Pour y répondre, on pourrait se contenter des chiffres avancés par la presse de l’époque.

Journal
Journal du Département de l’Indre – 7 novembre 1932 – collection AD36 R909_3

 

Lors des recherches entreprises, il n’a pas été possible de retrouver une source officielle indiquant le nombre de décès, mais surtout indiquant la procédure et les sources d’un tel chiffre.
Tout d’abord, avant de commencer un éventuel comptage, il est nécessaire de définir qu’est ce qu’un Indrien ?

  • S’agit-il d’un natif ? Mais s’il est resté juste un mois, est il encore du département?
  • S’agit-il d’un résident ? Combien de temps faut-il résider pour être comptabilisé?
  • A-t-il eu son acte de décès transcrit dans le département ? Certains soldats morts dans des hôpitaux du département eurent leur acte de décès transcrit sur le lieu même, ainsi le tirailleur LAMA Bamba dont la transcription eut lieue à Argenton.
  • Doit-on considérer le moment du recrutement militaire comme position de référence ? Châteauroux ? / Le Blanc ? Mais dans le cas de ce dernier lieu cela englobe aussi des cantons d’Indre et Loire et de la Vienne.

A vrai dire, je ne sais clairement le définir, et la solution de facilité consisterait à se limiter aux sources rapidement accessibles et ainsi de se contenter des natifs du département issue de la base de Mémoires des Hommes.

Reprenons maintenant, les différents fonds répertoriés et connus :

Les monuments aux morts : Sources la plus visible, elle permet d’obtenir une liste de 11.775 noms sur les 248 communes du département. Ce comptage a des limites en l’absence d’écrits sur l’élaboration des listes. On ne peut que constater des incohérences (noms sur plusieurs monuments, noms inconnus, certaines familles refusèrent l’inscription de leur enfant sur le monument communal). Le chiffre issu des monuments a vraisemblablement inspiré le journaliste de 1932.

Ce chiffre est cependant à prendre avec précaution, c’est notamment celui-ci qui permettait de calibrer la subvention versée par l’Etat aux communes.

Le Livre d’or départemental : Le texte de loi régissant ce Livre d’Or, étant plus strict dans son application (uniquement natif ou résident), il serait vraisemblablement une meilleure source que celui régissant le monument où le Maire était plus libre pour l’inscription (Certains non-Morts pour la France furent inscrits, mais dans la commune d’à côté). La mise en ligne (partielle*) des Livres d'Or par le site des Archives Nationales permet de cibler 9.257 noms.
* Certaines communes ne sont pas complètes sur le site des Archives Nationales (Aigurande, Ambrault, Anjouin, Ardentes, Argenton, Arthon, Azay, Bagneux, Le Blanc, Les Bordes, Bouesse, Bouges, Buxeuil, Buzançais, Chabris et Chaillac), le chiffre annoncé est donc un chiffre bas.

Le site Mémoires des Hommes : Les critères de recherche sont multiples, mais le seul champ actuellement renseigné est celui du département de naissance. Les fiches accessibles sont celles des soldats « Morts pour la France », mais il existe aussi un deuxième fichier accessibles dit des « Non mort pour la France » qui a été rajouté, il y peu (Pour information, ce 2ème fichier contient aussi des MPLF). On obtient donc 11.388 cas de d'inatifs de l'Indre.

Les fiches matricules : Celles-ci étant actuellement inaccessibles et de plus, la base étant le recrutement militaire (Chateauroux et Le Blanc), les fiches sont réparties sur plusieurs départements en ce qui concerne le recrutement du Blanc, il est actuellement impossible d’établir une étude fiable, car de plus cela nécessiterait de compulser un très grand nombre de fiches matricules, une à une.

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A noter que depuis la rédaction de cet article, la mise en ligne des fiches matricules a été effectuée courant été 2016


 

Le diplôme de Mort pour la France : Aux Archives départementales, en série R892, deux cahiers comptabilisent les remises de diplômes qui furent transmis aux communes pour être remis aux familles de soldats « Mort pour la France ». Cette liste s’arrête en 1924. Le compte est alors de 9.449 diplômes remis. Il s’agit donc là du chiffre bas de notre estimation, certaines fiches n'ont qu'un lien ténu avec le département. On visualise, par exemple, des cas concernant des familles de réfugiés des territoires occupés qui reçurent les diplômes sur le lieu de leur hébergement, donc dans le département.

 

De telles incertitudes ne permettent pas actuellement d’annoncer un chiffre précis. L’étude en cours consiste donc en un subtil recoupement entre toutes ces sources, tout en définissant un cadre strict. En l'état du dépouillement, nous arrivons à quelques 13.600 cas différents, induisant, à coup, sur que le nombre est inférieur. Le 11.500 de la presse de l'époque est donc encore valable.

Je vous livre ci-dessous ma liste (toujours en évolution) des 13600 cas relevés, elle est présentée sous la forme d'un monument virtuel au travers d'un blog à la mode "Il y a 100 ans". Les points d'entrées sont multiples. Les 4 sources utilisées sont:

  • Mémorial Gen Web (Monuments aux morts)
  • Les Livres d'Or du département de l'Indre
  • Les listes du Diplome des Morts pour la France (dépouillement toujours en cours)
  • Les fiches Mémoires des Hommes (Morts pour la France et non Morts pour la France)

Comme il ne m'appartient pas de définir qui est un Indrien (natif? résident? ...), tous les cas concernent le département de l'Indre plus ou moins directement. Par exemple vous trouverez les noms de soldats du Nord de la France, dont les familles hébergées dans l'Indre pendant le conflit reçurent le diplome de MPF sur leur lieu d'hébergement (donc dans l'Indre).

Le site des soldats du département de L'indre