr/


 

Ajout 2017:
Dans le cadre de l'association "les amis du Blanc", le numéro 17 du bulletin asssociatif revient sur Ernest Lauzanne avec une reprise de l'article ci-dessus, mais surtout avec un nouvel article inédit rédigé par Daniel Lauzanne, petit-fils d'Ernest et père de Hervé (producteur de l'album d'Indochine).Cet article est centré sur la vie et les souvenirs de vie et de mort d'Ernest.

5d4392_40c82a5357604ad49665985ceefe2a46

 

Posté par Indre1418 à 13:39 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

01 septembre 2016

Le camp de concentration des étrangers de Bitray (Réactualisé 2016)

Il y a quelques temps déjà, j'ai acquis trois cartes-photos qui m'ont bien intrigué. Elles ont trait à une page peu connue de notre département. Celui-ci, dès 1914, accueilli un camp de concentration pour les civils étrangers des nations ennemies. Certes le terme de "camp de concentration" a de nos jours une connotation malsaine et ce dû aux actes de la barbarie nazie. Il s'agit cependant du terme officiel utilisé à l'époque (1914), c'est donc la raison pour laquelle, j'ai cependant choisi de l'utiliser.

Au premier abord, les photos ne sont pas clairement identifiables, seules les annotations "Camp des étrangers Châteauroux 1914-1917", "Carrières Châteauroux 1916" et "Camp de Châteauroux 1915-1916" sont lisibles. Les 3 photos provenait d'un même lot dont le vendeur ne pouvait m'en dire plus concernant l'origine, hormis qu'il les avaient lui-même trouvé en Alsace.

Après quelques recherches, des pistes interréssantes se présentaient à moi.

Suite à la lecture d'un ancien numéro de 14-18 Magazine d'avril 2005, je fis l'acquisition du livre "Les camps de concentration français pendant la première guerre mondiale" de Jean Claude Farcy. Cet ouvrage me confirmait la présence d'un camp réservé aux civils étrangers à Bitray, dans les locaux de l'asile d'aliénés.
Dans son ouvrage, Jean Claude Farcy écrit à propos des 70 camps qui existèrent de 1914 à 1920:
Il ne s'agit pas de véritables “camps” construits à cet effet (comme en Allemagne, ou comme plus tard en 1940), hormis le camp de l'île Longue (situé dans la rade Brest) qui est une exception avec ses dizaines de baraques capables de recevoir 2000 internés) et d'ailleurs construit au début et occupé par des prisonniers de guerre. Rares sont les bâtiments modernes, comme l'asile de Bitray (Châteauroux) toujours cité en exemple par les autorités. On utilise des bâtiments existants, anciens séminaires ou couvents désaffectés (Guérande, Vire, La Ferté-Macé, Pontmain), d'anciens forts militaires (iles d'Yeu et de Noirmoutier), des collèges (en Vendée et Fleury-en-Bière) et quelques usines désaffectées (teinturerie Jouguet près de Saint-Brieuc).


En réalité, ce lieu, Bitray, m'était déjà connu. En effet, il abritait aussi une activité plus respectable. Il s'agissait de l'Hôpital complémentaire n°25, qui avait d'ailleurs une annexe à l'Institution Léon XIII, bien connue des castelroussins.

Chateauroux_Bitray_HopitalComplementaire25
Il y a peu en continuant mes recherches, via le site de la Bibliothèque Nationale GALLICA, en lisant le Journal du Droit International de 1916, je mis la main sur ce texte:

Les Internés civils, sujets ennemis dans les « camps de concentration » français
Source – Georges BATAULT. « Gazette de Lausanne » 23 avril 1915.
Bibliographie - Edouard CLUNET. La. personne des « sujets ennemis » en France. Extrait du journal « Le Temps » 1er février 1915 p.19

 " ...Nous avons quitté Châteauroux et nous arrivons après trois kilomètres de route à l'Asile de Bitray, vaste suite de bâtiments. édifiés en pleine campagne, où sont installés les internés civils. L'Asile est à peine terminé, il a été construit pour les aliénés de l'Indre et du Cher, mais n'a pas encore été utilisé. Les circonstances ont fait qu'on y a logé les civils que l'on retient prisonniers en France. L'ensemble des bâtiments est formé d'une suite de pavillons bâtis en éventail autour d'une grande cour circulaire. Dix de ces pavillons sont occupés aujourd'hui par les étrangers. Les locaux sont vastes et clairs, pourvus du chauffage central et éclairés à l'électricité.
Le camp de concentration de Châteauroux- Bitray est du reste un camp modèle, qui donne abri à 560 internés, répartis comme suit : 287 hommes, 193 femmes, 180 enfants. Au point de vue des nationalités la répartition se fait ainsi : .323 sujets allemands, 337 sujets austro-hongrois.
J'ai tâché de faire connaître récemment ce que j'ai pu comprendre de la mentalité des prisonniers de guerre, en insistant sur le caractère presque exclusivement militaire de leur psychologie. La mentalité des prisonniers civils est toute différente.
Ils s'expliquent mal leur présence dans les camps et ne peuvent se faire à leur situation présente. Ils ont le sentiment d'être totalement irresponsables des événements dont ils subissent les conséquences. Quelques-uns sont des touristes, surpris en France par la mobilisation, mais la plupart sont des étrangers fixés dans le pays depuis de longues années.
Se voyant prisonniers, ils ont le sentiment d'une déchéance sociale imméritée et sont angoissés par d'insécurité dans laquelle ils se sentent vis-à-vis de l'avenir.
Les prisonniers de guerre sont des victimes du devoir et se sentent soutenus par une inébranlable confiance ; les internés civils sont des victimes, tout court, et sont pleins de défiance vis-à-vis d'eux-mêmes, et vis-à-vis de l'avenir. Chez presque tous les préoccupations d'ordre économique sont beaucoup plus importantes que les considérations politiques.
Les habitants du camp de concentration de Bitray appartiennent à toutes les conditions sociales. La grande majorité est faite d'ouvriers et de petits boutiquiers, mais il y a cependant un certain nombre d'intellectuels et d'artistes et deux grands commerçants.
En pénétrant dans l'intérieur du camp on n'a pas du tout l'impression d'une prison, et les gens que l'on rencontre n'ont ni l'aspect de geôliers, ni l'aspect de prisonniers. On dirait plutôt une sorte, de phalanstère, quelque peu monacal, avec des règles assez strictes auxquelles se sont soumis volontairement les hommes et les femmes ici réunis ..."

Une de mes 3 photos:

Bitray_CampEtranger_Distribution_NB_ExtraitBitray - La distribution

Continuons notre visite du camp de Bitray:

Nous commençons notre promenade par la visite des cuisines, qui sont vastes et claires, abondamment pourvues de victuailles et d'une propreté méticuleuse. Dans un coin de la cuisine est installée une cantine bien pourvue où les habitants du camp peuvent se procurer, à des prix convenables, des mets supplémentaires ou des douceurs.

La deuxième photo (extrait)

Bitray_CampEtranger_CuisineExterieure_NB_extraitCe que le "reporter" ne raconte pas:
Les cuisines extérieures à même le sol


Nous voyons ensuite un dortoir où sont installés les Alsaciens-Lorrains, qui jouissent ici de nombreux privilèges et qui se montrent satisfaits de leur sort. Ils sont plutôt hospitalisés qu'enfermés, puisqu'ils ont le droit de se rendre en ville quand il leur plaît. Les Polonais jouissent des mêmes droits et privilèges, ainsi que certains Italiens des provinces irridentes.
Les étrangers sont répartis dans les divers pavillons selon leur nationalité. Il y a des pavillons spécialement réservés aux célibataires hommes, d'autres aux célibataires femmes, d'autres enfin aux ménages.
Les salles occupées par les hommes sont de grands dortoirs qui rappellent à la fois la, caserne et l'hôpital. Les femmes plus accoutumées aux soins de la maison se sont mieux installées.
Avec des toiles de Jouy savamment disposées elles ont su donner à leurs chambrées quelque chose de riant et de coquet qui est tout à fait plaisant. Les ménages enfin disposent, de plus de place ; ils ont divisé les grandes salles au moyen de tentures glissant sur des tringles, de façon à faire un certain nombre de petites chambres séparées dont l'ameublement comporte un grand lit et quelques sièges.
Certains internés ingénieux se sont fabriqué divers, meubles, rustiques et pittoresques, je me rappelle surtout un petit mobilier d'enfant, œuvre touchante d'un père industrieux.
Les enfants — très nombreux — sont l'objet de soins tout spéciaux. On a créé pour les tout petits une garderie et, pour les grands. Une école dont la direction est laissée, sous la surveillance du commandant du camp, aux internés eux-mêmes.
Deux fois par semaine, sous la surveillance des institutrices, les enfants sont conduits à la promenade en dehors de l'enceinte du camp. J'ai vu les petites classes, où travaillaient attentivement les gosses, que trouble notre venue. Ils nous firent bon accueil et nous considérèrent avec cette sympathie souriante, qu'ont tous les écoliers pour les visiteurs inattendus qui viennent troubler le cours de la leçon.
J’ai quitté les enfants pour rendre visite aux artistes. Voici le sculpteur hongrois de Fejer que nous voyons dans son atelier — car on lui a installé un atelier où il peut travailler à loisir — et j'ai soudain l'impression de me trouver transporté dans le quartier de Montparnasse. Ce sont les mêmes murs, couverts de dessins, les mêmes sellettes sur lesquelles reposent, enveloppés de lingues humides, les ébauches d'argile.
Je fais une courte visite ensuite au dessinateur et caricaturiste Wolfle, du Simplicissimus, qui me montre ses esquisses et les dessins qui tapissent les murs de la petite chambre qu'il habite avec sa femme.
On me fait aimablement cadeau d'une gravure due à la collaboration de deux internés que je n'ai pas eu le plaisir de voir, le dessinateur Kiss et le graveur Skuravy. La gravure représente, les habitants du camp se rendant aux cuisines pour chercher leurs rations ; les uns attendent leur tour, pressés devant la porte, les autres s'en vont tenant, dans leurs mains un bol de soupe fumante.

La troisième photo (extrait):

Bitray_CampEtranger_Carriere_NB_Extrait
Ce que le "reporter" ne raconte pas:
Le travail des hommes dans une carrière des environs

Avant de quitter le camp de Bitray, nous nous rendons au bureau du « Comité », où nous sommes reçus par les membres assemblés. Car, chose remarquable, les internés civils ont une administration, dirigée par des hommes choisis parmi les internés eux-mêmes, et qui remplit un triple rôle.
Elle s'occupe d'abord de l'administration du camp, à proprement parler, et des relations avec le commandant français, chef du dépôt. Ils Constituent ensuite un bureau de renseignements et de consultation pour leurs administrés. Enfin, une sorte de cour de justice de paix devant laquelle sont portés tous les différends qui peuvent surgir entre les étrangers installés dans le camp. En cas de non conciliation seulement les contestations sont portées devant le chef du dépôt.
Comme nous allions nous en aller, admirant l'ingénieuse et intelligente idée, qui a voulu laisser le plus d'initiative et d'autonomie possible aux internés que la guerre a rassemblés dans ce camp, nous fûmes rappelés par un des membres du Comité, qui demanda à dire quelques mots en son nom propre et au nom de ses collègues.
M. Léonor Poppellauer, sujet allemand, Berlinois ci-devant représentant à Paris de la maison Rotherfurt de Berlin, me fit alors: l'éloge de l'administration française qui s'était montrée si humaine et si pleine de tact, dans la personne du chef du dépôt de Bitray, le commissaire de police Moreau auquel tous les internés doivent une profonde reconnaissance...
Il est inattendu d'entendre des internés civils allemands et austro-hongrois faire la louange de celui qui a mission de les garder et de les surveiller.
Malgré la guerre, impitoyable qu'on lui fait, la France, sûre d'elle-même, reste digne de son passé et de ses grandes traditions d'humanité. N'est-ce pas à cela qu'on peut juger d'une vraie civilisation et d'une culture digne de ce nom. »

________________________________________________________________________________________

Sur le sujet des internés de Bitray, on découvrira avec intérêt le cas de la famille Valentini en suivant le lien:

De camp en camp, une vie d’exilés civils, la famille Valentini.

 

FamilleMistrelli_Parc

 

________________________________________________________________________________________

Parmi les internés du camp de Bitray, il y eut Bernard Groethuysen.
Ce dernier, philosophe allemand francophile fut interné en février 1915. Ses amis Charles Du Bos et Charles Andler, peut-être même Henri Bergson, tentèrent d'améliorer ses conditions de détention. Les autorités finirent par lui accorder la liberté de résider en ville chez des particuliers.

IV2

André Gide et Bernard Groethuysen

 


 

En continuant mes recherches sur le camp de Bitray, je suis tombé sur quelques sources iconographiques concernant notre sujet.

Une série de photos prises dans le camp est visible sur le site Mémoires du Ministère de la Culture: Voir ICI
Certaines photos, celles des cuisines extèrieures notamment, permettent de confirmer l'origine de mes exemplaires.

La version trouvée sur le site du ministère de la Culture, à mettre en parallèle avec la photo diffusée dans le 1er message:

sap40_d0001232_p

D'autres clichés offciels pris à Bitray et provenant du site du ministère:

sap40_d0001210_p sap40_d0001214_p sap40_d0001225_p sap40_d0001204_p

Base Mémoire - Ministère de la Culture


Concernant l'histoire de Bitray, on consultera avec intérêt, l'encyclopédie castelroussine: Châteauroux 1945-2000

On trouve d'autres sources. Cependant, je ne les mentionnerai pas pour l'instant, elles feront l'objet de messages spécifiques, plus tard. Je reviendrai alors sur la phase suivante que connut l'hospice de Bitray: Le "Based Hospital n°9" de l'American Expeditionary Force (A.E.F.).

Un lien vers l'article de Georges Batault dans la Gazette de Lausanne: ici sur le site http://www.letempsarchives.ch


Courant 1917, l'asile de Bitray perd sa fonction de camp d'internement. En effet, début septembre 1917, les premiers soldats américains arrivaient pour transformer le lieu en ce qui devint le Base Hospital n°9.

Mais ceci est une autre histoire et fera alors l'objet d'un autre message.

BH9_Chateauroux

 

Sources:
- GALLICA BNF Journal Du Droit International 1916
- US Army Medical Department History of Base Hospital n°9
- 14-18 Magazine numéro n°25 Avril 2005
- Les camps de concentration de la Première Guerre mondiale, Jean-Claude Farcy, Economica, Paris, 1995, 373 pp.
- GALLICA BNF Journal Du Droit International 1916
- Collection de l'auteur

 

Posté par Indre1418 à 15:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

08 juin 2016

Lettres W, X, Y et Z

 Logo1418

 

Lettre W

68e RI

WEBER Charles - WICART Georges Philippe

 

90e RI

WANDERSCHEID Louis - WARTHMANN Antoine - WEBER Marcel - WULLEPIT Albert

 

Lettre X

 

 

Lettre Y

 

90e RI

YSAMBERT Gustave - YVERNAULT Alexandre - YVERNAULT Clement - YVERNAULT Paul

 

290e RII

YVERNAULT Hippolyte - YVERNAULT Pierre - YVERNAUT Alexandre

 

Lettre Z

 

68e RI

ZACH Auguste Arnold

 

290e RI

ZIMMER Henri - ZIZIPHE Octave

 

Retrouvez l'alphabet du Monument aux Morts des régiments de l'Indre en cliquant ICI