03 décembre 2013

Des nouvelles de Lucien.

Autre secteur, mais aujourd'hui, il y a 99 ans, dans ce paisible champ de maïs, à droite, Lucien Bessonneau disparaissait, corps et âme.

Secteur_VueChemin_DeFer_LignesFrancaises

http://indre1418.canalblog.com/archives/lucien_bessonneau/index.html

Mais aujourd'hui est une journée un peu spéciale, car outre l'anniversaire de la disparition de Lucien, de nouveaux éléments apparaissent au dossier familial.
Lucien est titulaire de la Croix de Guerre et de la Médaille Militaire!!!!
Je ne le savais pas, mais un ami, Jean Pierre Létang recherchait dans le Journal Officiel des traces de médaillés. Or, en consultant le J.O. du 17 septembre 1924, il a eu la surprise de découvrir un patronyme qui lui disait quelque chose. Bessonneau!!! Non pas le célèbre industriel angevin, mais le grand-oncle d'un de ses correspondants, c'est à dire moi-même. Il m'en avertit alors.
Autant vous dire, que j'ai eu un sacré frisson lorsque j'ai lu et relu le mail.

JO_19240917_Titre

JO_19240917

Merci Jean Pierre

Jusqu'à présent, j'avais un petit cadre avec une Croix de Guerre et une Médaille Militaire qui, dans mon fourre-tout, me servaient de décorations d'étagères. Maintenant, la Croix de guerre avec Etoile de bronze et la Médaille Militaire qui l'accompagnait prennent une toute autre valeur.

Médailles001_1

Rectificatif: Dans ma précipitation, je n'avais pas compris le message que Jean Pierre m'avait envoyé, l'attribution porte sur la Médaille Militaire, car Lucien, en 1924, est déjà titulaire de la Croix de Guerre. J'ai donc modifié en conséquence le message.

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03 décembre 2012

La reconnaissance du Peuple Français

3 décembre 1914 - 3 décembre 2012

Une pensée pour Lucien.

En 1921, en l'absence de corps et au vu des documents fournis par l'armée, le tribunal de La Châtre émet un jugement permettant de dresser l'acte de décès en la commune du Pin et la transcription de la mention de Mort pour la France sur les documents administratifs.

Au nom du Peuple Français, le Tribunal civil de La Châtre (Indre) a rendu le jugement dont la teneur suit:
Vu la requète qui précède Qui M. Souffron, président du tribunal en son rapport et M. le procureur de la République en ses conclusions le tribunal après en avoir délibéré a rendu le jugement suivant:

Attendu qu'il résulte des pièces mentionnées dans la requête présentée par M. le procureur de la République que le soldat BESSONNEAU Lucien Jean baptiste du 290e RI, né à Cuzion le 17 octobre 1887 de Silvain et de BLANCHARD Angèle, célibataire, domicilié à Le Pin a disparu le 3 décembre 1914 à Zonnebecke (Belgique). Vu la loi du 25 juin 1919 art. 9 Par ces motifs, le tribunal dit que le soldat BESSONNEAU Lucien Jean Baptiste est "Mort pour la France" le 3 décembre 1914 ) Zonnebecke (Belgique). Ordonne que le présent jugement sera transcrit sur le registre de décès de l'année courante de la commune de Le Pin et que mention de ce jugement sera faite à la date que l'acte de décès aurait du occuper tant sur le double du registre des décès qui existe à la mairie de Le Pin que sur celui déposé au Greffe du Tribunal conformément à l'article 92 du Code-Civil ...

 

BessonneauLucien_1909ToursLucien Bessonneau en 1909
à Tours, lors du service militaire au 66e R.I.

 

Sources:
Etat-civil Badecon le Pin
Collection de l'auteur

 

 

 

 

 

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11 novembre 2012

Quand on se rappelle des oubliés.

Issu d'une famille de Badecon le Pin, je me devais d'être présent ce matin sur la place de la Mairie pour les céremonies du 11 novembre, délaissant un instant mes travaux sur la maison familiale.

Badecon005resize

A plusieurs reprises, j'avais informé M. Broggi, le premier magistrat de la commune de mes recherches sur les soldats de Badecon et du Pin. Avec lui, nous avions consulté les registres de délibération du conseil municipal, en vain pour comprendre l'élaboration de la liste des noms gravés.

Comme tous les ans, la céremonie se déroula en présence de la municipalité, de représentants d'anciens combattants et de familles du village. Un enfant se proposa pour faire lecture de la liste funèbre, que le maire soulignait du traditionnel "Mort pour la France".

Badecon011resize

Après le dépôt de gerbe, vint la lecture de la lettre du ministère. A la fin de ce discours, le maire reprit la parole pour annoncer son intention de faire rajouter 3 noms sur le monument. Il ne m'avait pas prévenu de cette décision. Il me fit appeler pour expliquer les conclusions de mes recherches, ce que je fis, malgré mon émotion intense.
Les 3 soldats eurent leurs actes de décès transcrits au Pin et ne figurent sur aucun autre monument connu.

Lucien Bessonneau, Louis Couillard et Lucien Nicaud auront donc maintenant le droit de figurer sur le monument aux morts de la commune. Ils ne seront plus oubliés.

RI290_MPLF_BessonneauxLucienRI153_MPLF_CouillardLouis RI232_NicaudLucienLouis 
Les 3 fiches de Mort pour la France

Cliquez sur les photos pour plus de détail

Sources: Photos de l'auteur
Fiches Mémoires des Hommes

03 décembre 2011

Known unto God - Zonnebeke / Broodseinde

3 décembre 1914 - 3 décembre 2011

Une pensée pour Lucien Bessonneau

Une visite virtuelle du lieu de la disparition à partir du nouveau service de Google Street View: L'intersection de l'ancienne voie ferrée et de la route pour se rendre à Tyne Cote (cliquez sur le lien)

CarrefourBroodseinde

Les positions du 290e RI, en ce 3 décembre 1914 étaient réparties à droite et à gauche de ce chemin, l'ancienne voie ferrée.

CarrefourBroodseinde_TyneCote

Non loin, en faisant demi tour, on peut voir, à 300 mètres, l'actuelle nécropole britanique de Tyne Cote. Au premier plan, une des nombreuses bornes "Road to Passchendaele" commémorant la bataille de 1917.

Plus rien ne rappelle le passage de l'armée française de 1914-15, toute la Mémoire est maintenant tournée vers l'autre côté de la Manche.
Dans la nécropole de Tyne Cote, je me plais à croire que Lucien repose peut-être au pied d'une des stèles "Known unto God", là où lors de mon dernier passage, j'ai déposé quelques "poppies".


ASoldierOfTheGreatWar_KnownUntoGod1
Un soldat de la Grande Guerre
Connu de Dieu seul

Pour retrouver tous les messages sur Lucien Bessonneau cliquez ICI

Sources Photos:
http://maps.google.fr/intl/fr/help/maps/streetview/
http://www.liamshepherd.co.uk/tyne-cot-sanctuary-wood-menin-gate/26389

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03 décembre 2010

In Memoriam Lucien

Le temps passe, le souvenir perdure

Zonnebeke, Broodseinde

le 3 décembre 1914

96 ans aujourd'hui...

awm_e01147

Le secteur de Broodseinde en 1917

 

Sources: ww1westernfront.gov.au

 

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28 août 2009

J'y suis allé, je m'y suis recueilli

Les congés sont terminés, la rentrée se rapproche. Bientôt, je donnerai l'explication concernant la carte du "M.... à Guillaume". En attendant, je m'empresse de mettre en ligne , le résultat de mes congés.
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Cet été, j'ai profité d'un festival de musique à Waregem (Belgique) pour passer du côté de Zonnebeke-Broodseinde. Je ne pouvais échapper à un petit détour au passage à niveau qui concerne tant Lucien Bessonneau.
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Moment intense, je ne cache pas que j'étais troublé. Garé à Tyne Cot, les 500 mètres à faire à pied furent éprouvant.

Secteur_VueTyneCote
Vue du passage à niveau depuis Tyne Cot

 

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L'impression bizarre qu'une quète de 5 ans de recherche aboutissait enfin, qu'il serait difficile d'aller plus loin dans les recherches.
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Vue du passage à niveau depuis les lignes françaises.
Le chemin correspond à l'ancienne ligne de chemin de fer

 

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Ce site fut l'objet d'une âpre bataille en octobre 1917. Il s'agit là de la tristement célèbre "Road to Passchendaele"

Secteur_BornePaschendaele

 

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Merci à Mireille d'avoir pris un peu de temps sur le celui du festival pour m'accompagner à Zonnebeke.
Merci à Annie pour son répérage sur les lieux, qui m'a évité de me fourvoyer dans le secteur.

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03 décembre 2008

94 ans, In memoriam Lucien Bessonneau

Pour le 11 novembre, le Berry Republicain m'a permis de rendre hommage à Lucien d'une manière originale, et ce au travers de mon travail.

En ce 3 décembre, il y a 94 ans que Lucien a disparu, mais petit à petit, l'histoire réapparait.

In Memoriam Lucien Bessonneau



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07 mars 2008

Le secteur de disparition

A force de recouper les informations et les positionnements d'unités, je me rapproche de plus en plus de ce fatidique 3 décembre 1914, où Lucien Bessonneau fut porté disparu.
Grâce à l'aide d'amis forumeurs de Pages 14-18, le secteur concerné apparait petit à petit, surtout grâce au JMO de l'ami Christophe.


Zonnebeke_Relief

Sources: JMO 290e RI
Support: http://earth.google.com/intl/fr/

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03 décembre 2006

Le temps passe, le souvenir perdure

Il y a 92 ans aujourd'hui, Lucien Bessonneau était porté disparu. Lors de mes derniers congés, afin que le souvenir perdure, j'ai effectué la demande de son rajout au monument aux morts de Badecon le Pin. Les démarches administratives mettront le temps nécessaire, mais l'oubli sera réparé.

Sur Lucien Bessonneau: http://indre1418.canalblog.com/archives/lucien_bessonneau/index.html

Pour mon 200e message, le 25 décembre, je vous présenterais une trace émouvante de Lucien.

 

 

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03 décembre 2005

Il y 91 ans jour pour jour

Je suis toujours sur la piste de mon arrière grand-oncle Bessonneau Lucien, au sein du 290e RI, dans la journée du 03/12/1914 (ou la nuit du 03 au 04/12/1914).

lucienbessonneau_1909_ri066

Lucien Bessonneau au 66e RI en 1909

 

 

 

 

 

 

 

Actuellement, j'ai trois sources différentes sur ce qui se passa ces 3 et 4 décembre 1914:

 

 

1) Le général Dubois (chef du 9e CA) signale une attaque du 290e le 3 décembre dans la région de Nieuvemollen.

 

 

2) Bien sûr, la piste du colonel Eggenspieler, le chef de corps du 290e RI:
28 novembre au 2 décembre (1914).
Le 5e bataillon était en première ligne, le 6e en réserve. Au 5e bataillon, trois compagnies tenaient la tranchée de première ligne, dans l'ordre 20e, 19e et 18e. La 17e était en deuxième ligne. La première Section de Mitrailleuses flanquait la 19e à gauche. Le régiment était en liaison à droite avec le 114e, qui était devant Broodseinde, et avec le 268e à gauche. Le P.C. du régiment était près de la route de Zonnebeke à Langemark.
La voie ferrée de Zonnebek, qui constituait une excellente délimitation entre la droite du régiment et la gauche du 114e semblait, d'autre part, constituer un obstacle à la liaison des deux régiments. On décida, par conséquent, de faire passer la voie ferrée dans le secteur du régiment, en faisant passer la 17e en première ligne, au Sud de la voie ferrée, où elle prenait la place d'une compagnie du 114e. La 17e était remplacée dans sa tranchée de deuxième ligne par la 19e, qui elle-même était remplacée par une compagnie du 268e. Au manque de liaison entre deux régiments, on avait substitué un manque de liaison entre deux compagnies d'un même bataillon. La 17e allait de ce fait se trouver dans une position critique. Les Allemands, utilisant la sape et la grenade à main, cherchèrent aussitôt à encercler la compagnie. Ils s'insinuèrent sur son front par la droite, où ils n'étaient plus qu'à 10 m. et par la gauche, où ils cheminaient le long de la voie ferrée. Impossible de les atteindre avec le fusil; quant à la grenade, elle n'avait pas encore fait son apparition chez nous. Pas moyen non plus d'employer l'artillerie, les Allemands étaient trop près de nous. Pour parer au danger d'enveloppement, on donna à la compagnie une équipe de génie, comprenant un caporal et cinq hommes. C'était peu, pour lutter efficacement contre le travail de sape des Allemands. La 17e construisit des pare-balles pour échapper au tir d'enfilade, elle lança des fils de fer sur son front pour le consolider.
Le 1er décembre les 23e et 24e compagnies furent détachées au 68e, dans le secteur de droite. Le 68e avait remplacé le 114e. Les deux compagnies du 290e s'installèrent dans les tranchées de deuxième ligne à Zonnebek.
3 et 4 décembre
La situation de la 17e devint de plus en plus critique.
La Compagnie avait un petit poste dans une maison située en avant de la droite de son front. Les Allemands, qui s'étaient approchés en sape tout près de la maison, avaient profité de l'obscurité, le 3 au soir, pour sauter dans la maison. Ils ont réussi à enlever un homme, les autres avec le caporal ayant pu regagner la tranchée principale. Les Allemands envahirent la maison en nombre. Ils se mirent aussitôt à y percer des créneaux, d'où ils lançaient sans cesse des grenades sur les portions de tranchée à leur portée. Malgré deux contre-attaques exécutées par la 17e, une section de la Compagnie de réserve, une fraction du 68e, il fut impossible de déloger les Allemands de la maison
Cette situation dura jusqu'au 4 au matin. A partir de ce moment les Allemands se mirent à tirer d'enfilade sur la tranchée. Les hommes ne pouvaient plus regarder sans recevoir une balle dans la tête. Ce ne fut pas tout. Les Allemands employèrent la même tactique sur le flanc gauche de la compagnie. Là .aussi, ils s'étaient d'abord introduits dans une maison, puis de là, en suivant la voie ferrée, ils étaient arrivés tout près de la compagnie. L'acte décisif se produisit vers 8 heures du matin, sur le droite de la compagnie. A cet endroit, la liaison avec le 68e était assurée dans ce régiment par de jeunes soldats. Que s'était-il passé au juste, on n'a jamais pu le savoir. Ce qui était certain, c'est qu'en ce point les Allemands ont sauté dans la tranchée. La 17e prise de flanc à sa droite et à sa gauche, avait appuyé par un boyau sur la 20e, qui se trouvait au Nord de la voie ferrée. Le Commandant de la compagnie et les hommes qui étaient avec lui se sont maintenus dans le boyau jusqu'à la nuit.
Pendant que la 17e luttait ainsi avec acharnement contre l'encerclement, les troupes à sa gauche avaient été relevées. A partir de minuit, le 66e avait remplacé le 268e, et les compagnies du régiment établies au Nord de la voie ferrée. La 17e, les 23 et 24, à la disposition du 68e , étaient obligées d'attendre jusqu'au 4 au soir pour être relevées.
Les compagnies relevées s'en allèrent cantonner à Wlamertinghe. Elles étaient à peine arrivées, qu'elles durent se préparer pour la revue, que le Général Dubois devait passer à 13 h. 30, sur la pelouse du château du Duc d'Elverdinghe. Outre le 290e prenaient part à la revue le 268e et le 77e , également au repos à Wlamertinghe. Au cours de la revue, le Général Dubois remit un certain nombre de décorations, dont la Croix au Commandant Renard. La revue était impressionnante tant par elle-même que par le cadre où elle se déroulait. Le château, transformé en hôpital, était rempli de malades et de blessés. Tous ceux qui étaient capables de marcher se tenaient au balcon du château. Les hommes sortis de la tranchée le matin même, quoique harassés et mal décrottés, étaient splendides sous les armes. Ils passèrent en sections squelettiques, effets du feu et de la maladie, mais d'un pas fier et alerte, comme des gens qui savaient ce que valait la besogne qu'ils accomplissaient. Leur fierté était légitime, les derniers combats n'avaient pas coûté moins de 300 hommes au régiment.
Dans la nuit, le 114e releva les trois compagnies qui étaient restées en ligne et qui n'avaient pas pu être de la fête.

 

 

3) La dernière est celle d'un simple soldat puique je l'ai trouvée dans les "carnets de Léopold Retailleau du 77e RI":
Vendredi 4 décembre 1914: Journée assez mouvementée par le bombardement des Boches. Ils incendient trois ou quatre maisons dans Ypres. Nous apprenons que le 290e s'est fait esquinter dans une attaque à la baïonnette au clair de lune ... 

 

 

Ce qui me donne une idée du style d'attaque.

 

Bref, je recoupe, je positionne afin de comprendre ce moment de guerre.
La clé est, j'espère,dans l'est parisien, au SHD où il faudra que je vois à partir du JMO. Malheureusement, ce dernier n'a pas fait l'objet d'une numérisation, le déplacement est donc obligatoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources:
Eggenspieler - Un régiment de réserve en Berry
Général Dubois - Deux ans de commandement
Ernest Retailleau - Carnet d'un musicien brancardier du 77e RI

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