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Indre 1914-1918 - Les 68, 90, 268 et 290e RI

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2 mars 2008

Le retour des soldats

Du 5 au 11 mars, à Châteauroux, se dérouleront les 2ème rencontres cinématographiques (Films d'Archives de 1893 à nos jours), au cinéma Apollo.

Programme: ICI

Le point d'orgue, nous concernant, sera la projection du 7 mars 2008, à 20h30:

Les guerres en sons et en images : Retour des Poilus + The Halfmoon Files

Le "Brimbal" sera donc diffusé ce soir là à l'Apollo. Vous pourrez donc assister au retour  des soldats du 90e RI, le 24 août 1919.  Ce jour-là, la fête gagna les rues.
N'hésitez pas à vous y rendre.
Renseignements et réservation :
Benoît Tissier : tel : 02 54 60 18 34 - E-mail : rvf.apollo@orange.fr


Sources Vidéo: http://www.vodeo.tv/lire/5-30-474-memoires-de-berry-sologne.html

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29 février 2008

A la disposition du GAE

"Le 2 février, nous nous mettions en route, sans avoir vu qui que ce soit de nos anciens supérieurs. La campagne avait toujours son aspect hivernal.
Les deux bataillons se dirigeaient sur Nancy, le 5e et l'E.-M. par Agincourt et Essey, le 6e par Custines et Champigneulles. Quels souvenirs pour moi en traversant la capitale de la Lorraine, que dans ma jeunesse j'ai eû l'occasion de parcourir tant de fois comme potache d'abord, comme sous-lieutenant au 26e et lieutenant au 69e ensuite. Pendant sept ans, j’ai usé mes souliers sur toutes les routes de la garnison. Les premiers soldats que j'ai commandés faisaient cinq et quatre ans de service. Il est vrai que pendant la dernière guerre il y en a qui ont fait sept, comme pendant les campagnes du Second Empire.
Les deux bataillons ont traversé la ville par des itinéraires différents. Le 5e bataillon et l’E.-M. sont entrés par la vieille Saint-Georges et sont ressortis par le faubourg Saint-Jean. Le 6e bataillon est entré par la porte moderne de Désiles. Il a longé le cours Léopold et est ressorti également par le Faubourg Saint-Jean. Les deux bataillons sont ainsi passés sur le pont de chemin de fer d'où on avait jeté des fleurs et des friandises aux soldats de 1914.
Au mois de février 1918 la physionomie de la ville était morne. Peu de monde dans les rues. Beaucoup de maisons fermées. Le magasin de mobilier artistique Majorelle était démoli du haut en bas. Dans le quartier de la Gare pas mal de maisons avaient reçu des bombes. L'E.-M. et le 6e bataillon se sont arrêtés à Villers-les-Nancy où ils ont cantonné. Le 5e bataillon a poussé jusqu'à Ludres et Messein sur la Moselle".

Nancy_Majorelle


"Le lendemain 3 février nous avons continué notre marche vers le Sud. Nous nous sommes arrêtés en fin de journée à Diarville et Marainville-sur-Madon, à 10 kilomètres au Nord de Mirecourt. En cours de route nous sommes passés à Flavigny, siège du Q.G. de la 8e Armée, puis à Tantonville, siège de la célèbre brasserie du même nom."

Tantonville_Tourtel

Sources: Colonel Eggenspieler - le 290e RI, un régiment de réserve du Berry

24 février 2008

Le départ de la division, sans regrets

Le 2 février 1918 nous sommes sortis définitivement des liens de la 17e D.I. et du 9e C.A. C'était sans regrets, quoique personnellement j'eusse joui de la sympathie de la plupart des chefs qui ont commandé ces grandes unités. Mais dans cette guerre où la distribution des récompenses constituait un régime de foire d'empoigne, les sympathies ne pouvaient pas suffire, aussi le régiment en tant que corps constitué, n'a-t-il jamais rien obtenu. J'ai déjà indiqué quelques-unes des raisons qui nous ont fait traiter en parents pauvres. Mais la principale, résultait de l'organisation même du Corps d'Armée. Celui-ci comprenait organiquement ses deux Divisions, 17e et 18e. A la mobilisation on lui adjoignait deux de ses régiments de réserve, les 268e et 290e, qui y jouèrent un peu le rôle de troupes haut le pied. Quoique les régiments formassent Brigade à partir de 1915, ils n'ont jamais combattu comme telle. Bref, en 1918, on nous a laissé partir sans nous adresser le moindre ordre d'adieu. On aurait même dit qu'on était content de se débarrasser de nous. La 17e D.I. était enfin une Division normale avec son I.D.

En attendant notre première tâche allait consister à nous mettre en route pour les Vosges. Un premier bond devait nous porter aux environs de Mirecourt où nous devions passer un mois dans un centre d'instruction. Un deuxième bond devait nous porter à la « ligne bleue des Vosges » d'où les Berrichons pourraient contempler à leur tour le pays, éternelle pomme de discorde entre Français et Allemands.


Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI, un régiment de réserve du Berry

19 février 2008

René Guérin du Grandlaunay, un cavalier au 68e RI

Né au château du Granlaunay, commune d'Andard (49), le 16 octobre 1866, René Joseph Guérin du Grandlaunay grandi avec l'envie du métier des armes.
Instruit notamment au collège Saint Joseph de Poitiers, il prépara le concours d'entrée de Saint Cyr. Après son échec, il s'engagea au 25e Dragons. Suite un séjour à l'école de Saumur, il devint sous-lieutenant au 9e Dragons de Lunéville, puis au 13e Hussards.

RI068_GuerinGranlaunay_Portrait

Refusant de participer aux expulsions cléricales lors de la période de la séparation des biens de l'Eglise et de l'Etat, en 1905-1906, il donna sa démission.
En aout 1914, il obtient sa réintégration au sein du 7e Hussards.
Sur le front de Flandres, pour son action des 10 et 11 novembre, il obtint la citation suivante:

« A voulu pendant les deux nuits suivantes retourner lui-même jusqu'au lignes allemandes pour rechercher le corps d'un camarade tué, donnant ainsi le plus bel exemple de camaraderie et de mépris du danger »

Début 1915, sentant que le rôle passif de la cavalerie lui pèse de plus en plus, il demande à passer dans l'infanterie. Il obtient satisfaction et prend le commandement de la 12e compagnie du 68e RI, le 1er avril 1915.
Le 25 mai, devant Calonne, le capitaine Guérin du Granlaunay tombait en arrivant sur la troisième tranchée que ses soldats venaient de conquérir.

Voici ce qu'un soldat de son bataillon en disait:
« Je peux vous parler du capitaine de hussards qui a été tué. J'étais à côté de lui dans la tranchée allemande; il a été tué à 1 mètre de moi. C'était un homme trop brave, qui ne regardait à rien. Il nous criait: Allez les gars, tapez à droite, à gauche. Et, à ce moment un Allemand, qui était caché dans un boyau de la tranchée lui a tiré un coup de fusil par derrière. La balle a traversé la tête et le pauvre capitaine est tombé raide mort »

Pour ce fait, le capitaine Guérin du Granlaunay obtint la citaion suivante, à l'ordre de la 10e Armée:
« D'une bravoure, d'un courage et d'une énergie remarquables. Tombé glorieusement en entraînant sa compagnie, sous un tir de barrage écrasant, à l'assaut des tranchées ennemies »
Signé: d'Urbal.

Le capitaine Guérin du Granlaunay repose de nos jours parmi ses hommes au sein de la nécropole de La Targette de Neuville Saint Vaast.

SepTargette_RI068_GuerinGrandlaunay_Croix

Merci à Héric du Grandlaunay pour les informations concernant son grand-père
Merci à Alain Chaupin, mon photographe artésien
http://lorette.canalblog.com/

Sources: Livre d'or du collège Saint Joseph Poitiers

1 février 2008

Merci à vous

Aujourd'hui, un poitevin est devenu le 40000e visiteur de ce blog.
Merci à lui et surtout MERCI à vous TOUS.


Le 30 décembre 2004, lorsque j'ai ouvert ce blog, je n'aurais jamais imaginé que tout cela aurait pû interresser autant de personnes.

Après 265 messages postés, si vous souhaitez voir certains thèmes évolués, de nouveaux sujets être abordés, n'hésitez pas à me contacter.

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29 janvier 2008

Marcel Gâne, un classe 1917 dans la tourmente (Réactualisé 2012)

Il m'arrive régulièrement de trouver des cartes photos des unités de l'Indre. Bien souvent, hormis le numéro d'unité, en l'absence de texte au verso, il est bien difficile de les faire « parler ».
Prenons l'exemple suivant, voici un groupe de soldats dont certains sont du 90e RI:

GroupeJC2

La plupart des soldats portent le treillis qui est constitué d'un bourgeron (modèle 1882) et d'un pantalon. Cette tenue est en toile de lin et est une tenue de corvées ou d'exercices de caserne.
La photo est donc prise lors d'un séjour en caserne. Certains soldats portent la tenue de campagne en couleur GFDB (gris de fer bleuté) de la période 1914.
L'officier au centre porte un manteau « bleu horizon », ce qui permet de situer la photo fin 1915- début 1916.

GroupeOfficiers

Pour avoir un tel mélange de tenue, vraisemblablement, nous sommes en présence d'un groupe à l'instruction à la caserne.
Malheureusement, nous ne pouvons aller beaucoup plus loin faute de données supplémentaires.

Heureusement, de temps en temps, on bénéficie d'un peu de chance.
Le mois dernier sur l'excellent site du Chtimiste, comme d'habitude, je vais voir une éventuelle mise en ligne de nouvelles photos pouvant m'interresser.
3 nouvelles photos du 90e RI ont été rajoutées par Didier.
L'une d'elles m'interpelle aussitôt.

GroupeGane2

J'ai déjà vu cette photo quelque part. Si les soldats sont différent, le thème et les officiers sont les mêmes. Je m'empresse donc d'envoyer un message à Didier le Chtimiste afin d'entrer en contact avec Pierre qui aura peut-être des informations sur sa carte et donc peut-être sur la mienne
Sources:
http://www.chtimiste.com/

Pierre Gâne a eu la gentillesse de répondre à ma sollicitation. La carte photo qu'il avait mis en ligne sur le site du Chtimiste est celle de son grand père Marcel Gâne qui fut au 90e RI.

La seule annotation visible est une date: 12.3.16
De toute évidence, Marcel Gâne avait fait une période d'instruction en mars 1916 au 90e RI.
Ce fait me fut confirmer ensuite lorsque Pierre m'appris que son grand père était de la classe 1917.
Or, cette classe a été appelée le 7 janvier 1916. Il est logique qu'elle se trouve encore à l'instruction environ deux mois plus tard.
Il y a donc de fortes chances que les deux photos représentent deux sections d'instruction du 90e RI, juste avant leur départ vers le front.

 

Histoire d'avoir un souvenir de leur passage à la caserne Bertrand.


GroupeGane3

 Marcel Auguste Gâne est né le 11 mai 1897 à Lavaleix-les-Mines (Creuse). Il est le fils de Jules-François et Marie Bonnaterre.Il figure dans le recrutement de Guéret, classe 1917 sous le numéro de matricule 830.
Il est alors "employé d'assurances".

Sa fiche matricule aux archives départementales de la Creuse

La classe 1917 est appellée le 7 janvier 1916. Marcel est incorporé le 10 janvier au sein du 90e RI et rejoint alors la caserne Bertrand de Châteauroux en tant que bleu de la classe 1917.
Après une période d'instruction, il est alors envoyé en ligne.
Il passera au 80e RI, le 4 juin 1918, pour ensuite terminé sa mobilisation au sein de la 20e Section de Secrétaires d'Etat-major qu'il rejoint en avril 1919.
Comme certaines jeunes classes, il repris du service en 1940. Le 19 février, il fut à la CHRD du dépôt 133 et mis en subsistance affecté au dépôt 133, détachement de Guéret.

Suite à sa démobilisation, il se déclare alors comme résidant à Saint-Mandé (94)

________________________________________

 

Rajout 2012:
Dernièrement, j'ai fait l'acquisition d'une carte reprenant la même thématique.

RI090_Classe17

Le texte au dos permet enfin de comprendre la thématique:

"Souvenirs d'une escouade de jeunes poilus de la Classe 17 du 90e R.I. de Châteauroux Indre que les Boches n'auront pas"

Signature illisible.

 Les hypothèses que Pierre Gâne et moi avions ébauché se rélèvent donc exactes, avec une confirmation 4 ans plus tard. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser que l'optimisme annoncé par le rédacteur de la dernière carte fut certainement contredit. Nous n'étions alors qu'en mars 1916 et de nombreux décès allaient encore endeuillés le régiment.

 On pourrait se demander si les 3 photos ont bien été prises en même temps, aucun élément écrit permet de l'affirmer. Cependant, une certaine continuité existe entre ces 3 clichés. On y trouve les mêmes officiers sur les trois photos et leurs tenues sont strictement identiques, au couvre-képi près.

 

Sources: Archives Privées Pierre Gâne
Merci à lui pour sa confiance, Merci à Didier pour son site

 

20 janvier 2008

Merci Monsieur de Cazenave

Aujourd'hui, je suis triste.
Monsieur de Cazenave est parti.
Qu'il repose en paix

« La guerre ? Hay hay hay ! Un truc absurde, inutile ! A quoi ça sert de massacrer des gens ?
Rien ne peut le justifier, rien ! »

« Les médailles ? Certains de mes camarades n'ont même pas eu le droit à une croix de bois ! »
Louis de Cazenave
Le Monde, 10 novembre 2005.


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Sources Photo: Le Monde

15 janvier 2008

Repos et grands changements

Le 10 janvier, le 5e bataillon est revenu au régiment. Il est venu cantonner à Bouxières, où il a occupé les locaux du 6e bataillon qui lui, s'est transporté à Montenoy, de l'autre côté du plateau de Faux.
Dans ce secteur, nous n'avons pas occupé de tranchées. Celles-ci, qui, d'une manière générale, suivaient le cours de la Seille, étaient tenues par le 112e R.I. (Antibes, en temps de paix), qui cantonnait à Bouxières en même temps que nous.
Pendant que les hommes exécutaient des travaux de défense en deuxième ligne, les cadres du régiment, et moi en particulier, nous faisions des reconnaissances sur notre front et dans les secteurs voisins.
Comme visite éloignée, j'ai eu à reconnaître le secteur de Flircy-Limey, sur la route de Commercy à Pont-à-Mousson. C'était un secteur à aspect désolé, sans la moindre verdure, partout je ne voyais que des amas de pierres.

Limey_Tranchee

A proximité de Bouxières, j'ai parcouru fréquemment l'éperon de la Rochette, qui formait la pointe Nord-Est du plateau de Faux. Elle cotait 406 mètres. On y avait une vue étendue sur la vallée de la Seille.
C'est à Bouxières que s'achevèrent les mesures de rajeunissement entreprises par le Général Gérard. Le Colonel de Montluisant fut remplacé par le Colonel Goureau, de deux ans plus jeune que moi. Le Général Lancrenon, qui fut nommé divisionnaire à T.D, n'en prit pas moins, lui aussi, le chemin de l'intérieur. Le Colonel Mariani, du 268e, fut remplacé par Lieutenant-Colonel Détanger, qui venait de l'E.-M. du général Gérard. Le Lieutenant-Colonel Détanger passa au bout de peu de temps au 90e, où il prit la place du Lieutenant Colonel Cambel qui, lui, passa au 268e.
Le Général Hirschauer quitta le corps d'armée pour prendre le Commandement d'une Armée. Il fut remplacé à la tête du corps d'armée par le Général Mangin.
Le Colonel Goureau était à peine arrivé que la 304e Brigade fut dissoute. La 17e D.I. fut alors formée à trois régiments sous le commandement du Général Gassouin avec le Colonel de Riencourt comme Commandant de l'I.D.

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI, un régiment de réserve du Berry

10 janvier 2008

Retour au point de départ

Le 4 janvier, toujours par un froid intense, l'E.-M., la C.H.R., le 6e  bataillon se rendirent à Moyen dans la vallée de la Mortagne, où ils s'embarquèrent. Nous passâmes à Gerbéviller, détruit par les Allemands au début de la guerre. Du train on apercevait un certain nombre de constructions neuves à forme cubique, qui ne rappelaient en rien la physionomie du village d'avant-guerre. Nous sommes ensuite passés à Nancy. Vers 16 h. 30, le train s'est arrêté à Champigneulles, où nous avons débarqué. Nous nous sommes mis aussitôt en route pour gagner Bouxières-aux-Chênes par Lay-Saint-Christophe et Eulemont. Les routes couvertes de neige et de glace étaient très mauvaises dans ce pays accidenté, surtout pour nos équipages. Il faisait nuit noire quand nous sommes arrivés.
A Bouxières, nous nous trouvions entre les hauteurs fameuses du Grand-Mont d'Amance et du plateau de Faux. Nous nous trouvions cette fois à l'extrémité gauche du Grand Couronné de Nancy, dont le régiment a tenu la droite au Rambétant en août 1914. Qui est-ce qui y pensait encore ?

Sources: Colonel Eggenspieler - Le 290e RI un régiment de réserve du Berry

4 janvier 2008

Souvenirs de la Popote du 4 janvier 1918

Notre cuistot

Notre cuistot est un brave homme
Et c’est de plus un bon garçon

Il était sale, il était comme
C’est triste à dire, un vrai cochon

Il avait toujours les mains noires
Et ses ongles étaient en deuil.
Ignorer savon et baignoire
Etait pour lui un titre d‘orgueil.
Tous les jours, il fallait lui dire :
« Beaufreton, lavez vous les mains … »
Il disait oui dans un sourire …
C’était kif-kif le lendemain.

Puis, c’était torchons ou serviettes,
Et souvent les deux à la fois,
Et nos verres et nos assiettes
Où se voyaient marqués ses doigts.
C’était de l’anthropométrie
Comme chez défunt Bertillon
Tous le objets portaient les stries
Des doigts du cuistot Beaufreton.

Il changea pourtant : dans l’eau claire
Il se nettoya chaque jour.
Le bain d’abord hebdomadaire
Devint quotidien … un amour,
Tout frais, tout mignon, blanc et rose
Tel fut : Beaufreton le cuistot,
Ce fut un besoin, cette chose
Fut indispensable bientôt.

Il lui fallut, coûte que coûte
Son grand bain de pieds quotidien.
Soit au repos, soit sur la route
En secteur … Il trouvait moyen
De se laver mains et figure
Chaque jour invariablement
Nous constations, je vous assure
Avec plaisir ce changement.

Un jour, j’entrai dans la cuisine
Et j’aperçus mon Beaufreton
Dans la pose que l’on imagine
Quand on évoque un Apollon
Tout nu, celui du Belvédère
Par exemple … Il lavait ses pieds
Savez-vous où ? Dans la soupière

Méfiez-vous de vos cuisiniers.

Armeilla (20e RAC)
Mai-juin 1922 – Bulletin de l’Association des Anciens Combattants de la 17e DI

DI017_Cuistot

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