27 janvier 2019

Remettre un nom sur une plaque émaillée, Léon Pascaud son souvenir à Baraize.

Lors de mes pérégrinations autour du Pin et au travers du département, il ne m’est pas rare de m’arrêter aux portes d’un cimetière et de partir en quête des sépultures de la première guerre mondiale. Remettre une fleur en place, découvrir une plaque oubliée, prendre un cliché. Parfois, ladite plaque est tellement oubliée qu’il en est difficile de trouver le sens, l’origine et ce jusqu’à être dans l’impossibilité de retrouver le nom du défunt.
Ayant dépouillé les registres de retours de corps qui se firent à l’aube des années 1920, il est toujours étonnant de constater le décalage entre les traces encore existantes et la réalité administrative d’alors. Oui, le corps a été rendu à la famille, mais bien souvent, il ne reste aucune trace dans le cimetière communal. Non, la présence d'une plaque ne signifie pas que le corps est présent.
Revenons sur un cas qui m’a longtemps embarrassé car jusqu’alors resté sans solution, me contentant d’une rapide recherche restée infructueuse.

En juillet 2012, je traversais la Creuse et me rendait à Baraize, sur le coteau d’en face. Après quelques clichés du monument, je rentrais dans le cimetière. Après quelques déambulations, je découvrais plusieurs sépultures qui concernaient mes recherches. Il est important de préciser que nous étions alors dans une période pré Centenaire et que les prémices de cet évènement se faisaient à peine sentir.
Une sépulture m’intriguait car elle me laissait sans explications.

Dans un coin du cimetière, une sépulture d’un style contemporain années 30-40, potentiellement plus tardive. Sur cette sépulture, une plaque de métal attira mon regard. Posée sur le marbre, en appui sur la tête de la sépulture, cette plaque de métal donne l’impression bizarre d’avoir été mise là, à la va vite. En s’approchant, on découvre que si ladite plaque est bien un souvenir de 14/18, elle est particulièrement marquée, une grande partie de l’émail a disparu et cela rend l’identification impossible en l’état.

Baraize 021 Baraize 020

Prenant l’information comme telle, après la visite, retour au Pin afin d’analyser les clichés effectués.

En reprenant les clichés, la première recherche consiste à analyser les indices encore présents :

  • Deux lettres indiquent le début d’un nom ou d’un prénom. La présence d’une minuscule en deuxième lettre permet de s’orienter vers un prénom : Léon, Léopold, Léonard, Léonce, peut-être Léandre.
  • 1914 est indiqué, il s’agit nécessairement de l’année de décès
  • 28 ans, le défunt est donc né entre 1885 et 1887.

La première réaction est donc de regarder les clichés pris du monument aux mort afin de regarder les éventuels prénoms présents. Je précise éventuels car il n’est pas rare de rencontrer des listes nominatives sans prénom ou bien juste avec l’initiale de celui-ci, ce qui ne facilite pas les recoupements.

Heureusement, rien de cela à Baraize

Baraize 008 Baraize 007 Baraize 005

Tout de suite, un nom apparait Léon Pascaud, tué en 1914.

Le premier réflexe est donc de regarder dans le fichier du site ministériel « Mémoires des Hommes », en saisissant les données précédemment relevées.
Sa fiche MDH apparait alors et vient confirmer sa relation avec la commune de Baraize. Son acte de décès a été enregistré sur les registres de l’état-civil à la date du 24 juin 1915. A ce moment précis, la recherche s’arrêta là satisfait de pouvoir associer un nom avec cette plaque.

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Sa fiche MDH cliquez sur l'image ci -dessus

 

Cette affaire en resta là jusqu’à cette semaine, où je redécouvrais cette photo et que je la mettais en ligne pour le blog Indre1418soldats.En complétant la fiche sur le blog, je me pris à me poser les questions suivantes: "Mais sa présence sur une sépulture des années 40 est-elle justifiée?" "Quels sont les liens avec la famille « BORDES-PINEAU » ?" On doit pouvoir aller un peu plus loin.

Avec le centenaire et les années passant, de nombreuses données sont maintenant accessibles aisément.Tout d’abord, il est nécessaire de rechercher la fiche matricule de Léon Joseph Lucien PASCAUD. Cela s'effectue à partir des données de la fiche Mémoires des Hommes. Voici  donc la fiche matricule de Léon PASCAUD qui est accessible sur le site des Archives départementales de l’Indre. Cette fiche matricule nous permet entre autres de connaitre son lieu de résidence en 1911. Après avoir résidé au Cerisier, il est déclaré chez M. PINEAU à Magot, commune de Baraize (Cette petite annotation a son importance pour la suite)

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Sur ce même site des Archives Départementales, il est aisé de trouver l’acte de naissance de Léon Joseph Lucien PASCAUD  , il se trouve bien sur l’état-civil de Saint Gilles pour l’année 1886. Cette information est complétée par le report en marge de son acte de mariage en marge de cet acte de naissance. Cela nous permet d’apprendre que le 21 octobre 1911, à Baraize, Léon PASCAUD épousa Delphine PINEAU. Le recoupement avec l’information de la fiche matricule, permet de savoir qu’il résidait donc chez ses beaux-parents, à Magot, en 1911.

 CaptureActeNaissance

 

Le lien manquant était enfin trouvé. La sépulture est celle d’un couple BORDES-PINEAU et usuellement PINEAU est le nom de l’épouse. Il semblerait donc bien probable que Delphine PINEAU, déclarée veuve moins de 5 ans après son mariage avec Léon (Voir date transcription acte de DC) refit sa vie avec le sieur BORDES, mais une plaque de métal émaillée, rappelle son premier mariage.

Cette confirmation du lien PASCAUD - PINEAU- BORDES me vint par l'intermédiaire de l'acte de naissance de Delphine PINEAU qui eut lieu le 2 novembre 1890 à Baraize, mais surtout par les mentions en marge de son acte de naissance.
D'abord mariée avec Léon Joseph Lucien PASCAUD le 21 octobre 1911, officiellement veuve à l'annonce officielle du décès le 24 juin 1915, elle se remaria avec Albert Eugène BORDES le 28 janvier 1922 à Eguzon (36)

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Cela vient conforter l’ultime indice écrit au-dessus des deux lettres du prénom et que l’on retrouve sur d’autres plaques du même type, toutes issues du même fournisseur

A LA mémoire de
MON EPoux regretté

Baraize 020_1

Une plaque du même style sur une autre sépulture On retrouve d'ailleurs le même texte à gauche.

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29 août 2018

Un bilan de l'été 2018, les 12177 soldats du département.

Sur le blog annexe Indre1418soldats, nous avons fini de créer les fiches pour les années 1914 à 1919. Et oui, nous avons un peu d'avance sur le calendrier. Ce sont pas moins de 12177 fiches qui ont été crées.

CaptureLogo
http://indre1418soldats.canalblog.com/

Ce recensement a permis jusque là de faire quelques découvertes:

- Ce sont pas moins de 1189 noms figurant sur les monuments pour lesquels nous n'avons pas trouvé de concordance certaine avec les autres sources (Un nom, une initiale ne suffisent pas toujours à identifier un défunt).

- Des cas de soldats morts pour la France ou non ont clairement été identifiés, présents sur plusieurs sources et absents sur la principale d'entre elles, le fichier Mémoires des Hommes. L'utilisation de l'état-civil "Décès" permet de faire apparaitre certains cas.
Voici par exemple, le cas du soldat Selleron de Cluis, reformé n°2 juste avant son décès, donc nécessairement Non MPF, mais dont leparcours justifie d'une mention dans le fichier national (Sa fiche matricule)

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Afin de parfaire la liste et de rajouter des données complémentaires, sous peu, nous mettrons à disposition cette liste d'incertains afin qu'éventuellement vous puissiez nous aider. Parfois un éclairage extérieur permet de sortir la tête de l'ornière.

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26 juin 2018

Indre1418, le mémorial départemental: 12.000 fiches et le travail continue

Et oui, 12.000 fiches sont déjà saisies sur le Mémorial départemental que nous avons entrepris Didier et moi.
Certes, fonctionnant à la mode du "Il y a 100 ans", seules 10.500 fiches sont en ligne, mais depuis quelques jours, nous avons passé le seuil de l'année 1918 et avons donc entrepris la saisie des fiches de 1919 notamment.

Le Mémorial Départemental de l'Indre

 

Bandeau_Prefecture2

 


En parallèle, un gros travail de nettoyage de la base est toujours en cours. En effet, ce sont pas moins de 1000 cas que nous ne savons pas actuellement classer par manque d'informations. Apparaissant sur un Monument, sur une remise de diplomes, mais n'apparaissant sur aucun autre document, il est nécessaire d'entamer une recherche plus poussée tant dans les bases nationales (MémorialGenWeb, Mémoires des Hommes, GrandMémorial, ...) que dans les données généalogiques pour tâcher de comprendre la cause de la mention de tel ou tel patronyme.

Ainsi, Auguste ALADENISE figurant sur le Monument de Montgivray est il celui qui qui figure sur le Monument et le Livre d'Or de Sassierges?
Qui est ce MERMINET FA sur celui de Buzançais? Qui est ce POPINEAU René Eugène dont le diplome de Mort pour la France fut envoyé à La Vernelle et ce PREVOST L dont le diplome fut envoyé à Sainte Sévère? ...

Autre exemple, basée à l'origine sur les fiches Mémoires des Hommes, il apparait aujourd'hui que 31 soldats Morts pour la France issus du département n'ont pas de fiches MDH.

Nous tenons à remercier tous les internautes qui nous aident à compléter cette base, qui nous transmettent des clichés, des documents. Merci à eux.

L'enquète continue ...

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01 novembre 2017

Comprendre les Monuments aux Morts de nos villes et campagnes (via CNRS)

Le mois de novembre est devenu dans le département, un mois propice au souvenir. Les associations patriotiques se retrouveront le 11 devant le monument, les associations d'Histoire locale et/ou de Généalogie produisent des expositions, des conférences sur le conflit.
Lors de chaque commémoration, lors du passage dans un des bourgs de nos villages, nous sommes toujours confronté à ce qui reste un des piliers de la Mémoire des conflits et des pertes associées. Ce pilier est particulièrement bien représenté dans nos communes par le monument aux morts communal.

Pourquoi des monuments? Pourquoi y a-t-il une liste de noms (ou pas d'ailleurs), y sont-ils tous? Que représente la statuaire du monument de ma commune? Voilà de nombreuses questions que nous nous sommes tous poser.

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En 2014, un film intitulé "Rendez-vous aux monuments aux morts" aborda la symbolique et nous permet de les comprendre au travers des explications de nos historiens comtemporains. Le CNRS, via son site, nous permet de visionner divers extraits concerant des thématiques:

"Pourquoi les monuments aux morts?": http://videotheque.cnrs.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=4708

"Les noms des monuments aux morts": http://videotheque.cnrs.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=4710

"Histoires singulières": http://videotheque.cnrs.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=4711

"Mémoires et monuments aux morts": http://videotheque.cnrs.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=4712

"Typologie des monuments aux morts": http://videotheque.cnrs.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=4714

 

Pour visionner l'intégralité du film "Rendez-vous aux monuments aux morts", on pourra suivre le lien en cliquant l'image ci-dessous: 

Capture

 

 

 

 

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20 septembre 2017

Les monuments indriens (11) Gargilesse-Dampierre

Cette rubrique ayant trait aux monuments aux morts du département n’avait pas fait l’objet de mise en ligne depuis longtemps. Ayant profité de l’été, je m’attèle donc à vous faire partager une nouvelle page et un nouveau monument.
Pour faire simple, voici un monument que j'ai souvent l'occasion de voir en tant que voisin, celui de la commune de Gargilesse Dampierre.

Cette commune est le fruit de la fusion en 1823 de la commune de Gargilesse et de celle de Dampierre. Elle ne prit le nom de Gargilesse Dampierre qu’en 1947.

Aucun monument 14/18 n’est visible à Dampierre. Quelques plaques individuelles sont visibles au cimetière. A Gargilesse, il n’a pas été trouvé de plaque paroissiale dans l’église Notre Dame, seules quelques plaques sont visibles au cimetière du bourg sur les sépultures individuelles.

Seul le monument non loin de l’ancienne école et surplombant l’actuelle mairie a été trouvé. Ce monument m’a toujours intrigué car il est d’un accès peu pratique et semble posé sur la corniche, donc rendant peu pratique le cérémonial qui s’y tient aux diverses dates des commémorations.

Pourquoi a-t-on perché là ce monument?

P1050821 MonumentGargilesse1

Lors d’anciennes recherches aux Archives départementales de l’Indre, j’avais trouvé un recensement des monuments du département (R909-3) effectué à la demande du Préfet, en 1932, la fiche ayant trait à Gargilesse indiquait :

- Existe-t-il un monument ou une plaque commémorative ? Oui
- Description sommaire : Simple stèle en schiste du pays surmonté d’un couronnement de granit surmonté d’un vase funéraire. Aspect à la fois sobre et impressionnant. Hauteur 3m40 largeur à la base 2m25
- Dans quels lieux sont-ils érigés ? A mi- pente sur un terrain dominant le bourg par la route Argenton-Gargilesse. Escalier d’accès bordé d’obus reliés par une chaine trainante.
- Combien de noms y sont gravés ? Trente-cinq noms.
- Quel en a été le coût ? Approximativement 6000 francs
- Par qui la dépense a-t-elle été supportée ?
                    Souscription publique néant
                    
Subvention de l’Etat 320 francs
                    
Budget communal 5500 francs environ

- Date d’inauguration Non inauguré, cérémonie remise

24 juillet 1932 Le Maire

On peut tout d’abord tirer plusieurs renseignements de ce document:

A la date du document, soit 1932, 14 ans après l’armistice, le monument n’est toujours pas inauguré en tant que tel. On notera aussi que le financement est quasi purement local, l’aide de l’Etat représentant environ 5% du cout total et que seul le budget municipal fut sollicité.

Avec ce document, était joint un plan de situation (en bleu) du monument qui permet donc à la préfecture de visualiser ledit monument. Une carte postale fut aussi éditée attestant de la réalisation.

P1060345_gargilesse_1 P1060345_gargilesse_2

MAM_Gargilesse

Lorsque je découvris ces documents, je compris alors que la position n'était pas si incongrue que je le pensais.
En effet, en l'absence des données trouvées aux Archives Départementales, je restais sur un non-dit concernant ce positionnement. Pourquoi avoir l'idée de mettre ce monument en ce lieu?
Quasiment en face de l'école, en visu depuis l'église et depuis la mairie, le monument tient son rôle. Un chemin existe encore depuis la mairie montant à ce Monument et est dans la continuité supposée de l'escalier menant au monument.

Cependant l'escalier, les chaines, les obus ont disparus. On notera aussi que tant sur les plans, sur la carte postale et sur le monument existant actuellement, l'urne funériare n'apparait pas. La symbolique en a donc été modifiée et rend plus difficile la lecture du monument.
Concernant la typologie des monuments, il est possible de se reporter au classement qu'en fit l'historien Antoine Prost et qui est détaillée ici: https://www.fontesdart.org/la-typologie-des-monuments-aux-morts/

Le temps passant, les besoins et usages changeant, l’escalier permettant l’accès au monument a disparu. Vraisemblablement suite à l’élargissement de la route située juste au pied afin de correspondre aux besoins de locomotion actuels, l’accès au monument fut donc transformé. L’accès se fait maintenant depuis le haut du monument et seule la petite plateforme située devant permet de se tenir face au monument.

CaptureGargilesse1

D'autres détails concernant ce monument (démarches administratives jusqu'en 1921) sur la base des Monuments aux Morts de Lille 3

Sources:
Collection de l'auteur
Archives départementales Indre R909-3

 

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07 juin 2017

Imbroglio dans le patronyme: Loesch ou Louèche

Il y a longtemps que je n'avais pas pris le clavier pour rédiger un message. Je donc tâcher de vous proposer un petit billet autour des difficultés liées à la recherche et aux sources disponibles.

Depuis une dizaine d'année, j'ai établi une liste des soldats décédés au sein des unités du département. Cette liste évolue très peu, voir quasiment pas. Elle avait été établie à partir des fiches mises en ligne sur le site Mémoire des Hommes et avait été complétée à partir de diverses données comme les historiques d'unités, les journaux de marche, par exemple.

Aujourd'hui, une correspondante du forum Pages 14/18 (Aline) me signale une sépulture trouvée sur Généanet. Je n'ai pas de compte sur ce site, mais beaucoup de données sont malgré tout consultables sans abonnement.
Mon correspondant me signalait des photos prises d'une sépulture, au cimetière Saint Denis de Châteauroux. Jusqu'à présent, je m'étais limité aux carrés militaires sis dans ce même cimetière. Il me signalait donc une sépulture au nom de Michel Loesch, tombé le 9 mai 1915 à Loos en Gohelle.

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Or, dans ma liste, je ne trouvais aucun patronyme Loesch. Par contre, j'avais effectivement un soldat tombé à cette date mais qui répondait au patronyme de Louèche Michel. Bizarre, je fis donc une recherche sur les site des AD36.

A sa naissance, Michel fut déclaré sous le patronyme Louèche, sa fiche matricule et sa fiche Mémoires des Hommes sont bien sous ce patronyme.

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S'il ne fait aucun doute qu'il s'agit bien du même soldat, pourquoi LOESCH sur la sépulture et LOUECHE sur les documents administratives, la réponse actuellement n'est pas connue.
Faut-il y voir une volonté de franciser un patronyme qui faisait alors un peu trop "bôche" (nécessaire de se repositionner dans le contexte de l'époque), cela n'est qu'une vague hypothèse, actuellement sans réponse.

Huguette, fidèle lectrice di blog a entrepris quelques recherches généalogiques qui démontre la réalité du patronyme LOESCH, famille venant de Climbach et Lembach, au nord de l'Alsace, alors allemande

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Merci Huguette pour les recherches.

Sources (cliquez sur les liens):
Généanet

Acte de naissance (Page 44)

Fiche Matricule (Page 353)

Fiche Mémoires des Hommes

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26 mars 2017

L'hommage de Charles à Charles. La Somme rend hommage aux soldats du Berry

Parmi les messages que je reçois, il en est certains qui me touchent car chargés d’émotion.
Il y a peu de temps, la semaine dernère précisement, j’ai reçu un mail d’un correspondant de la Somme qui m’envoyait la photo de la sépulture d’un soldat du 90e RI qui repose à la nécropole de Rancourt. Charles Pelletier domicilié à Coulemelle (80), entretient et fleurit la sépulture de son homonyme à la nécropole de Rancourt (80), et ce, avec l’aide de sa fille âgée de 11 ans.

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Et oui, vous avez bien lu, il a choisi d’entretenir la sépulture de Charles Pelletier, originaire de Crevant (36) et qui décéda le 8 novembre 1916 à Sailly-Saillisel (80).

Sa fiche sur le mémorial départemental : http://indre1418soldats.canalblog.com/archives/2016/11/08/34503574.html

MDH_PelletierCharles

Charles Pelletier figure sur le monument aux morts de Crevant et sur le monument commémoratif du cimetière communal

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Photos sources Mémorial Gen Web - Crédit Bernard Butet

 

Merci à Charles, merci à sa fille, une pensée pour Charles.

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04 novembre 2016

Mieux vaut tard que jamais: Désiré BLANCHET de Buzançais

 Un message reçu ce jour de la part de Luc Mabille de Buzançais me faisant part du rajout sur le monument de cette ville du nom d'un oublié:

CaptureBlanchetDésiré

Le 11 novembre prochain, à 11h, le nom de Désiré Pierre Blanchet sera lu
avec ceux de ses compagnons d'infortune.

BlanchetDesirePierre

Un nouveau nom de poilu a été gravé sur le MAM de Buzançais, à la demande de ses descendants et avec l'assentiment de l'ONACR :
Celui de Désiré Pierre Blanchet qui naquit à Buzançais le 29 juin 1884. Il portait le matricule 234 de la classe 1904. Il fut mobilisé au 90ème RI le 4 août 1914 et se retrouva en pleine bataille d'Ypres où il fut blessé le 28 octobre 1914, recevant 60 à 65 éclats d'obus (fesses, cuisses, bras,...), près du ruisseau de Stroombecke, entre Poelcapelle et Passendale.

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Il continuera à servir jusqu'à la fin de la guerre et ne sera démobilisé que le 8 mars 1919. De retour de blessures, il passe au 122e d'Infanterie le 27 décembre 1915 où il reste en ligne jusqu'au 16 avril 1916, puis il passe "à l'intérieur" et fut affecté au 6ème Escadron du Train des Equipages en août 1917.

Il décèdera le 20/08/1929 des suites de ses blessures et fut déclaré MPLF par le Tribunal Civil de Châteauroux, le 06 mars 1933. Ses 2 enfants Marie Charlotte et René furent "adoptés par la Nation" à cette même occasion.
Son plus jeune frère, Ernest Jean Baptiste (né le 24 juin 1887) fut tué à Verdun, le 03/05/1916 et son cadet, Charles Alexandre (né le 28 octobre 1885) mobilisé au 90ème RI et très probablement intoxiqué par les gaz, mourut lui, le 20 novembre 1939.

La généalogie de Désiré BLANCHET est consultable sur Généanet: Arbre de Lorian BLANCHET

Sa fiche matricule est visible sur le site des Archives Départementales 36 à la page 609 et 610


On notera que la fiche matricule ne fut jamais mise à jour suite au jugement de 1933 et qu'aucune fiche Mémoires des Hommes ne fut créée. Le fichier "historique" se limitant au plus tard à la date du 24 octobre 1919 (Date officielle de cessation des hostilités)

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08 juin 2016

Lettres W, X, Y et Z

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Lettre W

68e RI

WEBER Charles - WICART Georges Philippe

 

90e RI

WANDERSCHEID Louis - WARTHMANN Antoine - WEBER Marcel - WULLEPIT Albert

 

Lettre X

 

 

Lettre Y

 

90e RI

YSAMBERT Gustave - YVERNAULT Alexandre - YVERNAULT Clement - YVERNAULT Paul

 

290e RII

YVERNAULT Hippolyte - YVERNAULT Pierre - YVERNAUT Alexandre

 

Lettre Z

 

68e RI

ZACH Auguste Arnold

 

290e RI

ZIMMER Henri - ZIZIPHE Octave

 

Retrouvez l'alphabet du Monument aux Morts des régiments de l'Indre en cliquant ICI

31 mai 2016

Etude autour des défunts issus des régiments du Blanc et d'Issoudun

Cet article est une réactualisation de 2 articles parus en 2010
Intéressons nous tout d'abord aux pertes du 68ème RI qui est réparti sur deux garnisons:
Le Blanc (Portion centrale 3ème bataillon), caserne Chanzy
Le Blanc - La caserne Chanzy

  Issoudun (Portion Principale Etat-Major et 2 bataillons, ), caserne Chateaurenault

Issoudun - La caserne Chateaurenault

Le recrutement est principalement composé de Poitevins et de Berrichons provenant principalement de la Brenne (région ouest de l'Indre dont l'épicentre est la sous préfecture du Blanc).

Afin de mettre une partie de mes recherches à disposition de tous, vous trouverez derrière ce lien la  Liste des Morts pour la France du 68ème R.I.

Suite au dépouillement, on obtient 3432 soldats, sous-officiers ou officiers morts pour la France. A cette liste, il est possible de rajouter une centaine de cas, déterminés suite à recherches, de "Non morts pour la France". Je n'ai pas inclus volontairement les soldats non-Morts pour la France, la liste est disponible, mais consultable à la demande.

En effectuant un comparatif par années des pertes, on constate la dé-régionalisation des recrutements.
En 1914, les soldats provenant des départements de la Vienne, d'Indre, d'Indre et Loire et des Deux-Sèvres représentent près de 88% des pertes.
En 1918, le taux n'est plus que de 41%. Le régiment a vu des renforts provenir de tout le territoire, notamment des territoires occupés (Nord et Pas de Calais), entre autres.

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RI068_Matrice1914a1918_CarteFrance

 

 

Le pourcentage retenu est la proportion de natifs d'un département vis à vis des pertes totales du régiment pour une année précise.

Après le régiment d’active, le 68e RI, intéressons nous maintenant au régiment de réserve:

Le 268e RI est mis en place au Blanc dès le 3ème jour de la mobilisation, soit le 4 août 1914. Son effectif est alors de 32 officiers, 2202 hommes.
Le lieutenant-colonel Pichat est alors le commandant du régiment, et ce jusqu’à sa blessure le 9 septembre à Euvy (51), en pleine bataille de la Marne.
Le recrutement du 268e RI est principalement composé de soldats réservistes provenant du département de la Vienne (86) et de l’ouest du département de l’Indre (36) et du sud de l’Indre et Loire (37).
Alors que l’effectif de départ est donc de 2234 hommes, le 268e RI, jusqu’à sa dissolution en juin 1918, eut à subir une perte de 1380 soldats, sous-officiers et officiers.

 

RI268_Matrice1914a1918_CarteFrance

 

Au fil des années, nous constatons la disparition du recrutement régional. Alors qu’en 1914, les soldats des 3 départements représentent 92% des pertes, en 1917, ils ne sont plus que 39%.

En 1915, le recrutement est principalement effectué sur tout le territoire de la région militaire. En 1916, le recrutement est orienté vers les départements de l’Ouest.

A signaler dès 1915, une forte participation des soldats originaires des Landes dans les pertes du régiment. En 1917, il y eu autant de pertes landaises que de pertes provenant de l’Indre ou la Vienne, au sein du 268e RI.

Dans cette « étude », l’année 1918 n’a pas été retenue car le régiment fut maintenu en position de réserve plusieurs mois avant d’être dissous au mois de juin.

Cependant, cette carte est à comparer directement avec celle de 1914. Dans les deux cas, la carte couvre une période d’environ 6 mois et le contraste est flagrant.

Les armées ont su devenir « économes » de leurs soldats, les pertes sont presque 20 fois moindre.

Nota: Afin de réaliser des cartes cohérentes, le pourcentage retenu est la proportion de natifs d'un département vis à vis des pertes totales du régiment pour une année précise.

 

Sur le sujet du recrutement, je conseille notamment la lecture de l'excellent article "Du recrutement régional au recrutement national pendant la Grande Guerre" de Phillippe Boulanger. Cet article est consultable dans la "Revue Historique des Armées", n°3 - 1998.
Il existe une version plus détaillée et plus complète de det article dans l'ouvrage "La France devant la conscription - Géographie d'une institution républicaine  1914-1922" aux Editions Economica