02 novembre 2018

Cher Maitre, ... Plus on nan tire, plus y sonts nombreux (mise à jour 2018)

En 2008, un correspondant (dont j’ai perdu la trace, mais qui peut me contacter s’il se reconnait) me transmit des scans d'une série de cartes postales, alors que nous échangions sur la guerre de 14 ou  sur Malicornay, le village de ma branche maternelle, je ne me souviens plus très bien. je n'avais alors prêté attention plus que cela à cette série de scans.

Quel est le rapport entre cette série de cartes et mes aieux, hormis que cela concerne Malicornay?

Ces cartes ont toutes été envoyées par 2 soldats répondant au patronyme de Plantureux, Louis et Alexandre à leur maitre d’école, M. Suire, qui fit sa carrière à l’école communale de Malicornay.

M. Suire figure sur une des rares cartes postales du village. Sur le cliché, on l'identifie tout de suite sur la droite du cliché. Il pose d'ailleurs juste devant ce qui était alors l'école communale et on reconnait aisément son statut social. Ceci étant dû à l’importance de l’instituteur dans la vie villageoise de l’époque.
Ceci se retrouve dans l'importance qu'apportent nos 2 soldats à transmettre des nouvelles à celui qui fut leur "Maître"

Malicornay1

Revenons, à cette série de cartes et surtout à celles d’Alexandre. Effectivement, parmi mes aïeux, il est un de mes arrières grands-pères.

Alexandre Plantureux est né le 26 février 1874 à Chavin (36) (Lien vers acte de naissance) et est décédé le 19 juillet 1929 à Malicornay (36). Il est de cette génération qui connue la Grande Guerre. Si en 2013, un passage aux Archives départementales ne m’avait pas permis de retrouver sa fiche matricule, surtout par faute de temps, il est maintenant aisée de le trouver via le Grand Mémorial et ainsi d'accèder à sa fiche matricule aux Archives Départementales de l'Indre. Il est ainsi classé  Classe 1894 Recrutement de Châteauroux matricule 570 (lien vers sa fiche)

On notera un parcours très "plat" mobilisé au 9e Train, il y restera jusqu'en 1919. Le type d'unité d'affectation est cependant peu en accord avec le texte des missives envoyées et retranscrites ci-dessous, les "tringlots" n'étaient pas considérées comme des troupes combattantes.

Capture9eETE

 

Intéressons-nous donc aux deux cartes envoyées par Alexandre, je vous laisse effectuer l'analyse du contenu:

plantureux-alexandre-1-recto

Le 29 mars 1915,
Cher Maître
Merci bien de votre aimable lettre qui ma rendu heureux de m’apprendre ou était une partie de mes camarades. Car depuis la campagne, je n’est reçue aucune de leurs nouvelles. Cher maître, vous me dite que vous seriez heureux de mettre un Boche au bout de votre canon. Oui je le pense bien , mais plus on nan tire, plus y sonts nombreux. Mais j’espère bien que bientôt nous en verront la fin. Et que nous aurons malgré çà la victoire. Mais elle serat chère. Vous verrez sur cette carte où je me suis battue que ce n’est pas ricolo. Allon au revoir cher vieux maître, Recevez mes meilleurs amitiés.
Plantureux Alexandre

plantureux-alexandre-2-recto

Le 1 juillet 1915,
Cher monsieur Suire, vous êtes forcés de me dire que je suis paresseux, même très paresseux. Et pourtant en ce moment je suis très heureux, très tranquille. Ce matin je suis aller dire bonjour au cousin Réné Gauthier qui est toujours très heureux lui aussi tous près des Boches. Ne lui empêche qu’il a le tonneau toujours plein de vin. Je puis vous dire quil se porte bien il est toujours très gros. Ou l’on est en ce moment c’est très calme. Mais nous en avons assez vu cette hivers. Et nous avons toujours bonne espoir. Et il y a qu’une seule chose dans ce long et difficile passage, c’est l’espoir. Espérons toujours  à une fin prochaine, Mon cousin ce join à moi pour vous envoyez son aimable bonjour ainsi qu’à Mme Suire. Vos anciens élèves qui vous serre  cordialement la main.
A Plantureux

 

Au-delà des fautes d’orthographe qui devaient nécessairement titiller le maitre d'école qu'était M. Suire, il est intéressant de noter la lucidité du combattant. En juillet 1915, il ne lui reste déjà que l’espoir.

 

Posté par Indre1418 à 20:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


22 décembre 2014

Malicornay, une exposition villageoise.

Il est des communes dont je me plais à parler. Malicornay est de celles-là, car une moitié de moi (côté maternel) est de là-bas, et je ne compte pas le nombre de fois où je passais en vélo devant le monument au morts lors de mes vacances, à la ferme.
Samedi soir, j'étais donc à Malicornay pour l'inauguration d'une exposition que j'ai vraiment apprécié. J'ai eu l'honneur d'y faire une conférence sur les régiments du département de l'Indre et je vous promet que j'avais la boule au ventre (J'étais en territoire plus que connu).

Malicornay
Horaires:
Samedi et dimanche 27 et 28 décembre
Samedi et dimanche 3 et 4 janvier
de 14h à 17h

Si vous êtes de passage dans le coin, je vous invite à vous rendre à la salle des fêtes (derrière la mairie) pour y voir l'expo "Hommage aux soldats de Malicornay". Les soldats tombés en 1914 sont donc à l'honneur pour cette exposition 2014. Tous les ans jusqu'en 2018.
Sur tout le conflit, 37 soldats périrent, soit 6,94% de la population de 1911. Une saignée et d'autant que la commune eut aussi à souffrir de l'exode rural (553 habitants en 1911, 183, 100 ans plus tard)

Je tiens à féliciter les organisateurs qui sont des passionnés d'histoire locale et qui ont su mettre en valeur ce pan de l'histoire de nos familles.

Posté par Indre1418 à 09:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

21 novembre 2014

Jean Tauvy ou le 1er « Mort pour la France (?) » de l'Indre (2005 réactualisé 2014)

Dès le 1er jour d'aout, des éléments ont été envoyés le long des voies de chemin de fer afin de garder celles-ci. En général de vieilles classes étaient utilisées pour ces fonctions de GVC (Gardes Voies et Communications).

Les points clés de la ligne Paris Toulouse font l'objet d'un déploiement de ces unités territoriales.

 

Le 2 août, à environ 500 mètres de l'entrée du tunnel de Chabenet, vers le passage à niveau de Saint Luc (Chasseneuil) plus précisément, un détachement surveille les abords du tunnel. Un train manœuvre, malheureusement un des GVC présent est heurté par celui-ci.

 

Jean Tauvy (46 ans) meurt ainsi en service commandé.

Originaire de Malicornay, il est le 1er mort indrien du conflit.

 

Sources: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

 

 Réactualisation novembre 2014:

Jusqu'à présent, il me semblait bizarre alors que la mobilisation ne débutant que le 2 aout, nous ayons déjà un mort ce même jour. Grace à un site ami, il est maintenant comprendre que Jean Tauvy fut concerné non par la mobilisation, mais par la pré-mobilisation.
En effet, dès le 31 juillet, le ministère de la Guerre rapella certains soldats de classe agées pour une manoeuvre (ne povant mobiliser) pour garder les voies de communications.
On lira donc avec intérêt le site suivant Les GVC 14-18

Je cite: "31 juillet : ...- convocation pour un exercice de garde des voies de communication, des réservistes ou territoriaux affectés à ce service (Ministre de la Guerre.  Télégramme 163-3/11 T aux  corps d'armée -sauf 19e et Tunisie- à 18h15 le 31 juillet 1914)"

Cet article s'appuie sur l'ouvrage des "Armée Française dans la Grande Guerre" (AFGG) voir notes de bas de page du site "GVC 14-18"

Merci à Madeleine de Malicornay pour m'avoir transmis la fiche matricule de Jean Tauvy, ainsi qu'une copie de son acte de décès.

CaptureJCh

Un extrait de l'acte de décès de Jean Tauvy, dans les registres de Chasseneuil.

CaptureJCh1

On notera que même si Jean Tauvy figure sur le monument aux morts de Malicornay et qu'il a une fiche sur le site Mémoires des Hommes, la mention "Mort pour la France" n'a pas été reportée sur l'acte de décès. De plus, aucune retranscription n'a été effectuée dans les registres de Malicornay. Ceci s'explique par le fait que la mention "Mort pour la France" ne fut créée qu'en 1915. Normalement, les actes de décès antérieurs devaient être mis à jour, mais ...

___________________

Dans les dépouillements de Mémoires des Hommes, on notera que le 2e soldat du département mort pendant le conflit est aussi décédé à Saint Luc, sur la commune de Chasseneuil. Il était aussi GVC et de faction au tunnel de Chabenet.
Natif d'Argenton, Jean Baptiste FLORENT succomba le 3 aout 1914 d'une congestion cérébrale.

Sa fiche Mémoires des Hommes

 

Posté par Indre1418 à 19:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,