06 juillet 2017

Le centenaire du IIIrd Aviation Camp d'Issoudun-Volvault

Dimanche 25, je me suis rendu à Volvault pour assister au centenaire de la création du 3ème centre d'instruction de l'aviation de l'American Expeditionary Force (AEF).

Ce moment, fut emprunt d'émotion et on ne peut que féliciter les Issouldunois concernant l'organisation d'un tel moment. Plus tard dans d'autres billets, je reviendrais sur d'autres témoignages de la présence américaine dès 1917, notamment à Châteauroux et à Vierzon (Lieu où je réside), mais en attendant, je me fais un plaisir de vous partager un petit reportage photo.

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Tout d'abord, plutôt que d'entreprendre un historique qui s'avèrerait quelconque, je ne peux que conseiller l'essentiel ouvrage de Bernard Gagnepain (THE spécialiste) sur le sujet aux Editions Sutton (2007)

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Voici donc quelques clichés de cette cérémonie dont les points d'orgue furent le déploiement du drapeau 1919 du IIrdAC et l'inauguration de l'allée Hiram Bingham (Et oui, "Indiana Jones" a existé et fut commandant du camp d'Issoudun)

Petit aparté: Si Hiram Bingham inspira Georges lucas dans le rôle d'Indiana jones, on notera avec délectation (pour le fan que je suis) qu'un autre lien peut être fait avec ce personnage de fiction, dans le cadre de l'implantation, non loin d'Issoudun, à Neuvy Pailloux, de l'usine qui devait produire le char Mark VIII Liberty http://indre1418.canalblog.com/archives/2012/10/06/25264744.html

 

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Les ballons, lâchés par les élèves des écoles d'Issoudun, prennent le vent et partent comme autant de points bleus, blancs et rouges dans le ciel.

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Le drapeau 1919 (au centre), flotte au vent

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Vue sur la champagne berrichonne ce qui fut il y a 100 ans, un ensemble de 13 terrains d'aviation

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 Sur la route entre Volvault et Issoudun, les terrains sont marqués pour rappeler cette présence américaine

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11 novembre 2016

11 novembre 1918, liesse dans les rues d'Argenton et joie mesurée sur le front.

 

Argenton_Quesnel_19181111_NB

 

En ce 11 novembre, le photographe argentonnais Quesnel a juste à sortir de son magasin (à gauche) et à poser son appareil au milieu de la rue de la Gare. Les drapeaux ornent les balcons et fenêtres. La population manifeste sa joie à l'annonce de ce moment tant attendu. On notera que seuls, 2 hommes figurent au premier plan.

Voici ce que Raymond Rollinat inscrit dans son journal:

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Sources Carnets Rollinat Cercle Histoire Argenton

"Chacun en s'éveillant pense que la journée
qui commence marquera dans l'histoire
et verra peut-être la fin de l'effroyable guerre
Quel soulagement, si l'on apprend que l'Armistice est signé ..."

Pour découvrir la suite de cette journée, je conseille la lecture des carnets de Raymond Rollinat sur le site du cercle d'histoire d'Argenton



Pendant ce temps, au front, voici le témoignage du capitaine Laurentin qui se trouvait alors au 219e RI suite à la dissolution du 268e en juin 1918:

Le bataillon retourne à l’arrière, à Guignicourt, nous voici arrivés dans le village tout endormi. Un cycliste passe et affirme : « L’armistice est signé. »
Dieu, si c’était vrai !
7 h. 30. - « Armistice, armistice ! » Tout le monde le dit ; on se félicite, on s’interroge : « Qui te l’a dit. Un cycliste. – Un lieutenant de la lourde. – Un téléphoniste. » Le soldat n’en demande pas plus. Voici une troupe du 93 qui revient, boueuse et lasse, des premières lignes : « C’est fini, leur crie-t-on, c’est signé ! » Les figures s’illuminent de sourires épanouis : « Oh mon vieux ! »
C’est tout. Rien des bruyantes manifestations d’enthousiasme qui saluèrent la déclaration de guerre. Ils ne jettent point leurs armes pendantes. Ils ne quittent pas le rang ; seulement ils relèvent la tête, des têtes joyeuses de braves gens, incapables de désordres et d’excès, même au milieu de la victoire.
Ah ! Ma chère France !

Maurice Larentin, "Carnets d’un fantassin de 1914", Editions Arthaud, 1965, p. 237

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01 septembre 2016

Le camp de concentration des étrangers de Bitray (Réactualisé 2016)

Il y a quelques temps déjà, j'ai acquis trois cartes-photos qui m'ont bien intrigué. Elles ont trait à une page peu connue de notre département. Celui-ci, dès 1914, accueilli un camp de concentration pour les civils étrangers des nations ennemies. Certes le terme de "camp de concentration" a de nos jours une connotation malsaine et ce dû aux actes de la barbarie nazie. Il s'agit cependant du terme officiel utilisé à l'époque (1914), c'est donc la raison pour laquelle, j'ai cependant choisi de l'utiliser.

Au premier abord, les photos ne sont pas clairement identifiables, seules les annotations "Camp des étrangers Châteauroux 1914-1917", "Carrières Châteauroux 1916" et "Camp de Châteauroux 1915-1916" sont lisibles. Les 3 photos provenait d'un même lot dont le vendeur ne pouvait m'en dire plus concernant l'origine, hormis qu'il les avaient lui-même trouvé en Alsace.

Après quelques recherches, des pistes interréssantes se présentaient à moi.

Suite à la lecture d'un ancien numéro de 14-18 Magazine d'avril 2005, je fis l'acquisition du livre "Les camps de concentration français pendant la première guerre mondiale" de Jean Claude Farcy. Cet ouvrage me confirmait la présence d'un camp réservé aux civils étrangers à Bitray, dans les locaux de l'asile d'aliénés.
Dans son ouvrage, Jean Claude Farcy écrit à propos des 70 camps qui existèrent de 1914 à 1920:
Il ne s'agit pas de véritables “camps” construits à cet effet (comme en Allemagne, ou comme plus tard en 1940), hormis le camp de l'île Longue (situé dans la rade Brest) qui est une exception avec ses dizaines de baraques capables de recevoir 2000 internés) et d'ailleurs construit au début et occupé par des prisonniers de guerre. Rares sont les bâtiments modernes, comme l'asile de Bitray (Châteauroux) toujours cité en exemple par les autorités. On utilise des bâtiments existants, anciens séminaires ou couvents désaffectés (Guérande, Vire, La Ferté-Macé, Pontmain), d'anciens forts militaires (iles d'Yeu et de Noirmoutier), des collèges (en Vendée et Fleury-en-Bière) et quelques usines désaffectées (teinturerie Jouguet près de Saint-Brieuc).


En réalité, ce lieu, Bitray, m'était déjà connu. En effet, il abritait aussi une activité plus respectable. Il s'agissait de l'Hôpital complémentaire n°25, qui avait d'ailleurs une annexe à l'Institution Léon XIII, bien connue des castelroussins.

Chateauroux_Bitray_HopitalComplementaire25
Il y a peu en continuant mes recherches, via le site de la Bibliothèque Nationale GALLICA, en lisant le Journal du Droit International de 1916, je mis la main sur ce texte:

Les Internés civils, sujets ennemis dans les « camps de concentration » français
Source – Georges BATAULT. « Gazette de Lausanne » 23 avril 1915.
Bibliographie - Edouard CLUNET. La. personne des « sujets ennemis » en France. Extrait du journal « Le Temps » 1er février 1915 p.19

 " ...Nous avons quitté Châteauroux et nous arrivons après trois kilomètres de route à l'Asile de Bitray, vaste suite de bâtiments. édifiés en pleine campagne, où sont installés les internés civils. L'Asile est à peine terminé, il a été construit pour les aliénés de l'Indre et du Cher, mais n'a pas encore été utilisé. Les circonstances ont fait qu'on y a logé les civils que l'on retient prisonniers en France. L'ensemble des bâtiments est formé d'une suite de pavillons bâtis en éventail autour d'une grande cour circulaire. Dix de ces pavillons sont occupés aujourd'hui par les étrangers. Les locaux sont vastes et clairs, pourvus du chauffage central et éclairés à l'électricité.
Le camp de concentration de Châteauroux- Bitray est du reste un camp modèle, qui donne abri à 560 internés, répartis comme suit : 287 hommes, 193 femmes, 180 enfants. Au point de vue des nationalités la répartition se fait ainsi : .323 sujets allemands, 337 sujets austro-hongrois.
J'ai tâché de faire connaître récemment ce que j'ai pu comprendre de la mentalité des prisonniers de guerre, en insistant sur le caractère presque exclusivement militaire de leur psychologie. La mentalité des prisonniers civils est toute différente.
Ils s'expliquent mal leur présence dans les camps et ne peuvent se faire à leur situation présente. Ils ont le sentiment d'être totalement irresponsables des événements dont ils subissent les conséquences. Quelques-uns sont des touristes, surpris en France par la mobilisation, mais la plupart sont des étrangers fixés dans le pays depuis de longues années.
Se voyant prisonniers, ils ont le sentiment d'une déchéance sociale imméritée et sont angoissés par d'insécurité dans laquelle ils se sentent vis-à-vis de l'avenir.
Les prisonniers de guerre sont des victimes du devoir et se sentent soutenus par une inébranlable confiance ; les internés civils sont des victimes, tout court, et sont pleins de défiance vis-à-vis d'eux-mêmes, et vis-à-vis de l'avenir. Chez presque tous les préoccupations d'ordre économique sont beaucoup plus importantes que les considérations politiques.
Les habitants du camp de concentration de Bitray appartiennent à toutes les conditions sociales. La grande majorité est faite d'ouvriers et de petits boutiquiers, mais il y a cependant un certain nombre d'intellectuels et d'artistes et deux grands commerçants.
En pénétrant dans l'intérieur du camp on n'a pas du tout l'impression d'une prison, et les gens que l'on rencontre n'ont ni l'aspect de geôliers, ni l'aspect de prisonniers. On dirait plutôt une sorte, de phalanstère, quelque peu monacal, avec des règles assez strictes auxquelles se sont soumis volontairement les hommes et les femmes ici réunis ..."

Une de mes 3 photos:

Bitray_CampEtranger_Distribution_NB_ExtraitBitray - La distribution

Continuons notre visite du camp de Bitray:

Nous commençons notre promenade par la visite des cuisines, qui sont vastes et claires, abondamment pourvues de victuailles et d'une propreté méticuleuse. Dans un coin de la cuisine est installée une cantine bien pourvue où les habitants du camp peuvent se procurer, à des prix convenables, des mets supplémentaires ou des douceurs.

La deuxième photo (extrait)

Bitray_CampEtranger_CuisineExterieure_NB_extraitCe que le "reporter" ne raconte pas:
Les cuisines extérieures à même le sol


Nous voyons ensuite un dortoir où sont installés les Alsaciens-Lorrains, qui jouissent ici de nombreux privilèges et qui se montrent satisfaits de leur sort. Ils sont plutôt hospitalisés qu'enfermés, puisqu'ils ont le droit de se rendre en ville quand il leur plaît. Les Polonais jouissent des mêmes droits et privilèges, ainsi que certains Italiens des provinces irridentes.
Les étrangers sont répartis dans les divers pavillons selon leur nationalité. Il y a des pavillons spécialement réservés aux célibataires hommes, d'autres aux célibataires femmes, d'autres enfin aux ménages.
Les salles occupées par les hommes sont de grands dortoirs qui rappellent à la fois la, caserne et l'hôpital. Les femmes plus accoutumées aux soins de la maison se sont mieux installées.
Avec des toiles de Jouy savamment disposées elles ont su donner à leurs chambrées quelque chose de riant et de coquet qui est tout à fait plaisant. Les ménages enfin disposent, de plus de place ; ils ont divisé les grandes salles au moyen de tentures glissant sur des tringles, de façon à faire un certain nombre de petites chambres séparées dont l'ameublement comporte un grand lit et quelques sièges.
Certains internés ingénieux se sont fabriqué divers, meubles, rustiques et pittoresques, je me rappelle surtout un petit mobilier d'enfant, œuvre touchante d'un père industrieux.
Les enfants — très nombreux — sont l'objet de soins tout spéciaux. On a créé pour les tout petits une garderie et, pour les grands. Une école dont la direction est laissée, sous la surveillance du commandant du camp, aux internés eux-mêmes.
Deux fois par semaine, sous la surveillance des institutrices, les enfants sont conduits à la promenade en dehors de l'enceinte du camp. J'ai vu les petites classes, où travaillaient attentivement les gosses, que trouble notre venue. Ils nous firent bon accueil et nous considérèrent avec cette sympathie souriante, qu'ont tous les écoliers pour les visiteurs inattendus qui viennent troubler le cours de la leçon.
J’ai quitté les enfants pour rendre visite aux artistes. Voici le sculpteur hongrois de Fejer que nous voyons dans son atelier — car on lui a installé un atelier où il peut travailler à loisir — et j'ai soudain l'impression de me trouver transporté dans le quartier de Montparnasse. Ce sont les mêmes murs, couverts de dessins, les mêmes sellettes sur lesquelles reposent, enveloppés de lingues humides, les ébauches d'argile.
Je fais une courte visite ensuite au dessinateur et caricaturiste Wolfle, du Simplicissimus, qui me montre ses esquisses et les dessins qui tapissent les murs de la petite chambre qu'il habite avec sa femme.
On me fait aimablement cadeau d'une gravure due à la collaboration de deux internés que je n'ai pas eu le plaisir de voir, le dessinateur Kiss et le graveur Skuravy. La gravure représente, les habitants du camp se rendant aux cuisines pour chercher leurs rations ; les uns attendent leur tour, pressés devant la porte, les autres s'en vont tenant, dans leurs mains un bol de soupe fumante.

La troisième photo (extrait):

Bitray_CampEtranger_Carriere_NB_Extrait
Ce que le "reporter" ne raconte pas:
Le travail des hommes dans une carrière des environs

Avant de quitter le camp de Bitray, nous nous rendons au bureau du « Comité », où nous sommes reçus par les membres assemblés. Car, chose remarquable, les internés civils ont une administration, dirigée par des hommes choisis parmi les internés eux-mêmes, et qui remplit un triple rôle.
Elle s'occupe d'abord de l'administration du camp, à proprement parler, et des relations avec le commandant français, chef du dépôt. Ils Constituent ensuite un bureau de renseignements et de consultation pour leurs administrés. Enfin, une sorte de cour de justice de paix devant laquelle sont portés tous les différends qui peuvent surgir entre les étrangers installés dans le camp. En cas de non conciliation seulement les contestations sont portées devant le chef du dépôt.
Comme nous allions nous en aller, admirant l'ingénieuse et intelligente idée, qui a voulu laisser le plus d'initiative et d'autonomie possible aux internés que la guerre a rassemblés dans ce camp, nous fûmes rappelés par un des membres du Comité, qui demanda à dire quelques mots en son nom propre et au nom de ses collègues.
M. Léonor Poppellauer, sujet allemand, Berlinois ci-devant représentant à Paris de la maison Rotherfurt de Berlin, me fit alors: l'éloge de l'administration française qui s'était montrée si humaine et si pleine de tact, dans la personne du chef du dépôt de Bitray, le commissaire de police Moreau auquel tous les internés doivent une profonde reconnaissance...
Il est inattendu d'entendre des internés civils allemands et austro-hongrois faire la louange de celui qui a mission de les garder et de les surveiller.
Malgré la guerre, impitoyable qu'on lui fait, la France, sûre d'elle-même, reste digne de son passé et de ses grandes traditions d'humanité. N'est-ce pas à cela qu'on peut juger d'une vraie civilisation et d'une culture digne de ce nom. »

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Sur le sujet des internés de Bitray, on découvrira avec intérêt le cas de la famille Valentini en suivant le lien:

De camp en camp, une vie d’exilés civils, la famille Valentini.

 

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Parmi les internés du camp de Bitray, il y eut Bernard Groethuysen.
Ce dernier, philosophe allemand francophile fut interné en février 1915. Ses amis Charles Du Bos et Charles Andler, peut-être même Henri Bergson, tentèrent d'améliorer ses conditions de détention. Les autorités finirent par lui accorder la liberté de résider en ville chez des particuliers.

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André Gide et Bernard Groethuysen

 


 

En continuant mes recherches sur le camp de Bitray, je suis tombé sur quelques sources iconographiques concernant notre sujet.

Une série de photos prises dans le camp est visible sur le site Mémoires du Ministère de la Culture: Voir ICI
Certaines photos, celles des cuisines extèrieures notamment, permettent de confirmer l'origine de mes exemplaires.

La version trouvée sur le site du ministère de la Culture, à mettre en parallèle avec la photo diffusée dans le 1er message:

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D'autres clichés offciels pris à Bitray et provenant du site du ministère:

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Base Mémoire - Ministère de la Culture


Concernant l'histoire de Bitray, on consultera avec intérêt, l'encyclopédie castelroussine: Châteauroux 1945-2000

On trouve d'autres sources. Cependant, je ne les mentionnerai pas pour l'instant, elles feront l'objet de messages spécifiques, plus tard. Je reviendrai alors sur la phase suivante que connut l'hospice de Bitray: Le "Based Hospital n°9" de l'American Expeditionary Force (A.E.F.).

Un lien vers l'article de Georges Batault dans la Gazette de Lausanne: ici sur le site http://www.letempsarchives.ch


Courant 1917, l'asile de Bitray perd sa fonction de camp d'internement. En effet, début septembre 1917, les premiers soldats américains arrivaient pour transformer le lieu en ce qui devint le Base Hospital n°9.

Mais ceci est une autre histoire et fera alors l'objet d'un autre message.

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Sources:
- GALLICA BNF Journal Du Droit International 1916
- US Army Medical Department History of Base Hospital n°9
- 14-18 Magazine numéro n°25 Avril 2005
- Les camps de concentration de la Première Guerre mondiale, Jean-Claude Farcy, Economica, Paris, 1995, 373 pp.
- GALLICA BNF Journal Du Droit International 1916
- Collection de l'auteur

 

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18 juillet 2016

16 juillet 1916, le nouvel orgue de Saint Sauveur

A Argenton, avant-hier et hier se sont tenus 2 concerts ayant un lien avec la période du conflit. En effet, ces concerts étaient organisés pour les 100 ans de l'orgue de l'église Saint Sauveur.

Un des éléments centraux de la ville d'Argenton est son église paroissiale placée sous le vocable de Saint Sauveur. En plein centre-ville, la vie de la cité s'organisait et s'organise toujours autour de l'édifice.

13 Eglise St Sauveur
Jour de marché devant Saint-Sauveur vers 1900 - Cliché collection de l'auteur


Il y a donc tout juste 100 ans, la ville d'Argenton voyait l'inauguration du nouvel orgue de l'église paroissiale d'Argenton. Celui-ci est toujours en fonction et surplombe toujours la nef.

Argenton-sur-Creuse_église_Saint-Sauveur_4
Sources cliché: Wikipédia

En ce 16 juillet 1916, l'orgue Cavaillé-Coll est inauguré.
En voici le report par le journal local "La Croix de l'Indre" en date du 23 juillet 1916:

"Cette année, la fête coïncidait avec l’inauguration de nouvelles orgues, dues au zèle du pasteur et à la générosité des Argentonnais. La grand’messe, à l’église paroissiale fut très solennelle. Elle fut célébrée par M. le doyen Rousset, aumônier du lycée de Bourges, qui le soir présida la procession. L’orgue, puissant et doux, pour la première fois, remplissait de ses harmonies sa nouvelle demeure. L’organiste de Saint­Sauveur en utilisait merveilleusement toutes les ressources. L’assistance, debout, chanta le Credo de Dumont. C’était très imposant. A la tribune, Mademoiselle Rose Féart, également admirable par son dévouement et son art, et qui met si volontiers son grand talent au service de la Religion et de la Patrie, dirigeait magistralement un groupe de jeunes filles qui fit entendre de superbes morceaux. Elle eût elle­même ajouté à la splendeur des chants, si un mal de gorge malencontreux n’avait voilé pour un moment sa magnifique voix."

On notera aussi le report qu'en fait Raymond Rollinat dans son journal disponible sur le site du Cercle d'Histoire d'Argenton

le 15 juillet 1916:

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Sources: CH Argenton

Ce soir grand carillon à l’Eglise ; la cloche de la Bonne Dame répond à celles de l’Eglise paroissiale. C’est demain la fête de la Vierge qu’on promènera en procession dans les rues.
A l’époque cruelle que nous traversons ces cérémonies gagneraient à être moins bruyantes.
C’est demain qu’aura lieu l’inauguration des nouvelles grandes orgues de l’Eglise Saint Sauveur. »

Le 16 juillet 1916:

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Sources: CH Argenton

"Beaucoup de monde à la procession de la Bonne Dame vers 5h du soir, ce cortège religieux se déroule par nos rues dans le plus grand ordre en chantant les cantiques; quelques jolies toilettes."

Merci au blog de l'association des Amis de l'orgue d'Argenton sur Creuse pour leurs précieuses informations.

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17 mars 2015

De camp en camp, une vie d’internés civils, la famille Valentini. (Réactualisé 2015)

L’objet de ce blog est de partager les informations entre toutes les personnes intéressées par ce vaste sujet que fut la 1ère Guerre Mondiale. Parfois, cela va au-delà de mes espérances.

En 2012, je faisais part de la trouvaille de 3 clichés inédits de ce camp que l’on appelait « de concentration » qui se trouvait à Bitray et concernait les populations civiles étrangères provenant des pays ennemis. Je vous laisse redécouvrir ce message par le biais de ce lien : Le camp de concentration des étrangers de Bitray

Il y a peu, je reçus un message d’Emmanuel qui me signalait qu’il avait des informations concernant ce camp et plus précisément 2 clichés concernant sa famille qui fut internée à Bitray.

Originaire de l’Italie austro-hongroise, la famille Valentini émigra en France vers 1880 , ils s’installèrent dans le XVe arrondissement. Gioachimo travaillait alors à Paris comme déchargeur de péniche, quai de Javel, comme su si bien le représenter Claude Monet:

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Sources: Musée d'Orsay

Avec sa femme Mélania (née Pinamonti), ils eurent 14 enfants, seuls 9 étaient vivant en 1914 dont un, Auguste, né en Italie et qui y resta. Celui-ci fut d’ailleurs enrôlé dans l’armée austro hongroise.
En cette mi-1914, donc, suite à la déclaration de guerre, les familles d’origine allemandes ou austro hongroises installées en France furent internées. Toutefois, il leur fut proposé d’être libérés si un des membres de la famille s’engageait dans l’armée française. Cette proposition fut refusée par la famille Valentini, car les parents ne voulaient pas que deux de leurs enfants puissent se retrouver face à face au combat.

Après un séjour à Poligny (77), la famille fut dirigée sur le département de l'Indre, séjournèrent tout d'abord à Saint Gaultier où la Collégiale servit de lieu d'hébergement et furent ensuite dirigés vers le camp de Chateauroux. Leur fille ainée Irma, mère d’une petite fille, fut libérée car son mari, également Italo-Autro-Hongrois avait accepté de s’engager dans l’armée française, comme maréchal-ferrant. Celle ci vint plusieurs fois les visiter, leur apporter de nouveaux vêtements. Lors d’une de ces visites d’Irma, des clichés furent pris, d'autres lors du séjour indrien.

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La famille Valentini à Bitray

Sur ce premier cliché, la famille Valentini est présente.
La personne à table avec la casquette est Gioachimo Valentini, originaire de Tassullo dans le Trentin, dépendant alors de l’empire d’Autriche Hongrie. En face de lui, sa femme Melania Pinamonti. Autour d’eux, leurs enfants, tous nés en France, sauf Auguste, enrôlé dans l’armée Austro Hongroise.
On y voit également leur fille ainée Irma (debout à gauche), venue les visiter, avec sa propre fille ainsi que tous les enfants du couple Valentini : René, Hélène, Marie, Olga, Blanche, Robert et Irène les autres enfants. René, en âge de combattre et passa toute la durée de la guerre en camp et ne fut libéré que fin 1918.
Olga, née en 1902, la grand-mère d’Emmanuel (mon correspondant), est assise sur le banc au premier rang avec une de ses jeunes sœurs.

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Les femmes et les enfants internés à la collégiale de Saint-Gaultier

Sur le deuxième cliché, on retrouve les familles qui furent internées à Bitray, mais dans un autre cadre. Grâce à Christine Méry-barnabé, historienne locale spécialisée sur le sujet, nous savons que ce cliché a été pris à Saint-Gaultier, juste avant le transfert vers Bitray.

Nous sommes loin du décorum cité par le « journal de Lauzanne » (voir article de 2012 cité plus haut). La paille et la promiscuité sont alors de rigueur et le confort spartiate.

La famille fut maintenue en camp, à Châteauroux, presque 2 ans avant d’être transférée à Guérande.
Vers 1917, Gioachimo Valentini ayant 60 ans, il y eu un échange de prisonniers civils. Ils partirent alors en Autriche, où ils se retrouvèrent à nouveau en camp, car le village d’origine était zone de combat, et que leur statut de minorité italienne les rendait peu sûrs aux yeux des autorités.
Concernant les conditions de vie au camp de Bitray, Emmanuel en entendit parler toute son enfance par sa grand-mère Olga et ses soeurs. Aujourd’hui, celui-ci possède un captage audio du témoignage d'Olga, qui lui conta son séjour à Bitray, peu avant que celle-ci ne décède en 1996, celle-ci se souvenant des détails sur les conditions de vie dans ces camps, en particulier à Châteauroux : Le couchage, la nourriture (une boule de pain de 10 à 15 cm de diamètre par jour, pour quatre) entre autres.

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Actualisation 2015:
Emmanuel, m'avait transmis un document important que je n'avais jusqu'alors pas diffusé. Il s'agit là d'un troisième cliché qui fut pris à Bitray, le long de L'indre, la rivière où les familles pouvaient se laver et laver leur linge.
Emmanuel, donc, a identifié les différents membres de sa famille.

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Au cours du colloque qui eut lieu en 2014 à Châteauroux, Jean Louis Laubry, ancien directeur du Centre d'Etudes Supérieures de Châteauroux, fit une intervention remarquée et très instructive concernant le camp de Bitray. Le compte-rendu sera publié cette année par le CREDI.

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Merci à Emmanuel pour sa confiance et son accord pour accéder aux archives familiales.

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10 mars 2015

Châteauroux 1917 - Les 10 neveux d'un oncle de 10 ans.

Feuilletant ma collection de numéros de la revue "L'Illustration" allant de 1914 à 1919, je suis tombé sur une charmante photo qui m'a tout de suite attirée l'oeil. Bien m'en a pris, elle avait trait à une famille (modèle) catelroussine:

Illustration - 8 décembre 1917

Le nombre des belles familles est encore, heureusement, assez élevé en France pour qu'il nous soit matériellement impossible de les citer toutes en exemple et de les présenter, ici, aux lecteurs de notre journal. Nous avons même du nous imposer comme règle, en présence des multiples documents qui parviennent au sujet des foyers prolifiques, de ne pas faire état des photographies de familles réunissant moins de douze enfants. Nous ferons pourtant, aujourd'hui, une exception en faveur de cette brochette de bambins parce qu'elle présente la particularité de ranger en bataille, derrière un enfant qui n'a pas encore atteint sa dixième année, une imposante escouade de fillettes et de garçonnets qui sont ses nièces et ses neveux. La photographie n'est d'ailleurs pas complète, une nouvelle nièce étant venue, au mois de septembre dernier, parfaire cette brillante série. Cette jolie famille habite Châteauroux. ces enfants ont le bonheur de possèder leur parents, leurs grands-parents et une arrière grand-mère de quatre-vingts ans, alerte et pleine de santé. Les deuils de la guerre n'ont pas épargné ce foyer, mais c'est précisement la récompense des familles nombreuses de pouvoir se resserer tendrement leurs rangs pour combler les vides laissés par de chers disparus. et dans ce moment où les coups du destin sont cruels, n'est elle pas magnifiquement armée contre la mort, la famille française qui peut regarder ce charmant escalier de petites têtes blondes et brunes monter si joyeusement vers la vie?

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Les belles familles: Un oncle de dix ans et neuf de ses neveux

En cette fin 1917, la propagande nataliste bat son plein. Tout est bon pour inciter à procréer une nouvelle génération qui viendra prendre la place des défunts.
Quelle est donc cette famille? Point de nom cité. Au vu des tenues, des jouets, nous ne sommes pas dans un cadre ouvrier ou paysan, mais bien, au sein d'une famille bourgeoise de l'époque.

Amis castelroussins
Saurez-vous retrouver cette famille? Je vous laisse la main.
N'hésitez pas à commenter ci-dessous

 

Sources: L'Illustration - 8 décembre 1917

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06 février 2014

A la recherche du Canon de 75 de Chateauroux (Bar-buvette)

Lorsque j'étais jeune (il y a quelques années déjà, dans les années 70 pour être plus précis), je me rendais de temps à autre chez mon oncle et ma tante qui demeuraient Avenue de la Manufacture (actuelle Avenue François Mitterand).
J'ai souvenir, au bout de l'avenue, de la présence d'un café qui s'appelait "Le Canon de 75". Le souvenir est vague.

Chateauroux_Canon75

La vue actuelle: ICI (GoogleStreetview)

Je recherche tous renseignements concernant ce café. Nul doute que l'enfilade de casernes et quartiers militaires sur cette avenue furent vivier de bonne clientèle pour la "Buvette Tranchant".

Quelqu'un connait-il la date de création, celle de la fermeture? Si vous possèdez d'autres clichés, je suis bigrement intéressé.

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23 janvier 2014

La Chambre de Commerce de l'Indre. L'activité économique départementale pendant le conflit.

S'intéresser à la première guerre mondiale dans le département de l'Indre est louable en soi, c'est d'ailleurs le but de ce blog. Mais cette histoire n'est pas que celle de la ligne de front où l'on peut suivre les régiments du département. Ce n'est pas qu'histoire de monuments aux morts, de fêtes patriotiques.

Il est tout un pan de la vie du département que l'on oublie, mais qui est essentiel: La vie écononique et plus précisement celle des entreprises du département. Intrenet (Internet, merci MM) permet d'accèder à des ressources documentaires peu connues.

Sur le site de la Bibliothèque Nationale de France (Gallica), il est possible de consulter les compte-rendus de la Chambre de Commerce de l'Indre (de 1900 à 1939) soit 123 fascicules.

Au fil de la lecture, on y parle d'exportation vers la Russie, d'importation depuis Salonique, mais aussi plus révélateur de "caisse de secours pour les blessés, de "mobilisation", de "restrication d'éclairage", de "disette du sel". On y parle même d'espionnage industriel.

A découvrir: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6240443x/f6.image.r=chambre%20commerce%20indre.langF

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18 janvier 2014

A Châteauroux, en Blériot

Il y a parfois des clichés que l'on trouve qui sont anecdotiques. En voici un.

Pas de date, tout juste le lieu et le thème. Ce dernier est original puiqu'il s'agit du survol de la caserne Bertrand.

Je ne peux garantir qu'il concerne le conflit puisque aucune date ne figure sur la photo. La qualité de celle-ci ne permet pas d'aller très loin dans les explications. Tout au plus, nous savons donc qu'un Blériot a survolé la caserne Bertrand lors d'un rassemblement dans la cour d'honneur et que dans cet aéroplane se tenait un photographe.

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Nous pouvons voir au centre du cliché l'effectif d'une compagnie au rassemblement. En bas, au centre, un autre groupe est visible.

 

 

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20 septembre 2013

L'énigme du foyer des soldats de Châteauroux (Réactualisée)

Ce message est une réactualisation et compilation de plusieurs messages parus en 2011, année du début de l'énigme.

Après la Herse du Blanc, voici le Foyer de Châteauroux.

Il y a parfois des moments où, loin de chez soi, il est nécessaire de trouver un accueil. En avril 1918, Châteauroux avait son "foyer du soldat". Là, qu'il soit de passage ou en convalescence, surtout s'il n'était pas de la région, le soldat pouvait se retrouver parmi ses camarades de fortune.

643_001

Amis Castelroussins, fins limiers du Bas-Berry, je ne connais pas l'adresse de ce lieu, si cela dit quelque chose à l'un d'entre vous, je suis preneur de toute d'information.

Petite précision: Je ne pense pas qu'il s'agisse du Cercle Militaire sis rue Victor Hugo tel que l'indique une carte postale du début du XXème et qui laisse supposer que ledit Cercle était le Grand Café. M'est avis que c'était un peu trop distingué pour le trouffion de passage.

Chateauroux_cerclemilitaire

 


 

L'énigme du foyer des soldats n'a toujours pas été résolue. Le hasard faisant bien les choses, voici ma trouvaille de ce matin, dans une brocante berrichonne.

Chateauroux_Martignon19171919_1

Il s'agit d'une plaque en Bronze editée en 1916 par la Monnaie de Paris et qui pouvait être personalisée.
http://www.medailles1914-1918.fr/francemedaillesw.html

De 1917 à 1919, à la gare de Châteauroux, les soldats de passage pouvaient donc y trouver une cantine militaire tenue par le couple Martignon.
Est-ce là le foyer du soldat? Mystère.


 

Ma dernière trouvaille est le pendant de cette carte:

Chateauroux_FoyerSoldat1_191804_Recto

Analysons donc ces 2 prises de vues:

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Les deux photos sont les deux vues opposées de la même pièce.
La rangée de tables du premier plan est le plan commun des deux clichés. Le soldat avec un bloc papier figure sur les deux clichés, la position du verre devant lui est identique. Sur la table située au même niveau, on retrouve deux jeunes soldats se faisant face.

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Les positions des soldats sont presque identiques, seule la position de l’appareil de prise de vue a changé.

La pièce est structurée de manière suivante :
Une scène permettant des spectacles, un décor médiéval peint est visible. On note aussi la présence de divers instruments de cuisine, permettant certainement la préparation du café. Divers récipients sont posés au bord de l'estrade.
La scène est entourée d’un drapeau français et d’un drapeau américain, ce qui confirme la datation post-1917.

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Une zone de la salle est composée de grandes tables de type cantine. On peut compter 4 rangées de grandes tables. Les chaises utilisées sont du style bistrot et semblent être des chaises pliantes

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Une zone de jeu est visible, celle-ci est composée d’un jeu de backgammon ou de dés, d’un billard. Le long du mur du fond, une série de tables complète l’espace et permet d’assister aux parties en cours.

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La pièce est composée de plusieurs niveaux.
Le rez-de-chaussée qui occupe toute la surface. On note sur un des côtés la présence d’au moins 5 ouvertures (6 ou 7 vraisemblablement).
Une balustre occupe l’étage. Elle est située en opposition à la scène de spectacles. On y voit ce qui ressemble à un départ d’escalier vers un autre niveau. Au niveau des balustres, une deuxième rangée de fenêtres est visible.
Au vu de l’orientation des rampes d’escaliers visibles en haut à gauche, celle-ci semble indiquer un accès à la balustre par une des portes du fond de la pièce

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L'énigme n'est toujours pas résolue. Je sèche sur le sujet. Je relance donc mon appel: "Amis Castelroussins, fins limiers du Bas-Berry, je ne connais pas l'adresse de ce lieu, si cela dit quelque chose à l'un d'entre vous, je suis preneur de toute d'information".


 

Septembre 2013: Un rebondissement

Suite à un message envoyé au mois d'aout 2013 et une rencontre faite aujourd'hui, nous avons enfin la solution de l'énigme. Merci donc à Mme Beuzard, spécialiste de l'histoire de la capitale indrienne.

Je vous livre son message tel quel:
Monsieur Charraud,
Ce foyer du soldat se trouvait rue Diderot, au n°4 je crois, dans un immeuble qui a été détruit lors de la construction du parking Diderot, et qui servait en 1914-1916 de lieu d'enseignement annexe pour le Groupe scolaire des Capucins, dont une partie était alors occupée par l'hôpital de convalescents HDC 41. Le Foyer était administré par le Comité des Prisonniers de guerre et le Comité du Tricot du soldat et dirigé par Mme Williame, femme de notaire. Je ne connais pas la date exacte de la création du Foyer: 1916 ou 1917.
Un foyer du soldat est créé à la gare le 18 novembre 1917 pour accueillir et ravitailler les permissionnaires de passage, en particulier la nuit; Il est administré par le comité des Prisonniers de guerre et la SSBM. Celle-ci avait ouvert dès 1914 une permanence à la gare et y envoyait une infirmière.
Voilà quelques petits renseignements pour votre blog.

Franchement, je ne m'attendais pas à de tels détails. Grand merci donc à Mme Beuzard et grand merci aussi à M. Cires, responsable des archives de la ville de Châteauroux, pour m'avoir confirmé tout cela en me transmettant des clichés, notamment de la destruction de ce bâtiment, en 1975. En voici une photo, on reconnaitra aisément la forme des portes et fenêtres.

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 Sources:
Collection de l'auteur
Archives municipales de la ville de Châteauroux

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