Alors que les 68e et 90e RI (17e DI) se battent aux alentours de Loos en Gohelle, les 268e et 290e RI, eux combattent en Belgique.

En effet, ces deux derniers régiments au sein de la 152e DI avaient quitté la terre de Belgique début avril mais le 24 du même mois, ont été rappelé en urgence suite à l'attaque chimique du 22 avril sur le secteur de Steenstraete - Lizerne.
Ils allaient y rester jusqu'à fin août.
Nous aurons certainement l'occasion d'y revenir.

En ce jour, il y a 90 ans, voici ce qu'écrivait Raymond Rollinat dans son journal concernant les conditions de combats du 290e RI.


Jeudi 13 mai (jour de l’ascension).

« Ernest Baudet, fils de mon domestique Charles Baudet, sergent réserviste au 290e de ligne avait été nommé adjudant à la suite d’un combat ; il n’a pas accepté ce grade pour ne pas changer de compagnie, voulant rester avec ses nombreux camarades.
Son bataillon s’est battu pendant 22 heures de suite. Il est tombé un nombre important d’Allemands entre les lignes et il est impossible de les enterrer tellement des deux côtés on fait bonne garde. Ces corps sont entrés en putréfaction et E. Baudet réclame à ses parents du camphre, de l’alcool de menthe pour atténuer l’odeur et calmer les nausées occasionnées par les émanations épouvantables qui se dégagent de tous ces cadavres sans sépulture.
Quel spectacle et quel supplice pour les soldats qui restent pendant des jours et des nuits à proximité de ces champs de carnage. Le proverbe qui dit que le corps d’un ennemi sent toujours bon, n’est pas de mise en ce moment dans la contrée d’Ypres où se trouve notre brave 290e ».
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Sources : Argenton 1914-1918 Raymond Rollinat – Editions Guénégaud Paris