31 décembre 2011

Bonnée Année

31 décembre 1915

Le Général Curé a réuni ce soir les officiers de la 304e Brigade. Je pensais bien que ce n'était pas seulement pour nous souhaiter la bonne année!

Nous allons remplacer le 21e Corps dans un terrain bourbeux où les tranchées sont noyées, et nous y resterons du 4 janvier à la fin du mois. Naturellement, il compte sur le bon esprit, le dévouement ... et patati et patata ...
Un officier d'état-major nous aglissé quelques tuyaux: comme il n'y a presque plus de tranchées, les deux camps ont établi une entente. "On peut sortir, se promener, on ne tire pas. On prend même le café ensemble ... mais çà il ne faudra pas continuer ... Ah! J'oubliais, on vise les officiers quand on peut les reconnaitre; la trêve n'existe que pour les soldats". Bon! il faudra voir ... Les états-majors n'ont pas été vérifier!
Ce coin là s'appelle le "Bois en Hache"

Sources: Maurice Laurentin - Carnets d'un fantassin de 1914 - Arthaud 1965

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24 décembre 2011

La vengeance de la 1ère ligne.

Dans le message précédent, nous avons vus les rapports parfois difficiles entre les combattants de 1ère ligne et ceux du proche arrière. Mais parfois, ceux du front ont leur petite vengeance.

21 février 1916:

Comme je racontais cette petite histoire au lieutenant CHIBOUT, il me répondit en riant: "La tranchée nous venge! Un capitaine d'Etat-major est venu, il y a une huitaine. juste à son arrivée, une torpille est lancée des lignes boches ... Je lui montre l'engin, qui arrivait vers nous en tanguant dans l'air: "Attention, une torpille, couchez-vous!" Il s'est étendu dans la boue avec un empressement qui me ravit: "Attention, elle va éclater". Le malheureux se replongeait dans la vase ... dès que la torpille eut éclaté, il déguerpit, sans demander son reste ... Sa mission était terminée".

Sources: Maurice Laurentin - Carnets d'un fantassin de 1914 - Arthaud 1965

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17 décembre 2011

L'amertune de l'officier de troupe

Si la rancoeur des soldats du front vis à vis de l'arrière est connue, il est plus rare de relever celle des officiers de troupe de 1e ligne vis à vis de ses collègues des Etats-major.

Maurice Laurentin, alors Capitaine au 268e RI, nous rapporte ceci dans ses "Carnets d'un fantassin de 1914":

20 février 1916:
Nous voici de nouveau aux arrières. Je n'ai pu trouver pour le Colonel qu'un cellier pour logement, tant les services de la Division ont pris leurs aises dans le château et les maisons du village.

N'allez pas demander un service à ces officiers. Est-ce insolence de breveté? Est-ce honte d'embusqué devant un officier de troupe? Lorsque j'entre, pas un des cinq officiers (Un chef de bataillon et quatre capitaines, tous décorés, Légion d'Honneur et Croix de Guerre), ne se lève. Mes galons sont, de fait, moins brillants sur ma capote que sur leur tunique. Pas un ne m'offre un siège. Je salue. J'attends que les conversations de ces messieurs soient terminées, puis je place ma demande de renseignements. celui à qui je m'adresse m'envoie à une autre table où un autre capitaine, plongé dans les velours de son fauteuil, me répond, sans en rien savoir, que la circulaire que j'invoque est annulée, et me congédie.

Sources: Maurice Laurentin - Carnets d'un fantassin de 1914 - Arthaud 1965

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21 septembre 2011

Une fratrie au régiment du Blanc - Les 4 frères Souchaud (3)

La fratrie Souchaud, originaire des Adriers, est composée de 4 fils qui combattirent pendant le conflit. Deux messages précédents nous permirent de présenter Denis et Pierre.

Le message de ce jour nous permet de rencontrer Louis, le 3e frère, lui aussi mobilisé au 268e RI.

Louis SOUCHAUD naquit le 25 février 1885 aux Adriers. A 20 ans, il est cultivateur et est déclaré comme grand pour sa génération. Il mesure 1m73.

De 1906 à 1908, il effectue son service militaire au 68e du Blanc (36). Il retourne à la ferme familiale le 25 septembre 1908.

Après une période, courant 1911, il est rappelé le 5 aout 1914 pour la mobilisation et part avec le 268e RI. Il suit le régiment tout au long du conflit jusqu’à la date fatidique du 21 janvier 1916. Le régiment est alors en Artois, dans la région d’Aix-Noulette, dans le secteur Nord du Bois en hache plus précisément.

JMO268_SectNord_BoisEnHache1

Il est à noter que Louis était affecté au même bataillon que son frère Denis (2e section de la 21e compagnie du 6e bataillon)
Voici ce que rapporte le Journal de marche du 268e pour ce 21 janvier 1916 :

21 janvier 1916
La nuit se passe sans incident. Vers 11h30, eut lieu un bombardement sur le fortin de Sébastopol occupé par la 21e Cie qui donna lieu aux événements racontés par le Cdt de la Cie dans le rapport ci-après :
« Le bombardement par bombes de gros calibre a commencé vers minuit. En peu de temps une dizaine de projectiles tombèrent près du poste 3 du fortin Sébastopol. A 7 heures, nouvelles bombes qui endommagèrent sérieusement le boyau d’accès au fortin Sébastopol que nous venions de remettre en état. Vers 10 heures, le bombardement a repris avec violence et les bombes tombèrent à de petits intervalles sur le boyau cité plus haut et sur la tranchée de Souchez.
« A ce moment, là, un lieutenant du 2ème d’artillerie se trouvant à mon poste de commandement pour prendre des renseignements, se porta en avant pour tâcher de voir d’où venaient ces bombes. L’ennemi raccourcit alors son tir. Me portant au fortin Solférino, je guette leur départ. J’en vis partir ainsi deux que, suivies des yeux, je vis tomber successivement sur la tranchée Sébastopol. Ayant repéré exactement l’emplacement du canon ennemi (D21, derrière un talus, près d’un buisson touffu), je reviens, et, près de mon poste, le sous-lieutenant Sécheresse me rendit compte de l’accident. Je préviens aussitôt le chef de bataillon et lui communiquai les renseignements au fur et à mesure que je les eus. Une de ces bombes était tombée à l’entrée d’un abri-caverne dans la tranchée de Sébastopol. L’entrée fut détruite du haut en bas par l’explosion, et quinze hommes restèrent ensevelis dans l’abri désormais sans issue. Sous la direction su Sous-lieutenant Sécheresse, les travaux de déblaiement commencèrent activement. Les hommes effrayés par ces explosions comparables au 210, s’étaient dispersés. Cet officier les groupa vivement en 2 équipes, l’une travaillant à dégager l’entrée obstruée, l’autre cherchant à se frayer un passage à travers les terres éboulées à l’intérieur. Le but du travail fut d’abord de faire un trou pour permettre à l’air d’entrer dans l’abri et éviter l’asphyxie.
Le travail avait commencé à 11h30 et ce n’est seulement qu’à 14h30 que le trou fut fait. Avec peine, on agrandit l’ouverture et le déblaiement fit découvrir des cadavres, entre autres celui du sergent Pillot et celui d’une hommes.
A 17h15, l’ouverture assez grande laissa passer les hommes blessés légèrement dont 2 caporaux. Ensuite après avoir été panser par les sous-lieutenants Julien et Sécheresse qui se dévouèrent pour aller le chercher dans l’abri, le caporal Blanchard, grièvement blessé, fut hissé avec précautions, travail très dangereux étant donné l’état des terres.
Durant les travaux de déblaiement, l’artillerie nous prêta le concours le plus efficace en obligeant l’ennemi à se taire et en lui causant certainement beaucoup de dégats.
La deuxième bombe citée plus haut, met en miettes un abri de la 3e section et probablement aussi 3 hommes qui devaient s’y trouver vraisemblablement car, en cherchant leurs corps, on ne retrouva que des débris maculés de sang.
D’autres bombes bouleversèrent la tranchée systématiquement.
L’état de la tranchée Sébastopol est lamentable. Elle est bouleversée de fond en comble sur une longueur d’environ 50 mètres. Cette nuit sera passée à la remettre en état.
Vers 18 heures, une nouvelle bombe est tombée, blessant 2 hommes dans la même tranchée.

Etat Nominatif des officiers – sous-officiers – caporaux et soldats tués, blessés ou disparus le 21 janvier 1916 :
5 tués, 8 blessés, 3 disparus

RI268_JMO_SouchaudLouis

Le corps de Louis ne fut jamais retrouvé, l’abri dans lequel il se trouvait avec deux de ses camarades d’arme fut pulvérisé.

Merci à Kévin Souchaud pour m'avoir ouvert les archives familiales
Sources photo: JMO SHD (268eRI)

 

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13 septembre 2011

L'album de Mlle Gaby Jabien

Réactualisation avril 2014

Voilà une trouvaille récente qui permet de franchir un nouveau palier dans la connaissance des unités indriennes.
L'album photo de Mlle Gaby JABIEN.

Qui est Gaby JABIEN? Habitante de Poitiers, elle est vraisemblablement la soeur du Lieutenant JABIEN du 268e Régiment d'Infanterie.

P1040724

Originaire de la Vienne, de Saint-Savin plus précisement, Daniel JABIEN effectua son service de 1911 à 1913 au sein du 68e RI, où il fut 2e classe puis caporal.
Mobilisé le 3 août 1914, au 268e, il passe sergent le 11 novembre 1914, adjudant le 21 juillet 1915 et est nommé sous-lieutenant le 6 octobre 1915. 2 ans plus tard, il devient alors Lieutenant et ce jusqu'à la dissolution du régiment, où il est alors affecté au 219e RI.
A la fin du conflit, il est titulaire de la Croix de Guerre (1 étoile de bronze, 2 d'argent, 2 étoiles vermeil). En 1921, alors qu'il est au 125e RI, il est inscrit au tableau spécial de la Légion d'Honneur avec rang de Chevalier.
Sa piste se perd à ce moment.

Que contient donc cet album?
L'album contient un peu plus de 200 photos prises alors que le 268e RI était au front. On peut imaginer que le Lieutenant JABIEN faisait parvenir ses clichés et sa soeur les regroupaient dans un album.
JABIEN, en tant qu'officier, fut à la section de mitrailleuses du 6e, puis du 5e bataillon. De nombreux clichés nous permettent ainsi de voir des "Saint-Etienne", des canons de 37, des "Brandt". J'y ai même aperçu deux clichés d'essai de lance-flammes.

866_001  866_007  866_004_1

Après un rapide parcours, la période couverte par l'album part du séjour à Bully en 1915 à l'Alsace en fin 1917. Vraisemblablement, certaines photos concernent la Somme (présence de Tommy's). Mais un gros travail de numérisation, puis d'interprétation nous attend.
Le plus long sera certainement la remise en ordre des photos. Mlle Jabien a semble-t-il collé les photos sans tenir compte du thème ni de la chronologie des clichés.

866_004_2

 

Pour information, suite à ce message, j'ai pu rentrer en contact avec la famille du Lieutenant Jabien et nous avons pu échanger nos données. Depuis mars 2014, l'album a fait l'objet d'un dépôt aux Archives Départementales de l'Indre où il est maintenant archivé.

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22 avril 2011

Vision de la Targette

Effectuant du nettoyage dans mes dossiers, j'ai retrouvé quelques "films" effectué lors d'une virée dans le Pas de Calais.

Voici la nécropole de la Targette à Neuville Saint Vaast en 2006. Théatre des combats de juin 1915, ce secteur fut le tombeau de plusieurs centaines de soldats des 68, 90, 268 et 290e RI.

Actuellement, 114 de ces corps identifiés reposent à la Targette.

 

68 R.I. BURET Alphonse Eugène Soldat 02 07 1915
68 R.I. ROUCHER Jean Baptiste Caporal 25 09 1915
68 R.I. DEMEULEMESTER Gustave Soldat 25 09 1915
68 R.I. GUILLEMAIN Célestin Clovis Soldat 25 09 1915
68 R.I. DEROUET Louis Pierre Soldat 25 09 1915
68 R.I. CLAVEAU Albert Caporal 25 09 1915
68 R.I. ROSSI Xavier Soldat 19 06 1915
68 R.I. GRELLIER Henri Paul Soldat 25 09 1915
68 R.I. PASQUET Henri Soldat 27 09 1915
68 R.I. GUILLEMAIN Joseph Adrien Soldat 25 09 1915
68 R.I. LANTIER Célestin Félix Soldat 25 09 1915
68 R.I. BOULANGER Léon Gaston Caporal 25 09 1915
68 R.I. DUBOURG Jean Louis Caporal 27 09 1915
68 R.I. BARDU Joseph Soldat 26 09 1915
68 R.I. HARRE Gustave Victor Caporal 25 09 1915
68 R.I. DELOZIER François René Soldat 25 09 1915
68 R.I. DUCARTERON Louis Soldat 26 09 1915
68 R.I. THIBOEUF Joseph Soldat 09 09 1915
68 R.I. DOISEAU Ernest Sergent 25 09 1915
68 R.I. PERAULT Auguste Soldat 25 09 1915
68 R.I. BONNET Jean Auguste Soldat 25 09 1915
68 R.I. CHARRE Honoré Lucien Soldat 25 09 1915
68 R.I. CADEAU Jean Baptiste Caporal 25 09 1915
68 R.I. MORISSET Désiré Soldat 25 09 1915
68 R.I. CENSE Jules Georges Soldat 25 09 1915
68 R.I. NICOLAS Jean Désiré Sergent 13 09 1915
68 R.I. GOUJON Victor Louis Soldat 25 09 1915
68 R.I. MALLET Marie Alfred Jérémie Soldat 25 09 1915
68 R.I. GAUTIER Louis Michel Soldat 25 09 1915
68 R.I. BRION Joseph Lucien Soldat 27 06 1915
68 R.I. BEAUVAIS Marcel Soldat 02 07 1915
68 R.I. BLANCHET Gabriel Soldat 24 06 1915
68 R.I. ROUSSEAU Pierre Emile Caporal 26 07 1915
68 R.I. GATEFAIT Eugène Alphonse Soldat 21 04 1915
68 R.I. THIOU Maurice Jean Soldat 26 05 1915
68 R.I. LEBAS Auguste Victor Caporal 25 05 1915
68 R.I. BONNEAU Pierre Soldat 26 05 1915
68 R.I. DELETANG Maurice Joseph Sergent 25 05 1915
68 R.I. GAILLEDRAT René Soldat 02 06 1915
68 R.I. GONOD Benoît Joseph Sergent 25 05 1915
68 R.I. FOURRIER Edmond René Soldat 27 09 1915
68 R.I. DUVEAU Narcisse Soldat 25 09 1915
68 R.I. CHARON Jules Soldat 25 09 1915
68 R.I. ANDRE André Adjudant 25 09 1915
68 R.I. BARBIER Jean Soldat 25 09 1915
68 R.I. MERIOT Pierre Soldat 25 09 1915
68 R.I. RIOLLAND Louis Sergent 25 09 1915
90 R.I. ABRIOUX Alfred Sergt - Fourrier 09 06 1915
90 R.I. AUDOIN Pierre Soldat 30 09 1915
90 R.I. BLANDIN Gaston Georges Soldat 28 09 1915
90 R.I. BOURY Marcel Auguste Sergent 28 05 1915
90 R.I. BRAULT Auguste Joseph Sergent 16 06 1915
90 R.I. BRUNEAU Charles Caporal 28 06 1915
90 R.I. CHEVALIER Achille Jules Soldat 25 09 1915
90 R.I. CHICAUD Eugène Soldat 16 09 1915
90 R.I. COCHARD Camille Soldat 25 09 1915
90 R.I. DAVID Emile Joseph Soldat 27 09 1915
90 R.I. DEBIAIS Louis Auguste Soldat 15 09 1915
90 R.I. DENIS Alphonse Soldat  
90 R.I. DENIS Joseph Soldat 25 09 1915
90 R.I. GACHET Alfred Soldat 16 06 1915
90 R.I. GAULTIER Joseph Sergent 17 09 1915
90 R.I. GODEAU Julien Soldat 18 09 1915
90 R.I. GUINDEUIL Edmond Jules Soldat 16 09 1915
90 R.I. HERRAULT Louis Georges Soldat 27 09 1915
90 R.I. LECLERC Louis Gabriel Soldat 28 09 1915
90 R.I. LORY Marcel Auguste Soldat 25 09 1915
90 R.I. MAROLLEAU Firmin Alexandre Soldat 16 06 1915
90 R.I. MAROT René Georges Soldat 27 09 1915
90 R.I. PROTEAU Jean Constant Soldat 09 09 1915
90 R.I. RABOT Camille Edmond Soldat 19 09 1915
90 R.I. REBILLOT Sylvain Alfred Soldat 18 09 1915
90 R.I. THOMAZEAU Edmond Soldat 18 09 1915
90 R.I. TOURAINE Maurice Joseph Soldat 25 09 1915
90 R.I. VALOIS Fernand Delphin Soldat 17 09 1915
90 R.I. VAUBRY Louis Isidore Soldat 30 09 1915
268 R.I. MIRAMON Albert Sous-Lieutenant 25 09 1915
268 R.I. DUVAL Sylvain Paul Soldat 25 09 1915
268 R.I. PIOFFET Denis Soldat 25 09 1915
268 R.I. BARBARIN Eugène Désiré Soldat  
268 R.I. NAUD Jean Soldat 25 09 1915
268 R.I. DUPUIS Jules Maximin Soldat 25 09 1915
268 R.I. MORCEAU Pierre Soldat 20 09 1915
268 R.I. DUBRAC Fernand Soldat 24 09 1915
268 R.I. CIMBAULT Jules Albert Soldat 25 09 1915
268 R.I. TANCHOUX Eugène Soldat 25 09 1915
268 R.I. BELLIER Désiré Joseph Soldat 25 09 1915
268 R.I. GIRARDIN Charles Soldat 25 09 1915
268 R.I. BROTHIER Alexandre Soldat 25 09 1915
268 R.I. LAUBIER Auguste Louis Soldat 25 09 1915
268 R.I. PORCHER Henri Ernest Soldat 25 09 1915
268 R.I. DENIS Alphonse Ernest Soldat 25 09 1915
268 R.I. ELION Paul Soldat 24 09 1915
268 R.I. BANNIER Prudent Soldat 25 09 1915
268 R.I. TRINQUART Louis Philippe Soldat 25 09 1915
268 R.I. ANDRE Louis Soldat 25 09 1915
268 R.I. LERAT Paul Auguste Soldat 26 09 1915
268 R.I. CHILOUET Louis Léon Soldat 26 09 1915
268 R.I. AVENET Eugène Jules Soldat 25 09 1915
268 R.I. ESNAULT Paul Soldat 20 09 1915
268 R.I. AUBIER Alphonse Soldat 05 09 1915
268 R.I. MATERNEAU Théophile Soldat 23 09 1915
290 R.I. 1 INCONNU FRANÇAIS Louis Marc Soldat 20 09 1915
290 R.I. ARMIGNAT Pierre Michel Soldat 11 09 1915
290 R.I. BODIN Hippolyte Désiré Soldat 13 09 1915
290 R.I. BONNET Noël Henri Caporal 19 09 1915
290 R.I. BOUTET Alexandre Désiré Soldat 19 09 1915
290 R.I. CLEMENT Ernest Soldat 13 09 1915
290 R.I. CORDAT Emile Clément Soldat 12 09 1915
290 R.I. DENIS Alexandre Célestin Soldat 12 09 1915
290 R.I. FERRANDIERE Marc Soldat 16 09 1915
290 R.I. GUIBAUT Victor Soldat 17 09 1915
290 R.I. RAFESTHAIN Cyprien Jules Soldat 12 09 1915
290 R.I. VAY Henri Lucien Soldat 19 09 1915

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04 mars 2011

La première bataille d'Ypres (9) 31 octobre 1914

Une période critique commence pour les unités alliées. Le XVe corps allemand est entré en action, accompagné par une partie du IIe corps bavarois et du XIIIe corps d'armée. Ils pésent sur le secteur anglais, ce qui déséquilibre le positionnement allié. De plus, l'Yser étant maintenant inondés, certaines unités sont utilisées pour peser sur le saillant d'Ypres.

Cela se ressent tout de suite dans les ordres données aux troupes du 9e corps d'Armée. Le détachement Payerne devient le détachement Moussy avec l'arrivée de renfort prélevés sur les lignes de front.

9e Corps d'Armée
Etat-Major
Ypres, 30 octobre, 22h30
Ordre particulier aux généraux commandant les 17e et 31e divisions d'infanterie
Par ordre du commandant de l'armée, il sera formé demain, 31 octobre, sous les ordres du général Moussy, un détachement comprenant cinq bataillons, trois batteries, six escadrons, pour être mis à la disposition du 1er corps anglais. ce détachement sera constitué ainsi qu'il suit:
1) Détachement Payerne (2 bataillons du 68e, 1 bataillon du 268e), déjà à la disposition du 1er corps anglais;
2) Un bataillon du 68 et un bataillon du 268e, à relever cette nuit par la 31e division;
3) Une brigade de la 6e division de cavalerie, déjà à la disposition du 1er corps anglais;
4) Un groupe d'artillerie de corps pris parmi ceux de la 31e division;
Le général Moussy viendra de suite à Ypres (Hotel de ville) prendre les instructions du général commandant le 1er corps anglais.
La relève des bataillons du 68e et du 268e sera faite par deux bataillons de la 31e division, après ententes avec les deux généraux de division.
Ces différents éléments seront mis en route de manière à se trouver à Zillebeke à 6 heures. itinéraire: Saint-Jean, Potijze, Halte de Zillebeke
Général DUBOIS
.

Au final, les 2 bataillons des 68 et 268e RI furent remplacés par deux bataillons du 90e RI.
Le 9e corps ne possèdait alors plus de réserve, hormis le 7e Hussards à Saint-Jean.
Pendant ce temps, le 1er corps anglais fut violemment attaquer à Gheluvelt. Malgré une forte résistance, la ligne anglaise dut reculer jusqu'à un bois entre Hooge et Veldhoek.

Ypres1_19141031

Un fait décisif se produisit alors. Il est reporté ainsi dans les Mémoires du général Dubois:

"...
Pendant cet entretien, le commandant Jamet, demeuré devant le poste de commandement, voit passer l'automobile du maréchal French qui rentrait à son quartier général. faisant à nouveau preuve d'initiative, il l'arrête, lui fait connaitre que le général Foch se trouve là et lui expose qu'étant donnée la situation, celui-ci serait sans doute très désireux de s'entretenir avec lui. les commandants des forces françaises et anglaises se trouvent ainsi réunis.
Concours de circonstances providentiel qui met en présence sur le terrain d'action, à un instant critique où il fallait une décision immédiate, les deux chefs dont les quartiers généraux étaient éloignés de 40 kilomètres! Ainsi put être tranchée en quelques minutes une question qui, autrement, n'eut pu être solutionnée en temps utile.
Le général Foche annonce au maréchal que le 9e corps vient d'envoyer à sir Douglas Haig sa réserve qui va arriver sur le théatre de l'action. Des forces importants, ajoute-t-il, sont en cours de débarquement, qui viendront appuyer l'armée anglaise au point du jour. Il obtient du maréchal French que celui-ci retire l'ordre de retraite donné aux troupes anglaises.
...."

Ypres en fut certainement sauvé. le positionnement des renforts français permit alors aux troupes anglaises de se ressaisir et ainsi de se fortifier, donc d'opposer une barrière aux attaques toujours grossissantes des Allemands.

Sources:
2 ans de commandement sur le front de France - Général Dubois - Lavauzelle 1921
L'hiver oublié - Aleks Deseyne - 1983

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22 janvier 2011

La première bataille d'Ypres (8) 30 octobre 1914

Ce message est un peu spécial pour moi. Hormis, le fait qu'il se rapporte à un de mes sujets favoris, la première bataille d'Ypres, il est le 400ème message sur le blog. Il y a un peu plus de 6 ans, le 30 décembre 2004, ce qui n'était qu'un challenge entre fadas de 14-18 (qui se reconnaitront ;-) ) était loin de devenir ce que vous avez devant les yeux.
Six ans plus tard, vous êtes presque 90.000 à être venus visiter ces pages, par hasard, par curiosité ou par intérêt.

Merci à vous!

Ne changeons pas nos habitudes, retour en Belgique, continuons le récit de la 1ère bataille d'Ypres.

En ce 30 octobre 1914, les attaques incessantes des deux côtés continuent.
Dans la nuit du 29 au 30, une attaque des 114 et 90e RI permet le gain d'un bois au nord de Graventafel. les ordres pour le 30 demandent de continuer les attaques. Un groupement regroupant la 31e division (81, 122 et 142e RI) et le détachement Hély-d'Oisel (66, 125e RI et 7e division de cavalerie) est constitué sous les ordres du général Vidal en vue de pousser dans l'axe de la route de Saint Julien à Poelcapelle.

Ypres2_19141030

Pendant ce temps, les attaques allemandes continuent. Le 135e RI subit 3 heures durant une offensive qui durait jusqu'à 9h.00. La 18e DI amorçait un mouvement vers l'avant vers midi, mais une contre attaque se produisait sur la droite du 77e RI. Alors que le 16e corps d'Armée arrivait vers le milieu de la matinée en vue de complèter les mouvements offensifs du 9e CA, de graves complications survenaient brusquement.

A 11 heures, le 1er corps anglais fait savoir que la pression est de plus en plus grande sur son front. A 15 heures, la demande de secours est pressante. Hollebeke est perdu. Une brigade de la 6e Division de cavalerie est envoyée aux alentours d'Hooge. Les 2ème et 7ème divisions anglaises se sont repliées l'une à Saint Eloi, l'autre à Klein-Zillebeke. Devançant l'urgence, le commandant du 9e CA avait déjà émis l'ordre suivant, car Ypres est directement menacé:

9e Corps d'Armée
Etat-Major
3e Bureau
Poste de commandement Ypres - 3à octobre 13h30
Les deux bataillons du 68e et le bataillon du 268e formant réserve à la disposition du commandant du corps d'armée, sous le commandement du lieutenant-colonel Payerne, se porteront au reçu du présent ordre, par Saint Jean et Potijze, sur Zillebeke où ils se mettront à la disposition du général commandant le 1er corps anglais
Général DUBOIS

Malgré le départ des troupes de secours, les combats continuent néanmoins. Le 290e RI, par un brillant combat, se rend maître des tranchées couvrant Vallemolen. Lancée à 17 heures, l'attaque permit le gain de la première ligne de tranchées ainsi que quelques maisons du village.

Sources:
2 ans de commandement sur le front de France - Général Dubois - Lavauzelle 1921
L'hiver oublié - Aleks Deseyne - 1983

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13 janvier 2011

Une fratrie au régiment du Blanc - Les 4 frères Souchaud (2)

Continuons le parcours de la famille Souchaud qui eu ses 4 enfants au sein des régiments blancois. Après Denis Souchaud (1880-1915), voici donc Pierre.

Pierre SOUCHAUD est natif d’Adriers, dans la Vienne (86). Il est le fils de Louis et de Marie MICHARDIERE, lui aussi naquit à Baguérand, le 14 avril 1883.
Numéro 53 du tirage de la classe 1903, dans son canton d’Isle Jourdain, il est déclaré «Bon pour le service armée» et intégré dans la liste première partie de la liste des conscrits. Il est incorporé le 16 novembre 1904, sous le matricule 5584 en tant que soldat de 2ème classe au 68e régiment d’infanterie du Blanc, il est envoyé dans la disponibilité le 23 octobre 1906, étant dispensé car il a alors un frère au service militaire.
Sa fiche matricule le décrit comme ayant cheveux et sourcils bruns, yeux bruns, front couvert, nez long, bouche grande, menton rond, visage ovale. Il a une cicatrice sur la joue droite. Sa taille est de 1m81.
Son niveau d’instruction est qualifié de niveau 1, il ne sait que lire.

En 1907, il est classé dans la réserve et accomplit 2 périodes d’exercices (1910 et 1912) toujours au sein du 68ème régiment d’infanterie du Blanc.
Mobilisable, il rejoint le corps le 12 aout 1914, part aux armées le 20 septembre 1914 et y rejoint le 268ème régiment d’infanterie.
Il suivra le 268ème RI jusqu’en juin 1918. A ce moment le régiment de réserve du Blanc est dissous. Les soldats sont alors dispersés dans différentes unités.

RI268_LaSoupe_Extrait
Des vieux de la vieille du 268ème RI qui suivirent le régiment de 14 à 18.

Le 5ème Bataillon et la moitié de la CHR rejoignent le 219ème RI, soit environ 800 hommes. Parmi eux, Pierre Souchaud, mais aussi Maurice Laurentin, alors capitaine à la 19ème compagnie.
Pour suivre le parcours de Pierre Souchaud, on lira donc les deux ouvrages de Maurice Laurentin qui fut au 268ème RI d’avril 1915 à juin 1918. Les deux ouvrages étant : Le sang de France et la victoire des Morts (Editions Bloud et Gay – 1919, 1920)

Voici l’anecdote que Maurice Laurentin racontait à propos de ses vieux briscards qui le suivirent au 219ème RI :
« Une auto stoppe à la queue du bataillon ; un fanion tricolore, orné d’une cravate, annonce un personnage. Un général descend, à peine plus grand que Napoléon, comme lui, corpulent et trapu ; beau visage aux traits immobiles et olympiens. Il s’arrête et nous regarde.
La double rangée de casques se dresse derrière les faisceaux. Un nom court jusqu’à la tête du bataillon, celui du chef qui déjà, au Grand Couronné de Nancy et devant verdun, arrêta l’invasion :
« Castelnau ! »
Du geste et de la voix, le général invite les hommes à demeurer au repos, mais d’eux-mêmes ils se figent au garde à vous lorsqu’il s’approche.
En quelques instants, il sait qui nous sommes, où nous allons ; il comprend nos regrets de quitter un glorieux drapeau et notre inquiétude de n’être plus qu’une épave ; mais nous recueillerons l’héritage de bretons héroïques de la forêt de Pinon ; le régiment que nous allons reformer fut anéanti dans un sacrifice si vaillant que son numéro doit lui survivre. Notre bataillon y entrera sans modifier sa constitution, et bientôt sera fier d’en porter les écussons.
Le général voit toutes les compagnies, dévisage chaque homme. Une brisque de blessure, une croix de guerre, une cicatrice, lui sont une occasion d’interroger le soldat, de rappeler le passé d’un brave, d’évoquer son pays ou sa race :
« Où as-tu gagné ceci ? »
le bout de ruban décoloré prend, sous le doigt de Castelnau, une valeur que le vétéran ne lui connaissait pas encore ; il s’intimide et rougit ; il a mérité tant de fois cette étoile de bronze qu’il ne sait plus où il la gagna ; il hésite entre les souvenirs trop nombreux : Zonnebecke, Lizerne, Souchez, Sailly, …
« A quelle date as-tu été blessé ? »
De cela, il se souvient et quel orgueil d’énoncer trois blessures, trois dates. Chacune évoque une bataille.
De soldat en soldat, par la mémoire du sang versé, le général fait surgir un passé grandiose :
« Tu étais à Prosnes ? à Ypres ? à la cote 304 ?
Et le troupier, mis en confiance, dit les assauts enthousiastes de la Marne, les boues glacées de Belgique, le mur sanglant de Verdun, les ruines dévastées de la Somme, toute l’horreur et la gloire dont se sont emplis les yeux du fantassin.
Il faut les voir se redresser, les gars ! Ils cessent d’être le pioupiou anonyme. Plus tard – s’ils en reviennent – ils diront :
« Quand j’ai répondu çà à Castelnau, mes enfants ! »

Ainsi le 5ème bataillon du 268ème RI devient, le 15 juin 1918, le 6ème bataillon du 219ème RI sous le commandement provisoire du capitaine Laurentin, en attendant le retour du commandant Bauclin, lui aussi de l’ex 268ème RI.

Le 21 février 1919, Pierre Souchaud est mis en congé et démobilisé au dépôt du 68ème RI. Peu avant, il était cité à l’ordre du régiment, le 8 février 1919 : « Au front depuis le début, soldat dévoué ayant toujours donné satisfaction à ses chefs".

Pierre Souchaud se vit alors attribuer la Croix de guerre 1914-18

CDG1418

 

 

Merci à Kévin Souchaud pour m'avoir ouvert les archives familiales
Sources biblio: Maurice Laurentin - La Victoire des Morts - Editions Bloud et Gay 1920
Sources photo: Collection personnelle (Merci à Joel Huret pour les anciens du 268e)

 

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15 décembre 2010

La première bataille d'Ypres (7) 27-28-29 octobre 1914

Chaque camp a des missions offensives. Chacun attaque et finalement neutralise l'adversaire. A chaque fois les résultats sont partiels. Malgré cela, les ordres sont toujours offensifs:

26 octobre, 20 heures.
Points d'attaque (ne pas permettre qu'on les perde de vue):
17ème division: Passchendaele puis Roulers
31ème division: Westroosebeke puis Staden
Groupe Hély-d'Oisel: Poelcapelle, puis Sud-nord (liaison avec le corps de Mitry)
Action vigoureuse, incessante, à fond partout. Citations à la première compagnie qui entrera à Poelcapelle et à la première compagnie qui entrera à Passchendaele et s'y maintiendra.
Me proposer pour croix et médaille militaire tous ceux qui se seront fait remarquer par leur vigueur.
V. d'URBAL.

Le commandant du 9e CA prescrit alors de reprendre les attaques dès 6h.30 le 27 octobre.
Les gains du jour sont maigres. Quelques maisons au 114e RI, quelques tranchées au 77e, très légère avance au 66 et 125e RI et faible progression à la 31e DI, vers Spriet.

Les 28 et 29 octobre, les ordres sont les mêmes.

Détachement d'Armée de Belgique
Rousbrugge, 28 octobre, 21h30
L'offensive continue demain, 29 octobre, sur tout le front, dans les mêmes conditions que le 28.
la densité actuelle des effectifs de votre secteur permet d'espérer que nous pourrons faire un grand pas en avant.
V. d'URBAL

Le 66e perd quelques tranchées suite à une attaque allemande puis les reprend en milieu de journée. La 31e DI occupe une ligne de tranchée ennemie mais ne peut déboucher. Les contre attaques ennemies pèsent sur les actions de la 17e DI, dont les gains sont maigres. A la 18e DI, les combats sont confus et violents.

Le statu-quo régne donc sur le front du 9e corps d'Armée, malgré les appels à l'offensive.

Sources:
2 ans de commandement sur le front de France - Général Dubois - Lavauzelle 1921
L'hiver oublié - Aleks Deseyne - 1983

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