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Indre 1914-1918 - Les 68, 90, 268 et 290e RI

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21 mars 2018

Mars 1918, présentation des secteurs : Reichacker, Tête de Faux, Linge.

Dans un message précédent (écrit en 2008, il y a 10 ans donc), le colonel Eggenspieler avait raconté l'arrivée dans les Vosges. Je me limite à citer les passages clés du livre du colonel Eggenspieler par manque de temps à consacrer à la rédaction des messages.
Avant de vous livrer le texte tel quel, je ne peux que vous conseiller de vous rendre sur le compte Facebook de Denis Souchaud. Kévin, au travers de messages quotidiens, nous fait revivre le parcours de l'année 1918 du 268e RI, le régiment jumeau du 290e dont le colonel Eggenspieler était le chef de corps.

https://www.facebook.com/people/Denis-Souchaud/100005381536365

 

Laissons maintenant la parole aux gars du 290e qui vous présentent le secteur qui va voir leurs derniers combats avant la dissolution qui adviendra en juin 1918:

Le 12 mars, l'E.-M. du régiment et le 5e bataillon se mirent en marche vers le Collet, par la merveilleuse route des lacs de Longemer et de Retournemer. Le 6e bataillon fut transporté par la voie étroite.
Le Collet était la partie du sommet des Vosges située immédiatement à l'Ouest du Col de la Schlucht. Il s'y trouvait un camp qui portait le nom de camp du Collet composé de nombreuses baraques dispersées sous les arbres. Dans ce camp étaient installés toutes sortes d'E.-M. et de chefs de services. Il s'y trouvait notamment le Général de Brigade commandant le secteur avec son E.-M. et le commandant de l'artillerie. Le Général de Brigade qui commandait au moment où nous sommes arrivés était un vieux Général quinteux, il était je crois du cadre de réserve. Il était détesté de son personnel. J'ai remarqué aussi que le Général de Division quand il venait dans le secteur ne s'adressait jamais à lui. Après notre entrée dans le secteur je ne l'ai plus revu. Il est parti définitivement quelques semaines après notre arrivée. Il a été remplacé avantageusement par un jeune colonel du nom de Cot qui devait compter de nombreuses campagnes coloniales. Sa tunique était barrée de trois ou quatre rangées de décorations, C'était un garçon calme et tranquille. Il venait me voir presque journellement. Il nous a quittés à son tour au bout d'un mois environ. J'ai fait l'intérim du commandement du secteur jusqu'à l'arrivée d'un nouveau titulaire. C'était un Général de Brigade de cavalerie qui était je crois également du cadre de réserve. C'était un homme charmant comme on sait l'être dans l'arme de la cavalerie. Il s'appelait Violand et était Alsacien comme moi. Nous parlions souvent du pays de l'autre côté de la crête et nous nous demandions si nous finirions par y descendre. J'ai correspondu avec le Général Violand encore longtemps après mon départ du secteur.
Dans le secteur du Reichacker nos lignes étaient à cheval sur la vallée de Munster. Elles partaient au Sud, du Klitzerstein, près de Muhlbach, passaient au Reichacker, traversaient la Fecht à Ampfersbach et aboutissaient au Nord, à Soultzeren. En plus du secteur du Reichacker nous avons occupé temporairement le "Linge", le "Immelinskopf" (1.215 mètres) au nord du lac Blanc et la "Tête de Faux" (1.219 mètres), au sud du Bonhomme.
A l'intérieur des lignes notre occupation était assise sur un fort massif de montagnes qui se détachait de la crête générale des Vosges au Hohneck, et dont l'extrémité Est aboutissait à Munster. Une série de sommets qui allaient en s'abaissant de l'ouest à l'est jalonnaient la crête du massif montagneux. Le sommet le plus élevé était le grand Hohneck (1.361 mètres), puis venaient le petit Hohneck (1.287 mètres), le Gaschney (1.090 mètres), le Tannele, le Sattel-Kopf et finalement le Reichacker.
Au Hohneck il y avait un observatoire doublé d'un poste d'écoute. J'y allais très souvent. J'y passais des heures à observer la plaine et le cours du Rhin dont je voyais miroiter la surface en certains endroits. Les Allemands s'étaient installés dans ce pays de force après leurs victoires de 1870, ils n'avaient donc rien à dire si nous y revenions par les mêmes moyens.
Mon P.C. était installé au Gaschney. Il y avait là un certain nombre de baraques édifiées par les chasseurs. Sur les pentes du Gaschney, plus bas que mon P.C. se trouvaient des parcs de voitures et d'animaux. Notre poste de secours régimentaire était installé dans une baraque très confortable au même niveau que mon P.C. Au Tannele était installé le camp Nicolas. La partie élevée de ce camp avait été détruite par un bombardement, sans doute au cours des combats du Reichacker. Sur le flanc Nord du Gaschney il y a eu autrefois des mines d'argent. Leur emplacement est marqué sur la carte des Vosges au 20.000e.

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Carte du secteur Sources Col. Eggenspieler - Le 290e, un regiment de réserve du Berry (page 514)


Tout le massif montagneux qui s'étendait du Hohneck jusqu'à Munster était couvert de forêts magnifiques de sapins poussés droits comme des cierges. Le massif était bordé au Sud par la Grande Fecht qui passait à Metzeral. De notre secteur on ne voyait presque pas cette vallée. Au Nord le massif était borné par la Petite Fecht qui passait à Stosswihr dont nous aurons à reparler. Les deux Fecht, petite et grande, se réunissaient à Munster où elles formaient la Fecht proprement dite. Des hauteurs au Sud de Soultzeren on avait des vues magnifiques sur la vallée de Munster. Les Allemands nous empêchaient de voir à l'intérieur des rues de la ville en tendant d'énormes toiles successives à travers celles-ci. Dans la campagne au Nord de Munster on voyait les habitants travailler dans les champs. Ils savaient qu'ils n'y risquaient rien. Ils étaient aidés dans leurs travaux par des soldats dont on reconnaissait très bien les uniformes.

Munster_HotelAltenberg

A l'intérieur du secteur on peut citer comme curiosité l'hôtel de l'Altenberg, au bord de la grande route de Gérardmer à Munster et Colmar. Le bâtiment principal de l'hôtel était passablement démoli. Seul le sous-sol était encore en bon état. Toutes les pièces en étaient luxueusement carrelées en belle faïence de couleur. Les Allemands y avaient fait beau et grand. Au moment de notre séjour, l'hôtel ne servait plus que d'observatoire à nos artilleurs. Une autre construction, en terrain français celle-ci, était le chalet Hartmann. Il était placé juste au bord de la frontière et passait pour être un nid d'espionnage avant la guerre. Au col de la Schlucht il y avait avant la guerre l'hôtel français de la Schlucht et les bâtiments de la douane. Ils ont été entièrement détruits au début de la guerre. Un chemin de fer à voie étroite et à crémaillère permettait de se rendre de Munster à la Schlucht. Un tramway français prolongeait la voie ferrée depuis la Schlucht jusqu'au Hohneck. L'Empereur Guillaume y était venu avant la guerre.

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Au Nord de la Schlucht nous avions comme point élevé marquant de la crête des Vosges, le Tanet (1.292 mètres) avec la Roche du Tanet. Un peu plus au Nord se trouvait le parc des Chiens de l'Alaska. Ce parc était dirigé par un lieutenant qui avait séjourné dans l'Alaska et qui y était retourné pour chercher les chiens. C'étaient des animaux superbes, genre chiens d'esquimaux. Ils servaient notamment en hiver au ravitaillement des troupes échelonnées sur la crête et les sommets du Nord du Tanet. En hiver ils étaient attelés au nombre de neuf à des traîneaux avec lesquels ils filaient comme le vent. Dans les autres saisons ils traînaient des petits wagonnets qui roulaient sur des rails. Leur élément favori c'était la neige. Ils sont logés dans des niches en bois humectées et sans paille, c'est ce qui convenait à leur tempérament.

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Sources Astouin et Izard "Train des Equipages et le service automobile pendant la Grande Guerre (insertion page128)

Sources: Collection de l'auteur et Colonel Eggenspieler - Le 290e, un régiment de réserve du Berry

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1 novembre 2017

Comprendre les Monuments aux Morts de nos villes et campagnes (via CNRS)

Le mois de novembre est devenu dans le département, un mois propice au souvenir. Les associations patriotiques se retrouveront le 11 devant le monument, les associations d'Histoire locale et/ou de Généalogie produisent des expositions, des conférences sur le conflit.
Lors de chaque commémoration, lors du passage dans un des bourgs de nos villages, nous sommes toujours confronté à ce qui reste un des piliers de la Mémoire des conflits et des pertes associées. Ce pilier est particulièrement bien représenté dans nos communes par le monument aux morts communal.

Pourquoi des monuments? Pourquoi y a-t-il une liste de noms (ou pas d'ailleurs), y sont-ils tous? Que représente la statuaire du monument de ma commune? Voilà de nombreuses questions que nous nous sommes tous poser.

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En 2014, un film intitulé "Rendez-vous aux monuments aux morts" aborda la symbolique et nous permet de les comprendre au travers des explications de nos historiens comtemporains. Le CNRS, via son site, nous permet de visionner divers extraits concerant des thématiques:

"Pourquoi les monuments aux morts?": http://videotheque.cnrs.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=4708

"Les noms des monuments aux morts": http://videotheque.cnrs.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=4710

"Histoires singulières": http://videotheque.cnrs.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=4711

"Mémoires et monuments aux morts": http://videotheque.cnrs.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=4712

"Typologie des monuments aux morts": http://videotheque.cnrs.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=4714

 

Pour visionner l'intégralité du film "Rendez-vous aux monuments aux morts", on pourra suivre le lien en cliquant l'image ci-dessous: 

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20 septembre 2017

Les monuments indriens (11) Gargilesse-Dampierre

Cette rubrique ayant trait aux monuments aux morts du département n’avait pas fait l’objet de mise en ligne depuis longtemps. Ayant profité de l’été, je m’attèle donc à vous faire partager une nouvelle page et un nouveau monument.
Pour faire simple, voici un monument que j'ai souvent l'occasion de voir en tant que voisin, celui de la commune de Gargilesse Dampierre.

Cette commune est le fruit de la fusion en 1823 de la commune de Gargilesse et de celle de Dampierre. Elle ne prit le nom de Gargilesse Dampierre qu’en 1947.

Aucun monument 14/18 n’est visible à Dampierre. Quelques plaques individuelles sont visibles au cimetière. A Gargilesse, il n’a pas été trouvé de plaque paroissiale dans l’église Notre Dame, seules quelques plaques sont visibles au cimetière du bourg sur les sépultures individuelles.

Seul le monument non loin de l’ancienne école et surplombant l’actuelle mairie a été trouvé. Ce monument m’a toujours intrigué car il est d’un accès peu pratique et semble posé sur la corniche, donc rendant peu pratique le cérémonial qui s’y tient aux diverses dates des commémorations.

Pourquoi a-t-on perché là ce monument?

P1050821 MonumentGargilesse1

Lors d’anciennes recherches aux Archives départementales de l’Indre, j’avais trouvé un recensement des monuments du département (R909-3) effectué à la demande du Préfet, en 1932, la fiche ayant trait à Gargilesse indiquait :

- Existe-t-il un monument ou une plaque commémorative ? Oui
- Description sommaire : Simple stèle en schiste du pays surmonté d’un couronnement de granit surmonté d’un vase funéraire. Aspect à la fois sobre et impressionnant. Hauteur 3m40 largeur à la base 2m25
- Dans quels lieux sont-ils érigés ? A mi- pente sur un terrain dominant le bourg par la route Argenton-Gargilesse. Escalier d’accès bordé d’obus reliés par une chaine trainante.
- Combien de noms y sont gravés ? Trente-cinq noms.
- Quel en a été le coût ? Approximativement 6000 francs
- Par qui la dépense a-t-elle été supportée ?
                    Souscription publique néant
                    
Subvention de l’Etat 320 francs
                    
Budget communal 5500 francs environ

- Date d’inauguration Non inauguré, cérémonie remise

24 juillet 1932 Le Maire

On peut tout d’abord tirer plusieurs renseignements de ce document:

A la date du document, soit 1932, 14 ans après l’armistice, le monument n’est toujours pas inauguré en tant que tel. On notera aussi que le financement est quasi purement local, l’aide de l’Etat représentant environ 5% du cout total et que seul le budget municipal fut sollicité.

Avec ce document, était joint un plan de situation (en bleu) du monument qui permet donc à la préfecture de visualiser ledit monument. Une carte postale fut aussi éditée attestant de la réalisation.

P1060345_gargilesse_1 P1060345_gargilesse_2

MAM_Gargilesse

Lorsque je découvris ces documents, je compris alors que la position n'était pas si incongrue que je le pensais.
En effet, en l'absence des données trouvées aux Archives Départementales, je restais sur un non-dit concernant ce positionnement. Pourquoi avoir l'idée de mettre ce monument en ce lieu?
Quasiment en face de l'école, en visu depuis l'église et depuis la mairie, le monument tient son rôle. Un chemin existe encore depuis la mairie montant à ce Monument et est dans la continuité supposée de l'escalier menant au monument.

Quand le monument surplombait la voie principale et était visible de tous

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Cependant l'escalier, les chaines, les obus ont disparus. On notera aussi que tant sur les plans, sur la carte postale et sur le monument existant actuellement, l'urne funériare n'apparait pas. La symbolique en a donc été modifiée et rend plus difficile la lecture du monument.
Concernant la typologie des monuments, il est possible de se reporter au classement qu'en fit l'historien Antoine Prost et qui est détaillée ici: https://www.fontesdart.org/la-typologie-des-monuments-aux-morts/

Le temps passant, les besoins et usages changeant, l’escalier permettant l’accès au monument a disparu. Vraisemblablement suite à l’élargissement de la route située juste au pied afin de correspondre aux besoins de locomotion actuels, l’accès au monument fut donc transformé. L’accès se fait maintenant depuis le haut du monument et seule la petite plateforme située devant permet de se tenir face au monument.

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D'autres détails concernant ce monument (démarches administratives jusqu'en 1921) sur la base des Monuments aux Morts de Lille 3

 

Sources:
Collection de l'auteur
Archives départementales Indre R909-3

 

18 septembre 2017

Histoire et généalogie à Bouges le Château

L'automne arrivant doucement, la saison des expositions locales s'annonce:
Je retiendrai l'expo qui se tiendra les 15 et 16 octobre 2017 à la salle des fêtes de Bouges le Château, dans le cadre de l'assemblée annuelle de la SGBB (Société généalogique du Bas Berry)

affiche bouges 001

Nous y retrouverons une présentation des soldats de la commune de Bouges dont voici quelques Morts pour la France

13 septembre 2017

Lettre de métal , un indrien d'Indochine (Actualisé 2017)

Depuis quelques temps déjà, je tourne autour d'Indochine (1982, plus exactement). A l'époque, en seconde à Blaise Pascal (Châteauroux), c'était le temps de l'Aventurier.
Bien que m'étant orienté vers une branche plus "industrielle" (musicalement et professionnellement), je suivi, malgré les péripéties, la carrière d'Indochine.

Maintenant, c'est surtout mon fils Clément qui est fan, mais, je m'y intéresse toujours et encore.
Le dernier album est donc depuis quelques temps sur la table du salon. Eh oui, chez les Charraud, on achète encore des CD (ceux avec une pochette), pas encore converti au virtuel MP3.

Allez, si vous cherchez un sujet pour le Brevet, en Histoire des Arts, je vous propose une amorce de réflexion. Cependant, attention, des profs (comme moi) consultent ce site, alors, ne vous contentez pas du traditionnel Copier/Coller :-) Faites preuve d'imagination !!!!!!!!

Nicola Sirkis (chanteur et compositeur du groupe) avait, lors de la sortie de leur dernier album, un peu partout dans les médias, annoncé son attrait pour 14-18 et en avait fait la thématique de:

La République des Météors.

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Dès le premier simple, le groupe annonçait la couleur avec

Le lac - Indochine

Dans le cadre d'une étude 14-18, on pourrait aussi aisément écouter les paroles de "Un ange à ma table" . 

Cependant, une chanson m'interpelle plus particulièrement: La lettre de Métal

 

Cette chanson est annotée comme un "Tribute to Ernest Lauzanne".
Or le seul Ernest Lauzanne présent dans Mémoires des Hommes est un Indrien, originaire de Saint Hilaire (actuel St Hilaire sur Benaize). Il fut combattant au sein du 160ème RI et tomba le 27 juillet 1916 à Maurepas (Somme).
Le journal de marche du régiment le reporte bien dans les pertes de la 6e compagnie.

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Sources: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Le livret de l'album, nous renvoie à ce soldat.
On note la présence de la lettre originale qui inspira le texte de la chanson, ainsi que la présence de photos (prises par un photographe du Blanc-Indre) d'un homme qui vraisemblablement est Ernest Lauzanne, en civil.

Indochine_002Indochine_001

La page de gauche du livret est composée d'un reproduction de la dite lettre manuscrite reprenant le courrier d'un combattant. Nicola, dans diverses interviews, explique la construction de cette chanson, à partir de cette lettre.

A la lecture du texte, du fait de son côté contestataire, on peut considérer cette missive comme une lettre testament. Le pressentiment de ne plus en avoir pour longtemps, l'impossibilité d'en revenir sont une constante du texte.

En voici la transcription:

Mon cher petit Henri,
Comme je vais bientôt partir c’est à toi mon cher fils que je veux m’adresser et te laisser cette lettre comme souvenir de moi, car mon cher petit Henri, quoique tu connaisses bien ton papa quand il va te voir, si je reste là-bas tu ne te souviendras jamais de moi, tu n’as que deux ans et demi mon Henri. Je t’aime de tout mon cœur ainsi que ta sœur et ta mère, vous êtes mon seul espoir mon unique force et pourtant il faut que je vous quitte pour aller me battre, pour aller au devant de la mort, pour être peut être blessé entre les lignes de combat et mourir quelques jours après dans d’atroces souffrances faute d’être secouru comme tant d’autres malheureux prolétaires l’ont été avant moi. Car mon fils, vois-tu, déjà vingt mois que la guerre dure. Déjà un million d’hommes ont été fauchés là bas. Si je n’y suis pas allé plus tôt c’est parce que j’étais malade et même je le suis encore mais comme il faut des hommes l’on y regarde pas de si près, il faut marcher ou crever, voilà la devise de beaucoup de majors français. Enfin, je vais partir avec courage mon fils, je ne veux pas me laisser aller au découragement : car je ne veux pas mourir, je veux vous revoir tous les trois après cette terrible guerre, je veux veiller sur votre enfance à toi et à ta sœur, vous élever du travail de mes bras à la sueur de mon front. Mon fils, quand je dis je veux j’exagère car mes forces peuvent bien me trahir, je suis si faible et une balle ou un éclat d’obus sont peut être réservés pour moi là bas. Tu n’oublieras jamais mon fils que si je reste là bas couché sur le champ de bataille, que si vous êtes orphelins et que ta pauvre mère est veuve et est obligée d’être une misérable pour pouvoir vous élever, que c’est la faute de la classe aristocratique qui a fait tout ce qu’elle a pu pour faire déchaîner cette guerre faite pour la destruction de notre classe, de cette classe ouvrière qui ne leur demandait pourtant rien que de vivre en paix en travaillant pour élever sa petite famille. Mais ils nous trouvaient trop heureux, non contents de boire notre sueur ils ont voulu encore boire notre sang, cette race là ne recule pas devant le crime pour arriver à ses fins. Souviens toi de cela, mon fils. Je te lègue ma haine pour cette race qui a déchaîné cette effroyable tuerie, ce carnage qui n’a rien d’humain car quoique nous soyons au vingtième siècle par eux nous sommes descendus au niveau de la brute à l’état sauvage, nous allons nous entre-tuer avec des hommes que nous n’avons jamais vus ni connus. Tout cela est ignoble et pourtant il faut le faire. Comme beaucoup j’ai les idées de la révolte mais pour la moindre faute c’est le poteau d’exécution et douze balles dans la peau. Je ferai bravement mon devoir mon fils, si je trouve la mort ce sera face à l’ennemi car pour tout au monde je ne veux pas que tu aies à rougir de ton père. Je ne veux pas que si un jour ta mère recevait la nouvelle de ma mort il y ait la mention « mort en lâche ». Non, cela jamais mon fils, je n’ai jamais été un lâche, je n’ai jamais vécu de la charité de personne et je serai fier de toi mon fils de me ressembler. Deviens un homme et quand tu seras fort prends soin de ta mère qui est si bonne pour toi. C’est toi mon fils que je charge de me remplacer et souviens-toi toujours que tu auras le droit de jeter à la face de la classe aristocratique que c’est elle qui est la cause de la mort de ton père.
Adieu mon Henri. Adieu ma Simone. Adieu ma femme bien aimée. Une dernière fois adieu mes trois adorés.

Ce courrier est datable des environs de mai 1916 (Car mon fils, vois-tu, déjà vingt mois que la guerre dure)soit quelques mois avant la disparition d'Ernest Lauzanne.

Après quelques recherches sur le net, quelques fils de discussion sont trouvés et se rapportent au texte. Mais aucun ne s'intéresse à la lettre originale. Alors, comme bien peu de gens le font, j'ai lu la page du livret où l'on retrouve les participations et les remerciements.
Heureuse initiative, Hervé Lauzanne est le producteur de l'album, pour Jive Epic. Originaire du Blanc, nul doute qu'il s'agisse d'un descendant d'Ernest.

Merci à Nicola et Oli de Sat, pour cet excellent album.
(Clément se joint à moi pour les remerciements)

Indochine:
http://www.myspace.com/indochineofficial
http://www.indo.fr/


 

Ajout 2017:
Dans le cadre de l'association "les amis du Blanc", le numéro 17 du bulletin asssociatif revient sur Ernest Lauzanne avec une reprise de l'article ci-dessus, mais surtout avec un nouvel article inédit rédigé par Daniel Lauzanne, petit-fils d'Ernest et père de Hervé (producteur de l'album d'Indochine).Cet article est centré sur la vie et les souvenirs de vie et de mort d'Ernest.

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8 septembre 2017

Les testaments des soldats, un fonds d'archives à découvrir et parfois surprenant

Pour mon 600e message sur le blog, je décide de m'intéresser à l'actualité 14/18 sur le net et ses répercutions sur les soldats de l'Indre. C'est pour moi l'occasion de vous faire découvrir une nouvelle source documentaire dont j'ai pris connaissance suite à un article publié dans le journal "La Croix"

Dans le cadre du centenaire 1914-1918, il est à constater que l’Histoire rentre parfaitement dans l’ère du numérique. Nous avions le site Mémoires des Hommes, les fiches matricules des Archives Départementales et bien d’autres nouvelles sources.
Aujourd’hui, une nouvelle source retient particulièrement mon attention car elle permet une approche différente des combattants d’alors. Cette initiative est en cours et n’a pas atteint sa pleine amplitude mais laisse présager de résultats intéressants. Elle est le fruit d'une collaboration entre l’École des chartes et le Minutier central des notaires (Archives nationales).
Le partenariat Ecole des Chartes / Archives Nationales consiste actuellement en la mise en ligne de 134 testaments de soldats parisiens et conservés aux Archives nationales.

Cela permet une présentation des testaments et de leurs transcriptions. Cela ouvre donc une voie de recherche intéressante, peu utilisée jusqu’alors.

L’accès peut se faire via le site suivant : Testaments de guerre de Poilus parisiens (1914-1918) : une édition critique

Tout de suite, une idée me vient "Peut-être quelque chose à rechercher aux AD36 dans les fonds notariés, un jour prochain …"

Bien évidemment, je me suis empressé d’ausculter les 134 cas présentés.

Tout d’abord, un petit regret, il n’est pas possible de rechercher par unité, les numéros d’unité sont effectivement englobés dans les notices individuelles. Il est donc nécessaire d’ausculter fiche par fiche pour retrouver les unités indriennes, à savoir les 68, 90, 268 et 290e RI et éventuellement les unités territoriales (65 et 66e RIT). De même, les testaments et leurs notices ne font pas référence au lieu de naissance, alors que nous savons tous que bon nombre de natifs de nos départements de province figurent au sein de la population parisienne (voir LIEN)

Rappel des lieux de transcription des natifs du département de l'Indre:

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3 soldats issus des régiments de l'Indre, ayant rédigé un testament à Paris ont été repéré dans la liste du site elec.enc.sorbonne.fr :

  • Armand Marcel CORNILLAULT – 68e RI
  • Jules Emile LAFORET – 268eRI
  • Alcide Firmin TOURAIN – 90e RI              

Parmi ces 3 soldats, Armand Cornillault est originaire de Tours (37). Je me suis donc intéressé aux 2 autres.

- Jules LAFORET est natif de Saint Gilles (36). Il est de recrutement Le Blanc (N° Matricule 1248 de la classe 1904) Au moment de sa conscription, il est déclaré comme Clerc de Notaire et déclare en 1909 une résidence Avenue de la République Paris 11 puis en 1911 il réside Rue Saint-Sauveur à Paris 2. Sur la fiche matricule, il est indiqué comme affecté au « Régiment d’infanterie de Le Blanc », ce qui inclue le 68e et le 268e RI. La fiche Mémoires des Hommes indique qu’il décède le 19 novembre 1914 à Poperinghe (Belgique) de blessures de guerre alors affecté au 268e RI. Son corps a donc été rapatrié de la première ligne vers Poperinghe où il décède (Ce lieu est en arrière de la zone de combat).
En relisant le Journal de Marche et Opérations du 268e RI, on notera cependant l’absence du patronyme dans la liste des pertes quotidiennes, ce JMO est pourtant un exemple à suivre concernant les reports nominatifs des tués, blessés et disparus. Son nom aurait dû apparaitre dans les listes issues des pertes des jours précédents son décès, au moment où il fut évacué à l’arrière pour blessures. Aucune perte signalée, le 14 novembre 1914 au sein de l’unité.

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En cherchant dans le Journal officiel des lois de la république, il apparait qu'il reçut à titre posthume la Croix de guerre avec étoile de bronze. Son affectation déclarée est bien le 268e RI

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Sources Gallica JORF 26/09/1922 page 14197

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Sources AD36 Blanc (Le), Châteauroux - 1904 - R 2399  Matricule numéro 1248

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Sources AD36 Blanc (Le), Châteauroux - 1904 - R 2399  Matricule numéro 1248

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Sources AD36 Blanc (Le), Châteauroux - 1904 - R 2399  Matricule numéro 1248

Jules Laforet ne figure sur aucun monument dans le département, on le trouve pas sur un Livre d'Or du département de l'Indre, il est aussi absent du Mémorial de la Ville de Paris actuellement mis en ligne.

 

- Alcide TOURAIN est natif de Saint-Marcel (36). Au moment de sa  conscription, il est du recrutement de Châteauroux (n° matricule 142 classe 1901).  En 1905, 1906 puis 1909, il déclare résidence à Paris 4 puis Paris 12. Sur sa fiche matricule, il est inscrit comme maçon. Appelé le 3 aout 1914 au 90e RI, il décède le 27 mai 1915 aux combats de Calonne à Liévin (62). Il fait alors parti des soldats tués ce jour. La fiche Mémoires des Hommes nous permet de connaitre son affectation à la 7e Cie, fort éprouvée ce jour-là, comme le reporte le Journal de marche régimentaire

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Concernant la fiche matricule, on apprend que se veuve Mme Mélanie MOREAU, avec qui il s’était marié en 1906 à Châteauroux, s’est retirée au Pont Chrétien (36). A noter l’erreur de département sur la fiche matricule, indiquant à tort Charente comme département.

Alcide Tourain figure sur les monuments aux morts de Le Pont Chrétien (36) et Chavin (36). Il est présent sur les livres d’or de Le Pont Chrétien (36) et Paris 12 (75). Un diplôme de Mort pour la France fut adressé à la mairie de Saint Marcel (36)

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Sources AD36 - Châteauroux - 1901 - R 2375 Matricule numéro 143

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Sources AD36 - Châteauroux - 1901 - R 2375 Matricule numéro 143

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Sources AD36 - Châteauroux - 1901 - R 2375 Matricule numéro 143

 

Nos deux natifs indriens ont donc bien quitté le département pour aller s’établir à Paris, mais les liens avec le département de naissance sont toujours existants à leur décès. On notera que ces testaments ont été rédigés le jour de leur appel à mobilisation, soit juste avant leur départ pour Le Blanc ou Châteauroux afin de rejoindre leur unité.

Il est possible d’accéder aux notices individuelles testamentaires à partir de l’index alphabétique via l’Index des Testateurs


 

Mon article pourrait s’arrêter ici par cette rapide présentation, mais à la lecture des dits testaments, je ne peux que signaler celui de Jules LAFORET.

Ce dernier est donc « clerc de notaire », il a donc l’habitude des actes et de leur rédaction, le style dénote de cette aptitude. Seule la première page a été mise en ligne, mais elle éclaire sous un nouveau jour certains cas et le contexte de ces jours d'août 1914 et de cette mobilisation.

Je vous la livre brute telle quelle apparait, vous laissant ainsi à vos réflexions sur ce type de texte qui m'a surpris, n'ayant jamais imaginé un tel cas :

Je soussigné Jules Laforêt, 14 Rue Saint Sauveur à Paris.
Donne et lègue à Anna Emmrich ma femme la toute propriété et jouissance d’un quart (1/4) de tous les biens meubles et immeubles qui composeront ma succession - ce quart elle le prendra à son choix.
Au cas où elle quitterait la France pour aller fixer son domicile en allemagne je la prive de l’usufruit légal que lui confère la loi et de la tutelle légale de nos enfants. Dans ce dernier cas c’est mon cousin Emile Trinquart demeurant à St Benoit du Sault (Indre) qui exercerait cette tutelle et après son décès son fils aîné qui lui succèdera.
Paris le quatre août mil neuf cent quatorze.

 

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Je n’ai pas plus d’informations concernant ce cas, la fiche matricule étant muette concernant ce fait, je ne sais ce qu’il advint de la veuve LAFORET née EMMRICH. On notera cependant que si un exemplaire de diplôme de Mort fut transmis à la mairie de Saint Benoit du Sault (36), Jules ne figure sur aucun monument ou livre d’or indrien et qu’il ne figure pas non plus sur le Monument virtuel de la Mairie de Paris

2 septembre 2017

"Lafayette nous voilà" 2 septembre 1917, les Américains arrivent à Châteauroux. Le Base Hospital 9.

Il est un sujet 14/18 qui est bien souvent oublié lorsque l'on aborde la présence américaine dans le département, ce fut la présence dès 1917 de soldats américains à Châteauroux. Nous avons fêté dernièrement le centenaire du "IIIrd Aviation Center" d'Issoudun. Nous pourrions abordé le camp de la Martinerie, celui de Neuvy Pailloux ou même l'usine qui était prévue à Châteauroux et qui devait produire des masques à gaz, mais qui ne vit pas le jour du fait de l'arrêt du conflit, mais il est un sujet assez bien documenté qui me tient à coeur, celui de la présence du service de santé américain à Bitray.

En 1917, la cité de Bitray n'existait pas encore, nous avons vu dans un message de  2016 que le lieu avait servi de camp d'internement pour les étrangers, mais l'entrée en guerre des Etats-unis vit ce lieu se transformer avec une nouvelle vocation.

En effet, le département de l'Indre occupe une position intermédiaire entre les ports de l'Atlantique et la ligne de front attribuée aux troupes US dans le secteur Est de la France.

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Le "Base Hospital 9" a été constitué en février 1916 au "New York Hospital" de la ville de New York et a été mobilisé le 21 juillet 1917 à "Governors Island", à New York. Après une courte période d'entrainement, l'unité quitta New York le 7 août 1917 à bord du Finland et arriva à Saint Nazaire, en France, le 20 août 1917. Il est resté à Savenay avec le "Base Hospital 8" jusqu'au 1er septembre 1917.

Finland

Le 2 septembre, l'unité déménagea, en position intermédiaire, à Châteauroux, département de l'Indre, sa position définitive. L'unité occupa un certain nombre de batiments récents à l'origine prévus pour un asile de charité, mais qui avait été utilisé par les Français comme hôpital militaire. Après l'installation du "Base Hospital 9" dans ces murs, un détachement du Génie construisit de nombreux bâtiments en bois et implanta des installations de radiologie. Plus tard, quand les patients commencèrent à arriver en plus grand nombre et que plus de lits furent nécessaires, l'école normale de Châteauroux devint une annexe de l'hôpital. L'hôpital avait une capacité allant jusqu'à 1926 lits, mais en cas d'urgence, jusqu'à 2250 patients furent pris en charge. Le "Base Hospital 9" reçut des cas médicaux et chirurgicaux, mais au printemps 1918, il fut spécialisé en hôpital orthopédique. Une ferme de 7 hectares (18 acres dans le texte originel) fut louée et tenue par les patients convalescents ce qui leur donna moyen de s'occuper et de se rendre utiles tout en fournissant des légumes de base et du porc frais.

Bien que le premier patient ait été admis le 15 septembre 1917, le premier train hospitalier de patients n'est arrivé que le 14 janvier 1918. L'hôpital a fonctionné du 15 septembre 1917 au 13 janvier 1919 lorsqu'il a été repris par le "Based Hospital 63". Au cours de son activité, 15,219 malades et blessés ont été pris en charge.

Sources: Traduction de l'historique du "Base Hospital 9" A. E. F

Quelques liens utiles concernant le Base Hospital 9 et Châteauroux:
L'historique:  https://archive.org/details/basehospitalno9a00browrich
Des clichés concernant Châteauroux et le BH9 sur le site "Library of congress" https://www.loc.gov/search/?in=&q=chateauroux&new=true&st=

Voici un aperçu de quelques clichés personnels pris les soldats américains pendant leur séjour à Châteauroux:

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Bitray BH9


les "Sammies" et les enfants devant le temple de Châteauroux

28 juillet 2017

28 juillet 1917, les Sammies arrivent à Vierzon.

Demeurant à Vierzon, le fait 1418 y est aussi présent, je m'y intéresse donc..

En ce jour, il y a 100 ans le 28 juillet 1917, sous mes fenêtres, défilaient les troupes américaines. Ces clichés sont souvent présentés comme étant ceux des troupes de l'AEF (Américan Expeditionnary Force) se rendant au IIIrd Aviation Camp d'Issoudun, ceci à tort.

3-DéfiléDesTroupesAméricaines(28Juillet1917)_Trytique

En réalité, bien peu le savent, mais Viezon fut le lieu que choisirent les autorités américaines pour installer un camp du Génie. Voici ce qu'en dit Charles Bonhert, un historien local:

Le 28 juillet 1917, les premiers soldats américains appartenant à la 1ère Division défilent dans Vierzon. Ils sont environ 350 et ils appartiennent pour la majorité au 15e régiment du génie. Cette unité qui dépendait du Headquarter (quartier général) installé à Tours participa à la construction de voies de chemin de fer et à leur sécurité, Vierzon étant situé sur le tracé principal entre Nantes (port de Saint-Nazaire) et la région Est 
Les américains mettent en place une grosse infrastructure à Gièvres : le General Intermediate Supply Depot (200 magasins sur 40 hectares, 213 km de voies ferrées 555 aiguillages, dépôt pétrolier, usine frigorifique, arsenal, un atelier de 200 locomotives)

Voici un extrait de l'hsitorique de cette unité, Vierzon y est explicitement cité.

CaptureAEF_15Engineer

La gare de Vierzon devient un point important du dispositif, d’où l’intérêt de l’installation permanente d’un camp. Celui-ci se montera à Vierzon (Bourgneuf) dans l’axe de la route de Brinay et des routes d’Issoudun 
 
Délimitation du camp:  
Au Nord: rue du petit camp  
A l'Est: rue saint  Exupery
Au Sud: chemin de la petite Noue  
A l'Ouest: chemin du camp (cette limite n’est pas certain, la route de Méreau  pourrait être la limite ouest)  
 

carte

Quelques vestiges:

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Sources:
Charles Bonhert (Pages1418)
http://15thengineer.50megs.com/wwi_-15th.htm

6 juillet 2017

Le centenaire du IIIrd Aviation Camp d'Issoudun-Volvault

Dimanche 25, je me suis rendu à Volvault pour assister au centenaire de la création du 3ème centre d'instruction de l'aviation de l'American Expeditionary Force (AEF).

Ce moment, fut emprunt d'émotion et on ne peut que féliciter les Issouldunois concernant l'organisation d'un tel moment. Plus tard dans d'autres billets, je reviendrais sur d'autres témoignages de la présence américaine dès 1917, notamment à Châteauroux et à Vierzon (Lieu où je réside), mais en attendant, je me fais un plaisir de vous partager un petit reportage photo.

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Tout d'abord, plutôt que d'entreprendre un historique qui s'avèrerait quelconque, je ne peux que conseiller l'essentiel ouvrage de Bernard Gagnepain (THE spécialiste) sur le sujet aux Editions Sutton (2007)

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Voici donc quelques clichés de cette cérémonie dont les points d'orgue furent le déploiement du drapeau 1919 du IIrdAC et l'inauguration de l'allée Hiram Bingham (Et oui, "Indiana Jones" a existé et fut commandant du camp d'Issoudun)

Petit aparté: Si Hiram Bingham inspira Georges lucas dans le rôle d'Indiana jones, on notera avec délectation (pour le fan que je suis) qu'un autre lien peut être fait avec ce personnage de fiction, dans le cadre de l'implantation, non loin d'Issoudun, à Neuvy Pailloux, de l'usine qui devait produire le char Mark VIII Liberty http://indre1418.canalblog.com/archives/2012/10/06/25264744.html

 

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Les ballons, lâchés par les élèves des écoles d'Issoudun, prennent le vent et partent comme autant de points bleus, blancs et rouges dans le ciel.

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Le drapeau 1919 (au centre), flotte au vent

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Vue sur la champagne berrichonne ce qui fut il y a 100 ans, un ensemble de 13 terrains d'aviation

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 Sur la route entre Volvault et Issoudun, les terrains sont marqués pour rappeler cette présence américaine

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23 juin 2017

Les lecteurs du blog sont formidables.

Un message particulier, en effet, ce n'est pas tous les jours que j'en fais de tels.

Merci à Pierre qui, depuis le Maine et Loire, m'a gracieusement offert une photo souvenir du 90e RI, prise en 1899. Ce cliché qui pourrait sembler anodin est en réalité très intéressant, il regroupe les sergents et sergents-fourriers du régiment. Ceux-ci sont reconnaissables à leurs galons dorés en bas de manche et à celui au dessus du coude pour les fourriers.

P1060103

Merci Pierre de votre intérêt pour le blog.

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