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Indre 1914-1918 - Les 68, 90, 268 et 290e RI
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19 septembre 2025

La Mougeotte de Brisson-Vierzon, un essentiel pour les internes et les blessés de l’hôpital 45

Comme certains ont pu le remarquer, j’ai une marotte qui tourne autour d’une période précise. Pour faire large, je dirais de 1871 à 1919. Pour 1871, après le 10 mai et le traité de paix de Francfort et pour 1919, je fixe la barre aux environs d’aout pour le retour des unités dans le département de l’Indre. J’accepte cependant volontiers de pousser d’une dizaine d’années pour aborder la fin de l’implantation du 90ème Régiment d’Infanterie à la caserne Bertrand de Châteauroux, avant son départ pour Tours.
J’ai aussi un intérêt particulier, puisque professionnel, avec l’histoire de l’ENP de Vierzon pendant cette même période. Créée en 1881 par décret ministériel, l’Ecole Nationale Professionnelle de Vierzon deviendra Lycée Technique d’Etat (LTE) en 1959.

Après m'être intéressé aux plaques mémorielles du lycée et à quelques anciens élèves et à leur parcours pendant le conflit, les recherches actuellement en cours concernent l’hôpital 45 qui fut implanté dans les locaux de l’ENP tout au long du conflit (Rendez-vous pris au Musée des Services de Santé des Armées).

Exceptionnellement, les Journées du Patrimoine aidant, plutôt que de m’intéresser aux vivants ou aux morts d’alors, je choisis ici de m’intéresser à un objet essentiel tant pour les Vierzarts internes du lycée, loin de leurs familles que pour les nombreux soldats blessés qui séjournèrent à l’ENP. Cet objet, vestige d’un autre temps, se trouve encore dans un lieu passant du lycée, à côté de l’intendance actuelle.
Cet objet n’est rien d’autre qu’une Mougeotte de type 1.

 

 

Comme le montre la photographie ci-dessus, la Mougeotte est une boite aux lettres. Celle-ci doit son surnom à Léon MOUGEOT, député Radical qui fut sous-secrétaire des Postes et Télégraphes auprès du Ministre du Commerce (1898-1902) et qui officia dans divers gouvernements lors de la IIIème République, notamment celui d’un certain Henri BRISSON.

L’administration des Postes doit à Léon MOUGEOT la normalisation des boites aux lettres et le début de l’équipement en bicyclettes des préposés pour certaines de leurs tournées.

Pour cela, par décret en 1899, le réseau des boites aux lettres est réorganisé et il impose le principe dune boite normalisée fournie par l’entreprise DELACHANAL de Charenton. Il est à noter que l’entreprise était aussi fabricant de cycles (Marques Omnium et Dollar)
 

 

Ces boites, à l’origine de couleur bronze furent peintes en bleu (1905). Plus tard, la couleur devint jaune en 1962. Sur celle du lycée Henri Brisson, on peut voir le bleu d’origine apparaitre sous les éclats de jaune. Si on ouvre la porte, on s'aperçoit que l’intérieur est toujours de la couleur originelle. On notera cependant l’absence de la serrure d’origine et de la plaque d'identification sur le côté droit..

 

Située sous la passerelle de la coursive de la cour d’Honneur, cet exemplaire fut en production de 1900 à 1930. Celle du lycée Henri Brisson fait donc partie des vestiges de cette époque, ceux auxquels on ne prête pas nécessairement attention mais qui sont encore là dans notre environnement.
A noter cependant qu'un tel objet ne laisse pas indifférent quelques collègues de la section Fonderie du lycée.

 

 

Je ne peux qu’essayer d’imaginer les centaines ? les milliers de lettres ? qui transitèrent par cette boite. Des lettres familiales, des lettres amoureuses, des lettres de rupture, des lettres de souffrance, des lettres pour simplement donner des nouvelles.

Lors d’un message précédant, j’abordais le cas de Michel SORNICLE, un élève de l’ENP entre 1914 et 1918. Malade, il envoyait une lettre depuis le lycée. Dans l’enveloppe adressée qui malheureusement ne nous est pas parvenue, Michel SORNICLE envoyait une carte de Vierzarts pour signaler sa bonne veine à son ami. La lettre transita vraisemblablement par la boite aux lettres du Lycée, celui-ci était alors à l’infirmerie .

 

Au même moment, le lycée accueillait un peu plus de 10.000 blessés entre 1914 et 1919, parmi eux, de nombreux blessés utilisèrent eux aussi la boite aux lettres Mougeotte. Les courriers étaient visés par le tampon de l’hôpital 45, ce qui permettait de leur donner le statut de « correspondance militaire ».

 

Une simple boite aux lettres, auprès de laquelle nous passons quasiment tous les jours. Une boite aux lettres qui aurait surement tant à dire.

La fiche technique de la Mougeotte :
https://collections.museedelaposte.fr/fr/notice/18847-boite-aux-lettres-delachanal-ca3fa816-9696-49ea-8509-41ba4b3be77e

L’histoire des boites aux lettres :
https://www.museedelaposte.fr/system/files/fp_boites_aux_lettres.pdf

 

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D'autres articles en lien avec l'ENP de Vierzon:

L'Ecole Nationale Professionnelle de Vierzon dans la Grande Guerre (2008 - réactualisé 2025)

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Un Vierzart en 14-18: Edgar BRANDT (VZ94-98)

Un Vierzart en 14-18: Michel SORNICLE (VZ14-18)

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Les Vierzarts comprendront le graffiti trouvé sur un mur, non loin du lycée.

 

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