03 décembre 2016

L'eau d'och mare (Le cidre de la Somme est goutu)

Aujourd'hui est un peu particulier, il y a 102 ans disparaissait Lucien, mon arrière grand oncle, à qui j'ai dédié ce blog.

Il y a 100 ans aujourd'hui, le 290e RI, dans la Somme, découvrait le repos après un dur séjour dans le secteur de Sailly-Saillisel. Le colonel Eggenspieler, quand à lui, découvre les plaisirs du cidre avec "l'eau d'och mare".

"Le 4 décembre le régiment est transporté en camions-autos à Lignières-Châtelain et à Coullière, à la limite Sud du département de la Somme. A ma rentrée de permission je trouve le régiment installé dans ces deux localités. Les cantonnements sont bons. Les hommes s'y refont rapidement, d'autant mieux que les permissions jouent à plein".

LignieresChatelain_Place
Lignières Chatelain (Somme) La Poste et la Halle

"Personnellement j'étais logé chez des personnes fort aimables qui m'ont fait le meilleur accueil. En causant, le maître de la maison m'a confié qu'il avait constaté de grandes différences dans les manières de se comporter des officiers qu'il avait eu à loger. Ainsi, peu avant moi, il a eu à héberger un grand chef de chasseurs à pied dont il a été particulièrement mécontent.
En visitant un cantonnement, j'ai eu l'occasion de recueillir quelques précisions sur la manière de faire le cidre dans le pays. Je me trouvais dans la cour d'une grande ferme. Au centre de la cour se trouvait une mare énorme. Le Lieutenant Maître qui se tenait près de moi me posa une colle. Il me demanda avec quelle eau je croyais qu'on faisait le cidre.
Sur mon geste, qui voulait dire que je n'en savais rien, il me dit que c'était avec celle que j'avais devant moi, « l'eau d'och mare ». Comme je ne voulus rien en croire et d'autant moins qu'à ce moment le bétail se promenaient dans la mare, on fit appel au témoignage du fermier. Celui-ci confirma purement et simplement les dires de Maître. Le fermier ajouta même que le cidre fait avec « l'eau d'och mare» était bien plus moelleux que celui fait avec l'eau de fontaine la plus pure. Pour me convaincre il m'en offrit un verre. Je dois reconnaître qu'il était très clair et très bon".

Il est à noter qu'avant le conflit, le colonel Eggenspieler était de garnison à Cherbourg, il faut certainement y voir là, la source de son intérêt pour cette boisson et le pourquoi il nous livre cette anecdote.

Sur le sujet des boissons on lira avec intérêt l'article de Stéphane Le Bras intitulé "Été 1916. Le cidre est-il soluble dans le pinard ?" sur le site "En Envor" (Cliquez sur le lien).
Cet article est d'ailleurs agrémenté de jolis clichés sur la fabrication du cidre, au front, provenant du fonds Valois de la BDIC

Sources texte: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry, le 290e RI

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20 janvier 2016

90e RI Somme, 6 novembre 1916, une confusion qui aurait pu être fatale.

Concentré sur le nouveau blog concernant les soldats du département, je peine à trouver du temps pour répondre aux mails en attente et à alimenter ce blog ci. Histoire de ne pas vous abandonner, voici un petit rapport très intéressant trouvé au SHD par Alain Malinowski, historien et grand "fouilleur" d'archives. Voici donc le rapport en question tel qu'Alain le diffusa en 2005 sur le forum Pages1418 (Entre les lignes) - Le message d'origine d'Alain n'est plus accessible.

 

Aux armées le 10 novembre 1916
Rapport du chef d’escadron Breant commandant le 1er bataillon du 90e R.I. relatif à un incident survenu au cours de la nuit du 6 au 7 novembre 1916.
9e CA ; 17e division; 33e brigade; 90e R.I.
 
Au cours de la nuit du 6 au 7 novembre, la 2e compagnie se portait en avant du boqueteau (point 0505) dans la partie du terrain où la 17e D.I. se reliait avec la 18e.
Pendant le mouvement en avant, une demi-section commandée par le sergent-fourrier Aubron dépasse légèrement la ligne à atteindre et tomba sur une tranchée allemande occupée. Les Allemands se rendirent sans combattre et le sergent-fourrier Aubron les ramena, mais il obliqua à gauche et se présenta devant le front d’une section de la 1ère compagnie commandée par le sous-lieutenant Caillou.
Un sous-officier, le sergent Maerten, apercevant le groupe, et reconnaissant très nettement les uniformes des Allemands, ne sachant pas que ceux-ci étaient accompagnés, leur cria :”camarades” en leur faisant signe de lever les bras. Brusquement, les huit hommes qui étaient en tête firent demi-tour.
Le sergent et quelques hommes qui étaient près de lui voyant les boches s’enfuir, tirèrent dans leur direction, le sergent-fourrier Aubron cria alors :”Ne tirez pas, nous sommes des Français qui ramenons des Boches!” Le feu cessa, mais les Allemands avaient disparu à l’exception de cinq.
Il résulte des déclarations du sous-lieutenant Caillou qu’il n’y a eu aucun affolement, mais que le sergent Maerten et ses hommes étaient en première ligne, avaient réellement cru se trouver en présence d’une patrouille ou d’une reconnaissance ennemie égarée.
Cette erreur, au dire du sous-lieutenant Caillou dont le sang-froid s’est affirmé dans ces périodes de combat, est explicable, attendu que les Allemands formaient un groupe suffisant pour que les uniformes français fussent, pour ainsi dire, cachés par les uniformes allemands.
Le sergent Maerten, sous-officier grenadier, a donné maintes preuves d’énergie qui excluent l’idée d’affolement.
Signé : Breant
Vu et transmis :
Il y a là un incident de guerre regrettable mais qui ne me paraît mériter aucune sanction.
Le sergent Maerten, sous-officier grenadier du bataillon est connu pour son courage. Quant au sous-lieutenant Caillou nouvellement arrivé au régiment, il s’est fait remarquer par son sang-froid au cours de cette période.
P.C. le 11 novembre 1916
Le lieutenant-colonel Jumelle commandant le 90e RI.
De l’enquête exposée ci-dessus et dont les résultats sont conformes aux faits dont il m’a été rendu compte, il résulte, à mes yeux que dans des circonstances infiniment difficiles, des gradés du 90e R.I. se sont employés avec audace et énergie. Une erreur regrettable s’est produite, on ne peut le nier, mais on ne saurait accuser d’affolement aucun gradé responsable. Chacun a cherché à s’employer au-delà de son devoir et a dignement porté le poids des responsabilités qui lui incombe.
L’honneur au régiment n’y a rien perdu, au contraire.
Signé : le général Lasson commandant la 33e brigade, PC le 11 novembre 1916.

 

Le JMO du régiment signale que "Huit prisonniers du 105e RI ont été faits dans la nuit", mais il arrête là la mention des faits, il omet de signaler que 3 s'échappèrent dans la confusion. Pour découvrir les faits de la journée et une superbe carte du secteur (page suivante) , on pourra lire le JMO sur le site Mémoires des Hommes

Capture
Sources carte JMO 90eRI - Service Historique de la Défense - Mémoires des Hommes

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19 janvier 2007

Fin de séjour dans la Somme

"Avant de clore le chapitre de la Somme je dois mentionner la question des bidons. Pour que les hommes aient suffisamment à boire, on les avait dotés d'un double jeu de bidons de deux litres. Tous les soirs ils échangeaient les bidons vides contre les bidons pleins que leur apportaient les corvées de mulets. Or, il se trouvait que ces bidons quelque précieux qu'ils fussent disparaissaient rapidement. Les hommes en réclamaient toujours de nouveaux. Que devenaient-ils ? Mystère. Les uns devaient disparaître dans les transports à mulets et les autres dans la boue des tranchées, Le Commandement s'est finalement inquiété de cette situation et a demandé des justifications aux Corps. Pour notre compte nous avons pu accuser un chiffre de pertes raisonnable et on nous a donné quitus. Mais je sais que d'autres Corps ont eû de sérieux ennuis avec cette question des bidons.
Je veux aussi avant de terminer citer un geste de la part d’un régiment que nous avons croisé un certain jour, en entrant dans le secteur, et qui m'a vivement frappé
.
Il faisait beau et nous marchions tranquillement sur une route quand je vis apparaître au loin une troupe d'infanterie qui venait vers nous. Quand cette troupe fut sur le point d'arriver à notre hauteur je vis le Tambour-Major lever sa canne. Une sonnerie retentit, et aussitôt toute la colonne déboîta dans les champs. Chaque fraction, au fur et à mesure qu'elle arrivait à ma hauteur, mettait l'arme sur l'épaule et prenait le pas cadencé. Au premier moment je me demandais pourquoi on me rendait tant d'honneurs. Quand toute la colonne eût dépassé le régiment, une nouvelle sonnerie retentit et les camarades si courtois reprenaient la route derrière nous. Tout ceci s'est passé sans commandement, à la simple sonnerie des clairons de tête. Je regrette de n'avoir pas retenu le numéro de ce régiment si bien stylé".

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI un régiment de réserve du Berry

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15 novembre 2006

La boue de la Somme

"Dans le secteur que nous occupions la terre était tellement désagrégée que tous les objets dont se servait la troupe, objets de campement et munitions, y disparaissaient. Il était très difficile de maintenir les armes en état de fonctionnement. Les hommes, plus que dans aucun autre secteur, étaient recouverts d'une véritable carapace de boue. Le ravitaillement, la moitié du temps n'arrivait pas, ou arrivait incomplètement. Il se faisait de nuit par corvées de mulets. On m'a dit que les territoriaux qui conduisaient les animaux, pour ne pas aller jusqu'au bout, entaillaient les sangles. Au premier heurt, celles-ci se rompaient et le chargement s'en allait dans la boue. Les mulets délestés s'enfuyaient à l'arrière et la corvée était faite. Dans ces conditions, il m'a paru que c'était pur entêtement de vouloir continuer les opérations sur un terrain pareil où tout disparaisait dans la boue, et où le ravitaillement de la première ligne présentait des difficultés presque insurmontables. Le Général Niessel, pour se rendre compte du degré d'’henvahissement de la boue, avait prescrit que chaque fois qu'une troupe était relevée, un ou deux Officiers se présenteraient à son P.C. dans l'état où ils étaient en quittant les lignes".

BoueTranchees

"Dans ce terrain de boue, si profondément bouleversé, il était très difficile de faire des croquis exacts des lignes occupées par les bataillons. On avait bien certains points qui paraissaient nettement dans les photos aériennes, mais pour les trouver sur le terrain c'était presque impossible. Il y avait cependant des officiers qui s'adonnaient particulièrement à cette tâche d'identification. Au régiment j'avais chargé le Lieutenant Brisson d'identifier des emplacements de batteries allemandes qui apparaissaient bien sur les photos. Il était en contradiction dans ses conclusions avec le Lieutenant-Colonel d’artillerie Biraud. Cet artilleur remarquable tenait absolument à avoir le tracé exact de nos premières lignes pour éviter toute erreur dans les tirs de barrage. Pour y parvenir sûrement, il parcourut lui-même les lignes pendant des journées entières. Le pauvre officier trouva la mort dans l'accomplissement de sa tache ingrate.
Au Corps d'Armée il y avait un Capitaine du nom de Boll qui avait également la spécialité des reconnaissances en ligne. Il y fut du reste tué. Il venait des zouaves et était déjà blessé de guerre inapte au service de la troupe".
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Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry - Le 290e RI
Cliché et légende d'Yves Troadec : Verdun - Un agent de liaison qui préfére emprunter la tranchée pleine de boue et prendre un bain de pieds plutôt que que de se faire démolir le portrait sur la plaine.

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12 novembre 2006

En ligne à Sailly Saillisel

"Le 9, le 6e bataillon va occuper la tranchée de Combles. De mon côté je m'installe au P.C. du Bois de la Haie où je vais relever le Général Lasson, Commandant la 33e Brigade. Du bois je n'ai plus vu aucune trace. Quant à l'abri il était creusé profondément dans un roc calcaire. Il n'était pas confortable, mais solide, On ne pouvait pas en sortir le jour. Le soir je sortais pour faire mon tour d'horizon et comparer le régime de tir de la Somme avec celui de Verdun. Il m'a paru qu'à l'époque où nous y étions les tirs de jour de la Somme étaient moins intenses et violents que ceux de Verdun, et inversement, que dans cette dernière place on tirait moins de nuit que dans la Somme. Quand le soir je quittais mon abri je voyais le ciel sillonné par les éclairs des canons, dans toutes les directions de l'horizon. Le spectacle revêtait même un certain caractère de grandeur.
Le 11, le 5
e bataillon relève en première ligne un bataillon du 268e au Nord-Est de Sailly-Saillisel. Le lendemain 12, le 6e bataillon relève l'autre bataillon du 268e à l'Ouest de Sailly-Saillisel. Je relève en même temps le Lieutenant-Colonel du 268e au P.C. 185. Le secteur qui nous est dévolu est en très mauvais état, Nous y entrions après une longue série de pluis. Mon P.C. était au bas d'un chemin creux. Il en descendait une véritable mer de boue, dix fois comme celle du Bois Saint-Pierre. Des corps étaient immergés dans cette boue. Il y en avait un juste à l'entrée du P.C. Toutes les corvées de mulets qui se rendaient en ligne lui passaient sur le dos. Pour tout habillement il n'avait plus que son pantalon. Comme il avait encore des boutons à sa ceinture, un homme de ma suite qui en manquait, lui en a détaché un avec son couteau de poche. Il n'avait aucune crainte des microbes".

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI un régiment de réserve du Berry

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06 novembre 2006

6 novembre 1916, confusion en 1ère ligne

Aux armées le 10 novembre 1916
Rapport du chef d’escadron Breant commandant le 1er bataillon du 90e R.I. relatif à un incident survenu au cours de la nuit du 6 au 7 novembre 1916.
9e CA ; 17e division; 33e brigade; 90e R.I.

Au cours de la nuit du 6 au 7 novembre, la 2e compagnie se portait en avant du boqueteau (point 0505) dans la partie du terrain où la 17e D.I. se reliait avec la 18e.
Pendant le mouvement en avant, une demi-section commandée par le sergent-fourrier Aubron dépasse légèrement la ligne à atteindre et tomba sur une tranchée allemande occupée. Les Allemands se rendirent sans combattre et le sergent-fourrier Aubron les ramena, mais il obliqua à gauche et se présenta devant le front d’une section de la 1 ère compagnie commandée par le sous-lieutenant Caillou.
Un sous-officier, le sergent Maerten, apercevant le groupe, et reconnaissant très nettement les uniformes des Allemands, ne sachant pas que ceux-ci étaient accompagnés, leur cria :”camarades” en leur faisant signe de lever les bras. Brusquement, les huit hommes qui étaient en tête firent demi-tour.
Le sergent et quelques hommes qui étaient près de lui voyant les boches s’enfuir, tirèrent dans leur direction, le sergent-fourrier Aubron cria alors :”Ne tirez pas, nous sommes des Français qui ramenons des Boches!” Le feu cessa, mais les Allemands avaient disparu à l’exception de cinq.
Il résulte des déclarations du sous-lieutenant Caillou qu’il n’y a eu aucun affolement, mais que le sergent Maerten et ses hommes étaient en première ligne, avaient réellement cru se trouver en présence d’une patrouille ou d’une reconnaissance ennemie égarée.
Cette erreur, au dire du sous-lieutenant Caillou dont le sang-froid s’est affirmé dans ces périodes de combat, est explicable, attendu que les Allemands formaient un groupe suffisant pour que les uniformes français fussent, pour ainsi dire, cachés par les uniformes allemands.
Le sergent Maerten, sous-officier grenadier, a donné maintes preuves d’énergie qui excluent l’idée d’affolement.
Signé : Breant
Vu et transmis :
Il y a là un incident de guerre regrettable mais qui ne me paraît mériter aucune sanction.
Le sergent Maerten, sous-officier grenadier du bataillon est connu pour son courage. Quant au sous-lieutenant Caillou nouvellement arrivé au régiment, il s’est fait remarquer par son sang-froid au cours de cette période.
P.C. le 11 novembre 1916
Le lieutenant-colonel Jumelle commandant le 90e RI.
De l’enquête exposée ci-dessus et dont les résultats sont conformes aux faits dont il m’a été rendu compte, il résulte, à mes yeux que dans des circonstances infiniment difficiles, des gradés du 90e R.I. se sont employés avec audace et énergie. Une erreur regrettable s’est produite, on ne peut le nier, mais on ne saurait accuser d’affolement aucun gradé responsable. Chacun a cherché à s’employer au-delà de son devoir et a dignement porté le poids des responsabilités qui lui incombe.
L’honneur au régiment n’y a rien perdu, au contraire.
Signé : le général Lasson commandant la 33e brigade, PC le 11 novembre 1916

Merci à Alain Malinowski pour cet interressant document (Sources SHD)

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04 novembre 2006

Les abris Favieres

"Le 4 novembre nous sommes retournés au Camp 15 et de là nous nous sommes rendus le 5 aux abris Favières. Ces abris se trouvaient dans un bois rectangulaire de haute futaie, encore bien garni d'arbres. Les abris étaient en tôle ondulée recouverte de terre. Comme ils avaient été construits par les Allemands leur ouverture était tournée vers eux. Pour commencer, je couchais sous une tente, Il pleuvait à ce moment tellement que j'ai dû évacuer ma tente et me réfugier dans l'abri habité par les Officiers du 5e bataillon.
Tous les matins les Allemands nous sonnaient le réveil exactement à la même heure, entre 6 et 7 heures. Ils nous envoyaient deux obus, puis ils ne tiraient plus jusqu'au lendemain matin. J'ai pensé que c'était deux coups de réglage que les Allemands tiraient régulièrement sur le bois. Heureusement qu'aucun de ces coups n'est jamais entré dans un abri".

Sources: Colnel Eggenspieler - Le 290e RI, unrégiment de réserve du Berry

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31 octobre 2006

Changement au sommet de la pyramide

"Le 31 nous avons quitté le Camp 15 pour aller cantonner à Morlancourt et à Villers".

Morlancourt_RueAlbert
Morlancourt - La rue d'Albert


  Morlancourt_RueVilleSurAncre
Morlancourt - La rue de Ville sur Ancre

"Dans ces cantonnements nous avons reçu la visite de notre nouveau Commandant de Corps d’Armée, le Général Niessel. Il n'était pas un inconnu pour moi. Nous étions camarades de promotion et de garnison. Comme Commandant de Corps d'Armée nous allions avoir un chef alerte et remuant qui allait faire contraste avec ses prédécesseurs. Le Général Pentel qui n'avait encore dirigé aucune opération a disparu du Corps d'Armée sans qu'on ait su pourquoi. Ce limogeage intempestif jurait un peu avec les félicitations que le Général avait reçues en Champagne. Cet incident a produit un mauvais effet".

GeneralNiessel

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI, Régiment de réserve du Berry

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25 octobre 2006

A l'arrière

"Le 9 octobre nous commençons notre mouvement d'approche. Nous sommes d'abord transportés au Camp 10 au Sud de Corbie, entre Fouilloy et Hamcelet. Nous sommes encore convenablement installés. Les hommes sont employés à des travaux de nettoyage et d'amélioration du Camp. Dans la campagne environnante, il y a un grouillement intense de militaires de toutes armes, à pied et à cheval. Tous ces gaillards exerçaient le sport interdit de la chasse. Mais comme ils l'exerçaient sans employer d'armes à feu, personne ne leur disait rien. La campagne était remplie de lièvres. Ceux qui étaient à cheval les forçaient, et les piétons les ramassaient. Si j'avais laissé faire mon anglo-arabe il aurait bien piqué aussi son galop de chasse.
Le 20 octobre, nouveau bond en avant. Nous sommes transportés au Camp 15 près de la ferme de Bronfay. La route que nous suivons en auto est entièrement couverte de convois automobiles. Au fur et à mesure que nous avançons la route devient de plus en plus mauvaise. Elle se défonce sous l'action des lourds camions et de la pluie. Tout le long de la route des équipes de territoriaux travaillent à combler les trous sous les roues mêmes des camions. On sent qu'il y a également une organisation dans ce secteur. Malgré les difficultés qu'ils éprouvent les longs convois s'écoulent sans arrêt vers leur destination. Pour les troupes à pied et à cheval il y a des pistes à droite et à gauche de la route. d'un côté pour les cavaliers, de l'autre pour les piétons.
Je crois que c'est dans le Camp 15 que nous avions une belle vue sur Albert. Nous étions à 5 ou 6 kilomètres au Sud de la ville. On voyait très bien la Vierge de l'Eglise accrochée horizontalement au sommet de la tour, après avoir reçu un coup de canon".

CathedraleAlbert
Albert - La Cathédrale

"Nous avions à côté de nous un Camp anglais, dans lequel il y avait des tanks énormes. Nous allions les voir et nous faisions ainsi connaissance avec les Officiers qui venaient nous voir à leur tour dans notre camp. Ils aimaient à venir écouter notre musique. Ce qui les frappait le plus c'était le vacarme que faisait notre clique".

FanfareMilitaire
Une fanfare militaire

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290eRI, un régiment de réserve du Berry

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21 octobre 2006

En route pour la Somme

"Le 1er octobre, nous nous rendons à la gare de Mailly, où nous nous embarquons".

MaillyCamp_GareDebarquement
Les troupes en gare de Mailly

"Le 2, nous sommes à Saveuse et à Ferrières à l'Ouest d'Amiens. Nous avons de bons cantonnements et nous avons le temps de faire un tour dans la ville d’Amiens. J'y ai trouvé les rues commerçantes très animées. La cathédrale, principal monument de la ville, est en majeure partie masquée par d'épaisses couches de sacs à terre remplis de ciment ou de plâtre, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du bâtiment.
La ville était surtout fréquentée par l'armée anglaise, les commerçants et hôteliers en avaient profité pour hausser leurs prix. Le Lieutenant Maître, qui avait attaché son cheval à la grille d'un hôtel, s'est vu demander dix francs par un garçon pour cette faveur. Pour toute récompense, Maître a offert la pointe de sa botte à ce serviteur.
Un après-midi que je me suis hasardé à visiter la ville, un cycliste a aussitôt été envoyé à ma recherche. Il m'a trouvé à la cathédrale. Je devais rentrer d'urgence pour assister à une conférence faite par le Général Pentel aux Officiers du régiment. J'y arrivai encore à temps. Le Général nous a annoncé, ce dont nous nous doutions déjà, que nous allions opérer .à notre tour dans la Somme. Nous devions entrer en ligne entre le Transloy et Sailly-Saillisel et porter le front occupé jusque là, au delà de la route de Bapaume à Péronne".

Sources: Colonel Eggenspieler - Un régiment de réserve du Berry le 290e RI

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