19 octobre 2016

Des idées de sorties pour l'automne 2016 (Episode 2)

Une exposition à signaler à Issoudun:

Centre de la Mémoire de la médiathèque, du 21 octobre 2016 au 14 janvier 2017

affiche-guerre-14-18

Cette exposition du Centre de la mémoire met à l’honneur les écrits, publiés ou non, de soldats qui ont vécu et survécu à l’horreur de cette guerre d’usure.
Ils témoignent de la vie quotidienne dans les tranchées ou sur le front, des combats en première ligne, de leur survie, de celle de leurs camarades. Leurs témoignages sont sincères, proches de la vérité, ils sont durs, violents, émouvants. Les narrateurs choisis pour cette exposition sont des anonymes, d’autres sont des intellectuels ou hommes de lettres connus, d’autres encore deviendront des écrivains pendant ou après le conflit. Beaucoup partageront les idées socialistes et s’opposeront à tous les nationalismes. Profondément marqués par cette guerre, ils seront nombreux à choisir la voie du pacifisme et de la paix.

Cette exposition est l’occasion de valoriser les fonds privés déposés lors de la Grande Collecte en 2013 et 2014 et de les confronter aux archives conservées au Centre de la Mémoire comme le fonds Léon Werth.

Exposition au Centre de la Mémoire de la médiathèque, du 21 octobre 2016 au 14 janvier 2017

A l'occasion de cette exposition, une lecture de correspondances en musique " Éclats de vie d'un poilu d'Issoudun dans l'enfer des batailles de la Somme et de Verdun " aura lieu le samedi 22 octobre à 15h à l'auditorium de la médiathèque.

Sources:
Texte issu de la Présentation de l'exposition sur le site de la Ville d'Issoudun
Article sur la Nouvelle République 36: Grande-Guerre-la-force-des-temoignages-ecrits

 

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31 mai 2016

Etude autour des défunts issus des régiments du Blanc et d'Issoudun

Cet article est une réactualisation de 2 articles parus en 2010
Intéressons nous tout d'abord aux pertes du 68ème RI qui est réparti sur deux garnisons:
Le Blanc (Portion centrale 3ème bataillon), caserne Chanzy
Le Blanc - La caserne Chanzy

 

 

 Issoudun (Portion Principale Etat-Major et 2 bataillons, ), caserne Chateaurenault

Issoudun - La caserne Chateaurenault

 

 

Le recrutement est principalement composé de Poitevins et de Berrichons provenant principalement de la Brenne (région ouest de l'Indre dont l'épicentre est la sous préfecture du Blanc).

Afin de mettre une partie de mes recherches à disposition de tous, vous trouverez derrière ce lien la  Liste des Morts pour la France du 68ème R.I.

Suite au dépouillement, on obtient 3432 soldats, sous-officiers ou officiers morts pour la France. A cette liste, il est possible de rajouter une centaine de cas, déterminés suite à recherches, de "Non morts pour la France". Je n'ai pas inclus volontairement les soldats non-Morts pour la France, la liste est disponible, mais consultable à la demande.

En effectuant un comparatif par années des pertes, on constate la dé-régionalisation des recrutements.
En 1914, les soldats provenant des départements de la Vienne, d'Indre, d'Indre et Loire et des Deux-Sèvres représentent près de 88% des pertes.
En 1918, le taux n'est plus que de 41%. Le régiment a vu des renforts provenir de tout le territoire, notamment des territoires occupés (Nord et Pas de Calais), entre autres.

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RI068_Matrice1914a1918_CarteFrance

 

Le pourcentage retenu est la proportion de natifs d'un département vis à vis des pertes totales du régiment pour une année précise.

Après le régiment d’active, le 68e RI, intéressons nous maintenant au régiment de réserve:

Le 268e RI est mis en place au Blanc dès le 3ème jour de la mobilisation, soit le 4 août 1914. Son effectif est alors de 32 officiers, 2202 hommes.
Le lieutenant-colonel Pichat est alors le commandant du régiment, et ce jusqu’à sa blessure le 9 septembre à Euvy (51), en pleine bataille de la Marne.
Le recrutement du 268e RI est principalement composé de soldats réservistes provenant du département de la Vienne (86) et de l’ouest du département de l’Indre (36) et du sud de l’Indre et Loire (37).
Alors que l’effectif de départ est donc de 2234 hommes, le 268e RI, jusqu’à sa dissolution en juin 1918, eut à subir une perte de 1380 soldats, sous-officiers et officiers.

 

RI268_Matrice1914a1918_CarteFrance

 

Au fil des années, nous constatons la disparation du recrutement régional. Alors qu’en 1914, les soldats des 3 départements représentent 92% des pertes, en 1917, ils ne sont plus que 39%.

En 1915, le recrutement est principalement effectué sur tout le territoire de la région militaire. En 1916, le recrutement est orienté vers les départements de l’Ouest.

A signaler dès 1915, une forte participation des soldats originaires des Landes dans les pertes du régiment. En 1917, il y eu autant de pertes landaises que de pertes provenant de l’Indre ou la Vienne, au sein du 268e RI.

Dans cette « étude », l’année 1918 n’a pas été retenue car le régiment fut maintenu en position de réserve plusieurs mois avant d’être dissous au mois de juin.

Cependant, cette carte est à comparer directement avec celle de 1914. Dans les deux cas, la carte couvre une période d’environ 6 mois et le contraste est flagrant.

Les armées ont su devenir « économes » de leurs soldats, les pertes sont presque 20 fois moindre.

Nota: Afin de réaliser des cartes cohérentes, le pourcentage retenu est la proportion de natifs d'un département vis à vis des pertes totales du régiment pour une année précise.

 

Sur le sujet du recrutement, je conseille notamment la lecture de l'excellent article "Du recrutement régional au recrutement national pendant la Grande Guerre" de Phillippe Boulanger. Cet article est consultable dans la "Revue Historique des Armées", n°3 - 1998.
Il existe une version plus détaillée et plus complète de det article dans l'ouvrage "La France devant la conscription - Géographie d'une institution républicaine  1914-1922" aux Editions Economica

25 novembre 2015

Issoudun, cantons Sud et Nord - Hommage aux Poilus tombés au champ d'Honneur (1914)

Il est des parutions locales dont je me plais à relayer la parution:
L'année dernière, nous avions eu l'imposant "Monuments de l'arrondissement du Blanc" qui avait été édité par "Les amis du Blanc". Cette année, Les "Amis du vieil Issoudun" nous gâtent avec ce qui s'annonce comme le premier tome d'une série à venir:

"Hommage aux Poilus tombés au champ d'Honneur en 1914"
Cantons Issoudun Nord et Issoudun Sud

Vierzon 006

Il s'agit d'un hommage rendu aux soldats des cantons Issoudun Nord et Issoudun Sud tombés en cette année de début du conflit. L'ouvrage commence par une très intéressante liste des unités concernées, ensuite nous retrouvons un lexique illustré autour des thèmes de cette année 1914 (Artillerie, Mitrailleurs, Hopital, Aérostier, Blessés ... )Au fil des pages, il est possible de découvrir le témoignage de Paul Marteau qui combattit au sein du 95e Régiment d'Infanterie. Ayant reçu l'ouvrage ce matin, je n'ai pas eu le temps que de le parcourir brièvement. Il ne s'agit pas d'un "journal de tranchées", mais d'un texte écrit après le conflit, en tout cas intéressant à lire et prometteur.

La liste des soldats tombés en 1914 est donné au fil des pages, mais aussi par unités, ce qui sera intéressant pour les recoupements avec mes bases personnelles des soldats indriens.

Tout en le feuilletant, j'ai le plaisir de voir que le blog Indre1418 a servi d'inspiration pour la rédaction de ce livre, même s'il n'est pas "sourcé" en fin d'ouvrage.

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30 mars 2014

Quand l’Indre abritait une pharaonique base d’aviation américaine

Un rapide message pour signaler un intéressant article du journal "Le Petit Berrichon":

Quand l’Indre abritait une pharaonique base d’aviation américaine

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Selon une légende encore solidement établie, les soldats américains arrivés en France à partir de 1917 auraient été directement envoyés au casse-pipe. Il n’en est rien. Ça et là ressurgissent au cours de travaux, de fouilles, des vestiges de camps de formation de l’US Army ...

 

Merci Huguette pour la vigie presse locale

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09 avril 2011

Ernst WERNER - un prisonnier bavarois à Issoudun

Récemment, j'ai acquis un courrier écrit par un prisonnier allemand à ses parents depuis le dépôt d'Issoudun, le 6 juin 1917.

Hormis la traduction toujours en cours (mon allemand scolaire ne s'est pas amélioré), je me suis mis en quète de trouver d'éventuelles informations concernant ce prisonnier.

Issoudun_KriegGefanger_ErnstWerner

Le prisonnier allemand en question est Ernst WERNER. Au dos de sa lettre, il se déclare "Kriegsgefanger" (Prisonnier) "Vizefeldwebel" (Sergent-major). Son unité est le 3e Bavarois Ersatz, 3eme compagnie.

Grâce à l'aide de correspondant du forum Pages 14-18, je retrouve le parcours de cette unité:
http://www.militaerpass.net/1brd.htm

Analysons maintenant le recto de l'enveloppe:

Issoudun_KriegGefanger_ErnstWerner1

Le courrier est envoyé à Arzberg (Bavière) et est adressé à Robert WERNER qui est qualifié de "Hauptlehrer" (Professeur). Ce dernier est le père du prisonnier, en effet, le courrier commence par "Meine lieben Eltern" (Mes chers parents).

Peut-on aller plus loin?
Sans grand espoir, j'entrepris de mettre quelques mots clés dans Google et quelle ne fut pas ma surprise. Je tombais sur ceci:
http://archives.lib.siu.edu/index.php?p=collections/controlcard&id=2154

270 autres courriers d'Ernst WERNER existent , fait déjà remarquable, mais dans une bibliothèque universitaire, celle de Sud Michigan, aux Etats-Unis.
Ces lettres furent échangées entre notre prisonnier et les soeurs Bertha et Marie Diehm. Bertha était la "petite amie" d'Ernst.
On y trouve la confirmation de différentes données sur le parcours de Ernest WERNER dont le fait qu'il fut fait prisonnier en 1917.

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31 décembre 2010

Les albums des regiments indriens

Au détour du début du XXe siècle, il était de coutume de faire venir le photographe dans le régiment pour immortaliser les troupes composant l'unité.
Possédant déjà un livret du 90e RI (1904), un du 66e RI (1909), j'avais eu le plaisir de recevoir de l'ami Joel Guyonneau une copie de celui du 68e RI (1911). Une récente acquisition m'a permis de rajouter à cette liste, le livret du 9e Escadron du train de Châteauroux (exemplaire non daté).

Dans la colonne de gauche de cette page ou en cliquant sur les couvertures ci-dessous, vous aurez la possibilité de feuilleter ces albums.

68eri001

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ETE009_Album_01

Si un collectionneur possède d'autres exemplaires d'unités du 9e CA (9e SIM, 32e, 77e, 114e, 125e RI, ...), je suis intéressé.

Meilleurs voeux pour l'année 2011.

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08 février 2005

La garnison d'Issoudun

Le 68e RI avait depuis son installation dans l'Indre, deux garnisons, une au Blanc et l'autre à Issoudun. Soit 90 km entre les deux composantes du régiment.

"ISSOUDUN (68e régiment)

Garnison. - La garnison ne comprend que le 68e Régiment d'infanterie (État-major, deux bataillons et deux compagnies du 4e Bataillon). La portion centrale du régiment est au Blanc.

Le bataillon du Blanc est relevé tous les deux ans, la compagnie du 4e Bataillon qui s'y trouve également, n'a pas été encore relevée.

Description.- Issoudun (les Issoldunois), est la première sous-préfecture du département de l'Indre avec une population de 14.000 habitants.

La ville est bâtie sur la Theols, rivière peu importante dont les bords marécageux ont été assainis dans certaines parties et transformés en jardins fertiles.

La contrée est humide, malgré la rareté des brouillards: le climat y est tempéré et se rapproche de celui de la Touraine.

Issoudun, après avoir eu des seigneurs particuliers, fut achetée en 1221 par Philippe-Auguste. Pendant les guerres de religion, La Châtre s'en empara par trahison au profit de la Ligue, mais la garnison qu'il y laissa, fut expulsée par les habitants. Pendant la Fronde, elle prit le parti du roi et fut mise en cendres.

Issoudun possède trois places mal entretenues, un boulevard peu fréquenté et un joli petit jardin où joue la musique du 68°, deux fois par semaine. La ville est boueuse et mal bâtie. Quelques rues seulement sont pavées.

Issoudun présente peu de curiosités par suite de l'incendie presque totale de la ville, sous Louis XIII. Saint-Cyr, la seule église paroissiale, est inachevée et située au centre de la ville. Le vaste et magnifique établissement des Missionnaires du Sacré-Cœur avec sa riche basilique, attire à Issoudun de nombreux pèlerins, notamment le 8 septembre.

Moyens de communication. - Issoudun est à 236 kilomètres de Paris, sur la grande ligne Paris-Limoges. La durée du trajet, est de 4 heures environ.

Alimentation. - Les officiers ont leur cercle au café du Théâtre, sur le boulevard Baron.

Les pensions sont bonnes et leurs prix modérés : 75 francs pour les lieutenants et 80 francs pour les capitaines. Les vivres ne sont pas chers. principalement les volailles.

Logement. - Les logements garnis se paient 30 francs environ. Les officiers y trouvent des maisons, la plupart sans jardins, dont le loyer varie de 500 francs a 1300 francs.

Industrie et commerce. - La principale industrie de la ville est la parcheminerie, on y trouve également plusieurs tanneries, des moulins importants et deux malteries.

Enseignement. - Issoudun dépend de la faculté de Poitiers et possède un collège de garçons, un établissement secondaire de garçons dirigé par les frères du Sacré-Cour, une école de frères de la doctrine chrétienne, une école laïque pour les filles et un pensionnat tenu par les Sœurs de la Charité de Bourges.

Distractions. - Les distractions d'Issoudun sont peu nombreuses et les relations mondaines presque nulles. D'ailleurs, les habitants se montrent indifférents pour ne pas dire hostiles envers les étrangers et principalement envers l'armée. Les officiers du 68e ont organisé un lawn-tennis qui est fréquenté assidûment.

La ville posséde un théâtre où viennent jouer de temps en temps des troupes de passage. Les représentations sont peu suivies.

Les environs d'Issoudun sont monotones, le pays est plat,dénudé et peu fertile. Les routes sont nombreuses et leur état d'entretien permet, en été, d'y faire des promenades en voiture, à cheval et à bicyclette.

Une forêt bien percée se trouve à 11 kilomètres de la ville.

Le pays est giboyeux, mais les chasses sont en partie gardées. La Théols ayant été empoisonnée, est peu poissonneuse, les amateurs de pèche vont satisfaire leur plaisir sur les bords de l'Arnon, rivière située à 10 kilomètres de la ville et qui renferme une grande quantité de poissons.

En résumé le 68e occupe une garnison médiocre, de plus les déménagements continuels présentent de grands inconvénients pour les officiers mariés".

Sources:"Guide de l'officier d'infanterie - Nos garnisons de France, d'Algérie et de Tunisie"

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