26 mai 2018

La garnison du Blanc (vue par le guide de l'officier d'infanterie)

Autour de 1900, des guides étaient publiés afin de présenter les différentes garnisons françaises aux officiers d'active recherchant une nouvelle affectation.
Ainsi, on pouvait se procurer le "Guide de l'officier d'infanterie - Nos garnisons de France, d'Algérie et de Tunisie".

 

(Mes copies sont non datées, si vous avez quelques informations de dates précises concernant ce document, merci de me contacter)

 

"LE BLANC (68e régiment)

Situé sur la Creuse, le Blanc est un chef-lieu d'arrondissement de l'Indre de 7.000 habitants environ. Le climat y est sain et tempéré malgré les brouillards fréquents du printemps qui séjournent le matin dans la vallée.

Le Blanc possède un vieux château transformé en école primaire de garçons. A 500 mètres à l'ouest de la ville se trouve un viaduc, ouvrage d'art remarquable d'une longueur de 520 mètres et de 45 mètres de haut, qui relie les collines des deux rives de la Creuse et sur lequel passe le chemin de fer de Poitiers au Blanc.

LeBlanc_Chateau

La ville possède un collège de garçons, deux pensionnat de jeunes filles, un laique et un religieux.

La garnison comprend un bataillon du 68e et une compagnie du 4e bataillon.

Le séjour au Blanc est, assez agréable; la ville offre peu de relations mondaines, mais les habitants se montrent affables envers l'armée. Les officiers mondains trouvent des distractions dans les nombreux châteaux des environs.

Les bords de la Creuse présentent de beaux paysages. On y fait de belles promenades et la plus intéressante est celle de Fontgombault, où se trouve une abbaye de trappistes importante, située à 9 kilomètres de la ville

Fontgombault_Abbaye

Les amateurs de pèche et de chasse trouvent à satisfaire leur passion, le pays est giboyeux et la Creuse est une rivière des plus poissonneuses.

Les pensions sont bonnes à 75 francs pour les lieutenants et 80 fr. pour les capitaines.

Les logements garnis se paient 30 fr. et les officiers mariés trouvent facilement des maisons coquettes avec jardins depuis 300 fr. jusqu'à 1.000 fr.

Les vivres ne sont pas chers; les boucheries ne possèdent du bœuf qu'une fois par semaine.

Les communications sont difficiles dans toutes les directions. On met 7 heures pour aller à Paris (333 kilomètres) 2 heures pour aller à Poitiers (61 kilomètres), et 3 heures pour se rendre à Tours (110 kilomètres)".

Blanc_Caserne

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La garnison d'Issoudun (vue par le guide de l'officier d'infanterie)

Autour de 1900, des guides étaient publiés afin de présenter les différentes garnisons françaises aux officiers d'active recherchant une nouvelle affectation.
Ainsi, on pouvait se procurer le "Guide de l'officier d'infanterie - Nos garnisons de France, d'Algérie et de Tunisie".

(Mes copies sont non datées, si vous avez quelques informations de dates précises concernant ce document, merci de me contacter)

Le 68e RI avait depuis son installation dans l'Indre, deux garnisons, une au Blanc et l'autre à Issoudun. Soit 90 km entre les deux composantes du régiment.

 

"ISSOUDUN (68e régiment)

Garnison. - La garnison ne comprend que le 68e Régiment d'infanterie (État-major, deux bataillons et deux compagnies du 4e Bataillon). La portion centrale du régiment est au Blanc.

Le bataillon du Blanc est relevé tous les deux ans, la compagnie du 4e Bataillon qui s'y trouve également, n'a pas été encore relevée.

 

Description.- Issoudun (les Issoldunois), est la première sous-préfecture du département de l'Indre avec une population de 14.000 habitants.

La ville est bâtie sur la Theols, rivière peu importante dont les bords marécageux ont été assainis dans certaines parties et transformés en jardins fertiles.

La contrée est humide, malgré la rareté des brouillards: le climat y est tempéré et se rapproche de celui de la Touraine.

Issoudun, après avoir eu des seigneurs particuliers, fut achetée en 1221 par Philippe-Auguste. Pendant les guerres de religion, La Châtre s'en empara par trahison au profit de la Ligue, mais la garnison qu'il y laissa, fut expulsée par les habitants. Pendant la Fronde, elle prit le parti du roi et fut mise en cendres.

Issoudun possède trois places mal entretenues, un boulevard peu fréquenté et un joli petit jardin où joue la musique du 68°, deux fois par semaine. La ville est boueuse et mal bâtie. Quelques rues seulement sont pavées.

Issoudun présente peu de curiosités par suite de l'incendie presque totale de la ville, sous Louis XIII. Saint-Cyr, la seule église paroissiale, est inachevée et située au centre de la ville. Le vaste et magnifique établissement des Missionnaires du Sacré-Cœur avec sa riche basilique, attire à Issoudun de nombreux pèlerins, notamment le 8 septembre.

 

 

Issoudun_SacreCoeur

 

 

Moyens de communication. - Issoudun est à 236 kilomètres de Paris, sur la grande ligne Paris-Limoges. La durée du trajet, est de 4 heures environ.

 

Alimentation. - Les officiers ont leur cercle au café du Théâtre, sur le boulevard Baron.

Les pensions sont bonnes et leurs prix modérés : 75 francs pour les lieutenants et 80 francs pour les capitaines. Les vivres ne sont pas chers. principalement les volailles.

 

Logement. - Les logements garnis se paient 30 francs environ. Les officiers y trouvent des maisons, la plupart sans jardins, dont le loyer varie de 500 francs a 1300 francs.

 

Industrie et commerce. - La principale industrie de la ville est la parcheminerie, on y trouve également plusieurs tanneries, des moulins importants et deux malteries.

 

Enseignement. - Issoudun dépend de la faculté de Poitiers et possède un collège de garçons, un établissement secondaire de garçons dirigé par les frères du Sacré-Cour, une école de frères de la doctrine chrétienne, une école laïque pour les filles et un pensionnat tenu par les Sœurs de la Charité de Bourges.

 

Distractions. - Les distractions d'Issoudun sont peu nombreuses et les relations mondaines presque nulles. D'ailleurs, les habitants se montrent indifférents pour ne pas dire hostiles envers les étrangers et principalement envers l'armée. Les officiers du 68e ont organisé un lawn-tennis qui est fréquenté assidûment.

La ville posséde un théâtre où viennent jouer de temps en temps des troupes de passage. Les représentations sont peu suivies.

Les environs d'Issoudun sont monotones, le pays est plat,dénudé et peu fertile. Les routes sont nombreuses et leur état d'entretien permet, en été, d'y faire des promenades en voiture, à cheval et à bicyclette.

Une forêt bien percée se trouve à 11 kilomètres de la ville.

 

Issoudun_Theols

 

 

Le pays est giboyeux, mais les chasses sont en partie gardées. La Théols ayant été empoisonnée, est peu poissonneuse, les amateurs de pèche vont satisfaire leur plaisir sur les bords de l'Arnon, rivière située à 10 kilomètres de la ville et qui renferme une grande quantité de poissons.

 

En résumé le 68e occupe une garnison médiocre, de plus les déménagements continuels présentent de grands inconvénients pour les officiers mariés".

 

Sources:"Guide de l'officier d'infanterie - Nos garnisons de France, d'Algérie et de Tunisie"

 

Issoudun_Marche

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25 mai 2018

La garnison de Chateauroux (vue par le guide de l'officier d'infanterie)

Autour de 1900, des guides étaient publiés afin de présenter les différentes garnisons françaises aux officiers d'active recherchant une nouvelle affectation.
Ainsi, on pouvait se procurer le "Guide de l'officier d'infanterie - Nos garnisons de France, d'Algérie et de Tunisie".

(Mes copies sont non datées, si vous avez quelques informations de dates précises concernant ce document, merci de me contacter)

"CHATEAUROUX (90e Régiment)

Garnison. - Au point de vue mililaire, Chateauroux fait partie du 9e Corps d'armée. Il est le chef-lieu de la 17e Division et de la 33e Brigade d'infanterie. Outre ces deux états-majors, la garnison se compose des corps et services ci-après :

Le 90e Régiment d'infanterie en entier (13 compagnies), le 9e Escadron du train des Équipages en entier (3 compagnies), le Dépôt de la 9e section d'Infirmiers militaires, une annexe d'artillerie, dépendant de l'école de Poitiers, un bureau de recrutement, une sous-intendance, une manutention militaire, un service du génie, le commandant et le trésorier de la gendarmerie de l'Indre ainsi que le capitaine commandant l'arrondissement.

Enfin, c'est à Châteauroux que doivent se former le régiment de réserve alimenté par le 90e Régiment d'infanterie, le 65e Régiment territorial d'infanterie, le 9e Escadron territorial du train.

Ainsi qu'on l'a vu plus haut le régiment d'infanterie et l'escadron du train ne fournissent aucun détachement.

 

Description.-Châteauroux (les Châteauroussins) sic, chef-lieu du département de l'Indre, doit son nom au château (Château-Raoul) élevé sur les bords de l'Indre vers 927, par Raoul-le-Large, seigneur de Déols (localité existant encore aujourd'hui près de Chàteauroux, pour défendre ses États contre les invasions des Normands, qui signalèrent le règne de Charles-le-Chauve.

Autour de ce château qui fait aujourd'hui partie de la Préfecture vinrent se grouper peu à peu les divers établissements, et habitations qui devaient former plus tard la ville dont nous nous occupons, laquelle ne comptait encore à l'époque de la Révolution que 8000 habitants (actuellement 24000).

 

Chateauroux_Prefecture

 

Lors de la division de la France en départements, Châteauroux fut choisi comme chef-lieu par les électeurs de l'Indre, au détriment d'Issoudun qui réclamait également cette faveur comme ayant une population supérieure de 2000 habitants environ, mais occupait une situation moins centrale.

Suivant le mode adopté à cette époque, de doter chaque département d'un evéché, il en fut institué un à Châteauroux, mais il fut supprimé deux ans plus tard au profit de l'archeveché de Bourges.

Les principales curiosités de Châteauroux sont le château, élevé, comme nous l'avons dit plus haut, vers 927, détruit par un incendie en 1366 et reconstruit quelques années plus tard. Pendant la première période, ce château eut à subir deux sièges, très importante, le premier par le roi Philippe-Auguste en 1187, le deuxième par le Prince de Galles en 1356. Ni l'un ni l'autre ne purent s'en rendre maître, et ce dernier pour se venger de son échec, incendia la ville. Depuis sa reconstruction, le château servit de prison pendant 23 ans à Claire Clémence de Maillé-Brézé, nièce de Richelieu, épouse du prince de Condé qui l'avait répudiée.

C'est également dans ce château qu'est né le 18 mars 1773 celui qui devait être plus tard le fidèle compagnon d'exil de l'empereur Napoléon 1er à Sainte-Hélène, le célèbre général Bertrand, dont une statue orne aujourd'hui une place de la ville, à laquelle on a donné le nom de Sainte-Hélène. Une plaque commémorative en marbre, indique encore aujourd'hui la chambre où est né le général Bertrand.

Signalons encore : l'église Saint-André, élevée sur une très grande place, près de la gare, et dont la vue frappe les voyageurs arrivant de la direction de Paris. Bien que de construction récente, son architecture et son style gothique, ainsi que sa situation spéciale au milieu de la plus grande place de la ville, en font un monument d'un très joli effet. L'église Notre-Dame également récente, est moins curieuse.

L'hôtel de ville, datant de la Révolution, est sans style particulier. Il s'y trouve une bibliothèque assez importante.

Enfin on peut encore citer le jardin public où va jouer la musique deux fois par semaine; une partie de ce jardin a été plantée récemment.

La vieille ville est bâtie le long de l'Indre et sur l'élévation qui domine cette rivière, au sud. Une des plus anciennes rues de la ville longe son cours et porte son nom. Des maisons construites sur le côteau, on domine toute la vallée vers Déols et Saint-Christophe. A sa sortie de la ville, l'Indre coule devant les bâtiments de la Préfecture et l'ancien château où sont aujourd'hui réunis tous les services de cette dernière, elle longe ensuite une superbe avenue plantée de marronniers puis enfin passe devant le parc et la manufacture Balsan"

Les habitants de Châteauroux sont les Castelroussins.

"Moyens de communication. - Châteauroux est à 363 kilomètres de Paris. Des trains très commodes faisant le trajet en 4 heures environ permettent de partir le matin et de revenir le soir en passant presque toute la journée à Paris. Il existe en outre des communications faciles avec Orléans, Tours, Poitiers, Limoges et Montluçon, permettant ainsi de partir aisément dans toutes les directions. 

Alimentation.- La vie pour les ménages parait relativement bon marché, surtout lorsqu'on vient du Nord ou de l'Est. Il faut ajouter que les personnes arrivant du Midi disent généralement le contraire. On peut s'approvisionner assez facilement en toutes sortes de choses.

Les officiers ont un cercle de garnison assez bien installé, situé au-dessus du grand café, au centre de la ville. Les pensions sont bonnes et les prix varient de 75 à 90 francs.

Logement. - Les logements garnis coûtent de 23 à 35 francs pour deux ou trois pièces. Il n'y a pas en général d'appartements pour les officiers mariés; la plupart occupent des maisons particulières, dont les prix s'élèvent de 600 à 1.900 francs.

Le loyer s'augmente dans certains cas, de l'impôt des portes et fenêtres et de l'abonnement à l'eau de la ville. Dans le centre on ne trouve guère d'habitations ayant un jardin, ou alors il est généralement exigu.

Industrie et commerce. - Au point de vue industriel, Châteauroux peut être considéré comme un centre relativement important. On y trouve plusieurs ateliers de construction de machines agricoles, une fonderie, plusieurs brasseries, une fabrique de biscuits, une importante manufacture de draps, une sucrerie, l'atelier de confection des magasins des 100000 chemises, de Paris, enfin la manufacture des tabacs qui occupe plus de 1400 ouvriers.

 

Vue d'ensemble

Enseignement. - Châteauroux dépend de la Faculté de Poitiers et possède un lycée de garçons, assez renommé ou l'enseignement est divisé en classique et en moderne. On y reçoit les enfants, dés l'âge de 5 ans, dans des classes spéciales fort bien dirigées.

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Une école normale primaire d'instituteurs et d'institutrices. Un cours secondaire (d'enseignement) pour jeunes filles avec, comme au lycée, une classe enfantine. Des établissements primaires privés, laïques et religieux en assez grand nombre pour garçons et filles.

Cultes. - On trouve dans la ville trois paroisses Saint-André, Notre-Dame et Saint-Christophe; il existe aussi plusieurs chapelles, dont une tenue par des Pères Rédemptoristes. Il y a également un temple protestant.

Distractions.- Les distractions sont peu nombreuses et les rues désertées de bonne heure. Les officiers n'ont d'autres ressources que les quelques relations mondaines qu'ils peuvent se créer dans le monde officiel et dans quelques familles de la ville et des environs où ils sont assez bien accueillis.

Le théâtre, peu confortable, ne possède pas de troupe permanente. Pendant l'hiver, des artistes de passage viennent jouer les pièces à succès de la capitale, mais réussissent assez rarement à faire de bonnes salles, les officiers comme les familles aisées avant le loisir, en raison des communications assez faciles, de voir ces mêmes pièces sur les scènes parisiennes.

 

Chateauroux_Theatre

Pendant la belle saison, les amateurs de bicyclette ou de cheval trouvent une compensation dans les nombreuses promenades qu'ils peuvent faire dans les environs. En effet si Châteauroux n'offre par lui-même rien de bien attrayant à ses visiteurs; ceux-ci peuvent se dédommager en se transportant à quelques kilomètres dans les environs. Des routes magnifiques partent dans toutes les directions et les cyclistes surtout peuvent en donner tout à leur aise, le Berry abondant en sites et en châteaux remarquables et très curieux. En descendant vers le sud, on rencontre la vallée de la Creuse et de ses affluents qu'il est regrettable de voir tant ignorée des touristes Français. Dans cette région, on se trouve au milieu des merveilles si bien décrites par George Sand; on peut aisément en vérifier l'exactitude et revivre ainsi presque tous ses romans.

Les cavaliers peuvent trouver dans la forêt, située à quelques kilomètres, des promenades tout à fait agréables, parmi les superbes et nombreuses avenues qui la sillonnent dans tous les sens.

Les excursions à pied sont moins faciles et les amateurs de grand air qui veulent s'en aller un peu loin, sont obligés de combiner leur promenade en faisant une partie du trajet en voiture ou en chemin de fer. Un tramway électrique est bien projeté pour se rendre au bord de la forêt, au Poinçonnet (le Robinson de Châteauroux), mais rien ne fait encore prévoir l'époque de son exécution.

Les amateurs de pèche et de chasse trouvent facilement les moyens de satisfaire leurs plaisirs. L'Indre est très poissonneuse et peuplée de presque toutes les espèces de poissons. La Creuse et ses affluents renferment de belles et excellentes truites.

 

Chateauroux_Chasse

Chateauroux_Peche

Les environs de Châteauroux sont très giboyeux et si l'on ne peut que difficilement se procurer de chasse personnelle, il est assez facile d'obtenir des invitations qui peuvent donner d'autant plus de plaisir que, outre le gibier commun, on peut souvent tirer le faisan, le chevreuil, le sanglier et même le cerf. De nombreux marais permettent aussi de tirer le gibier d'eau qui s'y rencontre en abondance, En résumé, à part les distractions qui y sont vraiment trop rares, Châteauroux est une assez bonne garnison, offrant l'avantage, si considérable pour les ménages, de ne pas être exposé à changer continuellement pour le roulement des détachements et permettant de trouver sur place a peu près toutes les choses essentielles, tant pour les moyens d'existence que pour l'éducation des enfants".

Sources:"Guide de l'officier d'infanterie - Nos garnisons de France, d'Algérie et de Tunisie"

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02 septembre 2017

"Lafayette nous voilà" 2 septembre 1917, les Américains arrivent à Châteauroux. Le Base Hospital 9.

Il est un sujet 14/18 qui est bien souvent oublié lorsque l'on aborde la présence américaine dans le département, ce fut la présence dès 1917 de soldats américains à Châteauroux. Nous avons fêté dernièrement le centenaire du "IIIrd Aviation Center" d'Issoudun. Nous pourrions abordé le camp de la Martinerie, celui de Neuvy Pailloux ou même l'usine qui était prévue à Châteauroux et qui devait produire des masques à gaz, mais qui ne vit pas le jour du fait de l'arrêt du conflit, mais il est un sujet assez bien documenté qui me tient à coeur, celui de la présence du service de santé américain à Bitray.

En 1917, la cité de Bitray n'existait pas encore, nous avons vu dans un message de  2016 que le lieu avait servi de camp d'internement pour les étrangers, mais l'entrée en guerre des Etats-unis vit ce lieu se transformer avec une nouvelle vocation.

En effet, le département de l'Indre occupe une position intermédiaire entre les ports de l'Atlantique et la ligne de front attribuée aux troupes US dans le secteur Est de la France.

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Le "Base Hospital 9" a été constitué en février 1916 au "New York Hospital" de la ville de New York et a été mobilisé le 21 juillet 1917 à "Governors Island", à New York. Après une courte période d'entrainement, l'unité quitta New York le 7 août 1917 à bord du Finland et arriva à Saint Nazaire, en France, le 20 août 1917. Il est resté à Savenay avec le "Base Hospital 8" jusqu'au 1er septembre 1917.

Finland

Le 2 septembre, l'unité déménagea, en position intermédiaire, à Châteauroux, département de l'Indre, sa position définitive. L'unité occupa un certain nombre de batiments récents à l'origine prévus pour un asile de charité, mais qui avait été utilisé par les Français comme hôpital militaire. Après l'installation du "Base Hospital 9" dans ces murs, un détachement du Génie construisit de nombreux bâtiments en bois et implanta des installations de radiologie. Plus tard, quand les patients commencèrent à arriver en plus grand nombre et que plus de lits furent nécessaires, l'école normale de Châteauroux devint une annexe de l'hôpital. L'hôpital avait une capacité allant jusqu'à 1926 lits, mais en cas d'urgence, jusqu'à 2250 patients furent pris en charge. Le "Base Hospital 9" reçut des cas médicaux et chirurgicaux, mais au printemps 1918, il fut spécialisé en hôpital orthopédique. Une ferme de 7 hectares (18 acres dans le texte originel) fut louée et tenue par les patients convalescents ce qui leur donna moyen de s'occuper et de se rendre utiles tout en fournissant des légumes de base et du porc frais.

Bien que le premier patient ait été admis le 15 septembre 1917, le premier train hospitalier de patients n'est arrivé que le 14 janvier 1918. L'hôpital a fonctionné du 15 septembre 1917 au 13 janvier 1919 lorsqu'il a été repris par le "Based Hospital 63". Au cours de son activité, 15,219 malades et blessés ont été pris en charge.

Sources: Traduction de l'historique du "Base Hospital 9" A. E. F

Quelques liens utiles concernant le Base Hospital 9 et Châteauroux:
L'historique:  https://archive.org/details/basehospitalno9a00browrich
Des clichés concernant Châteauroux et le BH9 sur le site "Library of congress" https://www.loc.gov/search/?in=&q=chateauroux&new=true&st=

Voici un aperçu de quelques clichés pris les soldats américains pendant leur séjour à Châteauroux:

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06 juillet 2017

Le centenaire du IIIrd Aviation Camp d'Issoudun-Volvault

Dimanche 25, je me suis rendu à Volvault pour assister au centenaire de la création du 3ème centre d'instruction de l'aviation de l'American Expeditionary Force (AEF).

Ce moment, fut emprunt d'émotion et on ne peut que féliciter les Issouldunois concernant l'organisation d'un tel moment. Plus tard dans d'autres billets, je reviendrais sur d'autres témoignages de la présence américaine dès 1917, notamment à Châteauroux et à Vierzon (Lieu où je réside), mais en attendant, je me fais un plaisir de vous partager un petit reportage photo.

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Tout d'abord, plutôt que d'entreprendre un historique qui s'avèrerait quelconque, je ne peux que conseiller l'essentiel ouvrage de Bernard Gagnepain (THE spécialiste) sur le sujet aux Editions Sutton (2007)

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Voici donc quelques clichés de cette cérémonie dont les points d'orgue furent le déploiement du drapeau 1919 du IIrdAC et l'inauguration de l'allée Hiram Bingham (Et oui, "Indiana Jones" a existé et fut commandant du camp d'Issoudun)

Petit aparté: Si Hiram Bingham inspira Georges lucas dans le rôle d'Indiana jones, on notera avec délectation (pour le fan que je suis) qu'un autre lien peut être fait avec ce personnage de fiction, dans le cadre de l'implantation, non loin d'Issoudun, à Neuvy Pailloux, de l'usine qui devait produire le char Mark VIII Liberty http://indre1418.canalblog.com/archives/2012/10/06/25264744.html

 

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Les ballons, lâchés par les élèves des écoles d'Issoudun, prennent le vent et partent comme autant de points bleus, blancs et rouges dans le ciel.

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Le drapeau 1919 (au centre), flotte au vent

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Vue sur la champagne berrichonne ce qui fut il y a 100 ans, un ensemble de 13 terrains d'aviation

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 Sur la route entre Volvault et Issoudun, les terrains sont marqués pour rappeler cette présence américaine

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01 septembre 2016

Le camp de concentration des étrangers de Bitray (Réactualisé 2016)

Il y a quelques temps déjà, j'ai acquis trois cartes-photos qui m'ont bien intrigué. Elles ont trait à une page peu connue de notre département. Celui-ci, dès 1914, accueilli un camp de concentration pour les civils étrangers des nations ennemies. Certes le terme de "camp de concentration" a de nos jours une connotation malsaine et ce dû aux actes de la barbarie nazie. Il s'agit cependant du terme officiel utilisé à l'époque (1914), c'est donc la raison pour laquelle, j'ai cependant choisi de l'utiliser.

Au premier abord, les photos ne sont pas clairement identifiables, seules les annotations "Camp des étrangers Châteauroux 1914-1917", "Carrières Châteauroux 1916" et "Camp de Châteauroux 1915-1916" sont lisibles. Les 3 photos provenait d'un même lot dont le vendeur ne pouvait m'en dire plus concernant l'origine, hormis qu'il les avaient lui-même trouvé en Alsace.

Après quelques recherches, des pistes interréssantes se présentaient à moi.

Suite à la lecture d'un ancien numéro de 14-18 Magazine d'avril 2005, je fis l'acquisition du livre "Les camps de concentration français pendant la première guerre mondiale" de Jean Claude Farcy. Cet ouvrage me confirmait la présence d'un camp réservé aux civils étrangers à Bitray, dans les locaux de l'asile d'aliénés.
Dans son ouvrage, Jean Claude Farcy écrit à propos des 70 camps qui existèrent de 1914 à 1920:
Il ne s'agit pas de véritables “camps” construits à cet effet (comme en Allemagne, ou comme plus tard en 1940), hormis le camp de l'île Longue (situé dans la rade Brest) qui est une exception avec ses dizaines de baraques capables de recevoir 2000 internés) et d'ailleurs construit au début et occupé par des prisonniers de guerre. Rares sont les bâtiments modernes, comme l'asile de Bitray (Châteauroux) toujours cité en exemple par les autorités. On utilise des bâtiments existants, anciens séminaires ou couvents désaffectés (Guérande, Vire, La Ferté-Macé, Pontmain), d'anciens forts militaires (iles d'Yeu et de Noirmoutier), des collèges (en Vendée et Fleury-en-Bière) et quelques usines désaffectées (teinturerie Jouguet près de Saint-Brieuc).


En réalité, ce lieu, Bitray, m'était déjà connu. En effet, il abritait aussi une activité plus respectable. Il s'agissait de l'Hôpital complémentaire n°25, qui avait d'ailleurs une annexe à l'Institution Léon XIII, bien connue des castelroussins.

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Il y a peu en continuant mes recherches, via le site de la Bibliothèque Nationale GALLICA, en lisant le Journal du Droit International de 1916, je mis la main sur ce texte:

Les Internés civils, sujets ennemis dans les « camps de concentration » français
Source – Georges BATAULT. « Gazette de Lausanne » 23 avril 1915.
Bibliographie - Edouard CLUNET. La. personne des « sujets ennemis » en France. Extrait du journal « Le Temps » 1er février 1915 p.19

 " ...Nous avons quitté Châteauroux et nous arrivons après trois kilomètres de route à l'Asile de Bitray, vaste suite de bâtiments. édifiés en pleine campagne, où sont installés les internés civils. L'Asile est à peine terminé, il a été construit pour les aliénés de l'Indre et du Cher, mais n'a pas encore été utilisé. Les circonstances ont fait qu'on y a logé les civils que l'on retient prisonniers en France. L'ensemble des bâtiments est formé d'une suite de pavillons bâtis en éventail autour d'une grande cour circulaire. Dix de ces pavillons sont occupés aujourd'hui par les étrangers. Les locaux sont vastes et clairs, pourvus du chauffage central et éclairés à l'électricité.
Le camp de concentration de Châteauroux- Bitray est du reste un camp modèle, qui donne abri à 560 internés, répartis comme suit : 287 hommes, 193 femmes, 180 enfants. Au point de vue des nationalités la répartition se fait ainsi : .323 sujets allemands, 337 sujets austro-hongrois.
J'ai tâché de faire connaître récemment ce que j'ai pu comprendre de la mentalité des prisonniers de guerre, en insistant sur le caractère presque exclusivement militaire de leur psychologie. La mentalité des prisonniers civils est toute différente.
Ils s'expliquent mal leur présence dans les camps et ne peuvent se faire à leur situation présente. Ils ont le sentiment d'être totalement irresponsables des événements dont ils subissent les conséquences. Quelques-uns sont des touristes, surpris en France par la mobilisation, mais la plupart sont des étrangers fixés dans le pays depuis de longues années.
Se voyant prisonniers, ils ont le sentiment d'une déchéance sociale imméritée et sont angoissés par d'insécurité dans laquelle ils se sentent vis-à-vis de l'avenir.
Les prisonniers de guerre sont des victimes du devoir et se sentent soutenus par une inébranlable confiance ; les internés civils sont des victimes, tout court, et sont pleins de défiance vis-à-vis d'eux-mêmes, et vis-à-vis de l'avenir. Chez presque tous les préoccupations d'ordre économique sont beaucoup plus importantes que les considérations politiques.
Les habitants du camp de concentration de Bitray appartiennent à toutes les conditions sociales. La grande majorité est faite d'ouvriers et de petits boutiquiers, mais il y a cependant un certain nombre d'intellectuels et d'artistes et deux grands commerçants.
En pénétrant dans l'intérieur du camp on n'a pas du tout l'impression d'une prison, et les gens que l'on rencontre n'ont ni l'aspect de geôliers, ni l'aspect de prisonniers. On dirait plutôt une sorte, de phalanstère, quelque peu monacal, avec des règles assez strictes auxquelles se sont soumis volontairement les hommes et les femmes ici réunis ..."

Une de mes 3 photos:

Bitray_CampEtranger_Distribution_NB_ExtraitBitray - La distribution

Continuons notre visite du camp de Bitray:

Nous commençons notre promenade par la visite des cuisines, qui sont vastes et claires, abondamment pourvues de victuailles et d'une propreté méticuleuse. Dans un coin de la cuisine est installée une cantine bien pourvue où les habitants du camp peuvent se procurer, à des prix convenables, des mets supplémentaires ou des douceurs.

La deuxième photo (extrait)

Bitray_CampEtranger_CuisineExterieure_NB_extraitCe que le "reporter" ne raconte pas:
Les cuisines extérieures à même le sol


Nous voyons ensuite un dortoir où sont installés les Alsaciens-Lorrains, qui jouissent ici de nombreux privilèges et qui se montrent satisfaits de leur sort. Ils sont plutôt hospitalisés qu'enfermés, puisqu'ils ont le droit de se rendre en ville quand il leur plaît. Les Polonais jouissent des mêmes droits et privilèges, ainsi que certains Italiens des provinces irridentes.
Les étrangers sont répartis dans les divers pavillons selon leur nationalité. Il y a des pavillons spécialement réservés aux célibataires hommes, d'autres aux célibataires femmes, d'autres enfin aux ménages.
Les salles occupées par les hommes sont de grands dortoirs qui rappellent à la fois la, caserne et l'hôpital. Les femmes plus accoutumées aux soins de la maison se sont mieux installées.
Avec des toiles de Jouy savamment disposées elles ont su donner à leurs chambrées quelque chose de riant et de coquet qui est tout à fait plaisant. Les ménages enfin disposent, de plus de place ; ils ont divisé les grandes salles au moyen de tentures glissant sur des tringles, de façon à faire un certain nombre de petites chambres séparées dont l'ameublement comporte un grand lit et quelques sièges.
Certains internés ingénieux se sont fabriqué divers, meubles, rustiques et pittoresques, je me rappelle surtout un petit mobilier d'enfant, œuvre touchante d'un père industrieux.
Les enfants — très nombreux — sont l'objet de soins tout spéciaux. On a créé pour les tout petits une garderie et, pour les grands. Une école dont la direction est laissée, sous la surveillance du commandant du camp, aux internés eux-mêmes.
Deux fois par semaine, sous la surveillance des institutrices, les enfants sont conduits à la promenade en dehors de l'enceinte du camp. J'ai vu les petites classes, où travaillaient attentivement les gosses, que trouble notre venue. Ils nous firent bon accueil et nous considérèrent avec cette sympathie souriante, qu'ont tous les écoliers pour les visiteurs inattendus qui viennent troubler le cours de la leçon.
J’ai quitté les enfants pour rendre visite aux artistes. Voici le sculpteur hongrois de Fejer que nous voyons dans son atelier — car on lui a installé un atelier où il peut travailler à loisir — et j'ai soudain l'impression de me trouver transporté dans le quartier de Montparnasse. Ce sont les mêmes murs, couverts de dessins, les mêmes sellettes sur lesquelles reposent, enveloppés de lingues humides, les ébauches d'argile.
Je fais une courte visite ensuite au dessinateur et caricaturiste Wolfle, du Simplicissimus, qui me montre ses esquisses et les dessins qui tapissent les murs de la petite chambre qu'il habite avec sa femme.
On me fait aimablement cadeau d'une gravure due à la collaboration de deux internés que je n'ai pas eu le plaisir de voir, le dessinateur Kiss et le graveur Skuravy. La gravure représente, les habitants du camp se rendant aux cuisines pour chercher leurs rations ; les uns attendent leur tour, pressés devant la porte, les autres s'en vont tenant, dans leurs mains un bol de soupe fumante.

La troisième photo (extrait):

Bitray_CampEtranger_Carriere_NB_Extrait
Ce que le "reporter" ne raconte pas:
Le travail des hommes dans une carrière des environs

Avant de quitter le camp de Bitray, nous nous rendons au bureau du « Comité », où nous sommes reçus par les membres assemblés. Car, chose remarquable, les internés civils ont une administration, dirigée par des hommes choisis parmi les internés eux-mêmes, et qui remplit un triple rôle.
Elle s'occupe d'abord de l'administration du camp, à proprement parler, et des relations avec le commandant français, chef du dépôt. Ils Constituent ensuite un bureau de renseignements et de consultation pour leurs administrés. Enfin, une sorte de cour de justice de paix devant laquelle sont portés tous les différends qui peuvent surgir entre les étrangers installés dans le camp. En cas de non conciliation seulement les contestations sont portées devant le chef du dépôt.
Comme nous allions nous en aller, admirant l'ingénieuse et intelligente idée, qui a voulu laisser le plus d'initiative et d'autonomie possible aux internés que la guerre a rassemblés dans ce camp, nous fûmes rappelés par un des membres du Comité, qui demanda à dire quelques mots en son nom propre et au nom de ses collègues.
M. Léonor Poppellauer, sujet allemand, Berlinois ci-devant représentant à Paris de la maison Rotherfurt de Berlin, me fit alors: l'éloge de l'administration française qui s'était montrée si humaine et si pleine de tact, dans la personne du chef du dépôt de Bitray, le commissaire de police Moreau auquel tous les internés doivent une profonde reconnaissance...
Il est inattendu d'entendre des internés civils allemands et austro-hongrois faire la louange de celui qui a mission de les garder et de les surveiller.
Malgré la guerre, impitoyable qu'on lui fait, la France, sûre d'elle-même, reste digne de son passé et de ses grandes traditions d'humanité. N'est-ce pas à cela qu'on peut juger d'une vraie civilisation et d'une culture digne de ce nom. »

________________________________________________________________________________________

Sur le sujet des internés de Bitray, on découvrira avec intérêt le cas de la famille Valentini en suivant le lien:

De camp en camp, une vie d’exilés civils, la famille Valentini.

 

FamilleMistrelli_Parc

 

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Parmi les internés du camp de Bitray, il y eut Bernard Groethuysen.
Ce dernier, philosophe allemand francophile fut interné en février 1915. Ses amis Charles Du Bos et Charles Andler, peut-être même Henri Bergson, tentèrent d'améliorer ses conditions de détention. Les autorités finirent par lui accorder la liberté de résider en ville chez des particuliers.

IV2

André Gide et Bernard Groethuysen

 


 

En continuant mes recherches sur le camp de Bitray, je suis tombé sur quelques sources iconographiques concernant notre sujet.

Une série de photos prises dans le camp est visible sur le site Mémoires du Ministère de la Culture: Voir ICI
Certaines photos, celles des cuisines extèrieures notamment, permettent de confirmer l'origine de mes exemplaires.

La version trouvée sur le site du ministère de la Culture, à mettre en parallèle avec la photo diffusée dans le 1er message:

sap40_d0001232_p

D'autres clichés offciels pris à Bitray et provenant du site du ministère:

sap40_d0001210_p sap40_d0001214_p sap40_d0001225_p sap40_d0001204_p

Base Mémoire - Ministère de la Culture


Concernant l'histoire de Bitray, on consultera avec intérêt, l'encyclopédie castelroussine: Châteauroux 1945-2000

On trouve d'autres sources. Cependant, je ne les mentionnerai pas pour l'instant, elles feront l'objet de messages spécifiques, plus tard. Je reviendrai alors sur la phase suivante que connut l'hospice de Bitray: Le "Based Hospital n°9" de l'American Expeditionary Force (A.E.F.).

Un lien vers l'article de Georges Batault dans la Gazette de Lausanne: ici sur le site http://www.letempsarchives.ch


Courant 1917, l'asile de Bitray perd sa fonction de camp d'internement. En effet, début septembre 1917, les premiers soldats américains arrivaient pour transformer le lieu en ce qui devint le Base Hospital n°9.

Mais ceci est une autre histoire et fera alors l'objet d'un autre message.

BH9_Chateauroux

 

Sources:
- GALLICA BNF Journal Du Droit International 1916
- US Army Medical Department History of Base Hospital n°9
- 14-18 Magazine numéro n°25 Avril 2005
- Les camps de concentration de la Première Guerre mondiale, Jean-Claude Farcy, Economica, Paris, 1995, 373 pp.
- GALLICA BNF Journal Du Droit International 1916
- Collection de l'auteur

 

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18 juillet 2016

16 juillet 1916, le nouvel orgue de Saint Sauveur

A Argenton, avant-hier et hier se sont tenus 2 concerts ayant un lien avec la période du conflit. En effet, ces concerts étaient organisés pour les 100 ans de l'orgue de l'église Saint Sauveur.

Un des éléments centraux de la ville d'Argenton est son église paroissiale placée sous le vocable de Saint Sauveur. En plein centre-ville, la vie de la cité s'organisait et s'organise toujours autour de l'édifice.

13 Eglise St Sauveur
Jour de marché devant Saint-Sauveur vers 1900 - Cliché collection de l'auteur


Il y a donc tout juste 100 ans, la ville d'Argenton voyait l'inauguration du nouvel orgue de l'église paroissiale d'Argenton. Celui-ci est toujours en fonction et surplombe toujours la nef.

Argenton-sur-Creuse_église_Saint-Sauveur_4
Sources cliché: Wikipédia

En ce 16 juillet 1916, l'orgue Cavaillé-Coll est inauguré.
En voici le report par le journal local "La Croix de l'Indre" en date du 23 juillet 1916:

"Cette année, la fête coïncidait avec l’inauguration de nouvelles orgues, dues au zèle du pasteur et à la générosité des Argentonnais. La grand’messe, à l’église paroissiale fut très solennelle. Elle fut célébrée par M. le doyen Rousset, aumônier du lycée de Bourges, qui le soir présida la procession. L’orgue, puissant et doux, pour la première fois, remplissait de ses harmonies sa nouvelle demeure. L’organiste de Saint­Sauveur en utilisait merveilleusement toutes les ressources. L’assistance, debout, chanta le Credo de Dumont. C’était très imposant. A la tribune, Mademoiselle Rose Féart, également admirable par son dévouement et son art, et qui met si volontiers son grand talent au service de la Religion et de la Patrie, dirigeait magistralement un groupe de jeunes filles qui fit entendre de superbes morceaux. Elle eût elle­même ajouté à la splendeur des chants, si un mal de gorge malencontreux n’avait voilé pour un moment sa magnifique voix."

On notera aussi le report qu'en fait Raymond Rollinat dans son journal disponible sur le site du Cercle d'Histoire d'Argenton

le 15 juillet 1916:

Rollinat_19160716Capture
Sources: CH Argenton

Ce soir grand carillon à l’Eglise ; la cloche de la Bonne Dame répond à celles de l’Eglise paroissiale. C’est demain la fête de la Vierge qu’on promènera en procession dans les rues.
A l’époque cruelle que nous traversons ces cérémonies gagneraient à être moins bruyantes.
C’est demain qu’aura lieu l’inauguration des nouvelles grandes orgues de l’Eglise Saint Sauveur. »

Le 16 juillet 1916:

Rollinat_19160716Capture1

Rollinat_19160716Capture2
Sources: CH Argenton

"Beaucoup de monde à la procession de la Bonne Dame vers 5h du soir, ce cortège religieux se déroule par nos rues dans le plus grand ordre en chantant les cantiques; quelques jolies toilettes."

Merci au blog de l'association des Amis de l'orgue d'Argenton sur Creuse pour leurs précieuses informations.

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17 mars 2015

De camp en camp, une vie d’internés civils, la famille Valentini. (Réactualisé 2015)

L’objet de ce blog est de partager les informations entre toutes les personnes intéressées par ce vaste sujet que fut la 1ère Guerre Mondiale. Parfois, cela va au-delà de mes espérances.

En 2012, je faisais part de la trouvaille de 3 clichés inédits de ce camp que l’on appelait « de concentration » qui se trouvait à Bitray et concernait les populations civiles étrangères provenant des pays ennemis. Je vous laisse redécouvrir ce message par le biais de ce lien : Le camp de concentration des étrangers de Bitray

Il y a peu, je reçus un message d’Emmanuel qui me signalait qu’il avait des informations concernant ce camp et plus précisément 2 clichés concernant sa famille qui fut internée à Bitray.

Originaire de l’Italie austro-hongroise, la famille Valentini émigra en France vers 1880 , ils s’installèrent dans le XVe arrondissement. Gioachimo travaillait alors à Paris comme déchargeur de péniche, quai de Javel, comme su si bien le représenter Claude Monet:

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Sources: Musée d'Orsay

Avec sa femme Mélania (née Pinamonti), ils eurent 14 enfants, seuls 9 étaient vivant en 1914 dont un, Auguste, né en Italie et qui y resta. Celui-ci fut d’ailleurs enrôlé dans l’armée austro hongroise.
En cette mi-1914, donc, suite à la déclaration de guerre, les familles d’origine allemandes ou austro hongroises installées en France furent internées. Toutefois, il leur fut proposé d’être libérés si un des membres de la famille s’engageait dans l’armée française. Cette proposition fut refusée par la famille Valentini, car les parents ne voulaient pas que deux de leurs enfants puissent se retrouver face à face au combat.

Après un séjour à Poligny (77), la famille fut dirigée sur le département de l'Indre, séjournèrent tout d'abord à Saint Gaultier où la Collégiale servit de lieu d'hébergement et furent ensuite dirigés vers le camp de Chateauroux. Leur fille ainée Irma, mère d’une petite fille, fut libérée car son mari, également Italo-Autro-Hongrois avait accepté de s’engager dans l’armée française, comme maréchal-ferrant. Celle ci vint plusieurs fois les visiter, leur apporter de nouveaux vêtements. Lors d’une de ces visites d’Irma, des clichés furent pris, d'autres lors du séjour indrien.

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La famille Valentini à Bitray

Sur ce premier cliché, la famille Valentini est présente.
La personne à table avec la casquette est Gioachimo Valentini, originaire de Tassullo dans le Trentin, dépendant alors de l’empire d’Autriche Hongrie. En face de lui, sa femme Melania Pinamonti. Autour d’eux, leurs enfants, tous nés en France, sauf Auguste, enrôlé dans l’armée Austro Hongroise.
On y voit également leur fille ainée Irma (debout à gauche), venue les visiter, avec sa propre fille ainsi que tous les enfants du couple Valentini : René, Hélène, Marie, Olga, Blanche, Robert et Irène les autres enfants. René, en âge de combattre et passa toute la durée de la guerre en camp et ne fut libéré que fin 1918.
Olga, née en 1902, la grand-mère d’Emmanuel (mon correspondant), est assise sur le banc au premier rang avec une de ses jeunes sœurs.

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Les femmes et les enfants internés à la collégiale de Saint-Gaultier

Sur le deuxième cliché, on retrouve les familles qui furent internées à Bitray, mais dans un autre cadre. Grâce à Christine Méry-barnabé, historienne locale spécialisée sur le sujet, nous savons que ce cliché a été pris à Saint-Gaultier, juste avant le transfert vers Bitray.

Nous sommes loin du décorum cité par le « journal de Lauzanne » (voir article de 2012 cité plus haut). La paille et la promiscuité sont alors de rigueur et le confort spartiate.

La famille fut maintenue en camp, à Châteauroux, presque 2 ans avant d’être transférée à Guérande.
Vers 1917, Gioachimo Valentini ayant 60 ans, il y eu un échange de prisonniers civils. Ils partirent alors en Autriche, où ils se retrouvèrent à nouveau en camp, car le village d’origine était zone de combat, et que leur statut de minorité italienne les rendait peu sûrs aux yeux des autorités.
Concernant les conditions de vie au camp de Bitray, Emmanuel en entendit parler toute son enfance par sa grand-mère Olga et ses soeurs. Aujourd’hui, celui-ci possède un captage audio du témoignage d'Olga, qui lui conta son séjour à Bitray, peu avant que celle-ci ne décède en 1996, celle-ci se souvenant des détails sur les conditions de vie dans ces camps, en particulier à Châteauroux : Le couchage, la nourriture (une boule de pain de 10 à 15 cm de diamètre par jour, pour quatre) entre autres.

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Actualisation 2015:
Emmanuel, m'avait transmis un document important que je n'avais jusqu'alors pas diffusé. Il s'agit là d'un troisième cliché qui fut pris à Bitray, le long de L'indre, la rivière où les familles pouvaient se laver et laver leur linge.
Emmanuel, donc, a identifié les différents membres de sa famille.

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Au cours du colloque qui eut lieu en 2014 à Châteauroux, Jean Louis Laubry, ancien directeur du Centre d'Etudes Supérieures de Châteauroux, fit une intervention remarquée et très instructive concernant le camp de Bitray. Le compte-rendu sera publié cette année par le CREDI.

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Merci à Emmanuel pour sa confiance et son accord pour accéder aux archives familiales.

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10 mars 2015

Châteauroux 1917 - Les 10 neveux d'un oncle de 10 ans.

Feuilletant ma collection de numéros de la revue "L'Illustration" allant de 1914 à 1919, je suis tombé sur une charmante photo qui m'a tout de suite attirée l'oeil. Bien m'en a pris, elle avait trait à une famille (modèle) catelroussine:

Illustration - 8 décembre 1917

Le nombre des belles familles est encore, heureusement, assez élevé en France pour qu'il nous soit matériellement impossible de les citer toutes en exemple et de les présenter, ici, aux lecteurs de notre journal. Nous avons même du nous imposer comme règle, en présence des multiples documents qui parviennent au sujet des foyers prolifiques, de ne pas faire état des photographies de familles réunissant moins de douze enfants. Nous ferons pourtant, aujourd'hui, une exception en faveur de cette brochette de bambins parce qu'elle présente la particularité de ranger en bataille, derrière un enfant qui n'a pas encore atteint sa dixième année, une imposante escouade de fillettes et de garçonnets qui sont ses nièces et ses neveux. La photographie n'est d'ailleurs pas complète, une nouvelle nièce étant venue, au mois de septembre dernier, parfaire cette brillante série. Cette jolie famille habite Châteauroux. ces enfants ont le bonheur de possèder leur parents, leurs grands-parents et une arrière grand-mère de quatre-vingts ans, alerte et pleine de santé. Les deuils de la guerre n'ont pas épargné ce foyer, mais c'est précisement la récompense des familles nombreuses de pouvoir se resserer tendrement leurs rangs pour combler les vides laissés par de chers disparus. et dans ce moment où les coups du destin sont cruels, n'est elle pas magnifiquement armée contre la mort, la famille française qui peut regarder ce charmant escalier de petites têtes blondes et brunes monter si joyeusement vers la vie?

Famille1
Les belles familles: Un oncle de dix ans et neuf de ses neveux

En cette fin 1917, la propagande nataliste bat son plein. Tout est bon pour inciter à procréer une nouvelle génération qui viendra prendre la place des défunts.
Quelle est donc cette famille? Point de nom cité. Au vu des tenues, des jouets, nous ne sommes pas dans un cadre ouvrier ou paysan, mais bien, au sein d'une famille bourgeoise de l'époque.

Amis castelroussins
Saurez-vous retrouver cette famille? Je vous laisse la main.
N'hésitez pas à commenter ci-dessous

 

Sources: L'Illustration - 8 décembre 1917

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06 février 2014

A la recherche du Canon de 75 de Chateauroux (Bar-buvette)

Lorsque j'étais jeune (il y a quelques années déjà, dans les années 70 pour être plus précis), je me rendais de temps à autre chez mon oncle et ma tante qui demeuraient Avenue de la Manufacture (actuelle Avenue François Mitterand).
J'ai souvenir, au bout de l'avenue, de la présence d'un café qui s'appelait "Le Canon de 75". Le souvenir est vague.

Chateauroux_Canon75

La vue actuelle: ICI (GoogleStreetview)

Je recherche tous renseignements concernant ce café. Nul doute que l'enfilade de casernes et quartiers militaires sur cette avenue furent vivier de bonne clientèle pour la "Buvette Tranchant".

Quelqu'un connait-il la date de création, celle de la fermeture? Si vous possèdez d'autres clichés, je suis bigrement intéressé.

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