"Usure de la troupe. - Il y avait en moyenne quatre à cinq hommes mis hors de combat par jour, soit de quinze à vingt par période de tranchée de quatre jours. Il y avait le même nombre d'évacuations pour la même période. Le régiment perdait donc de trente à quarante hommes par semaine dans un secteur où il n'y avait plus d'attaque. On s'explique donc l'appel incessant des unités combattantes à leurs dépôts, et l'énormité de la circulation entre l'intérieur et le front, dans un sens comme dans l'autre. Dans les trois mois de séjour au Bois du Polygone, il est arrivé environ 1.200 hommes au régiment. Ces hommes provenaient de tous les dépôts de la 9ème Région, ce qui a modifié passablement la composition initiale, berrichonne du régiment."

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2 soldats du 290ème RI, secteur d'Ypres - Printemps 1915

"Les renforts arrivaient habillés et équipés de neuf. Ce sont eux qui ont amené les premières culottes de velours. Pour commencer, elles n'avaient pas de passe-poils, elles pouvaient donc être considérées comme des effets civils. On a craint que les Allemands, en faisant prisonniers des hommes portant des culottes civiles, ne les considérassent pas comme des combattants et les fusillent. Les Allemands après tout, étaient bien capables de chicanes de ce genre. On a alors vivement recommandé aux hommes de munir leur culotte de passe-poils avant d'entrer en ligne. Je ne me rappelle pas comment ils s'y sont pris pour exécuter ce travail. Je crois bien qu'ils n'ont rien fait du tout."

Sources:
Colonel Eggenspieler - Le 290e RI, un régiment de réserve du Berry
Collection photo de l'auteur.